Un regard sur l’autre « actualité« , celle du système qui est en train de détruire le vivant

journal d’un écologiste consterné

 

 

 

Le site est en cours de restauration après une longue série de cyberattaques commencée en 2015 (russes semble-t-il, mais c’est un peu curieux… ne s’agirait-il pas d’une couverture ?). Cela confirme encore une fois que la culture et l’histoire écologistes sont toujours frappées par la censure.

 

 

 

 

 

Les dernières nouvelles du front :

 

 

Glyphosate et autres poisons : IRRESPONSABILITÉ GÉNÉRALE

Les trois dernières générations ont à peu près tout ruiné

25 ans après : le contraire exact de l’Appel de Heidelberg

Révisionnisme vert

Samedi 30 septembre, Paris Xème : Y a qu’à faucons !

Les moineaux sont toujours les victimes

LES IRANIENS MENACÉS D’ÊTRE « MIS À NIVEAU »

Un ouragan de désinformation

Etats généraux de l’alimentation : une manipulation de plus

Catastrophe de la déforestation en Sierra Leone

Wayne Lotter, encore un écologiste assassiné

Poules torturées et arrosées de fipronil : juste un aperçu du gros caca pondu par la politique des prix bas

Incendie d’un poulailler industriel en Bretagne : 60 000 morts

Incendie d’une porcherie industrielle aux Pays-Bas : 20 000 morts

rappel de 2012 : Réification : un petit degré de moins dans l’horreur des élevages

Extraction de sable à Lannion et ailleurs, ça continue

Lanceurs d’alerte

Presque 2 planètes !

La réforme du Code du Travail est un épisode de la spoliation du bien commun

Pour plus de spéculation, en avant !

Donald Trump fait des miracles

Public/privé : les contours flous de l’Etat. La mutation néolibérale

Australie, 1960. Seulement 57 ans en arrière et pourtant…

PROVOS, BEATNIKS, SITUATIONNISTES, HIPPIES, MILITANTS DES DROITS CIVIQUES, PACIFISTES, FÉMINISTES, HOMOSEXUELS, RÉGIONALISTES, AUTOCHTONES, ÉCOLOGISTES… Juste avant l’extinction

Bien commun, l’assaut final

150 MACAQUES MASSACRÉS

Globalisation du capitalisme : le saccage jusqu’au bout – Les peuples autochtones descendent dans la rue

Le néo-libéralisme est un fascisme

Tiens ! Une mobilisation pour la liberté d’expression… (Il fallait y penser hier, « camarades » !)

Quand les coulisses d’Emmanuel Macron nous rappellent de bien mauvais souvenirs

Un nouveau rideau de fumée

Le film Let’s Pollute nous rajeunit

AFRIQUE :à l’origine de la ruine, sociale, économique, écologique… les armées nationales et la lutte pour le pouvoir

L’Empereur, le film

1971 – 2017, de pire en pire

« Pourquoi nous choisissons Macron ?« 

Falsification de l’histoire sociale

Edgar Morin révisionniste ? Ou victime de celui-ci ?

. . .

pour communiquer :

restaurplanet@gmail.com


 

 

Syrie, etc.

Toujours aucune interdiction aérienne imposée à la dictature syrienne qui poursuit ses bombardements dévastateurs en toute quiétude

proxy

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/08/26/syrie-le-crime-de-trop-appelle-une-riposte_3466412_3208.html

la suite du sujet :

http://naufrageplanetaire.blogspot.fr/2011/03/revolution-arabe.html

Europe 2016

r%C3%A9fufi%C3%A9s

 

 

Effet d’annonce

Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité 

Constats et objectifs 

4 décembre 2012 (mis à jour le 18 décembre 2012)

Ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Constats-et-objectifs,30223.html
En réalité…

 

 

 

 

décembre 2017

de l’influence de la nouvelle gauche écologiste des années soixante…
Johnny Hallyday 1970 : La pollution (album « VIE »)
paroles de Jacques Lanzmann

https://www.youtube.com/watch?v=H5m7Sv_szD0

L’image contient peut-être : une personne ou plus

 

 

 

 

novembre 2017

 

À mort la vie !

De plus en plus pourris !
Ces comportements se multiplient. Partout, l’autre, le différent, l’inhabituel, la vie elle-même, sont devenus des ennemis

La vidéo d’un sanglier qui se fait jeter vivant dans le vide suscite l’indignation en Espagne

http://www.epochtimes.fr/video-dun-sanglier-se-jeter-vivant…

Il y a, au moins, 8 salopards qui agissent, regardent, filment. Pas qui réalise la chance de rencontrer un sanglier (c’est rare). Pas un qui pense, qui se pense relié au sanglier et à cette campagne où il aime à se promener (?). Tous, profondément handicapés cognitifs, sans une once d’empathie, veulent seulement se débarrasser de cette chose animée qui a osé arrêter leur marche mécanique.

Tout est dans cette scène : l’inculture jusqu’à la stupidité, la non-pensée, la peur de l’autre, la peur de la vie, l’absence complète d’empathie et la lâcheté, un abyssal mépris et le sadisme des harceleurs… Tout ce qui explose aujourd’hui.

Hay, por lo menos, 8 cabrones que actúan, miran, ruedan. No uno que piensa, que se piensa unido al jabalí y a estos paisajes vivos donde le gusta pasearse (?).

Todo está en esta escena: la incultura hasta la estupidez, el no pensamiento, el miedo del otro, el miedo de la vida, la ausencia completa de empatía y la cobardía, abisal equivocado y el sadismo de los acosadores… Todo lo que estalla hoy.

 

Déculturation, mépris et haine du vivant, comment la bataille pour la vie a été perdue
http://planetaryecology.com/le-mepris-et-la-haine-du-vivant/

 

 

 

 

 

Glyphosate et autres poisons : 

IRRESPONSABILITÉ GÉNÉRALE des politiques et de beaucoup, beaucoup d’autres 

Autorisation pour 3 ans, pour 5 ans, pour beaucoup trop dans le contexte de l’effondrement du vivant (oiseaux, insectes, sols, vie des eaux douces et des eaux côtières…et climat comme une résultante)

Le problème : la vie n’intéresse plus la plupart. Les luttes intestines politiciennes, beaucoup plus. Et « la croissance » matérialiste, et la vente d’avions pollueurs, et la production des bagnoles, des super-paquebots-super-pollueurs, des TGV et des autoroutes découpeurs d’écosystèmes, etc., et le black friday, et à peu près tout ce qui détruit et nous a amenés au bord du trou.

Car le bien commun n’est plus dans la conscience de la plupart, et l’empathie est devenue un sentiment exceptionnel. C’est particulièrement désastreux chez tous ceux qui n’ont été sélectionnés que sur leur aptitude à écraser leur prochain et à tirer des profit de la ruine de la société et du vivant : les hiérarques des hiérarchies de pouvoir et d’argent. Le naufrage du glyphosate (et de tous les autres poisons et polluants versés à gros bouillons dans les tissus vivants) n’est qu’une énième illustration du naufrage général de la démocratie représentative et des institutions officielles placés sous transfusion permanente par les lobbys les plus nuisibles.

DÉCULTURATION, MÉPRIS ET HAINE DU VIVANT 

http://planetaryecology.com/le-mepris-et-la-haine-du-vivant/ 

 

 

 

 

Les trois dernières générations ont à peu près tout ruiné

Bien sûr, cela n’engage pas également la responsabilité de chacun. Certains, malheureusement trop rares, ont même tenté d’arrêter la folie destructrice et de proposer des alternatives. Comme en tous domaines, les lanceurs d’alerte n’ont pas été écoutés, et ça, cela a été le fait de la plupart. Frappés par la malédiction de Cassandre, ils ont même été censurés et rejetés en proportion de l’importance des problèmes soulevés.

Le résultat est à la hauteur de la stupidité dominante…

 

Nouvelle confirmation avec la dernière étude sur la faune française :

Huit ans après le premier état des lieux, la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées montre une aggravation de la situation des mammifères dans l’Hexagone : 33 % des espèces terrestres et 32 % des espèces marines apparaissent menacées ou quasi menacées, contre respectivement 23 % et 25 % en 2009.

(…) Des espèces victimes collatérales de lintensification des pratiques agricoles. L’intensification des pratiques agricoles et la transformation des paysages entraînent la perte d’habitats essentiels pour de nombreuses espèces, comme le Putois d’Europe ou le Lapin de garenne, qui pâtissent des remembrements conduisant à la destruction du bocage et des haies.

Lusage important de pesticides affecte également les espèces insectivores en amenuisant leurs ressources alimentaires : c’est le cas pour des musaraignes

comme la Crocidure leucode ou pour des chauves-souris comme la Pipistrelle commune. Ces quatre espèces sont aujourd’hui en régression à l’échelle nationale et classées « Quasi menacées » (…)

Les chauves-souris dorénavant confrontées aux mesures de lutte contre le changement climatique :

Jusque-là principalement affectées par l’intensification des pratiques agricoles et par l’exploitation forestière réduisant l’abondance des vieux arbres, les chauves-souris se trouvent désormais confrontées à des menaces additionnelles. Bon nombre d’espèces sont touchées par les opérations de rénovation et disolation des bâtiments, qui entraînent la disparition de gîtes qu’elles affectionnent. Dans d’autres cas, le développement du secteur éolien est en cause, touchant particulièrement les espèces migratrices, victimes notamment de collisions avec les pales. Parmi les espèces dont la situation s’est dégradée en moins de dix ans, le Molosse de Cestoni est passé de « Préoccupation mineure » à « Quasi menacé » et la Noctule commune de « Quasi menacée » à « Vulnérable » (…)

http://uicn.fr/liste-rouge-mammiferes/

http://uicn.fr/wp-content/uploads/2017/11/communique-presse-liste-rouge-mammiferes-de-france-metropolitaine.pdf

Menées dans le cadre de la Liste rouge nationale, les évaluations ont été conduites par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 

Même le lapin de garenne !

Le comble, c’est que, comme avec les moineaux que des « spécialistes » prétendaient en excellente forme il y a tout juste 10 ans (!), il ait fallu des années de comptages minutieux pour arriver au constat de régression générale fait par les observateurs sensibles – les lanceurs de l’alerte écologiste – il y a… plus de quarante ans.

Le comble, c’est aussi que la plupart de ceux qui poussent des cris aujourd’hui n’ont rien épargné pour dénigrer et réduire à l’impuissance ceux qui avaient raison hier. Ce sabotage de l’alerte quand elle intervient à temps est systématique. Entre beaucoup d’autres exemples, l’histoire de l’amiante est en tous points exemplaire :

L’amiante à mort

Au coeur d’une alerte sanitaire de 30 ans

http://planetaryecology.com/lamiante-a-mort/

 

 

 

 

25 ans après : le contraire exact de l’Appel de Heidelberg

15000 chercheurs relaient l’alerte écologiste

enfin !

https://academic.oup.com/bioscience/article/doi/10.1093/biosci/bix125/4605229

https://www.franceculture.fr/environnement/alerte-de-15000-scientifiques-leurs-9-indicateurs-de-degradation-de-la-planete-analyses

 

 

C’est bien, mais dans un monde plus bouché à l’émeri que jamais, voire en perte d’attention, de conscience et de motivation, cela ne devrait pas changer grand chose.

A défaut de pouvoir agir, essayons au moins de comprendre comment et pourquoi nous en sommes arrivés là alors que tant d’efforts ont été déployés pour éviter le désastre…

Rachel Carson : Silent Spring : 1962

Les Provos, les Hippies, la nouvelle gauche écologiste, les mouvements des peuples autochtones : années soixante

Le Jour de la Terre : 1970

La Semaine de la Terre : 1971

etc.

Par exemple, rappelons-nous l’ambiance du début des années 1990 – il y a seulement 25 ans – quand une partie des responsables de la situation catastrophique d’aujourd’hui sont partis (repartis, en fait) en guerre contre les écologistes.

Il faut, par exemple, se rappeler de l’Appel d’Heidelberg signé aussi par des centaines de scientifiques en 1992, mais pour dénoncer le délire écologiste. Bien sûr, la plupart avaient été roulés dans la farine. Derrière cet « appel », il y avait des lobbies industriels (pharmacie, amiante…) et un cabinet de communication très spécialisé – spécial. Cet « Appel » d’Heidelberg donne la mesure de l’ambiance jusqu’à très récemment. La chasse aux lanceurs d’alerte écologistes et leur censure durent depuis l’apparition du mouvement au début des sixties. Et elle se poursuit aujourd’hui. Cela explique beaucoup de la situation actuelle.

 

un article de 2012 :

L’APPEL DE HEIDELBERG… l’une des plus brillantes opérations de communication jamais menées. Qu’on en juge : des dizaines de Prix Nobel de toutes disciplines (Hans Bethe, Linus Pauling, Ilya Prigogine, Jean-Marie Lehn, Pierre-Gilles de Gennes, Elie Wiesel, etc.) aux côtés de centaines de scientifiques de premier plan, de médecins, d’intellectuels ou d’écrivains (Pierre Bourdieu, Hervé Le Bras, Marc Fumaroli, Luc Ferry, Eugène Ionesco, etc.) signant dans un même élan un appel solennel « aux chefs d’Etat et de gouvernement ». http://www.lemonde.fr/…/l-appel-d-heidelberg-une…

Dommage que la très grande « opération de communication » dont Heidelberg est un prolongement : le Congrès pour la Liberté de la Culture (CCF, Congress for Cultural Freedom) et ses multiples opérations anti-écologistes, ne soient pas évoquées !

par André Langaney 1992

Le credo de Heidelberg et des dirigeants technocrates dans la capacité du « progrès scientifique et industriel » à gérer humainement les ressources « par le prolongement de ce progrès constant vers des conditions de vie meilleures pour les générations futures » relève de la cécité absolue d’une bande d’autruches qui, la tête sous terre et le cul vautré dans leur propre confort, ne veulent rien voir de ce qui les entoure. Il leur va très bien de dénoncer les « idéologies irrationnelles » quand beaucoup de clignotant sont au rouge et quand chacun, écologiste ou non, se rend compte que tout ne tend pas vers le mieux.

La cécité absolue d’une bande d’autruches (sur l’Appel de Heidelberg ), par André Langaney

 

 

 

 

Révisionnisme vert

un article exemplaire de ce genre particulier est publié par un grand journal national :

De la fin d’un monde à la renaissance en 2050

http://www.liberation.fr/

« Il y a trente-trois ans naissaient Les Verts, première organisation unifiée de l’écologie politique en France. Jusqu’à aujourd’hui, les représentants de ce parti, puis ceux de son successeur EE-LV, ont rempli presque tous les types de mandats aux fonctions électives des institutions républicaines. Pour rien, à peu de choses près. Sous l’angle écologique de l’état géo-bio-physique de la France – de l’Europe et du monde – avouons que l’état de santé de ces territoires ne cesse de se dégrader par rapport à celui de 1984, comme le montrent à l’envie les rapports successifs du Giec, du PNUE, du Programme géosphère-biosphère et autres publications internationales alarmistes les plus récentes. Sous l’angle social et démocratique, le constat est du même ordre : creusement des inégalités, accroissement de la xénophobie, raidissement des régimes politiques. Initialement munis d’une immense générosité intellectuelle et porteurs de la seule alternative nouvelle à la vieille gauche et à la vieille droite, les écologistes politiques ont aujourd’hui presque tout perdu, même leurs sièges. Ils apparaissent périmés, faute d’être présents au réel. Celui-ci a beaucoup changé depuis trente-trois ans, particulièrement par le passage du point de bascule vers un effondrement global, systémique, inévitable. Jadis, inspirés par le rapport Meadows ou les écrits de Bernard Charbonneau, René Dumont et André Gorz, nous connaissions déjà les principales causes de la dégradation de la vie sur Terre et aurions pu, dès cette époque et à l’échelle internationale, réorienter les politiques publiques vers la soutenabilité. Aujourd’hui, il est trop tard, l’effondrement est imminent. (…) »

Bel exemple de rideau de fumée ! La partie « historique » est un récit fabriqué (storytelling) qui efface le mouvement écologiste d’avant la création des leurres plus ou moins verts nécessaires à l’installation tranquille de la globalisation capitaliste. Eternel tour de passe-passe pour faire passer le faux-semblant pour l’original, en l’occurrence la dérive électoraliste et politicienne pour la quintessence de l’expression politique de l’écologisme que portait la nouvelle gauche écologiste des années 1960 et encore 70, en France et partout ailleurs.

Le comble, c’est la déploration de l’effondrement (qui est en cours) par quelqu’un qui y a contribué (a). Car Yves Cochet n’est autre que l’un de ceux, nombreux, qui ont apporté une aide précieuse à la globalisation capitaliste, cause essentielle du désastre. Comment ? En éliminant et remplaçant les écologistes. S’il y a eu tant de destructions que les pires cauchemars des écologistes d’hier sont maintenant réalisés, c’est bien parce que « tout l’espace a été balayé devant (la mondialisation de la prédation capitaliste) par le reflux des forces vives » (d’après Jean Baudrillard « La gauche divine« , 1985). Mais un reflux qui ne doit rien à l’épuisement d’un mouvement à court de dénonciation et d’idées, bien au contraire. Un reflux qui doit tout au harcèlement, à la censure et au remplacement de ses acteurs par des agents très intéressés et des factotums.

Parce qu’ils étaient les principaux dangers pour leurs projets, l’alerte écologiste et tous les courants critiques de la nouvelle gauche ont, en effet, été ciblés par les néo-capitalistes et néo-conservateurs dès la seconde partie des années 1960 (Podhoretz, Kristol, Aron). D’ailleurs, les mêmes cris de guerre ont été poussés au début des années 1990 par les Luc Ferry, Alain Minc, Alain Finkielkraut, rard Bramoullé, Dominique Bourg, l’Appel de Heidelberg, etc., tous liés à la Société du Mont Pèlerin, au Congrès pour la Liberté de la Culture, à la Fondation Saint Simon, et la suite…

Inlassables manœuvres de retournement qui ont conduit les sacrificateurs à tenir presque le discours de ceux qu’ils ont éliminés. Mais pas pour stimuler l’évolution qu’ils avaient entravée ! Uniquement pour se maintenir en s’érigeant en donneurs de leçons à l’usage des nouvelles générations, et tromper à nouveau.

(a) Au moins reconnaît-il implicitement l’effondrement global, donc la faillite complète de son « écologie politique« .

Jacques Julliard, qui est l’un des initiateurs de la Fondation Saint Simon, est aussi très bon dans le genre pleureur sur le désastre auquel il a apporté toute son énergie.

 

 

 

 

 

Inspiré par quelques dizaines d’années de luttes en tous genres et de constats de plus en plus consternés, ce dernier billet :

Déculturation, mépris et haine du vivant

 

 

 

septembre 2017

 

Samedi 30 septembre

Mairie de Paris Xème : Y a qu’à faucons !

Un super-prédateur pour les oiseaux de Paris
Ecologie et démocratie
Terreur dans l’écosystème affaibli
Déficit d’information et intérêts obscurs
Fermez le ban !

 

Place du Buisson Saint Louis, 14H. Une petite place plantée d’arbres avec, c’est vrai, de nombreux pigeons bisets. Quelqu’un vient de jeter un paquet de graines. Il est dans le tempo : juste avant l’arrivée des journalistes et des curieux. Sans doute un provocateur.

Un stand annonce la présentation de l’opération peur sur la ville. Donc, malgré les mises en garde et la diffusion d’information, malgré les 18 000 signatures de la pétition à ce moment (presque 20 000 maintenant), la mairie s’obstine. Cela seul est très intéressant et suscite quelques questions.

Arrive un fauconnier avec un seul faucon, mais un faucon gerfaut ! C’est une grande espèce étrangère à la France puisqu’elle ne se rencontre que dans les parties septentrionales de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique.

Un élu du Xème commence un discours pile à l’heure. Il dit participer au conseil de Paris… Voilà qui est très curieux puisque le conseil de Paris a enfin décidé, il y a 1 an, de protéger activement les petits oiseaux, en particulier les moineaux. Ne voit-il pas la contradiction ? Ben non. Il n’y a donc pas encore, chez ces élus, de compréhension de toutes les données du problème. Quand ils pensent pigeons, en tout cas à cet instant, ils oublient que le ciel de Paris est occupé par d’autres espèces que les bisets et que leurs décisions engagent la vie de ces populations dont ils ont la charge (1). Mais, ces gens qui ne tiennent pas compte des avis différents comprennent-ils les autres vies, et le vivant, dans leur démocratie ? Apparemment pas. Pourtant, les autres êtres vivants – chacun et ensemble – s’expriment aussi à leur façon : ils prospèrent ou s’effondrent. L’heure étant à l’effondrement planétaire, nous sommes fixés sur les déficiences des décideurs (2).

 

L’élu poursuit en répétant plusieurs fois qu’il s’agit d’une opération « atypique, innovante et originale« . Atypique, c’est le moins que l’on puisse dire ! Mais innovante et originale, hélas non. Toutes les autres tentatives similaires de notre connaissance se sont soldées par des pertes irréparables chez les petits passereaux.

C’est au tour du fauconnier qui, comme l’élu, tente de composer avec l’opposition qui s’est levée et affiche à cette heure une très forte participation. Il tente de convaincre en présentant sa méthode et en assurant qu’il n’y aura pas de capture, juste un « effarouchement« . Avec un gerfaut, c’est un euphémisme ! Pas besoin d’être un expert, on voit au premier coup d’oeil que, par rapport à la taille des oiseaux parisiens, il s’agit d’un prédateur aussi exotique que disproportionné. Le gerfaut fait plus de 50cm de la tête à la queue, a une envergure nettement supérieure au mètre et pèse plus d’un kilo (un pigeon biset pèse moins de 300g). Et, s’il a presque la taille d’une buse, il est surtout aussi rapide que le faucon pèlerin et plus puissant. D‘après les fauconniers, il peut tuer des lièvres et précipiter au sol un héron. Sûr que les pigeons seront « effarouchés » et sans doute plus !

Quant aux autres espèces, celles qui sont déjà en très grande difficulté et qu’il faut absolument protéger – comme le dit le Conseil de Paris (!), même s’il n’y a pas de captures elles seront au minimum terrorisées. En effet, bien qu’il ne soit pas trop difficile de l’imaginer, c’est une donnée curieusement négligée : les oiseaux soumis à un stress intense dépérissent et ne se reproduisent plus.

 

Et le fauconnier d’ajouter à l’attention des critiques, que les pigeons de ce secteur sont tellement nombreux qu’ils ont chassé les autres oiseaux, que donc les moineaux reviendront après la réduction des pigeons. Lâcher des rapaces pour faire revenir les petits passereaux, ça on ne nous l’avait jamais fait !

Or, justement, des habitants nous disent qu’à deux pas de là (200m tout au plus) des moineaux, des mésanges, et même des chardonnerets viennent les visiter. Organiser des meetings aériens avec des faucons est bien la plus mauvaise idée qui soit.

Il y a maintenant beaucoup de simples curieux venus pour voir le faucon, pour profiter du buffet aussi. Leur méconnaissance du sujet est complète. Quand ils apprennent la mise en danger des moineaux et autres petits oiseaux, ils commencent à froncer les sourcils et s’étonnent, car tous se sont aperçus de la raréfaction des moineaux, ou en ont entendu parler, et la déplore.

Il semble qu’il n’y ait pas d’anti-pigeons butés sur « la solution faucons« , ou alors, comme les gens de la municipalité qui se distinguent par leur formation groupée-serrée, comme pour se défendre, c’est qu’ils se tiennent soigneusement à l’écart des discussions informées. Car, comme le laissait présager cette malheureuse initiative menée simultanément avec l’enlèvement du pigeonnier régulateur du Faubourg St Denis (3), la petite troupe de la mairie a une attitude fuyante et refuse tout échange constructif. Curieux spectacle que les organisateurs d’une rencontre conviviale affichant leur fermeture.

La pétition continue :

(1) Et, pourtant, il y a tout juste 1 an, après si longtemps de mauvaises actions, nous avions cru à une prise de conscience :

Opération moineaux : Paris va nous offrir des nichoirs

Ils sont petits, mignons comme tout et leur chant ferait passer Paris pour un petit village de campagne. Mais ils ne seront surtout bientôt plus là. Depuis quelques années, les moineaux fuient progressivement la capitale à la recherche d’un air plus propice.

Et ça, la mairie de la ville ne l’accepte pas. Sur une proposition du groupe écologiste, le Conseil de Paris a décidé, le 4 octobre dernier, d’offrir des nichoirs à moineaux et des arbres aux particuliers, syndicats de copropriétaires et bailleurs disposant d’un jardin. Une mesure qui fait écho au plan de végétalisation de la capitale et qui envisage de multiplier les lieux de nidification pour les moineaux dans les espaces verts. (…)

http://www.hellodemain.com/urbanisme/operation-moineaux-paris-va-nous-offrir-des-nichoirs-266.html

 

(2) Détail qui paraît largement oublié, et depuis longtemps déjà : le bien commun est l’objet premier de la démocratie.

 

(3) justement la solution pérenne la plus douce et la plus efficace. Probablement la moins onéreuse aussi – à condition d’être mise en œuvre correctement :

Sur la gabegie du « dépigeonnage« 

http://www.ambassadedespigeons.com/docs/depigeonnages_pigeonniers_contraceptifs.pdf

 

Du bon usage des pigeonniers

http://cousin.pascal1.free.fr/avantages_inconvenients_prp.html

 

 

 

 

Les oiseaux comme révélateurs d’une démocratie déficiente

Alors que tout s’effondre, les « responsables » aux affaires aggravent la situation

Les mercantis en quête de nouveaux marchés n’épargnent rien. Ni les sources, les ruisseaux et les zones humides, ni les têtes de bassin versant, ni les terres agricoles et les réserves, ni les hommes, ni les animaux.

 

A la campagne comme en ville, sur la lancée des arrosages d’herbicides, d’insecticides, de fongicides, il y a déjà quelques années que l’on voit progresser l’idéologie du « propre » contre la vie. Et se sont multipliés les gadgets et les perfidies destinées à chasser les oiseaux. « Pare-moineaux » qu’ils disent ! La vie devenue l’ennemie, les immeubles ont été changés en bunkers.

 

Résultat, les insectes, batraciens, oiseaux s’effondrent. A ce rythme (1), les enfants d’aujourd’hui hériteront d’un no life’s land – avant de succomber à leur tour.

 

On n’a pas fait assez attention. Ce qui semblait anecdotique est devenu un marché qui répand sa propagande dans les magazines, sur internet, dans les oreilles complaisantes des élus qui reprennent à leur compte les insanités des publicités… Tout y est devenu « sale« , « porteur de maladies« , « nuisible« .

 

Degré supplémentaire dans l’acharnement à détruire, la mairie du Xème arrondissement de Paris vient d’inventer une opération « peur sur la ville » avec une entreprise de fauconnerie (2). C’est, soi-disant, pour « effaroucher » (!) les pigeons, sans même distinguer les différentes espèces. Mais des rapaces lâchés dans un écosystème très appauvri et très fragile, là où peut paraître seulement un petit faucon de temps en temps, vont évidemment tout ravager, soit en tuant, soit en épouvantant les petits passereaux déjà en très grande précarité…

 

(1) les oiseaux autochtones ont perdu plus de 60% de leurs effectifs en 20 ans.

(2) http://www.mairie10.paris.fr/…/venez-a-la-rencontre-des-fau…

 

ce que font les faucons artificiellement installés en ville

 

Une pétition pour stopper le projet néfaste pour les oiseaux parisiens :

Non au passage d’un fauconnier pour chasser les pigeons à Paris 10ème, du 29 septembre prochain…

 

 

De pire en pire dans le Xème


Tandis que circulait l’information sur l’opération rapaces sur la ville pour la dépeupler définitivement de ses oiseaux, le pigeonnier du Faubourg Saint Denis, celui qui figure sur la photo ci-dessus, était enlevé !

L’opération anti-oiseaux et l’enlèvement du pigeonnier vont exactement à l’encontre de la politique affichée de la Ville de Paris et des recommandations – enfin ! – faite après le constat de grave dépopulation. 

Que se passe-t-il dans le Xème ?

 

 

 

 

En dépit des avertissements,

les moineaux sont toujours les victimes

et les mésanges, les merles, les serins, les pouillots… tous les petits oiseaux

 

Une dizaine d’années après la presque extinction des moineaux et autres passereaux sous les faucons importés, 

la mairie parisienne du Xème arrondissement remet ça !

 

La « connerie » des années 2000

Mai/juin 2006 près de la mairie du Xème, dans une grande cour où les moineaux et beaucoup d’autres trouvaient refuge, bain et nourriture : apparition d’un couple de faucons crécerelle. Jamais observés dans le quartier, ces petits faucons ont pris par surprise tous les petits oiseaux *. Complètement désorientés par cet ennemi inconnu d’eux, ne sachant comment réagir, plus de 20 moineaux ont été capturés devant mes fenêtres pendant la première quinzaine

* Les hirondelles ont disparu il y a longtemps, mais les derniers martinets encore présents n’ont pas du tout apprécié la présence des faucons ! Je n’ai pas été témoin d’une capture, mais j’ai vu un vol de martinets poursuivre un crécerelle en fuite éperdue. Qu’avait-il fait auparavant ? Ce qui s’est révélé par la suite, c’est la raréfaction des martinets. Il y a encore 10 ans, ils plongeaient et replongeaient dans les cours et les passages du quartier. Ils pouvaient même rentrer par les fenêtres ouvertes. On n’en voit plus.

Le couple de merles et sa progéniture a été rapidement réduit au seul mâle. Les pouillots et les mésanges ont disparu. En moins une quinzaine de jours, cet îlot urbain qui abritait encore un peu de diversité est devenu un espace de mort. Et tout est devenu silencieux.

Précision d’importance : 

Nous n’avons, à nouveau entendu le chant du merle que longtemps après le retrait des faucons, pendant l’hiver 2016 – 10 ans après ! Ce n’est qu’en 2016, aussi, que sont revenues les mésanges et, je crois, des pouillots (mais fugitivement). On voit là que les « décideurs » ne savent pas ce qu’ils font et que leur « opération d’effarouchement » risque surtout d’avoir les conséquences les plus néfastes sur la biodiversité aviaire du quartier, et pour longtemps.

La population de moineaux n’a dû sa survie qu’à la réaction de quelques habitants qui ont dressé des claustras et des grillages pour empêcher les faucons d’atteindre leurs cibles. Car, dans la ville moderne, même dans ce coin du vieux Paris, il n’y a plus de végétation dense, plus d’anfractuosités, plus de recoins où les oiseaux peuvent se réfugier. Les rapaces se servent comme à un buffet du Club Med.

Très vite aussi, les moineaux se sont adaptés en surveillant constamment les hauteurs d’où surgissaient les faucons et en se réfugiant illico derrière les nouvelles protections. Même leurs plans de vol ont changé de façon spectaculaire !

Fait étonnant, les organisations à vocation ornithologique contactées (LPO, Corif) ne se sont absolument pas intéressées au sort des petits passereaux. Même sur place, une protectrice venue en visite regarda à peine les moineaux présents, juste derrière la vitre, et, les yeux au ciel, demanda : « Où sont les faucons ?« . Bizarrement, la conscience du péril où se trouvaient les populations de moineaux et autres petits passereaux n’avait pas encore gagné ces associations :
« 
Pour ce qui est des populations de moineau à Paris, rien ne prouve qu’elles soient spécialement en déclin.« 
Pour le CORIF,
P P Président, Montreuil, le 16 juin 2006

Quelques années plus tard, nous apprendrons enfin que l’expérience des faucons – donc introduits et protégés (!) – était désignée comme « une connerie » (c’est le cas de le dire) dans les couloirs de la mairie.

Apparemment la « connerie » fait un retour en force !

Au fait, combien de victimes (chez les passereaux) ferait cette opération rapaces si elle est maintenue ?

D’après les observations de 2006 : une trentaine minimum avec 3 rapaces (mais il semble qu’il en soit prévu davantage).

 

 

Ce que révèle le vocabulaire employé

« Pour éloigner les pigeons et améliorer le cadre de vie des habitants du quartier du Buisson Saint-Louis, la Mairie du 10e arrondissement et les bailleurs sociaux se sont associés à la fauconnerie Merlyn.« 

Comme sur les pistes des aéroports ? N’y aurait-il pas une petite confusion des genres ?

La solution pour la régulation des pigeons est développée depuis des années : les pigeonniers. 

près de la mairie du Xème, le pigeonnier du Faubourg Saint Denis

Les petits faucons et les éperviers ne s’intéressent guère aux pigeons. Je n’ai jamais observé une velléité d’attaque sur des pigeons. D’ailleurs, ceux-ci s’inquiètent à peine de la présence de ces rapaces. Par contre, c’est l’alarme et le ravage dans les populations de moineaux, de mésanges, de merles, etc. !

Alors que les populations d’oiseaux ont brutalement chuté *, l’attitude de la mairie du Xème arrondissement de Paris est irresponsable.

constat du Muséum d’histoire naturel : 65 % des effectifs de nos oiseaux nicheurs de France ont disparu depuis 20 ans

 
Déclin des moineaux et autres passereaux : les aider à survivre http://naufrageplanetaire.blogspot.fr/…/gestion-des-ressour…



 

La mort propre plane sur la ville

« NUISIBLES« … UN VOCABULAIRE D’UN AUTRE ÂGE ET DES « JUSTIFICATIONS » DIRECTEMENT TIRÉES DE LA PROPAGANDE DES ENTREPRISES. 

La mairie serait-elle influencée par ce lobby qui, pour faire des sous, montre le vivant comme un fatras de choses sales propagatrices de maladies redoutables ?

« la prolifération de pigeons dans le quartier et dans certaines résidences de logements sociaux est devenue une nuisance grave pour les habitants en provoquant par exemple des dégâts sur le bâti.

C’est aussi un vrai risque sanitaire pour les habitants du quartier car les pigeons sont porteurs de maladies transmissibles à l’homme telles que la grippe aviaire ou la coccidiose. »


« La Mairie du 10e arrondissement et les bailleurs sociaux Paris Habitat, I3F et Elogie-SIEMP s’engagent pour l’amélioration de votre cadre de vie
et ont choisi de faire appel à la fauconnerie Merlyn, professionnels de l’effarouchement des pigeons et autres nuisibles en ville.(…) » 

http://www.mairie10.paris.fr/…/venez-a-la-rencontre-des-fau…


Et voilà le pigeon des villes*, l’un de nos commensaux depuis des siècles, devenu une peste épouvantable, une source première de la pollution urbaine… Très très curieux. Typique de « la mort propre » qui tend à être imposée partout contre la vie diversifiée. En matière de nuisibilité, de maladies et de pollution, on pensait plutôt à d’autres perturbations autrement plus importantes et, celles-ci, létales. 

* dont le pigeon colombin généralement oublié par les amis des rapaces et les obsessionnels de la lutte contre tous les pigeons bizarrement accusés de tous les maux.

 

pigeon colombin

 

 

Une dernière touche


« (…) Depuis sa création, il y a 30 ans, nos fauconniers expérimentés ont traités avec succès durablement des sites envahis par des moineaux domestiques. En utilisant des oiseaux de proie de petite taille, il est possible d’intervenir à l’intérieur et l’extérieur pour faire fuir les moineaux.« 

Même avec l’expérience de beaucoup d’actions malveillantes ou simplement irresponsables, on est saisi par tant de nuisibilité ! Ainsi, ceux qui se vantent ainsi ont participé à l’effondrement des populations. Combien d’autres ? Combien d’opérations semblables, et commanditées par qui ? 

Ca, c’est la publicité de la fauconnerie Merlyn qui, donc, s’annonce spécialisée dans l’effarouchement des moineaux domestiques par leurs prédateurs les plus efficaces. C’est cette entreprise remarquablement bien adaptée à son époque qui a été choisie par la mairie du Xème arrondissement de Paris. 

http://www.effarouchement-fauconnerie.com/effarouchement_moineaux.html

On remarque le « traitement » appliqué aux lieux « envahis« … Un langage de militaires parlant de l’ennemi, langage de liquidateur parlant d’une zone contaminée. En ces temps d’effondrement dramatique des populations de moineaux, alors que le Conseil de Paris réfléchit aux moyens d’aider ses administrés ailés, le choix de la mairie du Xème ne pouvait être plus malheureux !

Au fait, le moineau domestique – Passer domesticus – est une espèce protégée…

 

 

Pour revenir sur terre :

Le nombre de moineaux de Paris en chute accélérée


Gentrification, retour des éperviers, pollution ?

Paris intra-muros n’abriterait plus que 5.000 à 10.000 couples de piafs, contre plus de 40.000 dans les années soixante

https://www.lesechos.fr/…/0211234066890_le-nombre-de…


Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines
http://www.pnas.org/content/early/2017/07/05/1704949114

 

Un regard critique sur la politique de la ville vis à vis des oiseaux

http://www.ambassadedespigeons.com/

 

 

 

 

 

 

après plusieurs nouvelles expériences du bouleversement climatique mondial, il est encore plus frappant de voir à quel point les stratèges de l’industrie et de la finance sont hors-sol…

LES IRANIENS MENACES D’ETRE « MIS A NIVEAU« 

cela s’est passé sur France Inter le samedi 25 février 2017

« Droit de suite » du journal de 13H : « On devrait voir des Peugeot dans les rues de Téhéran dès le mois prochain. Un peu plus d’un an après la levée des sanctions contre l’Iran, PSA a fait son trou, comme d’ailleurs Renault et beaucoup d’autres entreprises françaises (Bouygue, Vinci, Yoplait). Les besoins du pays sont énormes dans l’automobile, le BTP, le pétrole, l’agroalimentaire ou la santé, des secteurs où la France pourrait tirer son épingle du jeu beaucoup plus encore qu’elle ne le fait. »

Qui parle ainsi ? Un vendeur de voitures ? Non, un journaliste, enfin, « journaliste » ! Plutôt un rédacteur d’encarts publicitaires.

Et il poursuit sans rire :

« Un patron de PSA heureux ! La production a commencé il y a plusieurs mois maintenant dans un pays où 1 habitant sur 10, seulement, dispose d’un véhicule. Le potentiel est énorme et les voitures quasi prêtes à envahir les rues iraniennes.« 

Le patron : « Ca suit son cours. Je peux vous annoncer que, courant mars, nous allons présenter la Peugeot XXX qui sera construite à Téhéran. Ce projet suit son cours et, donc, nous allons bientôt industrialiser en Iran les produits de la nouvelle génération de la marque Peugeot qui vont apporter au consommateur iranien le confort et les prestations qu’il est en droit d’attendre de nous.« 

Conclusion du « journaliste » qui est allé spécialement en Iran pour réaliser ce chef-d’oeuvre digne des années 1960 : « Les iraniens dont les besoins sont criants, autant en automobiles qu’en infrastructures, en ponts, en autoroutes. Il faut de tout pour remettre le pays à niveau (…) »

Ah les voyages dans les bagages des boulimiques de nouveaux marchés !

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-13h/le-journal-de-13h-25-fevrier-2017

 

Vous le sentez, le vent de l’évolution ?

https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-22-fevrier-2017

LA POLLUTION ATMOSPHERIQUE EN IRAN

Téhéran novembre 2016 : Habib Kashani, membre du Conseil municipal, a reconnu le mardi 15 novembre qu’en raison de la pollution atmosphérique, 412 personnes ont perdu la vie à Téhéran du 22 octobre au 13 novembre 2016.

Selon l’agence de presse officielle IRNA, Habib Kashani a également reconnu que « pendant la même période, de nombreux enfants ont été atteints d’autisme, infligeant encore plus de souffrances aux familles ».

Habib Kashani a ajouté : « Malheureusement, la pollution de l’air n’est pas seulement limitée à Téhéran et maintenant les gens dans l’ouest et le sud de l’Iran ont également été blessés en raison de la poussière et de la pollution atmosphérique, alors qu’aucune autorité n’est prête à assumer la responsabilité. »

(…) Il y a maintenant des années que Téhéran est classée parmi les villes les plus polluées au monde. L’adjoint au Département de l’environnement du régime à Téhéran a déclaré qu’avec un indice de qualité de l’air de 154, Téhéran est dans un état malsain (Etat Rouge) pour tout le monde.

http://www.ncr-iran.org/fr/actualites/societe/18856-iran-en-raison-de-la-pollution-atmospherique-412-personnes-ont-perdu-la-vie-a-teheran-en-moins-d-un-mois

 

 

 

 

 

Un ouragan de désinformation

« (…) avec les dévastations d’Irma, nous avons un exemple concret de ce que le système économique planétaire vorace et désinvolte peut donner. Et c’est le moment de rappeler les ricanements, le mépris supérieur, opposés aux écologistes pendant des décennies. Ils étaient pris pour des hurluberlus, des rêveurs pisse-froids, naïfs promoteurs du retour à la lampe à huile, soixante-huitards ou bobos déconnectés, empêcheurs de se gaver en rond.

(…) sur ce qui arrivait à la planète, sur ce que notre mode de vie lui faisait subir… ils avaient raison ! »

France Inter ce vendredi 8 septembre 2017, 7H45

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-08-septembre-2017

 

Thomas Legrand est un commentateur talentueux. Son rappel de l’alerte écologiste aurait pu incommoder « le système économique planétaire vorace et désinvolte« . Même pas. Car, pour évoquer les écologistes qui ont lancé le mouvement contemporain, Thomas Legrand ne cite que les têtes d’affiche de la pantomime politicienne et médiatique, ceux qui n’ont été portés en avant que pour affaiblir et escamoter les acteurs et le message du mouvement afin de protéger « le système économique planétaire vorace et désinvolte« . Thomas Legrand ne sait pas, et cela même est très intéressant. Ainsi fonctionne la machine médiatique et le système universitaire qui suit.

Comme dans un ouragan, chaque bouffée de désinformation enfle en étant reprise par des gens de bonne foi. D’autres qui ne le sont pas ne cessent d’ajouter des informations déformées et des récits fabriqués. Et le système s’auto-entretient, les duplices nourrissant les naïfs qui déploient de plus en plus d’énergie en démultipliant la désinformation initiale. Ainsi, celui-ci qui, après avoir commis une bonne histoire des Provos, voulant écrire sur l’écologisme a cru puiser à la meilleure source : un universitaire qui s’est aussi penché sur les écologistes. Las, celui-ci semble avoir été abusé par une chaîne de faux-témoins et son travail est constellé d’erreurs – ou pire, car, même informé, il a refusé de corriger (l’autre aussi, d’ailleurs) ! A son tour, cet universitaire qui ne se préoccupe pas de la fiabilité de ses sources cite le premier comme une référence. L’erreur se nourrit de la falsification, et vice versa. C’est énorme mais ça passe, c’est publié par des éditeurs qui se veulent sérieux, et cela intoxique curieux et étudiants. Et c’est ainsi qu’un Thomas Legrand, qui est sans doute passé par une école de « science politique« , en vient à prendre les naufrageurs pour les acteurs, contribuant en toute ingénuité à une nouvelle amplification de la confusion.

Et tourne, tourne la machine infernale de la réécriture de l’histoire pour désorienter et stériliser les nouvelles générations.

 

Dommage que Thomas Legrand ne rappelle pas qui a ricané, méprisé, lancé des anathèmes et, ce qu’il ne sait pas, manoeuvré contre l’alerte écologiste ! Ce travail de mémoire est indispensable pour y voir clair et s’orienter aujourd’hui…

Par exemple Raymond Aron :

« les hippies (…) n’appartiennent pas au même type humain« , conférence à Genève en 1969, la conférence où Aron a appelé à étouffer la nouvelle gauche, à la vider de sa substance écologiste pour détourner le reliquat corruptible vers le néo-capitalisme. Il emboîtait le pas à Norman Podhoretz et Irving Kristol, les lanceurs du néo-conservatisme, et rejoignait les mendésistes (Delors, Rocard, le PSU) déjà à l’oeuvre depuis 1968, sans oublier le futur PS en son entier. C’est de tout ce beau monde dont parle Thomas Legrand à mots couverts.

Même si l’on ne sait rien de la grande mobilisation qui a suivi, à elle seule, la réputation de Podhoretz, Kristol et Aron indique assez quelle a été importance de l’alarme qui a fait trembler le système néo-capitaliste en pleine conquête mondiale. C’est que, sous les premiers chocs de la mondialisation de la prédation illimitée, la prise de conscience et le mouvement social planétaires qui se levaient restauraient la culture du bien commun, la culture inspirée par le vivant qui s’opposait exactement à la propagande impérialiste. C’est pourquoi le principal vecteur de celle-ci, en tout cas le plus connu : le Congrès pour la Liberté de la Culture s’est immédiatement mobilisé contre la nouvelle gauche et, tout particulièrement, contre le mouvement écologiste. Dès 1970 en France, l’action « invisible » de Denis de Rougemont en témoigne et, 47 années plus tard, c’est encore cette perfidie qui influence Thomas Legrand !

 

 

Les hippies avaient raison sur toute la ligne

http://www.courrierinternational.com/article/2007/12/20/les-hippies-avaient-raison-sur-toute-la-ligne

 

 

 

 

 

 

 

 

août 2017

 

…depuis longtemps, les prix de l’oligopole « grande distribution » sont au moins doubles de ce qui est payé aux producteurs.

Et, avec le BIO, c’est encore mieux !

Des tarifs prohibitifs s’expliquant par les marges exorbitantes de la grande distribution
46 % du surcoût du bio proviennent en réalité des ‘sur-marges’ réalisées sur le bio par les grandes surfaces : en moyenne les marges brutes sur les fruits et légumes sont deux fois plus élevées (+ 96 %) en bio qu’en conventionnel. Cet écart de marge est encore plus spectaculaire pour les deux produits frais les plus consommés du rayon : + 145 % pour la tomate et + 163 % pour la pomme ! Au global, la stratégie de marge de la grande distribution – à la justification économique obscure – aboutit à renchérir de 135 € le panier bio annuel d’un ménage. Autrement dit, seulement la moitié du surcoût du bio payé par le consommateur va à la production, le reste étant capté par la distribution en sur-marges.

https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-fruits-et-legumes-bio-les-sur-marges-de-la-grande-distribution-n45900/

 

 

 

 

 

 

 

A propos des Etats Généraux de l’alimentation

Rééquilibrer le rapport de force entre producteurs et distribution ?

Il serait temps de s’apercevoir qu’il n’y a pas un « rapport de force« , mais que tous les pouvoirs ont été concentrés par « la grande distribution« , qu’il s’agit d’une dictature et que beaucoup, beaucoup d’acteurs aussi surprenants qu’étrangement zélés ont travaillé à l’instaurer.

 

illustration de François Laporte

 

Le coordinateur des Etats Généraux de l’alimentation, Olivier Allain :
Le sujet principal, « C’est tout simplement la disproportion du rapport de force entre les 4 distributeurs au regard des 5 ou 10 000 PME et des 400 000 agriculteurs. Donc, il faut rééquilibrer ce rapport de force et c’est bien le rôle de la puissance publique de faire cela. Autrement, qui le ferait ?« 

Mais qui est à l’origine de cette situation catastrophique, tant pour les producteurs que pour les consommateurs (et pour les campagnes, pour la biodiversité, pour l’animation des villages et des villes, etc.) ?

Et pourquoi ?

C’est justement « la puissance publique » dévoyée par la finance qui a créé de toutes pièces la surpuissance de « la distribution » développée par les banques. Ainsi est apparue la Circulaire Fontanet (1960) qui a renversé toute la logique commerciale en interdisant aux producteurs de choisir leurs distributeurs, servant les casseurs de prix (discounters) sur un plateau d’argent (1). La circulaire Fontanet était fille du « Plan de stabilisation Pinay-Rueff » et du « Comité d’experts Rueff-Armand pour la suppression des obstacles à l’expansion économique » (2), lesquels étaient inspirés par la globalisation capitaliste à marche forcée depuis la fin de la guerre.

Et c’est là que le Nouvel Observateur est entré en scène, Michel Rocard aussi avec son PSU vidé de tous les esprits critiques, et Michel Bosquet (futur André Gorz). Celui-ci « s’impliqua aussi aux côtés de mon père en signant avec d’autres grands journalistes (François Henri de Virieu, Alain Murcier et Alain Vergnholes du Monde) des tracts pour dénoncer les refus de vente des fournisseurs (…) » Michel Edouard Leclerc (« André Gorz : la mort d’un philosophe« ). Tous ces gens étaient fascinés par « les prix bas« , les plus bas prix, sans l’ombre d’une réflexion sur la qualité du travail et des emplois, des productions, de l’environnement et des services, sans se soucier le moins du monde des conséquences – ou sans inhibition, car, tout de même, le sacrifice des paysans, des artisans et des commerçants était clairement au programme dès le départ.

Comme on commence à le deviner, il y a eu beaucoup de volontaires pour ruiner les campagnes, l’artisanat et le commerce, et faire le lit de l’ultra-capitalisme qui a ruiné la biosphère. Car « la grande distribution » est tout simplement l’un des instruments les plus puissants qui ont servi à déstructurer les économies, l’urbanisme, les sociétés et les écosystèmes, ici et jusque dans les forêts primaires. C’était le début de la désocialisation qui a permis tout le reste.

Au départ, il s’agissait – paraît-il… – de réduire les intermédiaires pour réduire les prix. Or, depuis longtemps, les prix de l’oligopole « grande distribution » sont au moins doubles de ce qui est payé aux producteurs. S’il y avait hier des abus, ils ont été systématisés par le nouveau système exploiteur, tout en exerçant sur les producteurs un chantage croissant qui n’a cessé de réduire le prix du travail, la diversité, la qualité, la valeur de la vie et les exigences éthiques et environnementales.

Si l’on se laisse abuser par la légende qui les situe « à gauche« , on peut croire que les amoureux des « prix bas » avaient été égarés, que c’est par étourderie qu’ils avaient aidé à réduire la diversité économique et lancé la grande fabrique du chômage et de l’exclusion, de la crise écologique planétaire aussi, etc. Mais un petit détail les révèle pleinement : ils ont continué à jouer les accoucheurs du nouvel ordre mondial de la prédation; par exemple en se mobilisant aussi pour étrangler le mouvement écologiste qui tentait de donner l’alerte (3)… Pas seulement le mouvement écologiste, d’ailleurs : toutes les émergences critiques et alternatives depuis.

 

(1) « Il est interdit de conférer maintenir ou imposer un caractère minimal au prix des produits et prestations de service, ou aux marges commerciales (…)« . Cet oukase tombé des laboratoires du néo-capitalisme ouvrait grande la porte à toutes les contraintes imposées par les nouveaux maîtres, bien sûr sans aucune considération économique, sociale, urbanistique, culturelle, écologique, relative au coûts réels et au bien commun. Unique soucis : la rentabilité et le profit maximaux pour les distributeurs soutenus par la finance, les partis et les régimes autoritaires d’ailleurs (bientôt fournisseurs de main d’oeuvre et de ressources à prix bas – très très bas prix).

 

(2) Les versions juvéniles de la Commission Attali « pour la libération de la croissance française » (2007 – 2008)

 

(3) à cet égard, l’opposition précoce à l’alerte contre les emballages jetables dit tout : (http://planetaryecology.com/tir-de-barrage-contre-une-campagne-de-denonciation-du-tout-jetable/)

 

 

Le « visionnaire« * Edouard Leclerc, celui qui voulait envoyer les « 40 000 boulangers conduire un bulldozer » (Nouvel Observateur 1966), n’a cessé d’être cajolé par les media et les partis. 
* selon toutes les « têtes pensantes » de « la gauche » depuis le début des années 1960

 

 

http://www.huffingtonpost.fr/2017/08/07/etats-generaux-de-lalimentation-emmanuel-macron-recoit-les-syn_a_23068048/

Au centre des entretiens qui dureront une demi-heure chacun, la revendication pour les producteurs d’un « juste » prix face aux exigences de la distribution ou aux demandes de l’agroalimentaire. Certaines organisations comme la Coordination rurale ou la FNPL (lait) se sont émues vendredi que les syndicats agricoles ne soient pas mieux représentés dans les 14 ateliers des Etats Généraux qui doivent se tenir d’ici la fin-novembre.

En particulier, l’atelier phare numéro 6, d’où sont censées émerger les solutions pour résoudre la crise des prix, intitulé « rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs« , sera présidé « par une multinationale de l’agroalimentaire Danone et la grande distribution (Système U)! » a dénoncé la FNPL vendredi.

…Emmanuel Macron qui a été sélectionné par les survivants et les descendants de la belle équipe qui a construit la dictature de la grande distribution, avec au premier rang Michel Rocard et Henry Hermand (ci-dessous, en mars : Quand les coulisses d’Emmanuel Macron nous rappellent de bien mauvais souvenirs)

 

 

rappel (dans cette même rubrique début 2012) :

France Info 21 février 2012
Le paysan Pierre Priolet au bout du chemin

Pierre Priolet vient de terminer une longue marche, de la Provence à Paris. Pendant quarante jours à pied, cet agriculteur a marché de village en village, avec à chaque fois des étapes de vingt ou trente kilomètres, pour rencontrer les Français et recueillir leurs témoignages. Pierre Priolet renoue avec l’esprit de 1789, celui des cahiers de doléances. Juste avant la Révolution, des milliers de personnes avaient consigné leurs témoignages et leurs revendications, pour préparer la réunion des Etats généraux.

Depuis quarante jours, Pierre Priolet utilise la même méthode. Cet agriculteur de Provence, vous l’avez sûrement déjà entendu : il parle fort, quelquefois il s’emporte. Il accuse la grande distribution et notre système de consommation. Selon lui, les chaînes de supermarchés étranglent les producteurs. Elles exigent des prix tellement bas que beaucoup d’agriculteurs ne peuvent pas se payer correctement. A la fin de l’année 2010, Pierre Priolet a d’ailleurs arraché son propre verger, ses 13 hectares de poiriers. Il n’avait pas les moyens de continuer.

Depuis, il a élargi son combat. Il a créé un site – baptisé « consommer juste » – pour rapprocher les consommateurs et les producteurs. Il plaide pour des circuits courts, où chacun trouve son intérêt : les consommateurs peuvent acheter de bons fruits et de bons légumes à un prix raisonnable et les agriculteurs peuvent se rémunérer.

La nouvelle étape, c’est donc cette marche des doléances qui vient de s’achever. Sur le site de Pierre Priolet, vous lirez et vous entendrez des témoignages recueillis en Provence, en Bourgogne ou en Ile-de-France. L’agriculteur demande à ceux qu’il rencontre : « quelle société et quelle alimentation voulez-vous ? » Les réponses sont parfois concrètes et parfois plus politiques. Un jeune homme parle du prix du pain. Un autre dénonce les salaires fous de certains patrons. Un ancien artisan se plaint des cotisations trop élevées, qui empêchent d’embaucher, dit-il. Une femme rêve de trouver « la qualité au supermarché du coin« . Beaucoup se plaignent des « belles paroles » prononcées par les dirigeants politiques, loin de leur vie quotidienne.

Parmi ces Français, il y a sûrement des électeurs de gauche, de droite et d’autres qui ne votent pas. Mais ils ont un point commun. Ils sont persuadés qu’il faut changer de société. « Si on continue comme ça, dit l’un d’eux, on va dans le mur« .
http://www.paperblog.fr/2857314/pierre-priolet-pleurez-pour-nous/
http://www.youtube.com/watch?v=jSZjS8UQH0g

 

 

Sur une partie du système qui a conduit les paysans et quantité d’autres producteurs à la faillite :

« La face cachée des Centres Leclerc » et « Des contrats qui font plier les fournisseurs »
C’est le roi des prix bas. Mais ce succès a un revers : tous les moyens sont bons pour faire craquer les fournisseurs.
Certes, Michel-Edouard Leclerc caracole dans tous les palmarès des prix les plus bas en France. Mais derrière ce Robin des bois du consommateur se cache une véritable machine de guerre avec, en ligne de mire, le fournisseur, et comme bras armé, le Galec, la puissante centrale d’achat de l’enseigne.

Ce combat se joue en ce moment dans les minuscules salles du Galec, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), où les industriels sont reçus par des négociateurs particulièrement redoutables : des patrons d’hypers aux méthodes musclées que Sophie, une ex-acheteuse du Galec, cassant l’omerta qui règne autour de ces négociations, révèle dans nos colonnes.

« Les négociateurs connaissent parfaitement les produits et ne cèdent jamais un pouce de terrain. Alors que les autres distributeurs emploient des diplômés d’école de commerce qui appliquent des techniques apprises dans leurs manuels d’économie, chez Leclerc, les acheteurs sont des propriétaires de magasins volontaires. Ils se battent pour leur argent. »

Les Leclerc reçoivent dans des boxes d’une dizaine de mètres carrés, meublés d’une table et de quelques chaises. A une époque, les acheteurs avaient des (…)
dans Le Parisien du 7 mars 2012
http://www.leparisien.fr/informations/la-face-cachee-des-centres-leclerc-07-03-2012-1893205.php

 

 

un peu de doc :

Les techniques des distributeurs pour faire plier les fournisseurs
http://www.capital.fr/economie-politique/les-techniques-des-distributeurs-pour-faire-plier-les-fournisseurs-1166067

Les enseignes de l’extorsion
http://www.christian-jacquiau.fr/n-les-enseignes-de-l%e2%80%99extorsion-5002

 

Racket dans la grande distribution « à la française »
(…) Le superbénéfice ainsi obtenu n’est jamais répercuté auprès du consommateur. Il permet de servir de substantiels dividendes aux actionnaires de ces usines à consommer. Il sert aussi à financer la corruption du pouvoir politique, habitué à monnayer sa signature pour les autorisations d’ouverture. Le « péage » obligatoire, de un million d’euros minimum pour un hypermarché, est né à la fin des années 1970. Avec les « années Mitterrand », les enchères montent et les enveloppes se font plus épaisses : on passe à 1,5… puis 2… puis 3 millions d’euros. M. Michel-Edouard Leclerc, fin connaisseur, l’a d’ailleurs reconnu publiquement : « La vérité oblige à dire que près de la moitié des grands ensembles commerciaux ont été soumis à ce trafic ».

http://www.christian-jacquiau.fr/n-racket-dans-la-grande-distribution-%c2%ab-a-la-francaise-%c2%bb-5013

Grand dommage que Christian Jacquiau oublie l’étape déterminante qui a donné tout le pouvoir aux centrales d’achat avec le soutien de toute « la gauche » déjà gagnée à la conversion capitaliste (la « troisième voie » de Mendès-France, Rocard, Delors) !

 

 

 

 

 

 

 

 

Catastrophe en Sierra Leone :
LA DÉFORESTATION BIEN SÛR
comme partout !

Samuel Weekes se souvient de l’époque où les collines qui s’étendent au-delà du centre de Freetown, la capitale de la Sierra Leone, étaient vertes.
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=6574

Deforestation-rates have greatly increased since the end of the civil war to meet the demands of Freetown’s growing population, including fuelwood, timber for construction and new farming land. Deforestation on the peninsula may have dangerous consequences for the capital’s water supply which relies on the forested catchment area.
https://www.google.fr/search…:

 

 

rappel de décembre 2011

Mindanao : torrents de boue, glissements de terrain, villages détruits
Après le typhon ? Non, après la déforestation

Quand la déforestation vire au cauchemar
http://www.dhnet.be/infos/monde/article/91057/glissements-de-terrain-meurtrier-en-philippines-au-moins-200-morts.html
http://www.rainforesteducation.com/about2/threats.htm
http://www.philippines.hvu.nl/forest1.htm

 

Toujours la même stupidité depuis des dizaines d’années. Toujours les avertissements des peuples autochtones et des écologistes. Et toujours la destruction.

Dans Ecologie Infos n°394, d’avril 1989, j’ai fait une description des conséquences catastrophiques du saccage des forêts philippines par les industriels : dévastation des écosystèmes denses, érosion intense, glissements de terrain, cultures et villages anéantis. Simultanément, les « experts en développement » chantaient l’exceptionnelle réussite économique du pays.

Toutes les informations, toutes les dénonciations, tous les cris d’alarme ont été couverts par la propagande capitaliste, le brouhaha insignifiant des conférences, usés sous l’impuissance générale, faute de mouvement.

Le mouvement, en 89, semblait pouvoir redémarrer. Toujours dans le n°394, je m’en réjouissais dans un article sur la nécessité d’agir rapidement pour sauver les forêts. Puis a déferlé une nouvelle vague de manipulations dirigées contre ces écologistes si contrariant pour la croissance. Et les écologistes, guère solidaires, souvent captés par des luttes de pouvoir contradictoires avec leur engagement, se sont à nouveau débandés. Et tout est retombé.

Dans les forêts, partout, rien n’a changé. Tout est pire. La catastrophe que nous avions voulu éviter est là.

Pour vomir, jetez un oeil à ce genre de sites :
http://abrownchanginglives.com/2010/10/oil-palm-the-next-mindanao-gold-rush/
http://cha4t.wordpress.com/2010/02/24/news-oil-palm-growers-optimistic-on-bullish-outlook-of-industry-in-mindanao/
http://ppdci.org/?p=20

Pour plus d’infos sur le scandale planétaire de l’huile de palme, ci-dessous, en janvier 2011 :
Un crime contre le vivant

http://forums.futura-sciences.com/sante-medecine-generale/134779-huile-de-palme-danger-sante-cauchemar-ecologique.html

Etc.

Forêts tropicales : agir concrètement
Les spéculateurs rasent le nord de Bornéo
Les Philippines saccagées
Ecologie Infos n°394, avril 1989.

Somewhere, deep in the jungle, are living some little men and women…
They are our past… and maybe… they are our future…
http://www.youtube.com/watch?v=lJHTuh5wXkU&feature=related

 

Forêts équatoriales et tropicales, agir concrètement

Pour faire du fric, les forêts équatoriales et tropicales sont exploitées jusqu’à épuisement comme s’il s’agissait de gisements minéraux. Il en est de même, hélas, pour les forêts secondaires que pour les forêts primaires dont les arbres ne se redévelopperaient qu’après de nombreuses décennies, voire plusieurs siècles… si tout n’était pas saccagé ! Mais, pour le fric (ou pour berner de pauvres gens), ce qui subsiste de la végétation (et de la faune) est brûlé ; les terrains sont livrés à l’élevage ou à l’agriculture. Les sols très fragiles – qui, partie intégrante de la forêt, ne peuvent vivre sans elle – sont épuisés, stérilisés, érodés, désertifiés en 3 à 5 ans.

A nouveau – on n’avait pas vu cela depuis 10 à 15 ans – les informations passent. Des gens, des structures internationales, des media se sensibilisent, s’alarment même et tentent de souligner qu’elle est l’importance de ces forêts pour l’atmosphère et les climats ; pour les industries de l’avenir aussi… pour convaincre de la nécessité de les préserver.

Nous savons maintenant que les forêts équatoriales et tropicales nous sont « utiles » comme réservoirs biologiques. C’est intéressant mais c’est encore un point de vue très restreint par rapport aux réalités ! J’ai bien peur que les chiffres et l’aspect utilitaire occulte la dimension sensible du problème.

En fait, nous ignorons ce qui, exactement, est en train d’être détruit. Bien au-delà de collections de millions d’êtres vivants, de codes génétiques, de molécules originales, de « ressources » en vrac, il s’agit d’ensembles de relations tissées entre des formes que nous sommes loin d’avoir dénombré : nous ignorons tout de la plupart des espèces. Par conséquent, nous ne connaissons qu’une infime partie des relations qui les unissent (bien moins que n’en connaissent les indiens de l’Amazonie, par exemple). C’est à dire que nous sommes incapbles, et pour longtemps, de déchiffrer les structures hyper-complexes constituées par toutes ces espèces et leurs interrelations.

Pouvons-nous, même, nous faire une idée de ce sont ces structures ? La forêt amazonienne, la forêt africaine (ce qu’il en reste !), la forêt de Bornéo, la forêt australienne, etc. ne sont-elles pas des êtres vivants d’un inappréciable niveau de complexité avec une sensibilité et une intelligence propres ? Sont-elles des organes d’un être vivant planétaire : la biosphère ? Mais, alors, ce seraient des organes essentiels puisqu’elles renfermeraient environ 70% des formes vivantes.

Quoiqu’il en soit, plus que jamais pour les forêts équatoriales et tropicales, il faut se garder des visions réductrices que nos conditionnements et, même, les connaissances actuelles très insuffisantes peuvent nous inspirer. Derrière l’avalanche des chiffres et des données, il faut voir et accepter la révélation de notre ignorance. Nous ne sommes, tout simplement, pas en mesure de comprendre ce que sont ces ensembles extraordinaires. Mais nous pouvons nous efforcer d’en apprécier la diversité biologique, d’en deviner les innombrables interrelations, de nous faire une idée de leur structure, d’imaginer leur pulsation… Nous pouvons en admirer la beauté.

Forêts marécageuses, forêts humides d’altitude, forêts pluviales, forêts « sèches », forêts denses, forêts galeries… Les forêts équatoriales et tropicales sont les écosystèmes les plus « riches », les plus sophistiqués, qu’ait produit l’évolution de la vie sur Terre. En leur sein, la vie continue d’élaborer de nouvelles formes, d’inventer de nouvelles relations, de complexifier ses structures. Le présent et l’avenir de la vie terrestre sont liés à cette prodigieuse activité. Nous sommes tous concernés par les agressions dont sont victimes ces écosystèmes car nous faisons partie du même organisme.

 

Régulation

Partout, des gens protestent et s’opposent ; des gens de plus en plus informés, conscients et déterminés. Partout et jusque dans les populations qui souffrent des plus graves dominations, des plus graves agressions, des gens trouvent la force de se battre. Parce qu’ils défendent la vie, des Brésiliens sont assassinés, des Malaisiens sont jetés en prison et beaucoup d’autres ne sont guère en meilleure posture. Et nous ? Allons-nous rester là, l’arme au pied, à contempler horrifiés la progression du désastre ?

Des milliards d’êtres vivants sont massacrés chaque jour. Chaque jour, la diversité biologique – qui est le grand oeuvre de la vie – s’amenuise. La vie menacée éveille la colère en nous. Ne le sentez-vous pas ?

Pour sentir ces choses, il n’est pas besoin de crouler sous les informations. Les révoltés d’hier et d’aujourd’hui, les écologistes brésiliens et malaisiens, les gens des forêts n’ont pas eu besoin de démonstrations savantes pour comprendre et agir. Tous les rebelles puisent leur conviction et leur force dans l’intuition des relations qui les unissent aux plus grands ensembles.

Il suffit de s’ouvrir, juste s’ouvrir pour percevoir, comme dans notre chair, combien est ignoble le crime qui se commet en Asie du Sud-Est, en Afrique, en Amérique latine. Il suffit de s’ouvrir pour entrevoir les relations qui nous unissent aux vies menacées, pour comprendre combien elles nous sont proches !

Ne refoulons pas davantage notre sensibilité. Laissons-la s’exprimer ! Elle nous indique ce que nous devons faire : agir pour sauver ce qui reste de la diversité biologique, agir pour stopper toute destruction, toute agression contre les forêts équatoriales et tropicales, agir pour sauver la beauté d’entre les pognes des mercantis et des assassins.

Nous devons mobiliser nos intelligences et nos énergies pour joindre – enfin ! – nos forces à celles de tous ces gens qui se battent désespérément. Ne sommes-nous pas – occidentaux, habitants des pays industriels – en très bonne position pour exercer une action régulatrice efficace ? Car, qui achète les bois des forêts rasées ?
Qui achète les cuirs des bovins élevés sur les ruines des écosystèmes les plus complexes ?
Qui achète par centaines de milliers les êtres vivants de la forêt pour faire joujou avec dans les zoos, les labos, les appartements (ce qui en condamne bien davantage à la souffrance et à la mort) ?
Quel argent, quels intérêts encouragent encore les trafics et les destructions ?
Qui continue de gaspiller toute chose ?
Qui a montré et continue de montrer l’exemple de la prédation sans conscience des incidences sur l’ensemble vivant ?
etc.

Ce sont des gens d’ici, Français, Européens et, bien sûr, Nord-Américains, Australiens et Japonais (lesquels viennent souvent en tête)… Des gens que l’on peut sensibiliser (s’ils ne le sont pas déjà). Des acheteurs, des consommateurs – et nous-mêmes – que l’on peut inviter à changer de choix. Des importateurs, des industriels sur lesquels chacun peut faire pression de diverses façons. Des financiers, des trafiquants bien de chez nous que l’on peut atteindre, etc. Et puis, en toile de fond de l’action, nous devons tous ensemble, réfléchir, écrire, parler, agir (chacun à sa façon) pour aider à l’évolution des mentalités et de toutes les structures. Car, bien sûr, la réduction des menaces sur la vie est conditionnée par la capacité des pays industriels à adapter leur production, leur consommation, leur mode de vie aux logiques écologiques.

 

Notre pouvoir

Pour stopper les folies en cours, il faut faire pression – de toutes les façons possibles – sur tous les responsables. Sont responsables les Etats et les « propriétaires » (?!) qui dévastent ce qui n’est pas plus leur bien que le nôtre : ce qui EXISTE et dont la seule existence devrait suffire à forcer le respect. Sont responsables les investisseurs et les industriels qui font du fric – ou prétendre faire du « développement », de la « mise en valeur » – en semant la désolation. Sont responsables les fabricants qui emploient les produits dont l’exploitation se traduit par des destructions. Toutes ces structures et tous ces gens portent la plus grande partie de la responsabilité, mais, tout au bout de la chaîne, les consommateurs sont responsables aussi. La plupart des premiers savent ce qu’ils font : ils détruisent sciemment ! En est-il de même pour les consommateurs ? Combien d’acheteurs de meubles en bois exotiques (ou plaqués de), d’acheteurs de contre-plaqués pensent à la forêt qui a été amputée, aux populations spoliées, aux êtres vivants exterminés ? Et s’ils y pensaient ? S’ils apprenaient à y penser, à voir les conséquences de leurs achats et, ensemble, à mesurer leur force comme régulateurs des problèmes… Déjà, spontanément, beaucoup de gens boycottent les bombes aérosols contenant du CFC (1) et beaucoup enragent aux nouvelles des agressions contre l’ensemble vivant. Ils enragent parce qu’ils se sentent impuissants… Ils ne le sont pas !

Comme consommateurs, nous pouvons réduire nos achats de produits arrachés aux forêts intertropicales ; nous pouvons résuire aussi la consommation des autres produits qui nous sont vendus par les responsables enrichis des pays impliqués (le café par exemple… Qu’en dites-vous ?). Cherchons les informations. Connectons les volontés et les compétences. Proposons des idées. Prenons des initiatives. Cherchons les contacts qui pourrons prendre le relais de l’action. Sortons des tiroirs les solutions qui y sommeille et développons les adaptations qui s’imposent. Faisons tout pour que notre action contribue à sauver les écosystèmes les plus complexes. Nous en avons la capacité.

Bien entendu, l’action doit épargner les produits vendus par les gens des forêts. Il n’est, évidemment, pas question de boycotter le caoutchouc des seringueiros !

Par contre, il faut réduire la consommation de tous les bois exotiques.

 

Des situations coloniales

On peut objecter que ces pays n’ont vraiment pas besoin qu’on leur serre la vis, qu’ils sont déjà bien assez pauvres comme ça, que cela nous va bien, à nous – membres des pays riches – de donner des leçons à ceux que nous exploitons, etc.

Outre que nous ne sommes pas dominants, nous-mêmes, dominés ; outre que les expériences sociales et écologiques malheureuses de notre histoire nous ont ouvert les yeux, il convient de relativiser.

Ces pays ne sont pas tout entiers exploités et misérables. Il faut tenir compte des rapports de force et de prédation. La plupart de ces pays sont écrasés par des classes dominantes totalement dénuées d’inhibitions. Leur prédation n’est régulée par aucune résistance sociale consistante. Presque partout, ces classes dominantes se comportent comme les pires colonisateurs. D’ailleurs, certaines ne sont autres que les dignes descendantes de ceux qui avaient mis ces pays à feu à sang. Il en est ainsi pour toute l’Amérique « latine » (sic) dont les oligarchies ont bien plus de sang conquistador que de sang amérindien… dans les veines !

D’autres situations coloniales sont apparues après le départ des colonisateurs occidentaux. Ainsi, à Bornéo, où les Malais spolient, répriment et clochardisent les peuples de la forêt. Il en est de même en Indonésie où les populations de Timor et des Moluques sont sous la botte de Djakarta et où les Papous de Nouvelle-Guinée, qui, décidément, n’ont jamais eu de chance, sont chassés pour faire la place aux compagnies japonaises qui veulent exploiter le sous-sol. En Afrique aussi beaucoup de populations subissent la domination – si ce n’est la tentative d’ethnocide – d’oligarchies qui leur sont étrangères. Ainsi au Soudan où les Dinkas – peuple noir du sud sont spoliés, réduits en esclavage et menacés d’extermination par les Arabes au pouvoir à Kartoum.

La plupart des populations déshéritées vivent une situation coloniale. A la merci des fazendeiros, des tueurs, des militaires, des spéculateurs, ils subissent, en outre, le poids de la consommation des pays industriels.

Réduire la consommation des bois, des produits du bois et d’autres produits de ces pays ne causera aucun tort aux pauvres. Au contraire, cela les soulagera (surtout si notre action est sous-tendue d’une attention vigilante à l’égard des populations). Les seuls lésés seront les riches colons qui ont construit leur fortune en semant la désolation, la misère et la mort. Avec les nuisibles de chez nous : les financiers, les industriels et les trafiquants aux moeurs coloniales, ils sont notre cible !

 

Alain-Claude Galtié mars 1989

écrit en 1988, l’article est paru dans Ecologie Infos n°392, février 1989

 

 

(1) C’est bien pour cela que les producteurs de CFC se font conciliants et que les politiques font mine de prendre des initiatives… Ils ont l’oeil rivé sur les sondages ! D’après un industriel au coeur du problème : « nous ne vendons plus une seule bombe en Belgique. En France, nous sommes harcelés par les utilisateurs – essentiellement des professionnels – qui nous demandent d’autres propulseurs que mes CFC ou des produits en vrac ».

 

 

 

 

 

 

 

 

le 18 août

Wayne Lotter, fervent défenseur des éléphants a été assassiné à Dar es Salaam

Il s’était consacré à la protection des éléphants et avait contribué à faire emprisonner de célèbres braconniers.

 

Wayne Lotter se battait au sein de sa fondation PAMS (Protected Area Management Solutions) contre le braconnage et le trafic illégal d’animaux sauvages en Tanzanie, une activité pour laquelle il avait reçu de nombreuses menaces de mort. Il a été assassiné dans la nuit de mercredi à jeudi à Masaki, un quartier huppé de Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, a annoncé PAMS dans un communiqué. Il avait 51 ans.

(…) La fondation PAMS était impliquée dans le financement d’une unité tanzanienne d’élite spécialisée dans les crimes graves nationaux et internationaux (NTSCIU), dont le braconnage. Depuis 2012, cette unité a arrêté plus de 2 000 braconniers et trafiquants d’ivoire et a enregistré un taux d’incarcération de 80 %. Parmi ces célèbres prises : la Chinoise Yang Fenlan, surnommée la « reine de l’ivoire », actuellement jugée pour le trafic illégal de 706 défenses d’éléphants. En mars, le plus célèbre trafiquant d’ivoire tanzanien, Boniface Matthew Maliango, surnommé « le Diable » était condamné à 12 ans de prison. (…)

Wayne Lotter, fervent défenseur des éléphants a été assassiné en Tanzanie

 

Justement, une émission de France Inter sur les lanceurs d’alerte est consacrée aux écologistes :

Les défenseurs de la Terre

En 2014, 116 activistes écologistes étaient assassinés en défendant l’environnement. Des crimes non seulement restés impunis mais souvent commis avec la complicité des Etats.

https://www.franceinter.fr/emissions/lanceurs-d-alerte/lanceurs-d-alerte-19-aout-2017

Hélas, l’un des invités de l’émission est l’ambigu Dominique Bourg, capable du meilleur et du pire. Souvent du pire comme pendant l’offensive anti-écologiste du début des années 1990, celle qui mit fin à une résurgence écologiste commencée à la fin des années 80. Emboîtant le pas de Luc Ferry, et très certainement sous l’influence de cet ami personnel, il avait lancé l’anathème contre les écologistes, « un corps de doctrine dangereux, qui considère la défense de la nature comme valant pour elle-même et qui en appelle à un changement de civilisation« . Et de reprendre l’argumentaire de Luc Ferry, et de quelques autres exécuteurs des basses oeuvres de cette grande offensive, pour défendre l’anthropocentrisme, l’individualisme (celui qui dissocie), la domination de l’Homme sur la Nature, etc. (Les dérives de l’écologie profonde (pp. 21-24), Géopolitique, n°40 Hiver 1992-1993).

Un changement de civilisation, quelle horreur ! Pourtant, aujourd’hui, le même bonhomme confronté à la catastrophe qui s’affirme, n’est pas loin de dire qu’il faudrait en passer par là !

Une nouvelle fois, il a repris son antienne habituelle, celle qu’il applique comme un onguent sur son aveuglement d’hier : « la nature » est devenue une abstraction pour nous, elle ne serait « plus de l’ordre du sensible« , « nos sens ne nous informent pas« , « on ne voit pas ceci, on ne voit pas cela, on sent pas, on s’en aperçoit trop tard, etc.« , « nous sommes en effet incapables de percevoir par nos sens les grandes dégradations que nous lui infligeons« , que « nous n’y accédons qu’à travers la médiation scientifique, des équations ou des rapports d’experts« , « on n’a pas vu se refermer le piège environnemental« , etc. Toute une théorisation de la cécité de son monde vis à vis du vivant, autant d’affirmations négatives qui vont à l’opposé de l’expérience écologiste, celle qu’il a toujours refusée. S’agit-il vraiment d’une incapacité à s’ouvrir aux autres, du déficit d’empathie qui réduit les capacités de compréhension et d’anticipation ? Mais, alors, pourquoi faire étalage de ses handicaps en prétendant que tout le monde en est frappé ? Ou cela appartient-il encore à la stratégie d’étouffement de ces satanés écologistes d’autant plus gênants qu’ils avaient raison ? Tout cet étalage d’impuissances déculpabilisantes ne sert-il pas à dissimuler plus encore l’alerte écologiste, sa culture de la paix (arcadienne pour Donald Worster) et à démobiliser ceux qui pourraient se réveiller ?

Toujours pris dans des contradictions insolubles, il affirme maintenant – comme les écologistes depuis longtemps – que l’écocide est le crime premier. Evidemment ! Mais, s’il le fait, c’est pour immédiatement ramener à « nous« , à l’Homme. Et de mettre en avant l’idée d’anthropocène (1) qui met tout le monde dans le même panier, les responsables du désastre et tous ceux qui n’y sont pour rien, voire ceux qui ont alerté ! Juste après, cependant, le voici qui encense les peuples autochtones pour leur « entretient des relations de respect (…) avec la nature » (il reste prisonnier de la dichotomie Homme/Nature). Exactement comme ce qu’il a tant dénigré chez les écologistes !

Et voilà ! Bourg a semé suffisamment de doutes et de confusion pour que, malgré les interventions de Valérie Cabanes, les qualités des lanceurs d’alerte écologistes et le sens de celle-ci soient ravalés à l’arrière plan, et l’histoire du mouvement gommée une fois de plus.

(1) « Et vous, « anthropocène« , ça vous va ? » dans cette rubrique, été 2016.

 

 

 

 

 

 

 

Poules arrosées de fipronil dans les fabriques de souffrance de l’agro-alimentaire

Juste un aperçu du gros caca pondu par la politique des prix bas

c’est le moment de relire, ou lire :

Tout ce qu’on nous a fait avaler !

Pourquoi les règles élémentaires de la bonne vie et même de la survie sont bafouées ?

Pourquoi l’instinct de conservation lui-même est impuissant ?

Pourquoi les meilleures démonstrations sont vaines ?  

Pourquoi le pire ne peut être évité ?

Pourquoi des lois et des services officiels à ce point inefficaces ?

Comment tous les dés sont pipés ? 

Quelles forces sont à l’oeuvre ?

Quelles est l’ampleur des conséquences ?

Du miel sans miel produit par un pays sans abeilles, mais un faux miel gorgé de pesticides ajoutés gracieusement.

Des épices épuisées revivifiées à l’arôme artificiel.

Du concentré de tomates moisies maquillé par des artistes chimistes.

Du piment finement broyé avec ses poils et ses crottes de rats.

Des lasagnes au bœuf à la viande de chevaux trafiqués du nord au sud de l’Europe (affaire Findus 2013).

Des jambons gonflés à l’eau et aux produits chimiques, « jambons » de cochons torturés dans des usines à viande – le bas du bas de gamme transformé en plus bas encore.

Des produits laitiers dilués à l’eau mais généreusement sulfités pour stabiliser.

Des suppléments de micro-plastiques d’emballages à peu près partout…

Juste un échantillonnage de ce que peut vous offrir l’agro-alimentaire distribué par les champions des prix bas pour un maximum de profits.

 

Les prix bas…

 

La grande distribution a fait main basse sur l’industrie agro-alimentaire de notre pays. Les cinq enseignes françaises sont présentes partout dans le monde, de la Chine à l’Amérique du Sud, en passant par l’Afrique. Cette réussite a été financée ces vingt dernières années par un saignement à blanc des PME françaises, et par une ponction indue du pouvoir d’achat des consommateurs, vous.

 

Le rapport de force est si déséquilibré qu’une petite ou moyenne entreprise ne pèse rien face aux mastodontes de la distribution. Les centrales d’achat leur imposent systématiquement des conditions abusives qu’elles doivent accepter avec le sourire. Ces contraintes mènent de nombreuses entreprises à la faillite ou, comme cela a été le cas pour nous, les poussent à délocaliser. Certains groupes de distribution se sont même fait une spécialité de racheter des petites sociétés qu’ils avaient auparavant acculées à la ruine.

 

Aujourd’hui, en France, il n’y a quasiment plus d’épiceries indépendantes, presque plus de boucheries, guère davantage de boulangeries (2). Les PME agroalimentaires n’ont qu’un seul débouché possible : vendre à la grande distribution. Pour cela, elles doivent commencer par passer à la caisse. On leur imposera de payer des budgets de référencement, des participations publicitaires ou autres prestations fictives. Une fois le produit en rayon, il lui faudra encore payer pour garder sa place, payer pour participer à des « opérations de promotion » , type « anniversaire de l’enseigne », bref verser les fameuses marges arrière qui représentent une grosse part du prix du produit.

 

Le problème, c’est que rien n’interdit à un super-marché de facturer à son fournisseur ces »prestations » ou des pénalités abusives. Et ils ne s’en privent pas, croyez-moi.

(…)

Les grandes surfaces, avec leur boulimie de marges arrière, font sciemment monter les prix tout en faisant croire à leurs clients qu’elles se battent pour faire face aux méchants industriels. Mais sachez qu’aujourd’hui les marges arrières peuvent représenter plus de 60 % du prix final que paye le consommateur, la moyenne dans l’alimentaire étant autour de 35 %. (…)

 

extraits de Vous êtes fous d’avaler ça !, de Christophe Brusset, Flammarion 2015.

Un livre indispensable pour en découvrir encore plus sur le monde du mensonge et de la falsification généralisés qui nous étouffe et nous empoisonne tout en détruisant la biosphère.

  
  

(1) Combien de PME (et de plus importantes) assujetties, ruinées, disparues ?

Combien de producteurs ?

Combien d’artisans ?

Combien de paysans ?

Quelle diversité disparue ?

Combien de familles saccagées ?

Combien de villages et de quartiers désertifiés ?

Combien de campagnes dévastées par le productivisme industriel ?

Combien de nouvelles banlieues, etc. ?

Et, cela, seulement ici…

Comme le programme complémentaire visant la paysannerie, cette « grande distribution » lourdement soutenue par la finance a été conçue et lancée pour déstructurer l’économie « à taille humaine » où la plupart trouvaient encore place. Une machine de guerre contre la vie bonne. Tout a été démembré, les résistances réduites à l’impuissance, la plupart contraints de rentrer dans le salariat, le chômage ou l’exclusion – enfin, dans la dépendance et la démobilisation. Et…

Huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, une situation « indécente » qui « exacerbe les inégalités », dénonce l’ONG britannique Oxfam dans un rapport publié en amont du World Economic Forum (WEF) qui s’ouvre mardi à Davos.

https://www.challenges.fr/monde/8-multi-milliardaires-detiennent-autant-de-richesse-que-la-moitie-de-la-population-mondiale-selon-oxfam_448242

Que les prédateurs aient de plus en plus d’appétit et s’accoquinent pour spolier la plupart et saccager le plus largement possible les biens communs ne devrait surprendre personne. C’est la logique de leur culture (impérialiste). Par contre, la façon dont l’opération a été réalisée et l’identité de ceux qui y ont participé sont choses plus étonnantes. Le seul épisode de la boulangerie réorganisée par le visionnaire Edouard Leclerc (ci-dessous) est déjà révélateur de l’énormité de l’imposture dont nous avons tous ont été victimes – et la planète avec.

 

 

(2) Ah, les boulangeries ! Les boulangeries et la stratégie hégémonique de la grande distribution… Rappelons-nous le discours qui éblouissait les « intellectuels de gauche » du jeune Nouvel Observateur :

« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer« . C’est du Edouard Leclerc cuvée 1966, le penseur des prix bas, et cela a été publié par le Nouvel Observateur qui lui ouvrait grand les bras.

rapporté dans La grande distribution. Enquête sur une corruption à la française, Jean Bothorel et Philippe Sassier, Bourin éditeur 2005.

 

Beaucoup de ceux qui s’affichaient à gauche, et même à gauche de la gauche, « autogestionnaires » même, se sont démenés pour soutenir l’expansion de cette lumineuse intelligence économique. Ils se sont faits les promoteurs des prix bas, le Cheval de Troie de la financiarisation du commerce (la « distribution« ) qui a ruiné la diversité des commerces et des producteurs. Avec des collaborateurs nombreux, ils ont aussi veillé de très près à ce que les écologistes de la nouvelle gauche (la new left française) ne gênent en rien leurs amis de la nouvelle « grande distribution » et de la conquête de marchés aussi nouveaux que nuisibles ; par exemple, celui de l’emballage jetable. Ainsi, au début de l’année 1972, les écologistes furent stoppés net dans l’élan d’une campagne de sensibilisation dénonçant les dangers du jetable. Car tous ces gens ne faisaient mine d’être aux côtés des écologistes et des autres courants de la nouvelle gauche que pour mieux les contrôler et tuer dans l’oeuf toute résistance à la généralisation du laisser-faire capitaliste en éliminant et remplaçant les lanceurs d’alerte. Cette stratégie avait été mise au point dans les laboratoires de la guerre économique (plus tard nommée globalisation) dès la fin de la seconde guerre mondiale. Elle est toujours appliquée aujourd’hui.

 

Les dégâts du jetable que nous annoncions ? On en voit une partie sur les côtes et jusqu’au milieu du Pacifique. Une autre partie est déjà dans les organismes vivants. Toute la biosphère en a été changée en poubelle.

 
 

Les dégâts de la promotion de la grande distribution ? L’amplification de la ruine des producteurs, paysans, artisans, petites entreprises du bon produit. Les délocalisations systématiques vers le moins cher, le plus dégradé, le plus nuisible à tous les niveaux. La désertification des campagnes et des rues commerçantes, et le chômage comme volant de régulation sociale. Le nivellement de la qualité si bas qu’on ne peut plus parler de qualité mais de son contraire. L’explosion des maladies dégénératives boostées par les produits trafiqués. Le gaspillage d’énergie, la pollution locale, la pollution mondiale, la pollution de bout en bout. Comme une réplique du système politique qui a porté la grande distribution jusqu’à la position de pouvoir absolu où elle se trouve maintenant.

 

Une action et un site :

En toute franchise contre les abus de la grande distribution

Au fait…
Incendie d’un poulailler industriel en Bretagne :
60 000 morts

Un feu s’est déclaré, ce vendredi, dans un bâtiment de la société Michel Le Roux, un important producteur d’oeufs situés à Kernevez, route de Coray à Ergué-Gabéric.

Le bâtiment de 1.500 m2 abritait 60.000 poules pondeuses, élevées sur cage, sur plusieurs niveaux. Elles ont péri dans l’incendie.

www.letelegramme.fr/finistere/ergue-gaberic/ergue-gaberic-60-000-poules-pondeuses-perissent-dans-un-incendie-11-08-2017-11626661.php#32i4eihLyt8Lgbwh.99

On croit deviner que les dispositifs de sécurité étaient inexistants. Sprinklers, ouverture automatiques pour la fuite des animaux, barrières anti-feu… n’ont probablement pas été considérés comme compatibles avec la production massive d’oeufs à bas prix pour un maxi profit.

 

 

 

 

Incendie d’une porcherie industrielle aux Pays-Bas :

20 000 morts

Les médias néerlandais font grand bruit des quelque 24 000 porcs qui ont péri dans l’incendie la semaine dernière d’une porcherie du fameux Adriaan Straathof, très contesté depuis des années aux Pays-Bas par le lobby anti élevage industriel qui a multiplié sur le site les manifestations et les occupations. On rappellera qu’en Allemagne, Adriaan Straathof est sous le coup d’une interdiction d’exercer le métier d’éleveur.
Les installations « De Knorhof » à Erichem étaient autorisées pour 2000 truies et leurs suites. Aucun animal n’a pu être sauvé. Le feu a été découvert par le chauffeur du camion de livraison d’aliments du bétail. Les origines du feu ne sont pas encore établies.
Ce cas a provoqué aux Pays-Bas une discussion publique sur la protection des porcheries. Dans cette discussion, il est demandé que les constructions, et les matériaux utilisés, soient tels qu’ils permettent un sauvetage effectif des animaux, par exemple par l’installation dans les porcheries de zones coupe-feu.

http://www.socopag.com/index.php/fr/europe/1374-pays-bas-24-000-porcs-morts-dans-le-brasier

 

 

 

 

rappel de 2012 :

Réification : un petit degré de moins dans l’horreur des élevages

Un peu plus d’espace, un perchoir, un grattoir en 2012. Enfin, dans les pays civilisés…

 

Exception française
http://www.leparisien.fr/societe/les-poulaillers-francais-mis-a-l-amende-04-01-2012-1796121.php

Les poules pondeuses rêvent toujours de grands espaces
http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/12/29/les-poules-pondeuses-revent-toujours-de-grands-espaces_1624041_3244.html#xtor=AL-32280515

Protection des poules pondeuses
http://europa.eu/legislation_summaries/food_safety/animal_welfare/l12067_fr.htm

Evolution de la réglementation sur l’élevage
http://www.animaux-de-ferme.com/lycee-agricole-enseignement-agriculture-productions-animales-bien-etre-animal-reglementation.html

Les animaux d ‘élevage ont-ils droit au bien-être ?
http://books.google.fr/books?id=P6SpGucVrkEC&pg=RA1-PA24&lpg=RA1-PA24&dq=%C3%A9levages+poules+place+directive&source=bl&ots=8kay-dFxL4&sig=rBfUp4Q2Sxqc4ZC-bvTT3TsiQlQ&hl=en&sa=X&ei=5f_9TrqVMIOMswaalNDSDw&redir_esc=y#v=onepage&q=%C3%A9levages%20poules%20place%20directive&f=false

Pour un avenir sans cages
http://www.l214.com/directive-poules-pondeuses

Evidemment, dans ce domaine aussi, la France est encroûtée dans l’arriération.

vidéos
http://fr.euronews.net/2011/12/29/l-europe-ameliore-un-peu-le-sort-des-poules/

 

 

 

 

 

 

 

Extraction de sable à Lannion et ailleurs,

ça continue !

Extraction de sable. 2.000 opposants pour un SOS

http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/trebeurden/trebeurden-2-000-manifestants-contre-l-extraction-de-sable-13-08-2017-11628123.php

 

souvenir

Sable de Lannion: Macron accorde une concession limitée : 

Avril 2015 : Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a accordé aujourd’hui une concession pour l’extraction de sable coquillier dans la baie de Lannion (Côtes-d’Armor), de manière limitée et progressive.

Le ministre a limité l’extraction, sollicitée par la Compagnie armoricaine de navigation (CAN) en décembre 2009, à un maximum de 250.000 m3 de sable par an, contre 400.000 envisagés initialement, et elle sera interdite pendant la période estivale, entre mai et août, a indiqué le ministère après une réunion avec les élus de la région, des opposants et des représentants de la CAN (groupe Rouillier). http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/14/97001-20150414FILWWW00212-sable-de-lannion-macron-accorde-une-concession-limitee.php

 

Où l’on découvre que le sable coquillier est exploité pour répondre aux nouveaux besoins de l’agriculture industrielle qui acidifie les sols en les inondant d’engrais azotés !

Baie de Lannion. Besoins en sable : des chiffres, quels chiffres ?

Bertrand Decoopman, agronome chargé de recherche sur les amendements : depuis les années 50, «  la chaux vive ou éteinte, est de plus en plus largement utilisée, en remplacement du maërl [interdit], et du sable coquillier qui est en chute libre sur les volumes. Le coquillier, ça doit représenter quelques milliers de tonnes sur les zones les plus côtières, en particulier vers Roscoff et Paimpol. Sur les exploitations de légumes frais du Nord Bretagne, il doit y avoir 5000 hectares/an qui reçoivent 20 tonnes de sable coquillier. Soit 100 000 tonnes de sable par an. »

En se basant sur une surface bretonne agricole d’environ 1,7 million d’hectares, et sur un besoin moyen de 300 unités neutralisantes (pour maintenir un bon PH) par hectare, il estime que si tout était amendé en chaux, il en faudrait 820 000 tonnes/an. (…)

« En revanche, tique Bertrand Decoopman, je suis très étonné de la part relativement restreinte de la chaux ? »

http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/baie-de-lannion-besoins-en-sable-des-chiffres-quels-chiffres-4682419

 

une étude éclairante de Nolwenn Weiler : Des besoins pour l’agriculture intensive

(…) Située à moins de dix kilomètres de la côte, à une quarantaine de mètres de profondeur, la dune sous-marine sur laquelle lorgne la CAN est composée d’une accumulation de débris de coquilles, que l’on appelle « sable coquillier ». On l’utilise dans l’agriculture pour désacidifier les terres. « Avant, pour amender les sols trop acides, on se servait d’une algue : le maërl, explique Patrice Desclaud membre du collectif Peuple des dunes. Mais c’est désormais une espèce protégée, on se tourne donc vers le sable. Ce besoin est lié à l’agriculture intensive : les amendements azotés – et notamment les déjections animales – acidifient beaucoup les sols » (…)

http://multinationales.org/L-exploitation-industrielle-du-sable-une-nouvelle-menace-pour-le-littoral

 

Destruction après destruction, le modèle du profit concentré par les banques et les industries étend à toute la planète l’anéantissement des biens communs.

 

 

 

 

 

une série d’émissions sur les lanceurs d’alerte

https://www.franceinter.fr/emissions/lanceurs-d-alerte/lanceurs-d-alerte-05-aout-2017

Le mystère du courage

Fermer les yeux sur une situation que l’on juge immorale… ou permettre aux yeux du monde de s’ouvrir sur ce que l’on voit. Le choix des « lanceurs d’alerte » s’opère dans la solitude, dans le silence d’un dialogue entre leur conscience et eux-mêmes.

Ceux qui font le choix, en conscience, de révéler, de dire la vérité, sont porteurs d’une verticalité philosophique, humaine et politique immémoriale. Ils arrivent à se transcender comme sujets, pour se mettre en adéquation avec leurs valeurs.

Alors que l’ensemble du corps social voit en eux des êtres pourvus d’un courage hors normes, les lanceurs d’alerte, en général, ne fanfaronnent pas sur leur vertu, et affichent au contraire un profil bas.

Dans son célèbre discours de Harvard en 1978, Alexandre Soljenitsyne fustigeait notre célébration du progrès technique qui n’avait pas réussi à « racheter la misère morale » dans laquelle était tombé le XXème siècle. Il concluait son texte sur le déclin du courage par ces mots :

Personne sur la Terre, n’a d’autre issue que d’aller toujours plus haut.

 

Plongée au cœur du choix moral qui s’opère en chacun dans une situation extrême, pour percer le mystère du courage.

 

Les autres émissions

https://www.franceinter.fr/emissions/lanceurs-d-alerte

en particulier la précédente : Des vies bouleversées

La vérité qu’ils révèlent dérange. Elle attaque le vernis de la société. Elle expose la face sombre d’un monde brutal, cynique, immoral et souvent frauduleux.

Si les affaires agissent comme une douche glacée pour les citoyens, c’est plutôt une douche au vitriol qui attend les lanceurs d’alerte à l’initiative des révélations.

En effet, ceux qui sont la cible de la dénonciation, les anciens employeurs, les entreprises, ne se contentent pas, passivement, d’être montrés du doigt. Parfois c’est même tout le corps social qui se sent mis en cause et qui résiste au changement demandé par le lanceur d’alerte.

In fine, c’est bien là le sens du lancement d’alerte : éclairer la société sur ses dysfonctionnements, et les réparer. Mais cette demande de justice sociale lui coûte bien souvent très cher.

 

ne pas rater le témoignage de

Stéphanie Gibaud lanceuse d’alerte sur l’affaire de la banque UBS France, et auteure de « La femme qui en savait vraiment trop », ed. Cherche midi.

 

 

 

Bernard Lavilliers

Vivre encore !

Bernard+Lavilliers

https://www.youtube.com/watch?v=Z8co7nlNymI

 

 

 

 

 

Presque 2 planètes !

2 août 2017, toutes les réserves renouvelables ont été épuisées et, déjà, les rejets les moins polluants ne peuvent plus être absorbés et recyclés

Il y a seulement 20 ans, la journée du dépassement intervenait… fin septembre

Et… en 1971, le jour du dépassement intervenait en décembre : le 21 décembre

1971, c’est l’année de la Semaine de la Terre à Paris, la première manifestation française du mouvement écologiste (nouvelle gauche) :

https://planetaryecology.com/1971-la-semaine-de-la-terre/

 affiche de la Semaine de la Terre 1971

Alors, il était temps !

La planète bleue dans le rouge

http://www.liberation.fr/planete/2017/08/01/la-planete-bleue-dans-le-rouge_1587617

Le temps qu’il vous faut pour lire ces quelques mots (environ une seconde) et ce sont 287 passagers qui viennent d’embarquer à bord d’un avion, plus d’un million de kg de CO2 émis dans l’atmosphère, 41 200 kg de nourriture jetés, 10 000 kg de viande de bœuf consommés ou encore 4 900 kg de poissons pêchés…

 

A la fin des années soixante, début 1970, nous lancions l’alerte, comme beaucoup d’autres à travers le monde depuis les années cinquante, et croyions pouvoir changer, non pas la politique (!), mais la civilisation. Au lieu du développement espéré, nous avons été rapidement réduits à l’impuissance et à l’invisibilité. Bien sûr, nous ignorions que l’alerte écologiste avait, depuis plusieurs années déjà, inspiré et stimulé l’organisation d’une puissante réaction. Logique, la critique et les projets écologistes étaient intolérables pour le système capitaliste en conquête mondiale, et… détail que nous sous-estimions, c’est lui qui détient l’argent et entretient des légions de compétences malfaisantes brûlant de servir.

 

Nous fûmes promptement censurés et rendus invisibles, puis remplacés par des agents du système en même temps qu’une formule tortueuse – « écologie politique » – était substituée à notre programme d’écologisation. Celui-ci misait sur la prise de conscience en cours et sa stimulation pour que tout évolue de concert et que l’on change de civilisation. L’autre détournait l’attention des énergies naïves en réduisant le mouvement social et culturel à un courant politicien bientôt impliqué dans les joutes de pouvoir et d’argent ; une réduction soigneusement calculée pour noyer l’alerte et éliminer toute menace contre l’impérialisme « anti-nature« , contre les croyances, les conditionnements et les fantasmes qui le fondent, et contre les petits appétits qui l’entretiennent, exactement comme l’avait préconisé Raymond Aron en 1969 (rapporté par Pierre Grémion).

 

Alors que tous les cauchemars que nous redoutions, et au-delà, ont été réalisés par ceux-là mêmes qui nous qualifiaient de « catastrophistes » il y a peu encore, il est important de savoir quels ont été les forces et les acteurs du sabotage. D’autant que le sabotage continue – c’est ce qui explique l’effondrement en dépit du renouvellement des révoltés et des indignés génération après génération (1). Mieux encore, les naufrageurs de la nouvelle gauche écologiste qui ne sont pas morts sont toujours là, toute honte bue, éternels nuisibles tout occupés à dissimuler leurs forfaits en se faisant passer pour… ceux qu’ils ont éliminés, des « écologistes » ! La falsification de l’histoire du mouvement complète le dispositif.

 

Les curieux chercheront les rares traces qui témoignent encore de l’existence des « collèges invisibles » Diogène (1970) et Ecoropa (1975), véritables cellules stay-behind conduites par l’agent de la globalisation Denis de Rougemont, à nous, écologistes, entièrement consacrées. Suivant les indications de Pierre Grémion, les curieux s’intéresseront aussi aux mendésistes et aux aroniens, à leurs clubs, fondations (St Simon par ex.), journaux… qui ont ardemment soutenu et relayé les entreprises anti-écologistes des premiers.

 

Ils n’oublieront pas de relire Grémion :

. « Intelligence de l’anticommunisme. Le Congrès pour la liberté de la culture à Paris 1950-1975« , Pierre Grémion, Fayard 1995.

 

et compléteront avec :

. « Qui mène la danse. La CIA et la guerre froide culturelle« , Frances Stonor Saunders, Denoël 2003.

« Le soutien des groupes de gauche n’avait pas pour but leur destruction ni même leur contrôle, mais plutôt le maintien d’une discrète proximité afin de contrôler la pensée de tels groupes, de leur fournir une soupape de sécurité et, in extremis, d’exercer un veto final sur leur publicité et peut-être leurs actions, si jamais ils devenaient trop radicaux« 

 

Deux livres sur les coulisses profondes de ces opérations et de ces réseaux. On y découvre l’élaboration et le développement du contrôle culturel et politique. Acculturation et substitution de paradigme, falsification, manipulations de la mondialisation du capitalisme… Voilà  qui explique comment on en est arrivé là.

 

Et ils n’oublieront pas le très révélateur empêchement de l’alerte contre les emballages jetables en 1971 :

1971 – Tir de barrage contre une campagne de dénonciation du tout jetable

(1) le sabotage n’a jamais cessé. Il a frappé toutes les émergences critiques. Féministes, TGBT, régionalistes, libertaires, antiracistes, etc., aucun mouvement n’y a échappé. Et il continue de frapper les écologistes restés fidèles et les causes dans lesquelles ils s’impliquent. Par exemple : 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal

.

 

 

 

 

 

 

juillet 2017

 

La réforme du Code du Travail est un épisode de la spoliation du bien commun

jusqu’à son anéantissement 

Les économistes Thomas Lagoarde-Segot et Bernard Paranque dénoncent le projet de réforme de Code du Travail : en réduisant le travail à un « marché », il ignore les enjeux sociaux, culturels et politiques.

…et LES ENJEUX ECOLOGIQUES aussi !

Pour Bernard Paranque et Thomas Lagoarde-Segot, le projet porté par Muriel Pénicaud réduit le travail à un « marché », ignorant ses enjeux sociaux, politiques et culturels. Pour eux, il s’agirait donc bel et bien d’une régression…

(…) l’instauration des conditions juridiques nécessaires au « grand marché autorégulateur » qu’appellent de leurs vœux les libéraux implique en effet, au préalable, de briser les anciennes structures sociales régulant les échanges.

Depuis le XIXe siècle, le libéralisme n’a jamais hésité à la coercition au nom d’une certaine conception de la liberté, voire à recourir à la violence armée (comme en témoigne l’histoire de la colonisation) ou briser les solidarités populaires (comme le montre l’histoire du mouvement social) pour mettre en œuvre un laisser-faire qui est tout le contraire d’un non-interventionnisme.

L’aspect fondamental de la réforme actuellement en débat ne se situe donc pas dans la méthode, mais plutôt dans les justifications tacitement acceptées de sa mise en œuvre. En effet, nous assistons à travers cette réforme – qui a, pour arrière-plan, une Assemblée nationale dont la composition socioprofessionnelle donne une représentation biaisée de la « société civile » – au parachèvement de la fusion entre technocratie et autoritarisme.

Rationalité « neutre » car technicienne

« Nous avons la solution, vous devez l’adopter », nous disent les experts, dont la compétence sort résolument de leur périmètre d’expertise pour imposer ce que doit être la société de demain. Dans le contexte actuel, les changements sociaux impulsés par l’Etat sont présentés comme des opérations purement techniques auxquelles doit se soumettre la société, en vertu d’une rationalité « neutre », car technicienne.

(…)

Prétendre soumettre le travail-marchandise au « marché autorégulateur » pour atteindre le bien-être social reviendrait donc à entériner la soumission de la personne à un certain ordre social, c’est-à-dire à des rapports de force et de pouvoir qui ne sont jamais discutés, y compris à l’aune du libéralisme philosophique. La « libéralisation du marché du travail », loin d’être une réponse technique à des enjeux du même ordre, a donc pour effet d’étendre toujours plus le rôle de la marchandise comme principe de relations entre les personnes, et de consolider une certaine organisation de la société faisant de celle-ci un appendice du « marché autorégulateur ».

Les experts qui affirment que la législation sociale doit être réduite, car elle constitue une « friction » qui empêche la réalisation d’un « équilibre du marché », reconnaissent ainsi, sans le vouloir, que cette législation a magnifiquement atteint ses objectifs : interférer avec les lois de l’offre et de la demande, afin de soustraire partiellement le travail des hommes – et donc leur vie – au règne du marché.

(…)

…la législation sociale doit être réduite, car elle constitue une « friction » qui empêche la réalisation d’un « équilibre du marché »
Comme c’est intéressant ! C’est exactement la même inspiration qui a dicté les plans Pinay-Rueff, etc. de la fin des années cinquante : « suppression des obstacles à l’expansion économique » qu’ils disaient. Dans la même veine, plus près de nous (sous Sarkozy) il y a eu la « Commission pour la libération de la croissance », dite « Commission Attali ». Attali, l’un des plus ardents soutiens de la candidature Macron.

Tout cela s’inscrit exactement dans la droite ligne de ce qui a précédé et décidé de la candidature Macron : le néo-capitalisme et sa marchandisation du vivant qui est en train de réussir la 6ème extinction.

 

C’est toujours la guerre des communaux. La conquête continue !

Voir Noam Chomsky (An 501, la conquête continue) et Pierre Kropotkine (L’Entr’aide).

 

 

 

 

 

 

L’exploitation frénétique des ressources naturelles risquent de provoquer la sixième extinction de masse

Lecture de l’étude de Richard Leakey et Roger Lewin : La Sixième extinction

Biodiversité. Nous sommes entrés dans l’ère de “l’anéantissement biologique”

Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines
http://www.pnas.org/content/early/2017/07/05/1704949114

 

 

 

 

 

 

 

 

AMPARO SANCHEZ

Corazón De La Realidad

 

 

 

 

 

 

 

 

 

juin 2017

 

Six jours de guerre, cinquante ans de domination

Un demi-siècle plus tard, les premières colonies créées par une minorité de «fous de dieu» sont devenus la norme, et leur idéologie comme leur mépris envers les Arabes se sont répandus dans la société.

la marche inexorable du totalitarisme

 

(…) C’est pendant cette phase transitoire que sont apparus les premiers colons. Au départ, il ne s’agissait que de quelques dizaines de militants nationalistes religieux exaltés pour qui la victoire, et surtout la «libération» du mur des Lamentations, ressortait d’un miracle annonçant la venue du messie. Lorsqu’ils ont, en mars 1968, créé leur première colonie dans l’hôtel Park, un établissement palestinien d’Hébron «réquisitionné» par eux, ces fous de dieu emmenés par le rabbin Moshe Levinger étaient ultraminoritaires en Israël. Mais le gouvernement, plongé dans ses débats internes sur le sort des territoires occupés, les a laissé faire par négligence ou par lâcheté.

Après un demi-siècle, ces colons sont passés de quelques dizaines à 450 000 en Cisjordanie occupée et à quelque 200 000 dans les «nouveaux quartiers» de Jérusalem, érigés sur des terres appartenant aux villages palestiniens voisins. Au fil des années, leurs idées ont également pénétré tous les secteurs de la société israélienne, qui est devenue plus religieuse et moins tolérante. Grâce à leurs représentants à la Knesset et au gouvernement, ces colons constituent désormais l’axe central de la vie politique israélienne. Alors qu’ils ne représentent que 8 % de la population, ils occupent de nombreux postes clés au sein de l’armée, de la police et des services de sécurité. De quoi leur permettre d’imposer leur agenda à l’ensemble du pays tout en parvenant à le façonner à leur image. (..)

Ex-ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud, Ilan Baruch a démissionné pour dénoncer le «hold-up» des colons sur la politique israélienne. Et sur la société en général. «Je suis très troublé par l’immoralité de la relation qui s’est instaurée entre Israël et les Palestiniens après la guerre des Six Jours, nous dit-il. Car l’occupation et ses excès ont corrompu notre mode de vie et de pensée. En traitant les Palestiniens comme il le fait, en érigeant sans cesse des obstacles à la création de leur Etat, mon pays hypothèque son avenir. Mais s’en rend-il seulement compte ? Je ne sais pas.» (…)

http://www.liberation.fr/planete/2017/06/04/israel-six-jours-de-guerre-cinquante-ans-de-domination_1574515

 

 

 

 

 

 

 

Pour plus de spéculation et de destructions, en avant !

« Macron veut supprimer l’ISF, tout en évitant l’affichage politique de la mesure »
 

Le 2 mars, en annonçant son programme, Emmanuel ­Macron a proposé un aménagement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) consistant à sortir le patrimoine financier de la base imposable sur laquelle il est actuellement calculé. Le 6 avril, dans une émission télévisée, il a justifié cette mesure en distinguant le capital investi « productivement » dans les entreprises, qui servirait à « faire tourner l’économie » et à créer des emplois, et le capital qui ne serait pas productif et produirait uniquement de la « rente ».

Il range dans la première catégorie les titres ­financiers (puisque les actifs professionnels sont déjà exclus de l’ISF), tandis que les biens immobiliers constituent la ­seconde catégorie. Le but ­annoncé est d’inciter les ménages aisés à arbitrer en faveur des placements ­financiers par rapport à l’immobilier. Si l’intention paraît louable, on peut se demander si la mesure produirait l’effet espéré.

 

Impôts : vers une suppression déguisée de l’ISF avec Macron ?

Le programme du président comporte une refonte de la fiscalité sur le patrimoine, l’ISF devant évoluer vers un impôt centré sur la propriété immobilière. Censée favoriser les investissements dans l’économie réelle, cette mesure présente toutefois une faille qui pourrait bien remettre en cause tout l’ISF.

http://www.latribune.fr/economie/france/impots-vers-une-suppression-deguisee-de-l-isf-avec-macron-711333.html

En matière de « pompe à phynance« , la couleur est déjà annoncée et – quelle surprise ! – elle correspond à ce que les coulisses profondes de la candidature Macron annonçaient. Pour l’écologiste, ce glissement de l’impôt du capital financier vers le seul patrimoine immobilier signifie une stimulation supplémentaire de l’économisme spéculatif qui est en train de ravager toute la planète. Grossir encore davantage l’argent volatile des investissements qui n’ont d’autre règle que la réalisation du profit le plus rapide, cela avant même d’esquisser une réorientation de cet économisme irresponsable, est typique du capitalisme ultra-libéral.

Cela s’inscrit exactement dans la ligne de la Société du Mont Pèlerin (1947), des « comités d’experts pour la suppression des obstacles à l’expansion économique » et sur « les obstacles à l’expansion économique » pour la « libération radicale des échanges » (Alain Peyrefitte) en 1958 et 1959, de la Fondation Saint Simon (1982-1995), de la « commission pour la libération de la croissance » (dite commission Attali) (2007), etc.

Après avoir réalisé son rêve de 70 ans : se faire porter sur le pavois en bernant (presque) tout le monde, le système impérialiste ne se sent plus de joie. Il se lâche déjà.

Ca va faire mal !

 

 

 

 

 

 

 

Donald Trump fait des miracles

En décidant de rompre avec les accords de Paris sur le climat (COP 21), il les a tous changés en écologistes !


Même ceux – très nombreux – qui ont contribué à étouffer l’alerte écologiste qui inspirait largement la nouvelle gauche des années 1960/70, et qui poursuivent l’effort aujourd’hui.


Pour découvrir les origines de cette entreprise réactionnaire au long cours :

Intelligence de l’anti-communisme – Le Congrès pour la Liberté de la Culture à Paris 1950-1975, Pierre Grémion, Fayard 1995  

Pierre Grémion défend l’organisation tentaculaire à laquelle il a contribué aux côtés du néo-libéral Michel Crozier. Quoi de mieux que les forfanteries d’un homme du système pour découvrir l’envers du décor et les noms des principaux acteurs de l’ombre ? Pierre Grémion ne peut cacher l’orientation principale de l’entreprise : effacer toute dénonciation relative à la globalisation capitaliste en cours et fermer toutes les voies alternatives. Mais, parfois, ses certitudes semblent se dissoudre et l’éloge devient aveu. On apprend ainsi qu’après le croque-mitaine communiste qui servait à justifier l’écrasement de tous les soulèvements contre l’accroissement de la prédation, c’est la nouvelle gauche qui a été la cible de l’appareil de la plus grande opération de propagande et de répression de toute l’histoire. La nouvelle gauche, dont les acteurs de l’alerte écologiste visés par des opérations de récupération, chapeautage, élimination et substitution, etc., cela dès la fin des années 1960. A défaut de comprendre ce qui nous arrivait, nous avons eu tout loisir d’en mesurer l’étrangeté.

La situation catastrophique de la biosphère (donc du climat) trouve là son origine. On le voit très clairement avec l’inauguration du monstre flottant (le Meraviglia, sic) qui vient de sortir en grande pompe des chantiers de Saint Nazaire (En arrière toute ! sur : http://naufrageplanetaire.blogspot.fr/2013/03/la-tete-lenvers-partir-de-fevrier-2015_29.html).

Dans leur très grande majorité, les pleureuses d’aujourd’hui ont pris part à ce sabotage de l’éveil écologiste et c’est pour mieux dissimuler que Trump est une résultante de leur action qu’elles surjouent. Vraiment, quelle dureté envers leur créature !

 

 

 

 

 

 

 

mai 2017

Public/Privé : les contours flous de l’Etat. La mutation néolibérale

 

A la veille d’une loi annoncée sur la moralisation publique, une passionnante enquête sociologique révèle comment, depuis une vingtaine d’années et à la faveur de la mutation néolibérale et régulatrice de l’Etat, la frontière s’est profondément brouillée entre secteurs public et privé.

Il y aurait donc le public et le privé. D’un côté le secteur public, de l’autre le secteur privé. Ce clivage public/privé offre l’un des repères les plus pratiques et les plus partagés pour s’orienter dans la société et l’analyser, en France en particulier où la séparation fondamentale entre droit public et droit privé institutionnalise de longue date cette division du monde social. Pourtant, même s’il demeure très largement pertinent et puissant ce clivage, connaît un brouillage de plus en plus intense, au point qu’au lieu de demeurer un schème explicatif de certaines évolutions sociales et politiques, il peut désormais apparaître davantage comme un écran à la compréhension de certains phénomènes majeurs de reconfiguration de l’organisation sociale et des pouvoirs politiques et administratifs. Par une enquête saisissante sur l’évolution des mondes du droit et de la politique et de leurs relations, les politistes Antoine Vauchez et Pierre France montrent comment en France, depuis une vingtaine d’années, le tournant néolibéral de l’Etat plus que jamais régulateur a profondément brouillé le clivage public/privé. Sylvain Bourmeau

https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/publicprive-les-contours-flous-de-letat

L’affaire a commencé il y beaucoup plus d’une vingtaine d’années. En remontant le temps à plus du double d’une génération, on trouve aisément les prémices de la main-mise des spéculateurs capitalistes sur le bien commun en utilisant l’appareil d’Etat. Ainsi, il est très intéressant de se pencher sur ce qui s’est passé en 1958, après la prise du pouvoir par De Gaulle, puis en 1959/60 (Plan Pinay-Rueff, etc.). Et la suite… Dommage que toute cette histoire soit oubliée. Ou, plus exactement, qu’on nous l’ait fait oublier. Tiens, mais pourquoi donc ?

La mutation néolibérale… comment a-t-elle été installée ?

 

 

 

 

 

 

 

Australie, 1960. Seulement 57 ans en arrière et pourtant…

1960 ! C’est l’un des apports de la nouvelle gauche (new left) des années 1960 que d’avoir changé le regard sur les autres, tous les autres, et d’avoir réveillé l’empathie en restaurant la compréhension des interrelations et de l’interdépendance à tous les niveaux d’organisation du vivant, de l’amibe à la biosphère.


Peut-être est-il nécessaire de rappeler que les mouvements autochtones de libération faisaient partie de la nouvelle gauche. 

Ainsi l’American Indian Movement : https://www.aimovement.org/ggc/history.html


 

 

 




Il y a quelques dizaines d’années, déjà

PROVOS, BEATNIKS, SITUATIONNISTES, HIPPIES, MILITANTS DES DROITS CIVIQUES, PACIFISTES, FÉMINISTES, HOMOSEXUELS, RÉGIONALISTES, AUTOCHTONES, ÉCOLOGISTES… 

Juste avant l’extinction

Les différents courants de la nouvelle gauche des années 1960/70 voulaient créer une civilisation conviviale en harmonie avec la biosphère. L’effacement systématique de ce mouvement et de tous ceux qui ont tenté d’émerger depuis (1), a autorisé la systématisation de la prédation à l’échelle planétaire – la globalisation – auxquels nous devons les effondrements climatique, biologique, écologique actuels. L’effondrement de l’empathie, de la pensée critique et de la combativité aussi. 

(1) en France, particulièrement par la « deuxième gauche », une appellation apparue vers la fin des années 70 (après « écologie politique » issue de la même source), vraisemblablement pour accroître la confusion et faciliter la récupération et le détournement des « forces vives » dont Jean Baudrillard allait bientôt constater le recul :

Après avoir fait le constat d’un socialisme vidé de sa substance et de son sens (à l’époque, cela fait déjà 20 ans !), Jean Baudrillard écrit « oui, le socialisme, paradoxalement, arrive au pouvoir quand toutes les énergies de dépassement, les énergies sociales de rupture, les énergies culturelles alternatives se sont plus ou moins épuisées – et il porte les stigmates de cet épuisement, et il en profite. S’il s’installe sans coup férir, ce n’est pas tant qu’il a vaincu la droite, c’est que tout l’espace a été balayé devant lui par le reflux des forces vives. (…) »

La Gauche divine, Grasset 1985.

Apparemment Jean Baudrillard ignorait que « les énergies de dépassement, les énergies sociales de rupture, les énergies culturelles alternatives » ne s’étaient pas épuisées, mais qu’elles avaient été épuisées.

Cela rappelle la « disparition des lucioles » soulignée par Pier Paolo Pasolini 10 ans auparavant. Les lucioles qui avaient émerveillé le jeune Pasolini et tant d’autres ont spectaculairement régressé sous la vague des pollutions et des destructions qui a accompagné la globalisation capitaliste. C’est la beauté du vivant qui s’effondre sous le nouveau totalitarisme. C’est ce choc et, pour les plus sensibles, ce traumatisme qui a soulevé le mouvement écologiste et la nouvelle gauche dans les années soixante. Mais les nouvelles lucioles – les forces vives – qui voulaient alerter et éclairer ce péril planétaire ont aussi été éteintes.

 

40 things the hippies were right about  

http://urbanmilwaukee.com/…/40-things-the-hippies-were-rig…/

 

La SEMAINE DE LA TERRE, l’une des rares expressions publiques de la nouvelle gauche écologiste française 

http://planetaryecology.com/1971-la-semaine-de-la-terre/

 


 

 

 

Il y a 46 ANS, LE MOUVEMENT ÉCOLOGISTE

avant son étouffement et son remplacement par des ersatz fabriqués par le système capitaliste.

Tel qu’il serait utile de le réinventer pour répondre à l’effondrement en cours.

Pierre FOURNIER en était :
A un lecteur qui écrivait : « Je veux vivre et que ça leur fasse envie », il répondait : « C’est dangereux, tu sais. Ta joie de vivre ils te la feront rentrer dans la gueule. Ya peut-être plus de contagion possible. On a coupé toutes leurs racines, la volonté de vivre ne passe plus. Ya plus que la destruction, l’auto-destruction qui les fascinent. On perd son temps à leur expliquer qu’ils vont crever, s’en foutent pas mal de crever, au contraire, ils rêvent que de ça, ils veulent que ça (…) Tuer, être tué, ya plus que ça qui peut les faire jouir. Sadisme et masochisme. Tas d’impuissants » (« Concierges de tous les pays, unissez-vous« , Charlie Hebdo n° 28, 31 mai 1971). Il avait bien vu. Notre défaite fut totale. Dans une parfaite symbiose, gauchistes et capitalistes ultras (futurs néo-conservateurs, mais probablement l’étaient-ils déjà), tous avides de pouvoir, préparaient les tours de passe passe qui allaient leur permettre de faire disparaître les alternatifs et la culture du bien commun pour leur substituer les pièges à gogos qui fonctionnent encore aujourd’hui.
http://planetaryecology.com/fournier-precurseur-de-lecolog…/

 


 

 

 

UNE CINQUANTAINE D’ANNÉES APRÈS L’ESSOR MONDIAL DE LA NOUVELLE GAUCHE (NEW LEFT)

Comme l’illustre le récent massacre des macaques de la pinède de Labenne, dans les Landes (ci-dessous), une cinquantaine d’années après l’essor mondial du mouvement qui voulait restaurer la culture du bien commun et stimuler l’intelligence sensible, c’est tout le contraire qui a prévalu.

Depuis les années 80, l’incompréhension et la haine de la diversité du vivant s’affichent partout et conduisent la politique mondiale. Comment cela est-il arrivé ?

Dès ses premiers pas, avant même La SEMAINE DE LA TERRE, le mouvement écologiste a été l’objet de multiples actions visant à le calomnier et à le couler pour le remplacer par des faux-semblants dociles. Pierre Fournier en a témoigné dès 1971 dans Charlie Hebdo et, 3 ans plus tard, Bernard Charbonneau* dans La Gueule Ouverte.

  • Charbonneau était particulièrement bien informé car, depuis plusieurs années, il était en relation avec plusieurs des principaux organisateurs de l’effacement de la nouvelle gauche écologiste.

Voici l’une des rares attaques à visage découvert qui révèle la mentalité simpliste dont les organisateurs de la globalisation capitaliste ont profité pour se débarrasser de l’écologisme…

La multiplication des revues écologiques
UN POINT DE VUE REACTIONNAIRE

Reprenant les théories devenues à la mode des partisans d’une limitation et même de la suppression de toute croissance économique, seule manière selon eux d’épargner à l’humanité de périr victime de la pollution, toute une presse est apparue ces derniers mois. Assaisonnant leur dénonciation des ravages accomplis par la pollution à la sauce de théories pseudo-scientifiques, toutes ces publications, telles La Gueule Ouverte, soeur écologique de Charlie Hebdo, Mieux Vivre, organe de l’association Les Amis de la Terre, Le Sauvage, production de l’équipe du Nouvel Observateur, se retrouvent pour dénoncer le progrès technique et prôner plus ou moins un nécessaire retour à la nature.

La première caractéristique de toute cette presse est de dénoncer la menace que représente pour l’avenir de l’humanité une prétendue surpopulation, ce qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant car toutes les « solutions » préconisées par ces prophètes d’un nouveau genre ne pourraient avoir une ombre de sens que pour une population mondiale au bas mot dix fois inférieure à ce qu’elle est actuellement. Quant à cette diminution radicale du nombre des représentants de l’espèce humaine que notre planète pourrait selon eux raisonnablement supporter, ces adeptes du « naturel », réfractaires à toute utilisation du progrès technique, ne se prononcent pas : limitation artificielle du nombre des naissances ou retour aux bonnes vieilles épidémies et famines du Moyen-Age, le débat reste ouvert.

Et il ne s’agit là nullement d’une exagération, qu’on en juge. Le premier numéro du Sauvage consacre une large place à « l’agriculture biologique » qui proclame, entre autres inepties, ce dogme « qu’il ne faut jamais travailler la terre quand elle est humide » (l’arrêt du repiquage du riz et la mise en jachère de toutes les rizières sont sans doute les solutions à envisager…) et affirme d’autre part qu’il faut n’utiliser que « la bêche à dents pour ne pas couper les vers de terre ». Le même Sauvage conseille d’ailleurs à ses lecteurs, dans un article consacré au pain, de choisir entre trois solutions : acheter du « pain biologique » de la maison X (si la publicité rend c…, il ne s’agit pas toujours des lecteurs) ou participer aux circuits d’alimentation sauvage mis en place par les groupes écologiques ou encore faire soi-même son pain avec du blé cultivé biologiquement. Quant au commun des pollués, qu’il ne se croit pas sauvé en supprimant le pain de son alimentation car le problème se reposera à lui pour tout ce qu’il se met sous la dent.

De la même manière, La Gueule Ouverte, revue également très friande d’agriculture biologique, a mené toute une campagne auprès de ses lecteurs sur la nécessité de refuser les vaccinations et les radios au nom des risques qu’elles comportent. Ces risques, bien évidemment existent car tout traitement ou examen médical n’est jamais totalement dépourvu d’inconvénients ; mais, outre qu’il s’agit de les limiter au maximum par un emploi judicieux, la seule manière correcte d’envisager la question serait de les mettre en balance avec les dangers auxquels permettent de faire face la vaccination, les radios et tous les médicaments. Qu’à cela ne tienne : la même attitude égoïste du petit-bourgeois adepte d’une prétendue agriculture biologique, qui lui fait rechercher le moyen de se nourrir naturellement pendant que les deux tiers de l’humanité se débattent dans la famine, le conduit à revendiquer le droit de ne pas se soumettre aux vaccinations et aux contrôles radiologiques qui, appliqués au restant de la collectivité, lui assureront, de toute façon, une relative sécurité.

une affiche de La Semaine de la Terre 1971

Mais la question qui agite actuellement le plus tous ces milieux et les fait se lancer dans les théories les plus abracadabrantes est celle de l’énergie, et plus particulièrement de l’électricité nucléaire. Une véritable croisade contre l’électricité se développe (alors que l’électricité est actuellement, de toutes les formes d’énergie, la plus rationnelle parce que la plus dépourvue de risque d’utilisation et la plus facilement transportable), qui donne à nos écologistes l’occasion d’entamer témoignages et prédictions apocalyptiques de la manière la plus malhonnête et la plus anti-scientifique qui soit.

La Gueule Ouverte publie dans son numéro 6 un rapport américain qui semble tout à fait sérieux, où il est fait état d’un nombre anormalement élevé de diverses maladies enregistrées dans une ville de Pennsylvanie depuis que des produits radioactifs sont déversés dans la rivière d’où provient l’alimentation en eau potable des habitants. Cela, qui ne prouve rien contre l’électricité d’origine nucléaire et le progrès technique en général – allez donc installer une fosse à purin sur une source et y puiser votre eau -, montre par contre tout à fait le mépris de la sécurité des habitants qui caractérise les responsables de l’économie capitaliste. Mais, précisément, au lieu de réclamer que des précautions suffisantes soient prises, notamment au niveau du stockage des produits radioactifs et de la sécurité en général, ces curieux défenseurs de l’humanité s’insurgent, au nom d’un raisonnement tout à fait curieux, devant les mesures de sécurité déjà existantes. Le numéro 5 de la revue Mieux Vivre publie les dispositions prévues par le plan ORSEC en cas d’accident survenu dans une centrale nucléaire et conclut en substance : si l’on prend toutes ces précautions, c’est donc bien qu’il y a quelque danger !

Quant à La Gueule Ouverte, elle propose de remplacer toute forme d’énergie « artificielle » par l’utilisation de l’énergie solaire qui, elle, ne pollue pas. Suggestion intéressante mais aussi du plus haut comique venant de gens qui dénoncent les radiations de toute sorte comme un des dangers les plus grands menaçant la vie et qui semblent ou veulent ignorer qu’à haute dose les radiations solaires sont également très néfastes (c’est ainsi que la fréquence des cancers de la peau est beaucoup plus grande chez les individus exerçant une profession au grand air, tels les marins pêcheurs).

Aussi ne leur reste-t-il qu’une solution : s’enfermer dans une caverne, non sans s’être assurés, à l’aide d’un compteur Geiger – petite concession à la technique -, que les roches n’y sont pas trop radioactives, et méditer dans l’obscurité sur cette grave question de savoir comment l’espèce humaine a réussi à survivre au mépris de toutes les règles « écologiques ».

En attendant cette décision extrême, les soldats de la croisade anti-électricité nucléaire ont cependant choisi le risque de mener la lutte sous le feu croisé de tous les rayonnements et, plus concrètement, ils réclament un moratoire de dix ans pour la construction de centrales électriques nucléaires (bien que certains affirment par ailleurs que, dans un siècle, aucune décision ne pourra être encore prise…).

Que les deux tiers de l’humanité se débattent actuellement dans la misère ne semble, soit dit en passant, nullement les concerner ; mais là n’est peut-être pas la question. Ca n’est pas le progrès technique qui est dangereux, c’est l’usage qu’en fait l’ordre social. Que le capitalisme se soucis peu des ravages qu’il commet et de l’avenir qu’il prépare à l’humanité, la pollution n’est pas seulement là pour le prouver : les guerres, les crises économiques font, elles aussi, partie des calamités inhérentes à ce système dépassé et pourrissant et c’est l’évidence même que le progrès technique utilisé exclusivement en vue du profit individuel pose plus de problèmes qu’il n’en résout.

Mais, justement, mettre le progrès technique au service du genre humain est la seule perspective qui puisse éviter un retour à la barbarie sous quelque forme que ce soit. Cela, seul le socialisme le pourra et, non seulement il permettra l’utilisation exclusive du progrès en fonction des intérêts généraux de l’humanité, mais encore, en mettant en commun toutes les ressources mondiales matérielles et humaines, il fera franchir rapidement des pas de géant aux connaissances et aux réalisations humaines auprès desquelles celles dont dispose aujourd’hui la société capitaliste apparaîtront comme dérisoires.

Pierre VERNANT
Lutte Ouvrière n°247, mai 1973

 
Curieusement, les calomnies de Pierre Vernant étaient illustrées par cette photo d’une manifestation de la nouvelle gauche

En s’attaquant à la nouvelle gauche écologiste, il est vraisemblable que Pierre Vernant (Jean-Pierre Vernant ?) ne comprenait pas qu’il faisait le sale boulot que ne pouvaient faire ouvertement les véritables réactionnaires – ceux qu’il n’avait même pas vus, ceux qui travaillaient à l’installation de la globalisation capitaliste. Ceux-là avançaient masqués et préparaient méthodiquement le remplacement de tous les militants de la nouvelle gauche par leurs hommes de paille. En aidant à l’élimination des nouveaux mouvements critiques qui réagissaient au renforcement de l’impérialisme capitaliste, Vernant et ses « camarades« , en particulier maoïstes (!), ont été les bons petits soldats du système de pure prédation qui ravage toute la planète.


 

 

 

 

 

 

150 MACAQUES MASSACRÉS À LABENNE (LANDES) simplement parce qu’ils étaient porteurs d’un virus. Ils le sont presque toujours (porteurs sains) et le risque est infime.

Répondant à l’inculture de l’administration, la docilité des médias répercutant sans analyse la communication officielle montre à quel point la réification du vivant choque peu en France. Cela confirme une nouvelle fois l’arriération de ce pays en matière d’écologie et, plus généralement, d’intelligence sensible :
« Il est nécessaire, peut-être plus encore en France que dans tout autre pays, de repenser (et de re-théoriser) le problème de la nature, et de remettre en cause encore une fois l’opposition culture/nature. Une vision mécaniste de la nature et une subjectivité solipsiste aliénée par rapport à la Terre font partie du lourd tribut que fait payer le dualisme cartésien« 
John Clark

…et l’anthropocentrisme qui est encore comme incrusté chez beaucoup !

 

L’agence nationale de sécurité sanitaire qui a décidé du massacre a vraiment l’air d’être au top de… la culture anti-nature ! Le mépris pour la vie des autres est total. Avec sa diversité qui déborde des normes technocratiques, le vivant est l’ennemi à éradiquer. Ce fameux virus est commun chez ces macaques. Tous ceux qui travaillent avec eux le savent. Combien de contaminations depuis l’existence de cette « pinède des singes » ?

Behaviouralist Frans de Waal works with macaques, many of which are infected, at Emory University’s Yerkes National Primate Research Center in Atlanta, Georgia. He says he is « shocked that the deed has been done ». He believes that « the risk, if managed properly, is not great enough to justify euthanizing these beautiful and interesting animals ».

Frans de Waal avait travaillé au Centre de Primatologie de Strasbourg avec un autre groupe de macaques pendant plusieurs années, autre groupe qui a été récompensé de sa longue contribution à la recherche par une autre exécution collective en 2008 (ci-dessous).

Il serait intéressant que la fameuse agence nationale de sécurité applique la même méthode expéditive à tous les facteurs de vrais risques… par exemple aux auteurs des pollutions qui font des victimes – des morts et des handicapés – par centaines de milliers.

 

A Strasbourg, les singes quittent le centre d’études sans remerciements et les pieds devant (sept 2008)

Un groupe social d’une quinzaine de Macaques de Tonkéan vivait au Centre de Primatologie de l’université Louis Pasteur de Strasbourg depuis de longues années. Suite à la décision unilatérale du conseil scientifique, il vient d’être exterminé.

Originaires de l’Indonésie, et plus précisément de Sulawesi, les macaques de Tonkéan sont une espèce internationalement protégée. Ils sont connus et particulièrement étudiés pour leur culture de l’organisation démocratique et de la résolution des conflits, et ceux du centre de primatologie de Strasbourg avaient presque atteints à la célébrité grâce aux travaux qui leur étaient consacrés (a).

La raison invoquée : les chercheurs avaient découvert qu’ils étaient porteurs d’un virus d’herpès (B) et il fallait protéger le personnel. Misérable prétexte. Les macaques de Tonkéan sont majoritairement porteurs sains de ce virus, et nul ne songe à les tuer pour cela dans les parcs zoologiques. Il suffit de quelques précautions basiques pour se protéger de la contamination. D’ailleurs, on savait, dès leur arrivée dans les années 1980, que les macaques de l’université de Strasbourg étaient porteurs du virus.

En fait, il semble que ces singes aient été éliminés pour faire place à d’autres et à un programme de recherche en pharmacologie (très rentable). Pourquoi se fatiguer pour leur trouver un lieu d’accueil pour leur retraite quand on peut résoudre « le problème » sans rien dépenser ni même éprouver une émotion ? Donc, après avoir imposé d’interminables années de privation de liberté à ces travailleurs bénévoles, après qu’ils aient inspiré maintes études valorisantes pour les chercheurs et les étudiants, c’est une vulgaire question de gros sous qui aurait décidé de leur vie et de leur mort comme s’il s’était agi de vulgaires déchets. Vingt cinq années de proximité n’ont ouvert aucune brèche dans la muraille d’insensibilité (en l’occurrence, on ne pourrait pas dire inhumanité…) des décideurs. Aussi sympathiques que les autres, les hiérarchies scientifiques !

On voit là, au cœur de l’université française, une manifestation spectaculaire de la culture de la domination du vivant, la culture qui se réfère à Descartes le mécaniste tortionnaire, culture « anti-nature » comme elle se définit, cette culture du mépris qui préside à la destruction de la biosphère.

Si ces macaques de Tonkéan ont pu prouver aux chercheurs perspicaces qu’ils savaient vivre en société démocratique, les responsables de l’université de Strasbourg viennent, eux, de nous convaincre qu’ils sont incapables de constituer une société et de vivre en accord avec la biosphère.

Avec des « élites  » aussi sensibles et intelligentes, comment s’étonner que rien n’évolue et que l’on continue droit au récif ?

(a) L’observation de ce groupe a inspiré Frans de Waal et Bernard Thierry pour écrire « Les antécédents de la morale chez les singes » qui est paru dans « Les origines de l’humanité », tome II (chez Arthème Fayard).

Voir « Le singe, un animal moral« , un article qui figure sur le site

www.scienceshumaines.com

Au-delà du titre toujours chargé de conditionnements, le traitement du sujet marque un tournant dans la prise de conscience des qualités des autres êtres.

voir également, sur le site du Nouvel Obs, un article de Fabien Gruhier paru en mai 1995 : « Des casques bleus chez les primates. La grande leçon qui nous vient du singe »

Et la vidéo présentée par le site www.dailymotion.com/video

http://www.dailymotion.com/video/x6qvmv_macaques-euthanasie-enquete-sur-int_news

http://www.dailymotion.com/video/x6q7mr_14-primates-euthanasies-a-strasbour_news

Voilà, ce sont ces êtres très sympathiques qui viennent d’être éliminés.

http://www.cerimes.fr/le-catalogue/lunivers-social-des-macaques.html

 

 
 

 

 

 

 

 

 

avril 2017

globalisation du capitalisme : le saccage jusqu’au bout

Les peuples autochtones descendent dans la rue

« Des représentants des églises évangéliques se sont unis au lobby de l’agrobusiness pour tenter de détruire nos droits et en finir avec notre biodiversité pour pouvoir transformer le Brésil en grenier du monde. Ces cercueils représentent les Indiens de 305 ethnies qui sont morts ces dernières années, conséquences de ces influences politiques« , 

Marize de Oliveira, professeure d’histoire de la communauté Guarani.

De la nation autochtone, qui a été la première contactée par les colons européens, il ne reste plus que 50.000 individus répartis dans sept Etats du Brésil. D’autres communautés vivent au Paraguay, en Argentine et en Bolivie.

Le territoire des Guarani s’est réduit comme peau de chagrin, sous le coup de la colonisation d’abord, puis de la mondialisation. A vrai dire, arcs et flèches font partie du folklore depuis longtemps. Aujourd’hui, ils vivent bien loin de la forêt primaire, dans des zones souvent déboisées pour satisfaire l’appétit de l’agro-business. Selon Survival, le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, les Guarani sont regroupés dans de petites réserves surpeuplées. (…)

https://www.youtube.com/watch?v=QtF6R4BXj2U

 

Bien commun, l’assaut final

le film

Voilà plus de 70 ans que les prédateurs fourbissent des machines de guerre de plus en plus puissantes et perfides. Cette fois, ils sont très au point.

L’eau, la santé, les gènes humains et végétaux, les connaissances anciennes et nouvelles, plus rien aujourd’hui ne semble pouvoir échapper au destin de marchandise. Face à la voracité des marchand, qu’adviendra-t-il de la notion de bien commun qui est à la base de toute vie en société ? Le marché peut-il être le garant de bien commun ? Différentes histoires, tournées au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en France, au Brésil, en Inde, et racontées à la manière de la Genèse, témoignent des conséquences de la soumission du monde aux intérêts privés.

C’est pour dénoncer cela que les écologistes se sont partout levés dans les années soixante. C’est parce qu’ils le dénonçaient qu’ils ont été infiltrés et remplacés par des hommes de paille.

« (…) le système des brevets ne peut pas s’implanter dans une culture du bien commun (…) » dit l’une des intervenantes (sans doute Vandana Shiva). C’est exactement pour cela que la nouvelle gauche écologiste a été méthodiquement étouffée. Pour que la conscience et la culture du bien commun n’entravent pas la globalisation de la prédation et la marchandisation en marche.

 

 

 

Le néolibéralisme est un fascisme

Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.

Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. (…)

Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats (Belgique)

« Fascisme » est historiquement un peu lourd. Mais, en effet, le capitalisme néolibéral, vite devenu ultra et néo-con, est un TOTALITARISME. Il l’est par sa culture et ses objectifs qui, comme Manuella Cadelli et tant d’autres le soulignent, n’empruntent au libéralisme ancien que pour mieux en trahir l’esprit et le sens, et il l’est par les moyens utilisés pour l’imposer.

Les écologistes et quelques autres le soupçonnaient déjà dans les années soixante. La suite de l’histoire a achevé de les convaincre. L’étude des méthodes utilisées pour imposer l’ultra capitalisme en commençant par effacer systématiquement tous les lanceurs d’alerte, les résistants et les alternatifs le confirme amplement. Et nous ne cessons d’en apprendre davantage sur la perfidie des stratégies et la négation de toute démocratie.

Et puis, nous n’oublions pas l’Iran, le Congo, le Vietnam, la Papouasie Occidentale, l’Indonésie, le Chili, l’Argentine, Timor, etc. où le même système de prédation extrême s’est lâché. Et puis les peuples autochtones et leurs écosystèmes précieux passés à la moulinette de la loi mortifère du marché. Le broyage a été systématique pour écraser les résistances et extraire le maximum de profits, d’où la réalisation du pire cauchemar des écologistes d’hier : la disparition massive d’espèces et d’écosystèmes précieux pour la dynamique de la biosphère, et l’une des plus importantes extinctions biologique de l’histoire de la Terre – et la plus rapide.

En quelques mots, le complet renversement de sens représenté par l’ultra capitalisme et la globalisation de la prédation n’est évidemment pas une création démocratique. Hum, pas vraiment ! Ici même, cela a été imposé avec violence, mais une violence assourdie, indirecte, parfaitement perfide. La pire car la plus efficace et la plus destructrice.

La ruine de la paysannerie et des campagnes sous les planifications technocratiques hors-sol, les industries et les banques, la ruine des artisans et des commerçants sous les supermarchés, la déstructuration de la classe ouvrière par les externalisations et les délocalisations, la financiarisation partout, le démantèlement de tout ce qui faisait société et économie maîtrisée, etc., ont été programmées. Pour faire passer toutes ces condamnations au déracinement, au salariat, au chômage, à l’exclusion, au suicide, tout ce qui était « à gauche » a été soigneusement infiltré et coiffé, les acteurs non corruptibles poussés sur le côté et remplacés par des hommes de paille. C’est justement là que se sont distingués plusieurs des producteurs du candidat Macron à l’élection présidentielle 2017. Ainsi le super-prédateur Henry Hermand et l’ineffable Michel Rocard.

Dans les années soixante, après la gauche, est venu le tour de la nouvelle gauche (les mouvements nés dans les années 1960 qui dénonçaient l’intensification de l’exploitation et proposaient une autre civilisation). Contre les nouvelles résistances et les alternatives au capitalisme, des cris de guerre furent promptement lancés par les néo-cons (Norman Podhoretz, lui-même, dès 1967). Raymond Aron lui emboîta le pas en 1969 en invitant à vider la nouvelle gauche de ses forces vives pour n’en laisser que le réformisme récupérable : une coquille vide pour berner les distraits et les nouvelles générations. Et… là encore, nous avons vu à l’oeuvre les mêmes : encore Hermand, et puis Rocard et beaucoup d’autres qui se faisaient passer pour les héritiers de 68. Pour mieux tromper et installer la globalisation de la prédation, ils se disaient « deuxième gauche« . Les différents effondrements culturels, sociaux, écologiques, etc. leur doivent beaucoup. D’ailleurs, ceux-ci ne sont pas des sortes de dégâts collatéraux commis par inadvertance. Ils sont des étapes parfaitement planifiées de la déstructuration nécessaire à la systématisation de la prédation.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tiens ! Une mobilisation pour la liberté d’expression…
Présidentielle : 34 sociétés de journalistes dénoncent « l’entrave à la liberté » d’informer par le FN
Après une série de cas où des journalistes se sont vu interdire l’accès à des événements où se rendait la candidate du Front national à la présidentielle, Marine Le Pen, les sociétés de journalistes de plusieurs médias ont signé le texte suivant :
« A l’occasion de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, le Front national a décidé de choisir les médias qui sont autorisés à suivre Marine Le Pen. Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. Ainsi, après Mediapart et Quotidien (et avant lui Le Petit Journal), l’AFP, Radio France, RFI, France 24, Le Monde, Libération et Marianne, notamment ont été à un moment ou à un autre victimes de ces exclusives. Il ne s’agit donc en rien d’un recours à la pratique du “pool” de journalistes où les informations et images sont partagées.
Nous protestons de la manière la plus ferme qui soit contre cette entrave à la liberté de faire notre métier et de remplir notre devoir d’informer. (…)

Ah, c’est affreux ! Et Oh combien révélateur ! « Des journalistes se sont vus interdire l’accès à des événements où se rendait la candidate du Front national à la présidentielle ». « Entrave à la liberté » clament-ils tous en coeur. Quel scandale, en effet. Mais que diraient-ils d’une bonne, d’une vraie censure, de celles qui empêchent toute expression, qui condamne à l’impuissance et à subir sans pouvoir faire savoir ce que vous savez, sans pouvoir répondre au déluge de falsifications et de calomnies déversé dans les media, qui fait de l’acteur un spectateur éternellement refoulé, qui capte et détourne les jeunes esprits vers les vessies flatulentes du capitalisme ? Hum ?

D’autant que cela a été réalisé ici. Oui ici, dans « le pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression ». Tous les lanceurs d’alerte y ont eu droit, amplifiant les crises sanitaires et les drames écologiques, multipliant les victimes. Tous les gueux dépenaillés brandissant leur fourches contre le château l’ont connu. Surtout la nouvelle gauche écologiste qui s’était dressée contre la globalisation capitaliste avant même d’avoir confirmation de son existence. Presque 60 ans de censure et de falsifications !

J’ai rencontré, pour la première fois, cette censure en… 1972. Pour empêcher une campagne contre les emballages jetables – ceux qui, aujourd’hui, forment des « continents » dans les océans.

Connaissez-vous la meilleure ? Des journalistes y ont participé. Peut-être pas ceux qui dénoncent aujourd’hui (je n’ai pas vérifié). Mais ils ont été nombreux, très nombreux. Et depuis ? Cela n’a pas cessé. La nouvelle gauche écologiste, ses alertes et ses propositions alternatives au capitalisme ont été exécutées de cette façon. La dénonciation du système de l’amiante et la défense de ses victimes aussi. Et la dénonciation des insecticides, etc. Même la prévention de la légionellose !

C’est ce travail de sape – toujours en oeuvre – qui, à force d’éliminer toutes les alertes et les alternatives, a produit la décomposition du système lui-même.

A la lumière de cette histoire, il est presque drôle d’entendre les auteurs du sabotage culturel et social depuis si longtemps en appeler, aujourd’hui, à la mobilisation pour… sauver la démocratie. Il fallait y penser hier, « camarades » !

 
l’un des dessins qui devaient illustrer la campagne contre les emballages jetables censurée par… des journalistes qui prétendaient nous soutenir

45 ans plus tard

 

 

 

 

 

 

 

Quand les coulisses d’Emmanuel Macron nous rappellent de bien mauvais souvenirs
Macron est une créature de Michel Rocard et Henry Hermand. Entre autres.
 
Henry Hermand, l’homme qui veut faire de Macron un président

Il a côtoyé Pierre Mendès France et soutenu Michel Rocard pendant des décennies. Il se tient désormais à la disposition d’Emmanuel Macron. Evoquer le ministre de l’Economie suscite immanquablement un éclair de malice dans les yeux bleus d’Henry Hermand. Immédiatement suivi d’un pincement de lèvres chez cet homme de quatre-vingt-onze ans : « Ne me faites pas trop parler de lui. « La dernière fois qu’il l’a fait, à l’automne, dans « Le Monde », il a dévoilé le projet de constitution imminente d’une association de soutien avec appel de personnalités et site Internet. L’idée : créer un mouvement d’opinion et mettre le ministre de trente-huit ans sur orbite pour « la présidentielle »… de 2017 ! (…)

Henry Hermand fait partie des nombreux parrains du ministre de l’Economie – il y a aussi Jacques Attali, Alain Minc, Jean-Pierre Jouyet… Mais lui (Henry Hermand) est crédité d’une double originalité au sein de ce club sélect : il fut sans doute le premier et il était, jusqu’à présent, le plus discret. Emmanuel Macron n’a pas vingt-cinq ans lorsqu’ils font connaissance en 2002 lors d’un déjeuner donné par le préfet de l’Oise : l’énarque est en stage à la préfecture, et Henry Hermand, natif du département, y a créé la plus grande zone commerciale de Picardie à Saint-Maximin. (…)

https://www.lesechos.fr/17/01/2016/lesechos.fr/021626180217_henry-hermand–l-homme-qui-veut-faire-de-macron-un-president.htm#TGqlml7I55OVpziE.01

L’un des protecteurs-producteurs d’E. Macron*, Henry Hermand a été l’un des principaux promoteurs de cette « grande distribution » qui a ruiné la plupart des artisans et des commerçants, désertifié les villages et les rues commerçantes des villes, fait perdre quantité d’emplois et de savoir-faire, de produits diversifiés et de qualité aussi, fait gonfler le chômage et les banlieues, etc. Comme les autres opérations d’exclusion des « petits », cette financiarisation du commerce a été l’un des programmes de la globalisation capitaliste pour déstructurer l’économie familiale, les petites entreprises et, plus largement, casser les dernières capacités d’autonomie économique. C’est le pendant exact de la ruine de la paysannerie qui était organisée parallèlement pour faire place à l’industrialisation/financiarisation des campagnes.

* Comme Michel Rocard qui, lui aussi, avait été un poussin de Henri Hermand. C’est le même élevage industriel.

La ruine de la paysannerie et des campagnes et l’opération de substitution d’une « grande distribution » lourdement financiarisée au commerce intégré aux sociétés ont été lancées par les commissions de planification de la déstructuration économique de la République gaullienne commençante : Plan de stabilisation Pinay-Rueff, Comité d’experts Rueff-Armand pour la suppression des obstacles à l’expansion économique, septembre/décembre 1958, et la suite *. Une planification générale de la spoliation de la majeure partie de la population pour réaliser une concentration capitaliste maximale.

* ancêtres de la récente « Commission pour la libération de la croissance« , dite « Commission Attali » (2008), à laquelle a participé E. Macron.

En matière de commerce, la déstructuration a été fortement stimulée par la circulaire gouvernementale Fontanet de 1960. Le Nouvel Observateur et Le Monde, médias de la gauche en conversion capitaliste (la « troisième voie » de Mendès France, Rocard, Delors…), ont pris le relais pour casser les petits commerçants et artisans et encenser le commerce financiarisé. C’est alors que Michel Bosquet (futur André Gorz, le prétendu « philosophe de l’écologie » !) a mené campagne pour exiger l’application de la circulaire Fontanet et obtenir la suppression des derniers garde-fous qui protégeaient encore les producteurs et les petits commerçants *. Etc.

* « (…) A la maison, les parents et lui discutaient beaucoup de l’émergence du PSU, des thèses de Serge Mallet ou de Michel Rocard, et des implications de l’évolution du capitalisme industriel vers une consommation de masse« , témoignage de Michel-Edouard Leclerc.

Là ne s’arrêtent pas les méfaits commis par ces gens. Soutenus, et probablement dirigés, par de puissants réseaux, tels ceux de Denis de Rougemont (1), les capitalistes des supermarchés ont pénétré et généreusement arrosé une gauche rapidement dévitalisée et ses médias, tels Le Monde et Le Nouvel Observateur – ceux qui leur ont renvoyé l’ascenseur dès le milieu des années soixante en favorisant leur expression médiatique et en faisant campagne pour la dérégulation maximale du commerce (2).

Aujourd’hui, on observe que Le Monde et le Nouvel Observateur sont restés parfaitement fidèles à la même ligne en menant campagne pour la candidature Macron (en 2 ans, une dizaine de couvertures du Nouvel Observateur consacrées au nouveau poussin !).

Après la gauche, ce fut le tour de la nouvelle gauche… Tous les courants critiques et alternatifs des années 1960 qui faisaient cauchemarder néo-capitalistes et néo-cons, surtout à partir de mai 68, devinrent des objectifs pour les réseaux de la guerre froide. Ainsi, le mouvement écologiste fut promptement infiltré, coiffé, vidé de ses acteurs remplacés par des faux-semblants, abusé et détourné, sa culture critique étouffée. Exactement comme cela avait été fait, quelques années auparavant, avec toutes les formations, associations, revues, de la gauche héritière de 36, de la Résistance, des luttes d’après-guerre. Les leurres qui remplacèrent la nouvelle gauche écologiste servirent à récupérer la révolte des nouvelles générations pour la canaliser et l’étouffer à son tour. C’est grâce à cette opération d’escamotage-substitution et de détournement que, sur les décombres des résistances et des alternatives au capitalisme, le capitalisme ultra a pu être imposé sans coup férir dans les années 1980… par « la gauche » dévitalisée, précisément « la deuxième gauche » de Rocard et Delors (et Mitterrand). Le programme de sabotage culturel et social avait parfaitement fonctionné.
 
La décomposition qui, depuis, n’a cessé de croître en est le résultat. Elle a été voulue pour piéger tous ceux qui n’ont pas eu la force de réagir quand il était temps, c’est à dire la plupart.
 
S’il en était besoin, le vote unanime des spéculateurs boursiers, dès lundi 24 avril, confirme que « en marche » s’inscrit toujours dans le même projet.

 

(1) Denis de Rougemont qui, une génération auparavant, avait été formé par les frères Dulles, célèbres duettistes de la guerre froide :

John Foster-Dulles, secrétaire d’Etat du président Eisenhower 1953 – 1959

Allen Dulles, était à la tête de la mission de l’OSS (Office of Strategic Services, les services secrets étasuniens d’avant la CIA) en Suisse. C’est là qu’il a recruté Rougemont. Il a été le premier directeur civil (26.02.1953, 29.11.1961) de la Central Intelligence Agency créée en 1947 pour servir l’expansion mondiale du capitalisme – la globalisation.

(2) « Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer » Edouard Leclerc, Nouvel Observateur 1966.

 

 

 

 

 

Un nouveau rideau de fumée

Capté dans un billet publié par le quotidien Libération du 12 avril 17 :
« Ancien militant associatif, j’ai bien connu le discours catastrophiste de certains écologistes convaincus qu’il faut faire peur pour que l’opinion publique tienne enfin compte du changement climatique ou de l’effondrement de la biodiversité. »

Revoilà le « catastrophisme » brandit pour décrédibiliser les lanceurs d’alerte et gommer leurs propositions. Pourquoi cette caricature empruntée aux ennemis déclarés du vivant ? Nous n’avons pas encore tout oublié ! D’habitude, depuis une petite quarantaine d’années, les propagateurs du dénigrement sont des lobbyistes de telle ou telle branche du capitalisme qui s’attaquent aux alternatifs en proportion de ce que leurs commanditaires ont à cacher (a). Suivant la technique du contre-feu, les pires faiseurs de catastrophes ont entonné cette ritournelle pour mieux étouffer le mouvement social (la nouvelle gauche écologiste) qui s’opposait à leurs entreprises mortifères. La réussite de cette propagande et des manoeuvres qui l’accompagnaient a grandement facilité l’installation de la globalisation capitaliste et le développement des destructions de tous ordres.

Cette fois, c’est différent et, d’une certaine manière, plus inquiétant. Bien qu’il se voit comme un « ancien« , l’auteur est nettement plus jeune que ses prédécesseurs. Plus original encore, c’est après avoir fait « une thèse sur le principe de précaution » qu’il s’attaque aux lanceurs d’alerte en les accusant de tenir « le discours du déclin« . Au-delà du paradoxe, il semble surtout ne pas avoir une grande connaissance de l’histoire et de la culture de l’écologisme. En effet, en plus de donner l’alerte, ce mouvement a fait maintes propositions philosophiques, démocratiques et techniques, ouvrant la voie à un changement de civilisation (b). Et c’est justement pour polluer ces perspectives constructives qui soulevaient l’enthousiasme de beaucoup que les propagandistes du capitalisme ont retourné ce « catastrophisme » qui leur allait si bien.

Pourquoi Libération* publie-t-il ce genre de désinformation ?
* qui ne manque pas de mouliner sur les fausses informations !  

Le billet est signé Arnaud Gossement. Il est intitulé « En Marche ou en courant ?« . Tiens tiens… Si cet « en courant » correspondait à cet « en marche« , il se confirmerait que l’auteur n’a aucune relation positive avec l’écologisme. Par ses parrains, « en marche » est directement connecté aux personnes et aux forces qui ont étouffé toute la nouvelle gauche pour faire place à la globalisation de la prédation. L’effondrement de la culture du bien commun, la confusion et les destructions sans nombre sont leur production.  

Après le 1er tour de cette élection catastrophe :

Le vote unanime des spéculateurs boursiers, dès lundi 24 avril, a pleinement confirmé ce que montrait l’histoire.

 

(a) biodiversité, climat, peuples autochtones et diversité culturelle, démocratie, justice, pesticides, amiante et tous autres polluants, etc., nous en avons vu de toutes les couleurs et de toutes les lâchetés (comme ci-dessous).

(b) Heureusement qu’il y a eu les « catastrophistes » Pierre Kropotkine, Alfred North Whitehead, William Morton Wheeler, Max Horkheimer et Theodor Adorno, Aldo Leopold, Rachel Carson, Claude Lévi Strauss, Jean Dorst, Murray Bookchin, Paul-Emile Victor, Henri laborit, Henri Pézerat… !

 
une affiche des « catastrophistes » de la nouvelle gauche écologiste en 1971


 

 

mars 2017

 

Let’s Pollute nous rajeunit

Ce court métrage saisissant expose toute l’hypocrisie de la société de consommation

C’est étonnant que nous en soyons toujours là ! L’esprit de ce court-métrage est celui d’un tract de la SEMAINE DE LA TERRE du printemps 1971 (on se demande bien pourquoi…) :

C’EST BIEN,
C’EST TRES BIEN…
VOUS ETES DANS LA BONNE VOIE !
IL FAUT PERSEVERER
Continuez à couvrir la Terre de votre progéniture, il y a encore de la place et quand, demain, il n’y en aura plus, on en fera…

Continuez à multiplier les tas d’ordures, êtes-vous sûr d’avoir tout souillé ?

Continuez à détruire, il reste des animaux libres, des plantes non piétinées, des hommes « primitifs », des paysages intacts…

Continuez à polluer, peut-être y a-t-il encore des ruisseaux, de lopins de terre, des aliments non corrompus…

Continuez à vous abrutir dans les mille joies de la « vie moderne »

ENCORE UN PETIT EFFORT

Consommez le plus possible
Encouragez le gaspillage des ressources naturelles
Construisez, construisez n’importe quoi : des clapiers à citadins, des résidences secondaires, des autoroutes, par exemple
Arrachez la végétation, détruisez les tourbières, recouvrez la mer de pétrole, il y a trop d’oxygène
Déboisez, comblez les marécages, stabilisez les berges des rivières, il n’y a pas assez d’inondations
etc.

 

 

 

 

 

 

AFRIQUE : à l’origine de la ruine, sociale, économique, écologique… les armées nationales et la lutte pour le pouvoir

Autour du LAC TCHAD, LES POPULATIONS PLUS ENCORE VICTIMES DE LA COALITION ANTITERRORISTE QUE DE BOKO HARAM !

(…) Les troupes engagées sur le terrain font pourtant plus qu’entretenir la crise humanitaire en entravant la résilience des populations. Les opérations militaires, pour commencer, ont provoqué d’énormes dégâts parmi les civils. La région la plus touchée à cet égard est le nord-est du Nigeria, où l’insurrection de Boko Haram a démarré suite à des bavures policières en juin 2009. Sur les 33 000 morts comptabilisés en dix ans de conflit par la base de données NigeriaWatch à l’université d’Ibadan, la moitié a été tuée par les jihadistes, l’autre par les forces de sécurité et les milices paragouvernementales, entre autres du fait de mauvais traitements en prison (1). D’après des fonctionnaires du Borno qui souhaitent évidemment rester anonymes, il est même possible que l’armée ait tué les deux tiers des victimes, dont le nombre est sous-estimé au vu des difficultés à savoir ce qui se passe réellement dans les zones rurales.

(…) Autre procédé qui entretient la crise humanitaire, les autorités militaires ont mis en place des sanctions économiques afin de tarir les sources de financement des combattants de Boko Haram, qui vivent du pillage et de la prédation à défaut d’être subventionnés par Daech ou Al-Qaeda. Résultat, les paysans n’ont plus le droit de cultiver leurs terres dans la région de Diffa au Niger, les pêcheurs sont interdits sur le lac Tchad, les éleveurs ne peuvent plus vendre leur bétail sur les marchés qui ont été fermés au Nigeria et les commerçants ne sont plus autorisés à traverser des frontières qui ont été transformées en zones tampons et évacuées de leurs habitants. Conjuguées aux restrictions de transports et d’acheminement de l’aide, les conditions sont réunies pour empêcher la population de subvenir à ses besoins. (…)

Marc-Antoine Pérouse de Montclos

Une vision tronquée de la crise humanitaire autour du lac Tchad

http://www.liberation.fr/debats/2017/03/09/une-vision-tronquee-de-la-crise-humanitaire-autour-du-lac-tchad_1554562


 

 

 

 

 

 

L’Empereur

film de Luc Jacquet

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=247548.html

Superbe aperçu de l’intelligence de la vie et de ses capacités d’adaptation. Il est très émouvant – et c’est captivant – de se retrouver dans l’intimité de ces êtres extraordinaires. Une belle leçon d’écologie.


 

 

 

 

 

 

 

1971 – 2017, de pire en pire
Nominé aux Oscars du court-métrage d’animation 2011, Let’s Pollute nous plonge dans l’incohérence qu’est notre réalité moderne avec un second degré critique effrayant. « Pourquoi se voiler la face ? Nos actes détruisent la planète, alors encourageons les ! »
 
Traiter l’écologie avec ironie, quoi de plus efficace ? Ce petit film d’animation indépendant, nominé aux Oscars, propose une critique moderne acerbe du consumérisme et de la pollution qui en découle. Quelles sont nos valeurs aujourd’hui ? Pourquoi consommons-nous sans vraiment nous soucier (ou rarement) de l’impact de nos choix ? Qu’est-ce qui justifie une telle hypocrisie généralisée ? Notre confort perpétuel en vaut-il le prix ? Animé tel un film des années 50’s, Let’s Pollute risque de vous convaincre qu’il est temps d’adopter un nouveau mode de vie avant qu’il ne soit trop tard…
N’est-il pas étonnant que nous en soyons toujours là ?
 
L’esprit de ce court-métrage est celui d’un tract de La SEMAINE DE LA TERRE du printemps 1971 (on se demande bien pourquoi…) :
C’EST BIEN,
C’EST TRES BIEN…
VOUS ETES DANS LA BONNE VOIE !
IL FAUT PERSEVERER

Continuez à couvrir la Terre de votre progéniture, il y a encore de la place et quand, demain, il n’y en aura plus, on en fera…

Continuez à multiplier les tas d’ordures, êtes-vous sûr d’avoir tout souillé ?

Continuez à détruire, il reste des animaux libres, des plantes non piétinées, des hommes « primitifs », des paysages intacts…

Continuez à polluer, peut-être y a-t-il encore des ruisseaux, des lopins de terre, des aliments non corrompus…

Continuez à vous abrutir dans les mille joies de la « vie moderne »

 

ENCORE UN PETIT EFFORT

Consommez le plus possible
Encouragez le gaspillage des ressources naturelles
Construisez, construisez n’importe quoi : des clapiers à citadins, des résidences secondaires, des autoroutes, par exemple
Arrachez la végétation, détruisez les tourbières, recouvrez la mer de pétrole, il y a trop d’oxygène
Déboisez, comblez les marécages, stabilisez les berges des rivières, il n’y a pas assez d’inondations

etc.
sur ce site :
HISTOIRE contemporaine – Une mémoire du mouvement écologiste 1


 

 

 

le sujet ci-dessous est étroitement relié au sujet ci-dessus


 

 

 

La suite logique de ce qui a précédé

« POURQUOI NOUS CHOISISSONS MACRON »

Les « écologistes » Daniel Cohn-Bendit, Jean-Paul Besset et Matthieu Orphelin expliquent dans une tribune les raisons pour lesquelles ils appellent à voter en faveur du candidat d’En Marche !

Beaucoup peuvent être surpris. C’est qu’ils ne savent pas ce qui a précédé; car l’histoire du mouvement social, en particulier celle du mouvement écologiste, éclaire le présent. Cela peut sembler banal de le dire, mais en ces temps de falsification cultivée, il faut rappeler et rappeler encore que les impostures n’ont pas levé toutes seules. Ce qui s’est passé entre les années soixante et les années soixante-dix explique beaucoup du triste spectacle qui nous est offert.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/…/ecologistes-nous-choisissons-emmanu…

et, même, de ce qui précède (ci-dessous)

 

 

 

 

 

Couche après couche, la falsification de l’histoire sociale efface l’histoire de l’alternative à la globalisation capitaliste et conforte le pire système de prédation de tous les temps
« (…)
en matière intellectuelle, leur tour de passe-passe préféré consiste à gommer l’histoire. Le refus de l’histoire ou sa distorsion participent au processus désocialisant indispensable pour générer une lecture hégémonique des événements et de leurs causes. Le révisionnisme rudimentaire, qui consiste à nier purement et simplement l’existence d’un événement, reste possible mais n’est ni très persuasif ni très efficace dans les allées du pouvoir. Gommer l’histoire est une opération subtile qui avance à petits pas : il s’agit d’effacer des liens de cause à effet à travers l’espace et le temps. Elle a dans son camp l’oubli, processus naturel, biologique (…)« .
Paul Farmer, La violence structurelle
 
Seulement ces derniers jours :
L’écologie est devenu un débris flottant dans la décomposition générale
« Ce devait être le mouvement politique de demain. Il a fini dévoré par le Parti socialiste.« 
« Le socialisme, à l’épuisement, a enfin accompli son programme: il a dominé et conquis ce rival, l’écologie politique, qui prétendait le remplacer.« 
« Il s’agit (…) d’une espèce éphémère qui atteint son terme quand elle aurait du être le chaînon suivant de l’évolution.« 
« Dans un monde dévolu à la croissance, horizon radieux de la répartition des biens, quelques prophètes démentent le paradigme. Qui les entend?« 
http://www.slate.fr/story/138680/ecologie-decomposition-generale

Le titre et quelques phrases sont prometteuses. Hélas… même en voulant dénoncer, Claude Askolovitch semble avoir été abusé sur l’histoire de l’écologisme. Certes, le PS a activement contribué à l’étouffement de l’écologisme (1), mais cela a commencé bien avant la mésaventure avec René Dumont, quand Pierre Fournier était des nôtres. A l’époque, en France comme partout ailleurs, l’écologisme était « la nouvelle gauche écologiste », une composante du mouvement d’émancipation des années 60/70 (new left). Alors, l’objectif n’était pas la conquête d’un pouvoir capitalisé sur la dépossession et la démobilisation de la plupart. Au contraire d’espérer se couler dans le moule, les écologistes voulaient restaurer la culture du bien commun et la démocratie (sans l’électoralisme, cela s’entend) par la libre circulation de l’information, la prise de conscience et la remobilisation de tous, pour produire l’évolution nécessaire à tous les niveaux. Cela a fortement déplu aux promoteurs de la mondialisation du capitalisme ultra qui ont fait coiffer le mouvement par leurs disciples et beaucoup d’autres qui ne devaient pas y comprendre grand-chose. A peu près tous les personnages convoqués par
Claude Askolovitch ont participé activement à ce naufrage. Quelques-uns en étaient à l’origine.

Et encore… Jeudi 2 mars 17 sur ARTE, un petit film de Jacques Malaterre et Jean-Yves le Naour, deux auteurs à l’évidence abusés qui nous ont habitués à beaucoup mieux. Des images d’archives soigneusement sélectionnées et des intervenants qui chantent le même storytelling (2)

Les oubliés de l’histoire
René Dumont, l’homme qui voulait nourrir le monde

« René Dumont, l’un des fondateurs de l’écologie politique en France, se présente en 1974 à l’élection présidentielle, quand la décroissance n’est pas encore à l’honneur. »
http://www.arte.tv/guide/fr/054775-002-A/les-oublies-de-l-histoire

Tant d’erreurs en si peu de mots ! Rien que cette petite phrase révèle le degré de falsification. René Dumont avait été un promoteur zélé de « la révolution verte« , belle expression qui maquillait l’industrialisation à outrance de l’agriculture (3), avec bombardements chimiques et engins lourds issus des industries recyclées de la Seconde Guerre Mondiale. C’est à cette « révolution » que nous devons l’expropriation de la plupart des paysans, la désertification des campagnes et l’explosion des banlieues, des destructions innombrables et l’effondrement de la biodiversité. Initiateur de cette malheureuse action, j’ai compris beaucoup trop tard que la conversion soudaine de Dumont à l’écologisme avait été pensée pour séduire un mouvement encore très inexpérimenté. « L’écologie politique » n’a été lancée que pour effacer la philosophie politique de la nouvelle gauche écologiste qui proposait déjà « la décroissance » et un changement de culture et de structures – en particulier politiques. Dumont a justement servi à étouffer cette alternative politique sous une couche d’impostures électoralistes reproductrices de la capitalisation des pouvoirs.

 

(1) Le PS n’était pas le seul, d’ailleurs. Il y avait foule pour empêcher l’éclosion de la nouvelle conscience

 

(2) Storytelling
La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits

Christian Salmon, La Découverte

Depuis qu’elle existe, l’humanité a su cultiver l’art de raconter des histoires, un art partout au cœur du lien social. Mais depuis les années 1990, aux États-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l’appellation anodine de « storytelling ». Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi dans l’ombre des campagnes électorales victorieuses, de Bush à Sarkozy, se cachent les techniciens sophistiqués du storytelling management ou du digital storytelling, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens.
C’est cet incroyable hold-up sur l’imagination des humains que révèle Christian Salmon dans ce livre, au terme d’une longue enquête consacrée aux applications toujours plus nombreuses du storytelling : le marketing s’appuie plus sur l’histoire des marques que sur leur image, les managers doivent raconter des histoires pour motiver les salariés, les militaires en Irak s’entraînent sur des jeux vidéos conçus à Hollywood et les spins doctor construisent la vie politique comme un récit… Christian Salmon dévoile ici les rouages d’une « machine à raconter » qui remplace le raisonnement rationnel, bien plus efficace que toutes les imageries orwelliennes de la société totalitaire.

 

extrait de Critiques Libres :

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/29267

L’existence entière est en passe de subir sa mise en forme sous l’aspect d’un conte, dont il apparaît au fil des analyses de C. Salmon, que sa structure obéit à des canons assez ordinaires, pour ne pas dire infantiles, tout à fait adaptés à l’espèce de réceptivité ahurie que cultivent la radio, la presse, la télévision, la « musique », la « culture » en général, et la « culture powerpoint » en particulier.

Chacun se voit traité comme le bambin qui se pelotonne contre ses parents, avant d’aller se coucher, et auquel ceux-ci racontent une belle histoire à dormir debout, afin justement de l’endormir une fois rassuré sur le fait que tout va bien et qu’il vit dans le meilleur des mondes possibles.

Bien sûr l’évidence, la légitimité hors de tout soupçon, que tous ces récits semblent véhiculer reposent sur des simplifications, des omissions, des sophismes, des déformations, habilement disposés dans le corps de l’histoire, comme un faux-nez malencontreusement oublié sur le masque de l’acteur peut passer pour un artifice anodin négligeable quant au signifié qu’il véhicule.

Qui plus est, la Loi (le conte) tombe d’en-haut, des Maîtres, de « ceux-qui-savent », avec l’autorité prêtée aux choses sacrées ou vis à vis desquelles la pensée critique est affaiblie ; en outre le processus narcissique allié au désir de protection et d’intégration à l’affût en chacun de nous, portent le sujet à s’identifier facilement à tel ou tel protagoniste, dans les schémas imaginaires que des rapports sociaux schématisés à l’extrême lui proposent, surtout si ces derniers déroulent leur trame avec la fluidité des situations où nul effort d’analyse ou de négation ne s’impose en apparence. La réduction des conflits ou des antagonismes essentiels, loin de se développer librement, est recouverte et dissimulée par le masque d’évidences cousues de câbles blancs, chez lesquelles règnent le lieu commun, le ragot de café du commerce, la bonne grosse logique de trottoir, en somme le logos de la commère et de la concierge.
Plus c’est gros, mieux ça passe, plus le propos se rapproche du caniveau, mieux il se fond dans le brouillard des ignorances ordinaires, des candeurs calculées, des roublardises du stéréotype.

On peut TOUT faire avaler à quiconque, à condition de donner aux instructions, injonctions, directives, des plus arbitraires aux plus monstrueuses ou aux plus stupides, la forme d’un récit plus ou moins habilement troussé, où les protagonistes seront choisis non pas en fonction d’une cohérence liée à la légitimité dialectiquement définie d’une fin et des moyens pour l’obtenir, mais en établissant un réseau de signes susceptibles de marquer la sensibilité, de convoquer (d’embrigader peut-on dire) les affects de l’auditeur, de la « cible », afin d’obtenir de la part de cette dernière et le consentement et les comportements utiles et profitables aux organisateurs du discours.

Vendre un produit, légitimer l’action des dirigeants d’une entreprise (séduire l’actionnaire, l’investisseur, licencier, faire avaler au personnel n’importe quelle mesure injustifiée ou scandaleuse, déposer un bilan, etc.), faire passer pour une évidence politique l’arbitraire d’une mesure économique provoquée par l’erreur ou la malhonnêteté, entraîner des soldats à aborder des situations de stress, de danger, de guerre, à abattre sans état d’âme le « méchant » de la fable, ou encore permettre à un parasite de la classe politique de convaincre, d’embobiner son auditoire par une belle histoire personnelle (totalement insignifiante au besoin) où il apparaîtra avec l’évidence magique du conte comme porteur d’une communauté de sentiments et de destins avec son public : les possibilités sont infinies des manipulations que permet cette technique tout particulièrement utilisée depuis une vingtaine d’années. Qu’on songe aux campagnes électorales, tant en France que chez les Etatsuniens, ces derniers temps.

N’importe quel aspect de la réalité peut se trouver parasité de cette manière, le zèle des cuistres de la communication n’ayant pas de limite. Même les sciences sont progressivement polluées par l’intrusion d’historiettes destinées à séduire bien plus qu’à expliquer : comme la stupidité définitivement installée des documentaires animaliers, où le lion, la marmotte ou le raton laveur sont affublés de noms, enrôlés dans des scénarios abracadabrants, invités à l’élaboration d’un dessein, sinon d’un destin…

La raison n’est plus convoquée (si tant est qu’elle le fut jamais) dans le discours (éducatif, économique, politique, militaire…), la thèse qu’affronte l’antithèse, vieilles lunes que cela ! L’interpellation sur l’Agora, la prise à témoin de l’orateur, la faculté de conspuer le menteur ou le démagogue, c’est fini !

Je me rappelle la réflexion d’un officier républicain pendant la guerre civile d’Espagne, rapportée par André Malraux dans « l’Espoir » : « …un chef ne doit pas séduire… » .
Pour une raison bien simple (c’est moi qui souligne) : par respect pour celui à qui il va ordonner d’aller se battre, par respect pour la cause qu’il défend, par respect pour la personne humaine qui ne saurait viser par l’artifice la sujétion d’une autre personne humaine.

Celui qui vous embobine ne fait pas que vous abuser : il vous méprise !

Radetsky

 

(3) l’une des machines de guerre de la globalisation capitaliste qui, justement, s’est avancée camouflée sous le prétexte de « nourrir l’humanité« .

 

 

 

 

 

janvier 2017

 

Edgar Morin révisionniste ? Ou victime de celui-ci ?

Vendredi 27 janvier 2017, Edgar Morin est invité de Une semaine en France, France Inter (18H10 – 20H). Et voilà que la journaliste (Claire Servajean généralement mieux inspirée) l’engage à parler d’écologisme :

« (…) Vous, ça fait un p’tit moment que vous vous préoccupez de l’environnement, depuis le début des années 70. Vous n’étiez pas très nombreux à l’époque ?« 
 
« Non, on était 2 ou 3. Mais il faut dire qu’on était alertés par ce fameux rapport Meadows qui était le premier rapport qui disait que c’était l’ensemble de la planète qui était menacé de dégradation, et il a fallu des catastrophes pour secouer un peu l’opinion, pour créer un début de conscience écologique (sic), mais c’était très faible. Il y a eu Tchernobyl, il y a eu plein d’exemples…« 

(à partir de la 16ème minute)

 
« 2 ou 3« … On aurait aimé entendre le nom (les noms) de l’autre (des autres) militant(s) de ce grand mouvement. C’est proprement stupéfiant ! Même qui connaît mal l’histoire contemporaine ne peut ignorer que dès les années soixante un mouvement protestataire et alternatif largement inspiré par la prise de conscience écologiste a soufflé sur presque toute la planète.
 
Le rapport Meadows ! Cette seule référence décrédibilise tout le propos, car beaucoup d’autres études avaient précédé et les écologistes n’avaient pas attendu ce curieux document pour lancer l’alerte. Le rapport Meadows a été publié en 1972. Edgar Morin était donc déjà en retard et bien distrait pour ne pas savoir qu’il existait un mouvement écologiste (d’ailleurs, nous ne l’avons jamais vu à nos côtés) ! Car il y avait un bon bout de temps que les écologistes s’agitaient dans le monde entier pour prévenir les « catastrophes » qui n’ont pas éveillé la conscience, mais confirmé les avertissements. Sans même parler des précurseurs, l’écologisme était devenu un mouvement, depuis une bonne dizaine d’années. Edgar Morin vivait-il sur un petit nuage, sans voir la société s’agiter – « en bas » ?
 
En outre, dire que le Rapport Meadows a amorcé le début de la conscience écologiste, c’est révéler que l’on est tombé dans le piège dévoilé par Bernard Charbonneau en juillet 1974 :
« Tout intellectuel ou militant français engagé dans cette lutte (l’opposition à la société industrielle) ne devrait jamais oublier à quel point l’éveil de l’opinion a été une entreprise préfabriquée.
C’est en 1970, année de la protection de la nature que tout a été brusquement mis en train par la caste dirigeante. (…)« ,
« Le « mouvement écologiste« , mise en question ou raison sociale » (La Gueule Ouverte n° 21).
 
En effet. Le Rapport Meadows était produit par le Club de Rome, lequel rassemblait la crème du capitalisme mondial délicatement saupoudrée de quelques scientifiques richement dotés. Au contraire d’une stimulation de l’éveil écologiste, il s’agissait d’une opération internationale, style guerre froide culturelle, destinée à étouffer l’alerte entretenue partout et depuis des années par la nouvelle gauche écologiste (new left), en la récupérant pour mieux lui substituer un discours trompeur et des représentations abâtardies.
 

C’est affligeant qu’un Edgar Morin tienne de tels propos, et sur un grand media ! Affligeant et suspect puisque cela conforte l’effacement de la nouvelle gauche écologiste, une censure toujours conduite par ceux qui l’ont étouffée.

Plus pervers encore, en effaçant de l’histoire le mouvement social pour le remplacer par le faux-semblant créé par l’élite du capitalisme afin, justement, de tuer le mouvement social et sa culture, Edgar Morin accrédite une rumeur grandissante : « l’écologie est une préoccupation de nantis« , « c’est l’affaire des bobos« , etc. Surtout avec l’audience dont il bénéficie, on ne saurait mieux contribuer à la falsification de l’histoire sociale.
 
Tout aussi surprenant, Edgar Morin a annoncé la récente publication d’un « Ecologiser l’Homme » (encore « l’Homme« , au singulier, de l’anthropocentrisme !). Ecologiser est une expression que j’avais créée au début de l’année 1974 : « Ecologiser la politique ? » (Le Courrier de la Baleine n°6, Amis de la Terre mars 74) ; un article qui avait rencontré un certain succès. Curieusement, sitôt après était apparue l’expression « écologie politique » pour mieux gommer la dénonciation écologiste de toute capitalisation, donc le refus de la conquête d’un pouvoir dominant et de l’électoralisme.
 

Rocard, un ennemi historique de la nouvelle gauche écologiste, avait lui aussi réemployé « écologiser« . Le mot n’a pas été déposé et chacun peut le recréer en croyant l’inventer. Mais, vu le contexte, tout cela est bien curieux.

Alors, Edgar Morin est-il volontairement au service de l’imposture, ou a-t-il toujours été abusé par l’entreprise d’effacement de la culture du vivant et du bien commun par les dominants ? Il est possible que, comme tant d’autres piégés par des réseaux de fausse connivence, immergés dans des bulles de désinformation, il ne sache vraiment rien de ce qui s’est tramé.

ACG

 

 

 

 

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