…et un regard sur l’autre « actualité« , celle du système qui est en train de détruire le vivant

 
 
sommaire
 
Culture « anti-nature«  jusqu’à la lie : renards et blaireaux en ligne de mire
Le Canada s’affirme comme l’un des premiers destructeurs de la biosphère
Dans les vignes – Chroniques d’une reconversion
Le coût exorbitant des « prix bas« 
SIVENS-TESTET : menaces, milices et silences
Réification finale
dévastation de la Chine :  Sud eau Nord déplacer
nouveaux éléments sur la nature écocidaire de la « croissance » chinoise
A l’heure des grands cocoricos ! patriotiques, la réalité de chaque jour
Loin des hommes, film de David Oelhoffen
Folies meurtrières, génocides, écocides… Quelle histoire ? Quelle culture ? Quel « contrat républicain » ?
Mobby Dick : l’épopée salvatrice
Merveilleuse « liberté d’expression » à la française
Nigéria : 3 jours de massacres sans l’ombre d’une réaction
Charlie Hebdo, Montrouge, Vincennes, Sivens, Tarnac,voyons un peu…
René Vautier, le censuré, s’en va
La vie pauvre. Une fatalité ?
Le prix exorbitant du Reblochon : le prix de la vie
TIMBUKTU film de Abderrahmane Sissako
Roybon, Y’a pas bon !
Charlie’s Country film de Rolf de Heer
A propos des « Mille vaches » et de tout le reste…
1ère production du libéralisme économique : la dégénérescence
Papouasie Occidentale : le fascisme ordinaire de l’occupation indonésienne
Brésil : encore une résistante assassinée
Amiante : le déni du crime industriel
La réaction anti-écologiste montre ses (maigres) muscles
La scandaleuse privatisation de l’aéroport de Toulouse – Blagnac
L’imposture économique
C’est la faute au ruisseau
Sivens : l’Europe enquête sur l’infraction à la législation sur l’eau commise par la France
Bouleversement climatique : l’exceptionnel devient la règle
Depuis le Clunisois, un regard sur Sivens
Le sel de la Terre, film de Wim Wenders 
 

février 2015
 
Réification
sur le même plan que les compétitions de déterrage de blaireaux *
Comme si de rien n’était, comme voici 1 an, dans le département du Nord, les exterminateurs sont de retour :
 

Quand la chasse au renard devient une « fête »
La Fédération des chasseurs du Nord n’avait pas imaginé que ses « Ch’tis Fox Days » prévus les 22 et 23 février déclencheraient une telle tempête : manifestation à Lille, samedi 15 février, pétition sur le site internet Mes Opinions.com ayant recueilli près de 38 000 signatures… En clair, cette opération de « régulation » des populations de goupils au titre un brin country met le département du Nord en émoi.

« Ce n’est qu’un appel à chasser. Nous faisons cette opération tous les ans. Cela n’a rien d’obligatoire », essaie-t-on de tempérer à l’accueil de la fédération, visiblement dépassée par le flot des réactions. Cette opération existe en effet depuis plusieurs années, mais elle n’avait jusqu’à présent fait l’objet d’aucune campagne de communication. Cette fois-ci, l’affiche mettant en scène toutes les forces appelées à intervenir sur le terrain – chasseurs, déterreurs, piégeurs et lieutenants de louveterie – a alerté les associations de protection de la nature. (…) »
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/15/quand-la-chasse-au-renard-devient-une-fete_4366695_3244.html
 

 

Ch’tis Fox Days : les chasseurs régulent, le débat fait rage
 
Avec cet article docile jusqu’à l’annulation des fonctions cognitives, La Voix du Nord reprenait la propagande des tueurs : « régulation », ce qui rappelle les discours eugénistes lourdement illustrés par l’histoire. Et, comme en justification, d’évoquer une parasitose qui peut infecter différentes espèces, l’échinococcose alvéolaire :
http://www.sante.gouv.fr/echinococcose-alveolaire.html

Tuer les porteurs potentiels d’une maladie, plutôt que d’informer sur les situations à risque et les précautions élémentaires à observer, voilà une mesure intéressante qui rappelle les éliminations de masse. Pourquoi ces « chasseurs » ne s’appliquent-ils pas leurs propres préceptes ?

Et la Voix du Nord de s’extasier complaisamment devant les prouesses des fanatiques de l’éradication :
À leur actif pour 2012-2013 : 1500 renards tués selon la fédération des chasseurs du Nord. Loin derrière les 4 500 prises revendiquées par l’Association des piégeurs agréés du Nord et des gardes assermentés, mais largement devant les chasseurs et leurs 500 prises. « C’est une question de réseau : dès que quelqu’un repère un terrier qui a l’air actif, il me prévient et on essaie d’intervenir », détaille David Droulez. « Ce peut-être n’importe où : dans une ferme comme à la Française de Mécanique. » Les week-ends de ce quadragénaire sont pour le moins chargés. « Ch’ti Fox Days ou pas, on enchaîne toute l’année, été comme hiver. »
 
 
Et encore :
http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140217_00435275
 
 
 

Les actes comme le discours révèlent une incompréhension complète du vivant, un refus borné des autres êtres, de la diversité et de l’interdépendance au sein des écosystèmes, une fermeture d’esprit qui ne laisse aucune place à l’empathie nécessaire à la bonne intelligence. Que donnent ces prédispositions dans les autres circonstances de la vie en société ? Sur le plan politique ?

* Championnat de France de déterrage de blaireau à Cluny :
 
http://www.actualites-news-environnement.com/15575-Championnat-France-deterrage-blaireau-Cluny.html
 
http://www.dailymotion.com/video/x5jn0p_deterrage-de-blaireaux-a-cluny_news
 
http://www.oiseau-libre.net/Site/Actualites/xPages/Deterrage.html
 
 
 
 
 

 
 
 
Massacres en Alberta
 
l’Alberta est cette belle région du Canada aujourd’hui dévastée par l’exploitation des schistes bitumineux  
 
http://blog.syti.net/index.php?article=364
 
Le saccage n’aurait pas été complet sans le massacre des animaux

 
The government is killing wolves again, supposedly in the name of conservation. This brutal slaughter has been going on for years – more than 1,000 wolves in Alberta have already been shot, poisoned or strangled.
 
Act now to stop this inhumane wolf cull – sign the Care2 petition to government officials today!
 
The government says that the killings are necessary to save woodland caribou. But in fact, caribou are endangered because industrial logging and oil and gas development has destroyed their habitat.
 
Rather than fixing the real threat to caribou, the government is blaming wolves and using this justification to kill them.
 
The government won’t stop this barbaric cull unless they hear from enough people demanding protection for the wolves. Sign the Care2 petition urging wildlife officials in Alberta and B.C. to stop the wolf slaughter today!
 
http://www.huffingtonpost.ca/chris-genovali/wolf-cull_b_6494770.html
 
Le Canada s’affirme comme l’un des premiers destructeurs de la biosphère
 
 
 
 
 

 

 
Catherine Bernard nous invite Dans les vignes, dans ses vignes et la confection de ses vins. Vigneronne ! Toute une aventure commencée en 2005 en venant du journalisme. Pas évident. Mais, justement, elle aborde le métier avec une fraîcheur critique et une perception ample qui lui permettent de sauter par dessus les vieux préjugés, les nouveaux maniérismes et les conventions du marché. Cela change agréablement des pesanteurs compassées. Sa plume allègre nous fait partager ses émotions, aussi quelques tristesses, comme la découverte d’une profession, d’un pays et de paysages dénaturés par les « aides à la surface » de la PAC.
 
Dans les vignes
Chroniques d’une reconversion
éditions du Rouergue
 
 
 
 
 
 
Le coût exorbitant des « prix bas« 
  
Les damnés de la mondialisation et du low-cost
http://www.dailymotion.com/video/x1r8k4n_les-damnees-de-la-mondialisation-et-du-low-cost-2013_webcam
 
Les Damnés de la Mondialisation et du Low Cost 1 an après
http://www.dailymotion.com/video/x1rgwyo_les-damnes-de-la-mondialisation-et-du-low-cost-1-an-apres-2-2_webcam
 
Grande distribution, multinationales et course aux prix bas : un aperçu d’une partie du véritable coût pour la planète. Juste une partie, il faut encore y ajouter le chômage, des régions déshéritées et la déstructuration sociale ici, l’exode rural et des destructions écologiques colossales partout.
http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/04/08/les-damnees-du-low-cost_4396008_3246.html
https://mrmondialisation.org/rana-plaza-les-multinationales-lavees/
 
 
 
 
 
 
 
janvier 2015
 

SIVENS-TESTET : menaces, milices et silences
Quatre jours après l’annonce par Mme Ségolène Royal que les occupants de la ZAD de Sivens seraient évacués quand le Conseil général du Tarn choisira, en principe le 6 mars prochain, d’édifier un nouveau barrage, à peine plus petit, quasiment au même endroit, la situation n’a pas tardé à dégénérer, témoignant que c’est bel et bien la stratégie du pourrissement qui l’emporte, avec tous les risques qu’elle comporte.
 
Le samedi 31 janvier réception d’assignations devant le Tribunal d’instance le lundi 2 à14h30 pour la Métairie, et au Tribunal de grande instance le mardi 3 à 10h30. En théorie, la ZAD peut être expulsable dès le mercredi 4 février au matin…Le dimanche 1er février, Journée mondiale des zones humides, devait se tenir au Testet une rencontre annoncée de longue date.Le collectif « Tant qu’il y aura des bouilles » rendra compte tout au long de la journée des incidents qui ne vont cesser de se multiplier :

(…)
-16h00 : « RENDEZ-VOUS devant la gendarmerie à Gaillac, la convergence des résistants va porter plainte contre les nombreuses exactions perpétrées ce matin par les miliciens pro-barrages avec la complicité des forces de l’ordre aux abords de la vallée du Testet. Ce matin, un maire d’une commune du Tarn, s’est fait agressé par les miliciens pro-barrage , il s’est fait casser pare-brise et vitre latérale de son véhicule. Un militant retraité s’est vu ouvrir la voiture par les miliciens qui lui ont volé des affaires personnelles qui étaient à l’intérieur. Plusieurs personnes ont été violemment bousculées, empêchées de filmer… »
(…)
sur le site : Les eaux glacées du calcul égoïste
http://www.eauxglacees.com/
 
 
 
 
 
Réification finale
L’anthropocentrisme jusqu’au bout de l’abrutissement

Vietnam : la police enterre des milliers de chats de contrebande, dont certains vivants
http://www.sudouest.fr/2015/02/04/vietnam-la-police-enterre-des-milliers-de-chats-de-contrebande-dont-certains-vivants-1820089-4803.php
 
Le chat, plat pour gourmets au Vietnam
« Beaucoup de gens mangent de la viande de chat. C’est nouveau, ils veulent essayer », assure To Van Dung, gérant de l’établissement qui explore ce créneau plus rare que la classique viande de chien, également très recherchée en Chine voisine.
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140728.OBS4831/le-chat-plat-pour-gourmets-au-vietnam.html
 
Mettre fin à la barbarie en Chine et au Vietnam
http://www.one-voice.fr/alimentation-et-vetements-sans-barbarie/mettre-fin-la-barbarie-en-chine-et-au-vietnam/
 
Calvaire des chats en Chine, Vietnam, Singapour, Corée…
http://blackfelines.skyrock.com/3112385513-CALVAIRE-DES-CHATS-EN-CHINE-VIETNAM-SINGAPOUR-COREE.html
 
 
 
 

 

Aldo Ciccolini : Gymnopedie n.1 (Satie)
 
https://www.youtube.com/watch?v=0peXnOnDgQ8
 
 
 
 
 

 
Réification finale
 

Pikachu, personnage phare des Pokémon a été inspiré d’une souris nommée « pika« . Ce petit rongeur pourrait bien disparaître selon des chercheurs américains qui accusent le gouvernement chinois de l’avoir placé sur la liste des espèces nuisibles dans leur pays
 
En 2006, près de 360.000 kilomètres carrés de terres avaient été traitées au phosphate de zinc dans la province de Qinghai, expliquent des chercheurs de l’Arizona State University. Le gouvernement aurait ensuite lancé une énorme subvention pour empoisonner encore plus de pikas.
 
Avec 42 millions d’euros de budget, l’objectif pour fin 2014 était de 110.000 kilomètres carrés traités. Pour les scientifiques américains, ces campagnes d’empoisonnement de l’animal ont commencé en 1958.
http://www.bfmtv.com/planete/la-chine-va-t-elle-exterminer-l-animal-qui-a-inspire-pikachu-855690.html
 
L’espèce a été chassée sur une surface de 208 000 km2 dans la seule région du Qinqhai, à l’ouest du pays.
http://www.lesinrocks.com/2015/01/06/actualite/pikachu-symbole-dune-politique-environnementale-desastreuse-en-chine-11544347/
 
Exactement dans la suite des délires maoïstes du Grand Bond, à la fin des années cinquante, quand la dictature a décrété la « guerre à la poussière« , la « guerre aux oiseaux« , la « guerre aux insectes » *, et la guerre à des dizaines de millions de chinois affamés et déportés dans des camps de la mort lente. 
* la Chine est privée d’abeilles depuis

 

 photo de la propagande maoïste
 
 
 
 
 
 
dévastation de la Chine
Sud eau Nord déplacer
film de Antoine Boutet

Le Nan Shui Bei Diao – Sud Eau Nord Déplacer – est le plus gros projet de transfert d’eau au monde, entre le sud et le nord de la Chine. Sur les traces de ce chantier national, le film dresse la cartographie mouvementée d’un territoire d’ingénieur où le ciment bat les plaines, les fleuves quittent leur lit, les déserts deviennent forêts, où peu à peu des voix s’élèvent, réclamant justice et droit à la parole. Tandis que la matière se décompose et que les individus s’alarment, un paysage de science-fiction, contre nature, se recompose.
http://www.zeugmafilms.fr/crbst_107.html

Au paroxysme de la civilisation impérialiste
 
 
 
 
 
Au moment où un premier ministre invite cordialement les spéculateurs chinois à venir exercer leurs talents en France,
de nouveaux éléments sur la nature écocidaire de la « croissance » chinoise…

Avec les trafiquants chinois, un crime écologique de plus à Madagascar
L’île est depuis longtemps la proie des prédateurs et des « aménageurs » fous, et le saccage prend encore de l’ampleur.

« (…) Au milieu des troncs aux reflets rouge sang et des visages sombres aux traits tirés par la fatigue, Blandine contrôle la pesée sur une antique balance. Sac à main rempli de billets sous le bras, la jeune femme, parée de bijoux et d’une petite robe noire, est l’intermédiaire des « barons » de la côte. Elle offre cent euros pour un rondin de deux mètres et de 120 kg en moyenne. Une fortune dans ce pays de misère.

Le bois de rose, outre l’étrange couleur et la senteur florale qui lui donnent son nom, possède une texture d’une pureté et d’une densité qui en font l’un des bois précieux et les plus convoités par la Chine, où les rêves des nouveaux riches n’ont pas de prix. À Shanghaï ou à Pékin, débourser quelques centaines de milliers de dollars pour dormir dans la réplique d’un lit des empereurs Ming ou Qing n’a rien d’incongru. C’est même devenu depuis quelques années une fantaisie très prisée.

A ce tarif, à Madagascar comme en Chine, les volontaires ne manquent pas pour piller  les forêts classées au patrimoine mondial de l’Unesco et acheminer les rondins par containers entiers jusqu’aux portes de la deuxième économie mondiale, en empruntant les circuits bien huilés de la corruption. (…) » http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/24/bolabola-le-bois-qui-saigne_4562855_3244.html
 

en complément, toujours sur les réseaux de l’écocide planétaire :
Sur la piste des mafias du crime écologique

« (…) Un exemple. Jeudi 22 janvier, les autorités sud-africaines ont indiqué que 1 215 rhinocéros avaient été tués dans leur pays en 2014, soit plus de trois animaux abattus chaque jour. Un nouveau et triste record qui menace l’un des plus grands mammifères de la planète. Pour les braconniers, en revanche, c’est une chasse au trésor bien juteuse. Aux Etats-Unis, un kilo de poudre de corne de rhinocéros se vendait, en novembre 2014, 70 000 dollars (62 000 euros), selon les chiffres avancés par les enquêteurs du US Fish & Wildlife Service (USFWS), soit deux fois et demie plus cher qu’un kilo de cocaïne (28 000 dollars). Autant ? Oui, car il n’y a pas de prix à la folie humaine et celle notamment des acheteurs chinois et vietnamiens qui croient que la corne de rhinocéros, faite de kératine, une substance que l’on trouve dans nos cheveux et dans nos ongles, guérit de tout, même du cancer. Un non-sens médical.
Résultat : la criminalité environnementale est désormais placée par les experts au quatrième rang mondial des commerces illicites après les stupéfiants, la contrefaçon et le trafic des êtres humains – même s’il est difficile d’évaluer précisément les activités clandestines. Le chiffre d’affaires du commerce illicite d’espèces sauvages s’élèverait à 19 milliards de dollars (17 milliards d’euros), selon un rapport publié fin 2013 par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW). De son côté, The Global Initiative, un réseau international d’experts du crime organisé, créé en 2013 à New York, estime que la pêche illégale rapporte aujourd’hui 23 milliards de dollars par an et que la Camorra, l’un des acteurs clés du trafic de déchets toxiques exportés vers les pays les plus pauvres comme la Somalie, en retire chaque année un butin de 27 milliards de dollars. (…) »
http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/24/sur-la-piste-des-mafias-de-l-environnement_4562779_3244.html#sRZBEF7Fp137qSyL.99
 

Le meuble chinois et ses salons professionnels : au premier plan, un ensemble en bois de rose
 
BLANCHIMENT DE BOIS DE ROSE
http://www.lexpressmada.com/blog/actualites/blanchiment-de-bois-de-rose-un-richissime-metis-chinois-dans-le-collimateur-22595
 
Trafic du bois de rose à Madagascar : le dessous des cartes
« (…) Il ressort clairement de ce document que malgré les quelques noms des délinquants récidivistes cités, le Chef de gouvernement a fait pratiquement preuve d’une forme d’accusation sélective qui exclue d’une façon qu’il pourra difficilement justifier une liste de trafiquants notoires. Ces exportateurs marrons ont toujours bénéficié d’une faveur pourtant inconciliable avec l’esprit de l’effort envisagé et appliqué à l’endroit de leurs activités. Il montre pratiquement d’un doigt accusateur une certaine Noeline, Labe, Roger et Eugène, Eddy Maminirina, Labiny, l’homme d’affaire indo-pakistannais très connu Lucky Nazaraly, Victorien dit Totoet d’autres qui ne sont pas des menus fretins dans le secteur de la prohibition.

On s’étonne par contre de constater que les identités des parrains intouchables de ces trafics très juteux sont couvertes par un silence pudique pour ne pas dire complice. Les observateurs ne veulent pas admettre que les oublis du Premier ministre Jean Omer Beriziky obéissent à des raisons que la raison morale ne connaît pas. Serait-ce parce que le député Laisoa Jean Pierre dit Jaovatoavant de devenir parlementaire bénéficiait déjà d’une immunité ? Parce que d’un bout à l’autre du littoral qui va du Cap Masoala aux alentours de Taolagnaro en passant par Farafangana et Vangaindrano, l’exportation des bois précieux n’a jamais été aussi florissante qu’avant l’arrivée du Président Hery Rajaonarimampianina au pouvoir. Les Jaovato, les Thunam, les Sam-sam Yok et les Arlan les pionniers dans ce commerce qui ne respectent aucune loi avaient amassé des milliards et des milliards d’Ariary à partir des paiements en dollars encaissés à partir des embarquements de plusieurs milliers de tonnes de ces produits interdits.(…) »
http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-divay/091014/dossiers-bois-de-rose-madagascardes-nouveaux-milliardaires
 
sculptures en bois de rose à la 9ème exposition Chine-Asean à Nanning
 
Bois de rose et mafias
« (…) Le 5 février 2014, lors de son premier Conseil des ministres, le Président élu de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina, a déclaré : « Je vais diriger personnellement ce combat contre les trafics de bois de rose ». Hélas, l’effet est contraire à cette intention. En effet, le trafic a repris de plus belle comme si la mafia du bois de rose défiait ouvertement le nouveau président. Voici ce qu’a révélé, entre autres, tananews : « De la ville d’Antalaha à Taolagnaro, en passant par Mananara Nord, l’acheminement des rondins de bois est passé à la vitesse supérieure. 2 bateaux ont quitté Mananara Nord, 5 autres se préparent à quitter les côtes de la SAVA,  et 3 s’activent à Taolagnaro. Ce seraient au total pas moins de 6.000 tonnes de bois de rose qui ont été embarquées à bord de ces navires. L’embarquement se fait de nuit à l’aide de radeaux et de caboteurs, tandis que les bateaux attendent en haute mer ». Par ailleurs, le 14 février 2014, un navire transportant du bois de rose, a été arraisonné hier au large de Mananara Nord ; et un autre a été intercepté au large de Zanzibar, transportant 100 tonnes de bois de rose. Il semble alors que la filière malgache fait escale en Afrique de l’Est avant de joindre la Chine, direction finale de ces richesses volées purement et simplement à Madagascar. (…) »
https://mcmparis.wordpress.com/2014/05/07/les-noms-des-millionaires-bois-de-rose/
http://matv.mg/trafic-de-bois-de-rose-les-18-chinois-enquetes-au-parquet-de-toamasina/
http://www.madagascar-tribune.com/Le-Premier-ministre-intraitable,20751.html

 
 
 
 
 
A l’heure des grands cocoricos ! patriotiques
sur « la liberté d’expression« , les « valeurs de la France » et le « contrat républicain« , voici une analyse d’une autre opération de séduction tombée d’en haut : « la participation » ou, plutôt, l’injonction participative…
 
En France, la peur du conflit de l’échange, du conflit démocratique éprouvée par les pouvoirs publics, les élus, les agents de services publics « à qui l’on dit depuis leur école d’administration que c’est eux qui savent, que c’est eux qui doivent bien faire, s’ils sont critiqués c’est qu’ils font mal… C’est là que, en France, on a un petit soucis : dans d’autres pays, (…) aux Pays Bas par exemple, il est tout à fait normal qu’un élu s’adresse à la population et dise : je ne sais pas quoi faire, qu’un agent de service public dise : je ne sais pas, j’ai pas la clé, on va voir ensemble… En France, c’est difficile entendable ça, parce qu’on a une culture administrative qui est une culture d’expertise (…) », style réponse à tout, même si on ne sait pas – surtout quand on ne sait pas et qu’on ne veut pas savoir. Question de Pouvoir. Toujours la culture de la domination en France.
 
Participation des habitants : réalité ou miroirs
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1042757
Marion Carrel sociologue, maitre de conférences à l’université de Lille,  publie « Faire participer les habitants » aux éditions ENS, une étude sur quelques uns de ces outils de démocratie locale.
 
Et pour cette chercheuse, en matière de participation des habitants, il y a loin de la coupe aux lèvres…
 
Faire participer les habitants ?
Citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires
de Marion Carrel
 
Veut-on vraiment que les habitants des quartiers populaires participent ? Deux analyses s’affrontent, en théorie comme en pratique, sur la participation des habitants aux politiques de la ville. La première pointe les dérives de « l’injonction participative », cette demande unilatérale et méprisante faite aux pauvres de se comporter en citoyens, sans leur donner la possibilité de débattre sur le fonctionnement des institutions. La seconde voit au contraire dans la participation un levier pour leur émancipation sociale et politique, et l’amélioration de l’action publique. Le croisement de plusieurs perspectives d’analyse et terrains d’enquête permet de dépasser cette vision binaire et de rendre compte de la manière dont les problèmes sociaux, économiques et urbains sont débattus dans l’espace public. L’ethnographie de la participation aide à mieux comprendre la manière dont les habitants prennent part, ou non, à la définition et à l’évaluation des politiques publiques qui les concernent.
 
Cet ouvrage montre que l’apathie des habitants des quartiers d’habitat social n’est qu’apparente, ou plutôt qu’elle se développe dans des contextes d’interaction particuliers. Sous certaines conditions, au contraire, de nouvelles formes de contre-pouvoir, engendrées par l’activité délibérative des « artisans de la participation », émergent dans les milieux populaires.
 
Ah, si encore cela se limitait aux « quartiers populaires » (?) ! Cela serait déjà très grave, mais le problème est bien plus grave encore : il est général. C’est presque toujours l’absurdité dans la commune, dans l’entreprise, avec l’administration, les élus, les politiques même du bas de leur échelle hiérarchique chérie, même débutants…  le déni, le mépris, comme le vit au quotidien toute personne, tout groupe qui tente d’exprimer ce qu’il sait ou ressent. Un processus de déstructuration sociale voulu, planifié, coordonné, proportionnel à la volonté de sauvegarder le bien commun. L’exemple du traitement réservé aux lanceurs d’alerte, gens généralement sérieux et compétents, révèle cet écrasement général et ce qui le motive.

 
 
 
 
 
Loin des hommes

film de David Oelhoffen
avec Vigo Mortensen et Reda Kateb
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=221570.html
 
Superbe et émouvante révélation de l’histoire et de la profondeur des hommes entraînés dans une spirale de situations critiques 
 
 
 
 
 
 
 
Folies meurtrières, génocides, écocides…
Quelle histoire ?
Quelle culture ?
Quel « contrat républicain » ?

Massacres terroristes et massacres républicains
 
« Sur cinq km, je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres, jusqu’à ce que j’arrive au village de Malam Karanti, qui était également désert et brûlé. »
Au moins 16 villes et villages de la zone ont été rasés.
http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20150111101246/islamisme-terrorisme-boko-haram-terrorisme-nigeria-boko-haram-r-cit-de-trois-jours-de-massacres.html
 
« Hundreds of bodies — too many to count — remain strewn in the bush in Nigeria from an Islamic extremist attack that Amnesty International suggested Friday is the « deadliest massacre » in the history of Boko Haram. »

«Des centaines de corps –trop pour pouvoir les compter– restent éparpillés dans le bush au Nigeria» après une attaque de Boko Haram mercredi, considérée par Amnesty International comme le massacre le plus meurtrier des extrémistes islamistes, rapporte l’Associated Press.

La plupart des victimes sont des enfants, des femmes et des personnes âgées qui n’ont pas pu s’enfuir quand les extrémistes sont entrés dans la ville de Baga, à la frontière avec le Tchad.
 
Dans un communiqué, Amnesty International a déclaré que jusqu’à 2.000 personnes pourraient avoir été tuées.
http://bigstory.ap.org/article/b2d7a0252dd04676b20697bd39356fcc/7-kids-reunite-parents-lost-nigeria-islamic-uprising
 
« Massacre de Benisheik ; les hommes de Boko Haram placent des barrages sur la route entre Damaturu et Maiduguri et massacrent les automobilistes, 161 personnes sont tuées »
Liste de massacres de la rébellion islamiste au Nigeria
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_massacres_de_la_r%C3%A9bellion_islamiste_au_Nigeria
http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/massacre-de-baga-par-boko-haram-l-impossible-bilan
 
Cela ne rappelle rien ?

Par exemple :
« Envoyons-y une armée incendiaire pour que, pendant un an au moins, nul homme, nul animal, n’y puisse trouver sa subsistance. » JPMF

« (…) mettre à mort dans tous les pays insurgés tous les individus de tout sexe qui s’y trouveront indistinctement et d’achever de tout incendier »  JBC

« Il entre dans mes projets, et ce sont les ordres (…), d’enlever toutes les subsistances, les denrées, les fourrages, tout en un mot dans ce maudit pays, de livrer aux flammes tous les bâtiments, d’en exterminer les habitants ; car je vais incessamment t’en faire passer l’ordre. » JBC

« Nous ferons un cimetière (de la nation) plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé » JBC
 
Toujours Boko Haram ?
 
« La région » est morte sous notre sabre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois (…). J’ai écrasé les enfants sous les pieds de nos chevaux, massacré les femmes qui, au moins celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Nous ne faisons pas de prisonniers, car il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n’est pas révolutionnaire. » FJW

Pas Boko Haram. Bien « de chez nous »…
 
« Une jeune fille de La Chapelle fut prise par des bourreaux, qui après l’avoir violée la suspendirent à un chêne, les pieds en haut. Chaque jambe était attachée séparément à une branche de l’arbre et écartée le plus loin possible l’une de l’autre. C’est dans cette position qu’ils lui fendirent le corps avec leur sabre jusqu’à la tête et la séparèrent en deux. »
 
« Sur une distance de trois lieues, rien n’est épargné. Les hommes, les femmes, même les enfants à la mamelle, les femmes enceintes, tout périt par les mains de sa colonne. En vain de malheureux patriotes, les certificats de civisme à la main, demandèrent la vie à ces forcenés ; ils ne sont pas écoutés ; on les égorgea. Pour achever de peindre les forfaits de ce jour, il faut dire que les foins ont été brûlés dans les granges, les grains dans les greniers, les bestiaux dans les étables et quand de malheureux cultivateurs connus de nous pour leur civisme, ont le malheur d’être trouvés à délier leur bœufs, il n’en a pas fallu davantage pour les fusiller. On a même tiré et frappé à coups de salve les bestiaux qui s’échappaient. »
 
« Amey fait allumer des fours et lorsqu’ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations ; il nous a répondu que c’était ainsi que la République voulait faire cuire son pain. D’abord on a condamné à ce genre de mort les femmes brigandes et nous n’avons trop rien dit; mais aujourd’hui les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu’ils ont voulu continuer ces plaisirs. Les femelles de royalistes manquant, ils s’adressent aux épouses des vrais patriotes. Déjà, à notre connaissance, vingt-trois ont subi cet horrible supplice et elles n’étaient coupables que d’adorer la nation. La veuve Pacaud, dont le mari a été tué à Chatillon par les Brigands lors de la dernière bataille, s’est vue, avec ses 4 petits enfants jetée dans un four. Nous avons voulu interposer notre autorité, les soldats nous ont menacés du même sort. »
Rapport de l’officier de police Ganet

Auteurs des déclarations précédentes, dans l’ordre :
Joseph-Pierre-Marie Fayau, à la Convention nationale, le 7 novembre 1793
Jean-Baptiste Carrier, lettre au général Haxo, 12 décembre 1793
et encore Carrier par deux fois,
– général de brigade François-Joseph Westermann
– Peigné et l’abbé Robin, témoignages sur le massacre de La Chapelle-Basse-Mer, le 17 mars 1794.
– Mariteau, maire de Fontenay-le-Comte, procès verbal de la mission des officiers municipaux de la commune des Herbiers, p.103.
 
C’est, en effet, l’oeuvre génocidaire des colonnes infernales de la Convention contre les populations qui refusaient de plier sous la dictature affairiste (« bourgeoise ») et voulaient préserver leur autonomie et leurs communaux. Car, la plus grande partie de la population – pauvre – avait été évincée des affaires publique – le politique – avec l’abolition de la réunion plénière des habitants dans chaque village, la division en deux classes : les « actifs » et les « passifs », l’attribution de l’administration aux seuls enrichis. Une spoliation réalisée par la Constituante dès décembre 1789. L’assemblée Législative avait achevé le renversement de la révolution en détournant, au seul profit des spéculateurs bourgeois, les communaux et autres biens accaparés par la noblesse et le clergé. Deux siècles plus tard, l’escroquerie se poursuit.
 
le quadrillage du territoire par les colonnes infernales de la Convention
« La Révolution » des communaux a été ainsi écrasée par « La Révolution » bourgeoise. Sur les représentants autoproclamés de la révolution : « Je conçois que des hommes qui rapportent tout à eux, disent que c’est assez révolutionner, lorsque la révolution les a conduits à ce point où ils sont à merveille ; à ce point où, individuellement, ils ne peuvent plus rien désirer. Alors, sans doute, la révolution est faite, mais pour eux (…) »,
« La révolution, c’est l’ordre !« , Gracchus Babeuf, Le Tribun du peuple n° 36

 monument « à la gloire » de la Convention (Panthéon de Paris)

 

Planification de l’« anéantissement de la Vendée »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Colonnes_infernales#cite_note-3
 
L’insurrection vendéenne et les malentendus de la liberté, par Michel Ragon, Albin Michel.
 
La grande révolution, Pierre Kropotkine, Stock  
 
 
 
 
 
 
 
 
Epopée salvatrice

http://www.todayifoundout.com/index.php/2011/12/a-real-life-white-whale-that-destroyed-over-20-whaling-ships-and-survived-encounters-with-another-80/
 
Dans un documentaire inédit (rediffusion le 26 janvier prochain à 16h 25 sur ARTE) : « La véritable histoire de Moby Dick », Jürgen Stumpfhaus part sur les traces d’ un cachalot blanc qui affronta résolument les baleiniers aux environs de l’ïle Mocha, au large des côtes chiliennes. Celui – ci broya la jambe du capitaine de baleinier Edmund Gardner en 1816, et devint une figure de légende pendant des décennies pendant lesquels ses exploits guerriers se multiplièrent. Les baleiniers américains l’appelèrent MOCHA DICK, mais aussi « la prodigieuse terreur des océans », et même « le gentleman courageux ». les Mapuche, pour qui l’île accueille l’âme de leurs morts, en firent un gardien sacré et protecteur. Le film montre ensuite que plus d’une dizaine de ses congénères ont agi de même au fur et à mesure que de nouvelles zones de chasse étaient découvertes dans le Pacifique, du Chili au Japon. Qui plus est, les chercheurs acousticiens ont montré que cette situation résultait de l’échange d’informations entre cachalots dans un langage spécifique sur l’ensemble de la zone à partir des Galapagos, pour, de fait, organiser la défense à vaste échelle. Ainsi, chaque zone put bénéficier d’une sentinelle et gardien, qui protégeait cet espace et ses habitants contre les pêcheurs. L’animal était en général de couleur claire, ce qui était lié à l’état avancé de desquamation de sa peau dû à son grand âge. Le problème pour les baleiniers était tel qu’ils décidèrent en 1841 de cibler en priorité ces grands mâles combattants. Le conflit de haute intensité se poursuivit encore pendant 10 ans. Le film rappelle enfin que l’association Sea Shepherd » de Paul Watson, qui combat directement les baleiniers depuis des décennies, assume l’héritage de ces protecteurs des océans. Voir aussi « Terror whale of the Pacific (Mocha Dick)« 
http://nauticalinformation.blogspot.fr/2007/11/terror-whale-of-pacific-mocha-dick.html
 
Le 1er Avril prochain, sortira en France « Heart of the Sea », film de Ron Howard, qui relate la quête de vengeance d’Owen Chase après l’épisode de l’Essex, navire coulé par un cachalot géant en 1820 (événement relaté en détail par Nathaniel Philbrick dans son ouvrage « La véritable histoire de Moby Dick. Le naufrage de l’Essex qui a inspiré Herman Melville, paru en version française en 2000 aux éditions Jean Claude Lattès ).
(…)
la totalité de l’article sur :
http://europe-tigre.over-blog.com/
 
La véritable histoire de Moby Dick
http://www.arte.tv/guide/fr/049892-000/la-veritable-histoire-de-moby-dick
 
 
 
 
 
 
Merveilleuse « liberté d’expression » à la française
La fièvre propagandiste autour de « la liberté d’expression » fait sourire.
 
Profitant de l’émotion, la plupart des discoureurs brandissent « la liberté d’expression » comme un étendard pour rallier la multitude. Et la plupart d’approuver et de suivre les joueurs de flûte en croyant tout à coup que les immondices graphiques, genre ornementations de pissotière*, déversés sur les faibles, les humiliés et les déjà naufragés sont la quintessence de cette fameuse « liberté d’expression », la pointe avancée de la pensée critique, en quelque sorte. Dans une société qui subit et pratique à son tour la censure et la falsification depuis si longtemps, c’est original. Censure et falsification dans un pays où l’on peut dire n’importe quoi sur n’importe qui ? Pas sur n’importe qui, nuance ! Sur les faibles, sur ceux qui n’ont pas droit à la parole, sur ceux qui sont loin et dont on s’imagine qu’ils ne viendront pas demander des comptes.

* cette « manie systématique, un peu obsessionnelle, de représenter dans les dessins des gens qui s’enculent », comme le remarque aussi Rémi Brague et pas mal d’autres critiques de la dérive du journal depuis longtemps déjà.
Voir aussi le regard affûté de Schlomo Sand : « Je ne suis pas Charlie »  http://www.ujfp.org/spip.php?article3768
 
Par dessus tout, l’assimilation du journal lancé par Philippe Val en 1992, précisément à l’époque de la deuxième offensive anti-alternative alors que le mouvement semblait pouvoir renaître, au Charlie Hebdo des années de la nouvelle gauche alternative disparu en 1981 est remarquable (1). Elle l’est d’autant plus qu’elle est véhiculée par des sectateurs de l’impérialisme sur les hommes et la nature : ce sont ceux qui ont tout fait pour faciliter l’essor du capitalisme ultra qui invoquent les mânes du mouvement alternatif qu’ils ont écrasé. Encore et toujours le même objectif : évoquer l’alternative à l’impérialisme pour mieux en dégrader la représentation afin de convaincre les ignorants que les faux sont à la pointe de la liberté d’expression et de la pensée critique.

« Aux pauvres jeunes gens d’aujourd’hui, vous ne laissez même pas l’espérance, ayant discrédité tout idéal, au point de rendre presque vomitive toute évocation de mai 68. (…) votre réseau contrôle toutes les voies d’accès et refoule les nouveaux, le style que vous imprimez au pouvoir intellectuel que vous exercez enterre tout possible et tout futur. Du haut de la pyramide, amoncellement d’escroqueries et d’impudences, vous déclarez froidement, en écartant ceux qui voudraient regarder par eux-mêmes qu’il n’y a rien à voir et que le morne désert s’étend à l’infini« ,
Guy Hocquenghem, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary.
 
De longue expérience, nous devrions savoir la censure et la falsification, les récits fabriqués (storytelling), bref, toutes les techniques pour dissimuler la bonne information et lui substituer les légendes favorables aux spéculateurs, aux spoliateurs, aux dominants. Nous les connaissons même dans les affaires de santé publique. Chacun pensera au « sang contaminé », au Médiator, aux hormones de croissance, etc. J’en connais qui se frottent au scandale français de l’amiante depuis les années 1970, avec la censure totale imposée pendant plus de 15 ans par les industriels appuyés par les médias, les institutions, les politiques, presque tous les syndicats, etc. Des dizaines de milliers de morts et d’autres victimes (2). On pourrait aussi évoquer l’affaire du diesel qui est encore un bel exemple franco-français. Depuis 7 ans, sur le terrain, je constate aussi la censure qui frappe systématiquement les connaissances qui pourraient bousculer des projets destructeurs de l’eau et de ses écosystèmes.
 
On sait, au moins depuis la mort de Rémy Fraisse, la répression qui frappe à Notre Dame des Landes, à Sivens, et plus généralement et depuis longtemps. On sait moins combien il est difficile de défendre le bien commun dans « la patrie des droits de l’homme et de la démocratie ». Un exemple : là où l’on résiste à un projet de station service dans le lit mineur d’un ruisseau, donc dans la nappe phréatique (!), impossible d’échanger avec les élus et les administrations en charge de l’eau et de l’environnement, impossible de faire passer une information dans les médias… Omerta complète sur l’hydrogéomorphologie du lieu (nié), sur l’historique des inondations (nié), sur le patrimoine architectural en cours d’effacement (une cité médiévale classée) et, bien sûr, sur l’écologie.
 
Bref, cette merveilleuse « liberté d’expression » que le monde entier nous envie souffre d’impressionnantes exceptions à tous les niveaux et dans tous les domaines. Dans un contexte aussi dégradé, les subtiles enluminures chères à Charb et à quelques autres semblent bien utiles pour faire accroire au bon peuple des désinformés que nous sommes vraiment au comble de la liberté d’expression.
 
(1) …le journal où s’était distingué Pierre Fournier ! Alors, un petit rappel s’impose :
Choron dernière, vie et mort du Professeur Choron et de Charlie Hebdo
http://www.premiere.fr/film/Choron-derniere-Vie-et-mort-du-professeur-Choron-et-de-Charlie-Hebdo-415369
 

(2) Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir :

http://www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-1.html
 
 
 
Le Professeur Choron vous salue bien (bande de cons)
(…) « Dans l’une des scènes les plus pathétiques du documentaire, Carles et Martin, dans le rôle des journalistes naïfs, interrogent l’équipe,attablée dans une belle brasserie, sur cette même question, le pourquoi de l’absence d’hommage au Professeur dans Charlie au moment de sa mort. Malaise à table. Autre question qui fâche, qui décide de la Une du journal? « Avant, c’était à l’unanimité, maintenant, c’est lui qui décide », lâchent les employés en pointant du doigt Philippe Val. Les employés, il faut bien les nommer ainsi, les Cabu ou autre Wolinski, réagissant comme des sous-fifres apeurés face à Val, mâchoire serrée et faciès impassible, sauf pour esquisser un semblant de rictus, le regard froid, sans un regard pour ses « gens ». Rien n’est dit dans cette scène, mais la communication gestuelle et spatiale crache le morceau avec une froide cruauté: il y a un patron à bord et ses obligés, priés de suivre la ligne. A une autre occasion, dans une démonstration de lâcheté d’une rare limpidité, les mêmes Cabu, Wolinski, suivis par Val, bien entendu, nieront le rôle moteur de Choron, en mettant en avant Cavanna, toujours présent dans le nouveau Charlie Hebdo. Pas de chance, le même Cavanna, seul dans son bureau, face caméra, infirmera lui-même cette réécriture de l’histoire, en remettant Choron à sa juste place, celle de tête de proue du journal, tiré à l’époque par ces deux bourrins complémentaires. Il lui viendrait d’ailleurs presque la larme à l’oeil, à Cavanna, en souvenir du bon vieux temps. A moins que ce soit une violente prise de conscience de ce qu’il est devenu, lui et ce journal, tellement loin de ce qu’il fut. »
 
(…) Rue89 a visionné ce film, qui comprend quelques extraits propres à gêner l’équipe actuellement dirigée par Philippe Val. En particulier quand l’un des deux principaux fondateurs de Charlie (avec Choron), Cavanna, déclare ceci à propos de ce qu’est devenu l’hebdo (où il travaille toujours) :
« [Les dessinateurs] Tignous, Charb, Riss, Luz, c’est des jeunes pleins de talent, pleins d’audace, audace qu’on sent rentrée. Ils rentrent leurs griffes. Tu enregistres, là ? Tant pis pour ma gueule. » (…)
http://rue89.nouvelobs.com/2008/12/18/cabu-val-et-wolinski-poursuivent-pierre-carles-en-justice
 
L’obscurantisme beauf (Le tête-à-queue idéologique de Charlie Hebdo)
Texte paru en 2006 qui éclaire parfaitement, à partir des « caricatures danoises », la dernière « trouvaille » d’une équipe qui  fait du Philippe Val sans Philippe Val : en effet celui-ci a été promu par Sarkozy, en 2009, à la direction de France Inter d’où il a d’ailleurs viré, avec la complicité de son pote de « gauche », le directeur de Radio France, Jean-Luc Hees, nommé aussi par Sarkozy, les humoristes S Guillon et D Porte, mais, parti le chef, la bande à Charb et Luz reste fidèle à son logiciel éditorial réac-provocateur comme le montre leur actuel coup médiatique-politique !

« (…) Balayer d’un revers de main, ou ne même pas voir, depuis son pavillon cossu de la banlieue parisienne, les conditions de vie et les spoliations subies par les perdants du nouvel ordre mondial ; s’incommoder de ce que les opprimés, décidément, aient une manière tout à fait malséante d’exprimer leur désespoir, et ne plus s’incommoder QUE de cela ; inverser les causes et les conséquences de leur radicalisation (il n’y a pas d’attentats en Israël parce qu’il y a une occupation, mais il y a une occupation parce qu’il y a des attentats), et, au passage, accorder sa bénédiction à la persistance de toutes les injustices qui empoisonnent le monde ; parer l’Occident de toutes les vertus et l’absoudre de tous ses torts ou ses crimes : non, il fut un temps où on n’aurait jamais trouvé dans ce journal une pensée aussi odieuse. (…) »
http://blogs.mediapart.fr/blog/antoine-montpellier/210912/charlie-hebdo-et-ses-dessins-la-position-dalain-gresh-le-commun
 
Fais-moi mal, « Charlie » !
« (…) Charb ? Le premier assassiné par les tueurs ? Celui qu’ils recherchaient nommément ? Oui, celui-là. (…) Quel besoin a-t-il eu d’entraîner l’équipe dans la surenchère ? Novembre 2011, premier attentat contre « Charlie Hebdo », incendie des locaux après un numéro surtitré « Charia Hebdo ». Je reprends les propos filmé de Wolin, que je repris alors d’ans L’Obs : « Je crois que nous sommes des inconscients et des imbéciles qui avons pris un risque inutile. C’est tout. On se croit invulnérables. Pendant des années, des dizaines d’années même, on fait de la provocation et puis un jour la provocation se retourne contre nous. Il fallait pas le faire. » Il fallait pas le faire mais Charb l’a refait. Un an plus tard, septembre 2012, après une provocation qui avait fait mettre nos ambassades en état de siège dans les pays musulmans, déployer toutes nos polices dans nos villes, je fus amené à écrire, m’adressant à Charb, toujours dans L’Obs : « Se situer à l’extrême gauche et s’entendre dire par le NPA qu’on participe à l’imbécillité réactionnaire du choc des civilisations, se définir écologistes et être traités de cons par Daniel Cohn-Bendit, ça devrait donner à réfléchir. Surtout quand dans le même temps on est applaudi par la famille Le Pen, Rioufol du Figaro et le Premier ministre de Sarkozy. »

Je posais la question à Charb : « Sous le titre Mahomet : une étoile est née, montrer un Mahomet nu, vu de trois quart dos, en position de prière, couilles pendantes et vit gouttant, en noir et blanc mais avec une étoile en jaune à l’anus, tournez-le dans tous les sens, en quoi est-ce drôle, spirituel ? » C’était ce qu’on voyait dans ce numéro de « Charlie Hebdo ».
 
La police avait alors arrêté un homme venu pour tuer Charb avec un couteau. Charb et un ou deux autres étaient protégés par des gardes. Tous ne l’étaient pas, et surtout pas Cavanna, qui se déplaçait dans son quartier Maubert avec son Parkinson, devenu si fragile, et qu’une simple poussée aurait envoyé à l’hôpital et c’était sa fin. J’en étais malade ? Charb disait à une journaliste du Monde : « Je n’ai pas de gosse, pas de femme, je préfère mourir debout que vivre à genoux. » Cavanna, qui haïssait la mort, écrivait, à l’âge de Charb : « Plutôt rouge que mort. » Les rouges ne sont plus rouges, les morts sont toujours morts. Tout le monde a vu le dernier dessin de Charb : « Toujours pas d’attentats en France ? » Et le djihadiste du dessin, armé comme celui qui a tué Charb , Tignous, Cabu, Honoré et les autres, répond : « Attendez ! On a jusqu’à la fin janvier pour présenter ses vœux… ». Avez-vous vu le dernier dessin de Wolinski ? Il se termine par « Je rêve de retourner à Cuba, boire du rhum, fumer un cigare et danser avec les belles Cubaines. »
 
Charb qui préférait mourir et Wolin qui préférait vivre. Je t’en veux vraiment Charb. Paix à ton âme.
Delfeil de Ton
extraits de L’Obs du 14 au 21 janvier 2015
 
 
et, sur ce site :
Charlie-Hebdo et le double langage sur la liberté d’expression
http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=72:charlie-hebdo-et-la-liberte-d-expression&catid=9&Itemid=470
 

 

 

llustration by Errol Le Cain from The Pied Piper of Hamelin, 1989
 
 
 
 
https://www.youtube.com/watch?v=TZNCWb5ZBYY
BACHIANAS BRASILEIRAS n°5 – Heitor VILLA-LOBOS – Joan Baez  
 
 
 
 

 

 

Nigéria : 3 jours de massacres sans l’ombre d’une réaction

Au moins 16 villes et villages de la zone ont été rasés.
http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20150111101246/islamisme-terrorisme-boko-haram-terrorisme-nigeria-boko-haram-r-cit-de-trois-jours-de-massacres.html

«Des centaines de corps –trop pour pouvoir les compter– restent éparpillés dans le bush au Nigeria» après une attaque de Boko Haram mercredi, considérée par Amnesty International comme «le massacre le plus meurtrier» des extrémistes islamistes, rapporte l’Associated Press.

La plupart des victimes sont des enfants, des femmes et des personnes âgées qui n’ont pas pu s’enfuir quand les extrémistes sont entrés dans la ville de Baga, à la frontière avec le Tchad.
Dans un communiqué, Amnesty International a déclaré que jusqu’à 2.000 personnes pourraient avoir été tuées.

http://bigstory.ap.org/article/b2d7a0252dd04676b20697bd39356fcc/7-kids-reunite-parents-lost-nigeria-islamic-uprising
 
Liste de massacres de la rébellion islamiste au Nigeria
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_massacres_de_la_r%C3%A9bellion_islamiste_au_Nigeria

 

 
 
 
 
 
au-delà de l’émotion
Voyons un peu…
Bizarre, tous ces fanatisés chargés d’armes, bien connus des services depuis de longues années, et qui, cependant, sont passés au travers des dispositifs de surveillance et de répression.
 
Rémy Fraisse, qui était porté par l’amour de la vie et avait la vocation de l’intérêt général, n’a pas eu cette chance. Les gens de Tarnac non plus. Pour l’un comme pour les autres, grosse, très grosse mobilisation pour parer à la redoutable menace « écolo libertaire ».
 
Et Charlie Hebdo qui avait quelques bonnes raisons de craindre une attaque… Faible était sa protection. Très faible. Si faible ! Beaucoup beaucoup plus faible que celle du chantier vide de Sivens le 25 octobre 2014.

 
 
 
 
 
René Vautier, le censuré, s’en va
 
La lutte de René Vautier, cinéaste engagé, contre la censure
(…) le réalisateur avait connu la fuite, la prison et surtout la censure notamment pour son premier long-métrage, Afrique 50, qui restera censuré 40 ans ! Il est le premier film anticolonialiste du cinéma français. (…)

http://www.ouest-france.fr/la-lutte-de-rene-vautier-cineaste-engage-contre-la-censure-3120057
 
sur ses films :
Toute une vie caméra citoyenne et indignée au poing : tout au long de sa carrière de cinéaste militant, René Vautier ne cesse de s’engager contre le capitalisme, le patronat, le racisme mais reste aussi et surtout l’un des plus grands dénonciateurs du colonialisme. Et de constater la dure vie des pamphlets visuels et des mains (fragiles ou coupées, pour citer Marker) qui les réalisent : tournages accidentés, montages clandestins, négatifs confisqués, commission de censure, inculpations, condamnation pour atteinte à la sûreté intérieure de l’état, emprisonnement, grève de la faim, dégradation et destruction des copies, conditions illégales de diffusion, séances hautement menacées, attentat. Ces tentatives de mise en péril sont des actions régulières contre le cinéaste intègre et son œuvre, grande « comme une main ouverte » (pour citer Jean Sénac).
 
http://www.cinematheque.fr/fr/musee-collections/actualite-collections/programmation-exposition/avoir-20-ans-dans-aures-.html

Avoir Vingt Ans Dans Les Aurès
https://www.youtube.com/watch?v=X2uhpyEtobg 
 
 
 
 
 
 
La vie pauvre. Une fatalité ?
 
2014 a été remarquable. Ô combien éclairante aussi ! Pour qui pouvait encore douter, elle a pleinement démontré que la déjà vieille dépression collective française engendrée par l’effondrement programmé des forces vives* est parfaitement fondée. Celui-ci – l’effondrement – a si bien dépassé les espérances de ses organisateurs que, maintenant, les conséquences les inquiètent (et ils ont l’impudence de le dire).
* comme l’avait remarqué Jean Baudrillard
 
Mieux encore, il est tout à fait évident que l’on peut faire pire. Bien pire, car la spirale mortifère gagne en puissance chaque jour. Tous les ingrédients sont réunis : individualisme stirnérien dépravé en égocentrisme méprisant, échange d’information asthénique, méconnaissance de l’environnement local comme de l’économie de la biosphère, ignorance de l’histoire et de la culture alternative, cécité vis à vis de la plupart des dégradations annonciatrices de destructions plus grandes, etc. etc.
 
Du local au planétaire, tout est en place pour réussir l’exploit redouté par les écologistes du temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. Toutes les stratégies pour en arriver là ont réussi et leur promoteurs font corps avec les commandes du bolide fou. Enluminée par des récits historiques falsifiés, la culture de la domination est engrammée dans la plupart des têtes. Tous les indicateurs de la productivité de vie et de convivialité sont au plus bas des échelles d’évaluation. Sur les voies qui permettraient de restaurer la société et la biosphère, les lanceurs d’alerte et les haleurs de l’alternative sont si espacés, si noyés dans le flux contraire et le magma des inertes, qu’il est exceptionnel qu’ils puissent se rencontrer et s’entraider.
 
Tout peut encore être corrigé.
 
Ainsi, quatre mois après la date fatidique, le Ruisseau de Nolange n’a pas encore été massacré. Preuve que l’on peut résister aux ravageurs réunis, pourvu que l’on s’arc-boute sur des bases solides. Il suffit d’un peu de travail et de sens du collectif pour chercher, traiter et faire circuler l’information.
 
Par contre, les haleurs apprécieraient d’être plus souvent rejoints et appuyés. Un coup de pouce de temps en temps serait déjà très bien. Le Nolange et son environnement apprécieraient aussi parce que, si le ruisseau est sauvé, s’il retrouve un jour la lumière et la vie, et l’effort et l’acte de restauration pourraient être déclencheurs d’un plus grand oeuvre en s’unissant aux autres efforts. Un peu plus d’amour pour le pays et pour tout le reste devrait suffire. Du Nolange à la biosphère, l’entr’aide est la voie de la survie.
 
Il faut, donc, retrouver le sens de l’empathie et du travail collectif, car : « Pour qu’un organisme fonctionne correctement, il faut que tous les éléments de chaque niveau d’organisation, depuis la molécule jusqu’à l’ensemble, participe pleinement au maintien en vie de cet organisme » (Laborit). Comme pour un écosystème. Comme pour une société.
 
Alors, pour une nouvelle année constructive (et vite fait avant que je ramasse les copies), quelques lectures – ou relectures – de chevet…
 
L’unique et sa propriété de Max Stirner, pour distinguer l’égoïsme (qui réunit) de l’égocentrisme (qui dissocie). Chaudement recommandé : l’édition Stock de 1899, avec la remarquable préface de Robert L. Reclaire :
« L’Unique est donc pour Stirner le moi gedankelos qui n’offre aucune prise à la pensée et s’épanouit en-deça ou au-delà de la pensée logique ; c’est le néant logique d’où sortent comme d’une source féconde mes pensées et mes volontés. – Traduisons, et poursuivant l’idée de Stirner un peu plus loin qu’il ne le fit, nous ajouterons : c’est ce moi profond et non rationnel dont un penseur magnifique et inconsistant a dit par la suite : O mon frère, derrière tes sentiments et tes pensées se cache un maître puissant, un sage inconnu; et il se nomme toi-même. Il habite ton corps, il est ton corps (…) » [Freidrich Nietzsche, « Ainsi parlait Zarathustra »]. Cet Unique où Stirner aborda sans reconnaître le sol nouveau où il posait le pied, croyant toucher le dernier terme de la critique et l’écueil où doit sombrer toute pensée, nous avons aujourd’hui appris à le connaître : Dans le moi non rationnel fait d’antiques expériences accumulées, gros d’instincts héréditaires et de passions, et siège de notre « grande volonté » opposée à la « petite volonté » de l’individu égoïste, dans cet « Unique » du logicien, la science nous fait entrevoir le fond commun à tous sur lequel doivent se lever, par delà les mensonges de la fraternité et de l’amour chrétiens, une solidarité nouvelle, et par-delà les mensonges de l’autorité et du droit, un ordre nouveau ».
 
L’entr’aide de Pierre Kropotkine, pour réviser les bases.
 
La dialectique de la raison de Max Horkheimer et Theodor W. Adorno, pour distinguer entre les deux cultures contraires : celle, holiste, inspirée par le vivant et celle, mécaniste et « anti-nature », de tous les impérialismes.
 
Printemps Silencieux de Rachel Carson, pour l’alerte qui n’a pas encore été bien entendue.
Je recommande l’édition de 1968 (Le livre de poche) avec la préface de Roger Heim :
« (…) On arrête les gangsters. On tire sur les auteurs des hold-up. On guillotine les assassins. On fusille les despotes – ou prétendus tels – mais qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs imprudences (…) »
Roger Heim était membre de l’Académie des Sciences et avait dirigé le Museum d’Histoire Naturelle pendant 14 ans. Et cette réussite dans les hiérarchies conformistes ne l’a pas empêché de lancer l’alerte. Par rapport à la pusillanimité et à l’omerta tremblotantes d’aujourd’hui, voilà une illustration de la force des engagements de l’époque.
 
La nouvelle grille de Henri Laborit, pour démonter les stupidités fondatrices du système dominant et repartir sur des bases ancrées dans la réalité biologique.
 
Les pionniers de l’écologie de Donald Worster, Sang de la Terre 1992, sur la culture du vivant (titre original – bien meilleur : Nature’s Economy).
 
L’univers bactériel par Lynn Margulis et Dorion Sagan, en confirmation du travail de Pierre Kropotkine : la coopération est « facteur de l’évolution ».
et de jolies vidéos sur l’univers des bactéries et des cellules :
Inner Life Of A Cell
https://www.youtube.com/watch?v=yKW4F0Nu-UY
 
Le lobby de l’eau de Marc Laimé, pour y voir plus clair dans la fange politico-affairiste qui détourne l’eau en France – l’eau et tout le reste. Où l’on comprend mieux pourquoi il est si difficile de sauver une tête de bassin versant (protégée) de l’anéantissement et de changer les politiques catastrophiques.
 
L’imposture économique de Steve Keen, préfacé par Gaël Giraud, pour décoder l’économie réduite et défigurée en une lutte aussi acharnée que stupide pour le profit et la dominance.

 
 
 
 
Déculturation, culture impérialiste et réification générale
 
en clair : De plus en plus bas, toujours plus con et ignoble
 
+ la France rétrograde
 
Le prix exorbitant du Reblochon : le prix de la vie

 
Représenté dans les grottes de Lascaux, le Bouquetin des Alpes, Capra ibex, est un mammifère ancestral qui fascine les hommes depuis des millénaires. Durant l’époque préhistorique, cet animal de la roche était présent quasiment partout en France. (G2, p°5) Après l’invention de l’arbalète, puis de l’arme à feu, le Bouquetin a complètement été éradiqué du territoire français, et a failli disparaître de la surface de la Terre.
 
(…) en Haute-Savoie, dans le massif du Bargy, « territoire du reblochon », l’Etat a ordonné en 2013 l’éradication de tous les bouquetins âgés de cinq ans et plus. (P1) Pour masquer aux yeux de la société civile le massacre brutal de ces animaux protégés, un arrêté préfectoral a interdit l’accès de la zone durant plusieurs jours en usant de moyens quasi militaires. Cent-dix gendarmes, disposés sur les routes et chemins, ont ainsi bouclé le périmètre. De nombreuses carcasses ont été évacuées par hélicoptères, et les bouquetins suspendus dans le vide ont défilé au-dessus des têtes des habitants du secteur. (P2) Le 6 septembre 2014, alors que le compteur indiquait 325 tués sur environ 700 animaux, Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, a annoncé son intention d’étendre les tirs à tous les bouquetins du Bargy.
 
(…)
 
En septembre 2013, le CNPN, autorité scientifique qualifiée, invalidait l’urgence et recommandait de préserver tous les animaux sains. Depuis la publication de cet avis scientifique, un nouveau test facilite le dépistage de la brucellose et permet d’analyser rapidement sur le terrain ces animaux très faciles à approcher.
 
 
 
S’appuyant sur des rapports scientifiques, 46 000 citoyens et quinze associations ont exprimé leur désaccord avec ces abattages à l’aveugle, dictés par des apprentis sorciers, qui, au final, s’avèrent contre-productifs. D’autres solutions existent, notamment la vaccination, mais l’Etat préfère oublier que les bouquetins sont protégés par la Convention de Berne, et expédier le problème. Mettant définitivement à l’écart le monde scientifique, le ministère de l’Ecologie n’a même pas saisi l’ANSES sur la perspective de nouveaux abattages !
 
 
 
un dossier complet :
 
http://frapna.org/images/docs/bouquetins/synthese_bouquetins_bargy_matthieu_stelvio_2013-12-17.pdf
 
 
 
et encore, le blog Le bruit du vent  : 
 
http://lebruitduvent.overblog.com/2014/09/tout-savoir-sur-le-massacre-des-bouquetins-du-bargy.html
 
 
 
dernière minute :
 
Le préfet de Haute-Savoie a indiqué qu’il allait demander à nouveau l’abattage total des bouquetins du Bargy [quelle que soit leur situation vis-à-vis de la brucellose, atteints ou sains], puis qu’une réintroduction aurait lieu.
 
 
Sa proposition sera soumise au CNPN (Conseil National de Protection de la Nature), dont l’avis est consultatif.
 
 
A ce stade, les défenseurs de l’abattage total, le Préfet et les services de l’Etat, la FNSEA, Bernard ACCOYER, la Ministre de « l’écologie » affichent tous une position radicale.
 
http://www.frapna.org/
 
 

 
Les dominants pétris d’idéologie mécaniste démontrent une fois de plus leur totale incapacité à appréhender la complexité dynamique du vivant. Aucune considération sensible pour les êtres réduits à des chiffres, à des choses dont n’importe quel « responsable » administratif peut disposer. Et, par conséquent, pas la moindre perception des effets d’une chasse à outrance sur les populations. Même pas le soupçon que leur « solution » finale pourrait être pire que le mal !
 
C’est bizarre, j’ai tout à coup perdu tout goût pour le reblochon.
 
 
 
 
 
 
 
 
décembre 2014
 
 
D’un totalitarisme à l’autre
TIMBUKTU
film de Abderrahmane Sissako
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19547690&cfilm=225923.html
 
La mondialisation iconoclaste
Un monceau de pierres sans âme ni forme. Voilà ce qui reste de la porte de l’une des mosquées centenaires de Tombouctou, violée et détruite par la folie de groupes se disant « défenseurs de l’islam ». Leur fureur iconoclaste rappelle celle qui a défiguré les bouddhas de Bamiyan. Elle a pourtant franchi de nouvelles bornes. En Afghanistan, les fanatiques prenaient pour cible les symboles d’autres religions. Au Mali, la surenchère va jusqu’à ravager l’entrée d’une mosquée, à coups de pioche, simplement parce qu’elle contient des symboles issus de l’artisanat ancestral et donc pas uniquement islamique de Tombouctou. Hier, il fallait détruire des mausolées musulmans à coups d' »Allah Akbar » parce qu’ils abritent le culte de saints. (…)
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/06/la-mondialisation-iconoclaste_1730279_3232.html
 
International outrage grows over destruction of Mali shrines
The United States is condemning the destruction of two more tombs in northern Mali as international outrage grows over Islamist militants’ attacks on historic and religious landmarks in the nation.
 http://edition.cnn.com/2012/07/12/world/africa/mali-shrines-destroyed/
 
 
 
 
une partie du patrimoine de l’Humanité disparaît en Syrie
http://www.france24.com/…/20141224-images-onu-liste-tresor…/
Près de 300 sites du patrimoine culturel syrien ont été détruits, endommagés ou pillés en plus de trois ans de guerre, notamment à Alep ou Palmyre, selon un rapport alarmant de l’ONU basé sur des images satellites. « Des régions comme Alep, où le peuplement remonte à 7 000 ans, Damas, le Krak des Chevaliers, Raqa et Palmyre ont subi d’importants dégâts », a indiqué mardi l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (Unitar). Grâce à son programme opérationnel pour les applications satellitaires (Unosat), cet institut a analysé 18 zones, où il a repéré 290 sites directement touchés. (…)
http://www.lepoint.fr/…/syrie-le-patrimoine-durement-touche…
 
 
 
 
 
 
Roybon, Y’a pas bon ! 
 
Center Parcs : les travaux du projet à Roybon suspendus  
« Le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu, mardi 23 décembre, l’exécution de l’arrêté du 3 octobre 2014 qui autorisait les travaux de défrichement préalables au chantier contesté de construction d’un Center Parcs à Roybon (Isère). Le juge a estimé que l’arrêté en question contrevenait à la « loi sur l’eau » et qu’il ne donnait pas suffisamment de garanties « pour compenser la destruction de zones humides qu’entraînera la réalisation ».
Où l’on voit une nouvelle fois que la vie ne compte pas pour les institutions. Seuls comptent les écrits juridiques ! Autorisation de la de la « destruction d’espèces protégées et de leur habitats ».
La justice ne devait pas s’exprimer sur le bien-fondé du village que veut construire le groupe Pierre et Vacances, mais seulement sur la légalité de deux arrêtés préfectoraux pris le 3 et le 16 octobre, qui ont fait office d’accord pour le démarrage des travaux. 
Les trois recours qui visaient le second arrêté, autorisant la destruction d’espèces protégées et de leurs habitats, ont eux été rejetés, le juge des référés estimant qu’aucun doute sérieux ne pesait sur sa légalité. (…) » 
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/12/23/le-projet-de-center-parcs-de-roybon-suspendu_4545499_3244.html 
 
Où l’on voit encore la vie méprisée : autorisation de la « destruction d’espèces protégées et de leurs habitats » (?!). Mais l’eau est sauvée. Pourquoi l’eau seule ? Parce qu’une loi a parlé d’elle en commettant l’imprudence de ne pas rappeler qu’elle fait partie de la biosphère et que nous aussi, que l’eau est importante pour la vie, que c’est même en raison de cela que la loi a été faite, etc., alors…

Pour ce tribunal administratif, l’eau existe indépendamment de la vie. Elle n’est qu’un élément physique hors vivant, une « ressource » n’ayant pas de rapport avec « les espèces et leurs habitats ».

Libre aux spéculateurs de « défricher ». Défricher… Le mot a une valeur si positive qu’il déforme les perceptions et influence la pensée : on crée de l’ordre en rasant une broussaille, un taillis, une jungle, en effaçant un désordre. Sauf qu’il s’agit des tissus la vie, de ses organes, de la complexité des interrelations du vivant dans laquelle on autorise à sabrer sans savoir ni conscience. Taïaut !
 
D’aucuns pourraient objecter que le TA ne fait qu’appliquer la loi…
 
Erreur !
 
Moins encore que « la science », le droit ne peut dire toute la complexité du monde ! Cela n’est pas sa fonction et, quand bien même il aurait la prétention de le faire, les mémoires électroniques les plus puissantes n’y suffiraient pas ! 
 
Conventions internationales, directives européennes, circulaires ministérielles ou recommandations d’autres niveaux, les auteurs comptent toujours sur l’ouverture et la capacité d’évolution de ceux qui doivent appliquer non pas les textes au pied de la lettre, mais l’esprit de leur travail, en s’inscrivant dans l’évolution en cours. Au moins en Bourgogne, la commission du projet de Schéma Régional de Cohérence Ecologique forme le même voeu quand elle appelle les « acteurs et décideurs locaux (à) interpréter « l’esprit » du schéma à une échelle locale, d’y intégrer les données connues, de rechercher les données manquantes et de faire preuve ainsi de cohérence sur une échelle de terrain ». Le droit de l’eau et de l’environnement (DCE, LEMA…), les SRCE, etc. ne sont que des guides. Ils témoignent d’une prise de conscience, fixent des orientations, annoncent de nouveaux développements. C’est donc aux administrations, aux élus (hum !), aux tribunaux, etc. de compléter ce qui n’est pas dit explicitement, certainement pas de revenir en arrière sur l’évolution en cours. Les textes ont été rédigés par des gens compétents, voire très compétents. Assez souvent, l’esprit de ces travaux est tout à fait écologiste, c’est à dire en intelligence avec les dynamiques interdépendantes du vivant. Mais, tout à leur effort, les auteur ont négligé l’inculture écologique générale. Même de bonne foi, la plupart de ceux qui ont la charge de concrétiser les évolutions en cours en sont parfaitement incapables. Et, bien pire, beaucoup d’autres ont même la ferme intention de faire le contraire.
 
Englués dans la culture mécaniste dominante, a plupart lisent les textes au premier degré, le doigt sur le papier, incapables de comprendre qu’ils doivent aller au-delà de la traduction mot à mot et ne plus dissocier le monde en confettis sans relations les uns avec les autres.
 
Et voilà, toujours nous revenons au problème de fond : la culture de référence… « Culture impérialiste » mécaniste et « anti-nature » ou culture du vivant (écologiste, arcadienne…) ?
 
Les collectifs et associations environnementalistes devraient combler les trous en faisant une intense information pour recomplexifier les esprits. Malheureusement, la plupart ont également perdu de vue la culture holiste du vivant, en ont perdu la curiosité ou l’ignorent, et préfèrent les joutes pour la dominance à l’agitation des neurones. Alors…
 
Somme toute, la France n’est pas loin du Brésil et de l’Indonésie des déserts de soja et de palmiers à huile créés à la place des forêts primaires…
 
 
 Aujourd’hui, on en est réduit à rappeler les B-A : BA ! Triomphe de la pensée mécaniste et dissociée.
 
Dans ce contexte, une curiosité : 
Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité
« (…) Il est indispensable qu’une prise de conscience citoyenne et nationale identique à celle réalisée pour le changement climatique intervienne à l’égard du recul de la biodiversité. (…)
 
Une mobilisation générale et cohérente de l’ensemble des politiques concernées est nécessaire pour concourir de manière ambitieuse à la préservation et à la reconquête de la biodiversité. La prise de conscience passe également par l’éducation à l’environnement et la diffusion des connaissances, afin que personne ne nuise à la biodiversité par ignorance. (…)
 
L’une des causes principales de la perte de biodiversité est l’artificialisation des sols. La mise en oeuvre de la trame verte et bleue constitue une part de la réponse à ce constat, mais de nouvelles perspectives doivent être ouvertes pour aller vers l’arrêt de l’artificialisation des sols et de la consommation d’espaces agricoles et naturels. (…) » 
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Constats-et-objectifs,30223.html
 
Voilà, il manque seulement un mouvement culturel de fond pour que les évolutions législatives elles-mêmes commencent à être respectées !
 
 
 
 
 
 
Charlie’s Country
film de Rolf de Heer

(…) le comédien, David Gulpilil, qui a coécrit le scénario et interprète un personnage qui lui ressemble comme un frère, un bohème rigolo et alcoolo, ex-guerrier désarmé, est coincé entre deux impossibilités : vivre dans le bush de ses rêves ou survivre dans un pays régi par les Blancs. L’idée que suggère habilement et cruellement le cinéaste, c’est que Charlie n’est que toléré sur la terre de ses ancêtres. On le supporte tant qu’il s’écrase ou fait le clown. Mais, à la moindre incartade, il est humilié, dépouillé, emprisonné. Le racisme, tout juste dissimulé, resurgit de plus belle. Et la haine, toujours plus forte… Entre l’alcool et le désespoir, la vie de tous les Charlie ne peut, alors, dans l’Australie d’aujourd’hui, que finir en cul-de-sac. — Pierre Murat
http://www.telerama.fr/cinema/films/charlie-s-country,491948.php#pyz5qOYRqOsK1HP8.99
 
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=224733.html
 
La colonisation continue, implacable, souvent inconsciente mais toujours totalitaire. Au Mato Grosso (ci-dessous les résistants Guaranis assassinés), en Papouasie (ci-dessous le fascisme ordinaire de l’occupation indonésienne), la spoliation des San au Botswana, des Pygmées en Afrique équatoriale, des Tibétains, des Ouighours, etc. Grâce au sabotage permanent des alternatives, partout progresse le même système fondé sur l’ignorance de la biosphère, et qui nourrit un mépris illimité pour tous les autres vivants. Même ici, tandis que les efforts de cinquante ans pour reprendre conscience commencent à accoucher de nouvelles législations, les représentations réductionnistes et les opérations mortifères prospèrent toujours dans les campagnes et jusqu’au plus haut de l’Etat.
Et nous ne nous étendrons pas sur la spoliation-destruction-anéantissement des autres êtres, des autres espèces. Dernier exemple français : l' »arrêté préfectoral autorisant la destruction d’espèces protégées et de leurs habitats » (sic) qui vient d’être validé par le Tribunal Administratif de Grenoble (la violation d’une loi explicite est considérée comme légitime !).
C’est un suicide collectif.
 
 
 
 
 
 
 
A propos des « Mille vaches » et de tout le reste…
 
« Et puis, il y a toujours pour moi cet aspect bouleversant de l’animal qui ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. Il y a cette immense liberté de l’animal vivant sans plus sa réalité d’être, sans tout le faux que nous ajoutons à la sensation d’exister. C’est pourquoi la souffrance des animaux me touche à ce point, comme la souffrance des enfants.(…) Je me dis souvent que si nous n’avions pas accepté depuis des générations de voir étouffer les animaux dans des wagons à bestiaux, ou s’y briser les pattes comme il arrive à tant de vaches et de chevaux envoyés à l’abattoir dans des conditions absolument inhumaines, personne, pas même les soldats chargés de les convoyer n’aurait supporté les wagons plombés de 39-45. »
Marguerite Yourcenar, « Les yeux ouverts », entretiens avec Matthieu Galley
 
Animaux, avez-vous donc une âme ?
une controverse du XXIème siècle : animaux, avez-vous donc une âme? La question a son importance s’agissant des êtres vivants qui, pour beaucoup d’entre eux, finissent dans notre assiette.
http://www.franceinter.fr/emission-3d-le-journal-animaux-avez-vous-donc-une-ame
 

Un centre d’engraissement de plus de 1000 veaux (1400 veaux à l’année), porté par un collectif d’éleveurs, la SAS Alliance Millevaches, est sur le point de se concrétiser au sein du Parc Naturel Régional de Millevaches, sur la commune de St Martial Le Vieux, dans La Creuse (23).
Ce projet est une aberration tant sur le plan écologique que du bien-être animal: Des veaux entassés dans des hangars, engraissés au soja et maïs OGM importés, abattus 7 mois plus tard.
Le Groupe Les Mousquetaires Intermarché, via sa filiale viande, Jean Rozé, vient de signer un contrat pour 3 ans avec la SAS Alliance Millevaches, devenant ainsi l’unique client du futur centre d’engraissement.
http://www.collectif-oeda.fr/texte/campagne%201000%20veaux.html

biblio :
Livre blanc pour une mort digne des animaux
Jocelyne Porcher, Elisabeth Lécrivain, Nathalie Savalois et Sébastien Mouret
Editions du Palais

Vivre avec les animaux : une utopie pour le XXIe siècle
Jocelyne Porcher
éditions La Découverte

Cochons d’or, l’industrie porcine en questions
Jocelyne Porcher
éditions Quae, 2010

Bien-être animal et travail en élevage
Jocelyne Porcher
Editions Educagri/éditions Quae, 2004
 
Eleveurs et animaux, réinventer le lien
Jocelyne Porcher
PUF, 2002

Au risque d’aimer
Claude Béata
édit. Odile Jacob

Histoire des animaux domestiques (XIX-XXème siècle)
Damien Baldin
Editions du Seuil

L’animal au cœur de l’expérience combattante
Par Anne-Sophie Lambert
La Première guerre mondiale est une guerre particulièrement meurtrière, des millions de soldats sont tués mais aussi, fait moins connu, plusieurs millions d’animaux. Encore relativement oubliés par l’historiographie française, bien que la photographie dévoile leur importance, les animaux (14 millions selon certaines sources : chevaux, mules, bœufs, chiens, pigeons …) participent directement à l’effort de guerre, comme nourriture du soldat évidemment, et aussi comme combattants, sauveteurs, soutien logistique. L’usage des animaux témoigne de l’évolution des techniques de guerre pendant cette Première guerre mondiale, en particulier celui du cheval qui se voit remplacé par la machine. Certains de ces animaux deviennent des mascottes, signe  de la fédération d’un groupe de soldats et nécessaire réconfort affectif dans un temps où la brutalité et la mort sont partout. D’autres encore sont très présents dans le quotidien des Poilus : rats, poux, puces, mouches… même s’ils aimeraient s’en passer. Les tranchées sont envahies par ces cohortes de parasites auxquels certains soldats s’identifient très naturellement. L’animal est donc bien au cœur de l’expérience combattante. D’ailleurs n’avons-nous pas décerné des médailles ou  les honneurs militaires à certains de ces animaux, les désignant ainsi comme des combattants héroïques à l’égal de l’homme ? N’avons-nous pas dressé à la fin de la guerre des  mémoriaux en souvenir de leur sacrifice involontaire, les incluant dans un devoir de mémoire national nécessaire et signifiant ainsi tout l’attachement des combattants, très largement ruraux, pour les animaux ? Ou témoignant tout simplement de l’absurdité de la guerre ?
http://expositions.bnf.fr/guerre14/pedago/02.htm

 

en mars 2012 :

Cheval de guerre
film de Steven Spielberg
https://www.youtube.com/watch?v=yNk1HANyFzE

d’après le livre de Michael Morpurgo

Il était une fois un cheval magnifique et son meilleur ami bipède. Deux jeunes êtres qui se retrouvent propulsés au coeur du cauchemar des cauchemars : au front de la guerre 14-18. Séparément.

C’est tout d’abord très hollywoodien, un tantinet sirupeux, et l’on en profite pour visiter une belle campagne anglaise et la vie des paysans d’avant la PAC. Puis vient la guerre. Rendue comme était la guerre, où des masses de braves types sont jetés les uns contre les autres pour défendre des intérêts ennemis des uns et des autres. La guerre épouvantable pour les hommes et les bêtes des deux camps. Images époustouflantes. Grande mise en scène.

Qu’un film à gros budget soit consacré à un cheval confronté à la furie d’une civilisation dévoyée dit peut-être quelque chose de positif sur notre époque. On veut l’espérer. C’est en tout cas un hommage aux millions de chevaux et d’autres êtres sacrifiés dans des conflits vains. Il y a peu que l’on parle à voix haute de ces martyrs.

Entre 4 et 8 millions de chevaux auraient été victimes de 14-18. La différence entre les estimations laisse deviner quelle attention était généralement portée à ces autres vies, à quel point la vie a été réifiée par la culture dominante.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cheval_durant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale

Chevaux victimes de guerre
article paru dans Clic-Cheval, pour le bien-être du cheval
http://clic-cheval.com/chevaux-victimes-guerres.html

14-18: le lourd tribut des chevaux dans la guerre
http://champagne-ardenne.france3.fr/info/14-18-le-lourd-tribut-des-chevaux-dans-la-guerre-72879471.html

Sur les animaux esclaves :
Le cheval prolétaire, émission de Jean Lebrun (La marche de l’histoire) sur France Inter avec Eric Baratay :
http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire-le-cheval-proletaire-0

La « cause animale »
http://www.laviedesidees.fr/La-cause-animale.html

Un livre d’Eric Baratay, spécialiste de la condition animale :
Et l’homme créa l’animal. Histoire d’une condition (Odile Jacob, 2003)

Un livre essentiel sur la guerre, sur 14-18 en particulier :
Ceux de 14
par Maurice Genevoix qui fut entraîné dans cette tourmente.
« C’était dans les bois de Septsarges, le 1er septembre, le jour où Dalle-Leblanc a reçu une balle dans le ventre. J’ai veillé longtemps, cette nuit-là. Il faisait déjà froid ; les blessés perdus appelaient entre les lignes des brancardiers qui ne viendraient pas ; plus poignant que ces plaintes humaines, le hennissement d’un cheval mourant pantelait sous les étoiles.« 

Ce récit montre que la guerre ballote tous les hommes, leur faisant perdre la maîtrise de leur vie – et de la vie des autres. Le parallèle avec la guerre économique, qui fait perdre tout libre arbitre à la plupart, et les métamorphose, est frappant.
 
 
 
 
 
 
Voici que surgissent de l’oubli organisé une série d’archives qui modifient profondément l’histoire du siècle passé – qui en aggravent encore la dimension criminelle. Il s’agit de photographies, de lettres, de journaux intimes, de notes d’interrogatoires et d’ordres d’exécution relatifs à la Grande Terreur organisée en URSS par Staline entre août 1937 et novembre 1938, une opération de nettoyage social qui, en l’espace de seize mois, a liquidé environ 750 000 Soviétiques, tous exécutés d’une balle dans la nuque après avoir été condamnés à mort par un tribunal expéditif. Cette opération est longtemps restée secrète : la mise en scène ubuesque des procès de Moscou qui, de 1936 à 1938, ont permis d’éliminer les chefs historiques de la révolution, jouant un rôle de leurre afin de camoufler ces « opérations secrètes de masse ».
 
On connaissait la nature de cette extermination ; pas son ampleur. Soigneusement occultée, cette opération décidée par Staline visait à éradiquer les ennemis nationaux de l’intérieur : on assassina les « éléments socialement nuisibles », c’est-à-dire les koulaks, dont l’anéantissement avait commencé au début des années 1930, puis les prétendus espions allemands, lettons, finlandais, grecs, et surtout les réfugiés et exilés politiques polonais (l’« opération polonaise » constituant le chapitre le plus sanglant de la Grande Terreur, et la répétition de ce que Staline allait faire subir à la Pologne pendant la guerre).
http://www.magazine-litteraire.com/mensuel/531/archeologie-infamie-01-05-2013-63528
 
http://www.liberation.fr/monde/2014/11/07/urss-la-grande-terreur-a-visages-decouverts_1138735
 
 
 
 
 
 
 
réification générale par « l’école républicaine« 
Des souris étaient découpées par les collégiens et les lycéens en cours de biologie ? !

Finis les évanouissements et les moues dégoûtées dans les salles de classe françaises: depuis la fin du mois de novembre, les dissections de souris et de grenouilles, passage presque rituel des cours de Sciences et Vie de la Terre, sont désormais interdites dans toutes les classes jusqu’au baccalauréat.
 
http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/la-dissection-des-souris-en-classe-c-est-fini-10208/

Les souris n’auront plus à craindre de finir découpées par les collégiens et les lycéens en cours de biologie. Le ministère de l’éducation nationale a, fin novembre, réaffirmé l’interdiction de la dissection des vertébrés non destinés à l’alimentation dans toutes les classes, jusqu’au baccalauréat.
 
Les travaux pratiques en sciences de la vie et de la terre devront désormais se réaliser sur des invertébrés (sauf céphalopodes), indique un courrier du ministère de l’éducation que Le Monde a pu consulter. Les seuls vertébrés et «  produits issus de vertébrés » (coeur, foie, poumons et autres organes) qui pourront se retrouver sur les tables de dissection sont ceux faisant « l’objet d’une commercialisation destinée à l’alimentation. »
Les souris et les poussins devraient ainsi être épargnés. Le cas des grenouilles paraît plus incertain (…)
http://campus.lemonde.fr/campus/article/2014/12/17/les-eleves-ne-dissequeront-plus-de-souris_4541803_4401467.html
 
La dégénérescence est encore plus avancée qu’il semblait.
 
 
 
 
 
 
Chine « atelier du monde », ses productions, la nature de sa « croissance »
1ère production du libéralisme économique : la dégénérescence
tous les jours de nouveaux exemples
 

Chine : l’empire de la vie martyrisée pour le profit
Tous les ans, dans plusieurs pays d’Asie, des chats et des chiens sont massacrés et torturés par millions de façon archaïque et barbare. Des milliers d’abattoirs « artisanaux » de chiens et de chats fourmillent en Asie : Corée du Sud, Philippines, Chine, Thaïlande, Vietnam etc. Rien que dans le nord-est de la Thaïlande, on ne tue pas moins de 30 000 chiens par mois. Aux Philippines un petit abattoir artisanal peut tuer plus de cent chats par jour. En détention, les animaux sont entassés dans de minuscules cages insalubres où il leur est pratiquement impossible de bouger.

Ces animaux sont atrocement torturés : battus, matraqués, ébouillantés vivants, écorchés vivants, étouffés, pendus, électrocutés, brûlés vifs, égorgés, noyés à l’aide de tuyaux d’arrosage, rien ne leur est épargné! Les souffrances infligées aux chiens et aux chats doivent obligatoirement être longues, car selon les croyances de ceux qui consomment leur viande, tous les animaux terrorisés, martyrisés et battus violemment avant leur mort, produisent une montée d’adrénaline qui rend leur viande plus juteuse, plus tendre et aphrodisiaque !

http://investigations.peta.org/china-dog-leather/
http://www.respect-animal.ca/fr/animaux-chiens-chats-asie.html
http://lci.tf1.fr/france/societe/lapins-tortures-en-chine-h-m-arrete-les-vetements-avec-de-l-angora-8320454.html
 

 
Products made from dog leather are exported throughout the world to be sold to unsuspecting customers. So if you buy leather, remember: There’s no easy way to tell whose skin you’re really in.
http://www.lepoint.fr/societe/especes-protegees-les-saisies-les-plus-impressionnantes-de-la-douane-20-08-2014-1855241_23.php
http://www.jeneportepasdefourrure.com/
 
 
 
 
 
 
 
Papouasie Occidentale : le fascisme ordinaire de l’occupation indonésienne
 
http://www.survivalinternational.org/films/papuanrallyattack
http://www.survivalfrance.org/actu/10597
http://westpapuamedia.info/2011/11/16/shocking-video-confirms-indonesia%E2%80%99s-brutal-suppression-of-west-papuan-rally-ahead-of-us-visit/
 
C’était le 8 décembre.
Là, il ne s’agit « que » de la répression d’une manifestation pacifiste (4 à 10 morts)
 
D’autres vidéos sur l’occupation indonésienne :
http://westpapuamedia.info/2011/11/11/more-brutal-footage-emerges-from-congress-crackdown/
 
Ci-dessous :
Valentine Bourrat et Thomas Dandois, journalistes de ARTE, arrêtés par le colonisateur indonésien en Papouasie Occidentale, sont toujours détenus
 
Sur la colonisation indonésienne :
Papouasie Occidentale West Papua
http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=132:papouasie-occidentale-west-papua&catid=9&Itemid=470
 
Papouasie Occidentale Nouvelle Guinée, honte mondiale
http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=123:papousie-occidentale-nouvelle-guinee-honte-mondiale&catid=9&Itemid=470
 
 + d’information
http://blog.mondediplo.net/2012-03-01-Greves-repression-et-manipulations-en-Papouasie
 
Papouasie Occidentale : « la police et l’armée fonctionnent comme des mafias »
http://origin.m.radioaustralia.net.au/french/2014-08-18/papouasie-indon%C3%A9sienne-%C2%AB-la-police-et-larm%C3%A9e-fonctionnent-comme-des-mafias-%C2%BB/1357948
 
 
 
 
 
 
 
Encore une résistante assassinée
après Ambrósio Vilhalva, assassiné il y a un an (ci-dessous), Marinalva Manoel, 27 ans, a été violée et poignardée à mort. Son corps a été retrouvé au bord d’une route.
Le mois dernier, Marinalva avait parcouru plus de mille kilomètres pour se rendre à Brasilia avec une délégation de leaders guarani pour exhorter les autorités à démarquer leur territoire ancestral avant que d’autres membres de leur groupe ne soient assassinés.
Le conseil guarani, Aty Guasu, qui porte les revendications des Indiens, a publié une lettre appelant les autorités à enquêter sur l’assassinat et exigeant que cessent les meurtres de Guarani.
Les leaders guarani sont régulièrement attaqués et assassinés par des hommes de main armés à la solde des éleveurs qui occupent leurs territoires ancestraux en tirant d’énormes profits de la canne à sucre, du soja et de l’élevage de bétail, tandis que les Indiens sont entassés dans des réserves surpeuplées ou des campements sordides en bordure de routes dangereuses.
Victimes de taux alarmants de malnutrition, de violence et de suicide, les Guarani se décident parfois à réoccuper de petites parcelles du territoire ancestral qui leur a été spolié il y a des décennies et sans lequel ils ne peuvent survivre. Sept communautés qui ont récemment réoccupé leurs terres, dont celle de Marinalva, sont menacées d’expulsion. Cela les obligerait une nouvelle fois à quitter leur territoire. (…)
 
http://www.survivalfrance.org/actu/10540
 
Au Mato Grosso, le territoire des Guaranis est l’un des pires exemples du saccage de la biosphère par le capitalisme.
 
révision :
La terre des hommes rouges (BirdWatchers)
film de Marco Becchis. Superbe musique de Domenico Zipoli (XVII et XVIIIème siècles).

 
L’action se déroule au Brésil, ce même Brésil vanté par moult économistes et politiques éclairés qui le décrivent comme région « émergente » (a). En fait d’émergence, le succès du Brésil auprès de ces experts est proportionnel à la destruction de ses vraies richesses, c’est à dire à la régression sociale, culturelle et écologique.
 
Une minorité brésilienne qui rêve de réitérer la conquête nord-américaine et la réduction des grands écosystèmes en valeurs boursières, est en train de massacrer le Brésil, cet ensemble de pays extraordinairement riches, mais d’une richesse à laquelle ils ne comprennent rien. Ils sont comme ces embourgeoisés par le détournement de la révolution qui, entre le Directoire et la Restauration, dépeçaient abbayes, basiliques et châteaux par milliers, les richesses d’au moins dix siècles de création, pour vendre les pierres comme matériaux de construction.
 
Marina Silva avait voulu croire aux promesses de Lula. Ecologiste que l’on n’achète pas, elle vient de démissionner du poste de ministre de l’environnement où, comme tant d’autres, elle était cantonnée au rôle de potiche. Après avoir beaucoup tenté, elle a enfin réalisé que ses collègues, gagnés aux intérêts de la mégamachine spéculative, se servaient d’elle comme d’une caution leur permettant d’affaiblir les résistances et le mouvement alternatif.
 
Dans la région du Mato-Grosso, le peuple Guarani est chassé de ses terres par la spéculation mondialisée (voir « Vandalisme planétaire » et « Des paradis dans l’enfer du développement »). Après le Rondônia voisin, le Mato Grosso a été crucifié par deux routes transamazoniennes qui sont les moyens de la colonisation industrielle. Lourdement subventionnées avec l’argent public des USA, du Japon et de l’Europe, elle ont permis la pénétration des engins de terrassement qui ont démoli les écosystèmes denses (b).
 
Des guaranis jouent leur propre rôle dans ce film fidèle à la réalité qui exalte nos dirigeants.
 
On y voit le Mato-Grosso désertifié par l’agro-alimentaire d’exportation : boeufs, canne à sucre, soja (surtout transgénique et, donc, copieusement arrosé d’herbicides)… pour approvisionner les fast-foods, les élevages intensifs d’animaux misérables et des voitures « vertes » au bilan écologique beaucoup plus désastreux que les plus polluantes d’hier. Il n’y subsiste plus que des lambeaux de la grande forêt d’il y a encore trente ans.
 
« La terre des hommes rouges » est l’un des très rares films à montrer les peuples confrontés à la destruction de leurs écosystèmes et de leur civilisation. Il est curieux, et sans doute révélateur, que si peu de créations « occidentales » soient inspirées par la destruction des forêts essentielles à la biosphère, par la spoliation des populations, par la condamnation à mort des hommes et des cultures.
 
C’est pourtant là, entre multinationales, subventions de partout, grands « propriétaires » voleurs de terres et de vies, leurs tueurs, les écosystèmes qui furent les plus riches de l’évolution et les peuples auxquels il ne reste que le suicide (c), que se joue le sort du monde. Morts individuelles et collectives en masse, extinction d’espèces comme on n’en avait jamais vu, structures et cultures complexes balayées par les simplismes les plus rudimentaires jamais produits, réduction drastique de la diversité biologique, bouleversements climatiques aux conséquences planétaires, désertifications, etc., la matière n’est-elle pas assez riche ?
 
Survival International a créé un fonds spécial pour aider les Guarani-Kaiowa à récupérer leurs territoires :
www.guarani-survival.org
 
 
(a) Volée aux écologistes, l’idée d’évolution émergente remplace désormais en « voie de développement ». Lloyd Morgan est le père de la théorie des émergences : l’évolution procède par sauts de complexité croissante, de niveau d’organisation en niveau d’organisation.
(b) Curieux que ces pays aident aux dérèglements climatiques dont, pourtant, ils subissent déjà durement les effets ! Mais que ne ferait-on pas pour gagner de l’argent facile au détriment de tous, depuis les massacrés, les expropriés, les ruinés, les empoisonnés, jusqu’au consommateur occidental berné ? L’Union Européenne importe massivement ces produits sales. C’est pourquoi elle subventionne la destruction là-bas. Voir les informations réunies par Les Amis de la Terre (www.amisdelaterre.org/soja).
(c) 517 guaranis se sont suicidés ces vingt dernières années. Tous les peuples autochtones du Brésil sont frappés de désespoir.
http://www.arara.fr/LA%20TERRE%20DES%20HOMMES%20ROUGES%20dp3.pdf
 

« La Terre des hommes rouges » est en deuil :
Ambrósio Vilhalva (Nádio) a été assassiné
le plus connu des leaders Guarani Kaiowá a été assassiné à coups de couteau au soir du 1er décembre 2013 sur le chemin de sa maison, dans le campement Guyraroká, sur la municipalité de Caarapó (État du Mato Grosso do Sul). Il avait tenu le rôle de Nádio dans le film* « Terra Vermelha » que Marco Bechis a consacré à la lutte des Guarani pour la récupération de leurs terres. Dans le film, Nádio est abattu par un « pistoleiro ». Hélas, la réalité a rejoint la fiction ! (…)
http://bcomoli.blog.tdg.ch/archive/2013/12/21/la-terre-des-hommes-rouges-est-en-deuil-ambrosio-vilhalva-n-251145.html
http://www.survivalfrance.org/actu/9842
 
 
 
Dorothy Stang aussi
 
Brazilian rancher jailed for murder of American nun Dorothy Stang
A Brazilian rancher charged with ordering the murder in 2005 of American nun and Amazon defender Dorothy Stang has been sentenced to 30 years in jail for homicide.
http://www.theguardian.com/world/2013/sep/20/brazlilan-rancher-jailed-dorothy-strang-murder
 
 
 
 
Au Brésil, l’impunité perdure dix ans après l’assassinat de soeur Dorothy Stang
Il y a dix ans, le 12 février 2005, Sœur Dorothy Mae Stang, religieuse américaine, était assassinée de six balles dans le corps par deux hommes de main mandatés par de grands propriétaires terriens. Elle se rendait au Projet de Développement Durable (PDS) « Esperança », un campement de petits agriculteurs situé à une cinquantaine de kilomètres d’Anapu, une commune du Sud de l’état du Pará, au cœur de l’Amazonie Brésilienne.

Née en 1936, dans l’état de l’Ohio, la religieuse appartenait à la Congrégation des sœurs de Notre Dame de Namur. Elle était également membre de la Commission Pastorale de la Terre (CPT), un partenaire historique du CCFD-Terre Solidaire. Elle avait décidé, dans les années 1970, d’aller vivre en Amazonie pour y partager son existence avec des petits paysans et les aider à faire respecter leurs droits face à l’omnipotence des grands propriétaires terriens qui occupent le plus souvent illégalement des terres appartenant à l’État. Ce combat pour la justice lui sera fatal. (…)
http://ccfd-terresolidaire.org/infos/souverainete/au-bresil-l-impunite-4952
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Amiante : « Le déni du crime industriel »
Les crimes industriels et environnementaux seront-ils jamais punis à la hauteur des catastrophes collectives qu’ils engendrent ? La Cour de cassation italienne a rendu, le 19 novembre, un arrêt désespérant : la plus haute institution judiciaire italienne a gommé le procès qui portait les espoirs des victimes de l’amiante dans le monde entier, le plus grand procès pénal jamais organisé dans ce scandale sanitaire et environnemental. Elle a annulé l’arrêt rendu en 2013 par la cour d’appel de Turin et acquitté le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny.
 
Cet ancien propriétaire d’Eternit, firme productrice d’amiante-ciment, avait été condamné à dix-huit ans de prison pour avoir causé intentionnellement une «catastrophe sanitaire et environnementale permanente», via ses quatre usines italiennes, et provoqué ainsi la mort de 3 000 personnes. Le procureur général a estimé prescrits les faits incriminés. (…)
http://www.liberation.fr/terre/2014/12/04/amiante-le-deni-du-crime-industriel_1156869
 
Cependant, en Italie, il y a eu procès. En France, point. Les victimes et leurs familles éprouvent de grandes difficultés à faire reconnaître les préjudices, la maladie et à obtenir un soutien – même quand il y a eu d’autres affaires dans la même entreprise. Même les associations ne se montrent pas à la hauteur du besoin, ne suivant pas les affaires en cours, laissant totalement désemparées les victimes qui croient trouver un appui auprès d’elles. Et c’est encore plus grave avec les avocats spécialisés ! Bref, là aussi règne une désorganisation, une désolidarisation et une dissociation impressionnantes. Est-ce vraiment surprenant après des dizaines d’années de sabordage de la pensée critique et du mouvement social, c’est à dire : de destruction systématique des interrelations différentes des rapports de domination-exploitation ?
 
Mourir d’amiante
http://www.liberation.fr/portrait/1997/02/21/anne-marie-goudard-52-ans-est-atteinte-d-un-cancer-du-a-une-exposition-a-l-amiante-recit-d-un-combat_196309
 
Amiante, en vivre et en mourir
http://www.europeenimages.net/video-amiante_en_vivre_et_en_mourir-id-1874.html
 
 
 
 
 
 
 
La réaction anti-écologiste montre ses (maigres) muscles
 
La manifestation d’opposition à la destruction d’un nouveau site protégé par la loi, à Roybon en Isère, a été suivie par celle de partisans regroupant élus et petits commerçants. Dans cette région marquée par la résistance à l’occupant, ces derniers ont repris tous les clichés éculés fabriqués pour décrédibiliser les résistants écologistes. Et, sans plus de conscience de la confusion, ils ont clamé leur amour pour le groupe financier Center Parc au nom de la lutte contre la désertification rurale.
Un Center Parc comme réponse à la déprise ? N’y aurait-il pas une erreur quelque part ?
 
Tout d’abord, ceux qui résistent à l’invasion des grands prédateurs du bien commun ont aussi pour objectif de lutter contre la désertification des campagnes et sont aussi ceux qui ont l’énergie et les idées nécessaires pour une renaissance rurale. 
 
Ensuite, les défenseurs locaux du Center Parc semblent avoir oublié les causes de la désertification des villages et des bourgs. On pourrait remonter au tout début de la 5ème République et à la politique d’éviction de la majeure partie des populations rurales décidée par la fine fleur de l’oligarchie financière (« Plan Pinay-Rueff » 1958, « Comité d’experts pour la suppression des obstacles à l’expansion économique » 1959)… Contentons-nous d’évoquer une autre offensive qui, elle non plus, ne doit rien au hasard : l’essor de la Grande Distribution. Promu par le même système financier, cet essor a été si largement soutenu que même des gens qui passent aujourd’hui pour des révolutionnaires y ont activement participé. Pourtant, dès les débuts, l’objectif était clair :
« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer ». 
C’est du Edouard Leclerc dans le texte. Cette profession de foi a été fièrement publiée par le Nouvel Observateur en 1966 – un Nouvel Observateur qui était conduit par d’ardents défenseurs de ce système éclairé.
 
Par millions, des paysans, des artisans, des petits commerçants, etc. ont été ruinés et chassés des campagnes par ces politiques imposées par la finance suivie par tous les spéculateurs et la majeure partie de la « classe politique » (y compris d’extrême gauche). Center Parcs est de même origine et a la même stratégie monopolisatrice (spoliatrice). Il est un prolongement des offensives précédentes. Cela n’est donc pas en s’abandonnant à cette nouvelle stratégie de conquête des marchés, et en y abandonnant les plus beaux lieux, et les plus riches de vie, que l’on pourra sortir de la spirale de la désertification. C’est même exactement le contraire !
 

 

photo de Elie Kagan

 
 
A propos des clichés fabriqués sur les écologistes, un peu d’histoire avec un article représentatif de l’état d’esprit qui a beaucoup aidé les promoteurs de l’ultra-capitalisme à affaiblir jusqu’à presque éliminer sa principale opposition – l’écologisme :
 
 

 

La multiplication des revues écologiques
UN POINT DE VUE REACTIONNAIRE

Reprenant les théories devenues à la mode des partisans d’une limitation et même de la suppression de toute croissance économique, seule manière selon eux d’épargner à l’humanité de périr victime de la pollution, toute une presse est apparue ces derniers mois. Assaisonnant leur dénonciation des ravages accomplis par la pollution à la sauce de théories pseudo-scientifiques, toutes ces publications, telles La Gueule Ouverte, soeur écologique de Charlie Hebdo, Mieux Vivre, organe de l’association Les Amis de la Terre, Le Sauvage, production de l’équipe du Nouvel Observateur, se retrouvent pour dénoncer le progrès technique et prôner plus ou moins un nécessaire retour à la nature.

La première caractéristique de toute cette presse est de dénoncer la menace que représente pour l’avenir de l’humanité une prétendue surpopulation, ce qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant car toutes les « solutions » préconisées par ces prophètes d’un nouveau genre ne pourraient avoir une ombre de sens que pour une population mondiale au bas mot dix fois inférieure à ce qu’elle est actuellement. Quant à cette diminution radicale du nombre des représentants de l’espèce humaine que notre planète pourrait selon eux raisonnablement supporter, ces adeptes du « naturel », réfractaires à toute utilisation du progrès technique, ne se prononcent pas : limitation artificielle du nombre des naissances ou retour aux bonnes vieilles épidémies et famines du Moyen-Age, le débat reste ouvert.

Et il ne s’agit là nullement d’une exagération, qu’on en juge. Le premier numéro du Sauvage consacre une large place à « l’agriculture biologique » qui proclame, entre autres inepties, ce dogme « qu’il ne faut jamais travailler la terre quand elle est humide » (l’arrêt du repiquage du riz et la mise en jachère de toutes les rizières sont sans doute les solutions à envisager…) et affirme d’autre part qu’il faut n’utiliser que « la bêche à dents pour ne pas couper les vers de terre ». Le même Sauvage conseille d’ailleurs à ses lecteurs, dans un article consacré au pain, de choisir entre trois solutions : acheter du « pain biologique » de la maison X (si la publicité rend c…, il ne s’agit pas toujours des lecteurs) ou participer aux circuits d’alimentation sauvage mis en place par les groupes écologiques ou encore faire soi-même son pain avec du blé cultivé biologiquement. Quant au commun des pollués, qu’il ne se croit pas sauvé en supprimant le pain de son alimentation car le problème se reposera à lui pour tout ce qu’il se met sous la dent.

De la même manière, La Gueule Ouverte, revue également très friande d’agriculture biologique, a mené toute une campagne auprès de ses lecteurs sur la nécessité de refuser les vaccinations et les radios au nom des risques qu’elles comportent. Ces risques, bien évidemment existent car tout traitement ou examen médical n’est jamais totalement dépourvu d’inconvénients ; mais, outre qu’il s’agit de les limiter au maximum par un emploi judicieux, la seule manière correcte d’envisager la question serait de les mettre en balance avec les dangers auxquels permettent de faire face la vaccination, les radios et tous les médicaments. Qu’à cela ne tienne : la même attitude égoïste du petit-bourgeois adepte d’une prétendue agriculture biologique, qui lui fait rechercher le moyen de se nourrir naturellement pendant que les deux tiers de l’humanité se débattent dans la famine, le conduit à revendiquer le droit de ne pas se soumettre aux vaccinations et aux contrôles radiologiques qui, appliqués au restant de la collectivité, lui assureront, de toute façon, une relative sécurité.

Mais la question qui agite actuellement le plus tous ces milieux et les fait se lancer dans les théories les plus abracadabrantes est celle de l’énergie, et plus particulièrement de l’électricité nucléaire. Une véritable croisade contre l’électricité se développe (alors que l’électricité est actuellement, de toutes les formes d’énergie, la plus rationnelle parce que la plus dépourvue de risque d’utilisation et la plus facilement transportable), qui donne à nos écologistes l’occasion d’entamer témoignages et prédictions apocalyptiques de la manière la plus malhonnête et la plus anti-scientifique qui soit.

La Gueule Ouverte publie dans son numéro 6 un rapport américain qui semble tout à fait sérieux, où il est fait état d’un nombre anormalement élevé de diverses maladies enregistrées dans une ville de Pennsylvanie depuis que des produits radioactifs sont déversés dans la rivière d’où provient l’alimentation en eau potable des habitants. Cela, qui ne prouve rien contre l’électricité d’origine nucléaire et le progrès technique en général – allez donc installer une fosse à purin sur une source et y puiser votre eau -, montre par contre tout à fait le mépris de la sécurité des habitants qui caractérise les responsables de l’économie capitaliste. Mais, précisément, au lieu de réclamer que des précautions suffisantes soient prises, notamment au niveau du stockage des produits radioactifs et de la sécurité en général, ces curieux défenseurs de l’humanité s’insurgent, au nom d’un raisonnement tout à fait curieux, devant les mesures de sécurité déjà existantes. Le numéro 5 de la revue Mieux Vivre publie les dispositions prévues par le plan Orsec en cas d’accident survenu dans une centrale nucléaire et conclut en substance : si l’on prend toutes ces précautions, c’est donc bien qu’il y a quelque danger !

Quant à La Gueule Ouverte, elle propose de remplacer toute forme d’énergie « artificielle » par l’utilisation de l’énergie solaire qui, elle, ne pollue pas. Suggestion intéressante mais aussi du plus haut comique venant de gens qui dénoncent les radiations de toute sorte comme un des dangers les plus grands menaçant la vie et qui semblent ou veulent ignorer qu’à haute dose les radiations solaires sont également très néfastes (c’est ainsi que la fréquence des cancers de la peau est beaucoup plus grande chez les individus exerçant une profession au grand air, tels les marins pêcheurs).

Aussi ne leur reste-t-il qu’une solution : s’enfermer dans une caverne, non sans s’être assurés, à l’aide d’un compteur Geiger – petite concession à la technique -, que les roches n’y sont pas trop radioactives, et méditer dans l’obscurité sur cette grave question de savoir comment l’espèce humaine a réussi à survivre au mépris de toutes les règles « écologiques ».

En attendant cette décision extrême, les soldats de la croisade anti-électricité nucléaire ont cependant choisi le risque de mener la lutte sous le feu croisé de tous les rayonnements et, plus concrètement, ils réclament un moratoire de dix ans pour la construction de centrales électriques nucléaires (bien que certains affirment par ailleurs que, dans un siècle, aucune décision ne pourra être encore prise…).

Que les deux tiers de l’humanité se débattent actuellement dans la misère ne semble, soit dit en passant, nullement les concerner ; mais là n’est peut-être pas la question. Ca n’est pas le progrès technique qui est dangereux, c’est l’usage qu’en fait l’ordre social. Que le capitalisme se soucis peu des ravages qu’il commet et de l’avenir qu’il prépare à l’humanité, la pollution n’est pas seulement là pour le prouver : les guerres, les crises économiques font, elles aussi, partie des calamités inhérentes à ce système dépassé et pourrissant et c’est l’évidence même que le progrès technique utilisé exclusivement en vue du profit individuel pose plus de problèmes qu’il n’en résout.

Mais, justement, mettre le progrès technique au service du genre humain est la seule perspective qui puisse éviter un retour à la barbarie sous quelque forme que ce soit. Cela, seul le socialisme le pourra et, non seulement il permettra l’utilisation exclusive du progrès en fonction des intérêts généraux de l’humanité, mais encore, en mettant en commun toutes les ressources mondiales matérielles et humaines, il fera franchir rapidement des pas de géant aux connaissances et aux réalisations humaines auprès desquelles celles dont dispose aujourd’hui la société capitaliste apparaîtront comme dérisoires.

Pierre VERNANT
Lutte Ouvrière n°247, mai 1973
 

 

 

Sur l’histoire édifiantes et les pratiques de la Grande Distribution :
« La grande distribution. Enquête sur une corruption à la française », Jean Bothorel et Philippe Sassier, Bourin éditeur.

 
 
 
Guerre des communaux : ça continue

La scandaleuse privatisation de l’aéroport de Toulouse – Blagnac
PAR LAURENT MAUDUIT

Pour la première vraie privatisation du quinquennat Hollande, Emmanuel Macron veut céder l’aéroport de Toulouse – Blagnac à un groupe chinois implanté dans des paradis fiscaux et à un groupe canadien radié pour dix ans par la Banque mondiale, pour des faits graves de corruption. Enquête sur une cession qui a tout de l’affaire d’État.
(…)
Pourquoi donc l’État engage – t-il une privatisation ? À tout le moins, cela aurait souffert d’être discuté, d’autant que l’aéroport de Toulouse – Blagnac, le sixième français, a un rôle économique stratégique, compte tenu notamment des implantations voisines des sites d’Airbus. De plus, il affiche une très belle santé économique, réalisant bon an mal an des profits de l’ordre de 10 millions d’euros.
(…)
http://www.regards.fr/IMG/pdf/la_scandaleuse_privatisation_de_l.pdf
 
 
 
 
 

 

L’imposture économique, puissante critique de la théorie économique dominante
 
(…) Les « lecteurs non économistes, s’ils acceptent de « sauter » dans un premier temps les passages les plus techniques, soit moins de la moitié du livre, peuvent accéder à presque tous les arguments. Et pour les passages techniques, si certains sont vraiment “hard” en dépit du choix de ne rien mettre en formules mathématiques, d’autres sont compréhensibles moyennant un peu de persévérance et, comme le dit plaisamment Keen, quelques tasses de café… Un tel investissement est “rentable”, vu l’enjeu : que les citoyens se rendent compte que tout ce qu’on leur assène comme vérités économiques, en particulier sur les vertus des marchés, financiers ou « réels », y compris le marché du travail, repose sur le sable mouvant d’une pseudo théorie truffée 1) de contradictions logiques insurmontables, et 2) d’hypothèses farfelues dépourvues d’accroche empirique dans le monde réel.

Comme le résume Steve Keen dans l’une des très nombreuses formules imagées qui contribuent au plaisir de lecture : « La prétendue science économique est un agrégat de mythes qui ferait passer l’ancienne conception géocentrique du système solaire de Ptolémée pour un modèle puissamment sophistiqué » (p. 20). (…) »
http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2014/10/01/%C2%AB-l%E2%80%99imposture-economique-%C2%BB-puissante-critique-de-la-theorie-economique-dominante-1/
 
« C’est très difficile à croire, mais c’est pourtant vrai (chapitre VIII du livre de Keen) : une ligne de défense de très « grands » économistes néoclassiques conscients des incohérences de leur corpus a été la suivante : l’irréalisme éventuel de certaines des hypothèses de la théorie n’a aucune importance ! Seul importe l’accord entre les prédictions de la théorie et la réalité.

Le premier à avoir avancé cet argument n’est autre que Milton Friedman, qui est même allé plus loin en soutenant que des hypothèses irréalistes sont… la marque d’une bonne théorie ! Ce que Samuelson a nommé « The F-twist », la « combine F ». En épistémologie, on parle d’instrumentalisme.

En s’appuyant sur d’autres grands auteurs, dont Musgrave, Keen réfute cette défense sur la base de considérations fines sur les différents types d’hypothèses requises dans une théorie. Il montre que les hypothèses comptent vraiment en économie. Il tente également de comprendre comment une ligne de défense aussi ahurissante a pu se propager sous les auspices de grandes « autorités », et plus généralement il avance une interprétation de « l’incroyable inertie de l’économie » (p. 206) au regard des sciences « dures » telles que les sciences physiques ou l’astronomie. (…) »
http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2014/10/06/%C2%AB-l%E2%80%99imposture-economique-%C2%BB-fin-l%E2%80%99ideologie-de-l%E2%80%99equilibre-des-marches-comme-optimum-social/
 
« Les économistes néoclassiques ne vivent pas dans le monde réel, mais dans un univers parallèle, basé sur des hypothèses hasardeuses et non démontrables, qui empêchent une vraie réflexion sur l’état de nos sociétés. Telles sont les conclusions ravageuses de L’Imposture économique, un livre iconoclaste de l’économiste australien Steve Keen, qui retourne contre la pensée dominante les armes de l’analyse économique la plus traditionnelle.

Le programme est énoncé sans fard et sans crainte des superlatifs dès les premières pages du livre. Il s’agit de «provoquer une révolution scientifique, attendue de longue date en économie». Pas moins. L’auteur de cette profession de foi s’appelle Steve Keen. (…) Son livre, L’Imposture économique, qui paraît en France le 9 octobre aux éditions de l’Atelier, est paru dès 2001 pour sa première édition dans le monde anglo-saxon, sous le titre Debunking economics, «Démystifier l’économie». (…) »
http://www.regards.fr/IMG/pdf/l-9.pdf
 
 
 
 
 
novembre 2014
 
 
C’est la faute au ruisseau
 à Givry,
le Journal de Saône et Loire titre « Le ruisseau qui fait peur » et, justement, n’a pas peur de poursuivre :
« Un coupable : le Farlan ».
http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2014/11/06/le-ruisseau-qui-fait-peur
Les neurones complètement à l’envers !
 
Ce qui fait peur, vraiment peur, ce sont les travaux totalement irresponsables qui ont été réalisés dans la zone inondable, le lit majeur du ruisseau

Faute d’avoir été prévenue, ne sachant interpréter ce qu’elle vit, une nouvelle riveraine déclare : « Si un permis de construire a été accordé là, alors on doit avoir le droit d’y vivre en sécurité ». Sauf qu’aucun permis de construire n’aurait dû être accordé à cet endroit. Le JSL indique que cette personne habite Rue des Mouillères… Le nom du lieu est limpide. Il indique un terrain mouillé, ancienne tourbière comblée (ou étang), mais où l’eau est bien entendu toujours présente. Bref, l’une de ces précieuses zones humides riches en biodiversité et si utiles à la régulation de l’eau. 
une mouillère : 

Comment a-t-on pu couler le béton et le bitume à cet endroit ? Depuis combien de temps fait-on n’importe quoi à Givry ?
 
Apparemment, les désordres ne datent pas d’hier :
« Le principal problème est que son cours a été modifié au fur et à mesure des constructions » dit la maire actuelle. Et, parmi ces « modifications » : plusieurs enterrements dans des buses évidemment trop petites.
On en reste baba et cela fait penser à… St Gengoux les Flots.

La crue éclair de La Londe les Maures (4 morts le 29 novembre), a pleinement révélé l’urbanisme irresponsable de la commune.  Le mur du çon a été explosé lors de l’ouverture du journal de 13H sur France Inter, le 29 novembre :
« (…) les habitants des lotissements construits le long des rives de La Maravenne n’en peuvent plus. (…) Ces habitants veulent des explications. (…) Depuis des années, les élus, le maire de La Londe les Maures en tête, proposent de faire des travaux, de creuser le lit de cette rivière, de bétonner les contreforts des rives afin que l’eau s’écoule en restant confinée ; seulement il y a des procédures, des délais, des recours administratifs à purger, bref c’est très long, trop long (…) »http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1012573
 
Rebelotte à 19H ce même 29 novembre, toujours sur France Inter, où la parole est donnée à l’adjoint « à l’urbanisme, aux travaux et à l’environnement » de La Londe les Maures, pour un exposé d’une haute technicité :
« La loi sur l’eau interdit de mettre des pelles dans le lit majeur !! Et donc, aujourd’hui, il faut que nous ayons l’autorisation de mettre des pelles mécaniques et des bulldozers, ainsi que des camions, dans le lit majeur, que nous approfondissions le lit majeur; et, à ce moment-là, on aura un meilleur écoulement des eaux »
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1012667
 
Un diagnostic éclairé confirmé par le maire de La Londe les Maures : « Les élus locaux connaissent parfaitement leurs rivières. Si on baisse le niveau de la rivière de deux mètres, si on talute les berges et si on fait des enrochements dans les points sensibles, il n’y a pas de raison que la rivière sorte de son lit ». « Hier, on a encore arrêté nos engins parce que la police de l’eau voulait préserver les anguilles. Le débat du jour, il est simple : veut-on préserver les anguilles ou des vies humaines ? » (AFP).
 
Cependant, un journaliste rapporte :
« De son côté, le maire de La Londe, a concédé qu’il y avait des constructions en zone inondable ». En effet, il y en a eu beaucoup.  Comme cela a échappé au journaliste de France Inter : des lotissements entiers !
 
La FNSEA n’a pas manqué de renchérir : « Dans le Var, depuis quatre ans, une demande a été faite pour utiliser des pelles mécaniques pour entretenir les cours d’eau. Mais il n’y a toujours pas d’autorisation, car il faut des études d’impact qui durent des années, pour protéger par exemple des espèces comme les grenouilles » (sic). C’est du Jérôme Despey, secrétaire général adjoint. Et d’expliquer que, en l’absence d’entretien, arbres et végétaux poussent dans le lit des rivières et différentes espèces d’animaux peuvent fragiliser les digues et les canalisations.
Eh oui, ce serait tellement mieux si tout était bétonné, « propre », sans vie. Comme ça :
 
En clair, tous préconisent d’ajouter plus de destructions aux destructions déjà commises et qui sont cause de la plupart des désordres. Une course en avant pour effacer la dérangeante histoire des dégradations – et fuir les responsabilités – en poursuivant les saccages jusqu’à l’anéantissement des cours d’eau et de la vie qui les accompagne.
 
 
Allez ! Encore une…
 
Situé en zone humide, le futur lotissement Le Bel-Air à la Rivière-Saint-Sauveur, se trouve inondé. La résidence Les Canotiers, habitée, a également été touchée par les inondations, bien que les vide-sanitaires aient quelque peu ralenti la montée des eaux. Rue des Tanneries dans le bourg, une maison située tout près de l’Orange a été inondée également.

 

http://www.lepaysdauge.fr/files/2013/12/inondations-27-12.jpg
 
La connaissance des lieux a été perdue (et intentionnellement cachée). Au point que, même, la toponymie ne dit plus rien aux nouvelles générations.
 
 
 
 
 
 
L’incompréhension et l’intolérance ne cessent de grandir
La représentation d’une performance sur l’histoire du racisme en Afrique du Sud perturbée par une violente manifestation
http://www.20minutes.fr/paris/1490311-20141128-saint-denis-representations-exhibit-b-annulees-apres-incidents-lors-manifestation

« Exhibit B », une évocation des « zoos humains » qui scandalise
http://www.lemonde.fr/scenes/article/2014/11/27/exhibit-b-l-evocation-des-zoo-humains-dechaine-la-polemique_4530471_1654999.html

Breyten Breytenbach était sur place. Il constate : « (…) Il s’agit d’un procès d’intention. (…) il s’agit d’un énorme malentendu. (…) C’est un véritable manque de tolérance, un manque d’ouverture d’esprit. Terrible ! Si la France est devenue ça, c’est vraiment triste. »
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1012109

En effet, c’est devenu ça ! Un ramassis frileux sans recul, sans pensée critique ni ouverture. Un pays du politiquement correct et de la réinvention de la censure.
 
 
 
 
 
l’Europe enquête sur l’infraction à la législation sur l’eau commise par la France
Dans l’affaire de Sivens – mais aussi dans beaucoup d’autres cas – la France n’a respectée ni la législation européenne sur l’eau (DCE 2000) ni sa propre législation (LEMA 2006, etc.).
La Commission a décidé d’ouvrir une procédure car « sur les bases d’informations dont elle dispose, les autorités françaises ont lancé le projet nonobstant la détérioration de l’état écologique de la masse d’eau qu’il est susceptible d’entraîner ».
http://www.metronews.fr/toulouse/barrage-de-sivens-bruxelles-enquete-sur-le-projet-25-de-l-investissement-europeen-suspendu/mnkz!dOdYOaywVEuyU/
 
Barrage de Sivens : pourquoi Bruxelles ouvre une procédure d’infraction
Bruxelles va donc adresser « une lettre de mise en demeure » à Paris pour « violation présumée de la directive sur l’eau dans la réalisation du projet ». Les autorités françaises auront deux mois pour répondre. 
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/11/26/barrage-de-sivens-bruxelles-va-ouvrir-une-procedure-d-infraction-contre-la-france_4529460_3244.html

 

 
 
Bouleversement climatique : 
 l’exceptionnel devient la règle
 
32 personnes sont mortes dans des intempéries « exceptionnelles » qui ont frappé ces derniers jours le sud du Maroc 
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/11/24/le-maroc-frappe-par-des-intemperies-meurtrieres_4528056_3212.html
 
Maroc : inondations meurtrières dans le sud
Ces régions ont été victimes de pluies diluviennes qui ont commencé jeudi 20 novembre et qui se poursuivent à faible quantité ce lundi 24 novembre, causant la crue de plusieurs oueds au pied des montagnes du Haut et de l’Anti-Atlas. 
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20141124125724/
 
 
Le littoral aquitain mangé par les tempêtes exceptionnelles de l’hiver 2013-2014 « Il y a eu une succession de fortes tempêtes sur une courte période (…) Le cumul d’énergie généré par les vagues a été deux fois supérieur à la plupart des hivers des 50 dernières années », explique Cyril Mallet, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’un des auteurs d’un nouveau rapport de l’Observatoire de la côte aquitaine sur ces phénomènes.
http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2014/11/22/le-littoral-aquitain-mange-par-les-tempetes-exceptionnelles-de-l-hiver-2013-2014,1220764.php
 
 
Les tempêtes ont fait reculer la côte aquitaine jusqu’à 40 mètres
La nature n’est pas près de réparer les conséquences de l’épisode exceptionnel des huit fortes tempêtes qui ont frappé en un temps record le littoral d’Aquitaine pendant l’hiver 2013-2014. Non seulement la côte a globalement reculé de plus de 10 mètres et les plages se sont affaissées, s’érodant de 2 à 4 mètres, mais l’été suivant, les vagues n’ont pas rapporté de sable comme à l’ordinaire. Résultat: la façade atlantique va devoir affronter les prochaines intempéries sans la protection de nombreuses dunes gommées par les « coups de cuiller » des vagues comme disent les experts.
http://www.lemonde.fr/climat/article/2014/11/21/les-tempetes-ont-fait-reculer-la-cote-atlantique-de-dix-metres_4527526_1652612.html
 
 
 
 
 
 
Depuis le Clunisois, un regard sur Sivens
 
Références : l’étude d’impact du « Projet de la création de la retenue d’eau de Sivens, commune de l’Isle-sur-Tarn » (Préfet de la Région Midi-Pyrénées – juillet 2012)
et l' »Expertise du projet de barrage de Sivens » (Conseil Général de l’Environnement – octobre 2014)
 
Dès le préambule de l’étude d’impact (p. 2), l’évocation de l’autorité environnementale nous rappelle qu’à Saint Gengoux le National (1) le collectif de sauvegarde de l’eau et de l’environnement vient tout juste d’apprendre l’existence de cette entité régionale en découvrant qu’elle s’était penchée amoureusement sur un petit ruisseau à 5 kilomètres de la tête de bassin versant oubliée de tous.
 
1ère constatation :
Au moins, pour Sivens, il y a eu étude d’impact, enfin une étude allant jusqu’à identifier les différentes espèces et reconnaître « la présence d’espèces protégées et d’habitats protégés ». Il a même été envisagé une compensation avec un coefficient autour de 2 et la restauration de certains tronçons aval. Il y a eu consultation de la fameuse Autorité Environnementale. Etc.
 
A Saint Gengoux le National, pas l’ombre d’une étude. Que des mensonges et des dissimulations. L’histoire de la cité médiévale et ses plans ? Effacés. L’histoire des crues ? Effacée. La mémoire des vivants ? Anéantie. L’existence historique du ruisseau ? Niée. La nappe phréatique ? N’existe pas. La Loi sur l’Eau et le Code de l’Environnement ? Le préfet a déclaré qu’ils n’étaient pas compétents en l’affaire.
 
Deux méthodes que tout semble opposer, un même résultat : l’anéantissement. Nous sommes bien dans en France où, depuis pas mal d’années déjà, on se demande de plus en plus ce qui peut bien servir à quelque chose.
 
2ème constatation qui prend forme très vite :
Cette histoire de compensation relève vraiment d’une culture impérialiste qui a supprimé toute l’ouverture sensible indispensable à la compréhension du vivant.
 
Ici, on détruit des habitats originaux et une quantité indéterminée de vies, donc tout un ensemble si complexe que l’on ne peut le comprendre tout à fait, et sûrement pas le déplacer ou le reproduire. Cependant, les technos prétendent reconstituer l’essentiel là… Aussi simple que les vases communicants. Vision de pure réduction mécaniste ! Ecologie quantitative de papier.
 
3ème observation :
Nous n’avons vu nulle part si l’ouvrage (« réservoir de stockage d’eau ») est seulement conçu pour l’irrigation classique ou s’il a été pensé aussi pour réalimenter la nappe phréatique, donc si son fond devait être étanche ou non. Même pas vu dans l’expertise d’octobre. C’est, pourtant, une caractéristique extrêmement importante.
 
Nous avons, en effet, eu la surprise de découvrir que des « retenues collinaires » sont réalisées avec un fond étanche… mais peut-être ne s’agit-il que de celles destinées aux stations de sports d’hiver ou à la lutte contre l’incendie ?
http://photostp.free.fr/phpbb/viewtopic.php?f=56&t=12995&start=60
 
Car le grand intérêt des « retenues collinaires » et autres johads (2), c’est de retenir l’eau pour alimenter les nappes phréatiques par infiltration, afin que cette régulation de l’eau bénéficie à tout l’environnement, pas de permettre de faire de l’irrigation avec pertes par évaporation, et salinisation (et, sans doute, privatisation de l’eau).
 
Mais, pour Sivens, la contre-expertise précise le décapage soigné du fond et que 43 000 m3 de matériaux « devront » (!) être importés.
 
C’est ce que nous redoutions ! La dimension du projet et, surtout, sa substitution à une zone humide (!) le trahissaient. L’étanchéification du fond achève le tableau. Ces retenues n’ont aucun rapport avec la restauration écologique qui est l’objectif des johads indiens et autres techniques de réalimentation des nappes phréatiques et de régulation des étiages (par infiltration et non par lâchages !). C’est affligeant.
 
Là, clairement, l’objectif est le détournement du bien commun. L’eau de pluie qui doit profiter à toutes les vies, à « l’économie de la nature », est détournée et privatisée par une forme d’économie si coupée des autres, de la biosphère, et si réductionniste qu’elle vit au détriment du bien commun (de l’écosystème).
 
Que deviendrait la nappe phréatique avec ce projet ? La zone humide qui contribuait à l’alimentation de celle-ci une fois supprimée, l’eau détournée (loin ?) et largement évaporée… le niveau de la nappe ne risquerait-il pas de baisser, rendant (pour les mécanistes) plus nécessaire encore les retenues étanches et l’irrigation ? Etc.
 
Cela a-t-il été étudié (pas vu) ? La « compensation » prévoit-elle l’alimentation de la nappe (pas vu) ?
 
Nous n’avons même pas vu évoquer la nappe phréatique, seulement « l’aquifère » pour dire que l’existence des zones humides résulte de la présence d’un aquifère temporaire (?), etc. (page 8). Cet « aquifère » n’aurait-il pas de rapport avec la nappe phréatique qui dépend beaucoup des zones humides ?
 
Il semble que l’alimentation de la nappe phréatique par les zones humides n’a pas été bien envisagée.
 
Même la contre-expertise semble oublier la nappe phréatique, n’établissant de rapport qu’entre l’agriculture et l’irrigation. De même, le « soutien d’étiage » semble ne dépendre que des lâchages superficiels. Rien sur l’infiltration-percolation.
 
L’ensemble de l’approche apparaît de plus en plus superficielle, ne se préoccupant que des eaux de surface, un peu comme si une étude botanique oubliait les racines…
 
Aurions-nous raté quelque chose ?
 
le Collectif de sauvegarde de l’eau et de l’environnement de Saint Gengoux le National
 
 
(1) L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – l’engrenage exemplaire de la dégradation du bien commun
sur ce site et :
Le Ruisseau de Nolange – première partie
http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-lengrenage-exemplaire-de-la-degradation-du-bien-commun/ 
 
L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie 
http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-seconde-partie/
 
(2) Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés
Sur ce site : voir le sommaire
 
voir encore :
Rainwater Harvesting
Rainwater harvesting is a technique of collection and storage of rainwater into natural reservoirs or tanks, or the infiltration of surface water into subsurface aquifers (before it is lost as surface runoff).
http://akvopedia.org/wiki/Rainwater_Harvesting
 
avant et après johads
 
 
 
 
 
Le sel de la Terre
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=220717.html
 
Le film réunit les intelligences sensibles de Sebastião Salgado et de Wim Wenders.
 
C’est, de toute évidence, trop intelligent et sensible pour beaucoup de critiques français confits dans l’aigreur et le dénigrement – surtout quand ose se montrer à nouveau la culture alternative à l’idéologie anti-nature du système impérialiste.
 
Sebastião Salgado a parcouru longuement les enfers de cette époque de haine et de destructions fanatiques, avant de partir à la découverte amoureuse de la biosphère qui l’a aidé à retrouver la confiance et l’espoir.
 
Salgado doit grandement sa carrière à sa compagne, Lelia Wanick, qui a, la première, acheté un appareil photographique et l’a toujours soutenu et appuyé. Sebastião et Leila sont indissociables. C’est encore elle qui a eu l’idée de tenter la restauration de la Mata Atlântica, la forêt orientale brésilienne dévastée par des dizaines d’années d’exploitation à blanc. Pour mesurer la folie industrielle des trois dernières générations et l’ampleur du désastre, souvenons-nous que cet écosystème était considéré comme l’un des plus diversifiés de la biosphère.
 
Dans le Minas Gerais désertifié, les 700 hectares de la fazenda des parents de Sebastião n’étaient plus que désolation. Lelia y a vu une invitation à ressusciter les paysages verdoyants de l’enfance. La ferme familiale est devenue l’Instituto Terra où, maintenant, la vie renaît. C’est maintenant l’une des démonstrations alternatives qui montrent le chemin pour sortir du crépuscule créé par quelques dizaines d’années de politiques stupides. Une restauration spectaculaire qui rappelle celle menée par des paysans du Rajasthan depuis près de 30 ans : 
Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=90:8-restauration-des-ecosystemes-restauration-des-societes&catid=9&Itemid=470
 
Des sixties de la révolte au nouvel espoir écologiste, l’aventure est aussi émouvante que singulière. Merci à Wim Wenders de nous avoir entraînés à la suite des Salgado.
 
ACG
 
sur l’Instituto Terra :
http://www.institutoterra.org/eng/conteudosLinks.php?id=22&tl=V2hvIGFyZSB3ZT8=&sb=Mjk=#.VG7zXY80nhc

Reforestation : l’expérience d’Instituto Terra au Brésil
http://positiveeconomy.co/fr/video/sebastiao-salgado-lh-forum-2012/

Instituto Terra – Institutional Video
https://www.youtube.com/watch?v=p0Aw3JEtQoU
 
 
 
la fazenda de Bulcão avant 2001

 
depuis 2011
 
 
 
 
 

 

 

 

 

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