Même inquiétante, la vie politique n’est jamais triste. Attention,je ne parle pas de la prise en charge de la vie sociale, culturelle et économique par les citoyens eux-mêmes. Non, cette vie politique là est bien malade : quoique riche encore de potentialités, elle appartient au passé ou à d’autres civilisations ou à l’avenir des optimistes. Je parle de l’agitation superficielle qui lui a été substituée : la pantomime des schizoïdes, paranoïaques, mégalomanes et autres grands délirants fétichistes du micro et de la caméra. En ce moment, la pantomime remplit parfaitement son office. Elle est assez spectaculaire pour distraire les « veaux » – je veux dire nous – des véritables problèmes.


Un pouvoir monopoliste qui tient conseil en province par souci de décentralisation. Un plan gadget, dont on nous rebat les oreilles, dressé contre un monstre mythique bien pratique pour occulter l’absurdité du système économique. Un rassemblement où le culte de la personnalité, les logorrhées grandiloquentes et l’enthousiasme fanatique et maladroit rappellent étrangement les fastes ubuesques de la montée d’une certaine idéologie de l’ordre quelque part il n’y a pas si longtemps… Nous sommes gâtés !


Une farce plus modeste retiendra un instant l’attention des écologistes. Il s’agit des manoeuvres de séduction ébauchées à leur égard par les différents partis. Après le PSU et le Parti Communiste, c’est au tour du flambant neuf RPR dont le duce Jacques Chirac feint de reconnaître que nous sommes « 
bien loin de poursuivre un rêve fumeux« . Trop aimable ! Et le Parti Socialiste ? Monique Cazaud, qui était chargée des problèmes d’environnement au PS, vient de démissionner en raison du peu d’intérêt porté à l’écologie par la direction du parti. Une décision qui ne surprendra pas l’observateur qui, faute de connaître les coulisses du PS, garde en mémoire les déclarations hostiles aux préoccupations écologiques formulées par quelques-uns de ses membres les plus en vue (1). Pourtant, le Parti Socialiste n’entend pas être plus timoré que ses rivaux dans le domaine de l’imposture. Il appose sur tous les murs une petite affiche qui, sur le dessin d’un oiseau en vol, dénonce : « le capitalisme détruit la nature » et appelle à sauver la vie… Electeur, que ne ferait-on pas pour te séduire ?!


Alain-Claude Galtié

9 décembre 1976 pour l’APRE hebdo


(1) François Mitterrand, février 74, « 
Sans doute, il faut avoir peur de la pollution, car toute peur est salutaire. Mais il ne faut pas que cette peur dégénère en panique car alors nous retournerions au malthusianisme. On ne reviendra jamais au bon sauvage dont la moyenne de vie ne dépassait pas vingt-cinq ans !« 

Pierre Mauroy, juin 76, « S’opposer à l’énergie nucléaire est un crime contre l’intelligence« 

et… Charles Hernu…


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