en cours de restauration

Les valeurs soufflées par la vie en nous et autour de nous ne ressemblent en rien à la compétition, à la loi du plus fort, au capitalisme du pouvoir et de l’argent. Bien au contraire. La liberté… pas celle, à court terme et stérile, de faire à sa guise contre le monde entier ; celle, créatrice, qui s’enrichit des autres libertés, celle-ci s’étiole dans la solitude. Elle n’apprécie pas davantage les contraintes de la compétition conflictuelle encensée depuis plus de deux siècles. La liberté est relative au bien-être de chacun et de tous : mieux se porte mon environnement, mieux je me sens et plus je suis disponible, et réciproquement. La liberté créatrice a donc un sens qui s’accorde avec le sens de la convivialité.

C’est le sens de la construction du plus grand niveau d’organisation à laquelle tous les autres doivent contribuer. Ce sens se trouve dans le respect de la vie et dans la coopération de chacun avec tous pour créer et maintenir les communautés sociales, les écosystèmes et la biosphère. Pourvu qu’ils ne soient pas parasités par des mécanismes réducteurs, ce sont ces ensembles auxquels nous devons contribuer qui nous offrent les possibilités d’agir et de nous satisfaire. Et plus nous sommes libres de créer en association avec les autres, plus ces ensembles sont diversifiés et complexes, plus les possibilités d’action et de satisfaction sans conflit sont grandes. C’est tout le secret du principe de divergence énoncé par Charles Darwin (19).

Les dynamiques de coopération, d’association, de symbiose qui nous construisent incitent à se sentir en sympathie avec les autres êtres et la biosphère. Oh, bien sûr il y a la prédation et la fin tragique des êtres mangés qui a fait la fortune du « struggle for life« … Mais il y a aussi l’amour, et il y a surtout les interrelations qui transcendent les niveaux d’organisation (en particulier, le niveau « individuel« ), les dynamiques profondes qui assurent la survie des êtres, des espèces et de l’ensemble, les dynamiques structurantes de la communauté biologique. Parmi elles, la « sympathie naturelle » (Charles Darwin) et « l’entr’aide » (Pierre Kropotkine) qui nous aident tous à vivre. Le besoin de souligner pareilles évidences montre à quel degré d’aliénation nous sommes arrivés. Les déformations de la compréhension du monde sont allées si loin que ce rappel fait presque figure d’originalité. Cela aussi permet de mesurer la gravité de la situation. Nous devons prendre part consciemment à ces dynamiques sous peine de régressions à tous les niveaux : personnelles comme collectives et écologiques. L’essentiel des dérives mortifères constatées aujourd’hui découlent de l’inobservation de cette nécessité.

Les échanges avec les autres êtres, avec « la nature« , avec la communauté et les communautés… avec les éléments (au sens païen), ouvrent notre intelligence, cultivent notre sensibilité, s’impriment en nous, nous complexifient et forgent notre identité. Ils nous informent. Comme le présentait Charles Darwin qui soulignait la continuité entre nature et culture, ils nous mettent en forme et cela se traduit par les cultures qui reconnaissent la diversité, la complémentarité, l’interdépendance, et comprennent que chaque partie, chaque type de vie concourt à la construction de la biosphère : celles de la famille culturelle alternative et conviviale. Comme chacune de nos fibres, une culture en phase avec la vie et notre nature nous guide vers la reconnaissance de l’autre, vers la coopération, la convivialité, la démocratie dans une économie des biens communaux. Plus profondément encore, une culture en lien avec la nature, une culture qui accorde avec le vivant, inspire et stimule les formes d’adaptation – d’évolution – qui permettent la survie. Car la sélection naturelle n’est pas que biologique, elle est aussi culturelle et sociale, privilégiant les êtres sachant s’entraider, à fortiori construire une démocratie. Tel est aussi le message de Darwin et Kropotkine.

Démocratie ? La chose a été tellement galvaudée et manipulée qu’il est indispensable de la redéfinir à la lumière de l’écologie de la biosphère, car, avant d’être théorisée par les philosophes anciens, la démocratie est un mouvement naturel. C’est ainsi que les écologistes du mouvement des années soixante et soixante-dix l’ont revisitée en commençant à redécouvrir ses fondements biologiques quelque peu refoulés par la culture dominante, laquelle est impérialiste vis à vis de la nature comme vis à vis des hommes. La démocratie est une aspiration qui s’épanouit en nous, dans la structure intime façonnée par les interrelations qui nous ont construits, et dans les relations avec le vivant. Il faut se laisser guider par la connaissance et le sens des interrelations, par l’économie holistique du vivant, et mesurer chaque acte et chaque chose à l’aune du bien commun – comme nous le redécouvrions avec le mouvement alternatif. La relation entre communaux, démocratie et accord avec l’organisation du vivant est plutôt méconnue dans une civilisation caractérisée par l’hostilité, vis à vis de « la nature » (expression qui désigne surtout le vivant), et la spoliation généralisée. Et pour cause, le système impérialiste veille au grain et c’est pourquoi il s’acharne à gommer, aujourd’hui encore, toute trace de la culture et du mouvement inspirés par le corps, l’écosystème, la biosphère – par le vivant. Cela n’est pas autrement que la démocratie, qui devrait être un bien géré en commun, a pu être réduite à des règles limitatives et à des rituels réservés à une minorité très intéressée. Cela a donné les politiques anti-sociales et anti-écologiques auxquelles nous devons la dégradation générale de la planète. Gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, la démocratie s’inscrit logiquement dans le sens du bien commun, lequel est défini par le maintien du plus grand ensemble : la biosphère. Encore faut-il que cette culture soit largement partagée… c’est bien pourquoi le système s’acharne à la brouiller et à faire taire ses défenseurs. La démocratie est le mouvement naturel de la société, avec son auto-organisation (autopoïèse), son inventivité et ses régulations, toutes inspirées et stimulées par la compréhension du sens du bien commun. Plus profondément, elle est caractérisée par la fluidité de la circulation de l’information, comme dans le vivant, de la bactérie à la biosphère, donc sans pertes et déformations par des captation de pouvoir et des mises hors circuit de la plupart des parties. Cette démocratie-là est à redécouvrir pour restaurer tout ce qui a été détruit par les intérêts particuliers dérégulés.

Traductions de la complémentarité et de l’interdépendance des êtres et des ensembles qu’ils constituent, la nécessité de la circulation de l’information, sans entrave, dans tout l’organisme social, et de la solidarité, donc de l’économie des communaux, a pu être masquée par l’illusion de l’opulence matérielle tirée de l’épuisement des autres sociétés, des autres êtres et de la biosphère. La mythologie de la croissance a fortement contribué à cette occultation. L’expérience du désastre écologique et social planétaire produit par le capitalisme ne rend que plus évidente cette nécessité.

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Communaux a le grand mérite d’être un vocable aussi limpide que convivialité avec lequel il se marrie tout naturellement. Communaux précise implicitement la philosophie politique en évoquant l’histoire des hommes et de la Terre. Il tend à réunir le champ et la biosphère, fait clairement référence à la notion de bien commun et, donc, élimine d’emblée tant la hiérarchie de pouvoir que le bombardier, l’automobile individuelle et le supermarché disproportionné avec le commerce local.

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La notion de communaux était familière à nos anciens. Dans certaines régions où ils subsistent, on les appellent sectionnaux et il n’est pas rare que certains les aient accaparés ou que les municipalités mal élues les bradent aux spéculateurs. Que même l’idée de biens communaux soit presque tombée dans l’oubli explique pourquoi nous en sommes là. Il faut dire aussi qu’elle n’est pas tombée dans l’oubli toute seule : elle a été extirpée de l’histoire officielle et de la conscience avec la culture écologiste arcadienne. Les communaux sont des biens qui nous sont à tous nécessaires. Ce sont des biens communs reconnus et gérés par la communauté. Cette notion ne devrait connaître aucune restriction ; au moins pour la protection du bien. C’est le pâturage que l’on partage, la forêt où l’on récolte le bois et les fruits, les haies et les chemins que l’on entretient ensemble, le village composé de territoires personnels mais dont la structure organise la vie sociale et protège en retour l’espace de chacun. Comme le décrit Ivan Illich (« Dans le miroir du passé »), ce sont les rues de l’ancien Mexico où chacun étendait ses activités, comme hier dans les villes et villages de partout, avant l’invasion motorisée qui a tout métamorphosé en zones dangereuses et polluées, embouteillages et parkings, tous lieux perdus pour la promenade et la rencontre, les jeux des enfants, les réunions des anciens, perdus pour la vie sociale. Ce sont les voies de communication avant que nous en soyons spoliés par les automobilistes et tous ceux qui veulent étendre leur propriété au détriment du bien commun. C’est l’arbre utile à tous tout au long de l’année. C’est le soleil et la vue qu’une construction peut masquer ou dégrader. Ce sont aussi les services publics menacés de privatisation (20). C’est encore l’argent public avancé aux spéculateurs et jamais restitué. C’est le climat bouleversé par les consommateurs d’énergies fossiles et les industriels saccageurs de forêts primaires qui organisent la catastrophe. Ce sont aussi les oiseaux migrateurs privatisés par les chasseurs et les saccageurs d’écosystèmes, le silence cher à Illich, l’eau, l’atmosphère respirable… c’est la biosphère et la vie frénétiquement dégradés par les « 
anti-nature« . Tout en les comprenant, les biens communs qui devraient être traités comme des communaux dépassent donc de très loin les « moyens de production » définis par l’idéologie productiviste commune au socialisme autoritaire et au capitalisme. Il y a trois à quatre décennies, le mouvement écologiste est né du constat de la destruction du bien commun et de la spoliation, de la personne comme de la communauté, par les processus capitalistes. Pour faire reprendre conscience du bien commun et de la nécessité de sa préservation, les écologistes disaient : Nous n’avons qu’une seule Terre. Le message n’a pas été bien compris. Ou, plutôt, il a été habilement détourné et affadi pour épargner le capitalisme.

Les communaux peuvent être aussi immatériels, faits de pure information, de relations, de sentiments et de bonne volonté. Ainsi, justement, la culture qui ouvre sur l’écologie et la compréhension de la communauté des biens est l’un des plus importants biens communs. Elle devrait faire l’objet de toutes les attentions pour être préservée et développée, mais cela n’est malheureusement pas le cas. C’est aussi Internet qui, même tout nouveau et servant à la mondialisation de la spéculation, pourrait être un outil à gérer en commun en le défendant contre la mainmise des dominations. Là encore, dans l’inconscience apparente de ceux qui disent « gérer« , cela n’est pas le cas.

Les communaux sont tous les biens construits en commun, de façon holistique, par le jeu des interrelations, à commencer par les créations de la Vie : la faculté d’auto-organisation, l’intelligence collective, c’est la vie même. Et, bien sûr, il y la démocratie.

L’économie des communaux est le prolongement de l’ordre associatif du vivant. Tout est logiquement bouclé : comme parties intégrantes de la nature, celle-ci nous souffle les comportements et les productions qui protègent la vie et participent à sa reproduction. La langue de la sagesse populaire appelle cela le bon sens (à comprendre dans ses deux acceptions). Pour qui réussit à s’abstraire des conditionnements, entre ordre communautaire du corps et ordre communautaire de la biosphère, l’ordre social apparaît comme une résultante évidente de l’évolution du vivant (enfin, sauf quand tout est perturbé et falsifié par un désordre extérieur, une domination).

Comme l’économie de la nature dont elle s’inspire, l’économie des communaux est tissée de dynamiques à somme non nulle – ou, dans un langage plus éco-logique : de dynamiques holistiques qui, à la différence de l’amenuisement et de la stérilisation opérés par la capitalisation, augmentent tout ce qui est investi en elles (21). Là où l’ordre dominant exclut la plupart de la responsabilité politique et sociale, de la responsabilité écologique par conséquent, ces dynamiques cultivent l’épanouissement de la personne en même temps que celui de la communauté. Là où l’ordre dominant fabrique surtout de la pénurie et de la frustration, elles assurent les moyens d’existence en cultivant la vie sociale et les écosystèmes, offrant sans limite de la satisfaction, produisant de la valeur pour tous (22).

La pensée et la pratique des communaux permettent de s’intégrer à l’écosystème en donnant à la personne, à la famille, à la communauté, la faculté d’exprimer leur identité et leur faculté de création en interaction avec toutes les autres. En étant replongé au cœur d’un tissu dense d’interrelations, chacun se redécouvre et retrouve ses motivations premières sous la couche des conditionnements. Il apprend ainsi à redevenir un membre actif de la communauté. Comme ne peut le faire aucune « alternance démocratique » à la mode actuelle, la restauration des communaux – donc le resserrement des liens écologiques et sociaux – fait reculer les spéculateurs et les gestionnaires, et ressuscite la démocratie directe.

Pour les dominants, c’est précisément cette capacité qui est le plus grand danger. De fait, il est symptomatique que l’on doive accoler directe à démocratie pour préciser que l’on parle du gouvernement du peuple par le peuple et non de sa parodie : le pouvoir discrétionnaire des dominants sur le peuple et « la nature » ! Les élus représentatifs… Mais de quoi ? Qui n’a remarqué le sens de la politique qu’ils servent ? A quelques timides esquisses de rattrapage près, il est entièrement dirigé contre la société et la vie, et rate peu d’occasions de s’affirmer contre la volonté populaire (exemple récent : le traité européen refusé par référendum et massivement adopté par les élus). Coïncidence ou fait structurel ?

En 1789 et durant les années suivantes, parallèlement à la lutte entre les anciens et les nouveaux dominants constituant ensemble « le million doré« , a éclaté la colère de la communauté des 24 millions d’humiliés. Les révolutionnaires des villes et, plus encore, le peuple des campagnes exigeaient la réduction de l’étatisme qui s’était singulièrement alourdi depuis Richelieu. Osant prétendre que la révolution qu’ils faisaient devait aussi leur bénéficier, les paysans voulaient récupérer tous leurs biens, y compris leur souveraineté, ce que depuis plusieurs siècles ils appelaient « la liberté publique« . Ils commencèrent à se mettre à l’ouvrage en reprenant ce qui leur avait été volé. Mais, tout en se réclamant de la Révolution et de la République, les nouveaux exploiteurs allaient le leur faire payer très cher.

Suite à l’autorisation du closage des propriétés privées et à l’abrogation des usages ancestraux qui s’y opposaient par l’Assemblée Constituante en septembre 1791, les sans-culottes de Parly, Yonne, exprimaient leur colère : « Cette loi ne peut avoir été faite que par les riches et pour les riches, dans un temps où la liberté n’était encore qu’un vain mot et l’égalité une chimère (…) La classe des indigents ne peut pas croire que la Révolution ait voulu la priver des moyens d’existence (…) » (23).

Par « moyens d’existence« , les révolutionnaires de Parly entendaient tout autre chose que les « emplois salariés » et les « allocations » qui préoccupent tant depuis. Ils parlaient de l’autonomie que l’on construit ensemble en accord avec l’environnement. Ils parlaient des communaux. L’histoire des communaux, c’est l’histoire sans maquillage des sociétés humaines et de la nature depuis toujours. C’est l’histoire de la paix sous l’histoire de la spoliation qui, seule, est valorisée aujourd’hui. Elle est l’histoire des pratiques adaptées aux écosystèmes avec le soucis du lendemain.

Les communaux structurent l’organisation de l’espace par le groupe social : le manse – surtout celui des hommes libres – comme le voit Gaston Roupnel dans son « Histoire de la campagne française ». « Le manse nous apparaît l’exploitation agricole immémorialement fixée dans son étendue et sa forme. Il comprend, avec les champs, une part des droits collectifs. Il est un ensemble complet de réalités physiques et d’obligations qui correspondent à des droits (…) ». Le manse « l’élément foncier, qui organisait le territoire, a persévéré bien davantage encore, et comme unité d’exploitation, et comme cadre dans la cellule constitutive de la société (…) élément constitutif et indestructible du territoire, il est marqué du signe de la communauté. Dispensé en usufruit perpétuel, il reste l’inaliénable fonds de tous. Ses exploitants n’en peuvent disposer que pour en jouir. Leur descendance éteinte, le domaine fait naturellement retour à la communauté » (Le manse et les terres accensées).

« Le manse (…) n’a pas disparu sans laisser de traces. Les tenures, entre lesquelles il s’est démembré, ont hérité de ses obligations. Mais celles-ci, dans le déplacement qui s’est fait, se sont comme mobilisées. La terre se fragmentant, elles se sont détachées d’elle pour se fixer sur le tenancier. Charges et corvées, incorporées à l’homme, apparurent comme des servitudes de l’individu et de la vie (…) Mais, en même temps, la terre libérée d’avoir cédé ses servitudes à l’homme, entrait dans le jeu mobile des fluctuations économiques. Et, au début des temps modernes, le villageois laissait un peu partout échapper de ses mains le misérable bien qu’il était devenu libre d’aliéner et de perdre. La constitution de la grande propriété bourgeoise est aux lointaines conséquences du mouvement qui, dès le XIIème siècle, effaçait du sol les vestiges d’un régime communautaire auquel, jusque-là, l’épreuve du temps avait moins retiré une valeur qu’il n’en avait modifié la signification.« 

Brièvement, depuis la fin de la colonisation romaine qui avait réduit les peuples au servage comme jamais, les pratiques démocratiques de l’ancienne tribu gauloise avaient été restaurées, en partie grâce à l’importation de l’organisation égalitaire germanique (la marche) par les migrations « barbares ». Puis, de nouvelles violences, de nouvelles spoliations avaient été exercées, mais l’institution communautaire s’était toujours redressée. Malgré les répressions effroyables, à partir du troisième siècle encore sous le carcan romain (avec les Bagaudes), la communauté s’est acharnée à survivre et, cela, bien au-delà du XIIème siècle puisqu’on en trouve encore quelques traces aujourd’hui. Jusqu’aux années révolutionnaires, de nombreux mouvements paysans s’étaient soulevés pour la reconstitution et la défense de la communauté et de ses biens (24). A l’instar des ouvriers des villes, les campagnes ne s’étaient donc pas une nouvelle fois mobilisées contre l’Ancien Régime pour perdre ce que les accapareurs n’avaient pas encore réussi à leur prendre ! Cependant, la plupart ont fini par réaliser tout à fait que la Révolution était détournée par ceux qui ne prétendaient la représenter que pour réaliser une exploitation plus implacable que celle qui avait précédée.

Alain-Claude Burgevin-Galtié

Notes :

(19) « L’énorme quantité d’animaux dans le monde dépend de la variété et de la complexité de leurs structures. Comme les formes se compliquent, elle inaugurent de nouvelles façons d’accroître encore leur complexité« , Charles Darwin rapporté par Donald Worster : « Nature’s Economy » (Les pionniers de l’écologie), Ed. Sang de la terre. Et « L’Entr’aide » de Pierre Kropotkine, Ed. de L’Entr’aide.

(20) Les services publics… dans la mesure où ils ne sont pas encore totalement assujettis aux grandes industries destructrices, qu’ils ne sont pas devenus des monopoles écrasant les vrais communaux, ou qu’il est imaginable de pouvoir les remodeler pour les mettre au service de l’intérêt commun.

(21) Depuis toujours, des philosophes donnent en exemple l’amitié et l’amour : plus tu me donnes, plus je te donne, plus nous échangeons et plus nous gagnons ensemble…

« La liberté d’autrui, loin d’être une limite ou la négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens libre vraiment que par la liberté d’autres, de sorte que plus nombreux sont les hommes libres qui m’entourent et plus profonde et plus large est leur liberté, et plus étendue, plus profonde et plus large devient ma liberté. »

Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine

(22) D’ailleurs, connaissez-vous quelque chose qui ne soit pas le fruit d’un travail collectif ?
Même quand il s’agit de l’œuvre d’un « créateur » ? Très loin de la prétention à la « propriété intellectuelle« , il s’agit aussi du produit d’un écosystème, d’une histoire, des rencontres, de toutes les influences assimilées.

(23) Rapporté par Hervé Luxardo :
• « Les paysans. Les républiques villageoises 10e-19e siècles », Edit. Aubier-Montaigne 1981.
• « Rase campagne. La fin des communautés paysannes « , Edit. Aubier-Montaigne 1984.

(24) La Suisse est le seul pays européen où cette organisation survit encore. Contrairement à un dogme répandu dans tout l’éventail des impérialistes, des libéraux aux socialistes et aux communistes étatistes, celui-là même qui inspirera la « théorie des stades » stalinienne (les « stades » étant des supposés degrés successifs d’évolution), « Le modèle helvète montre que le passage d’une économie précapitaliste vers le capitalisme agraire moderne, n’implique nullement passage obligatoire par une étape féodale ou expropriation généralisée de la petite paysannerie » (Maurice Bourjol), ni par l’étape de l’interdiction et de la criminalisation des usages communautaires. On peut encore préciser que, de toute façon, c’est l’économie précapitaliste, c’est à dire communautaire, qui est la plus satisfaisante et efficace de toutes.

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