Un regard sur l’autre « actualité« , celle du système qui est en train de détruire le vivant

journal d’un écologiste consterné

 

 

 

Le site est en cours de restauration après une longue série de cyberattaques commencée en 2015 (russes semble-t-il, mais c’est un peu curieux… ne s’agirait-il pas d’une couverture ?). Cela confirme une nouvelle fois que la culture et l’histoire écologistes sont toujours frappées par la censure.

 

 

 

 

 

Les dernières nouvelles du front :

Poules torturées et arrosées de fipronil : juste un aperçu du gros caca pondu par la politique des prix bas

Incendie d’un poulailler industriel en Bretagne : 60 000 morts

Incendie d’une porcherie industrielle aux Pays-Bas : 20 000 morts

Extraction de sable à Lannion et ailleurs, ça continue

Lanceurs d’alerte

Presque 2 planètes !

La réforme du Code du Travail est un épisode de la spoliation du bien commun

Pour plus de spéculation, en avant !

Donald Trump fait des miracles

Public/privé : les contours flous de l’Etat. La mutation néolibérale

Australie, 1960. Seulement 57 ans en arrière et pourtant…

PROVOS, BEATNIKS, SITUATIONNISTES, HIPPIES, MILITANTS DES DROITS CIVIQUES, PACIFISTES, FÉMINISTES, HOMOSEXUELS, RÉGIONALISTES, AUTOCHTONES, ÉCOLOGISTES… Juste avant l’extinction

Bien commun, l’assaut final

150 MACAQUES MASSACRÉS

Globalisation du capitalisme : le saccage jusqu’au bout – Les peuples autochtones descendent dans la rue

Le néo-libéralisme est un fascisme

Tiens ! Une mobilisation pour la liberté d’expression… (Il fallait y penser hier, « camarades » !)

Quand les coulisses d’Emmanuel Macron nous rappellent de bien mauvais souvenirs

Un nouveau rideau de fumée

Le film Let’s Pollute nous rajeunit

AFRIQUE :à l’origine de la ruine, sociale, économique, écologique… les armées nationales et la lutte pour le pouvoir

L’Empereur, le film

1971 – 2017, de pire en pire

« Pourquoi nous choisissons Macron ?« 

Falsification de l’histoire sociale

Edgar Morin révisionniste ? Ou victime de celui-ci ?

. . .

pour communiquer :

restaurplanet@gmail.com


 

 

Syrie, etc.

Toujours aucune interdiction aérienne imposée à la dictature syrienne qui poursuit ses bombardements dévastateurs en toute quiétude

proxy

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/08/26/syrie-le-crime-de-trop-appelle-une-riposte_3466412_3208.html

la suite du sujet :

http://naufrageplanetaire.blogspot.fr/2011/03/revolution-arabe.html

Europe 2016

r%C3%A9fufi%C3%A9s

 

 

Effet d’annonce

Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité 

Constats et objectifs 

4 décembre 2012 (mis à jour le 18 décembre 2012)

Ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Constats-et-objectifs,30223.html
En réalité…

 

 

 

 

 

 

août 2017

 

Poules arrosées de fipronil dans les fabriques de souffrance de l’agro-alimentaire

Juste un aperçu du gros caca pondu par la politique des prix bas

c’est le moment de relire, ou lire :

Tout ce qu’on nous a fait avaler !

Pourquoi les règles élémentaires de la bonne vie et même de la survie sont bafouées ?

Pourquoi l’instinct de conservation lui-même est impuissant ?

Pourquoi les meilleures démonstrations sont vaines ?  

Pourquoi le pire ne peut être évité ?

Pourquoi des lois et des services officiels à ce point inefficaces ?

Comment tous les dés sont pipés ? 

Quelles forces sont à l’oeuvre ?

Quelles est l’ampleur des conséquences ?

Du miel sans miel produit par un pays sans abeilles, mais un faux miel gorgé de pesticides ajoutés gracieusement.

Des épices épuisées revivifiées à l’arôme artificiel.

Du concentré de tomates moisies maquillé par des artistes chimistes.

Du piment finement broyé avec ses poils et ses crottes de rats.

Des lasagnes au bœuf à la viande de chevaux trafiqués du nord au sud de l’Europe (affaire Findus 2013).

Des jambons gonflés à l’eau et aux produits chimiques, « jambons » de cochons torturés dans des usines à viande – le bas du bas de gamme transformé en plus bas encore.

Des produits laitiers dilués à l’eau mais généreusement sulfités pour stabiliser.

Des suppléments de micro-plastiques d’emballages à peu près partout…

Juste un échantillonnage de ce que peut vous offrir l’agro-alimentaire distribué par les champions des prix bas pour un maximum de profits.

 

Les prix bas…

 

La grande distribution a fait main basse sur l’industrie agro-alimentaire de notre pays. Les cinq enseignes françaises sont présentes partout dans le monde, de la Chine à l’Amérique du Sud, en passant par l’Afrique. Cette réussite a été financée ces vingt dernières années par un saignement à blanc des PME françaises, et par une ponction indue du pouvoir d’achat des consommateurs, vous.

 

Le rapport de force est si déséquilibré qu’une petite ou moyenne entreprise ne pèse rien face aux mastodontes de la distribution. Les centrales d’achat leur imposent systématiquement des conditions abusives qu’elles doivent accepter avec le sourire. Ces contraintes mènent de nombreuses entreprises à la faillite ou, comme cela a été le cas pour nous, les poussent à délocaliser. Certains groupes de distribution se sont même fait une spécialité de racheter des petites sociétés qu’ils avaient auparavant acculées à la ruine.

 

Aujourd’hui, en France, il n’y a quasiment plus d’épiceries indépendantes, presque plus de boucheries, guère davantage de boulangeries (2). Les PME agroalimentaires n’ont qu’un seul débouché possible : vendre à la grande distribution. Pour cela, elles doivent commencer par passer à la caisse. On leur imposera de payer des budgets de référencement, des participations publicitaires ou autres prestations fictives. Une fois le produit en rayon, il lui faudra encore payer pour garder sa place, payer pour participer à des « opérations de promotion » , type « anniversaire de l’enseigne », bref verser les fameuses marges arrière qui représentent une grosse part du prix du produit.

 

Le problème, c’est que rien n’interdit à un super-marché de facturer à son fournisseur ces »prestations » ou des pénalités abusives. Et ils ne s’en privent pas, croyez-moi.

(…)

Les grandes surfaces, avec leur boulimie de marges arrière, font sciemment monter les prix tout en faisant croire à leurs clients qu’elles se battent pour faire face aux méchants industriels. Mais sachez qu’aujourd’hui les marges arrières peuvent représenter plus de 60 % du prix final que paye le consommateur, la moyenne dans l’alimentaire étant autour de 35 %. (…)

 

extraits de Vous êtes fous d’avaler ça !, de Christophe Brusset, Flammarion 2015.

Un livre indispensable pour en découvrir encore plus sur le monde du mensonge et de la falsification généralisés qui nous étouffe et nous empoisonne tout en détruisant la biosphère.

  
  

(1) Combien de PME (et de plus importantes) assujetties, ruinées, disparues ?

Combien de producteurs ?

Combien d’artisans ?

Combien de paysans ?

Quelle diversité disparue ?

Combien de familles saccagées ?

Combien de villages et de quartiers désertifiés ?

Combien de campagnes dévastées par le productivisme industriel ?

Combien de nouvelles banlieues, etc. ?

Et, cela, seulement ici…

Comme le programme complémentaire visant la paysannerie, cette « grande distribution » lourdement soutenue par la finance a été conçue et lancée pour déstructurer l’économie « à taille humaine » où la plupart trouvaient encore place. Une machine de guerre contre la vie bonne. Tout a été démembré, les résistances réduites à l’impuissance, la plupart contraints de rentrer dans le salariat, le chômage ou l’exclusion – enfin, dans la dépendance et la démobilisation. Et…

Huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, une situation « indécente » qui « exacerbe les inégalités », dénonce l’ONG britannique Oxfam dans un rapport publié en amont du World Economic Forum (WEF) qui s’ouvre mardi à Davos.

https://www.challenges.fr/monde/8-multi-milliardaires-detiennent-autant-de-richesse-que-la-moitie-de-la-population-mondiale-selon-oxfam_448242

Que les prédateurs aient de plus en plus d’appétit et s’accoquinent pour spolier la plupart et saccager le plus largement possible les biens communs ne devrait surprendre personne. C’est la logique de leur culture (impérialiste). Par contre, la façon dont l’opération a été réalisée et l’identité de ceux qui y ont participé sont choses plus étonnantes. Le seul épisode de la boulangerie réorganisée par le visionnaire Edouard Leclerc (ci-dessous) est déjà révélateur de l’énormité de l’imposture dont nous avons tous ont été victimes – et la planète avec.

 

 

(2) Ah, les boulangeries ! Les boulangeries et la stratégie hégémonique de la grande distribution… Rappelons-nous le discours qui éblouissait les « intellectuels de gauche » du jeune Nouvel Observateur :

« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer« . C’est du Edouard Leclerc cuvée 1966, le penseur des prix bas, et cela a été publié par le Nouvel Observateur qui lui ouvrait grand les bras.

rapporté dans La grande distribution. Enquête sur une corruption à la française, Jean Bothorel et Philippe Sassier, Bourin éditeur 2005.

 

Beaucoup de ceux qui s’affichaient à gauche, et même à gauche de la gauche, « autogestionnaires » même, se sont démenés pour soutenir l’expansion de cette lumineuse intelligence économique. Ils se sont faits les promoteurs des prix bas, le Cheval de Troie de la financiarisation du commerce (la « distribution« ) qui a ruiné la diversité des commerces et des producteurs. Avec des collaborateurs nombreux, ils ont aussi veillé de très près à ce que les écologistes de la nouvelle gauche (la new left française) ne gênent en rien leurs amis de la nouvelle « grande distribution » et de la conquête de marchés aussi nouveaux que nuisibles ; par exemple, celui de l’emballage jetable. Ainsi, au début de l’année 1972, les écologistes furent stoppés net dans l’élan d’une campagne de sensibilisation dénonçant les dangers du jetable. Car tous ces gens ne faisaient mine d’être aux côtés des écologistes et des autres courants de la nouvelle gauche que pour mieux les contrôler et tuer dans l’oeuf toute résistance à la généralisation du laisser-faire capitaliste en éliminant et remplaçant les lanceurs d’alerte. Cette stratégie avait été mise au point dans les laboratoires de la guerre économique (plus tard nommée globalisation) dès la fin de la seconde guerre mondiale. Elle est toujours appliquée aujourd’hui.

 

Les dégâts du jetable que nous annoncions ? On en voit une partie sur les côtes et jusqu’au milieu du Pacifique. Une autre partie est déjà dans les organismes vivants. Toute la biosphère en a été changée en poubelle.

 
 

Les dégâts de la promotion de la grande distribution ? L’amplification de la ruine des producteurs, paysans, artisans, petites entreprises du bon produit. Les délocalisations systématiques vers le moins cher, le plus dégradé, le plus nuisible à tous les niveaux. La désertification des campagnes et des rues commerçantes, et le chômage comme volant de régulation sociale. Le nivellement de la qualité si bas qu’on ne peut plus parler de qualité mais de son contraire. L’explosion des maladies dégénératives boostées par les produits trafiqués. Le gaspillage d’énergie, la pollution locale, la pollution mondiale, la pollution de bout en bout. Comme une réplique du système politique qui a porté la grande distribution jusqu’à la position de pouvoir absolu où elle se trouve maintenant.

 

Une action et un site :

En toute franchise contre les abus de la grande distribution

Au fait…
Incendie d’un poulailler industriel en Bretagne :
60 000 morts

Un feu s’est déclaré, ce vendredi, dans un bâtiment de la société Michel Le Roux, un important producteur d’oeufs situés à Kernevez, route de Coray à Ergué-Gabéric.

Le bâtiment de 1.500 m2 abritait 60.000 poules pondeuses, élevées sur cage, sur plusieurs niveaux. Elles ont péri dans l’incendie.

www.letelegramme.fr/finistere/ergue-gaberic/ergue-gaberic-60-000-poules-pondeuses-perissent-dans-un-incendie-11-08-2017-11626661.php#32i4eihLyt8Lgbwh.99

On croit deviner que les dispositifs de sécurité étaient inexistants. Sprinklers, ouverture automatiques pour la fuite des animaux, barrières anti-feu… n’ont probablement pas été considérés comme compatibles avec la production massive d’oeufs à bas prix pour un maxi profit.

 

 

 

 

Incendie d’une porcherie industrielle aux Pays-Bas :

20 000 morts

Les médias néerlandais font grand bruit des quelque 24 000 porcs qui ont péri dans l’incendie la semaine dernière d’une porcherie du fameux Adriaan Straathof, très contesté depuis des années aux Pays-Bas par le lobby anti élevage industriel qui a multiplié sur le site les manifestations et les occupations. On rappellera qu’en Allemagne, Adriaan Straathof est sous le coup d’une interdiction d’exercer le métier d’éleveur.
Les installations « De Knorhof » à Erichem étaient autorisées pour 2000 truies et leurs suites. Aucun animal n’a pu être sauvé. Le feu a été découvert par le chauffeur du camion de livraison d’aliments du bétail. Les origines du feu ne sont pas encore établies.
Ce cas a provoqué aux Pays-Bas une discussion publique sur la protection des porcheries. Dans cette discussion, il est demandé que les constructions, et les matériaux utilisés, soient tels qu’ils permettent un sauvetage effectif des animaux, par exemple par l’installation dans les porcheries de zones coupe-feu.

http://www.socopag.com/index.php/fr/europe/1374-pays-bas-24-000-porcs-morts-dans-le-brasier

 

 

 

 

 

Extraction de sable à Lannion et ailleurs,

ça continue !

Extraction de sable. 2.000 opposants pour un SOS

http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/trebeurden/trebeurden-2-000-manifestants-contre-l-extraction-de-sable-13-08-2017-11628123.php

 

souvenir

Sable de Lannion: Macron accorde une concession limitée : 

Avril 2015 : Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a accordé aujourd’hui une concession pour l’extraction de sable coquillier dans la baie de Lannion (Côtes-d’Armor), de manière limitée et progressive.

Le ministre a limité l’extraction, sollicitée par la Compagnie armoricaine de navigation (CAN) en décembre 2009, à un maximum de 250.000 m3 de sable par an, contre 400.000 envisagés initialement, et elle sera interdite pendant la période estivale, entre mai et août, a indiqué le ministère après une réunion avec les élus de la région, des opposants et des représentants de la CAN (groupe Rouillier). http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/14/97001-20150414FILWWW00212-sable-de-lannion-macron-accorde-une-concession-limitee.php

 

Où l’on découvre que le sable coquillier est exploité pour répondre aux nouveaux besoins de l’agriculture industrielle qui acidifie les sols en les inondant d’engrais azotés !

Baie de Lannion. Besoins en sable : des chiffres, quels chiffres ?

Bertrand Decoopman, agronome chargé de recherche sur les amendements : depuis les années 50, «  la chaux vive ou éteinte, est de plus en plus largement utilisée, en remplacement du maërl [interdit], et du sable coquillier qui est en chute libre sur les volumes. Le coquillier, ça doit représenter quelques milliers de tonnes sur les zones les plus côtières, en particulier vers Roscoff et Paimpol. Sur les exploitations de légumes frais du Nord Bretagne, il doit y avoir 5000 hectares/an qui reçoivent 20 tonnes de sable coquillier. Soit 100 000 tonnes de sable par an. »

En se basant sur une surface bretonne agricole d’environ 1,7 million d’hectares, et sur un besoin moyen de 300 unités neutralisantes (pour maintenir un bon PH) par hectare, il estime que si tout était amendé en chaux, il en faudrait 820 000 tonnes/an. (…)

« En revanche, tique Bertrand Decoopman, je suis très étonné de la part relativement restreinte de la chaux ? »

http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/baie-de-lannion-besoins-en-sable-des-chiffres-quels-chiffres-4682419

 

une étude éclairante de Nolwenn Weiler : Des besoins pour l’agriculture intensive

(…) Située à moins de dix kilomètres de la côte, à une quarantaine de mètres de profondeur, la dune sous-marine sur laquelle lorgne la CAN est composée d’une accumulation de débris de coquilles, que l’on appelle « sable coquillier ». On l’utilise dans l’agriculture pour désacidifier les terres. « Avant, pour amender les sols trop acides, on se servait d’une algue : le maërl, explique Patrice Desclaud membre du collectif Peuple des dunes. Mais c’est désormais une espèce protégée, on se tourne donc vers le sable. Ce besoin est lié à l’agriculture intensive : les amendements azotés – et notamment les déjections animales – acidifient beaucoup les sols » (…)

http://multinationales.org/L-exploitation-industrielle-du-sable-une-nouvelle-menace-pour-le-littoral

 

Destruction après destruction, le modèle du profit concentré par les banques et les industries étend à toute la planète l’anéantissement des biens communs.

 

 

 

 

 

une série d’émissions sur les lanceurs d’alerte

https://www.franceinter.fr/emissions/lanceurs-d-alerte/lanceurs-d-alerte-05-aout-2017

Le mystère du courage

Fermer les yeux sur une situation que l’on juge immorale… ou permettre aux yeux du monde de s’ouvrir sur ce que l’on voit. Le choix des « lanceurs d’alerte » s’opère dans la solitude, dans le silence d’un dialogue entre leur conscience et eux-mêmes.

Ceux qui font le choix, en conscience, de révéler, de dire la vérité, sont porteurs d’une verticalité philosophique, humaine et politique immémoriale. Ils arrivent à se transcender comme sujets, pour se mettre en adéquation avec leurs valeurs.

Alors que l’ensemble du corps social voit en eux des êtres pourvus d’un courage hors normes, les lanceurs d’alerte, en général, ne fanfaronnent pas sur leur vertu, et affichent au contraire un profil bas.

Dans son célèbre discours de Harvard en 1978, Alexandre Soljenitsyne fustigeait notre célébration du progrès technique qui n’avait pas réussi à « racheter la misère morale » dans laquelle était tombé le XXème siècle. Il concluait son texte sur le déclin du courage par ces mots :

Personne sur la Terre, n’a d’autre issue que d’aller toujours plus haut.

 

Plongée au cœur du choix moral qui s’opère en chacun dans une situation extrême, pour percer le mystère du courage.

 

Les autres émissions

https://www.franceinter.fr/emissions/lanceurs-d-alerte

en particulier la précédente : Des vies bouleversées

La vérité qu’ils révèlent dérange. Elle attaque le vernis de la société. Elle expose la face sombre d’un monde brutal, cynique, immoral et souvent frauduleux.

Si les affaires agissent comme une douche glacée pour les citoyens, c’est plutôt une douche au vitriol qui attend les lanceurs d’alerte à l’initiative des révélations.

En effet, ceux qui sont la cible de la dénonciation, les anciens employeurs, les entreprises, ne se contentent pas, passivement, d’être montrés du doigt. Parfois c’est même tout le corps social qui se sent mis en cause et qui résiste au changement demandé par le lanceur d’alerte.

In fine, c’est bien là le sens du lancement d’alerte : éclairer la société sur ses dysfonctionnements, et les réparer. Mais cette demande de justice sociale lui coûte bien souvent très cher.

 

ne pas rater le témoignage de

Stéphanie Gibaud lanceuse d’alerte sur l’affaire de la banque UBS France, et auteure de « La femme qui en savait vraiment trop », ed. Cherche midi.

 

 

 

Bernard Lavilliers

Vivre encore !

Bernard+Lavilliers

https://www.youtube.com/watch?v=Z8co7nlNymI

 

 

 

 

 

Presque 2 planètes !

2 août 2017, toutes les réserves renouvelables ont été épuisées et, déjà, les rejets les moins polluants ne peuvent plus être absorbés et recyclés

Il y a seulement 20 ans, la journée du dépassement intervenait… fin septembre

Et… en 1971, le jour du dépassement intervenait en décembre : le 21 décembre

1971, c’est l’année de la Semaine de la Terre à Paris, la première manifestation des écologistes de la nouvelle gauche :

https://planetaryecology.com/1971-la-semaine-de-la-terre/

 affiche de la Semaine de la Terre 1971

Alors, il était temps !

La planète bleue dans le rouge

http://www.liberation.fr/planete/2017/08/01/la-planete-bleue-dans-le-rouge_1587617

Le temps qu’il vous faut pour lire ces quelques mots (environ une seconde) et ce sont 287 passagers qui viennent d’embarquer à bord d’un avion, plus d’un million de kg de CO2 émis dans l’atmosphère, 41 200 kg de nourriture jetés, 10 000 kg de viande de bœuf consommés ou encore 4 900 kg de poissons pêchés…

 

A la fin des années soixante, début 1970, nous lancions l’alerte, comme beaucoup d’autres à travers le monde depuis les années cinquante, et croyions pouvoir changer, non pas la politique (!), mais la civilisation. Au lieu du développement espéré, nous avons été rapidement réduits à l’impuissance et à l’invisibilité. Bien sûr, nous ignorions que l’alerte écologiste avait, depuis plusieurs années déjà, inspiré et stimulé l’organisation d’une puissante réaction. Logique, la critique et les projets écologistes étaient intolérables pour le système capitaliste en conquête mondiale, et… détail que nous sous-estimions, c’est lui qui détient l’argent et entretient des légions de compétences malfaisantes brûlant de servir.

 

Nous fûmes promptement censurés et rendus invisibles, puis remplacés par des agents du système en même temps qu’une formule tortueuse – « écologie politique » – était substituée à notre programme d’écologisation. Celui-ci misait sur la prise de conscience en cours et sa stimulation pour que tout évolue de concert et que l’on change de civilisation. L’autre détournait l’attention des énergies naïves en réduisant le mouvement social et culturel à un courant politicien bientôt impliqué dans les joutes de pouvoir et d’argent ; une réduction soigneusement calculée pour noyer l’alerte et éliminer toute menace contre l’impérialisme « anti-nature« , contre les croyances, les conditionnements et les fantasmes qui le fondent, et contre les petits appétits qui l’entretiennent, exactement comme l’avait préconisé Raymond Aron en 1969 (rapporté par Pierre Grémion).

 

Alors que tous les cauchemars que nous redoutions, et au-delà, ont été réalisés par ceux-là mêmes qui nous qualifiaient de « catastrophistes » il y a peu encore, il est important de savoir quels ont été les forces et les acteurs du sabotage. D’autant que le sabotage continue – c’est ce qui explique l’effondrement en dépit du renouvellement des révoltés et des indignés génération après génération (1). Mieux encore, les naufrageurs de la nouvelle gauche écologiste qui ne sont pas morts sont toujours là, toute honte bue, éternels nuisibles tout occupés à dissimuler leurs forfaits en se faisant passer pour… ceux qu’ils ont éliminés, des « écologistes » ! La falsification de l’histoire du mouvement complète le dispositif.

 

Les curieux chercheront les rares traces qui témoignent encore de l’existence des « collèges invisibles » Diogène (1970) et Ecoropa (1975), véritables cellules stay-behind conduites par l’agent de la globalisation Denis de Rougemont, à nous, écologistes, entièrement consacrées. Suivant les indications de Pierre Grémion, les curieux s’intéresseront aussi aux mendésistes et aux aroniens, à leurs clubs, fondations (St Simon par ex.), journaux… qui ont ardemment soutenu et relayé les entreprises anti-écologistes des premiers.

 

Ils n’oublieront pas de relire Grémion :

. « Intelligence de l’anticommunisme. Le Congrès pour la liberté de la culture à Paris 1950-1975« , Pierre Grémion, Fayard 1995.

 

et compléteront avec :

. « Qui mène la danse. La CIA et la guerre froide culturelle« , Frances Stonor Saunders, Denoël 2003.

« Le soutien des groupes de gauche n’avait pas pour but leur destruction ni même leur contrôle, mais plutôt le maintien d’une discrète proximité afin de contrôler la pensée de tels groupes, de leur fournir une soupape de sécurité et, in extremis, d’exercer un veto final sur leur publicité et peut-être leurs actions, si jamais ils devenaient trop radicaux« 

 

Deux livres sur les coulisses profondes de ces opérations et de ces réseaux. On y découvre l’élaboration et le développement du contrôle culturel et politique. Acculturation et substitution de paradigme, falsification, manipulations de la mondialisation du capitalisme… Voilà  qui explique comment on en est arrivé là.

 

Et ils n’oublieront pas le très révélateur empêchement de l’alerte contre les emballages jetables en 1971 :

1971 – Tir de barrage contre une campagne de dénonciation du tout jetable

(1) le sabotage n’a jamais cessé. Il a frappé toutes les émergences critiques. Féministes, TGBT, régionalistes, libertaires, antiracistes, etc., aucun mouvement n’y a échappé. Et il continue de frapper les écologistes restés fidèles et les causes dans lesquelles ils s’impliquent. Par exemple : 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal

.

 

 

 

 

 

 

juillet 2017

 

La réforme du Code du Travail est un épisode de la spoliation du bien commun

jusqu’à son anéantissement 

Les économistes Thomas Lagoarde-Segot et Bernard Paranque dénoncent le projet de réforme de Code du Travail : en réduisant le travail à un « marché », il ignore les enjeux sociaux, culturels et politiques.

…et LES ENJEUX ECOLOGIQUES aussi !

Pour Bernard Paranque et Thomas Lagoarde-Segot, le projet porté par Muriel Pénicaud réduit le travail à un « marché », ignorant ses enjeux sociaux, politiques et culturels. Pour eux, il s’agirait donc bel et bien d’une régression…

(…) l’instauration des conditions juridiques nécessaires au « grand marché autorégulateur » qu’appellent de leurs vœux les libéraux implique en effet, au préalable, de briser les anciennes structures sociales régulant les échanges.

Depuis le XIXe siècle, le libéralisme n’a jamais hésité à la coercition au nom d’une certaine conception de la liberté, voire à recourir à la violence armée (comme en témoigne l’histoire de la colonisation) ou briser les solidarités populaires (comme le montre l’histoire du mouvement social) pour mettre en œuvre un laisser-faire qui est tout le contraire d’un non-interventionnisme.

L’aspect fondamental de la réforme actuellement en débat ne se situe donc pas dans la méthode, mais plutôt dans les justifications tacitement acceptées de sa mise en œuvre. En effet, nous assistons à travers cette réforme – qui a, pour arrière-plan, une Assemblée nationale dont la composition socioprofessionnelle donne une représentation biaisée de la « société civile » – au parachèvement de la fusion entre technocratie et autoritarisme.

Rationalité « neutre » car technicienne

« Nous avons la solution, vous devez l’adopter », nous disent les experts, dont la compétence sort résolument de leur périmètre d’expertise pour imposer ce que doit être la société de demain. Dans le contexte actuel, les changements sociaux impulsés par l’Etat sont présentés comme des opérations purement techniques auxquelles doit se soumettre la société, en vertu d’une rationalité « neutre », car technicienne.

(…)

Prétendre soumettre le travail-marchandise au « marché autorégulateur » pour atteindre le bien-être social reviendrait donc à entériner la soumission de la personne à un certain ordre social, c’est-à-dire à des rapports de force et de pouvoir qui ne sont jamais discutés, y compris à l’aune du libéralisme philosophique. La « libéralisation du marché du travail », loin d’être une réponse technique à des enjeux du même ordre, a donc pour effet d’étendre toujours plus le rôle de la marchandise comme principe de relations entre les personnes, et de consolider une certaine organisation de la société faisant de celle-ci un appendice du « marché autorégulateur ».

Les experts qui affirment que la législation sociale doit être réduite, car elle constitue une « friction » qui empêche la réalisation d’un « équilibre du marché », reconnaissent ainsi, sans le vouloir, que cette législation a magnifiquement atteint ses objectifs : interférer avec les lois de l’offre et de la demande, afin de soustraire partiellement le travail des hommes – et donc leur vie – au règne du marché.

(…)

…la législation sociale doit être réduite, car elle constitue une « friction » qui empêche la réalisation d’un « équilibre du marché »
Comme c’est intéressant ! C’est exactement la même inspiration qui a dicté les plans Pinay-Rueff, etc. de la fin des années cinquante : « suppression des obstacles à l’expansion économique » qu’ils disaient. Dans la même veine, plus près de nous (sous Sarkozy) il y a eu la « Commission pour la libération de la croissance », dite « Commission Attali ». Attali, l’un des plus ardents soutiens de la candidature Macron.

Tout cela s’inscrit exactement dans la droite ligne de ce qui a précédé et décidé de la candidature Macron : le néo-capitalisme et sa marchandisation du vivant qui est en train de réussir la 6ème extinction.

 

C’est toujours la guerre des communaux. La conquête continue !

Voir Noam Chomsky (An 501, la conquête continue) et Pierre Kropotkine (L’Entr’aide).

 

 

 

 

 

 

L’exploitation frénétique des ressources naturelles risquent de provoquer la sixième extinction de masse

Lecture de l’étude de Richard Leakey et Roger Lewin : La Sixième extinction

Biodiversité. Nous sommes entrés dans l’ère de “l’anéantissement biologique”

Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines
http://www.pnas.org/content/early/2017/07/05/1704949114

 

 

 

 

 

 

 

 

AMPARO SANCHEZ

Corazón De La Realidad

 

 

 

 

 

 

 

 

 

juin 2017

 

Six jours de guerre, cinquante ans de domination

Un demi-siècle plus tard, les premières colonies créées par une minorité de «fous de dieu» sont devenus la norme, et leur idéologie comme leur mépris envers les Arabes se sont répandus dans la société.

la marche inexorable du totalitarisme

 

(…) C’est pendant cette phase transitoire que sont apparus les premiers colons. Au départ, il ne s’agissait que de quelques dizaines de militants nationalistes religieux exaltés pour qui la victoire, et surtout la «libération» du mur des Lamentations, ressortait d’un miracle annonçant la venue du messie. Lorsqu’ils ont, en mars 1968, créé leur première colonie dans l’hôtel Park, un établissement palestinien d’Hébron «réquisitionné» par eux, ces fous de dieu emmenés par le rabbin Moshe Levinger étaient ultraminoritaires en Israël. Mais le gouvernement, plongé dans ses débats internes sur le sort des territoires occupés, les a laissé faire par négligence ou par lâcheté.

Après un demi-siècle, ces colons sont passés de quelques dizaines à 450 000 en Cisjordanie occupée et à quelque 200 000 dans les «nouveaux quartiers» de Jérusalem, érigés sur des terres appartenant aux villages palestiniens voisins. Au fil des années, leurs idées ont également pénétré tous les secteurs de la société israélienne, qui est devenue plus religieuse et moins tolérante. Grâce à leurs représentants à la Knesset et au gouvernement, ces colons constituent désormais l’axe central de la vie politique israélienne. Alors qu’ils ne représentent que 8 % de la population, ils occupent de nombreux postes clés au sein de l’armée, de la police et des services de sécurité. De quoi leur permettre d’imposer leur agenda à l’ensemble du pays tout en parvenant à le façonner à leur image. (..)

Ex-ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud, Ilan Baruch a démissionné pour dénoncer le «hold-up» des colons sur la politique israélienne. Et sur la société en général. «Je suis très troublé par l’immoralité de la relation qui s’est instaurée entre Israël et les Palestiniens après la guerre des Six Jours, nous dit-il. Car l’occupation et ses excès ont corrompu notre mode de vie et de pensée. En traitant les Palestiniens comme il le fait, en érigeant sans cesse des obstacles à la création de leur Etat, mon pays hypothèque son avenir. Mais s’en rend-il seulement compte ? Je ne sais pas.» (…)

http://www.liberation.fr/planete/2017/06/04/israel-six-jours-de-guerre-cinquante-ans-de-domination_1574515

 

 

 

 

 

 

 

Pour plus de spéculation et de destructions, en avant !

« Macron veut supprimer l’ISF, tout en évitant l’affichage politique de la mesure »
 

Le 2 mars, en annonçant son programme, Emmanuel ­Macron a proposé un aménagement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) consistant à sortir le patrimoine financier de la base imposable sur laquelle il est actuellement calculé. Le 6 avril, dans une émission télévisée, il a justifié cette mesure en distinguant le capital investi « productivement » dans les entreprises, qui servirait à « faire tourner l’économie » et à créer des emplois, et le capital qui ne serait pas productif et produirait uniquement de la « rente ».

Il range dans la première catégorie les titres ­financiers (puisque les actifs professionnels sont déjà exclus de l’ISF), tandis que les biens immobiliers constituent la ­seconde catégorie. Le but ­annoncé est d’inciter les ménages aisés à arbitrer en faveur des placements ­financiers par rapport à l’immobilier. Si l’intention paraît louable, on peut se demander si la mesure produirait l’effet espéré.

 

Impôts : vers une suppression déguisée de l’ISF avec Macron ?

Le programme du président comporte une refonte de la fiscalité sur le patrimoine, l’ISF devant évoluer vers un impôt centré sur la propriété immobilière. Censée favoriser les investissements dans l’économie réelle, cette mesure présente toutefois une faille qui pourrait bien remettre en cause tout l’ISF.

http://www.latribune.fr/economie/france/impots-vers-une-suppression-deguisee-de-l-isf-avec-macron-711333.html

En matière de « pompe à phynance« , la couleur est déjà annoncée et – quelle surprise ! – elle correspond à ce que les coulisses profondes de la candidature Macron annonçaient. Pour l’écologiste, ce glissement de l’impôt du capital financier vers le seul patrimoine immobilier signifie une stimulation supplémentaire de l’économisme spéculatif qui est en train de ravager toute la planète. Grossir encore davantage l’argent volatile des investissements qui n’ont d’autre règle que la réalisation du profit le plus rapide, cela avant même d’esquisser une réorientation de cet économisme irresponsable, est typique du capitalisme ultra-libéral.

Cela s’inscrit exactement dans la ligne de la Société du Mont Pèlerin (1947), des « comités d’experts pour la suppression des obstacles à l’expansion économique » et sur « les obstacles à l’expansion économique » pour la « libération radicale des échanges » (Alain Peyrefitte) en 1958 et 1959, de la Fondation Saint Simon (1982-1995), de la « commission pour la libération de la croissance » (dite commission Attali) (2007), etc.

Après avoir réalisé son rêve de 70 ans : se faire porter sur le pavois en bernant (presque) tout le monde, le système impérialiste ne se sent plus de joie. Il se lâche déjà.

Ca va faire mal !

 

 

 

 

 

 

 

Donald Trump fait des miracles

En décidant de rompre avec les accords de Paris sur le climat (COP 21), il les a tous changés en écologistes !


Même ceux – très nombreux – qui ont contribué à étouffer l’alerte écologiste qui inspirait largement la nouvelle gauche des années 1960/70, et qui poursuivent l’effort aujourd’hui.


Pour découvrir les origines de cette entreprise réactionnaire au long cours :

Intelligence de l’anti-communisme – Le Congrès pour la Liberté de la Culture à Paris 1950-1975, Pierre Grémion, Fayard 1995  

Pierre Grémion défend l’organisation tentaculaire à laquelle il a contribué aux côtés du néo-libéral Michel Crozier. Quoi de mieux que les forfanteries d’un homme du système pour découvrir l’envers du décor et les noms des principaux acteurs de l’ombre ? Pierre Grémion ne peut cacher l’orientation principale de l’entreprise : effacer toute dénonciation relative à la globalisation capitaliste en cours et fermer toutes les voies alternatives. Mais, parfois, ses certitudes semblent se dissoudre et l’éloge devient aveu. On apprend ainsi qu’après le croque-mitaine communiste qui servait à justifier l’écrasement de tous les soulèvements contre l’accroissement de la prédation, c’est la nouvelle gauche qui a été la cible de l’appareil de la plus grande opération de propagande et de répression de toute l’histoire. La nouvelle gauche, dont les acteurs de l’alerte écologiste visés par des opérations de récupération, chapeautage, élimination et substitution, etc., cela dès la fin des années 1960. A défaut de comprendre ce qui nous arrivait, nous avons eu tout loisir d’en mesurer l’étrangeté.

La situation catastrophique de la biosphère (donc du climat) trouve là son origine. On le voit très clairement avec l’inauguration du monstre flottant (le Meraviglia, sic) qui vient de sortir en grande pompe des chantiers de Saint Nazaire (En arrière toute ! sur : http://naufrageplanetaire.blogspot.fr/2013/03/la-tete-lenvers-partir-de-fevrier-2015_29.html).

Dans leur très grande majorité, les pleureuses d’aujourd’hui ont pris part à ce sabotage de l’éveil écologiste et c’est pour mieux dissimuler que Trump est une résultante de leur action qu’elles surjouent. Vraiment, quelle dureté envers leur créature !

 

 

 

 

 

 

 

mai 2017

Public/Privé : les contours flous de l’Etat. La mutation néolibérale

 

A la veille d’une loi annoncée sur la moralisation publique, une passionnante enquête sociologique révèle comment, depuis une vingtaine d’années et à la faveur de la mutation néolibérale et régulatrice de l’Etat, la frontière s’est profondément brouillée entre secteurs public et privé.

Il y aurait donc le public et le privé. D’un côté le secteur public, de l’autre le secteur privé. Ce clivage public/privé offre l’un des repères les plus pratiques et les plus partagés pour s’orienter dans la société et l’analyser, en France en particulier où la séparation fondamentale entre droit public et droit privé institutionnalise de longue date cette division du monde social. Pourtant, même s’il demeure très largement pertinent et puissant ce clivage, connaît un brouillage de plus en plus intense, au point qu’au lieu de demeurer un schème explicatif de certaines évolutions sociales et politiques, il peut désormais apparaître davantage comme un écran à la compréhension de certains phénomènes majeurs de reconfiguration de l’organisation sociale et des pouvoirs politiques et administratifs. Par une enquête saisissante sur l’évolution des mondes du droit et de la politique et de leurs relations, les politistes Antoine Vauchez et Pierre France montrent comment en France, depuis une vingtaine d’années, le tournant néolibéral de l’Etat plus que jamais régulateur a profondément brouillé le clivage public/privé. Sylvain Bourmeau

https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/publicprive-les-contours-flous-de-letat

L’affaire a commencé il y beaucoup plus d’une vingtaine d’années. En remontant le temps à plus du double d’une génération, on trouve aisément les prémices de la main-mise des spéculateurs capitalistes sur le bien commun en utilisant l’appareil d’Etat. Ainsi, il est très intéressant de se pencher sur ce qui s’est passé en 1958, après la prise du pouvoir par De Gaulle, puis en 1959/60 (Plan Pinay-Rueff, etc.). Et la suite… Dommage que toute cette histoire soit oubliée. Ou, plus exactement, qu’on nous l’ait fait oublier. Tiens, mais pourquoi donc ?

La mutation néolibérale… comment a-t-elle été installée ?

 

 

 

 

 

 

 

Australie, 1960. Seulement 57 ans en arrière et pourtant…

1960 ! C’est l’un des apports de la nouvelle gauche (new left) des années 1960 que d’avoir changé le regard sur les autres, tous les autres, et d’avoir réveillé l’empathie en restaurant la compréhension des interrelations et de l’interdépendance à tous les niveaux d’organisation du vivant, de l’amibe à la biosphère.


Peut-être est-il nécessaire de rappeler que les mouvements autochtones de libération faisaient partie de la nouvelle gauche. 

Ainsi l’American Indian Movement : https://www.aimovement.org/ggc/history.html


 

 

 




Il y a quelques dizaines d’années, déjà

PROVOS, BEATNIKS, SITUATIONNISTES, HIPPIES, MILITANTS DES DROITS CIVIQUES, PACIFISTES, FÉMINISTES, HOMOSEXUELS, RÉGIONALISTES, AUTOCHTONES, ÉCOLOGISTES… 

Juste avant l’extinction

Les différents courants de la nouvelle gauche des années 1960/70 voulaient créer une civilisation conviviale en harmonie avec la biosphère. L’effacement systématique de ce mouvement et de tous ceux qui ont tenté d’émerger depuis (1), a autorisé la systématisation de la prédation à l’échelle planétaire – la globalisation – auxquels nous devons les effondrements climatique, biologique, écologique actuels. L’effondrement de l’empathie, de la pensée critique et de la combativité aussi. 

(1) en France, particulièrement par la « deuxième gauche », une appellation apparue vers la fin des années 70 (après « écologie politique » issue de la même source), vraisemblablement pour accroître la confusion et faciliter la récupération et le détournement des « forces vives » dont Jean Baudrillard allait bientôt constater le recul :

Après avoir fait le constat d’un socialisme vidé de sa substance et de son sens (à l’époque, cela fait déjà 20 ans !), Jean Baudrillard écrit « oui, le socialisme, paradoxalement, arrive au pouvoir quand toutes les énergies de dépassement, les énergies sociales de rupture, les énergies culturelles alternatives se sont plus ou moins épuisées – et il porte les stigmates de cet épuisement, et il en profite. S’il s’installe sans coup férir, ce n’est pas tant qu’il a vaincu la droite, c’est que tout l’espace a été balayé devant lui par le reflux des forces vives. (…) »

La Gauche divine, Grasset 1985.

Apparemment Jean Baudrillard ignorait que « les énergies de dépassement, les énergies sociales de rupture, les énergies culturelles alternatives » ne s’étaient pas épuisées, mais qu’elles avaient été épuisées.

Cela rappelle la « disparition des lucioles » soulignée par Pier Paolo Pasolini 10 ans auparavant. Les lucioles qui avaient émerveillé le jeune Pasolini et tant d’autres ont spectaculairement régressé sous la vague des pollutions et des destructions qui a accompagné la globalisation capitaliste. C’est la beauté du vivant qui s’effondre sous le nouveau totalitarisme. C’est ce choc et, pour les plus sensibles, ce traumatisme qui a soulevé le mouvement écologiste et la nouvelle gauche dans les années soixante. Mais les nouvelles lucioles – les forces vives – qui voulaient alerter et éclairer ce péril planétaire ont aussi été éteintes.

 

40 things the hippies were right about  

http://urbanmilwaukee.com/…/40-things-the-hippies-were-rig…/

 

La SEMAINE DE LA TERRE, l’une des rares expressions publiques de la nouvelle gauche écologiste française 

http://planetaryecology.com/1971-la-semaine-de-la-terre/

 


 

 

 

Il y a 46 ANS, LE MOUVEMENT ÉCOLOGISTE

avant son étouffement et son remplacement par des ersatz fabriqués par le système capitaliste.

Tel qu’il serait utile de le réinventer pour répondre à l’effondrement en cours.

Pierre FOURNIER en était :
A un lecteur qui écrivait : « Je veux vivre et que ça leur fasse envie », il répondait : « C’est dangereux, tu sais. Ta joie de vivre ils te la feront rentrer dans la gueule. Ya peut-être plus de contagion possible. On a coupé toutes leurs racines, la volonté de vivre ne passe plus. Ya plus que la destruction, l’auto-destruction qui les fascinent. On perd son temps à leur expliquer qu’ils vont crever, s’en foutent pas mal de crever, au contraire, ils rêvent que de ça, ils veulent que ça (…) Tuer, être tué, ya plus que ça qui peut les faire jouir. Sadisme et masochisme. Tas d’impuissants » (« Concierges de tous les pays, unissez-vous« , Charlie Hebdo n° 28, 31 mai 1971). Il avait bien vu. Notre défaite fut totale. Dans une parfaite symbiose, gauchistes et capitalistes ultras (futurs néo-conservateurs, mais probablement l’étaient-ils déjà), tous avides de pouvoir, préparaient les tours de passe passe qui allaient leur permettre de faire disparaître les alternatifs et la culture du bien commun pour leur substituer les pièges à gogos qui fonctionnent encore aujourd’hui.
http://planetaryecology.com/fournier-precurseur-de-lecolog…/

 


 

 

 

UNE CINQUANTAINE D’ANNÉES APRÈS L’ESSOR MONDIAL DE LA NOUVELLE GAUCHE (NEW LEFT)

Comme l’illustre le récent massacre des macaques de la pinède de Labenne, dans les Landes (ci-dessous), une cinquantaine d’années après l’essor mondial du mouvement qui voulait restaurer la culture du bien commun et stimuler l’intelligence sensible, c’est tout le contraire qui a prévalu.

Depuis les années 80, l’incompréhension et la haine de la diversité du vivant s’affichent partout et conduisent la politique mondiale. Comment cela est-il arrivé ?

Dès ses premiers pas, avant même La SEMAINE DE LA TERRE, le mouvement écologiste a été l’objet de multiples actions visant à le calomnier et à le couler pour le remplacer par des faux-semblants dociles. Pierre Fournier en a témoigné dès 1971 dans Charlie Hebdo et, 3 ans plus tard, Bernard Charbonneau* dans La Gueule Ouverte.

  • Charbonneau était particulièrement bien informé car, depuis plusieurs années, il était en relation avec plusieurs des principaux organisateurs de l’effacement de la nouvelle gauche écologiste.

Voici l’une des rares attaques à visage découvert qui révèle la mentalité simpliste dont les organisateurs de la globalisation capitaliste ont profité pour se débarrasser de l’écologisme…

La multiplication des revues écologiques
UN POINT DE VUE REACTIONNAIRE

Reprenant les théories devenues à la mode des partisans d’une limitation et même de la suppression de toute croissance économique, seule manière selon eux d’épargner à l’humanité de périr victime de la pollution, toute une presse est apparue ces derniers mois. Assaisonnant leur dénonciation des ravages accomplis par la pollution à la sauce de théories pseudo-scientifiques, toutes ces publications, telles La Gueule Ouverte, soeur écologique de Charlie Hebdo, Mieux Vivre, organe de l’association Les Amis de la Terre, Le Sauvage, production de l’équipe du Nouvel Observateur, se retrouvent pour dénoncer le progrès technique et prôner plus ou moins un nécessaire retour à la nature.

La première caractéristique de toute cette presse est de dénoncer la menace que représente pour l’avenir de l’humanité une prétendue surpopulation, ce qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant car toutes les « solutions » préconisées par ces prophètes d’un nouveau genre ne pourraient avoir une ombre de sens que pour une population mondiale au bas mot dix fois inférieure à ce qu’elle est actuellement. Quant à cette diminution radicale du nombre des représentants de l’espèce humaine que notre planète pourrait selon eux raisonnablement supporter, ces adeptes du « naturel », réfractaires à toute utilisation du progrès technique, ne se prononcent pas : limitation artificielle du nombre des naissances ou retour aux bonnes vieilles épidémies et famines du Moyen-Age, le débat reste ouvert.

Et il ne s’agit là nullement d’une exagération, qu’on en juge. Le premier numéro du Sauvage consacre une large place à « l’agriculture biologique » qui proclame, entre autres inepties, ce dogme « qu’il ne faut jamais travailler la terre quand elle est humide » (l’arrêt du repiquage du riz et la mise en jachère de toutes les rizières sont sans doute les solutions à envisager…) et affirme d’autre part qu’il faut n’utiliser que « la bêche à dents pour ne pas couper les vers de terre ». Le même Sauvage conseille d’ailleurs à ses lecteurs, dans un article consacré au pain, de choisir entre trois solutions : acheter du « pain biologique » de la maison X (si la publicité rend c…, il ne s’agit pas toujours des lecteurs) ou participer aux circuits d’alimentation sauvage mis en place par les groupes écologiques ou encore faire soi-même son pain avec du blé cultivé biologiquement. Quant au commun des pollués, qu’il ne se croit pas sauvé en supprimant le pain de son alimentation car le problème se reposera à lui pour tout ce qu’il se met sous la dent.

De la même manière, La Gueule Ouverte, revue également très friande d’agriculture biologique, a mené toute une campagne auprès de ses lecteurs sur la nécessité de refuser les vaccinations et les radios au nom des risques qu’elles comportent. Ces risques, bien évidemment existent car tout traitement ou examen médical n’est jamais totalement dépourvu d’inconvénients ; mais, outre qu’il s’agit de les limiter au maximum par un emploi judicieux, la seule manière correcte d’envisager la question serait de les mettre en balance avec les dangers auxquels permettent de faire face la vaccination, les radios et tous les médicaments. Qu’à cela ne tienne : la même attitude égoïste du petit-bourgeois adepte d’une prétendue agriculture biologique, qui lui fait rechercher le moyen de se nourrir naturellement pendant que les deux tiers de l’humanité se débattent dans la famine, le conduit à revendiquer le droit de ne pas se soumettre aux vaccinations et aux contrôles radiologiques qui, appliqués au restant de la collectivité, lui assureront, de toute façon, une relative sécurité.

une affiche de La Semaine de la Terre 1971

Mais la question qui agite actuellement le plus tous ces milieux et les fait se lancer dans les théories les plus abracadabrantes est celle de l’énergie, et plus particulièrement de l’électricité nucléaire. Une véritable croisade contre l’électricité se développe (alors que l’électricité est actuellement, de toutes les formes d’énergie, la plus rationnelle parce que la plus dépourvue de risque d’utilisation et la plus facilement transportable), qui donne à nos écologistes l’occasion d’entamer témoignages et prédictions apocalyptiques de la manière la plus malhonnête et la plus anti-scientifique qui soit.

La Gueule Ouverte publie dans son numéro 6 un rapport américain qui semble tout à fait sérieux, où il est fait état d’un nombre anormalement élevé de diverses maladies enregistrées dans une ville de Pennsylvanie depuis que des produits radioactifs sont déversés dans la rivière d’où provient l’alimentation en eau potable des habitants. Cela, qui ne prouve rien contre l’électricité d’origine nucléaire et le progrès technique en général – allez donc installer une fosse à purin sur une source et y puiser votre eau -, montre par contre tout à fait le mépris de la sécurité des habitants qui caractérise les responsables de l’économie capitaliste. Mais, précisément, au lieu de réclamer que des précautions suffisantes soient prises, notamment au niveau du stockage des produits radioactifs et de la sécurité en général, ces curieux défenseurs de l’humanité s’insurgent, au nom d’un raisonnement tout à fait curieux, devant les mesures de sécurité déjà existantes. Le numéro 5 de la revue Mieux Vivre publie les dispositions prévues par le plan ORSEC en cas d’accident survenu dans une centrale nucléaire et conclut en substance : si l’on prend toutes ces précautions, c’est donc bien qu’il y a quelque danger !

Quant à La Gueule Ouverte, elle propose de remplacer toute forme d’énergie « artificielle » par l’utilisation de l’énergie solaire qui, elle, ne pollue pas. Suggestion intéressante mais aussi du plus haut comique venant de gens qui dénoncent les radiations de toute sorte comme un des dangers les plus grands menaçant la vie et qui semblent ou veulent ignorer qu’à haute dose les radiations solaires sont également très néfastes (c’est ainsi que la fréquence des cancers de la peau est beaucoup plus grande chez les individus exerçant une profession au grand air, tels les marins pêcheurs).

Aussi ne leur reste-t-il qu’une solution : s’enfermer dans une caverne, non sans s’être assurés, à l’aide d’un compteur Geiger – petite concession à la technique -, que les roches n’y sont pas trop radioactives, et méditer dans l’obscurité sur cette grave question de savoir comment l’espèce humaine a réussi à survivre au mépris de toutes les règles « écologiques ».

En attendant cette décision extrême, les soldats de la croisade anti-électricité nucléaire ont cependant choisi le risque de mener la lutte sous le feu croisé de tous les rayonnements et, plus concrètement, ils réclament un moratoire de dix ans pour la construction de centrales électriques nucléaires (bien que certains affirment par ailleurs que, dans un siècle, aucune décision ne pourra être encore prise…).

Que les deux tiers de l’humanité se débattent actuellement dans la misère ne semble, soit dit en passant, nullement les concerner ; mais là n’est peut-être pas la question. Ca n’est pas le progrès technique qui est dangereux, c’est l’usage qu’en fait l’ordre social. Que le capitalisme se soucis peu des ravages qu’il commet et de l’avenir qu’il prépare à l’humanité, la pollution n’est pas seulement là pour le prouver : les guerres, les crises économiques font, elles aussi, partie des calamités inhérentes à ce système dépassé et pourrissant et c’est l’évidence même que le progrès technique utilisé exclusivement en vue du profit individuel pose plus de problèmes qu’il n’en résout.

Mais, justement, mettre le progrès technique au service du genre humain est la seule perspective qui puisse éviter un retour à la barbarie sous quelque forme que ce soit. Cela, seul le socialisme le pourra et, non seulement il permettra l’utilisation exclusive du progrès en fonction des intérêts généraux de l’humanité, mais encore, en mettant en commun toutes les ressources mondiales matérielles et humaines, il fera franchir rapidement des pas de géant aux connaissances et aux réalisations humaines auprès desquelles celles dont dispose aujourd’hui la société capitaliste apparaîtront comme dérisoires.

Pierre VERNANT
Lutte Ouvrière n°247, mai 1973

 
Curieusement, les calomnies de Pierre Vernant étaient illustrées par cette photo d’une manifestation de la nouvelle gauche

En s’attaquant à la nouvelle gauche écologiste, il est vraisemblable que Pierre Vernant (Jean-Pierre Vernant ?) ne comprenait pas qu’il faisait le sale boulot que ne pouvaient faire ouvertement les véritables réactionnaires – ceux qu’il n’avait même pas vus, ceux qui travaillaient à l’installation de la globalisation capitaliste. Ceux-là avançaient masqués et préparaient méthodiquement le remplacement de tous les militants de la nouvelle gauche par leurs hommes de paille. En aidant à l’élimination des nouveaux mouvements critiques qui réagissaient au renforcement de l’impérialisme capitaliste, Vernant et ses « camarades« , en particulier maoïstes (!), ont été les bons petits soldats du système de pure prédation qui ravage toute la planète.


 

 

 

 

 

 

150 MACAQUES MASSACRÉS À LABENNE (LANDES) simplement parce qu’ils étaient porteurs d’un virus. Ils le sont presque toujours (porteurs sains) et le risque est infime.

Répondant à l’inculture de l’administration, la docilité des médias répercutant sans analyse la communication officielle montre à quel point la réification du vivant choque peu en France. Cela confirme une nouvelle fois l’arriération de ce pays en matière d’écologie et, plus généralement, d’intelligence sensible :
« Il est nécessaire, peut-être plus encore en France que dans tout autre pays, de repenser (et de re-théoriser) le problème de la nature, et de remettre en cause encore une fois l’opposition culture/nature. Une vision mécaniste de la nature et une subjectivité solipsiste aliénée par rapport à la Terre font partie du lourd tribut que fait payer le dualisme cartésien« 
John Clark

…et l’anthropocentrisme qui est encore comme incrusté chez beaucoup !

 

L’agence nationale de sécurité sanitaire qui a décidé du massacre a vraiment l’air d’être au top de… la culture anti-nature ! Le mépris pour la vie des autres est total. Avec sa diversité qui déborde des normes technocratiques, le vivant est l’ennemi à éradiquer. Ce fameux virus est commun chez ces macaques. Tous ceux qui travaillent avec eux le savent. Combien de contaminations depuis l’existence de cette « pinède des singes » ?

Behaviouralist Frans de Waal works with macaques, many of which are infected, at Emory University’s Yerkes National Primate Research Center in Atlanta, Georgia. He says he is « shocked that the deed has been done ». He believes that « the risk, if managed properly, is not great enough to justify euthanizing these beautiful and interesting animals ».

Frans de Waal avait travaillé au Centre de Primatologie de Strasbourg avec un autre groupe de macaques pendant plusieurs années, autre groupe qui a été récompensé de sa longue contribution à la recherche par une autre exécution collective en 2008 (ci-dessous).

Il serait intéressant que la fameuse agence nationale de sécurité applique la même méthode expéditive à tous les facteurs de vrais risques… par exemple aux auteurs des pollutions qui font des victimes – des morts et des handicapés – par centaines de milliers.

 

A Strasbourg, les singes quittent le centre d’études sans remerciements et les pieds devant (sept 2008)

Un groupe social d’une quinzaine de Macaques de Tonkéan vivait au Centre de Primatologie de l’université Louis Pasteur de Strasbourg depuis de longues années. Suite à la décision unilatérale du conseil scientifique, il vient d’être exterminé.

Originaires de l’Indonésie, et plus précisément de Sulawesi, les macaques de Tonkéan sont une espèce internationalement protégée. Ils sont connus et particulièrement étudiés pour leur culture de l’organisation démocratique et de la résolution des conflits, et ceux du centre de primatologie de Strasbourg avaient presque atteints à la célébrité grâce aux travaux qui leur étaient consacrés (a).

La raison invoquée : les chercheurs avaient découvert qu’ils étaient porteurs d’un virus d’herpès (B) et il fallait protéger le personnel. Misérable prétexte. Les macaques de Tonkéan sont majoritairement porteurs sains de ce virus, et nul ne songe à les tuer pour cela dans les parcs zoologiques. Il suffit de quelques précautions basiques pour se protéger de la contamination. D’ailleurs, on savait, dès leur arrivée dans les années 1980, que les macaques de l’université de Strasbourg étaient porteurs du virus.

En fait, il semble que ces singes aient été éliminés pour faire place à d’autres et à un programme de recherche en pharmacologie (très rentable). Pourquoi se fatiguer pour leur trouver un lieu d’accueil pour leur retraite quand on peut résoudre « le problème » sans rien dépenser ni même éprouver une émotion ? Donc, après avoir imposé d’interminables années de privation de liberté à ces travailleurs bénévoles, après qu’ils aient inspiré maintes études valorisantes pour les chercheurs et les étudiants, c’est une vulgaire question de gros sous qui aurait décidé de leur vie et de leur mort comme s’il s’était agi de vulgaires déchets. Vingt cinq années de proximité n’ont ouvert aucune brèche dans la muraille d’insensibilité (en l’occurrence, on ne pourrait pas dire inhumanité…) des décideurs. Aussi sympathiques que les autres, les hiérarchies scientifiques !

On voit là, au cœur de l’université française, une manifestation spectaculaire de la culture de la domination du vivant, la culture qui se réfère à Descartes le mécaniste tortionnaire, culture « anti-nature » comme elle se définit, cette culture du mépris qui préside à la destruction de la biosphère.

Si ces macaques de Tonkéan ont pu prouver aux chercheurs perspicaces qu’ils savaient vivre en société démocratique, les responsables de l’université de Strasbourg viennent, eux, de nous convaincre qu’ils sont incapables de constituer une société et de vivre en accord avec la biosphère.

Avec des « élites  » aussi sensibles et intelligentes, comment s’étonner que rien n’évolue et que l’on continue droit au récif ?

(a) L’observation de ce groupe a inspiré Frans de Waal et Bernard Thierry pour écrire « Les antécédents de la morale chez les singes » qui est paru dans « Les origines de l’humanité », tome II (chez Arthème Fayard).

Voir « Le singe, un animal moral« , un article qui figure sur le site

www.scienceshumaines.com

Au-delà du titre toujours chargé de conditionnements, le traitement du sujet marque un tournant dans la prise de conscience des qualités des autres êtres.

voir également, sur le site du Nouvel Obs, un article de Fabien Gruhier paru en mai 1995 : « Des casques bleus chez les primates. La grande leçon qui nous vient du singe »

Et la vidéo présentée par le site www.dailymotion.com/video

http://www.dailymotion.com/video/x6qvmv_macaques-euthanasie-enquete-sur-int_news

http://www.dailymotion.com/video/x6q7mr_14-primates-euthanasies-a-strasbour_news

Voilà, ce sont ces êtres très sympathiques qui viennent d’être éliminés.

http://www.cerimes.fr/le-catalogue/lunivers-social-des-macaques.html

 

 
 

 

 

 

 

 

 

avril 2017

globalisation du capitalisme : le saccage jusqu’au bout

Les peuples autochtones descendent dans la rue

« Des représentants des églises évangéliques se sont unis au lobby de l’agrobusiness pour tenter de détruire nos droits et en finir avec notre biodiversité pour pouvoir transformer le Brésil en grenier du monde. Ces cercueils représentent les Indiens de 305 ethnies qui sont morts ces dernières années, conséquences de ces influences politiques« , 

Marize de Oliveira, professeure d’histoire de la communauté Guarani.

De la nation autochtone, qui a été la première contactée par les colons européens, il ne reste plus que 50.000 individus répartis dans sept Etats du Brésil. D’autres communautés vivent au Paraguay, en Argentine et en Bolivie.

Le territoire des Guarani s’est réduit comme peau de chagrin, sous le coup de la colonisation d’abord, puis de la mondialisation. A vrai dire, arcs et flèches font partie du folklore depuis longtemps. Aujourd’hui, ils vivent bien loin de la forêt primaire, dans des zones souvent déboisées pour satisfaire l’appétit de l’agro-business. Selon Survival, le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, les Guarani sont regroupés dans de petites réserves surpeuplées. (…)

https://www.youtube.com/watch?v=QtF6R4BXj2U

 

Bien commun, l’assaut final

le film

Voilà plus de 70 ans que les prédateurs fourbissent des machines de guerre de plus en plus puissantes et perfides. Cette fois, ils sont très au point.

L’eau, la santé, les gènes humains et végétaux, les connaissances anciennes et nouvelles, plus rien aujourd’hui ne semble pouvoir échapper au destin de marchandise. Face à la voracité des marchand, qu’adviendra-t-il de la notion de bien commun qui est à la base de toute vie en société ? Le marché peut-il être le garant de bien commun ? Différentes histoires, tournées au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en France, au Brésil, en Inde, et racontées à la manière de la Genèse, témoignent des conséquences de la soumission du monde aux intérêts privés.

C’est pour dénoncer cela que les écologistes se sont partout levés dans les années soixante. C’est parce qu’ils le dénonçaient qu’ils ont été infiltrés et remplacés par des hommes de paille.

« (…) le système des brevets ne peut pas s’implanter dans une culture du bien commun (…) » dit l’une des intervenantes (sans doute Vandana Shiva). C’est exactement pour cela que la nouvelle gauche écologiste a été méthodiquement étouffée. Pour que la conscience et la culture du bien commun n’entravent pas la globalisation de la prédation et la marchandisation en marche.

 

 

 

Le néolibéralisme est un fascisme

Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.

Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. (…)

Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats (Belgique)

« Fascisme » est historiquement un peu lourd. Mais, en effet, le capitalisme néolibéral, vite devenu ultra et néo-con, est un TOTALITARISME. Il l’est par sa culture et ses objectifs qui, comme Manuella Cadelli et tant d’autres le soulignent, n’empruntent au libéralisme ancien que pour mieux en trahir l’esprit et le sens, et il l’est par les moyens utilisés pour l’imposer.

Les écologistes et quelques autres le soupçonnaient déjà dans les années soixante. La suite de l’histoire a achevé de les convaincre. L’étude des méthodes utilisées pour imposer l’ultra capitalisme en commençant par effacer systématiquement tous les lanceurs d’alerte, les résistants et les alternatifs le confirme amplement. Et nous ne cessons d’en apprendre davantage sur la perfidie des stratégies et la négation de toute démocratie.

Et puis, nous n’oublions pas l’Iran, le Congo, le Vietnam, la Papouasie Occidentale, l’Indonésie, le Chili, l’Argentine, Timor, etc. où le même système de prédation extrême s’est lâché. Et puis les peuples autochtones et leurs écosystèmes précieux passés à la moulinette de la loi mortifère du marché. Le broyage a été systématique pour écraser les résistances et extraire le maximum de profits, d’où la réalisation du pire cauchemar des écologistes d’hier : la disparition massive d’espèces et d’écosystèmes précieux pour la dynamique de la biosphère, et l’une des plus importantes extinctions biologique de l’histoire de la Terre – et la plus rapide.

En quelques mots, le complet renversement de sens représenté par l’ultra capitalisme et la globalisation de la prédation n’est évidemment pas une création démocratique. Hum, pas vraiment ! Ici même, cela a été imposé avec violence, mais une violence assourdie, indirecte, parfaitement perfide. La pire car la plus efficace et la plus destructrice.

La ruine de la paysannerie et des campagnes sous les planifications technocratiques hors-sol, les industries et les banques, la ruine des artisans et des commerçants sous les supermarchés, la déstructuration de la classe ouvrière par les externalisations et les délocalisations, la financiarisation partout, le démantèlement de tout ce qui faisait société et économie maîtrisée, etc., ont été programmées. Pour faire passer toutes ces condamnations au déracinement, au salariat, au chômage, à l’exclusion, au suicide, tout ce qui était « à gauche » a été soigneusement infiltré et coiffé, les acteurs non corruptibles poussés sur le côté et remplacés par des hommes de paille. C’est justement là que se sont distingués plusieurs des producteurs du candidat Macron à l’élection présidentielle 2017. Ainsi le super-prédateur Henry Hermand et l’ineffable Michel Rocard.

Dans les années soixante, après la gauche, est venu le tour de la nouvelle gauche (les mouvements nés dans les années 1960 qui dénonçaient l’intensification de l’exploitation et proposaient une autre civilisation). Contre les nouvelles résistances et les alternatives au capitalisme, des cris de guerre furent promptement lancés par les néo-cons (Norman Podhoretz, lui-même, dès 1967). Raymond Aron lui emboîta le pas en 1969 en invitant à vider la nouvelle gauche de ses forces vives pour n’en laisser que le réformisme récupérable : une coquille vide pour berner les distraits et les nouvelles générations. Et… là encore, nous avons vu à l’oeuvre les mêmes : encore Hermand, et puis Rocard et beaucoup d’autres qui se faisaient passer pour les héritiers de 68. Pour mieux tromper et installer la globalisation de la prédation, ils se disaient « deuxième gauche« . Les différents effondrements culturels, sociaux, écologiques, etc. leur doivent beaucoup. D’ailleurs, ceux-ci ne sont pas des sortes de dégâts collatéraux commis par inadvertance. Ils sont des étapes parfaitement planifiées de la déstructuration nécessaire à la systématisation de la prédation.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tiens ! Une mobilisation pour la liberté d’expression…
Présidentielle : 34 sociétés de journalistes dénoncent « l’entrave à la liberté » d’informer par le FN
Après une série de cas où des journalistes se sont vu interdire l’accès à des événements où se rendait la candidate du Front national à la présidentielle, Marine Le Pen, les sociétés de journalistes de plusieurs médias ont signé le texte suivant :
« A l’occasion de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, le Front national a décidé de choisir les médias qui sont autorisés à suivre Marine Le Pen. Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. Ainsi, après Mediapart et Quotidien (et avant lui Le Petit Journal), l’AFP, Radio France, RFI, France 24, Le Monde, Libération et Marianne, notamment ont été à un moment ou à un autre victimes de ces exclusives. Il ne s’agit donc en rien d’un recours à la pratique du “pool” de journalistes où les informations et images sont partagées.
Nous protestons de la manière la plus ferme qui soit contre cette entrave à la liberté de faire notre métier et de remplir notre devoir d’informer. (…)

Ah, c’est affreux ! Et Oh combien révélateur ! « Des journalistes se sont vus interdire l’accès à des événements où se rendait la candidate du Front national à la présidentielle ». « Entrave à la liberté » clament-ils tous en coeur. Quel scandale, en effet. Mais que diraient-ils d’une bonne, d’une vraie censure, de celles qui empêchent toute expression, qui condamne à l’impuissance et à subir sans pouvoir faire savoir ce que vous savez, sans pouvoir répondre au déluge de falsifications et de calomnies déversé dans les media, qui fait de l’acteur un spectateur éternellement refoulé, qui capte et détourne les jeunes esprits vers les vessies flatulentes du capitalisme ? Hum ?

D’autant que cela a été réalisé ici. Oui ici, dans « le pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression ». Tous les lanceurs d’alerte y ont eu droit, amplifiant les crises sanitaires et les drames écologiques, multipliant les victimes. Tous les gueux dépenaillés brandissant leur fourches contre le château l’ont connu. Surtout la nouvelle gauche écologiste qui s’était dressée contre la globalisation capitaliste avant même d’avoir confirmation de son existence. Presque 60 ans de censure et de falsifications !

J’ai rencontré, pour la première fois, cette censure en… 1972. Pour empêcher une campagne contre les emballages jetables – ceux qui, aujourd’hui, forment des « continents » dans les océans.

Connaissez-vous la meilleure ? Des journalistes y ont participé. Peut-être pas ceux qui dénoncent aujourd’hui (je n’ai pas vérifié). Mais ils ont été nombreux, très nombreux. Et depuis ? Cela n’a pas cessé. La nouvelle gauche écologiste, ses alertes et ses propositions alternatives au capitalisme ont été exécutées de cette façon. La dénonciation du système de l’amiante et la défense de ses victimes aussi. Et la dénonciation des insecticides, etc. Même la prévention de la légionellose !

C’est ce travail de sape – toujours en oeuvre – qui, à force d’éliminer toutes les alertes et les alternatives, a produit la décomposition du système lui-même.

A la lumière de cette histoire, il est presque drôle d’entendre les auteurs du sabotage culturel et social depuis si longtemps en appeler, aujourd’hui, à la mobilisation pour… sauver la démocratie. Il fallait y penser hier, « camarades » !

 
l’un des dessins qui devaient illustrer la campagne contre les emballages jetables censurée par… des journalistes qui prétendaient nous soutenir

45 ans plus tard

 

 

 

 

 

 

 

Quand les coulisses d’Emmanuel Macron nous rappellent de bien mauvais souvenirs
Macron est une créature de Michel Rocard et Henry Hermand. Entre autres.
 
Henry Hermand, l’homme qui veut faire de Macron un président

Il a côtoyé Pierre Mendès France et soutenu Michel Rocard pendant des décennies. Il se tient désormais à la disposition d’Emmanuel Macron. Evoquer le ministre de l’Economie suscite immanquablement un éclair de malice dans les yeux bleus d’Henry Hermand. Immédiatement suivi d’un pincement de lèvres chez cet homme de quatre-vingt-onze ans : « Ne me faites pas trop parler de lui. « La dernière fois qu’il l’a fait, à l’automne, dans « Le Monde », il a dévoilé le projet de constitution imminente d’une association de soutien avec appel de personnalités et site Internet. L’idée : créer un mouvement d’opinion et mettre le ministre de trente-huit ans sur orbite pour « la présidentielle »… de 2017 ! (…)

Henry Hermand fait partie des nombreux parrains du ministre de l’Economie – il y a aussi Jacques Attali, Alain Minc, Jean-Pierre Jouyet… Mais lui (Henry Hermand) est crédité d’une double originalité au sein de ce club sélect : il fut sans doute le premier et il était, jusqu’à présent, le plus discret. Emmanuel Macron n’a pas vingt-cinq ans lorsqu’ils font connaissance en 2002 lors d’un déjeuner donné par le préfet de l’Oise : l’énarque est en stage à la préfecture, et Henry Hermand, natif du département, y a créé la plus grande zone commerciale de Picardie à Saint-Maximin. (…)

https://www.lesechos.fr/17/01/2016/lesechos.fr/021626180217_henry-hermand–l-homme-qui-veut-faire-de-macron-un-president.htm#TGqlml7I55OVpziE.01

L’un des protecteurs-producteurs d’E. Macron*, Henry Hermand a été l’un des principaux promoteurs de cette « grande distribution » qui a ruiné la plupart des artisans et des commerçants, désertifié les villages et les rues commerçantes des villes, fait perdre quantité d’emplois et de savoir-faire, de produits diversifiés et de qualité aussi, fait gonfler le chômage et les banlieues, etc. Comme les autres opérations d’exclusion des « petits », cette financiarisation du commerce a été l’un des programmes de la globalisation capitaliste pour déstructurer l’économie familiale, les petites entreprises et, plus largement, casser les dernières capacités d’autonomie économique. C’est le pendant exact de la ruine de la paysannerie qui était organisée parallèlement pour faire place à l’industrialisation/financiarisation des campagnes.

* Comme Michel Rocard qui, lui aussi, avait été un poussin de Henri Hermand. C’est le même élevage industriel.

La ruine de la paysannerie et des campagnes et l’opération de substitution d’une « grande distribution » lourdement financiarisée au commerce intégré aux sociétés ont été lancées par les commissions de planification de la déstructuration économique de la République gaullienne commençante : Plan de stabilisation Pinay-Rueff, Comité d’experts Rueff-Armand pour la suppression des obstacles à l’expansion économique, septembre/décembre 1958, et la suite *. Une planification générale de la spoliation de la majeure partie de la population pour réaliser une concentration capitaliste maximale.

* ancêtres de la récente « Commission pour la libération de la croissance« , dite « Commission Attali » (2008), à laquelle a participé E. Macron.

En matière de commerce, la déstructuration a été fortement stimulée par la circulaire gouvernementale Fontanet de 1960. Le Nouvel Observateur et Le Monde, médias de la gauche en conversion capitaliste (la « troisième voie » de Mendès France, Rocard, Delors…), ont pris le relais pour casser les petits commerçants et artisans et encenser le commerce financiarisé. C’est alors que Michel Bosquet (futur André Gorz, le prétendu « philosophe de l’écologie » !) a mené campagne pour exiger l’application de la circulaire Fontanet et obtenir la suppression des derniers garde-fous qui protégeaient encore les producteurs et les petits commerçants *. Etc.

* « (…) A la maison, les parents et lui discutaient beaucoup de l’émergence du PSU, des thèses de Serge Mallet ou de Michel Rocard, et des implications de l’évolution du capitalisme industriel vers une consommation de masse« , témoignage de Michel-Edouard Leclerc.

Là ne s’arrêtent pas les méfaits commis par ces gens. Soutenus, et probablement dirigés, par de puissants réseaux, tels ceux de Denis de Rougemont (1), les capitalistes des supermarchés ont pénétré et généreusement arrosé une gauche rapidement dévitalisée et ses médias, tels Le Monde et Le Nouvel Observateur – ceux qui leur ont renvoyé l’ascenseur dès le milieu des années soixante en favorisant leur expression médiatique et en faisant campagne pour la dérégulation maximale du commerce (2).

Aujourd’hui, on observe que Le Monde et le Nouvel Observateur sont restés parfaitement fidèles à la même ligne en menant campagne pour la candidature Macron (en 2 ans, une dizaine de couvertures du Nouvel Observateur consacrées au nouveau poussin !).

Après la gauche, ce fut le tour de la nouvelle gauche… Tous les courants critiques et alternatifs des années 1960 qui faisaient cauchemarder néo-capitalistes et néo-cons, surtout à partir de mai 68, devinrent des objectifs pour les réseaux de la guerre froide. Ainsi, le mouvement écologiste fut promptement infiltré, coiffé, vidé de ses acteurs remplacés par des faux-semblants, abusé et détourné, sa culture critique étouffée. Exactement comme cela avait été fait, quelques années auparavant, avec toutes les formations, associations, revues, de la gauche héritière de 36, de la Résistance, des luttes d’après-guerre. Les leurres qui remplacèrent la nouvelle gauche écologiste servirent à récupérer la révolte des nouvelles générations pour la canaliser et l’étouffer à son tour. C’est grâce à cette opération d’escamotage-substitution et de détournement que, sur les décombres des résistances et des alternatives au capitalisme, le capitalisme ultra a pu être imposé sans coup férir dans les années 1980… par « la gauche » dévitalisée, précisément « la deuxième gauche » de Rocard et Delors (et Mitterrand). Le programme de sabotage culturel et social avait parfaitement fonctionné.
 
La décomposition qui, depuis, n’a cessé de croître en est le résultat. Elle a été voulue pour piéger tous ceux qui n’ont pas eu la force de réagir quand il était temps, c’est à dire la plupart.
 
S’il en était besoin, le vote unanime des spéculateurs boursiers, dès lundi 24 avril, confirme que « en marche » s’inscrit toujours dans le même projet.

 

(1) Denis de Rougemont qui, une génération auparavant, avait été formé par les frères Dulles, célèbres duettistes de la guerre froide :

John Foster-Dulles, secrétaire d’Etat du président Eisenhower 1953 – 1959

Allen Dulles, était à la tête de la mission de l’OSS (Office of Strategic Services, les services secrets étasuniens d’avant la CIA) en Suisse. C’est là qu’il a recruté Rougemont. Il a été le premier directeur civil (26.02.1953, 29.11.1961) de la Central Intelligence Agency créée en 1947 pour servir l’expansion mondiale du capitalisme – la globalisation.

(2) « Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer » Edouard Leclerc, Nouvel Observateur 1966.

 

 

 

 

 

Un nouveau rideau de fumée

Capté dans un billet publié par le quotidien Libération du 12 avril 17 :
« Ancien militant associatif, j’ai bien connu le discours catastrophiste de certains écologistes convaincus qu’il faut faire peur pour que l’opinion publique tienne enfin compte du changement climatique ou de l’effondrement de la biodiversité. »

Revoilà le « catastrophisme » brandit pour décrédibiliser les lanceurs d’alerte et gommer leurs propositions. Pourquoi cette caricature empruntée aux ennemis déclarés du vivant ? Nous n’avons pas encore tout oublié ! D’habitude, depuis une petite quarantaine d’années, les propagateurs du dénigrement sont des lobbyistes de telle ou telle branche du capitalisme qui s’attaquent aux alternatifs en proportion de ce que leurs commanditaires ont à cacher (a). Suivant la technique du contre-feu, les pires faiseurs de catastrophes ont entonné cette ritournelle pour mieux étouffer le mouvement social (la nouvelle gauche écologiste) qui s’opposait à leurs entreprises mortifères. La réussite de cette propagande et des manoeuvres qui l’accompagnaient a grandement facilité l’installation de la globalisation capitaliste et le développement des destructions de tous ordres.

Cette fois, c’est différent et, d’une certaine manière, plus inquiétant. Bien qu’il se voit comme un « ancien« , l’auteur est nettement plus jeune que ses prédécesseurs. Plus original encore, c’est après avoir fait « une thèse sur le principe de précaution » qu’il s’attaque aux lanceurs d’alerte en les accusant de tenir « le discours du déclin« . Au-delà du paradoxe, il semble surtout ne pas avoir une grande connaissance de l’histoire et de la culture de l’écologisme. En effet, en plus de donner l’alerte, ce mouvement a fait maintes propositions philosophiques, démocratiques et techniques, ouvrant la voie à un changement de civilisation (b). Et c’est justement pour polluer ces perspectives constructives qui soulevaient l’enthousiasme de beaucoup que les propagandistes du capitalisme ont retourné ce « catastrophisme » qui leur allait si bien.

Pourquoi Libération* publie-t-il ce genre de désinformation ?
* qui ne manque pas de mouliner sur les fausses informations !  

Le billet est signé Arnaud Gossement. Il est intitulé « En Marche ou en courant ?« . Tiens tiens… Si cet « en courant » correspondait à cet « en marche« , il se confirmerait que l’auteur n’a aucune relation positive avec l’écologisme. Par ses parrains, « en marche » est directement connecté aux personnes et aux forces qui ont étouffé toute la nouvelle gauche pour faire place à la globalisation de la prédation. L’effondrement de la culture du bien commun, la confusion et les destructions sans nombre sont leur production.  

Après le 1er tour de cette élection catastrophe :

Le vote unanime des spéculateurs boursiers, dès lundi 24 avril, a pleinement confirmé ce que montrait l’histoire.

 

(a) biodiversité, climat, peuples autochtones et diversité culturelle, démocratie, justice, pesticides, amiante et tous autres polluants, etc., nous en avons vu de toutes les couleurs et de toutes les lâchetés (comme ci-dessous).

(b) Heureusement qu’il y a eu les « catastrophistes » Pierre Kropotkine, Alfred North Whitehead, William Morton Wheeler, Max Horkheimer et Theodor Adorno, Aldo Leopold, Rachel Carson, Claude Lévi Strauss, Jean Dorst, Murray Bookchin, Paul-Emile Victor, Henri laborit, Henri Pézerat… !

 
une affiche des « catastrophistes » de la nouvelle gauche écologiste en 1971


 

 

mars 2017

 

Let’s Pollute nous rajeunit

Ce court métrage saisissant expose toute l’hypocrisie de la société de consommation

C’est étonnant que nous en soyons toujours là ! L’esprit de ce court-métrage est celui d’un tract de la SEMAINE DE LA TERRE du printemps 1971 (on se demande bien pourquoi…) :

C’EST BIEN,
C’EST TRES BIEN…
VOUS ETES DANS LA BONNE VOIE !
IL FAUT PERSEVERER
Continuez à couvrir la Terre de votre progéniture, il y a encore de la place et quand, demain, il n’y en aura plus, on en fera…

Continuez à multiplier les tas d’ordures, êtes-vous sûr d’avoir tout souillé ?

Continuez à détruire, il reste des animaux libres, des plantes non piétinées, des hommes « primitifs », des paysages intacts…

Continuez à polluer, peut-être y a-t-il encore des ruisseaux, de lopins de terre, des aliments non corrompus…

Continuez à vous abrutir dans les mille joies de la « vie moderne »

ENCORE UN PETIT EFFORT

Consommez le plus possible
Encouragez le gaspillage des ressources naturelles
Construisez, construisez n’importe quoi : des clapiers à citadins, des résidences secondaires, des autoroutes, par exemple
Arrachez la végétation, détruisez les tourbières, recouvrez la mer de pétrole, il y a trop d’oxygène
Déboisez, comblez les marécages, stabilisez les berges des rivières, il n’y a pas assez d’inondations
etc.

 

 

 

 

 

 

AFRIQUE : à l’origine de la ruine, sociale, économique, écologique… les armées nationales et la lutte pour le pouvoir

Autour du LAC TCHAD, LES POPULATIONS PLUS ENCORE VICTIMES DE LA COALITION ANTITERRORISTE QUE DE BOKO HARAM !

(…) Les troupes engagées sur le terrain font pourtant plus qu’entretenir la crise humanitaire en entravant la résilience des populations. Les opérations militaires, pour commencer, ont provoqué d’énormes dégâts parmi les civils. La région la plus touchée à cet égard est le nord-est du Nigeria, où l’insurrection de Boko Haram a démarré suite à des bavures policières en juin 2009. Sur les 33 000 morts comptabilisés en dix ans de conflit par la base de données NigeriaWatch à l’université d’Ibadan, la moitié a été tuée par les jihadistes, l’autre par les forces de sécurité et les milices paragouvernementales, entre autres du fait de mauvais traitements en prison (1). D’après des fonctionnaires du Borno qui souhaitent évidemment rester anonymes, il est même possible que l’armée ait tué les deux tiers des victimes, dont le nombre est sous-estimé au vu des difficultés à savoir ce qui se passe réellement dans les zones rurales.

(…) Autre procédé qui entretient la crise humanitaire, les autorités militaires ont mis en place des sanctions économiques afin de tarir les sources de financement des combattants de Boko Haram, qui vivent du pillage et de la prédation à défaut d’être subventionnés par Daech ou Al-Qaeda. Résultat, les paysans n’ont plus le droit de cultiver leurs terres dans la région de Diffa au Niger, les pêcheurs sont interdits sur le lac Tchad, les éleveurs ne peuvent plus vendre leur bétail sur les marchés qui ont été fermés au Nigeria et les commerçants ne sont plus autorisés à traverser des frontières qui ont été transformées en zones tampons et évacuées de leurs habitants. Conjuguées aux restrictions de transports et d’acheminement de l’aide, les conditions sont réunies pour empêcher la population de subvenir à ses besoins. (…)

Marc-Antoine Pérouse de Montclos

Une vision tronquée de la crise humanitaire autour du lac Tchad

http://www.liberation.fr/debats/2017/03/09/une-vision-tronquee-de-la-crise-humanitaire-autour-du-lac-tchad_1554562


 

 

 

 

 

 

L’Empereur

film de Luc Jacquet

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=247548.html

Superbe aperçu de l’intelligence de la vie et de ses capacités d’adaptation. Il est très émouvant – et c’est captivant – de se retrouver dans l’intimité de ces êtres extraordinaires. Une belle leçon d’écologie.


 

 

 

 

 

 

 

1971 – 2017, de pire en pire
Nominé aux Oscars du court-métrage d’animation 2011, Let’s Pollute nous plonge dans l’incohérence qu’est notre réalité moderne avec un second degré critique effrayant. « Pourquoi se voiler la face ? Nos actes détruisent la planète, alors encourageons les ! »
 
Traiter l’écologie avec ironie, quoi de plus efficace ? Ce petit film d’animation indépendant, nominé aux Oscars, propose une critique moderne acerbe du consumérisme et de la pollution qui en découle. Quelles sont nos valeurs aujourd’hui ? Pourquoi consommons-nous sans vraiment nous soucier (ou rarement) de l’impact de nos choix ? Qu’est-ce qui justifie une telle hypocrisie généralisée ? Notre confort perpétuel en vaut-il le prix ? Animé tel un film des années 50’s, Let’s Pollute risque de vous convaincre qu’il est temps d’adopter un nouveau mode de vie avant qu’il ne soit trop tard…
N’est-il pas étonnant que nous en soyons toujours là ?
 
L’esprit de ce court-métrage est celui d’un tract de La SEMAINE DE LA TERRE du printemps 1971 (on se demande bien pourquoi…) :
C’EST BIEN,
C’EST TRES BIEN…
VOUS ETES DANS LA BONNE VOIE !
IL FAUT PERSEVERER

Continuez à couvrir la Terre de votre progéniture, il y a encore de la place et quand, demain, il n’y en aura plus, on en fera…

Continuez à multiplier les tas d’ordures, êtes-vous sûr d’avoir tout souillé ?

Continuez à détruire, il reste des animaux libres, des plantes non piétinées, des hommes « primitifs », des paysages intacts…

Continuez à polluer, peut-être y a-t-il encore des ruisseaux, des lopins de terre, des aliments non corrompus…

Continuez à vous abrutir dans les mille joies de la « vie moderne »

 

ENCORE UN PETIT EFFORT

Consommez le plus possible
Encouragez le gaspillage des ressources naturelles
Construisez, construisez n’importe quoi : des clapiers à citadins, des résidences secondaires, des autoroutes, par exemple
Arrachez la végétation, détruisez les tourbières, recouvrez la mer de pétrole, il y a trop d’oxygène
Déboisez, comblez les marécages, stabilisez les berges des rivières, il n’y a pas assez d’inondations

etc.
sur ce site :
HISTOIRE contemporaine – Une mémoire du mouvement écologiste 1


 

 

 

le sujet ci-dessous est étroitement relié au sujet ci-dessus


 

 

 

La suite logique de ce qui a précédé

« POURQUOI NOUS CHOISISSONS MACRON »

Les « écologistes » Daniel Cohn-Bendit, Jean-Paul Besset et Matthieu Orphelin expliquent dans une tribune les raisons pour lesquelles ils appellent à voter en faveur du candidat d’En Marche !

Beaucoup peuvent être surpris. C’est qu’ils ne savent pas ce qui a précédé; car l’histoire du mouvement social, en particulier celle du mouvement écologiste, éclaire le présent. Cela peut sembler banal de le dire, mais en ces temps de falsification cultivée, il faut rappeler et rappeler encore que les impostures n’ont pas levé toutes seules. Ce qui s’est passé entre les années soixante et les années soixante-dix explique beaucoup du triste spectacle qui nous est offert.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/…/ecologistes-nous-choisissons-emmanu…

et, même, de ce qui précède (ci-dessous)

 

 

 

 

 

Couche après couche, la falsification de l’histoire sociale efface l’histoire de l’alternative à la globalisation capitaliste et conforte le pire système de prédation de tous les temps
« (…)
en matière intellectuelle, leur tour de passe-passe préféré consiste à gommer l’histoire. Le refus de l’histoire ou sa distorsion participent au processus désocialisant indispensable pour générer une lecture hégémonique des événements et de leurs causes. Le révisionnisme rudimentaire, qui consiste à nier purement et simplement l’existence d’un événement, reste possible mais n’est ni très persuasif ni très efficace dans les allées du pouvoir. Gommer l’histoire est une opération subtile qui avance à petits pas : il s’agit d’effacer des liens de cause à effet à travers l’espace et le temps. Elle a dans son camp l’oubli, processus naturel, biologique (…)« .
Paul Farmer, La violence structurelle
 
Seulement ces derniers jours :
L’écologie est devenu un débris flottant dans la décomposition générale
« Ce devait être le mouvement politique de demain. Il a fini dévoré par le Parti socialiste.« 
« Le socialisme, à l’épuisement, a enfin accompli son programme: il a dominé et conquis ce rival, l’écologie politique, qui prétendait le remplacer.« 
« Il s’agit (…) d’une espèce éphémère qui atteint son terme quand elle aurait du être le chaînon suivant de l’évolution.« 
« Dans un monde dévolu à la croissance, horizon radieux de la répartition des biens, quelques prophètes démentent le paradigme. Qui les entend?« 
http://www.slate.fr/story/138680/ecologie-decomposition-generale

Le titre et quelques phrases sont prometteuses. Hélas… même en voulant dénoncer, Claude Askolovitch semble avoir été abusé sur l’histoire de l’écologisme. Certes, le PS a activement contribué à l’étouffement de l’écologisme (1), mais cela a commencé bien avant la mésaventure avec René Dumont, quand Pierre Fournier était des nôtres. A l’époque, en France comme partout ailleurs, l’écologisme était « la nouvelle gauche écologiste », une composante du mouvement d’émancipation des années 60/70 (new left). Alors, l’objectif n’était pas la conquête d’un pouvoir capitalisé sur la dépossession et la démobilisation de la plupart. Au contraire d’espérer se couler dans le moule, les écologistes voulaient restaurer la culture du bien commun et la démocratie (sans l’électoralisme, cela s’entend) par la libre circulation de l’information, la prise de conscience et la remobilisation de tous, pour produire l’évolution nécessaire à tous les niveaux. Cela a fortement déplu aux promoteurs de la mondialisation du capitalisme ultra qui ont fait coiffer le mouvement par leurs disciples et beaucoup d’autres qui ne devaient pas y comprendre grand-chose. A peu près tous les personnages convoqués par
Claude Askolovitch ont participé activement à ce naufrage. Quelques-uns en étaient à l’origine.

Et encore… Jeudi 2 mars 17 sur ARTE, un petit film de Jacques Malaterre et Jean-Yves le Naour, deux auteurs à l’évidence abusés qui nous ont habitués à beaucoup mieux. Des images d’archives soigneusement sélectionnées et des intervenants qui chantent le même storytelling (2)

Les oubliés de l’histoire
René Dumont, l’homme qui voulait nourrir le monde

« René Dumont, l’un des fondateurs de l’écologie politique en France, se présente en 1974 à l’élection présidentielle, quand la décroissance n’est pas encore à l’honneur. »
http://www.arte.tv/guide/fr/054775-002-A/les-oublies-de-l-histoire

Tant d’erreurs en si peu de mots ! Rien que cette petite phrase révèle le degré de falsification. René Dumont avait été un promoteur zélé de « la révolution verte« , belle expression qui maquillait l’industrialisation à outrance de l’agriculture (3), avec bombardements chimiques et engins lourds issus des industries recyclées de la Seconde Guerre Mondiale. C’est à cette « révolution » que nous devons l’expropriation de la plupart des paysans, la désertification des campagnes et l’explosion des banlieues, des destructions innombrables et l’effondrement de la biodiversité. Initiateur de cette malheureuse action, j’ai compris beaucoup trop tard que la conversion soudaine de Dumont à l’écologisme avait été pensée pour séduire un mouvement encore très inexpérimenté. « L’écologie politique » n’a été lancée que pour effacer la philosophie politique de la nouvelle gauche écologiste qui proposait déjà « la décroissance » et un changement de culture et de structures – en particulier politiques. Dumont a justement servi à étouffer cette alternative politique sous une couche d’impostures électoralistes reproductrices de la capitalisation des pouvoirs.

 

(1) Le PS n’était pas le seul, d’ailleurs. Il y avait foule pour empêcher l’éclosion de la nouvelle conscience

 

(2) Storytelling
La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits

Christian Salmon, La Découverte

Depuis qu’elle existe, l’humanité a su cultiver l’art de raconter des histoires, un art partout au cœur du lien social. Mais depuis les années 1990, aux États-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l’appellation anodine de « storytelling ». Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi dans l’ombre des campagnes électorales victorieuses, de Bush à Sarkozy, se cachent les techniciens sophistiqués du storytelling management ou du digital storytelling, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens.
C’est cet incroyable hold-up sur l’imagination des humains que révèle Christian Salmon dans ce livre, au terme d’une longue enquête consacrée aux applications toujours plus nombreuses du storytelling : le marketing s’appuie plus sur l’histoire des marques que sur leur image, les managers doivent raconter des histoires pour motiver les salariés, les militaires en Irak s’entraînent sur des jeux vidéos conçus à Hollywood et les spins doctor construisent la vie politique comme un récit… Christian Salmon dévoile ici les rouages d’une « machine à raconter » qui remplace le raisonnement rationnel, bien plus efficace que toutes les imageries orwelliennes de la société totalitaire.

 

extrait de Critiques Libres :

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/29267

L’existence entière est en passe de subir sa mise en forme sous l’aspect d’un conte, dont il apparaît au fil des analyses de C. Salmon, que sa structure obéit à des canons assez ordinaires, pour ne pas dire infantiles, tout à fait adaptés à l’espèce de réceptivité ahurie que cultivent la radio, la presse, la télévision, la « musique », la « culture » en général, et la « culture powerpoint » en particulier.

Chacun se voit traité comme le bambin qui se pelotonne contre ses parents, avant d’aller se coucher, et auquel ceux-ci racontent une belle histoire à dormir debout, afin justement de l’endormir une fois rassuré sur le fait que tout va bien et qu’il vit dans le meilleur des mondes possibles.

Bien sûr l’évidence, la légitimité hors de tout soupçon, que tous ces récits semblent véhiculer reposent sur des simplifications, des omissions, des sophismes, des déformations, habilement disposés dans le corps de l’histoire, comme un faux-nez malencontreusement oublié sur le masque de l’acteur peut passer pour un artifice anodin négligeable quant au signifié qu’il véhicule.

Qui plus est, la Loi (le conte) tombe d’en-haut, des Maîtres, de « ceux-qui-savent », avec l’autorité prêtée aux choses sacrées ou vis à vis desquelles la pensée critique est affaiblie ; en outre le processus narcissique allié au désir de protection et d’intégration à l’affût en chacun de nous, portent le sujet à s’identifier facilement à tel ou tel protagoniste, dans les schémas imaginaires que des rapports sociaux schématisés à l’extrême lui proposent, surtout si ces derniers déroulent leur trame avec la fluidité des situations où nul effort d’analyse ou de négation ne s’impose en apparence. La réduction des conflits ou des antagonismes essentiels, loin de se développer librement, est recouverte et dissimulée par le masque d’évidences cousues de câbles blancs, chez lesquelles règnent le lieu commun, le ragot de café du commerce, la bonne grosse logique de trottoir, en somme le logos de la commère et de la concierge.
Plus c’est gros, mieux ça passe, plus le propos se rapproche du caniveau, mieux il se fond dans le brouillard des ignorances ordinaires, des candeurs calculées, des roublardises du stéréotype.

On peut TOUT faire avaler à quiconque, à condition de donner aux instructions, injonctions, directives, des plus arbitraires aux plus monstrueuses ou aux plus stupides, la forme d’un récit plus ou moins habilement troussé, où les protagonistes seront choisis non pas en fonction d’une cohérence liée à la légitimité dialectiquement définie d’une fin et des moyens pour l’obtenir, mais en établissant un réseau de signes susceptibles de marquer la sensibilité, de convoquer (d’embrigader peut-on dire) les affects de l’auditeur, de la « cible », afin d’obtenir de la part de cette dernière et le consentement et les comportements utiles et profitables aux organisateurs du discours.

Vendre un produit, légitimer l’action des dirigeants d’une entreprise (séduire l’actionnaire, l’investisseur, licencier, faire avaler au personnel n’importe quelle mesure injustifiée ou scandaleuse, déposer un bilan, etc.), faire passer pour une évidence politique l’arbitraire d’une mesure économique provoquée par l’erreur ou la malhonnêteté, entraîner des soldats à aborder des situations de stress, de danger, de guerre, à abattre sans état d’âme le « méchant » de la fable, ou encore permettre à un parasite de la classe politique de convaincre, d’embobiner son auditoire par une belle histoire personnelle (totalement insignifiante au besoin) où il apparaîtra avec l’évidence magique du conte comme porteur d’une communauté de sentiments et de destins avec son public : les possibilités sont infinies des manipulations que permet cette technique tout particulièrement utilisée depuis une vingtaine d’années. Qu’on songe aux campagnes électorales, tant en France que chez les Etatsuniens, ces derniers temps.

N’importe quel aspect de la réalité peut se trouver parasité de cette manière, le zèle des cuistres de la communication n’ayant pas de limite. Même les sciences sont progressivement polluées par l’intrusion d’historiettes destinées à séduire bien plus qu’à expliquer : comme la stupidité définitivement installée des documentaires animaliers, où le lion, la marmotte ou le raton laveur sont affublés de noms, enrôlés dans des scénarios abracadabrants, invités à l’élaboration d’un dessein, sinon d’un destin…

La raison n’est plus convoquée (si tant est qu’elle le fut jamais) dans le discours (éducatif, économique, politique, militaire…), la thèse qu’affronte l’antithèse, vieilles lunes que cela ! L’interpellation sur l’Agora, la prise à témoin de l’orateur, la faculté de conspuer le menteur ou le démagogue, c’est fini !

Je me rappelle la réflexion d’un officier républicain pendant la guerre civile d’Espagne, rapportée par André Malraux dans « l’Espoir » : « …un chef ne doit pas séduire… » .
Pour une raison bien simple (c’est moi qui souligne) : par respect pour celui à qui il va ordonner d’aller se battre, par respect pour la cause qu’il défend, par respect pour la personne humaine qui ne saurait viser par l’artifice la sujétion d’une autre personne humaine.

Celui qui vous embobine ne fait pas que vous abuser : il vous méprise !

Radetsky

 

(3) l’une des machines de guerre de la globalisation capitaliste qui, justement, s’est avancée camouflée sous le prétexte de « nourrir l’humanité« .

 

 

 

 

 

janvier 2017

 

Edgar Morin révisionniste ? Ou victime de celui-ci ?

Vendredi 27 janvier 2017, Edgar Morin est invité de Une semaine en France, France Inter (18H10 – 20H). Et voilà que la journaliste (Claire Servajean généralement mieux inspirée) l’engage à parler d’écologisme :

« (…) Vous, ça fait un p’tit moment que vous vous préoccupez de l’environnement, depuis le début des années 70. Vous n’étiez pas très nombreux à l’époque ?« 
 
« Non, on était 2 ou 3. Mais il faut dire qu’on était alertés par ce fameux rapport Meadows qui était le premier rapport qui disait que c’était l’ensemble de la planète qui était menacé de dégradation, et il a fallu des catastrophes pour secouer un peu l’opinion, pour créer un début de conscience écologique (sic), mais c’était très faible. Il y a eu Tchernobyl, il y a eu plein d’exemples…« 

(à partir de la 16ème minute)

 
« 2 ou 3« … On aurait aimé entendre le nom (les noms) de l’autre (des autres) militant(s) de ce grand mouvement. C’est proprement stupéfiant ! Même qui connaît mal l’histoire contemporaine ne peut ignorer que dès les années soixante un mouvement protestataire et alternatif largement inspiré par la prise de conscience écologiste a soufflé sur presque toute la planète.
 
Le rapport Meadows ! Cette seule référence décrédibilise tout le propos, car beaucoup d’autres études avaient précédé et les écologistes n’avaient pas attendu ce curieux document pour lancer l’alerte. Le rapport Meadows a été publié en 1972. Edgar Morin était donc déjà en retard et bien distrait pour ne pas savoir qu’il existait un mouvement écologiste (d’ailleurs, nous ne l’avons jamais vu à nos côtés) ! Car il y avait un bon bout de temps que les écologistes s’agitaient dans le monde entier pour prévenir les « catastrophes » qui n’ont pas éveillé la conscience, mais confirmé les avertissements. Sans même parler des précurseurs, l’écologisme était devenu un mouvement, depuis une bonne dizaine d’années. Edgar Morin vivait-il sur un petit nuage, sans voir la société s’agiter – « en bas » ?
 
En outre, dire que le Rapport Meadows a amorcé le début de la conscience écologiste, c’est révéler que l’on est tombé dans le piège dévoilé par Bernard Charbonneau en juillet 1974 :
« Tout intellectuel ou militant français engagé dans cette lutte (l’opposition à la société industrielle) ne devrait jamais oublier à quel point l’éveil de l’opinion a été une entreprise préfabriquée.
C’est en 1970, année de la protection de la nature que tout a été brusquement mis en train par la caste dirigeante. (…)« ,
« Le « mouvement écologiste« , mise en question ou raison sociale » (La Gueule Ouverte n° 21).
 
En effet. Le Rapport Meadows était produit par le Club de Rome, lequel rassemblait la crème du capitalisme mondial délicatement saupoudrée de quelques scientifiques richement dotés. Au contraire d’une stimulation de l’éveil écologiste, il s’agissait d’une opération internationale, style guerre froide culturelle, destinée à étouffer l’alerte entretenue partout et depuis des années par la nouvelle gauche écologiste (new left), en la récupérant pour mieux lui substituer un discours trompeur et des représentations abâtardies.
 

C’est affligeant qu’un Edgar Morin tienne de tels propos, et sur un grand media ! Affligeant et suspect puisque cela conforte l’effacement de la nouvelle gauche écologiste, une censure toujours conduite par ceux qui l’ont étouffée.

Plus pervers encore, en effaçant de l’histoire le mouvement social pour le remplacer par le faux-semblant créé par l’élite du capitalisme afin, justement, de tuer le mouvement social et sa culture, Edgar Morin accrédite une rumeur grandissante : « l’écologie est une préoccupation de nantis« , « c’est l’affaire des bobos« , etc. Surtout avec l’audience dont il bénéficie, on ne saurait mieux contribuer à la falsification de l’histoire sociale.
 
Tout aussi surprenant, Edgar Morin a annoncé la récente publication d’un « Ecologiser l’Homme » (encore « l’Homme« , au singulier, de l’anthropocentrisme !). Ecologiser est une expression que j’avais créée au début de l’année 1974 : « Ecologiser la politique ? » (Le Courrier de la Baleine n°6, Amis de la Terre mars 74) ; un article qui avait rencontré un certain succès. Curieusement, sitôt après était apparue l’expression « écologie politique » pour mieux gommer la dénonciation écologiste de toute capitalisation, donc le refus de la conquête d’un pouvoir dominant et de l’électoralisme.
 

Rocard, un ennemi historique de la nouvelle gauche écologiste, avait lui aussi réemployé « écologiser« . Le mot n’a pas été déposé et chacun peut le recréer en croyant l’inventer. Mais, vu le contexte, tout cela est bien curieux.

Alors, Edgar Morin est-il volontairement au service de l’imposture, ou a-t-il toujours été abusé par l’entreprise d’effacement de la culture du vivant et du bien commun par les dominants ? Il est possible que, comme tant d’autres piégés par des réseaux de fausse connivence, immergés dans des bulles de désinformation, il ne sache vraiment rien de ce qui s’est tramé.

ACG

 

 

 

 

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