Acteur de la nouvelle gauche écologiste, lanceur de plusieurs alertes, observateur du mouvement social contemporain, journaliste citoyen, résistant aux dérives qui ruinent la circulation de l’information, la conscience collective et la démocratie.

D’abord engagé dans la « protection de la nature » dans les années 1960 (avec Jeunes et Nature du Museum d’Histoire Naturelle), j’ai ensuite contribué à la naissance et à l’essor du mouvement écologiste en France.

Avant de tenter de résister à son effacement planifié.

 

1ère manif Sem de la Terre_01

Première manifestation de La Semaine de la Terre en avril 1971

Après le succès du premier Jour de la Terre aux Etats Unis, j’ai pris l’initiative d’organiser une Semaine de la Terre. L’idée a été cultivée et concrétisée par l’un des premiers groupes écologistes (réuni à partir de novembre 1970). Nous étions effarés par les destructions accompagnant partout l’expansion de ce que nous ne pouvions encore identifier : la dynamique de mondialisation du capitalisme (mais nous avions parfaitement identifié celui-ci comme principal fauteur du désordre). Ecologistes, nous proposions un paradigme radicalement différent inspiré par le vivant.

La Semaine de la Terre s’est traduite par des manifestations, des performances de rue et des rencontres écologistes, à Paris en avril et mai 1971, et le « Groupe » a poursuivi son travail et ses actions jusqu’en 1974 (sous l’étiquette « Amis de la Terre« ).

Avec Survivre et Vivre d’Alexandre Grothendieck et le réseau de Cavanna et Pierre Fournier, qui allait créer La Gueule Ouverte, nous étions une partie du mouvement planétaire joyeux, inventif et multiple, opposé à la domination sur les hommes et le vivant, et proposant une autre civilisation, ce mouvement qui a secoué les années soixante et soixante-dix : la nouvelle gauche (d’après le nom trouvé et adopté aux Etats Unis en 1969 : new left).

 

Presse_02

la Manif à Vélo sur les Champs Elysées

Quelques actions initiées à l’époque :

Tentative pour convaincre le mouvement coopératif (coopératives agricoles et COOP de consommation) d’amorcer sa conversion au bio. Echec et mat : j’ai été licencié sur le champ. La coopération agricole était la proie des lobbies qui avaient décidé de la ruine de la paysannerie et des campagnes. La coopération de consommation amorçait sa conversion à la grande distribution (bas prix, bouffe industrielle et emballages jetables).

Justement… Le Groupe de la Semaine de la Terre tenta de lancer une campagne contre le développement des emballages jetables avec l’association Les Amis de la Terre (fin de l’année 1971). Elle fut subtilement empêchée par les réseaux – de gauche – qui soutenaient et étaient soutenus par… Edouard Leclerc and C°.

Opposition à la généralisation du système automobile (sous la présidence de Georges Pompidou, chaud partisan des autoroutes jusqu’au coeur des villes), proposition de redéveloppement des transports collectifs (tramways, dirigeables…), lancement des manifs à vélo.

Dénonciation de la politique nataliste.

Dénonciation de l’anthropocentrisme, de la négation de l’intelligence et de la sensibilité hors de l’espèce humaine (!), et de toute la culture de la domination – la culture impérialiste « anti-nature » qui a engendré le mépris pour la vie et inventé sa chosification et sa marchandisation, la base même du capitalisme globalisé.

Représentation de la diversité, de la complémentarité et de l’interdépendance des êtres vivants.

Défense des dynamiques collectives, représentation de l’intelligence collective, critique de la hiérarchisation et de la spoliation-capitalisation des pouvoirs.

Dénonciation de la professionnalisation de la représentation.

Sondage écologiste des candidats aux élections législatives de 1973.

Opposition au nucléaire militaire (époque des essais nucléaires dans le Pacifique) et civil (contre le « tout électrique tout nucléaire« .

Action pour la préservation du Larzac.

Promotion des énergies douces et des économies d’énergie (Groupe Héliotechnique de Paris).

Participation au mouvement autogestionnaire et défense de la démocratie directe, etc.

Bref, nous voulions prévenir la plupart des cauchemars développés depuis, en organisant une tout autre civilisation. Mais… la culture du bien commun ne plaisait pas à tout le monde, surtout pas aux réseaux les plus puissants qui ne voulaient qu’amplifier leur prédation (tout l’objet de la globalisation du néo-capitalisme lancée une vingtaine d’années auparavant).

Pour informer et stimuler la prise de conscience, j’ai lancé une tentative de détournement alternatif des élections présidentielles de 1974 en compagnie de Pierre Merejkowsky du Comité Antinucléaire de Paris. Alors, je croyais possible d’« écologiser la politique (?) » (titre d’un article que j’avais publié dans le Courrier de la Baleine n°6 de mars 1974 !).

Cela devait être la campagne du mouvement écologiste. D’accord même avec ceux qui ne voulaient pas s’aventurer dans cette galère, nous voulions donner la parole à tous les courants de la nouvelle gauche écologiste (féministe, régionaliste, autochtone, etc.).

Certains, qui n’ont pas connu les premières années du mouvement écologiste, ont vu dans cette action le début de l’expression politique de l’écologisme. Mais les conditionnés et les manipulés ont pensé (et pensent encore) expression politicienne et électoralisme – la trop fameuse « écologie politique » (sic), plutôt qu’écologisation du politique, laquelle impliquait un changement de culture et de structures – de civilisation ! En fait, à peine plus d’un an après la disparition de Pierre Fournier, l’opération qui devait stimuler le mouvement écologiste (comme partie de la nouvelle gauche) marque le début de sa fin – et la fin du Groupe de La Semaine de la Terre.

 

Participation et soutien à :

L’aventure de l’APRE (agence de presse réhabilitation écologique) avec  l’APRE hebdo, la revue Ecologie, puis Ecologie Infos (de 1972 à la disparition, en 1992).

La revue Silence 1990 – 2005

Et depuis :

Dénonciation de la dérive politicienne et électoraliste, de sa capitalisation des pouvoirs, de sa hiérarchisation et de la réduction à l’impuissance de la plupart, de la névrose obsessionnelle de la domination et du profit…

Dénonciation des censures, de l’ostracisme et de la falsification de l’histoire sociale, toutes choses qui ont étouffé le mouvement social, fait oublier la critique anti-impérialiste (vis à vis des hommes et du vivant) que portait le mouvement écologiste et refoulé les évolutions réclamées par tout le vivant.

Réhabilitation de l’histoire du mouvement écologiste et de la nouvelle gauche.

Pour enrayer la destruction sociale et écologique, et commencer la reconstruction, je propose toujours la restauration de la démocratie, la vraie – donc sans électoralisme, celle qui permet l’évolution et l’expression de chacun pour une récupération conviviale de la maîtrise du bien commun.

 

Articles parus dans :

Fiches de Jeunes et Nature dans les années 1960,

Revue des Etudes Coopératives,

Le Courrier de la Baleine 1973/74,

Ecologie années 1970,

Bulletin de l’Agence de Presse Réhabilitation Ecologique (APRE) années 1970,

Revue de La Libre Pensée 1982,

Ecologie Infos 1988/1992,

Silence 1990/2005,

Bulletin de la CNT 2ème UR années 1990,

Courant Alternatif années 1990/2000…,

L’Ecologiste des deux premières années,

The Ecologist 1999,

A Contre Courant 1999/2013,

Alternative Libertaire (Belgique) années 1990,

Réfractions 2006,

Le Crétin des Alpes,

La Convivialité,

Régénération…

 

et différents sites électroniques, dont :

 

Les eaux glacées du calcul égoïste

http://www.eauxglacees.com/

 

L’Observatoire de la Continuité Ecologique et des usages de l’eau

http://continuite-ecologique.fr/

 

Réseau écolo libertaire

http://ecolib.free.fr/page01.html

 

Robin-Woodard

http://www.robin-woodard.eu/

 

 

 

Réponse de John Clark (ancien compagnon de Murray Bookchin) à la question :

Existe-t-il une écologie sociale française ?

(…) Social ecology is also a real presence in France today. I know of no one among contemporary French writers who has contributed more on the theoretical level to the development of a French social ecology than Alain-Claude Galtié. He has written extensively for Francophone anarchist publications on a variety of topics ranging from transportation issues to indigenous cultures and global imperalism. 

(…)

In the age of corporate globalization and ecological crisis the importance of the dialectic between the social and the ecological becomes increasingly more obvious. As ecological thought becomes more significant in France, it is most likely to take two forms: the continuing growth of reformist environmentalism on the one hand and a growing challenge by a more radical social ecology on the other. 

JC 2009

Research Center on the History and Theory of Anarchism

http://dwardmac.pitzer.edu/Anarchist_Archives/bright/reclus/clarkcomment.html

 

affiche Sem de la Terre 2

affiche de la Semaine de la Terre, avril-mai 1971

 

Autres actions (toujours bénévoles et sans un centime de subvention) :

Alerte, information et prévention sur les pollutions professionnelles. Une action d’alerte sur l’amiante dans le théâtre commencée en 1978 et poursuivie jusqu’à aujourd’hui. Pour cette affaire, après 30 années de lutte, le temps d’aider les victimes et leurs familles est venu : cinq reconnaissances de maladies professionnelles, une « indemnisation » par le FIVA et deux reconnaissances de la « faute inexcusable de l’employeur« . Parallèlement, plus de cinq collègues et amis ont souffert et sont morts. Le dernier, Juan Sanz, s’est éteint en avril 2015.

Bien entendu, je fus récompensé par un saccage de ma vie professionnelle et sociale, donc une amputation salariale au long cours – situation bien connue des lanceurs d’alerte, surtout en France. En dépit d’un dossier lourd des preuves collectées sur plus de 30 ans *, toutes les demandes de réparation ont été balayées par les tribunaux. Ainsi, en novembre 2016 : échec d’une modeste demande d’indemnisation (préjudice d’anxiété pour exposition à l’amiante). Entre-temps, la cour de cassation avait verrouillé l’accès au dédommagement pour tous les exposés au polluant qui n’ont pas travaillé dans une entreprise « productrice » d’amiante !

*  les mêmes preuves qui ont permis aux malades et aux familles d’être indemnisées !

 

Longue action contre la pollution du vin – et d’autres aliments – par l’excès de soufre (et autres additifs),

Défense des biens communs : les eaux et leurs écosystèmes, les paysages, le bâti ancien, etc. Par exemple :

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – l’engrenage exemplaire de la dégradation du bien commun :

première partie : le Ruisseau de Nolange

https://renaissancerurale71.wordpress.com/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie

 

Ce parcours a fait de moi le témoin privilégié de plusieurs manipulations fatales au mouvement social et, bien entendu, à la pensée critique et aux alternatives au cauchemar mondialisé. C’est, entre autres aventures édifiantes, à cela que je dois d’avoir été mis en vedette dans le mémorable « Les écolos fachos » publié par un magazine (ACTUEL) au seuil de la faillite, en septembre 1991, alors que les responsables du naufrage planétaire et leurs « historiens » organisaient la perte de la mémoire de la nouvelle gauche écologiste.