Une des grandes qualités du mouvement des Gilets Jaunes est la dénonciation du mépris affiché par les « élites » sorties des différentes sélections, même dans « l’associatif » (1). Mais comment a été opérée la sélection et pour quoi ?

 

Le mouvement des Gilets Jaunes a révélé une conscience politique que l’on n’osait espérer depuis l’extinction des mouvements critiques issus des années soixante. Elle n’avait donc pas disparu, peut-être même avait-elle grandi – la conscience de l’existence d’une caste prédatrice solidement protégée qui pèse et entrave de plus en plus, interdisant les améliorations, aggravant continûment les destructions, tout en créant sans cesse de nouvelles contraintes venant amplifier les difficultés.

 

 

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Dans les années cinquante et, surtout, dès le début des années soixante, a fleuri une conscience aiguë des dégâts opérés par la civilisation dans laquelle étaient engagés la plupart des « Occidentaux« , d’ailleurs à l’insu de la plupart d’entre eux qui allaient en être victimes. C’était à la mi-temps des « trente glorieuses« . Des « glorieuses » catastrophiques pour la plupart et pour l’avenir car la prospérité d’une minorité ne provenait que d’un renforcement sans précédent de l’exploitation – de l’exploitation des hommes et de la nature (c’est le même phénomène). Alors, la domination se radicalisait en un système aux ambitions planétaires et organisait ici même, au détriment de la majeure partie des populations et du pays, une économie de guerre pour soutenir son expansionnisme. C’était le premier choc planétaire de l’ultra-capitalisme désigné depuis par le terme équivoque de « mondialisation« . Ses promoteurs se partageaient entre « planificateurs » et « néo-libéraux« . Ils lançaient le dernier né des totalitarismes et le plus ambitieux : la globalisation du capitalisme, une intensification à outrance de toutes les formes d’exploitation (planifiées et libérées des régulations culturelles, sociales, politiques et naturelles).

manif à vélo aux Champs Elysées en 1972

 

 

Sous la violence de l’agression, la nuisibilité du productivisme et des technologies dures – celles, boulimiques d’énergies, de matières et de vies, qui cassent les sociétés et les écosystèmes – apparaissait si évidente que, pour les plus attentifs, la poursuite de leur expansion était devenue intolérable (les propagandistes ne disaient pas croissance à l’époque). C’était la révélation que, sous le couvert de l’optimisme martelé par la propagande, il se passait quelque chose d’extraordinairement pervers et dangereux qui était encore amplifié par l’explosion démographique. Toutes les observations concordaient : l’expansion et « l’élévation du niveau de vie« , associées à l’idée de liberté avec le libéralisme détourné, avaient divorcé de la recherche du bien commun, et même du simple respect de la vie, et provoquaient une dégradation profonde et continue. Une décroissance prodigieuse de la vie, du fruit de l’évolution, et du bien vivre s’étendait à toute la planète. Les vies les plus évoluées en étaient menacées et cela ne concernait pas seulement quelques espèces, mais des ensembles vivants complets, des écosystèmes avec tous leurs participants, hommes inclus.

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