Qu’il est loin l’Actuel anarcho-écolo-baba-cool du début des années 70 ! Il est devenu avec les années 80 (retournement oblige) l’un des meilleurs propagandistes du conformisme libéral et de la « réussite » (sic), ce sur quoi vous n’auriez pas manqué de vomir dans la première formule. Mais, peut-être, votre engagement des années d’après Mai 68 n’était-il fait que de poses étudiées (d’où les outrances ?) et de simulacres racoleurs pour se maquiller aux couleurs du temps? N’avez-vous pas, depuis, susurré au lecteur « Tu ne comprenais pas qu’on te provoquait, qu’il fallait réviser les valeurs des marginaux… » ?

(…)

ce droit de réponse ne sera pas publié par Actuel qui refusera tout contact

au-dessous :

Un article de Serge Halimi

Un avertissement de Pierre Fournier

La charge signée Jean-François Bizot et Christophe Nick fleure bon l’outrecuidance de ceux qui croient avoir tout compris et entendent régenter l' »inconvenant grouillement de la multitude« . L’ennui, c’est que la tentative de démonstration des auteurs n’est pas à la hauteur de leur prétention. Leur confusionnisme est tel que tout lecteur qui ne reviendrait pas inlassablement aux bases de l’écologie risquerait d’en être contaminé. L’éloge du pouvoir charismatique (1) et les dithyrambes sur les vertus du brassage dans les abcès urbains résultants de la ruine des tiers-mondes (2) sont des modèles de « tout et n’importe quoi« . Cependant, la volonté de nuire est patente et dépasse de très loin la dérive d’une critique qui serait dictée par la seule incompréhension.

Mais voyons d’un peu plus près …

Des bribes de déclarations et de textes sont citées sans que le contexte soit seulement analysé. Les inversions et les détournements de sens crèvent les yeux. Il est fait un usage généralisé de l’amalgame avec toutes les références honnies (depuis les bolcheviks jusqu’aux khmers rouges, en passant par les nazis, tous les épouvantails sont sortis du placard pour être comparés aux écologistes). L’ensemble de la personnalité et du travail des personnes accusées est condamné sur la foi d’extraits, de détails, d’anecdotes sélectionnés tandis qu’il n’est quasiment rien dit de la philosophie inspirée de l’écologie. Comme dans la pratique de la « langue de bois », le discours change de niveau fréquemment. L’ensemble relève de la diffamation et de la fabrication de rumeur: « Calomniez, calomniez ! Il en restera toujours quelque-chose« .

Nous avons là toutes les ficelles des arts de la manipulation… Comme, précisément, savent -ou savaient- les pratiquer les délicats personnages et sympathiques extrémismes auxquels Actuel tente d’amalgamer les écologistes.

D’ailleurs, il n’est pas inintéressant de remarquer que d’autres affreux se trouvent miraculeusement blanchis. C’est la CIA, c’est le « grand capital international« , ce sont les lobbies tels le militaro-industriel et le pro-nucléaire. Que se passe-t-il « camarade » Nick, « camarade » Bizot? A vouloir trop prouver, vous êtes-vous égarés ou avez-vous, bien imprudemment, révélé où vont vos sympathies?

Au fond, tout cela est très amusant. Qu’est-ce qui est très amusant? Eh bien, c’est que je sois taxé de bolchevik pour un article -dans la revue Ecologie Infos où je tente une description des forces qui détruisent tant la société humaine que le reste de la nature et m’interroge sur leurs origines. Ne savez-vous donc pas lire ? Les quatre phrases que vous citez révèlent, à elles seules, le détournement de sens. En effet, quand je parle de « la première ligne des systèmes destructeurs« , il ne s’agit, évidemment, pas de ce que vous nommez « les masses humaines« … Ne feriez-vous pas un transfert par rapport à vos propres tendances à l’élitisme? Ceux dont je parle sont ces « ex-gauchos (…) ex-maris toujours en divorce de Mai 68« , ces traîtres qui ont tué l’espoir, selon « l’accusation terrible et tacite que murmurent contre vous les gens de vingt ans d’aujourd’hui, que vos palinodies ont désabusés« .

Gens d’Actuel, n’avez-vous pas remarqué la référence à Guy Hocquenghem : « Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary » ? Si oui, vous eussiez été plus prudents car c’est de vous et de vos camarades dont parle Hocquenghem, vous qui avez saboté les forces vives de l’écosystème social pour que les « puissants » vous concèdent quelque strapontin: « Directeurs de journaux et convertis du nucléaire, capitalistes récents et stratèges de la dissuasion, vous avez renié à tour de bras vos idées, mais pas vos structures mentales ni vos méthodes. Ni droite ni gauche, mais le pire des deux ensemble; fidèles au plus dangereux style manipulateur des groupuscules (…), votre réalisme sentencieux, injurieux à l’égard des rêves de votre passé, a pris le pli du pouvoir et le poids de la réussite, en conservant comme armes les recettes de la terreur propagandiste léninisto-marxiste (…) cette méthodologie de la manipulation qui n’avait pour excuse que d’être au service d’une noble cause« .

Comme il vous connaissait bien! Nul doute que vous auriez eu de très hautes responsabilités au ministère de la Vérité décrit par George Orwell dans « 1984 »… Comme Guy Hocquenghem, nous vous connaissons bien, vous et les autres ex-faux-frères, pour cette science (cette méthodologie disait GH) de la manipulation et pour cet acharnement à écraser les sincères: « le style que vous imprimez au pouvoir intellectuel que vous exercez enterre tout possible et tout futur. Du haut de la pyramide, amoncellement d’escroqueries et d’impudences, vous déclarez froidement, en écartant ceux qui voudraient regarder par eux-mêmes, qu’il n’y a rien à voir et que le morne désert s’étend à l’infini« .

Qu’il est loin l’Actuel anarcho-écolo-baba-cool du début des années 70! Il est devenu avec les années 80 (retournement oblige) l’un des meilleurs propagandistes du conformisme libéral et de la « réussite » (sic), ce sur quoi vous n’auriez pas manqué de vomir dans la première formule. Mais, peut-être, votre engagement des années d’après Mai 68 n’était-il fait que de poses étudiées (d’où les outrances ?) et de simulacres racoleurs pour se maquiller aux couleurs du temps? N’avez-vous pas, depuis, susurré au lecteur « Tu ne comprenais pas qu’on te provoquait, qu’il fallait réviser les valeurs des marginaux… » ?

Envisageriez-vous, maintenant, de « réviser les valeurs » déduites de l’écologie ?! Vous avez présenté l’hypothèse Gaïa, abordé différents problèmes écologiques… Pourquoi, tout à coup, cette volte-face? Dans quel but?

Certes, dans tout mouvement il y a des insuffisances, des hésitations, des maladresses, des erreurs… Sans négliger nullement le risque de dérives aberrantes, toutes ces turbulences font partie du mouvement, en sont conséquences et lui sont nécessaires parce qu’elles provoquent (votre agression elle-même) d’innombrables effets rétroactifs, de rebonds qui enrichissent le mouvement. Mais l’important n’est pas là. L’important est, précisément, ce que vous taisez : la résultante de toutes les turbulences, ce qui fait la personnalité du mouvement.

Vous prétendez démolir la réflexion écologique dans ce qu’elle a de plus inconfortable pour les conformismes dominants… Auriez-vous peur du mouvement de la pensée ? Voudriez-vous réduire l’écologie à l’environnementalisme ? Pour l’inféoder à quoi ?

Et vous osez vous référer à Murray Bookchin ! Dès les années 60, celui-ci avait fait justice du soupçon abject que vous portez à l’endroit de la critique écologique de la déstructuration des écosystèmes et des communautés sociales par la spéculation et la domination: « Le développement de la totalité se réalise grâce à la diversification et à l’enrichissement de ses parties« . Explorateur des philosophies, des mouvements sociaux et des théories scientifiques, Murray Bookchin exprime la quintessence de l’écologie: « l’écologie est intrinsèquement une science critique – à un point que n’ont jamais atteint les constructions les plus radicales de l’économie politique (…) l’écologie permet sur le plan tant biologique que social une critique dévastatrice de la société hiérarchique dans son ensemble tout en suggérant les lignes de force d’une utopie viable et harmonieuse« . Notre souci de la diversité, de la dynamique des interrelations et, par conséquent, du mouvement libre de l’information (voir Henri Laborit) nous tient naturellement – nous, écologistes – éloignés de toutes les rigidités dont vous – Actuel et autres tout aussi bien intentionnés – voulez nous étiqueter. L’écologisme est le prolongement des luttes sociales – luttes vitales – contre l’exploitation et la domination car l’écologie contient la confirmation scientifique des aspirations à la démocratie, à l’équité, à la convivialité criées par tous les souffrants et les révoltés du monde et de l’histoire.

Plus profondément, Murray Bookchin ne dit pas autre-chose que ce que j’avance dans ma critique -jugée « délirante« – du matérialisme: « la mécanique inventée par la Renaissance ne leva à son tour le fardeau de la « cause finale » de la téléologie médiévale que pour le remplacer par (…) la « cause efficiente », avec son déterminisme implacable et sa tyrannie de la réduction simplificatrice ». C’est un espace totalement différent des deux orientations philosophiques occidentales dominantes qui s’ouvre avec l’écologie. L’une consacre la domination d’un esprit mystérieux ; elle sépare l’individu tant de sa nature – la vie complexe qui est en lui – que de la nature dont il fait partie pour le laisser, nu et désemparé, face à Dieu. L’autre affirme que la matière est la seule substance, que la nature est informe, « bête » et hostile et, donc, que « Son » intelligence unique autorise « l’Homme » à n’en faire qu’à « Sa » tête(3). L’une et l’autre omettent de s’interroger sur la façon dont la vie fonctionne -l’économie de la nature- dans le seul but d’asseoir, sur le désarroi de la plupart, la domination de ceux qui prétendent savoir. L’écologie, elle, constate l’absurdité de toute domination. Aussi loin du spiritualisme que du matérialisme, qui sont tous deux réducteurs, l’écologie reconnaît, à la fois, la structure et le sens du vivant, elle est ouverture à la complexité: ouverture à la complexité qui est en nous, ouverture aux autres, à tous les autres êtres vivants, ouverture à la complexité de cet univers dont nous faisons intrinsèquement partie.

C’est là l’origine philosophique de l’impossibilité -pour les écologistes- de se mêler aux clivages politiciens du segment « gauche« -« droite » qui, tous, sont imprégnés de l’une ou de l’autre expression de la volonté de dominer. Certes, tout écologiste apprécie que « la gauche démocratique » dise vouloir supprimer l’exploitation de « l’Homme » par « l’Homme » mais nous avons tous vu qu’il ne s’agit là que d’une velléité – sinon d’un discours mensonger. En outre, aucun écologiste ne peut oublier que « la gauche » partage avec « la droite » la croyance que « l’Homme » doit dominer la nature… c’est à dire: la croyance que « l’Homme » peut dicter « Sa » volonté aux systèmes de plus en plus complexes qui l’englobent (et que nous découvrons à peine) (4)!

Les écologistes -et bien d’autres- n’ont besoin d’aucune domination pour comprendre et faire des projets; il leur suffit de penser en termes d’adaptations à la complexité de l’individu, des sociétés, des écosystèmes. D’ailleurs, nous partageons cette attitude avec un très ancien courant philosophique bien connu pour son refus de la domination. Comme le souligne Bookchin, « l’écologie sociale » et « l’écologie naturelle » concourent à faire de l’écologisme un mouvement profondément libertaire: « parce que c’est une science qui intègre et qui synthétise (…), si l’on en tire toutes les implications, (l’écologie) rejoint, en gros, la critique anarchiste de la société« .

Nous voici bien loin de la réduction dérisoire dont Actuel et confrères font le portrait !

N’est-ce pas parce que l’écologie est irrécupérable par les mentalités, les idéologies, les intérêts -toutes structures dominantes-, parce qu’elle prononce leur condamnation définitive, que l’écologisme et les autres élans de l’intelligence auxquels l’écologie apporte une force supplémentaire (féminisme, régionalisme, pacifisme, courant auto-gestionnaire, etc…) ont été cassés par les arrivistes et les émissaires des politiciens? Et ne serait-ce pas pour tenter de clouer une seconde fois la porte de l’avenir qu’Actuel s’efforce de discréditer les écologistes en manipulant ses lecteurs?

Alain-Claude Galtié 14 octobre 1991

Fidèle à son style, l’équipe d’Actuel a méprisé le droit de réponse

Publié par Ecologie Infos n°402, 20 décembre 91, et Courant Alternatif n°14, décembre 1991

 

(1) dans un mouvement écologiste, c’est la dynamique de l’ensemble des dynamiques individuelles qui devrait avoir un effet d’entraînement.

(2) depuis quelque 4 milliards d’années, la vie a développé des dynamiques plus propices au « brassage » -c’est à dire: à la circulation de l’information- que celles qui se traduisent par la souffrance et la destruction !

(3) « l’Homme« … « On a reporté sur l’Homme tout ce qu’on a enlevé à Dieu, et la puissance de l’Humanité s’est accrue de tout ce que la piété a perdu en importance: l’Homme est le dieu d’aujourd’hui et la crainte de l’Homme a pris la place de l’ancienne crainte de Dieu. Mais comme l’Homme ne représente qu’un autre Etre suprême, l’Etre suprême n’a subi en somme qu’une simple métamorphose, et la crainte de l’Homme n’est qu’un aspect différent de la crainte de Dieu. Nos athées sont de pieuses gens.« 

Max Stirner (1806-1856), « L’Unique et sa propriété« 

L’absolutisme de cette nouvelle abstraction a été substitué à la reconnaissance de la diversité (l’individu, les sociétés, l’espèce, les autres…).

(4) D’ailleurs, c’est cette volonté de dominer la nature et cet « Homme » déifié qui font, inéluctablement, dériver les matérialistes vers la domination de leurs semblables.
 
 
 

Références bibliographiques

de George ORWELL:

– « 1984« , Gallimard

de Guy HOCQUENGHEM:

– « Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary« , Albin Michel, 1986 *

de Henri LABORIT:

– « L’homme imaginant« , 10-18, 1970

– « L’agressivité détournée« , 10-18, 1970

– « L’homme et la ville« , Flammarion, réédition 1977

– « La nouvelle grille« , Gallimard, 1974

– « Eloge de la fuite« , R. Laffont, 1976

– « La colombe assassinée« , Grasset, 1983

– « Dieu ne joue pas aux dés« , Grasset, 1987

de Max STIRNER:

– « L’Unique et sa propriété« , Ed. L’Age d’Homme, Lausanne

de Murray BOOKCHIN:

– « Vers une technologie libératrice« , Ed. Parallèles, 1976 (épuisé)

– « Pour une société écologique« , Christian Bourgois, 1976 (épuisé)

– « Spontanéité et organisation« , Ed. Noir et Rouge, 1978

– « Lettre ouverte au mouvement écologiste« , article paru dans la Revue de la presse anarchiste internationale, janvier 1982

– « The ecology of freedom« , Cheshire Books, 1982

– « Sociobiologie ou écologie sociale ?« , Atelier de création libertaire (5, rue Diderot, 69001 Lyon), 1983

– « Qu’est-ce que l’écologie sociale ?« , Atelier de création libertaire, 1989.

* le travail éclairant de Guy Hocquenghem a été réédité avec une préface de Serge Halimi :

Avant de mourir, à 41 ans, Guy Hocquenghem a tiré un coup de pistolet dans la messe des reniements. Il fut un des premiers à nous signifier que, derrière la reptation des « repentis » socialistes et gauchistes vers le sommet de la pyramide, il n’y avait pas méprise, mais accomplissement, qu’un exercice prolongé du pouvoir les avait révélés davantage qu’il les avait trahis. On sait désormais de quel prix – chômage, restructurations sauvages, argent fou, dithyrambe des patrons – fut payé un parcours que Serge July résuma un jour en trois mots : « Tout m’a profité. »

Cet ouvrage qui a plus de quinze ans ne porte guère de ride. L’auteur nous parle déjà de Finkielkraut, de BHL, de Cohn-Bendit, de Bruckner. [de Bizot aussi] Et déjà, il nous en dit l’essentiel.

On ignore ce qu’Hocquenghem aurait écrit d’eux aujourd’hui, on sait cependant que nul ne l’écrira comme lui. Lui qui appartenait à leur très encombrante « génération » – celle des Glucksmann, des Goupil, des Plenel et des Kouchner – se hâtait toutefois de préciser : « Ce mot me répugne d’instinct, bloc coagulé de déceptions et de copinages. » Il aurait souhaité qu’elle fût moins compromise, en bloc, par les cabotinages réactionnaires et moralistes de la petite cohorte qui parasita journaux et « débats ». Il aurait essayé d’empêcher qu’on associât cette « génération »-là aux seuls contestataires qui ouvrirent un plan d’épargne contestation avec l’espoir d’empocher plus tard les dividendes de la récupération.

Renonçant aux apparences de la bienséance, de la suavité bourgeoise propres à ceux qui monopolisent les instruments de la violence sociale, Guy Hocquenghem a usé de la truculence, de la démesure. Il a opposé sa clameur à la torpeur des temps de défaite. Son livre éclaire le volet intellectuel de l’ère des restaurations. Les forces sociales qui la pilotaient il y a vingt ans tiennent encore fermement la barre ; les résistances, bien qu’ascendantes, demeurent éparses et confuses. Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines. Les repentis ont pris de l’âge et la société a vieilli avec eux. L’hédonisme a cédé la place à la peur, le culte de l’« entreprise » à celui de la police. Favorisés par l’appât du gain et par l’exhibitionnisme médiatique, de nouveaux retournements vont survenir. Lire Guy Hocquenghem nous arme pour y répondre avec ceux qui savent désormais où ils mènent.

Serge Halimi

Parution : 16/04/2003
ISBN : 2-7489-0005-7

Plus de dix ans avant Guy Hocquenghem qui, alors, fricotait avec les maos. Fort de quelques années de baroud en plus, Pierre Fournier nous avait prévenu, nous les petits jeunes qui nous étions lancés, enthousiastes, dans…

Pierre Fournier, qui avait juste eu le temps de fonder La Gueule Ouverte avant de s’éteindre prématurément, a quand même eu le temps de s’exaspérer contre ces « connards de gauchistes » dont il ne savait pas encore pourquoi ils semaient partout la confusion. Quoique… « Mai 68, c’était Marcuse. Ces connards ont cru que c’était Lénine« . Il commençait à deviner. « Il y a deux ans, « la pollution » faisait bien rigoler les professionnels de l’agitation politique, et Charlie Hebdo faisait bien rigoler les « spécialistes de l’environnement ». Maintenant, les uns et les autres se sentent dépassés sur leur gauche et ne songent plus qu’à récupérer le truc » (Industries, pollutions et lutte écologique »). « Je veux vivre et que ça leur fasse envie » lui écrivait un lecteur. Et, lui, de commenter : « C’est dangereux, tu sais. Ta joie de vivre ils te la feront rentrer dans la gueule. Ya peut-être plus de contagion possible. On a coupé toutes leurs racines, la volonté de vivre ne passe plus. Ya plus que la destruction, l’auto-destruction qui les fascinent. On perd son temps à leur expliquer qu’ils vont crever, s’en foutent pas mal de crever, au contraire, ils rêvent que de ça, ils veulent que ça (…) Tuer, être tué, ya plus que ça qui peut les faire jouir. Sadisme et masochisme. Tas d’impuissants« .

Concierges de tous les pays, unissez-vous », Charlie Hebdo n’° 28, 31 mai 1971.

Il s’agit de l’article où Fournier parle de La Semaine de la Terre.

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *