…et un regard sur l’autre « actualité« , celle du système qui est en train de détruire le vivant

 

 

sommaire
Encore et toujours l’amiante
Représentation immobiliste
NDDL : imposture et simulacre
Le fiasco est complet
L’anthropocentrisme démasqué

Bob Dylan après Dario Fo
En France, le viol est un phénomène massif  
Une France empreinte de la culture du viol
La bagnole, un symptôme de tout le reste 

A propos de « la science économique« 
Vous avez dit ALSTOM ? 
L’air, ce tueur de masse, dixit l’OMS
Déclin des passereaux : prise de conscience
La France est « un pays psychologiquement usé, au bord de l’épuisement« 
Et vous, « anthropocène« , ça vous va ?
Légende André Gorz : vous reprendrez bien une dose de bourrage de crâne ? 
Isolation par l’extérieur obligatoire !
Droit au coeur du chaos, pied au plancher

L’OLIVIER le film
Pollution aux gaz d’échappement de moteur diesel : des effets sur les fœtus sur 2 générations

Une « société » capable de traiter ainsi les réfugiés a perdu la mémoire et le sens du bien commun, et n’a plus rien à espérer
Il y a 80 ans, l’Espagne était écrasée par les fascismes
Le crépuscule des grenouilles 
La dégradation des coraux est d’une ampleur et d’une durée inédites
Le camion de Nice n’a pas surgi du néant
A l’origine des dérives fanatiques, la situation au Proche-Orient ne cesse de s’aggraver
Fanatismes, pathologies individuelles et sociales… et affaiblissement des résistances
Vente d’armes et conflits, le témoignage de Régis Wargnier :
Tous coupables du malheur qui nous frappe, par Yasmina Khadra
La Papouasie Occidentale est toujours sous la botte indonésienne

Tout ce qu’on nous a fait avaler !

Le prix à payer, film d’Harol Crooks
La pensée d’Yves Bonnefoy restera
Rocard disparaît sous les éloges
Les fruits de la dévitalisation
Nouvel assassinat d’une écologiste aux Philippines
Ibrahim Kachouch : 5 ans déjà !
Plus de 700 migrants noyés en une semaine en Méditerranée
Denis Baupin : une affaire hautement révélatrice
Rapport accablant de l’Observatoire de la Biodiversité
Abattoirs : Nous sommes tous complices de cette barbarie
Des chimpanzés sauvés de la mort scientifique
Harcèlement et agressions sexuelles à gogo chez les Verts
Zones humides : le massacre continue
Produits ménagers : la liste noire
Les abattoirs : miroir de notre civilisation
être tué à l’abattoir de Mauléon
Quelque chose de pourri en profondeur
Quand l’abattoir vient à la ferme
Derrière la gastronomie, une cruauté de masse
Guadeloupe : monstre chimique
Saint-Denis : les Oubliés des attentats
Après l’assaut du Raid, l’État ne répond plus
Crise  agricole,  crise  de l’élevage…
La dégénérescence même dans le  bio  !
La terre en morceaux  
NDDLandes : l’ultime perfidie
Ce que ces enfants vivent va marquer leur mémoire
Crise des migrants : un naufrage européen
Ainsi, l’Europe sombrait dans l’obscurité
La  crise  des réfugiés, révélatrice de la crise générale
L’alternative façon XXIème siècle
Résilience des paysages anthropisés
Comment Barack Obama a laissé la Russie dicter sa loi en Syrie
Résultat du refus d’imposer une interdiction aérienne aux psychopathes de Damas
Biodiversité, climat, bien commun, eau, patrimoine, préservation de l’économie locale, démocratie…
Biodiversité : le Sénat vote une loi écornée par le lobby des chasseurs
À cause de la grande distribution, en soixante ans, la France a perdu 300 000 « points de vente », alors qu’elle aurait pu en gagner 800 000 !
novembre 2016
Encore et toujours l’amiante :
Condamnation d’un établissement public

le CHU de Besançon condamné à 40 000€ d’amende avec sursis pour avoir exposé une partie de ses salariés à l’amiante entre 2009 et 2013.

 
Le sentiment des personnels exposés rejoint le constat fait à l’échelle nationale depuis des années :
« On ne comprend pas la finalité de cette condamnation extrêmement symbolique. 40 000€ avec sursis c’est à dire rien ! Donc, l’employeur public peut très bien recommencer. Cela ne lui coûte rien. Cette mise en danger de mort et d’infirmité permanente de ses propres personnels – sciemment. Et que pour cela les gens qui se sont permis, en toute conscience, de faire cela sont tous en place et le seront demain matin. Il n’y a rien de changé dans l’établissement.« 
 
On apprécie le « sursis » accordé à l’établissement coupable. Un « sursis » que n’ont pas connu les victimes de l’amiante et les personnes exposées qui demeurent dans l’incertitude toute leur vie.
 
Cependant, ce jugement est une première en France. Presque une révolution !
 
Dans ce pays où même le Sénat a produit (en 2006 !) un acte d’accusation détaillé sur Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir (https://www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-1.html), jamais un établissement public et, qui plus est, un établissement non transformateur/producteur d’amiante n’avait été ainsi condamné ! Certes, il y a bien eu les condamnations pour faute inexcusable de l’employeur (une procédure difficile, inaccessible à la plupart), mais toutes sont tombées au fond du grand tiroir des affaires classées, effacées, oubliées. Elles n’ont jamais été suivies d’une enquête, d’une procédure, pour établir les responsabilités, corriger les défaillances, supprimer la cause des pollutions, établir le suivi médical des personnels, etc. Ce qui devrait être un commencement a été aménagé en voie sans issue. Ainsi, tout le travail d’établissement des faits et d’analyse effectué au cours de ces procédures longues et fouillées n’a strictement servi à rien (a). Une justice poudre aux yeux.
 
Evidemment, cette énorme carence n’est pas le fait d’un simple oubli. En France, toutes les voies de recours ont été fermées. Et la presse, elle-même, s’est tue. Les dernières illusions qui encourageaient encore à l’action voici quelques années ont été soigneusement effacées. Il n’y a plus rien.
 
Bien sûr, la direction du CHU Jean-Minjoz a fait part de son intention de faire appel de la condamnation.
 
 
(a) Ainsi pour la Comédie Française : 5 maladies professionnelles reconnues et 2 condamnations pour faute inexcusable de l’employeur :
« La Comédie Française côté tragédie« , Le Canard Enchaîné N° 4439 du 23 novembre 2005.
« Une tragédie bien réelle à la Comédie Française« , article signé VS de L’Yonne Républicaine, décembre 2006.
« La Comédie Française condamnée aussi« , article signé VS de L’Yonne Républicaine du 20 02 2007.
« La mort en coulisses« , article de Patrick Herman, Témoignage Chrétien N°3242 du 1er mars 2007
« L’Amiante tue à la Comédie Française« , revue Coulisses n°47 de mars 2007 du Syndicat National des Professionnels du Théâtre et des Activités Culturelles)
« Les théâtres aussi sont confrontés à l’amiante – Un mort et deux malades à La Criée, à Marseille, deux décès à la Comédie-Française. La réflexion est en cours« , article de Brigitte Salino, Le Monde du 16 12 2010
http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/12/16/les-theatres-aussi-sont-confrontes-a-l-amiante_1454294_3246.html#SiGvixwZFcwDyJgc.99
 
 
 
Sur ce que vivent les victimes et leurs proches :
« Mourir d’amiante« , récit du combat d’Anne-Marie Goudard, Libération du 21 02 1997
 
 

 

 

REPRESENTATION IMMOBILISTE
168 maires d’Ile de France s’opposent à toute évolution

On ne connaît que trop la responsabilité de la plupart de ces favoris des lobbies dans la dégradation générale, particulièrement dans l’effondrement de la biosphère. A l’heure du bouleversement climatique, des 40 000 décès annuels dus à la pollution atmosphérique en France (400 000 en Europe), de la stérilisation des terres et des campagnes sous le système automobile (un monopole radical s’il en est), la posture de ces élus n’est-elle pas un petit peu paradoxale ?

manif à vélo aux Champs Elysées en 1972

45 ans après les premières manifestations contre l’invasion automobile, sous la houlette du lobby automobile, ces délégués à priori chargés de défendre le bien commun se dressent contre toute tentative de réduire la première nuisance urbaine.

Voilà qui permet d’apprécier précisément quel est leur degré de conscience et l’imposture d’un système électoral qui s’oppose au bien commun.

dessin de Mix et Remix

 

 

 

NDDL : imposture et simulacre

L’espoir que le ciel n’est pas vide avait été ravivé par une rapporteure publique faisant un salutaire rappel à la loi et à la logique du vivant (1). La larme à l’oeil, des foules de croyants se maudissaient déjà d’avoir été trop sceptiques vis à vis de l’institution. Ils s’apprêtaient même à reprendre le chemin des urnes.

Mais, dans un système « anti-nature«  débridé depuis des décennies, la résilience n’est que mirage. Force doit rester au saccage du bien commun !

Pillons, détruisons, ne laissons rien subsister !

Les croisés de l’Ordre du Profit ont encore fait résonner une enceinte de « l’État de droit » de leurs cris. Cri d’amour pour la domination, cri de haine pour la vie. Happés par le vertige de la mort, ils ont précipités le monde dans un chaos. Mais que leur importe ? Ils en jouissent.

Ils n’ont jamais souffert la moindre résistance. Toutes les tentatives ont été étouffées ou récupérées. Celle de l’opposition à la destruction du pays de NDDL n’a fait qu’exaspérer leur fièvre et leur entêtement.

La préservation du peu qui reste ? Infléchir leur course à « la croissance marchande » (2) ? Libérer les alternatives à leurs chères – très chères – industries dures ? Vous n’y pensez pas ! Le chaos est leur élément, et de toutes leurs forces, ils veulent l’amplifier pour se sentir encore puissants pendant qu’il en est temps :
Romain Felli: «Au lieu d’être un obstacle pour le capital, le…
liberation.fr

Le capitalisme tire parti de la crise climatique pour sauver ses profits 

La Sibérie étant démodée, la magistrate rapporteure publique ira sans doute poursuivre sa carrière exemplaire en Guyane, ou en Nouvelle Calédonie comme les gendarmes qui voulaient intervenir au Bataclan (http://www.profession-gendarme.com/attentat-pourquoi-ont-ils-interrompus-laction-des-gendarmes/)

 

(1http://www.francetvinfo.fr/politique/notre-dame-des-landes/notre-dame-des-landes-le-rapporteur-public-demande-l-annulation-d-arretes-autorisant-les-travaux_1909699.html

(2) « La croissance marchande » vantée par Michel Rocard et le bureau du PSU en 1974 dans un courrier qu’ils croyaient confidentiel.

 

 

 

octobre 2016

Le fiasco est complet

 
Après le Jour du Dépassement * établi maintenant au début du mois d’août, le dernier rapport sur l’état de la biosphère confirme l’effondrement du vivant. Vu la progression exponentielle des destructions et la furie de la domination et du profit qui ont été imposés à peu près partout et à tous les niveaux, il ne peut en être autrement.
de la capacité de la biosphère à renouveler ce que les hommes consomment et détruisent chaque année
http://assets.wwffr.panda.org/downloads/27102016_lpr_2016_rapport_planete_vivante.pdf

 

Cependant, il est très fâcheux que le rapport soit sous-titré « Risque et résilience dans l’Anthropocène » et que, tout au long du texte, on rencontre « l’Homme«  au singulier. De même cet « Homme«  est distingué de « la Nature« , comme si l’humanité était étrangère à la biosphère. Mais s’agit-il d’une maladresse ? Cela cache les causes culturelles et structurelles du naufrage. Aucune esquisse d’analyse là-dessus ! Ainsi, l’attention est-elle détournée du principal responsable du désastre, qui n’est, évidemment, pas l’humanité dans son ensemble (1) !

Face à une telle faillite, ne serait-ce que pour deviner comment enrayer le processus mortifère, l’important serait d’apprendre comment et pourquoi – bref, l’histoire de toute l’affaire.

Le hic, c’est que cet « Anthropocène » rejette la responsabilité sur tous, y compris les victimes (2). Donc, il détourne des questions éclairantes sur la genèse du processus. A croire que le mot et l’idée ont été pondus exprès… Tactique de l’écran de fumée ? Une grosse annonce très médiatisée pour attirer l’attention en paraissant à la pointe de la cause écologiste, mais assortie d’un message lénifiant et démobilisateur, un leurre qui accroît la confusion… Comme souvent.

Les écologistes analysent et préviennent depuis des dizaines d’années, plusieurs générations. Sans même évoquer les grands anciens, l’alarme a été donnée dans les années 1950/1960.

Il y avait, alors, un vrai sentiment d’urgence car des destructions sans précédent étaient développées partout, et les projets mirifiques présentés comme des « progrès » annonçaient des désastres encore plus grands. La disponibilité et la sensibilité étaient plus grandes qu’aujourd’hui puisque les prémices des catastrophes actuelles qui ne motivent pas grand monde avaient suffi à soulever un mouvement planétaire. Alors, tous parlaient de « prise de conscience« . Mais ce que nous ignorions et qui expliquait la mutation dont nous ne voyions que les effets, c’est la prodigieuse mobilisation de forces pour pousser sans limites l’exploitation des hommes et de la biosphère : la globalisation néo-capitaliste.

En ces temps de guerre économique totale sous prétexte de « guerre froide« , l’alerte écologiste n’est pas passée inaperçue des stratèges à la manoeuvre. Une partie de l’appareil de la « guerre froide » a été redirigée contre les nouveaux trublions. Très vite, les écologistes ont été entourés par des gens qui disaient partager leurs inquiétudes, et ne leur vouloir que du bien. Mais ceux-là étaient venus pour tout autre chose. Comme auparavant les militants sincères des organisations syndicales et politiques *, les écologistes indifférents aux manœuvres de séduction-intimidation ont bientôt été muselés, escamotés, remplacés par des masques, rejetés et condamnés à l’impuissance et au silence. Bannis. Le capitalisme ne souffre aucune résistance.
* principalement entre l’organisation de la scission de la CGT, en 1946/47, et la grande vidange du PSU en 1964

En quelques années, c’en était fini de la mobilisation des consciences et des volontés. La finance, les lobbies adoubés, les ex-faux gauchistes révélés néo-cons, et les « gagneurs« , avaient le champ libre. Nous ne cessons d’en admirer les résultats.

Les foules n’ont rien vu de la substitution. Elles n’ont pas non plus compris pourquoi leurs espoirs étaient sans cesse bafoués par ceux qui disaient les représenter et les défendre. Elles ont longtemps continué à élire les imposteurs en espérant un retour à la cohérence. La confusion engendre toujours plus de confusion.

Le désastre n’a pas été généré par la culture du bien commun qui, naturellement, a longtemps été la mieux partagée. La situation écologique est devenue gravissime parce qu’elle l’est culturellement, philosophiquement et politiquement depuis longtemps, parce qu’il y a eu un changement de paradigme, d’habitudes et de réflexes. Avec l’élimination systématique des forces vives de la nouvelle gauche écologiste qui proposaient la restauration de la culture du bien commun pour éviter le chaos et construire une civilisation conviviale, le sens, le « bon sens« , celui inspiré par le vivant, a été perdu.

Maintenant, le risque est très grand que les foules abusées et désinformées se tournent massivement vers les Diafoirus les plus fous. C’est déjà le cas pour ceux qui sont tombés dans la violence et augmentent l’alarme des autres désorientés.

Les apprentis sorciers ont lancé et continuent d’entretenir la spirale infernale. Le leurre Anthropocène démontre leur volonté de ne rien changer sur le fond (3).

ACG

 
 
(1) « Et vous, « anthropocène« , ça vous va ? »

https://renaissancerurale71bis.wordpress.com/2016/10/28/et-vous-anthropocene-ca-vous-va/

Dans tout ce rapport de 144 pages, pas une fois capitalisme, capitalisation ou globalisation. Pas même libéralisme. Tout juste libéralisation (du commerce) : 2 fois.
 
 
(2) Le seul exemple, mais apocalyptique, de l’huile de palme industrielle dit où sont les responsabilités : « Huile de palme : désastre mondial« 
 
 
(3) Au lieu d’être un obstacle pour le capital, le réchauffement climatique lui permet de s’étendre à de nouveaux secteurs
« (…) Y a-t-il une réelle volonté des Etats et des sociétés d’enrayer le réchauffement climatique ? Géographe et politiste suisse Romain Felli en doute et voit plutôt se profiler, depuis des années, une logique d’adaptation qui servirait un «capitalisme climatique». Dans un essai percutant, la Grande Adaptation : climat, capitalisme et catastrophe, il met en lumière ce qu’il estime être un renoncement. (…) »
La Grande Adaptation, par Romain Felli
Le capitalisme tire parti de la crise climatique pour sauver ses profits

En Alberta, tout est dévasté pour le profit

 

 

L’antropocentrisme démasqué

Vous pensez que les humains sont bien plus intelligents que les autres animaux? Pas si vite, Einstein! Des chercheurs de l’université australienne d’Adélaïde démontrent dans un livre à paraître, The Dynamic Human, (trad. L’Homme dynamique, ndr.), que les humains ne sont pas beaucoup plus intelligents que les autres créatures – et que certains animaux peuvent être plus brillants que nous. 

« Depuis des millénaires, toutes sortes d’autorités –des autorités religieuses aux éminents savants– répètent la même idée ad nauseam, à savoir que les humains sont connus pour être les plus intelligents du royaume animal », écrit le docteur Arthur Saniotis, le co-auteur du livre et professeur invité à l’école des sciences médicales d’Adélaïde. « Pourtant, la science nous montre que les animaux peuvent avoir des facultés cognitives supérieures à celles des êtres humains. »
(…)
« La thèse de la supériorité cognitive humaine s’est ancrée dans la philosophie et les sciences humaines », explique Saniotis. « Même Aristote, qui est probablement le plus influent de tous les grands penseurs, affirmait que les humains étaient supérieurs aux autres animaux de par notre capacité exceptionnelle à raisonner. »

Mais la raison n’est qu’une des formes d’intelligence existantes, selon Saniotis et Hennerberg. (…)

…de toutes façons, il suffit d’observer comment se comporte une quantité invraisemblable d’humains pour être convaincu que leurs prétentions ne sont pas à la mesure de leurs capacités. Cela semble même inversement proportionnel.

 

 

 

 

Bob Dylan après Dario Fo
 
Coïncidence étrange. Tous deux ont pleinement participé au mouvement critique et révolutionnaire des années 1960, et la suite, celui qui a été baptisé new left, nouvelle gauche – celui qui a tenté de contrecarrer l’installation de l’ultra-capitalisme, l’impérialisme destructeur de toute vie. Scandale chez ceux qui se placent au-dessus du panier et considèrent que les institutions comme le Nobel doivent rester territoire élitiste. On a l’élitisme qu’on peut ! https://www.youtube.com/watch?v=WLwHnNybADo

Masters of War

Vous, maîtres de la guerre
Qui fabriquez toutes ces armes,
Construisez les avions de la mort
Et fabriquez ces grosses bombes
Qui vous cachez derrière des murs,
Vous abritez derrière des bureaux
Je veux que vous sachiez
Que je vois au travers de vos masques

Vous qui n’avez jamais fait
Que construire pour démolir
Vous jouez avec le monde
Comme si c’était votre petit jouet
Vous nous procurez des armes
Et puis disparaissez de notre vue
Pour vous éloigner et vous cacher
Quand les balles sifflent 

Comme Judas autrefois
Vous mentez et trompez
Vous voulez nous faire croire
Qu’une guerre mondiale peut se gagner
Mais je vois à travers vos yeux
Et je vois à travers vos cerveaux
Comme je vois à travers les eaux
Qui s’écoulent dans nos égouts

Vous tendez la gâchette
Pour que les autres tirent
Puis vous vous retirez et regardez
Alors que le nombre de morts empire
Vous vous cachez dans vos demeures
Alors que le sang des jeunes
S’écoule de leur corps
Et se fond à la boue
(…)

http://www.bobdylan-fr.com/trad/mastersofwar.html

 

 

 

En France, le viol est un phénomène massif

Près de 100 000 viols chaque année : multiplication de « faits divers » ou réel problème de société ?

Le viol – agression sexuelle avec pénétration – est un phénomène massif, et pourtant encore peu dénoncé et peu condamné : 
parmi les dizaines de milliers de victimes, environ 1 sur 10 porte plainte, et seule 1 plainte sur 10 aboutira à une condamnation
 
Le viol est un crime sexiste : 
la quasi-totalité des agresseurs sont des hommes quand l’immense majorité des victimes sont des femmes et des enfants. 
Enfin, le viol est une arme de destruction des femmes comme en témoignent les conséquences nombreuses qu’il génère chez ses victimes, tant physiques que psychiques.
 
Cinq raisons principales expliquent cette réalité inacceptable : 
 
une tolérance sociale qui peut valoriser la « culture des violeurs » et laisse peser la responsabilité sur les victimes ; 
 
une écoute insuffisante des femmes ou enfants victimes, notamment parce que les professionnel.le.s ne sont pas assez formé.e.s pour les accueillir, les protéger et les accompagner de manière adaptée ; 
 
des défaillances dans le recueil et la préservation des preuves conduisant à ce que de nombreuses affaires soient classées sans suite ; 
 
des délais de prescription inadaptés aux violences sexuelles et aux conséquences du choc post-traumatique qui peuvent souvent retarder longuement la révélation des faits ; 
 
la minimisation du viol du fait de sa fréquente « correctionnalisation » (le viol, un crime, est déqualifié en délit). (…)

Ce viol « massif » commence dans les têtes. Il y commence parce qu’il y manque quelque chose – souvent beaucoup. 

C’est un révélateur de l’état de la société, la manifestation d’une culture répandue, un symptôme de la prégnance de la culture de la domination et du mépris de l’autre. 

On peut oser le parallèle avec beaucoup d’autres rapports sociaux exploiteurs, harceleurs, dominateurs, méprisants, censeurs, menteurs, tous comportements violents qui, pas davantage que le viol des corps, ne soulèvent l’indignation et la réprobation générale. Un signe ! Dans tous les cas, les victimes restent sans soutien, seules, tandis que les moeurs dérivent encore. 

A rapprocher des constats sur le burn-out de la société française (Jean-Paul Delevoye)… en tout cas des causes de celui-ci.

« Reprenons-nous !« , de Jean-Paul Delevoye : une « démocratie d’émotions« 
http://www.lemonde.fr/livres/

 

Une France empreinte de la culture du viol

A quelques jours de la rituelle journée des droits des femmes – toujours le 8 mars -, voilà un sondage qui envoie dans l’atmosphère un écœurant parfum de clichés et d’idées erronées qu’on espérait enfin évaporé. Alors que le viol est reconnu par la loi comme un crime depuis plus de trente ans, qu’il mobilise contre lui sans relâche associations, plans gouvernementaux, campagnes, quatre Français sur dix estiment toujours que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude provocante (une jupe courte ?). Voilà encore que pour plus de la moitié de la population (61 % de Français, 65 % de Françaises) un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu’une femme». Et que perdure le mythe du violeur inconnu dans une rue sombre quand la plupart des viols sont commis par des proches. (…)

http://www.liberation.fr/france/2016/03/02/une-france-empreinte-de-la-culture-du-viol_1437044

 

Fausses accusations, «non» veut dire «oui» : les stéréotypes sur le viol ont la vie dure

D’après un sondage réalisé pour l’association Mémoire traumatique et victimologie, les idées fausses sur le viol sont encore largement répandues chez les Français

Un sondage Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie publié ce mercredi vient confirmer que la culture du viol est largement répandue dans la population française. Plusieurs stéréotypes restent profondément ancrés dans la population (…)

Premier problème : nombre de Français (61%) et de Françaises (65%) considèrent ainsi qu’un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu’une femme», selon le sondage. «C’est le mythe sexiste d’une sexualité masculine naturellement violente, pulsionnelle et prédatrice», dénonce l’association dans cette première photographie des représentations sur le viol et les violences sexuelles. (…) !

 

http://www.liberation.fr/france/2016/03/02/fausses-accusations-non-veut-dire-oui-les-stereotypes-sur-le-viol-ont-la-vie-dure_1436883

Pas étonnant que ce pays soit au plus bas.

NON veut dire OUI… Une telle altération de la perception et des fonctions cognitives explique beaucoup de choses, et pas que dans les relations sexuelles. Bien au-delà. Très au-delà !

La culture du viol, une culture française ? Voilà qui est très révélateur du recul sidérant depuis l’étouffement de la pensée critique des sixties et des seventies.

Un bon indicateur du délabrement culturel en progression.

 

 

Au moment de la polémique autour d’une prise de position de Kamel Daoud (suite aux agressions sexuelles du nouvel an à Cologne), les révélations sur la culture du viol à la française relativisent pas mal de choses…

Au nom de Kamel Daoud

http://www.liberation.fr/debats/2016/02/28/au-nom-de-kamel-daoud_1436364

 

 

 

 

 

La bagnole, un symptôme de tout le reste

Guillaume Meurice propose un petit tour éducatif au Salon de l’Auto

Quel meilleur endroit, en effet, pour faire provision d’absurdités grosses comme des 4×4 ?

Car, sachez-le, le 4×4, avec toutes ses roues motrices, est indispensable pour la conduite en ville, surtout sur les pavés mouillés de Saint Germain des Prés…

Vous apprendrez aussi qu' »un véhicule qui est considéré comme propre qui peut polluer moins qu’une Clio diesel » est un pick-up de 2 tonnes 6, 395 chevaux.

Non moins remarquables, les moteurs multiples équipant les 4×4, enfin certains. Explications, ces voitures sont lourdes, donc… plusieurs moteurs. Cela fait penser à la problématique du gruyère – à l’envers : plus la voiture est lourde, plus il y a de moteurs. Plus il y a de moteurs, plus la voiture est lourde…

Guillaume Meurice a appris que les voitures diesel étaient sans risques pour la santé et l’environnement. Pour vérifier, il est parti au Salon de l’auto.

J’ai appris que les voitures diesel étaient désormais sans danger pour la santé et l’environnement. Pour vérifier, je suis allé au Salon de l’Auto… Par exemple, chez la marque Honda, tous les modèles sont « éco-responsables ». Du coup, j’ai posé une question à un représentant de la firme :

Vous allez arrêter de produire des diesels ?

« Non, mais, non, si vous voulez, il faut s’adapter progressivement. On a pu sortir des modèles extrêmement performants, dont notamment un dernier moteur qu’on a sorti il y a 2 ans, qui fait 120 chevaux, qui est propre, mais… »

Un moteur de 120 chevaux propre ?

« Oui, tout à fait, c’est un moteur de 120 chevaux qui est classé comme un moteur raisonnable au niveau consommation. »

Vous êtes écologiste ?

« Non, je ne dis pas ça »…

Alors je suis allé voir une marque complètement verte, c’est Mitsubishi, marque connue pour ses gros 4×4, des voitures, on le sait, parfaitement adaptées à la ville.

« Elles sont toutes pour la ville… »

Mais est-ce qu’on a besoin d’une grosse voiture comme ça, en ville ?

« Elle est pas grosse celle-là. Ah non, elle est compact, celle-ci c’est un SUV compact. C’est petit, ça… »

Ca, c’est petit ?

« Mais oui, l’avantage de ces voitures-là… »

Mais combien de tonnes elle fait celle-là ?

« Alors, celle-là elle fait 1 tonne 8… »

1 tonne 8 ?!

La petite voiture de ville, 1 tonne 8 pour transporter, j’vous le rappelle : 50 kg de viande botoxée et un sac Vuiton. Donc, 1 tonne 8 pour partir à l’assaut des rues du VIème arrondissement de Paris car un 4×4 en ville c’est hyper-important.

« Ca vous permet, bah quand il pleut, d’avoir une meilleure adhérence, quant les surfaces, on va dire, sont moins sur route, un p’tit peu… vous avez besoin d’adhérence ! Donc, à partir du moment où vous avez 4 roues motrices… »

Même à Saint Germain des Prés, par exemple ?

« Même à Saint Germain des Prés, il pleut sur les pavés ! »

Donc, il faut des 4×4. Il faut des pare-buffles aussi. Et des treuils de 12 mètres (…)

https://www.franceinter.fr/…/le-moment-meurice-03-octobre-2…

Les monstres de 2 tonnes, voire 3 tonnes, sont autorisés à circuler à Paris. Pas les anciennes voitures 3 ou 4 fois moins grosses !

 

 

 

A propos de « la science économique« 

« Un échec absolument terrible de la « science » économique, c’est l’environnement.  (…)

Tout était sur la table au moins dans les années 70 (…)

En 68, déjà, la question environnementale était centrale dans les débats politiques et cette question a totalement disparu des facultés d’économie pour ne commencer à revenir que ces dernières années. Mais le problème, c’est que c’est trop tard !

On a perdu 40 ans absolument cruciaux dans la préservation de l’environnement, dans la préparation du futur, dans l’organisation de la transition écologique absolument nécessaire de nos sociétés.

Et, là, il y a une responsabilité majeure des économistes y compris « hétérodoxes » qui dans leur grande majorité ont négligé cette question.« 

Gilles Raveaud sur France Inter :
émission La tête au carré du jeudi 30 avril 2015
L’économie, une science en crise ?
http://www.franceinter.fr/personne-gilles-raveaud

La suite de l’émission est tout aussi passionnante… 
Geneviève Azam :
« L’économie, aujourd’hui, a intégré la dimension environnementale et la dimension écologique. L’économie de l’environnement est extrêmement prospère. Mais c’est une conception tout à fait particulière de l’environnement. C’est à dire : c’est l’économie qui ingurgite, qui internalise la nature. Il ne s’agit pas de considérer la nature comme un extérieur qui pourrait donner des informations à l’économie. Il s’agit, au contraire, d’internaliser la nature, d’internaliser les pollutions à l’intérieur même du système économique. C’est l’économie verte, c’est ce qu’on appelle la « bio économie », etc. (…) »
Gilles Raveaud :
« Ca fait quelques années seulement. Si on se situe par rapport aux années 70, si on regarde les cours d’économie… Dans tous les manuels d’économie aujourd’hui, on vous explique que le phénomène de la croissance économique est permis par 2 facteurs de production que sont le travail et le capital. Autrement dit, cette table a été fabriquée par des hommes et des machines, mais sans bois, sans électricité… Il y a un retard considérable de la pensée économique sur la pensée environnementale.« 
sans bois, sans électricité, et dans un environnement vide de toute vie. Hors sol, comme les doctes économistes de la propagande. 
 

 

Geneviève Azam :
« Ce que je voulais dire, c’est qu’en intégrant ainsi l’écologie, la nature, dans la logique économique, cela n’éclaire pas la réflexion, cela ne fait qu’étendre la conception économique du monde. »
Puis Lionel Larqué rebondit en dénonçant l’absurdité de plusieurs conceptions basiques de l’économisme actuel… 
Mieux encore, il évoque le travail d’Antonin Pottier* qui souligne la réaction provoquée par le Rapport Meadows du Club de Rome. Réaction est le bon mot, puisque les économistes ont basculé dans une fermeture au monde du vivant, une dématérialisation, une déconnexion par rapport au réel toujours en vigueur.
* L’économie dans l’impasse climatique
En particulier, à partir de : 2.2.2 Le choc du rapport du Club de Rome 
Mais… comment s’est développée cette réaction ? Et qui l’a soutenue, sinon stimulée ? Hum ? Et puis, comment distinguer entre un Club de Rome élitiste et les réactionnaires ?
Au-delà de l’imprécision du langage*, une émission qui fait du bien !

* Par exemple, l’évocation d’une impossible « intégration de la dimension écologique », comme, d’ailleurs, l’auteure le dit elle-même après. Autre exemple : « la nature » (concept anthropocentriste pour exclure tout ce qui n’est pas « Homme »). 

En rapport : 

de Eloi Laurent

Nos mythologies economiques
les liens qui libèrent
L’économie est devenue la grammaire de la politique : elle encadre de ses règles et de ses usages la parole publique, à laquelle ne reste plus que le choix du vocabulaire, de la rhétorique et de l’intonation. Or, pas plus que l’économie n’est une science, la grammaire économique n’est un savoir. Elle relève plutôt de la mythologie : une croyance en un ensemble de représentations collectives aussi puissantes que fausses.
Ce livre se propose de déconstruire trois discours aujourd’hui dominants, parvenus à différents degrés de maturité et qui reposent largement sur des mythologies économiques : le néo-libéralisme finissant, la social-xénophobie émergente et l’écolo-scepticisme persistant. Parmi les quinze mythologies économiques majeures que ce livre déconstruit : « Une économie de marché dynamique repose sur une concurrence libre et non faussée », « Il faut produire des richesses avant de les redistribuer », « Les flux migratoires actuels sont incontrôlables et conduisent au grand remplacement de la population française », « L’immigration représente un coût économique insupportable », « Les marchés et la croissance sont les véritables solutions à nos crises écologiques », « L’écologie est l’ennemie de l’innovation et de l’emploi ».

 

 

 

 

la mauvaise gestion des gestionnaires

Vous avez dit ALSTOM ?

C’est le moment de se souvenir de ce qui s’est passé hier…

Comment Alstom a choyé son fossoyeur ?

5,1 millions d’euros, l’indemnité de départ de Pierre Bilger  

article de Nicolas Cori, Libération, vendredi 8 août 2003 

« (…) Qui sait, dans le grand public, que cet ancien inspecteur des finances est le principal responsable de la déconfiture du groupe Alstom dont il a été le PDG depuis la création, en 1998, jusqu’en février dernier ?Bilger a pourtant beaucoup de choses à se reprocher. Il a fait gonfler exagérément le périmètre de son groupe sans en avoir les moyens. Il a ensuite tenu des propos exagérément optimistes sur la situation financière, retardant d’autant la prise de conscience de la catastrophe à venir. 

Administrateurs – Enfin, cette catastrophe presque consommée, il est parti avec un chèque de 5,1 millions d’euros, indemnités de départ et rémunérations 2003 comprises. Un parcours digne de celui de Jean-Marie Messiez, mais la mise au ban en moins (…) 

Bien qu’obligé de débourser 300 millions d’euros pour éviter la faillite du groupe (Libération d’hier), le gouvernement n’a pas non plus cherché à se retourner contre Bilger. (…)

Curieusement, ce document a disparu des radars (sauf dans les bases de données de Sciences Po). 

Cependant…

Alstom : sous la pression, Pierre Bilger rend ses indemnités de départ
(…)
L’ancien grand patron « ne supportait plus la pression, en particulier médiatique, sur ce sujet « , confie un proche du dossier. La polémique avait démarré lors de l’assemblée générale du groupe, début juillet. Dans le rapport annuel, les actionnaires découvrent alors que Pierre Bilger a perçu un montant brut de 5,1 millions d’euros au cours de l’exercice clos fin mars, l’essentiel correspondant à une indemnité de départ. Ce chiffre choque certains, compte tenu des déboires du fabricant de trains et de centrales électriques, qui frôle la faillite, et de la chute de 90 % de l’action en deux ans. Deux mois plus tôt, pour tout arranger, l’ex-PDG a été mis en examen pour abus de biens sociaux dans une enquête sur le versement d’une commission à un proche de Charles Pasqua. (…)

L’air, ce tueur de masse, dixit l’OMS

Seule une personne sur dix dans le monde vit dans une région où l’air peut être considéré comme pur. Largement répandue, la pollution de l’air extérieur serait responsable de plusieurs millions de morts chaque année. Telles sont les effarantes conclusions du nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la pollution de l’air et son impact sur la santé, rendu public mardi 27 septembre. «Il est urgent d’encourager les Etats à prendre des mesures contre cette pollution, qui constitue une menace majeure pour la santé publique au niveau mondial» (…)

La concentration en particules ultrafines dites PM2,5 ne devrait pas dépasser les 10 microgrammes par m3 d’air, selon les lignes directrices de l’OMS. Or cette valeur limite est dépassée pour 92% de la population mondiale, d’après le nouveau rapport. L’OMS, qui se refuse à livrer un classement des pays les plus pollués, signale tout de même que ce sont les régions de l’Est de la Méditerranée, du Sud-Est asiatique et de l’Ouest du Pacifique qui ont les taux de particules fines les plus élevés. Cette pollution se serait accrue de quelque 8% au niveau mondial entre 2008 et 2013. (…)

«On mentionne souvent les problèmes aigus de santé comme l’asthme qui sont rencontrés en cas de pics de pollution. Mais c’est surtout l’exposition chronique aux particules fines qui est à l’origine de pathologies graves: elle occasionne entre autres des accidents vasculaires cérébraux, des cancers du poumon et des broncho-pneumopathies chroniques obstructives» (…) 

 

 

 

 

septembre 2016

refuge à Paris avec protections contre les faucons (lesquels, sans la réactivité des habitants, auraient anéanti la population en 2006)

 

Déclin des passereaux : prise de conscience

Avec beaucoup de retard à l’allumage, l’idée a fini par germer : la pollution du trafic automobile (et celui-ci, bien sûr), et surtout les travaux brutaux des ravaleurs et des isoleurs ont détruit l’environnement favorable à nos aimables commensaux de toujours. 

Gentrification, retour des éperviers, pollution ? Paris intra-muros n’abriterait plus que 5.000 à 10.000 couples de piafs, contre plus de 40.000 dans les années soixante

« Passer domesticus » n’est pas la seule espèce dont la population diminue à Paris: confrontés au même problème de nourriture, d’autres granivores, comme le serin cini, le chardonneret ou le verdier, subissent le même sort.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211234066890-le-nombre-de-moineaux-de-paris-en-chute-acceleree-2023115.php 

Le Conseil de Paris au chevet des moineaux

http://www.leparisien.fr/paris-75005/le-conseil-de-paris-au-chevet-des-moineaux-27-09-2016-6154757.php

« Nous allons prendre en compte la disparition des oiseaux dans le plan biodiversité qui sera présenté début 2017. Nous allons notamment sensibiliser les copropriétés et bailleurs sociaux pour que des précautions soient prises lors des opérations de rénovation ou des ravalements afin d’éviter qu’ils se déroulent pendant les périodes de nidification et que des espaces soit laissés pour permettre la nidification » 

voir :
La vie est devenue sale
La mort « propre« 
dans le dossier 
Déclin des moineaux et des autres passereaux : les aider à survivre

« la SNCF rencontre la même disparition dans les gares » souligne un ornithologue. 

Là aussi, tout a été fait pour ! Par exemple, la rénovation de la Gare de Lyon (un chantier agressif et pénible même pour les usagers) semble avoir été conçue pour en chasser les oiseaux familiers qui l’animaient et rendaient agréables les attentes. On a même pu voir des filets tendus sous les verrières ! Un chantier mené par des brutes épaisses pour créer un espace inhospitalier, avec une signalisation déficiente là où, avant les travaux, toutes les informations étaient parfaitement lisibles. 

Evidemment, vu les sources de l’information, un zeste de déni y a été subrepticement ajouté : 

« Quant au faucon crécerelle, parfois accusé d’être un prédateur majeur des moineaux, les spécialistes rappellent que le petit rapace existait déjà à Paris au XVIIIe siècle« … 
Pas besoin d’être « spécialiste » (?) pour le savoir. Il suffit d’être écologiste. Car le Paris d’aujourd’hui est incomparable à celui du XVIIIème où abondaient nourriture et refuges, avec la campagne accessible à vol d’oiseau, à Montparnasse, au Gros Caillou, à la Bastille, au Roule, à Charonne – une campagne bio, une campagne généreuse très éloignée de celle d’aujourd’hui ! 

 Paris au XVIIIème siècle par Cassini

Ce que cette désinformation oublie de mentionner, c’est la politique d’encouragement à l’implantation de ces rapaces* qui ont fait un ravage à Paris, comme à Londres, dans des populations fragilisées et désaccoutumées de cette prédation (les moineaux ne se méfiaient même pas des rapaces). En plus des pertes spectaculaires, le stress a été considérable.
* « une connerie » a-t-il été reconnu en mairie

 

 

voir l’historique :
Menaces sur les moineaux – l’alerte et sa négation (en 2006)

à Paris, le nombre de moineaux a fortement baissé

« (…) On trouve désormais plus de Pokémons virtuels à attraper avec son téléphone portable que de petits oiseaux. »

Pourquoi les moineaux désertent-ils nos villes ? 

« En hiver, tout va bien pour les adultes, ils trouvent assez de nourriture dans les restes de fast food pour survivre. Mais pour élever leurs petits, ils ont besoin d’aliments plus protéinés comme des insectes, qu’ils ne trouvent pas en hiver », propose Frédéric Angelier. Autre option : un changement du côté des prédateurs, notamment une plus forte pression des rapaces qui recolonisent parfois les villes. Reste la pollution chimique et sonore qui imposent des contraintes sur l’organisme des petites bêtes à plumes. « C’est sans doute une conjonction de phénomènes. S’il n’y avait que le bruit, ils s’en sortiraient. Mais une conjonction du bruit, d’un climat rigoureux et d’une maladie peut affecter les populations » 

Des moineaux importants pour le bien-être

(…) Si le déclin de cette population inquiète les scientifiques, pas de quoi alerter le citoyen lambda. Pas si sûr. « Beaucoup d’études psychologiques (1) ont montré que la présence de la nature et des espaces verts ainsi que le contact avec les animaux sauvages améliore la qualité de vie urbaine. Si le nombre d’espèces diminue, ça affecte le bien-être dans les villes », poursuit le chercheur. Mais ce n’est pas tout. Car le sort du moineau pourrait bien pendre au nez des humains. Cet oiseau « est un bon indicateur de l’état de santé des populations vertébrées dans un milieu urbain. Il a des axes hormonaux, un phénomène de vieillissement des organes proches de l’humain. Il est aussi inféodé au milieu urbain, il est donc frappé de plein fouet par ses conditions. Si les moineaux souffrent de la pollution, on peut imaginer que ça se répercute à terme sur l’homme. »

http://www.terraeco.net/Pourquoi-les-moineaux-desertent,54226.html 

 

 

 

 

 

 

La France est « un pays psychologiquement usé, au bord de l’épuisement« .  
En état de burn-out.
Jean-Paul Delevoye, ex-médiateur de la République de 2004 à 2011 :

« (…) Si nous n’éveillons pas la conscience de nos concitoyens, si nous n’élevons pas le sens critique dans notre système éducatif, nous aurons un esclavage moderne d’autant plus important que les gens iront s’y livrer contents. Le patron de Pokemone a dit : « Pour capter les banques de données à un niveau d’exigence et de qualité, il faut créer un divertissement ». Et quand vous savez que le patron de Pokemone, c’est celui qui était le responsable de la carte géographique de Google et qui a été accusé aux USA de capter les banques de données, l’on voit bien qu’aujourd’hui si l’on veut que nos concitoyens soient libres et indépendants, c’est ça l’enjeu politique (…), nous devons absolument réfléchir (…) l’éducation c’est pas l’acquisition de connaissances, c’est l’éveil des consciences« 
https://www.franceinter.fr/emissions/une-semaine-en-france/une-semaine-en-france-23-septembre-2016

« Si nous n’éveillons pas la conscience de nos concitoyens« … nous » ?
« si l’on veut »… on ?
« nous devons« … nous » ?

Mais qui sont ces on et ces nous ?

Qui veut et qui est en situation de prendre de telles décisions ? Cela ne peut être le peuple d’ »un pays psychologiquement usé, au bord de l’épuisement« . Le constat est juste. D’ailleurs, d’autres ont précédé le médiateur de la République en constatant la dégradation dès les années 1980… Certains ont même annoncé le phénomène en en dénonçant les causes : par exemple, Guy Hocquenghem :
« Vous vous êtes assis sur le seuil de l’avenir, et (…) cet aliment de l’esprit qu’est l’utopie, vous empêchez du moins les autres d’y toucher. Aux pauvres jeunes gens d’aujourd’hui, vous ne laissez même pas l’espérance, ayant discrédité tout idéal, au point de rendre presque vomitive toute évocation de mai 68. (…) votre réseau contrôle toutes les voies d’accès et refoule les nouveaux, le style que vous imprimez au pouvoir intellectuel que vous exercez enterre tout possible et tout futur. Du haut de la pyramide, amoncellement d’escroqueries et d’impudences, vous déclarez froidement, en écartant ceux qui voudraient regarder par eux-mêmes qu’il n’y a rien à voir et que le morne désert s’étend à l’infini (…) »
(Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary).

Espérons que Jean-Paul Delevoye ne pense pas à ceux qui se prétendent les indispensables relais politiques à la bonne marche de la société : institutions, élus, partis, etc. car leur fonctionnement et leurs objectifs sont généralement exactement contraires aux souhaits de Jean-Paul Delevoye – de Jean-Paul Delevoye et de tous les citoyens réduits à l’impuissance. Entièrement habités par le capitalisme du pouvoir et de la possession, la plupart ne se sont frayés un chemin semé de victimes jusqu’à ces sièges que pour leur ego et leur fortune. Comme Guy Hocquenghem le dénonçait, ce sont eux les premiers responsables de l’effondrement.

Comme Jean du Doubs qui désigne « la classe politique locale« , et le Collectif jurassien d’opposant-e-s à Center Parcs qui souligne « l’état de dépossession et de mépris dans lesquels nous maintiennent élus et aménageurs« , nous l’expérimentons à tous les niveaux, y compris à petite échelle. A cet égard, en Saône et Loire, les tristes affaires du Rousset et de Saint Gengoux le National sont exemplaires de la multiplication des blocages, bref, de l’entrave systématique à l’expression de l’intérêt général (tout autant avec l’affaire du projet de center parc à Poligny). Tous les élus, jusqu’au plus effacé des conseillers municipaux, soutiennent mordicus les politiques les plus destructrices du bien commun en apportant diligemment leur soutien aux lobbies en conquête des économies locales. Entre les uns et les autres, il n’y a pas même une fissure où pourrait s’insinuer un peu de démocratie et la représentation du bien commun. Tout est verrouillé.

Pesticides, pollution et dégradation des sources et des ruisseaux, anéantissement des mares et des zones humides, destruction du patrimoine historique et, plus généralement, du travail des anciens, etc., la liste est longue des méfaits commis par la plupart des « représentants » depuis quelques dizaines d’années. Ignorance ? Elle ne peut être invoquée car, toujours, ces « décideurs » ont refusé tout échange, toute information et la prise en compte du bien commun. Partout et à tous les niveaux, on se heurte à des murs. L’organisation de l’omerta est parfaite*. Rien qu’à Saint Gengoux le National, depuis les années 1970, pour faire toute la place à la désinformation soufflée par les lobbies, plusieurs vagues de défenseurs du patrimoine et du bien commun ont été étouffées et vilipendées.
*
http://www.eauxglacees.com/L-ecologie-des-catacombes-par

Remarquons que les dénis de démocratie et l’acharnement contre le bien commun trouvent une explication dans le constat de Romain Felli sur l’irresponsabilité totale des « responsables« . Ce qui est sûr, c’est que nous sommes confrontés à une hypocrisie sans bornes.

Alors ? Eh bien, plus personne ne sait.

A défaut de savoir, qui veut encore ?

« La France » est devenue une société froide

Comment avons-nous pu tomber si bas ?

 

 

 

 

Et vous, « anthropocène« , ça vous va ?

en rapport avec les constatations alarmantes renouvelées cet été (1),

Au Cap, un sommet international passé presque inaperçu

L’Anthropocène est en passe d’être caractérisé comme une nouvelle époque géologique

Selon le groupe de travail sur l’Anthropocène réuni au Cap (Afrique du Sud) cette semaine à l’occasion du 35ème Congrès international de stratigraphie, l’époque de l’Anthropocène a bel et bien commencé. Il s’agit d’une époque géologique, dont le nom a été forgé par le géochimiste néerlandais Paul Crutzen et le géologue et biochimiste américain Eugene Stoermer. Pour la première fois en 2000, dans la newsletter de l’International Geosphere-Biosphere Program (IGBP), ces deux scientifiques évoquaient une situation inédite : le fait que l’Homme soit devenu une force géologique capable de modifier le cours des fleuves, les courants des océans, le climat et l’ensemble des éléments.

A leurs yeux, cet état de fait justifiait la nécessité de changer le nom de notre époque. Non plus l’Holocène, période interglaciaire commencée il y a 11.700 ans, mais l’Anthropocène, époque de l’Homme. En 2002, Paul Crutzen, dans un nouvel article, intitulé Geology of Mankind (Géologie du genre humain), publié dans la revue Nature, popularisait le terme. Et le géochimiste Will Steffen, alors président de l’IGPB, produisait une représentation saisissante de l’Anthropocène, sous la forme des courbes dites de la Grande Accélération : un ensemble de 24 graphes présentant en vis-à-vis l’accélération de la croissance économique et le dérèglement rapide de l’ensemble des cycles naturels depuis 1750. (…)

Les écologistes, ceux qui avaient été taxés de « catastrophistes » par les organisateurs de la catastrophe, avaient alerté à temps pour éviter ce qui est constaté aujourd’hui. Ils avaient aussi proposé une tout autre voie, celle du vivant et de la convivialité.

Semaine de la Terre avril mai 1971

Anthropocène… L’Homme ? Les hommes ?

Juste un problème souligné par les écologistes depuis longtemps déjà… bien avant l’apparition de anthropocène dans un article de la revue Nature en 2002 : cette appellation est parfaitement inexacte. Au pied de la lettre, elle est non-scientifique (ça la fout mal !). Car « l‘Homme n’est pas aujourd’hui la principale force gouvernant l’état, le fonctionnement et l’évolution de la planète. (…) », comme l’affirmait Pierre Le Hir dans Le Monde du 15 01 2015 (2). 
 
L’Homme… Où l’on retrouve encore cette abstraction fourre-tout abondamment utilisée par ceux qui veulent se faire oublier en impliquant tous les hommes.

Or, tous les hommes ne sont pas – et de très loin – responsables de la dégradation de la biosphère. La nouvelle gauche (new left) des années soixante-soixante dix (en particulier les écologistes qui étaient pour beaucoup dans sa dynamique), les peuples autochtones et la grande masse des appauvris par la globalisation, les paysans spoliés de leurs terres, de leurs vies, et les artisans, les petits commerçants, tous les ruinés, les condamnés au petit salariat ou au chômage, etc., sont englobés par l’expression anthropocène. Victimes, lanceurs d’alerte et responsables, tous mêlés ! Amalgame qui rejoint habilement la facilité de la généralisation, façon les gensles hommes sont comme ci, les hommes sont comme ça… On voudrait nous faire perdre de vue comment nous en sommes arrivés là qu’on ne s’y prendrait pas autrement. 

Cet anthropocène résulte de l’intensification des productions et des fonctionnements nuisibles à la vie ; orientations décidées par des minorités réunies dans les capitalismes d’Etat et dans la conquête ultra-capitaliste mondiale durant « la grande accélération« . Celle-ci correspond exactement à la période de l’imposition du système impérialiste sur les hommes et l’ensemble vivant, avec le néo-libéralisme – bientôt ultra – pour principal moteur. Cela a donc été organisé, planifié, soutenu par des efforts propagandistes sans précédent pour qu’il y ait rupture avec la culture du bien commun, et empêcher que les lanceurs d’alerte, les victimes et les révoltés n’entravent la réalisation du programme, qu’ils ne nuisent à l’avènement de la dictature du profit. C’est l’histoire de la Guerre Froide avec, du côté occidental, le développement d’une machine de guerre culturelle qui a laminé les résistances traditionnelles et les nouveaux mouvements critiques – par exemple, le Congrès pour la Liberté de la Culture dont le siège était à Paris pour mieux contrôler le peuple de 36, de la Résistance et des grandes grèves d’après-guerre, puis de 68 (à sa tête, un certain Denis de Rougemont). D’ailleurs, anthropocène ressemble à s’y méprendre à une production de ce Ministère de la Vérité.

Les responsables de la dégradation de la biosphère étant les assoiffés de pouvoir et de profits, les capitalistes de tous bords, les promoteurs de la mutation néo-capitaliste, puis néo-conservatrice (les néo-cons), ceux qui se revendiquent de la culture anti-nature, une bonne appellation pour cette funeste période est bien plutôt capitalocène.

(1) par exemple, l’avancée inexorable du Jour du Dépassement. Ci-dessous, en juillet : dès lundi 8 août, l’humanité vivra à crédit
 

L’article de Pierre Le Hir est, par ailleurs, excellent. D’autant qu’il souligne que la « prise de contrôle a commencé dans les années 1950 » avec la grande accélération.

 

 

 

 

 

Légende André Gorz : vous reprendrez bien une dose de bourrage de crâne ?

 
 
Libération s’est fendu d’une double page pour présenter un bouquin consacré à André Gorz (alias Michel Bosquet dans les années 1960/70). Même chose dans l’Obs, dans une rubrique comiquement nommée « débats ». Pareil sur France Culture (faut pas lésiner). Même l’Humanité a glissé dans le fétichisme Gorzien (1). Et, pour ne pas être en reste, Le Monde Diplomatique y est allé de sa contribution.

Difficile de croire que tous ces braves journalistes sont à ce point abusés.
 
L’étoile de celui qui, maintenant, est présenté comme « père de l’écologie politique » (sic) devait, probablement, pâlir un peu. Aussi, ce livre vient relancer le récit propagandiste pour occuper le terrain médiatique, et refouler encore et encore les témoignages sur le véritable rôle de ce monsieur. Car, loin de l’image fabriquée, quand il était Michel Bosquet, Gorz a été un soutien indéfectible du développement de la grande distribution (comme Michel Rocard), ce qui, déjà, cadre mal avec l’écologiste que certains veulent en faire ! Mais il y a mieux. D’extinction d’un projet de campagne contre les emballages jetables (en 1971), en censeur des écologistes de la nouvelle gauche, et en promoteur de Brice Lalonde et de quelques autres imposteurs pleinement capitalistes (encore comme Rocard), il a été l’un des plus efficaces – et des plus dissimulés – éteigneurs du mouvement écologiste. 
 
Pour ceux qui veulent en apprendre plus : 
André Gorz et la falsification de l’histoire de la nouvelle gauche écologiste
http://planetaryecology.com/la-legende-andre-gorz/
 
(1) André Gorz, « Pensée autonome« , Willy Gianinazzi, La Découverte
 

 

 

 

 

 

Stupidités en long, en large et en travers

Difficile de faire plus stupide, en effet ! 

Une isolation par l’extérieur se traduit généralement par une étanchéification. Plus rien ne passe. Ni l’air, ni la vapeur d’eau. C’est totalement contre-indiqué pour les constructions traditionnelles en pierre, brique, terre, avec mortiers en terre, chaux, etc. Les malheureux qui feront cela auront quelques surprises ! 

Cette isolation est dégradante pour l’esthétique et l’histoire du bâti. Elle l’est tout autant pour la santé de la construction et de ses habitants. 

Elle est encore nuisible pour la biodiversité : pas d’anfractuosités, pas de niches, même artificielles, dans cette isolation. Donc pas d’oiseaux, pas de chauves-souris, pas d’insectes…

 

 

 

août 2016

Droit au coeur du chaos, pied au plancher

Longtemps, les écologistes ont été traités de « catastrophistes« . Et la catastrophe est là, créée par ceux-là mêmes qui ont étouffé l’alerte écologiste.

Le jour du dépassement de la consommation des ressources renouvelées par la biosphère maintenant au début du mois d’août. Chaque année plus en avance.

L’effondrement général de la biodiversité et l’extinction massive des espèces.

Et la stérilisation des sols sous les engins et la chimie.

Les pollutions comme seule production durable de la civilisation capitaliste. Avec le réchauffement de l’atmosphère, il est vrai (2015, année la plus chaude).

La croissance et la surabondance matérielles toujours au coeur des discours des « représentants » et de ceux qui aspirent à le devenir.

La croissance démographique présentée par les mêmes comme une nécessité de « la croissance« . Et les françaises devenues des pondeuses sans souci du cauchemar que vivront leurs enfants.

45 ans après « Bagnoles ras le bol ! » (a), le système automobile toujours en expansion. Les moindres routes de campagne et les plus petites venelles de village sillonnées par des norias de bolides bodybuildés.

Les eaux partout polluées et appauvries par la destruction massive des têtes de bassin versant et la réduction drastique des zones humides…

– Une cinquantaine d’années après le lancement de l’alerte écologiste, 

– presque aussi longtemps de censure des écologistes et d’altération de leur message, 

– après plus d’un doublement, de la population humaine mondiale, 

– après et pendant la multiplication des guerres du profit, 

– après des pertes si considérables que la biosphère des années soixante (dont les blessures avaient horrifié les écologistes) fait figure de paradis, 

il n’y a même pas l’amorce pratique d’une évolution d’un système qui, partout, se complaît dans le développement du mensonge et la destruction du vivant. 

Au contraire. La culture de la prédation et de la possession, qui était largement remise en cause dans les années soixante, a quasiment effacé celle du bien commun et contaminé la majeure partie de la population. Et, sans presque provoquer de réveil (b), même ce qui semblait annoncer une évolution décisive – les conférences internationales et l’évolution de certaines législations – ne s’est traduit que par des manifestations d’impuissance et une distribution de poudre aux yeux, avec abondance de fonctionnaires apathiques abrités derrière des tas de plaquettes de propagande. Confirmation éclatante que « l’Etat de droit » est un mythe (c). Et de l’accoutumance au mensonge, à la corruption et à l’impuissance.

Presque partout, le bien commun est la proie des prédateurs aiguillonnés par la réduction des ressources. Illustrations spectaculaires avec l’eau, bien commun premier:… En contradiction avec l’évolution claironnée, et avec l’appui des mêmes discoureurs, l’eau et ses écosystèmes sont toujours menacés par les projets les plus absurdes et les plus destructeurs :

– ici, un aéroport du passé (tête de bassin versant de Notre Dame des Landes), 

– là, un réservoir étanche pour détourner les eaux au profit de l’agriculture industrielle (tête de bassin versant de Sivens),

– là encore, un centre de vacances « écologiques » au détriment de l’écologie d’un pays (tête de bassin versant du Rousset, en Saône et Loire),

– et encore, une station service dans le lit mineur du ruisseau historique de la cité médiévale (si !), les cuves plongées dans la nappe phréatique (tête de bassin versant de Saint Gengoux le National, également en Saône et Loire), 
etc.

(a) 

(b) de réveil à la hauteur de l’horreur en cours !

(c) s’il en était besoin, puisque plusieurs crises sanitaires l’ont largement démontré, en particulier celle – toujours actuelle – de l’amiante

une petite chanson de circonstance :
Highway to hell

juillet 2016

 

L’Olivier
 
film de Iciar Bollain
à laquelle nous devons l’excellent Même la pluie*

Malgré l’opposition du père, un spectaculaire olivier vieux de deux millénaires est vendu par les fils pour prendre part à la fièvre spéculative des années 2000. Avec l’argent du trafic, les fils ne parviendront qu’à graisser la patte de l’élu local et à participer à la ruine de l’immobilier. 

Le père, qui défendait l’appartenance de l’arbre à l’histoire, à la Terre, au continuum du travail des générations, au bien commun, reste inconsolable.

L’arbre échoue comme emblème écolo d’une multinationale coupable de destructions et d’exactions tout autour de la planète.

Film sensible qui montre l’impuissance et le désarroi de tous face au totalitarisme impudent et méprisant du capitalisme mondialisé.

* présentation sur ce blog :

 

 

 

Pollution aux gaz d’échappement de moteur diesel
des effets sur les fœtus sur 2 générations

les femmes enceintes exposées ont plus de risques d’avoir des bébés de faibles poids, entraînant aussi des risques de développer certaines pathologies comme le syndrome métabolique (…)

l’exposition maternelle chronique aux gaz d’échappement de moteur diesel muni de filtre à particules (comme pour les voitures vendues en Europe) pendant la gestation entraîne des effets délétères sur la croissance et le métabolisme des fœtus en première et deuxième génération (…) A l’heure actuelle, les pics de pollution aux particules fines sont de plus en plus fréquents et intenses, en raison du nombre élevé de véhicules diesel dans le parc automobile européen. Ces particules fines (diamètre>100 nanomètres) sont soumises à réglementation (seuils d’information et d’alerte) mais il n’existe pas encore de réglementation pour les nanoparticules (diamètre (…)

http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/Pollution-aux-gaz-d-echappement-de-moteur-diesel-des-effets-sur-les-faetus-sur-2-generations

Quid des particules fines répandues par l’agriculture industrielle ?

 

 

 

« A Fleury, il était 24 heures sur 24 avec les radicaux, relève une source policière. (…)

Fleury, c’est Fleury-Mérogis et « il » est l’un des très jeunes assassins de Saint Etienne du Rouvray, un cerveau déjà prédisposé, immature et particulièrement malléable ; 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/kermiche-un-islamiste-forcene-28-07-2016-5999857.php

 
Serait-ce fait exprès ?

 

 

 

 

Il y a 80 ans, l’Espagne était écrasée par les fascismes

Un nouveau documentaire consacré à la Guerre/Révolution d’Espagne demain sur ARTE à 20H50 :

La tragédie des Brigades Internationales

Patrick Rotman en est l’auteur. Rotman qui a contribué aux 2 tomes de Génération (1987/88), le livre qui maquille les sixties et les seventies aux couleurs gauchistes. En 1300 pages, juste une rapide et très vague mention de la nouvelle gauche. Effacée l’identité libertaire, écologiste, alternative du mouvement mondial de l’époque !

Espérons que son travail sur l’écrasement de l’Espagne révolutionnaire par les armées fascistes, avec le concours des Occidentaux (Front « Popu » compris), annonce une prise de conscience… On attend avec impatience qu’il corrige son travail précédent.

 

 

 

réfugiés syriens bloqués à la frontière macédonienne
carte d’identité d’une réfugiée somalienne retrouvée sur une plage de Lesbos

photos : Giorgos Moufatis

Une « société » capable de traiter ainsi les réfugiés a perdu la mémoire et le sens du bien commun, et n’a plus rien à espérer

 

 

 

 

 

 

Le crépuscule des grenouilles

Les grenouilles existent depuis plus de 250 millions d’années et n’ont cessé d’évoluer pour former certaines des créatures les plus fabuleuses et les plus singulières qu’on puisse observer sur la Terre.

Aujourd’hui, elles font face à l’extinction – une des plus massives depuis la disparition des dinosaures. Cette crise environnementale sévit partout, de l’Australie jusqu’aux Amériques. Des écosystèmes commencent à se dégrader, et d’importants remèdes disparaissent.
Cette émission se penche sur les causes de ce désastre et révèle l’existence d’un nouveau champignon, le chytride, qui serait le principal coupable et contre lequel les scientifiques n’ont encore trouvé aucune arme.

Au milieu de l’hécatombe mondiale qui frappe les grenouilles depuis 20 ans, surgit finalement une bonne nouvelle… sauf qu’on ne sait pas vraiment si elle va servir. Le coupable derrière cette hécatombe est un champignon, Batrachochytrium dendrobatidis, qui a déjà fait disparaître des dizaines d’espèces de batraciens.

Or, une équipe de l’Université de Floride du Sud vient d’annoncer dans Nature qu’en laboratoire, certaines grenouilles deviennent plus résistantes au champignon si elles y sont souvent exposées — on parle d’un taux de survie de 20 %.

En théorie, on pourrait vacciner des grenouilles en captivité avant de les relâcher dans la nature, mais l’effort requis pourrait être gigantesque. De plus, certains experts se montrent sceptiques : à peu près toutes les espèces de grenouilles de la planète ont d’ores et déjà été exposées à cet ennemi, et on n’a pas encore remarqué de hausse de la résistance.
S’agit-il d’un de ces effets qui apparaît en laboratoire et disparaît sur le terrain, lorsque confronté à d’autres facteurs? Une porte est peut-être ouverte pour le sauvetage des grenouilles, mais celles-ci devront attendre…

https://www.emissionreplay.fr/le-crepuscule-de-la-grenouille/episode-de-8-octobre-2014-186879

http://www.alerte-amphibien.fr/maladies-amphibiens.html

http://batraciens.net/disparition_amphibiens.php

 

 

La dégradation des coraux est d’une ampleur et d’une durée inédites

Il y a déjà eu des épisodes mondiaux de blanchissement des récifs coralliens, liés en particulier au phénomène El Niño, dont l’intensité et la fréquence sont influencées par le changement climatique. Le premier date de 1997-1998 et avait causé la mort de 16% des récifs dans le monde, surtout dans l’océan Indien. Le deuxième, de moindre ampleur, a eu lieu en 2010. Le troisième, en cours, affecte 38% des récifs, surtout dans le Pacifique. Il est d’une ampleur, d’une intensité et d’une durée inédites.
(…)

Près de 70 % des polypes récifaux sont menacés d’extinction d’ici cinquante ans. Et avec eux, tout un écosystème riche et protecteur

 

 

 

 

28 juillet 2016, 
hier aux Iles Feroe

 

 

 

juillet 2016

 

Les fruits de la dévitalisation

Le camion de Nice n’a pas surgi du néant

Un monstre mécanique lancé dans la foule, à travers les chairs, les sensibilités et les intelligences. Au-delà des victimes directes, une multitude d’autres victimes, un foisonnement de liens, d’interrelations, de dynamiques collectives rompu.

Comme le travail obstiné des autres monstres mécaniques qui broient les tissus vivants les plus denses – forêts primaires, forêts secondaires, mangroves, prairies naturelles, barrières coralliennes, atolls, bocages… êtres vivants, communautés, ensembles indissociables et sociétés humaines, indistinctement.

Comme d’autres monstres qui ont déferlé en Palestine, dans Le Golfe, en Irak, en Syrie…

Les monstres mécaniques qui, partout, dévorent les vies et l’espoir renvoient au système qui les a produits.

En quelques minutes d’horreur, le drame de Nice semble condenser la violence de la globalisation capitaliste – la dictature du profit rapide contre le sens du bien commun. Comme le camion, ce système s’est frayé un chemin en fauchant les vies à l’aveuglette, les métiers et les économies locales, les communautés, les sociétés, les écosystèmes.

Le système de l’exploitation forcenée des peuples et de la biosphère, système mortifère, s’il en est, n’a pu s’imposer qu’en organisant d’abord le « reflux des forces vives » (Baudrillard). Rupture de la transmission des expériences et de la culture du bien commun, rupture des interrelations qui tissaient les communautés et les solidarités, et constituaient le potentiel du renouvellement social, culture du chacun pour soi et de l’immédiateté, partout la déstructuration a été soigneusement cultivée sur un lit de désinformations, de falsifications, de mensonges professés, de conditionnements, de forfaitures et de corruptions, pour lisser la diversité et « conquérir l’esprit des hommes » (objectif affiché des penseurs de la globalisation capitaliste). Est-il besoin de traduire ? L’étude des stratégies de cette conquête et l’expérience de ses différentes mises en pratique confirment pleinement le projet d’une colonisation planétaire, et même d’une domestication des hommes et de la biosphère.

La pensée critique presque anéantie et, surtout, muselée, les perspectives d’accomplissement personnel et collectif ont été réduites à la brigue et au gain facile à n’importe quel prix. L’engagement citoyen a été découragé, tous les comportements nuisibles au bien commun encouragés et valorisés.

Enivrée par ses succès, affolée par les profits projetés, la caste des prédateurs a perdu tout sens de la mesure des destructions qu’elle commet. Car elle n’a pas fait que désenchanter le monde, elle l’a dévitalisé – sociétés comme écosystèmes. Comme les forêts primaires remplacées par des monocultures noyées de pesticides, elle a réduit la diversité culturelle, économique et sociale, et laminé les résistances pour déréguler toujours plus (le harcèlement et l’ostracisme réservés aux lanceurs d’alerte renseignent sur l’uniformisation et la stérilisation à l’oeuvre). Car, bien entendu, le bien commun est le premier butin convoité par les prédateurs, et sa culture immémoriale est le principal obstacle sur leur chemin. C’est bien pourquoi, dès la fin des années 1960, ils se sont appliqués à étouffer la nouvelle gauche écologiste et à lui substituer des faux-semblants. La disparition des forces vives et des projets alternatifs sous l’ultra-prédation capitaliste a créé le vide où se sont épanouies la désespérance et la démobilisation.

Le creusement du fossé entre les organisateurs et les profiteurs du désastre, et leurs victimes, a multiplié les exclus et démultiplié les ruptures et les antagonismes, parachevant l’anéantissement des capacités régulatrices, au point que les sources de résilience ont été asséchées. Dégâts collatéraux ? Ils faisaient partie du projet de globalisation dont l’objectif est de permettre une prédation maximale – à mort – en faisant place nette aux hiérarchies du pouvoir confisqué et capitalisé. La guerre des communaux fait toujours rage. Maintenant, il n’y a plus un secteur d’activité, il n’y a plus un lieu où l’on ne craigne une nouvelle razzia sur le service public, un nouveau diktat d’un lobby puissamment soutenu par les institutions qui devraient le marquer à la culotte, une nouvelle concurrence déloyale, une nouvelle pollution, ou le surgissement des tronçonneuses, des bulldozers et des toupies de béton. 

Après une soixantaine d’années d’ultra-capitalisme, c’est tout le vivant qui est en grand péril.

A force d’abus et d’impudences a été créé le terreau le plus favorable au développement des désarrois, des ressentiments, des simplismes, des haines et des fanatismes (a), c’est à dire les conditions les plus propices à l’apparition d’un tueur halluciné au bout de l’avenue ou devant la terrasse du café.

ACG

  (a) « (…) A la crise écologique s’est ajoutée une crise sociale grave.
20 ans après le printemps 68, le couvercle est retombé plus lourd sur la gueule de la société, sur la gueule de chacun.
On n’ose plus. On s’touche plus. On s’aime Pas. On s’fait peur. Rien
ne bouge. « La France » est devenue une société froide. (…) »

Ecologie Infos n° 392, 1989.

 

 

 

 

 

Ibrahim Kachouch : 5 ans déjà !

auteur de plusieurs chansons satyriques contre Bachar el-Assad et le Parti Baas, lors de la révolte syrienne de 2011, assassiné le 3 juillet 2011

https://www.youtube.com/watch?v=FMi78T0yfnI

http://www.liberation.fr/…/syrie-a-hama-les-gens-sont-en-co…

Personne n’écrivait sur l’héroïsme quotidien des Syriens, ni sur la façon dont ils transformeraient le pays. Eux-mêmes demeuraient indifférents aux slogans et aux paroles chocs. Eux, les anonymes, ignorés de tous qui risquaient leur vie. Ils se réveillaient chaque jour, heureux d’être encore en vie. Ils menaient une existence simple parmi les ruines, les oliviers et les figuiers. Aussi sûrement que le jour succède à la nuit, ils grandissaient, enfantaient et mouraient sans faire de bruit. Une vie à toute vitesse.

Samar Yazbek

journaliste et écrivain syrienne Samar Yazbek est née à Jablé en 1970. Elle a étudié la littérature arabe et publié une œuvre variée qui comprend des romans, des nouvelles et des scénarios de films. Elle est également journaliste dans la presse écrite, elle a produit des documentaires et créé dans le passé un journal en ligne féministe, Women of Syria . Elle a pris une part très active dansla contestation du régime de Bachar el-Assad en 2011 . Elle a été emprisonnée plusieurs fois et forcée à visiter des prisons où étaient détenus des manifestants. Elle a été libérée car protégée par son métier de journaliste et son appartenance à la minorité chiite alaouite, la même communauté que la famille el-Assad. Mais après avoir donné des témoignages terribles du traitement infligé aux manifestants, elle a reçu des menaces de mort et a été forcée de fuir. Elle s’est réfugiée à Paris en août 2011 avec sa fille. Depuis elle ne cesse de témoigner contre le régime de Bachar el-Assad, notamment devant le Parlement européen, dénonçant les tortures et assassinats dont sont victimes le peuple et les insurgés syriens.Du 25 mars au 9 juillet 2011 elle a tenu un journal de bord des événements qu’elle a vécus en Syrie. Ce témoignage doit paraître début 2012 sous le titre Feux croisés (chez Buchet Chastel).

Les hommes font la guerre. Mais il fallait une femme, blonde, aux prunelles de chat, Syrienne de 46 ans, de grande éducation, pour peindre cette Syrie à tête de mort. Aucun pinceau autre que le sien ne fut jamais trempé dans autant de larmes pour raconter l’ivresse de la brutalité dans un pays sous le joug d’une double punition : celui d’un régime totalement détraqué et celui de la cruauté insoutenable des fanatiques islamistes. Pour être net, au sujet de la Syrie, on a tout lu et on n’a rien lu. Rarement une telle vue plongeante sur la démolition ne fut publiée. C’est chose faite avec ce travail colossal de 288 pages. Samar Yazbek l’a rédigé à Paris, où elle vit désormais réfugiée : «J’ai travaillé dans mon lit tout en fumant des clopes. J’en étais arrivée à plus de 500 pages… c’est le livre de la guerre des autres chez moi.»  (…)

http://www.liberation.fr/planete/2016/03/20/samar-yazbek-lettres-face-au-neant_1440851

Les portes du néant, éditions Stock

Feux croisés : journal de la révolution syrienne

 

 

 

 

 

A l’origine des dérives fanatiques, la situation au Proche-Orient ne cesse de s’aggraver

(…) tout Alep est sous le feu. Les roquettes rebelles tombent sur la zone tenue par les soldats gouvernementaux tandis que l’aviation syrienne frappe des immeubles qui tombent comme des châteaux de cartes. « Aucun quartier n’est épargné« , indique Valter Gros, le responsable du CICR à Alep. « Où que l’on soit, on entend des explosions de mortiers, des bombardements et des avions qui survolent la ville. » Un commerçant de la ville interrogé par l’AFP depuis Beyrouth s’exclame : « Les bombardements et les tirs de ro quettes ne s’arrêtent jamais. C’est comme si on était en pleine guerre mondiale. »
Alep était avant la guerre une cité prisée des touristes et un poumon économique du pays. Elle abritait près d’1,7 million d’habitants. Aujourd’hui, certains quartiers sont un champ de ruines.

 

 

 

14 juillet 2016

Fanatismes, pathologies individuelles et sociales… et affaiblissement des résistances collectives sous le développement du système mortifère
Invités de 8H20 sur France Inter le jeudi 14 juillet 2016 : Anne Giudicelli, une spécialiste du terrorisme, et Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats.
Au cours de ses cinq mois de travaux, la commission a relevé d’importantes failles et dysfonctionnements dans la surveillance et le contrôle des fanatismes. Et, bien entendu, les habituelles carences de la communication et de la coordination, bref l’absence d’entente entre les parties complémentaires. Un phénomène devenu habituel dans tous les domaines et à tous les niveaux d’une société française percluse de corruptions et de hiérarchies sans compétence ni capacité d’écoute.
Et justement… Anne Giudicelli, a souligné que les racines du problème se trouvent bien en amont de ce qui a été abordé par la commission, bien en amont de la non-communication, de la non-coordination, de la désorganisation constatées entre les services officiels – du côté de ce qui fonde ces dégradations. Elle a donc souligné l’utilité d’une « remise en question de nos propres sociétés » et des engagements extérieurs (ou des non-engagements) réalisés en son nom, et de la nécessité d’engager un travail de fond en se posant cette question :
« Comment on en est arrivé là ?« . C’est, en effet, la question première.

Un constat encore plus général avait inspiré la même question il y a quelques années :
Comment avons-nous pu tomber si bas ?

 

 

 

VENTES D’ARMES et CONFLITS
 
le témoignage de Régis Wargnier :

J’étais à Beyrouth à la fin des années 80 et nous étions frappés de voir beaucoup beaucoup de trafic sur le port, de chargements d’armes qui quittaient le Liban. La guerre était apparemment officiellement finie…

On était avec un cafetier de Beyrouth. On lui demande :
« Les armes s’en vont, où vont-elles ? »

« Elles vont en Yougoslavie. »


« …Mais y pas la guerre là-bas »


Et il dit : « Mais il y aura la guerre ! »


Le terrain était choisi.

(…) Que dire de l’Humanité, lorsque les pollueurs impénitents s’érigent en sauveurs de la planète, lorsque le libre arbitre se dilue dans le formatage des esprits, lorsque la Pensée tire sa révérence devant le show des carnavaliers ? (…)

La guerre est devenue d’une banalité. Plus personne ne s’en offusque. Devant l’inexorable mise en bière des valeurs et des vertus, les prières n’ont plus cours puisque la messe a été dite. Les rares consciences, qui subsistent encore, ne savent où donner de la tête ; quant aux pyromanes, pris au dépourvu par l’ampleur du sinistre, ils s’interrogent sans conviction sur l’inévitable retour de flamme. 

 

 

 

 

Tous coupables du malheur qui nous frappe

Le monde amorce une dérive sans précédent, et nous sommes là, à chercher un coupable pour nous voiler la face. Or, nous sommes tous coupables du malheur qui nous frappe, coupables d’avoir confié notre destin à des décideurs indécis, coupables d’avoir renoncé à nos responsabilités citoyennes, coupables d’avoir ramené nos voix à un vulgaire bulletin de vote, persuadés ainsi d’avoir tout dit. (…)

Yasmina Khadra

 

 

 

 

 

Avec la complicité des exploiteurs américains, japonais, australiens, français… 

la Papouasie Occidentale est toujours sous la botte indonésienne 

Papouasie occidentale : «Les Indonésiens nous chassent tels des animaux»
Semaine de la Terre avril-mai 1971

L’Indonésie a annexé la Papouasie occidentale en 1969. Un référendum devait être organisé sous la surveillance des Nations unies pour décider du sort du territoire. Mais à la place, 1 000 chefs de village triés sur le volet sont réunis par l’armée indonésienne, et forcés à voter pour l’adhésion à l’Indonésie. Cruelle ironie pour les Papous : l’Indonésie nomme cette parodie «l’Acte de libre choix». Depuis, l’Organisation pour une Papouasie libre, qui regroupe différents mouvements, dont celui de Victor Yeimo, milite en faveur d’un nouveau référendum. «Nous, on l’appelle « l’Acte de non-choix », on veut un référendum juste», explique Yeimo. Un vrai référendum, une «rectification de l’histoire», et le droit à l’autodétermination pour un peuple qui ne se considère pas indonésien. (…)

Les observateurs s’accordent à dire qu’une majorité des Papous souhaitent toujours l’indépendance. L’Indonésie fait tout pour étouffer cette revendication et les atteintes aux droits humains sont légion, dénonce Andreas Harsono, le représentant de Human Rights Watch (HRW) en Indonésie : «Toutes les semaines, je reçois des rapports sur les violations des droits de l’homme en Papouasie, qu’il s’agisse de passages à tabac, de meurtres, de violences sexuelles, de discriminations à l’emprunt dans les banques.»

Fin septembre et sans raison apparente, la police a ouvert le feu sur une bande de jeunes dans la rue. Deux d’entre eux ont été tués. Si les militants veulent réparer l’«injustice» du faux référendum de 1969, pour beaucoup de Papous ce sont, selon Sidney Jones, «l’humiliation quotidienne, le sentiment d’être traités comme des citoyens de seconde classe, les violences gratuites de la part des forces de sécurité» qui alimentent le sentiment anti-indonésien.

Les Papous ont aussi peur de disparaître. Ils représentaient 96 % de la population locale au début des années 70 ; aujourd’hui, ils sont minoritaires en Papouasie. Les chercheurs estiment qu’en 2020, ils ne seront plus que 30 %. Le résultat d’années de «transmigration» (…)

 
http://www.liberation.fr/planete/2015/11/02/les-indonesiens-nous-chassent-tels-des-animaux_1410706

 

 

 

 

juin 2016

Plus de 700 migrants noyés en une semaine en Méditerranée

http://fr.euronews.com/2016/05/29/plus-de-700-migrants-noyes-en-une-semaine-en-mediterranee/

 

 

 

 

 

Tout ce qu’on nous a fait avaler !

Pourquoi les règles élémentaires de la bonne vie et même de la survie sont bafouées ?

Pourquoi l’instinct de conservation lui-même est impuissant ?

Pourquoi les meilleures démonstrations sont vaines ?  

Pourquoi le pire ne peut être évité ?

Pourquoi des lois et des services officiels à ce point inefficaces ?

Comment tous les dés sont pipés ? 

Quelles forces sont à l’oeuvre ?

Quelles est l’ampleur des conséquences ?

Du miel sans miel produit par un pays sans abeilles, mais un faux miel gorgé de pesticides ajoutés gracieusement.

Des épices épuisées revivifiées à l’arôme artificiel.

Du concentré de tomates moisies maquillé par des artistes chimistes.

Du piment finement broyé avec ses poils et ses crottes de rats.

Des lasagnes au bœuf à la viande de chevaux trafiqués du nord au sud de l’Europe (affaire Findus 2013).

Des jambons gonflés à l’eau et aux produits chimiques, « jambons » de cochons torturés dans des usines à viande – le bas du bas de gamme transformé en plus bas encore.

Des produits laitiers dilués à l’eau mais généreusement sulfités pour stabiliser.

Des suppléments de micro-plastiques d’emballages à peu près partout…

Juste un échantillonnage de ce que peut vous offrir l’agro-alimentaire distribué par les champions des prix bas pour un maximum de profits.

 

Les prix bas…

 

La grande distribution a fait main basse sur l’industrie agro-alimentaire de notre pays. Les cinq enseignes françaises sont présentes partout dans le monde, de la Chine à l’Amérique du Sud, en passant par l’Afrique. Cette réussite a été financée ces vingt dernières années par un saignement à blanc des PME françaises, et par une ponction indue du pouvoir d’achat des consommateurs, vous.

 

Le rapport de force est si déséquilibré qu’une petite ou moyenne entreprise ne pèse rien face aux mastodontes de la distribution. Les centrales d’achat leur imposent systématiquement des conditions abusives qu’elles doivent accepter avec le sourire. Ces contraintes mènent de nombreuses entreprises à la faillite ou, comme cela a été le cas pour nous, les poussent à délocaliser. Certains groupes de distribution se sont même fait une spécialité de racheter des petites sociétés qu’ils avaient auparavant acculées à la ruine.

 

Aujourd’hui, en France, il n’y a quasiment plus d’épiceries indépendantes, presque plus de boucheries, guère davantage de boulangeries (1). Les PME agroalimentaires n’ont qu’un seul débouché possible : vendre à la grande distribution. Pour cela, elles doivent commencer par passer à la caisse. On leur imposera de payer des budgets de référencement, des participations publicitaires ou autres prestations fictives. Une fois le produit en rayon, il lui faudra encore payer pour garder sa place, payer pour participer à des « opérations de promotion » , type « anniversaire de l’enseigne », bref verser les fameuses marges arrière qui représentent une grosse part du prix du produit.

 

Le problème, c’est que rien n’interdit à un super-marché de facturer à son fournisseur ces »prestations » ou des pénalités abusives. Et ils ne s’en privent pas, croyez-moi.

(…)

Les grandes surfaces, avec leur boulimie de marges arrière, font sciemment monter les prix tout en faisant croire à leurs clients qu’elles se battent pour faire face aux méchants industriels. Mais sachez qu’aujourd’hui les marges arrières peuvent représenter plus de 60 % du prix final que paye le consommateur, la moyenne dans l’alimentaire étant autour de 35 %. (…)

 

extraits de Vous êtes fous d’avaler ça !, de Christophe Brusset, Flammarion 2015.

Un livre indispensable pour en découvrir encore plus sur le monde du mensonge et de la falsification généralisés qui nous étouffe et nous empoisonne tout en détruisant la biosphère.

 

ACG

 
 
 
 

(1) Ah, les boulangeries ! Les boulangeries et la stratégie hégémonique de la grande distribution… Rappelons-nous le discours qui éblouissait les « intellectuels de gauche » du jeune Nouvel Observateur :

« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer« . C’est du Edouard Leclerc cuvée 1966, et cela a été publié par le Nouvel Observateur (rapporté dans La grande distribution. Enquête sur une corruption à la française).

 

André Gorz, qui alors signait Michel Bosquet, s’est démené comme un beau diable pour soutenir l’expansion de cette lumineuse intelligence économique. Avec des collaborateurs nombreux, il a aussi veillé de très près à ce que les écologistes de la nouvelle gauche ne gênent en rien ses amis de la grande distribution et de la conquête des nouveaux marchés – celui de l’emballage jetable, par exemple (au début de l’année 1972, les écologistes furent stoppés net dans l’élan d’une campagne de sensibilisation dénonçant les dangers du jetable). Car, comme beaucoup d’autres utilités au service de la domination, Gorz-Bosquet n’avait fait mine d’être aux côtés des écologistes de la nouvelle gauche que mieux les contrôler et tuer dans l’oeuf toute résistance à la généralisation du laisser-faire capitaliste. Une stratégie mise au point dans les laboratoires de la guerre économique dès la fin de la seconde guerre mondiale.

 

Les dégâts du jetable que nous annoncions ? On en voit une partie sur les côtes et jusqu’au milieu du Pacifique. Une autre partie est déjà dans les organismes vivants. Toute la biosphère en a été changée en poubelle.

 

projet de tract 1971

 
 

Les dégâts de la promotion de la grande distribution ? L’amplification de la ruine des producteurs, paysans, artisans, petites entreprises du bon produit. Les délocalisations systématiques vers le moins cher, le plus dégradé, le plus nuisible à tous les niveaux. La désertification des campagnes et des rues commerçantes, et le chômage comme volant de régulation sociale. Le nivellement de la qualité si bas qu’on ne peut plus parler de qualité mais de son contraire. L’explosion des maladies dégénératives boostées par les produits trafiqués. Le gaspillage d’énergie, la pollution locale, la pollution mondiale, la pollution de bout en bout. Comme une réplique du système politique qui a porté la grande distribution jusqu’à la position de pouvoir absolu où elle se trouve maintenant.

 

Une action et un site :

En toute franchise contre les abus de la grande distribution

 
 

Un autre livre :

« La grande distribution. Enquête sur une corruption à la française« , Jean Bothorel et Philippe Sassier, Bourin éditeur 2005.

« (…) Aujourd’hui 20 000 communes n’ont plus aucun commerce de proximité, plus aucun pompiste. Les maires sont souvent obligés de subventionner avec l’argent des contribuables, les derniers commerçants qui résistent ou les candidats à l’installation. Ce que le consommateur perd d’une main, le contribuable le perd de l’autre. Certes, on ne peut pas rendre la grande distribution responsable de la grande migration des campagnes vers les villes, mais la brutalité de ses méthodes couplées au laxisme des Pouvoirs Publics, des maires, a grandement contribué à ce qu’on appelle la désertification de la France (…) ».

 

 

 

 

 

 

 

Au fait…

la quête de la croissance marchande du chevalier Rocard
préparait ce que montre ce film  : 

Comme Rocard le trahissait involontairement, le système qui a, depuis, généré tant de crises mobilisait beaucoup de monde pour son installation.

documentaire de Harold Crooks
d’après le livre de Brigitte Alepin (1)
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=232221.html

Ou comment tourne la pompe à phynance mondiale. Elle tourne depuis pas mal de temps déjà, et de plus en plus efficacement pour fabriquer des profits faramineux en détournant l’argent public pour mieux exploiter chacun et l’ensemble. A mort.

L’entreprise est restée longtemps discrète, très très discrète. Par exemple, qui, après l’arrivée de Charles de Gaulle à l’Elysée, dès les premiers pas de la Cinquième République, a su la réunion des financiers qui allaient rapidement accoucher du mémorable Plan Pinay-Rueff (dès septembre 1958) ?

Le souci constant des organisateurs de la financiarisation a été d’améliorer constamment leurs camouflages pour mieux dissimuler la casse systématique de toutes les régulations et les profits qu’ils en retirent. Comme dans un jeu de bonneteau, ils ont externalisé et déplacé sans cesse leurs activités, leurs sièges sociaux, multiplié les adresses fictives, dématérialisé les opérations, informatisé les transactions jusqu’à les confier entièrement aux programmes automatiques de calcul, inventé les darks pools pour tout opacifier davantage (2). La pompe à phynance a développé sur le monde un univers parallèle qui échappe même au contrôle des organismes d’état censés superviser les opérations financières, tout en ayant – on l’a vu dès le début – la mainmise sur les représentations politiques.

Idéologiquement déconnectés des réalités (leur culture s’affiche « anti-nature« ), parfaitement indifférents aux conséquences catastrophiques de leur entreprise, les acteurs de la finance mondialisée ruinent partout l’économie et l’écologie, et se soucient surtout d’échapper à l’impôt et aux coûts exorbitants de leur course aux profits. Truster les profits en écrasant tout autour d’eux et socialiser les pertes est, plus que jamais, leur idéal. C’est parfaitement réussi ! Les petits – y compris les « classes moyennes » – sont de plus en plus imposés et contrôlés *, tandis que les riches se sont complètement libérés de la contribution au bien commun.
* exemple ci-dessous avec le sort réservé à un couple de retraités jardiniers

La finance avait été créée pour aider aux échanges et les sécuriser. Elle est devenue le premier des périls.

Comme le rappelle utilement Bernard Nadoulek (3), pour faire fonctionner sa pompe à phynance, Ubu Roi l’avait couplée à une machine à décerveler. C’est bien ainsi que le système s’est installé et a prospéré. L’un des témoins que nous présente Harold Crooks le dit : le grand détournement est le projet des plus riches. Grandes familles du capitalisme et leurs fondations et autres groupes de pression, banques, grandes compagnies, places financières (telle la City de Londres)… toutes ces forces réunies n’ont cessé de développer un programme de confiscation du bien commun (les communaux) dont même l’histoire officielle rapporte quelques hauts faits – un peu trop oubliés, cependant (4). Ce que l’histoire officielle ne dit pas, c’est ce qui s’est passé plus récemment. Ainsi « la bataille pour conquérir l’esprit des hommes » (CIA 1948) qui a été développée sitôt achevée la Seconde Guerre Mondiale. Des fonds sans limites (au dire même de ceux qui y ont contribué et en ont largement profité) y ont été alloués. Sans limites. Pour en savoir davantage, il faut, par exemple, suivre la piste du pharaonique Congrès pour la Liberté de la Culture et de ses excroissances et descendances (par exemple, la Fondation Saint Simon). Les plus curieux suivront la trajectoire fascinante de Denis de Rougemont et en apprendront beaucoup sur les coulisses de la machine à décerveler. Ils apprendront, du même coup, la valeur de ceux qui, maintenant, tentent de faire passer le sieur de Rougemont pourun penseur de l’écologie. Si !

La guerre des communaux bat son plein comme jamais. Grâce à l’effondrement programmé de la culture critique et de la démocratie.

ACG

(1) Ces riches qui ne paient pas d’impôts
http://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=38683&def=Ces+riches+qui+ne+paient+pas+d%27imp%C3%B4ts%2cALEPIN%2c+BRIGITTE%2c9782894152966
La crise fiscale qui vient
http://www.edvlb.com/medias/3/7/ext_9782896492909.pdf

(2) Dark pools, le côté obscur de la finance
http://www.morningstar.fr/fr/news/94836/dark-pools-le-c%C3%B4t%C3%A9-obscur-de-la-finance.aspx

(3) La pompe à phynance
http://www.economiematin.fr/news-la-pompe-a-phynance

(4) L’entr’aide par Pierre Kropotkine
Révoltes et révolutions dans l’europe moderne (XVIe-XVIIIe siècles) par Yves-Marie Bercé, Presses Universitaires de France.
Small is beautiful, Big is subsidised par Steven Gorelick – en français : Les gros raflent la mise aux éditions Ecosociété

Essentiel, sur l’organisation de la machine à décerveler :
Qui mène la danse. La CIA et la guerre froide culturelle par Frances Stonor Saunders, Denoël 2003

Avec Rocard disparaît sous les éloges des curiosités ont été titillées. 
Alors…

C’est quand, en février 74, Rocard a répondu à des écologistes de la nouvelle gauche en croyant avoir affaire aux entristes déjà dans la place (ses amis), que nous avons commencé à découvrir la stratégie du Cheval de Troie dont tous les résistants à la civilisation impérialiste étaient la cible. Plus tard, beaucoup plus tard, nous apprendrons qu’elle était menée par les stratèges de la globalisation capitaliste depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Précision d’importance : la gauche – la vraie – en avait été victime bien avant que « la caste dirigeante » (dixit Bernard Charbonneau) ne se penche sur le cas des écologistes. La maladresse de Rocard et de son staff a, donc, marqué le début de la longue découverte de la mystification qui, aujourd’hui encore, égare la plupart.

« Le soutien des groupes de gauche n’avait pas pour but leur destruction ni même leur contrôle, mais plutôt le maintien d’une discrète proximité afin de contrôler la pensée de tels groupes, de leur fournir une soupape de sécurité et, in extremis, d’exercer un veto final sur leur publicité et peut-être leurs actions, si jamais ils devenaient trop radicaux« , Frances Stonor Saunders (« Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle« , page 109) à propos de la fonction de l’International Organizations Division (IOD) créée, au sein de la CIA, par Tom Braden en 1950. C’est exactement le traitement auquel nous, écologistes du premier mouvement, avons eu droit – et beaucoup d’autres.
 
Avant Guy Hocquenghem en 1985, Jean Baudrillard l’avait constaté : « Si le socialisme (s’est) installé sans coup férir, ce n’est pas tant qu’il a vaincu la droite, c’est que tout l’espace a été balayé devant lui par le reflux des forces vives » – « le socialisme » de l’ouverture aux capitaux spéculatifs, s’entend. Celui que préparait Rocard et quelques autres (troisième voie, deuxième gauche, Fondation St Simon…). C’est la disparition métaphorique des lucioles de Pier Paolo Pasolini* ! 
* laquelle était due exactement à la même offensive portée contre la société italienne également. 

Celui qui a lancé « La France ne peut accueillir toute la misère du monde » avait pris une grande part de responsabilité dans l’aggravation prodigieuse de celle-ci.

En dépit de l’extraordinaire affaiblissement de la société française qui est désormais bien incapable de menacer l’ordre dominant (!), en dépit des effondrements sociaux et biologiques successifs, l’effort ne s’est jamais relâché.







 

La pensée d’ YVES BONNEFOY restera
 
« Qui a le droit d’être libre, qui se sent le droit de réclamer à la société les conditions d’existence qui lui permettront de se vouer, s’il le veut, au travail d’une libération intérieure, celui-ci a également le devoir d’exercer cette liberté car si l’esprit ne se mobilise pas contre l’inertie du langage au sein de sa propre parole, il est en risque de voir les stéréotypes verbaux pénétrer ses démarches les plus intimes, usurper ses motivations, décider pour lui – en bref, faire de lui une chose, ce qui mettrait fin à notre aventure sur cette terre« à propos de ce qu’il nommait l’aliénation du langage, « Entretiens sur la poésie 1972-1990« , chapitre « Poésie et liberté »

Quel dommage que nous n’ayons pas su quand on nous abreuvait de stéréotypes mensongers : « gauche« , « autogestion« , « socialiste« … tout ce qui emplissait la bouche des démagogues occupés à tuer la pensée critique qui menaçait leur « croissance marchande » chérie (cf Rocard couvert d’éloges) !

 

 

 

 

ROCARD DISPARAIT SOUS LES ELOGES…*

 

En 1974, les acteurs de la nouvelle gauche écologiste pensaient plutôt à lui réserver un autre sort. Juste un exemple…

A l’époque où son PSU se prétendait « gauche révolutionnaire » et « autogestionnaire » : 
« Les 6 heures pour l’autogestion » à la Mutualité, le lundi 14 janvier 1974, à la tribune, Rocard accuse le gouvernement français d’avoir « négligé le nucléaire » (il restera toujours favorable au nucléaire civil).

Le 6 février 1974, dans une lettre répondant à ceux qui avaient cru que le PSU était relativement proche d’eux et s’étaient étonnés de tels propos, Michel Rocard :
« Nous sommes je crois chers camarades d’accord sur l’essentiel d’une perspective commune utile à la croissance marchande (…) » (1)…

La « croissance marchande » comme objectif de la nouvelle gauche – le mouvement des années 60/70 ?! Cette « croissance marchande« , c’était la promesse de nouvelles destructions massives comme celles qui avaient soulevé l’indignation et fait naître les beatniks, les provos, les situationnistes, les hippies, le mouvement écologiste, les kabouters, etc. Peu probable qu’il nous charrie. Nous n’étions pas intimes et l’humour n’était pas le genre de la maison. C’était donc du premier degré, le vrai visage derrière le masque… Mais pourquoi nous le montrait-il ? Etait-il possible qu’il se trompe d’interlocuteurs ?

Ce dérapage annonçait la suite du programme, celui, néo-libéral, dont le pouvoir « socialiste » des années 80 allait permettre l’épanouissement et qui, donc, était préparé de longue date. Nous découvrions enfin la supercherie, mais trop tard. Beaucoup trop tard.

Comme le dévoile ce compliment désormais courant : « Il a réconcilié le socialisme et l’économie de marché« , Rocard était depuis très longtemps l’un des meilleurs amis des lobbies, un accoucheur de la globalisation capitaliste. Il est l’un de ceux auxquels nous devons Tout ce qu’on nous a fait avaler (ci-dessous).

(1) (…) La réponse faite par B. Jaumont (PSU) à Galtié et à Samuel (Amis de la Terre) est explicite : elle traduit à la fois l’option de la croissance (économie) et celle du nucléaire (énergie) options peu compatibles, on l’admettra, avec une prétention au socialisme autogestionnaire, de par leurs liens avec une décision centralisée, réponse faite par ailleurs sur fond de tonalité pour le moins caricatural avec cette accusation de « retour à l’âge de pierre« , parlant du rejet du nucléaire. »

Rocard, l’autogestion et le nucléaire
A Contre Courant syndical et politique, n° 208, octobre 2009, page 7
http://www.acontrecourant.org/wp-content/uploads/2010/02/acc-208.pdf

* Voilà qui permet de faire le point sur l’état de la pensée critique, aussi sur la puissance de la propagande et du conditionnement… Tout aussi remarquable : les éloges déversés par les sectateurs du capitalisme parasite des écosystèmes et des sociétés disent involontairement la vérité du personnage et de son action. 

. . .

Camarades !

 

 

 

Ibrahim Kachouch : 5 ans déjà !

auteur de plusieurs chansons satyriques contre Bachar el-Assad et le Parti Baas, lors de la révolte syrienne de 2011, assassiné le 3 juillet 2011

https://www.youtube.com/watch?v=FMi78T0yfnI

http://www.liberation.fr/…/syrie-a-hama-les-gens-sont-en-co…

Personne n’écrivait sur l’héroïsme quotidien des Syriens, ni sur la façon dont ils transformeraient le pays. Eux-mêmes demeuraient indifférents aux slogans et aux paroles chocs. Eux, les anonymes, ignorés de tous qui risquaient leur vie. Ils se réveillaient chaque jour, heureux d’être encore en vie. Ils menaient une existence simple parmi les ruines, les oliviers et les figuiers. Aussi sûrement que le jour succède à la nuit, ils grandissaient, enfantaient et mouraient sans faire de bruit. Une vie à toute vitesse.

Samar Yazbek

journaliste et écrivain syrienne Samar Yazbek est née à Jablé en 1970. Elle a étudié la littérature arabe et publié une œuvre variée qui comprend des romans, des nouvelles et des scénarios de films. Elle est également journaliste dans la presse écrite, elle a produit des documentaires et créé dans le passé un journal en ligne féministe, Women of Syria . Elle a pris une part très active dansla contestation du régime de Bachar el-Assad en 2011 . Elle a été emprisonnée plusieurs fois et forcée à visiter des prisons où étaient détenus des manifestants. Elle a été libérée car protégée par son métier de journaliste et son appartenance à la minorité chiite alaouite, la même communauté que la famille el-Assad. Mais après avoir donné des témoignages terribles du traitement infligé aux manifestants, elle a reçu des menaces de mort et a été forcée de fuir. Elle s’est réfugiée à Paris en août 2011 avec sa fille. Depuis elle ne cesse de témoigner contre le régime de Bachar el-Assad, notamment devant le Parlement européen, dénonçant les tortures et assassinats dont sont victimes le peuple et les insurgés syriens.Du 25 mars au 9 juillet 2011 elle a tenu un journal de bord des événements qu’elle a vécus en Syrie. Ce témoignage doit paraître début 2012 sous le titre Feux croisés (chez Buchet Chastel).

Les hommes font la guerre. Mais il fallait une femme, blonde, aux prunelles de chat, Syrienne de 46 ans, de grande éducation, pour peindre cette Syrie à tête de mort. Aucun pinceau autre que le sien ne fut jamais trempé dans autant de larmes pour raconter l’ivresse de la brutalité dans un pays sous le joug d’une double punition : celui d’un régime totalement détraqué et celui de la cruauté insoutenable des fanatiques islamistes. Pour être net, au sujet de la Syrie, on a tout lu et on n’a rien lu. Rarement une telle vue plongeante sur la démolition ne fut publiée. C’est chose faite avec ce travail colossal de 288 pages. Samar Yazbek l’a rédigé à Paris, où elle vit désormais réfugiée : «J’ai travaillé dans mon lit tout en fumant des clopes. J’en étais arrivée à plus de 500 pages… c’est le livre de la guerre des autres chez moi.»  (…)

http://www.liberation.fr/planete/2016/03/20/samar-yazbek-lettres-face-au-neant_1440851

Les portes du néant, éditions Stock

Feux croisés : journal de la révolution syrienne

 

 

Nouvel assassinat d’une écologiste aux Philippines

Gloria Capitan, 57 ans, a été tuée vendredi d’une balle dans la tête. La militante écologiste était opposée à la construction de nouvelles centrales à charbon aux Philippines, deuxième pays le plus dangereux au monde pour les défenseurs de l’environnement

Selon l’ONG Global Witness, 33 militants ont été tués l’an dernier aux Philippines. Au total, ce sont 185 militants écologistes qui ont perdu la vie à travers seize pays en 2015.

Depuis 2014, le charbon fournit plus de 31% de l’électricité des Philippines, selon le ministère de l’Energie. Cette part est amenée à grandir au fur et à mesure que des centrales sont construites pour faire face à une demande croissante.

 

 

 

juin 2016

 

Plus de 700 migrants noyés en une semaine en Méditerranée

http://fr.euronews.com/2016/05/29/plus-de-700-migrants-noyes-en-une-semaine-en-mediterranee/

 

 

 

Denis Baupin : une affaire hautement révélatrice

Ce que révèle l’aura de propos orduriers et de gestes déplacés qui semble avoir longtemps entouré un élu vert hissé jusqu’au sommet de l’assemblée des élus républicains stimule, heureusement, la réflexion. Reste à stimuler aussi la mémoire…

Marilyn Baldeck de l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail :

Denis Baupin ne pouvait ignorer la gravité de ses propos et de ses actes. Il dispose d’un capital social et culturel qui lui permet de savoir où se situe le dépassement de la norme .

Ah bon ? On passera sur cette  norme  énigmatique, mais l’affirmation relative à la culture est un peu grosse ! De toute évidence, Marilyn Baldeck néglige une dimension du problème : la culture dont il s’agit. Bien que M. Denis Baupin aime à se réclamer de Mai 68 et de l’écologisme, sa culture relève très largement de l’autre culture : celle qui justifie les dégradations et les destructions pour augmenter le niveau de la prédation. Parce qu’elles salissent un mouvement remarquable – la nouvelle gauche écologiste des sixties et seventies – et introduisent encore plus de confusion qu’il n’en est déjà entretenu par d’autres malhonnêtes, les prétentions de ce monsieur méritent d’en dire plus que je ne l’avais fait dans  Harcèlement et agressions sexuelles à gogo chez les Verts  (ci-dessous).

Denis Baupin interrogé par des journalistes de L’Obs :

(…) le contexte a changé : on n’est plus à l’époque libertine et post-soixante-huitarde qui régnait chez les écolos. Aujourd’hui, le regard de la société est moins open .

Je ne vais pas nier que j’ai longtemps été dans le registre de la séduction et dans une forme de libertinage correspondant à la culture des écologistes.  http://tempsreel.nouvelobs.

Ah, parce que, tout en étant né en 1962, Denis Baupin a une expérience de ce qui se passait en 68 et dans le mouvement écologiste ?

Cela ne se passait justement pas comme il le dit. Denis Baupin semble dans une confusion telle que l’on en viendrait presque à lui trouver des excuses !

– confusion entre libertinage et agression sexuelle,

– confusion entre le mouvement écologiste (consciencieusement étouffé avant la mi-temps des années 1970) et l’assortiment d’imposteurs qui lui a été substitué par le cartel des réactions (a),

– confusion entre culture capitaliste du pouvoir et de la prédation (la culture impérialiste)… et culture immémoriale du vivant, la culture arcadienne de l’historien de l’écologisme Donald Worster.

Denis Baupin fait-il exprès de la désinformation pour tenter de s’absoudre, ou croit-il vraiment à la version dénaturée et avilie de l’écologisme ? Ses déclarations sur la culture du mouvement dont il se réclame abusivement ne seraient-elles pas sincères, au moins un petit peu ? La falsification de l’histoire du mouvement écologiste pour lui substituer celle d’une intégration au système dominant, l’effacement de sa culture pour la remplacer par les joutes du capitalisme de pouvoir, l’omerta complice révélée en même temps que les turpitudes, achèvent de démontrer un retournement complet de sens. Depuis un certain temps, chacun peut, dans son environnement comme à grande échelle, en mesurer les conséquences.

La réussite de l’opération que Bernard Charbonneau avait dénoncée est telle qu’il est probable que, comme la plupart de ceux qui n’ont pas connu le mouvement écologiste, Denis Baupin en ait été abusé. Surtout après ses déclarations, il est clair que le problème dépasse de très loin sa personne.

ACG

(a) Gauchistes des beaux quartiers, PS, PSU rocardien, acteurs et soutiens de la grande distribution, agents du Congrès pour la Liberté de la Culture, néo-cons… tous ensemble dans la guerre froide culturelle pour désamorcer tout ce qui pouvait menacer leur chère prédation et l’essor du tout-capitalisme, y compris l’alerte écologiste ! Tous ensemble et bientôt rassemblés dans la Fondation Saint Simon (1982/1999) pour conforter la globalisation capitaliste, etc.

Petit rappel à l’attention des incrédules : c’est Bernard Charbonneau qui, le premier, a dévoilé l’organisation de la prise de contrôle rampante du mouvement écologiste par « la caste dirigeante », dans un article du n° 21 de La Gueule Ouverte, juillet 1974 – Le  mouvement écologiste , mise en question ou raison sociale(sur www.planetaryecology.com, rubrique Une mémoire du mouvement écologiste 4ème chapitre).

…car la  mise en question  portée par l’alerte écologiste était intolérable pour les dominants. Alors que les pires cauchemars redoutés par les écologistes ont été réalisés, l’expression de cette  mise en question  est toujours systématiquement étouffée*.

*remarquable : le site planetaryecology est l’objet d’une attaque en règle depuis plus de 6 mois. Il est même désormais classé comme  dangereux  pour les utilisateurs (hébergé par Joomla, le site est géré par http://www.artifis.fr/).

La raison sociale comporte, en premier lieu, le terme générique de l’activité ou du produit (ex : Société Civile Professionnelle), puis l’appellation spécifique qui permet de distinguer la société des autres. La raison sociale doit être indiquée lors de l’inscription au registre du commerce.

Dans certains cas, seule l’appellation spécifique fait office de raison sociale.

Ces noms d’entreprises comportent également les patronymes des associés indéfiniment responsables et parfois des expressions telles que  et Associés ,  et Fils …

http://www.journaldunet.com/management/pratique/creation-d-entreprise/1779/raison-sociale.html

et encore :

Un dragueur réputé lourd

http://www.crepegeorgette.com/2016/05/09/dragueur-lourd/

 

 

 

mai 2016

Rapport accablant de l’Observatoire de la Biodiversité

évidemment, vu l’inculture des élus et des services officiels, et la poursuite frénétique des destructions sous la houlette des lobbies  !

– régression d’un quart (23%) des populations d’oiseaux communs les plus sensibles aux dégradations des écosystèmes entre 1989 et 2015;

c’est même près de la moitié (- 46%) pour les populations de chauves-souris entre 2006 et 2014.

Un tiers (32%) des espèces évaluées dans les Listes rouges UICN-MNHN sont menacées, de 8% à 50% selon les groupes d’espèces.

– La destruction, la dégradation ou la banalisation des milieux naturels se poursuit. En métropole, près de 67 000 ha par an en moyenne (66 975 ha) ont été détruit par artificialisation entre 2006 et 2014.

Les prairies, pelouses et pâturages naturels paient le tribut le plus lourd avec plus de 50 000 ha (52 236 ha) perdus par artificialisation entre 1990 et 2012.

Les cours d’eau quant à eux présentent une fragmentation par les ouvrages correspondant à 16 obstacles à l’écoulement pour 100 km de cours d’eau en 2014.

http://www.naturefrance.fr/sites/default/files/fichiers/ressources/pdf/160518_cp_bilan_2016_etat_biodiversite-france_onb.pdf

 

 

 

 

Abattoirs :

Nous sommes tous complices de cette barbarie

(…) La salve dénonciatrice de l’ancien inspecteur des services vétérinaires commence par l’étape de l’étourdissement, qui précède la saignée de l’animal :  Parler d’anesthésie est un pur mensonge, une tromperie . Il y critique en effet un système  avant tout utilisé afin de favoriser le travail de l’homme . Pour les cochons, les moutons et les chèvres, l’utilisation de l’électronarcose, qui envoie une décharge électrique à l’animal,  n’induit pas de perte de sensibilité à la douleur . Pour Martial Albar, donc,  rien ne prouve que l’animal ne ressent pas ce qui se passe ensuite .  D’ailleurs, dans tous les abattoirs qu’il a pu visiter durant sa carrière,  presque systématiquement, les animaux reprennent conscience avant d’être saignés .

Un constat clair qui démontre que les abattoirs ne cherchent pas à anesthésier l’animal mais bien, simplement,  à l’immobiliser afin de faciliter et sécuriser le travail des employés qui doivent le suspendre ensuite par une patte arrière sur la chaîne d’abattage.

(…)

 J’ai vu des cochons encore conscients quand ils entraient dans l’échaudeuse, le bain d’eau bouillante. Pareil pour les chèvres et les chevreaux, les agneaux et les moutons : après la saignée, on leur sectionne les quatre avant-pattes pour commencer à retirer leur peau; et bien souvent, quand l’opérateur attaque ça, l’animal n’est pas complètement mort 

(…)

Martial Albar met en évidence un problème propre à cette crise qui traverse les abattoirs : le manque d’humanité dans ces lieux. Il raconte un des mauvais traitements qui l’a le plus marqué durant douze ans :  Les agneaux. Avant d’être abattus, quand ils sont parqués, ils pleurent comme des bébés. On se croirait dans une crèche. Et quand on s’approche d’eux, ils veulent téter nos doigts parce qu’ils ont faim … . En face de ces agneaux, des opérateurs, qui leurs  fracassent la tête pour aller plus vite . Evidemment,  ils sont là pour mourir , répondent-ils. Dans ce désordre moral, quel est le rôle des vétérinaires sanitaires mandatés par l’Etat ? Ne peuvent-ils pas influer sur ces procédés ? Pour Martial, leur poids est minime :  Les vétérinaires sanitaires contractuels et les inspecteurs de la santé publique vétérinaire assistent peu à la mise à mort des animaux et n’ont pas envie d’embêter des abattoirs avec des questions de souffrance animale , car dans ces lieux, être sensible c’est surfait :  c’est un milieu viril .

Le constat de l’ancien inspecteur des services vétérinaires est implacable :  En 2016, en France, on n’est toujours pas capable de tuer des animaux sans les faire souffrir , alors  au final, nous sommes tous complices de cette barbarie .

(…)

Un milieu viril  ? Un milieu où toute intelligence est abolie, oui (l’intelligence commence avec la sensibilité). Un milieu totalement dépravé.

Combien de complicités ?

http://www.liberation.fr/france/2016/05/16/abattoirs-nous-sommes-tous-complices-de-cette-barbarie_1453067

http://www.marianne.net/ex-inspecteur-services-veterinaires-raconte-horreur-abattoirs-100242946.html

 

 

 

 

Des chimpanzés sauvés de la mort  scientifique

The Wisdom of the Wild – Chimpanzees

It’s a story of rescue, rehabilitation, and resilience. The famous animal behavior researcher Linda Koebner helped two laboratory chimpanzees transition to a life outside of bars, then left them to live their lives in a sanctuary where the chimps could live a more normal life. But in the documentary Wisdom of the Wild, Koebner returns to check on her old friends, unsure if they’d welcome her home after all these years.

According to PBS, Koebner was just a grad student when she began helping the chimps transition from their traumatic life inside cages, to a more free and open space. It was unclear if the chimps would be able to transition into this new life, but Koebner coaxed the chimps to leave their cages, and over the next four years helped them with their successful transition.

https://worldofanimals.org/2016/04/29/researcher-linda-koebner-has-emotional-reunion-with-chimpanzees-she-worked-with/

linda+loebner

Linda Koebner, an animal behavior researcher who once studied how chimps adapted back to life outside the laboratory, now works to place hundreds of surplus research chimps in new homes.

https://www.youtube.com/watch?v=_Tgb25Nia6w

 

 

 

Harcèlement et agressions sexuelles à gogo chez les Verts

Que l’auteur de ces faits longuement répétés ait pu s’insérer dans cet appareil et grimper dans la hiérarchie du système jusqu’à occuper l’un des postes les plus en vue de la République est déjà très intéressant. Cela renseigne sur la qualité de ces structures.

L’omerta ayant tout aussi longuement occulté les faits est encore plus révélatrice :

 C’était très, très connu dans le parti , a assuré lundi à l’Agence France-Presse un collaborateur des députés du groupe à l’Assemblée.

Oui, je savais, pas tout, pas complètement  (…)  Autour d’un bon verre de vin, en soirées amicales, tour à tour, des camarades, pour certaines des amies, parlaient, se confiaient et je blêmissais, et je savais que ça tomberait un jour (…) . Et, comme si cela n’était pas déjà un problème, on entend :  Oui, on le connaissait comme un dragueur lourd, mais pas à ce point .

Mieux encore,  après des allusions à des rumeurs d’agressions sexuelles dans le parti « assez récemment dans un conseil fédéral, à la surprise générale la personne qui est montée à la tribune pour demander qu’on arrête de discuter ça, c’est sa compagne, c’est Emma Cosse (…). Elle est montée à la tribune pour dire : “Ça suffit, je refuse qu’on continue de débattre de cette question » (…) .

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/05/09/denis-baupin-accuse-d-agressions-sexuelles-il-ne-faut-rien-laisser-passer_4916045_823448.html

montée à la tribune… A la tribune ? Parce qu’il faut s’élever au-dessus des autres pour parler ? Parce qu’il suffit qu’un  représentant  roule des mécaniques et dise ça suffit pour que le silence retombe ? Cela seul résume tout.

En contrepoint,avec un chantage classique à l’emploi, l’on retrouve aussi l’abjection des relations de domination/soumission caractéristiques du capitalisme :

Toi, tu n’auras jamais de poste dans ce parti

http://information.tv5monde.com/terriennes/accus%C3%A9-d-harc%C3%A8lement-sexuel-Denis-Baupin-d%C3%A9missionne106252

De plus en plus remarquable, même une élue d’un autre parti affirme  tout le monde savait .

En plus de quelques autres menus détails (a), cela permet de mesurer l’abîme culturel qui sépare ce parti de l’écologisme. Il y a déjà un certain temps, au temps où l’auteur de ces actes misérables portait des culottes courtes, avant que l’une et l’autre dynamiques, et d’autres encore, ne soient attaquées et presque effacées par les forces morbides (b), l’écologisme et le féminisme étaient ensemble dans le mouvement de résistance à l’offensive mondiale du système dominant (la globalisation capitaliste) : la nouvelle gauche. Logique : l’écologie – la connaissance du vivant – enseigne le respect de l’autre. C’est le B.A.-BA.

Même celles et ceux qui n’ont pas vécu ces années enthousiastes et ne connaissent pas leur véritable histoire peuvent aujourd’hui deviner à quel point l’alternative a été outragée et souillée, et plusieurs générations bernées (c).

Quel gâchis !

(a) entre autres, ceci résultant de cela, la passion pour le capitalisme du pouvoir et l’électoralisme

(b) les responsables de l’essentiel des catastrophes actuelles

(c) comme en a témoigné Guy Hocquenghem avec sa toujours actuelle Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

1ère manif Sem de la Terre_01

 

 

 

avril 2016

Zones humides : le massacre continue

Autant d’élus, de services de l’Etat, autant d’aveugles qui ne veulent surtout pas faire de vagues et s’opposer à un projet de construction fut-il sur une zone humide !

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Zones humides : le massacre continue [12/04/16]

Malgré la réglementation, malgré les SAGE, malgré les programmes bassins versants, malgré les inventaires et toutes ces démarches qui coûtent un paquet de pognon aux contribuables et aux consommateurs d’eau via leurs redevances à l’agence de l’eau, l’assèchement des zones humides se poursuit inexorablement.

La preuve : cette construction d’un élevage sur la commune de Langoélan, sur le bassin versant du Scorff. Toutes les parcelles riveraines, au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, ont été classées en zone humide lors de l’inventaire. Sauf évidemment celle sur laquelle a démarré depuis quelques semaines la construction d’un poulailler sur une prairie couverte de joncs, désormais partiellement remblayée.

Personne n’a vu la zone humide ! Ni les services préfectoraux, ni la commune qui ont délivré le permis de construire, ni le syndicat d’eau qui anime le programme de protection du Scorff, ni les membres des commissions communales qui ont fait l’inventaire, … Autant d’élus, de services de l’Etat, autant d’aveugles qui ne veulent surtout pas faire de vagues et s’opposer à un projet de construction, fut-il sur une zone humide !

Une fois encore, il aura fallu qu’une sentinelle associative prenne – elle – ses responsabilités et tire la sonnette d’alarme. Et encore ! Le syndicat du Scorff demande un  signalement officiel  à Eau & Rivières de Bretagne pour pouvoir agir, comme s’il ne lui suffisait pas d’avoir constaté lui-même les dégâts pour pouvoir agir !

Désespérant de voir autant d’argent investi pour rien sur les bassins versants, autant d’emplois soit disant au service de l’eau, autant de procédures inutiles ! A croire que faute de volonté, on multiplie à l’envie les outils, les procédures, les démarches, les inventaires, les programmes, pour laisser croire qu’on agit.

Préserver nos zones humides ou l’eau : ce ne sont pas les moyens qui manquent ! Seule la volonté fait défaut ! Et sur cet exemple, prenons le pari que jamais le poulailler ne sera démonté, que jamais le remblai ne sera enlevé, que jamais, la zone humide ne retrouvera ses fonctionnalités et sa biodiversité d’origine !

(Eau et Rivières de Bretagne)

eau-et-rivieres.asso.fr

Eh bien voilà ! Ce que constatent les amis bretons correspond exactement au constat fait par le collectif de Saint Gengoux le National*, par le collectif du Rousset** aussi. 

Hélas ! Les différents contacts du collectif dans d’autres régions nous l’avaient déjà appris, St Gengoux n’est pas le seul lieu abandonné par les législations, l’administration d’Etat et les nombreux organismes alimentés par nos impôts pour protéger le bien commun. Il y a beaucoup d’autres zones blanches où la logique du bien commun, le droit, l’intelligence du vivant, le sens de l’avenir, n’ont pas droit de cité.  

Et, maintenant, Oyez le message de l’Agence Rhône Méditerranée qui est en charge de la tête de bassin versant de St Gengoux...

Zones humides, zones utiles : agissons !

https://www.youtube.com/watch?v=rVStFHRfOnc

disparition+zones+humides

disparition des zones humides en France ces dernières dizaines d’années

Une nouvelle gestion des rivières arrive à l’heure de la Gemapi 

https://www.youtube.com/watch?v=IzrwF4XKUBk

fonctionnement+naturel+des+rivi%C3%A8res

plus+d%27espace

* L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange

https://renaissancerurale71.wordpress.com/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie

https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/

** Source Info   http://www.ace-arconce.fr/source.htm

 

 

 

 

Produits ménagers : la liste noire


De très nombreux produits ménagers contiennent une ou plusieurs substances  indésirables . Une enquête de 60 Millions de consommateurs  veut  sensibiliser le public au double visage  de ces produits chimiques.

Les experts de 60 millions de consommateurs ont évalué plus d’une centaine de produits, parmi lles plus courants. Conclusion :  la quasi-totalité contient une ou plusieurs substances indésirables , allergisantes, irritantes, corrosives, et/ou risquées pour l’environnement.

(…) 20 substances problématiques pour la santé ou l’environnement, sont listées dans un  mémo des toxiques  destiné à aider le consommateur dans ses achats. Des exemples de marques où ces substances sont présentes sont également donnés.

ttp://www.franceinter.fr/depeche-produits-menagers-la-liste-noire

Des produits nuisibles hors de la maison aussi… Car il a fallu produire ces inutilités, voire ces dangers publics, et les vendre en masse !

En amont, il y a des grandes surfaces bouffeuses de terres agricoles et de commerces de proximité.

Il y a des flottes de camions et, probablement, de bateaux.

Il y a des hangars de stockage ; de ceux qui forment ces dépotoirs à perte de vue que l’on voit s’étendre partout dans les campagnes changées en banlieues.

Il y a des usines, évidemment très polluantes puisque leurs productions raffinées le sont aussi. Et il y a d’autres usines pour alimenter celles qui transforment.

Et il y a des extractions de matière, partout, jusque dans les écosystèmes rares à protéger de toute intrusion.

Partout des victimes, par millions, par milliards, innombrables. Des hommes à tous les stades de la production à la  consommation , d’autres êtres dans les terres agricoles, les zones humides, les têtes de bassin versant, les eaux…

Tout ce saccage pour quelques profits dans les poches des irresponsables.

 

 

 

 

Les abattoirs : miroir de notre civilisation

Après les abattoirs du Vigan et ceux d’Alès, dans le Gard, ce sont cette fois des images des chaînes de l’abattoir intercommunal de Soule, dans le Pays basque (…) Vidéo après vidéo se dessine ce qui ne serait peut-être pas qu’un dysfonctionnement mais, au contraire, la marche normale de l’industrie de la viande. Surtout quand on sait que du petit abattoir de Soule – 33 salariés – sortaient des palettes de viandes destinées aux filières bio et aux circuits courts des Amap, au «Label rouge» ou au chef Alain Ducasse.

 

Notre culture est sortie de la prédation pour entrer dans l’extermination et le zoocide

(…) dans le scandale de l’abattoir intercommunal de Soule, c’est celui des indications de «Label rouge» et «bio» qui lui sont accolées. On savait déjà que de tels labels sont à prendre avec des pincettes, mais ce qui vient d’être observé remet sérieusement en cause la confiance qu’on peut avoir en eux. En fin de compte, un «carnivore éthique» doit se demander dans quelle mesure il est encore possible de manger de la viande qu’il n’a pas «tracée» lui-même.

(…) Le ministre s’est bien sûr empressé, lui aussi, de dire qu’il était choqué, de diligenter une inspection de l’ensemble des abattoirs et de donner un statut de lanceur d’alerte à au moins un salarié de tous les abattoirs. C’est beaucoup mieux que de seulement exprimer son indignation, mais ce n’est quand même pas grand-chose. Surtout venant d’un ministère qui a récemment autorisé l’ouverture de superfermes industrielles en France, et qui est plutôt ambivalent sur le sujet. Laisser réguler un phénomène par celui qui le développe n’est pas nécessairement le plus efficace – en termes d’éthique – et la situation dramatique des agriculteurs en France montre d’ailleurs que c’est tout aussi catastrophique en termes économiques.

(…) Plus généralement, il faut penser sérieusement le statut de la violence faite à l’animal dans nos sociétés et replacer le problème des abattoirs dans un contexte plus large, celui de la violence exercée contre le vivant, qui est au cœur même de notre culture contemporaine. Le problème récurrent des abattoirs n’est qu’un exemple parmi d’autres d’un rapport profondément pathologique aux animaux qui s’exprime de multiples façons. Il faudrait évoquer la pêche industrielle, qui rejette en mer des millions de poissons pêchés parce qu’ils ne sont pas conformes à ce qu’on attend d’un point de vue commercial et qui choisit de tout pêcher pour ne faire un tri qu’a posteriori. Il faudrait parler de tous ces animaux qui sont tués par «effets collatéraux» de nos actions les plus quotidiennes (parce qu’on empoisonne ou détruit leurs écosystèmes et ceux de leurs proies, parce qu’on les heurte en roulant en voiture, parce qu’on les étouffe avec des sacs en plastique qui sont jetés en mer). Il faudrait aborder la question de ces animaux qu’on garde captifs dans des conditions déplorables dans des laboratoires scientifiques et auxquels on fait subir des traitements inacceptables dans un certain nombre de cas, etc.

(…) On est sortis de la prédation pour entrer dans l’extermination, le zoocide et la barbarie interspécifique.

(…) Tolérer de tels agissements me souille en tant qu’être humain.

Dominique Lestel

http://www.liberation.fr/debats/2016/04/03/on-tue-l-animal-de-facon-massive-et-obscene_1443678

 

Portons un coup au plaisir carnivore

(…) l’absence des services vétérinaires à ce point crucial de la chaîne, le «poste d’abattage», n’est pas le fruit d’un hasard. S’ils sont occupés ailleurs, c’est parce qu’il est tacitement entendu que les employés sont libres de faire ce qu’ils veulent de ces victimes – qui sont collectivement les nôtres.

(…) il n’y a rien d’étonnant dans ces scènes effroyables, car le privilège exorbitant de se voir, au point du jour, confier par milliers, dizaines de milliers, des animaux à écorcher ne saurait se faire sans «dérive». La dérive, ce sont les abattoirs eux-mêmes, grands ou pas, mobiles ou immobiles.

Florence Burgat

http://www.liberation.fr/debats/2016/04/03/portons-un-coup-au-plaisir-carnivore_1443680

 

Le traitement infligé aux animaux, nos proches dans le vivant, nos complémentaires, reflète exactement ce que nous sommes devenus collectivement. Il trahit l’effondrement de la culture de la vie et le triomphe de  l’école de la domination de la nature. Cette dernière position, devenue la branche la plus active de l’héritage des Lumières, présuppose une désacralisation du monde, une réduction quantitative et mécaniste de l’univers en une masse informe d’objets hétéroclites. La raison devient un simple instrument au service des moyens et non des fins. Cette façon de voir conduit à l’aliénation spirituelle de l’homme, à sa coupure d’avec la nature, puis à l’industrialisation et à la mercantilisation du monde vivant.  (Max Horkheimer et Theodor Adorno, La dialectique de la raison, New York 1944)

ll a bon goût le fruit mûr

Que nous croquons à pleines dents

Et qui par toutes ses blessures

Fond dans notre bouche à présent

Il nous a fallu du temps

Il nous a fallu des années

Pour voir un jour dans notre champ

Fleurir les branches du pommier.

Refrain

Patience avait dit la vie

Si tu veux le paradis

Tu dois attendre demain

Peut-être attends-tu pour rien

Demain c’est l’éternité

Je n’ose pas y penser

Nous vivons si peu de temps

Qu’il ne faut pas perdre un Instant.

(…)

https://www.youtube.com/watch?v=JEoy8YL–50

 

 

 

 

mars 2016

Un crime de masse permanent

être tué à l’abattoir de Mauléon

http://www.l214.com/enquetes/2016/abattoir-made-in-france/mauleon/

rappel :

La dégénérescence même dans le  bio

ci-dessous en février

Car cet abattoir de Mauléon, comme celui du Vigan, est prétendu  bio  avec, s’il vous plaît, une certification Ecocert !

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/03/29/un-nouveau-cas-de-cruaute-mis-au-jour-dans-un-abattoir-francais_4891669_3244.html

Une mort digne pour les animaux d’élevage est possible

Devenir vegan n’est pas la seule solution pour respecter les animaux. Autorisons plutôt les éleveurs à abattre les bêtes dans leur ferme, loin des abattoirs.

(…) les abattoirs visés par L 214 sont de petits abattoirs locaux au service d’éleveurs, pour beaucoup en circuits courts ou en vente directe, et non les gros abattoirs industriels où l’on tue des centaines de cochons par jour à des rythmes effrénés.

(…) la bonne mort dans les abattoirs, petits ou grands, est impossible, compte tenu notamment des objectifs de rentabilité de ces structures. Cette impossibilité conduit certains éleveurs, pour respecter leurs devoirs moraux envers les animaux, à agir de façon illégale et à abattre leurs animaux à la ferme. Cela en accord avec leurs clients qui préfèrent, comme l’éleveur, savoir ce qu’il advient des animaux et pouvoir en porter la responsabilité. Pourquoi, pour respecter les animaux, les éleveurs doivent-ils se mettre dans l’illégalité et risquer prison et forte amende ?

C’est pour participer à rendre légales les pratiques d’abattage à la ferme que nous avons constitué un collectif «Quand l’abattoir vient à la ferme», qui regroupe des éleveurs, des associations de protection animale, des vétérinaires, des particuliers. Il s’agit de rendre possible pour les éleveurs la construction d’une salle d’abattage sur la ferme ou l’usage d’un abattoir mobile.

Jocelyne Porcher

http://www.liberation.fr/debats/2016/03/30/une-mort-digne-des-animaux-d-elevage-c-est-possible_1442895

 

Quelque chose de pourri en profondeur

Comment ne pas approuver la précédente proposition ?

L’abattage à la ferme a été interdit dans les années 1980 sous des prétextes sanitaires, mais surtout pour que les industriels et les financiers vendent des matériels, des  services  et des dettes tout en dévorant de la subvention généreusement attribuée par les mêmes élus qui édictaient les réglements. De très nombreux producteurs de bons produits ont été ruinés et la perte de diversité a encore une fois profité à… la grande distribution. Tiens !

Et la massification de la mise à mort des animaux par des gens ne les ayant pas élevés, ne les connaissant pas, n’en ayant qu’une vision réductrice – des obsédés du profit et de la rentabilisation, et des manoeuvres sans aucune formation soumis aux cadences de la productivité industrielle, les a plus que jamais chosifiés, réifiés, réduits à n’être que de la matière première. Cette planification poussée à l’extrême par le capitalisme néo-libéral avec les années 1980 a été la cause d’une systématisation du mépris du vivant et de la torture, en même temps qu’elle organisait la ruine de la vente directe et des pertes considérables pour les producteurs et les consommateurs.

C’est une nouvelle sinistre illustration de la dénonciation faite par Theodor Adorno et Max Horkheimer ( La dialectique de la raison ) de la culture et du système développés en effaçant la pensée critique* :

(…) une désacralisation du monde, une réduction quantitative et mécaniste de l’univers en une masse informe d’objets hétéroclites. La raison devient un simple instrument au service des moyens et non des fins. Cette façon de voir conduit à l’aliénation spirituelle de l’homme, à sa coupure d’avec la nature, puis à l’industrialisation et à la mercantilisation du monde vivant. (…)

* comme l’ont été la nouvelle gauche écologiste des années 60/70 et le sursaut de la fin des années 80.

 

Quand l’abattoir vient à la ferme

le site

(…) Des éleveurs témoignent, dans des recherches récentes, des difficultés qu’ils rencontrent lors du transport et de l’abattage de leurs animaux ainsi que, pour ceux qui commercialisent en vente directe, des difficultés qu’ils ont à récupérer l’ensemble de leurs produits.

Ils constatent en observant les comportements de leurs animaux que le transport, le changement de lieu et d’environnement social, le contexte bruyant et violent de l’abattoir engendrent sur leurs animaux stress et souffrance avant l’abattage, ce qu’ils n’acceptent pas. Ils considèrent que dans la situation actuelle,  les animaux conduits à l’abattoir sont réduits à de simples objets de production et ne sont pas respectés comme des êtres vivants dont la vie et la mort comptent.

Par respect pour leurs animaux qu’ils élèvent dans de bonnes conditions, ces éleveurs expliquent vouloir assumer leur métier d’éleveur en accompagnant dignement leurs animaux jusqu’au bout. Ils veulent ne plus avoir de raison de douter de l’origine des produits qu’ils commercialisent. (…)

(…) Dans le contexte d’une industrialisation accrue de l’élevage, des éleveurs, des consommateurs et des citoyens résistent et proposent un autre modèle. Il y a des éleveurs qui ont décidé qu’ils ne voulaient plus amener leurs animaux à l’abattoir et qu’au contraire, ils voulaient que le dernier jour de l’animal dont ils ont pris soin, soit un jour comme les autres.

Nous avons monté un collectif, nous avons discuté, imaginé, nous nous sommes parfois disputés, mais une solution nous semble à tous être la clé d’un élevage véritable : l’abattage à la ferme et la possibilité pour les citoyens d’être responsables de leur démarche de consommation. (…)

https://abattagealternatives.wordpress.com/

 

Derrière la gastronomie, une cruauté de masse

L’indignation saine qui a saisi une grande partie de l’opinion au spectacle des cruautés infligées aux animaux dans plusieurs abattoirs français va bien plus loin qu’une simple réaction de compassion plus ou moins sentimentale. Elle pose brutalement la question générale, sociale et philosophique, de la souffrance animale dans nos sociétés. (…)

http://www.liberation.fr/france/2016/03/31/derriere-la-gastronomie-une-cruaute-de-masse_1443157

Laurent Joffrin (ex Fondation Saint Simon à la grande époque) découvre l’un des recoins immondes des coulisses du système…  qu’il a fortement contribué à installer (souvenons-nous de la spectaculaire opération  Vive la crise  en 1984 :

http://www.arretsurimages.net/breves/2014-02-28/Vive-la-crise-1984-mea-culpa-de-Joffrin-Slate-id17004

Mais, au moins, Joffrin a reconnu son erreur. On ne peut pas en dire autant de la plupart des autres qui refusent encore de témoigner, quand ils ne poursuivent pas leur travail de sape. C’est, d’ailleurs, l’une des causes des différents effondrements enfin constatés.

 

 

 

Guadeloupe : monstre chimique

le scandale du chlordécone

Nombre d’Antillais voient comme un scandale d’Etat ce chlordécone épandu pour lutter contre un charançon amateur de bananes, de 1972 à 1993. L’outre-mer avait obtenu une dérogation spéciale, car la métropole avait officiellement banni cet insecticide en 1990, tandis que les Etats-Unis avaient stoppé net sa production et son utilisation dès 1976. Trop dangereux.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/16/guadeloupe-monstre-chimique_3160656_3244.html

Voici comment la France a volontairement empoisonné les antillais pendant de nombreuses années. Ça donne la chair de poule ! Comme par hasard, c’est toujours sur les populations  non-blanches  que les européens commettent ce genre d’abominations…

https://www.facebook.com/La-Chronique-%C3%89pic%C3%A9e-56…/…

Que l’auteur de La Chronique épicée se rassure, beaucoup de français d’Europe sont parfaitement capables de s’empoisonner eux-mêmes, et pire…

 

mars 2016

sur la trahison mondiale de la Syrie

Les portes du néant

de Samar Yazbek, éditions Stock

Des premières manifestations pacifiques pour la démocratie, à la formation de l’Armée Syrienne Libre, jusqu’à l’émergence de l’État islamique, Samar Yazbek livre un témoignage courageux sur le quotidien des combattants, des enfants, des hommes et des femmes ordinaires qui luttent pour survivre. Elle dit l’odeur de la terre après l’explosion d’une bombe, l’effroi dans le regard des mères, les corps mutilés ; elle dit l’une des plus grandes tragédies du xxie siècle.

 

 

 

 

 

 

février 2016

Sans toit, sans leurs affaires, sans aide, sans soins… comment sont traitées les victimes de l’action policière

Saint-Denis : les Oubliés des attentats

Jeudi 18 février, 3 mois jour pour jour après l’assaut des forces de l’ordre sur leur immeuble où était  retranché Abdelamid Abaoud, le cerveau des attentats de Paris, les habitants du 48 rue de la République à St Denis manifestaient.

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inRead invented by Teads

Victimes collatérales du terrorisme, ils ont tout perdu suite à cet assaut d’une extrême violence qui aura duré presque 7h. L’immeuble est aujourd’hui inhabitable et sur les 45 ménages qui y vivaient seuls 10 ont été relogés. Pire, ils ne sont toujours pas reconnus comme victimes, et ne peuvent prétendre à aucune indemnisation, ni prise en charge suite au traumatisme subi.

A Saint-Denis, c’est toute la population qui se sent méprisée. Et la colère monte parmi les habitants du 48 qui ressentent cette situation comme une injustice, persuadés que s’ils avaient habités Paris, les choses se seraient passées autrement.

Un reportage de Charlotte Perry

http://www.franceinter.fr/emission-comme-un-bruit-qui-court…

 

Après l’assaut du Raid, l’État ne répond plus

La plupart des victimes collatérales de l’assaut de Saint-Denis, intervenu il y a deux mois, sont toujours SDF. L’État ne tient pas ses promesses.

Deux mois jour pour jour après l’assaut de Saint-Denis, les 43 familles habitant au 48, rue de la République sont exaspérées. Elles n’ont pu regagner leur immeuble, rendu inhabitable par l’explosion d’un kamikaze et le déluge de feu du Raid visant la planque d’Abdelhamid Abaaoud.

http://www.humanite.fr/apres-lassaut-du-raid-letat-ne-repond-plus-595867

 

(…) La violence de l’assaut lancé par le RAID, le 18 novembre à 4 h 15, contre les occupants de l’appartement de la rue du Corbillon où était retranché Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur présumé des attentats du 13 novembre, a été telle que la police judiciaire n’a pu commencer ses constatations qu’à 14 heures. Soit près de trois heures après la fin des opérations menées par le RAID. Le bâtiment menace de s’effondrer « suite à l’emploi d’explosifs par les forces de l’ordre et par les occupants de l’immeuble », notent-ils dans un compte-rendu auquel Le Monde a eu accès.

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/12/23/attentats-du-13-novembre-confusion-et-questions-autour-de-l-assaut-du-raid-a-saint-denis_4837128_4809495.html

 

(…) A la lecture du rapport consulté par Le Monde et des informations de Mediapart, beaucoup de questions restent aujourd’hui en suspens. Aucune réponse n’est apportée aux questions soulevées sur la stratégie d’opérer des « tirs de saturation » pour empêcher un éventuel kamikaze d’approcher. Aucune mention non plus des raisons pour lesquelles les explosifs disposés par le RAID sur la porte de l’appartement n’ont pas fonctionné.

Il n’y a pas plus de précision sur les échanges que des hommes du RAID ont eus avec Hasna Aït Boulahcen lorsqu’elle a demandé à deux reprises de pouvoir sortir. Rien non plus sur le moment où l’un des terroristes a déclenché sa ceinture d’explosifs. Enfin, rien ne figure sur le fait qu’un seul pistolet automatique ait pu à lui seul donner le sentiment aux équipes du RAID d’être visées par « un feu nourri ».

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2016/02/01/attentat-du-13-novembre-precisions-sur-l-assaut-du-raid-a-saint-denis_4857176_4809495.html#yMLK1BEALtwypPli.99

 

Saint-Denis : Mohamed, nouvelle victime oubliée de l’assaut du Raid

Ses voisins de palier, ce jour-là, étaient les terroristes morts pendant l’assaut du Raid.

«Leur porte a explosé vers 4 heures du matin. J’ai été réveillé, j’ai ouvert ma porte, les policiers m’ont dit de rentrer, raconte le jeune homme de 26 ans. Cinq minutes après, je vais à la fenêtre, j’ouvre un premier volet et je vois l’immeuble d’en face plein de policiers.

J’ouvre le 2e volet, et ils me visent avec une balle qui me touche au biceps du bras gauche. J’ai couru avec mon colocataire me cacher dans la salle de bains. Il était 4 h 30. J’y suis resté jusqu’à 10 h 30. Mon colocataire faisait pression sur mon bras pour qu’il arrête de saigner. Pendant ce temps, les balles pleuvaient. Si j’étais sorti, ils m’auraient abattu. »

«Ils m’ont jeté sur le canapé, mis tout nu, menotté »

http://www.leparisien.fr/saint-denis-93200/saint-denis-mohamed-nouvelle-victime-oubliee-de-l-assaut-du-raid-08-03-2016-5608079.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr 

 

Les sinistrés de l’assaut de Saint-Denis : victimes de seconde zone ?

Plus d’un mois après l’assaut de leur immeuble, les sinistrés du 48 rue de la République et du 8 rue du Corbillon à Saint-Denis se sont rassemblés devant les locaux de la cellule d’aide aux victimes des attentats dont ils s’estiment faire partie. Ils espéraient être reçus. Ce ne fut pas le cas.

Depuis le violent assaut du 18 novembre et l’évacuation de leur immeuble, devenu inhabitable, la plupart des anciens locataires attend encore une solution de relogement. Placés dans des hôtels ou en hébergement provisoire après une semaine passée dans un gymnase, l’incertitude règne toujours quant à leur avenir plus d’un mois après les événements. Ce rassemblement est aussi l’occasion d’appuyer leur demande de relogement, mais aussi la régularisation des sans-papiers, menacés d’expulsion.

A l’heure actuelle, sur les trente neuf familles concernées, quatorze ont reçu ou vont recevoir des propositions de relogement de la part de la mairie de Saint-Denis. « Huit ont été acceptées, mais pour le moment personne n’a les clefs »

http://www.humanite.fr/les-sinistres-de-lassaut-de-saint-denis-victimes-de-seconde-zone-593962

 

Assaut de Saint-Denis : des voisins blessés et menacés d’expulsion

(…) Il est précisément 4 h 14 lorsque, pensant que l’immeuble s’écroule, il tombe nez à nez avec les hommes du Raid qui viennent de défoncer sa porte. «Help ! I am Egyptian !» crie-t-il. «Va à la fenêtre et lève tes mains !» lui répond-on, avant de lui tirer plusieurs balles dans le bras. Au même moment, à l’étage du dessus, une balle touche le bras de Nordine T. : «J’ai pensé que c’était comme ça qu’on traiterait les Arabes désormais.» Ils sont tous emmenés dans les locaux de la sous-section antiterroriste de la police judiciaire à Levallois-Perret, en slip, menottés et les yeux bandés. (…)

http://www.liberation.fr/france/2015/11/27/assaut-de-saint-denis-des-voisins-blesses-et-menaces-d-expulsion_1416801

 

 

 

 

 

 

 

Crise  agricole,  crise  de l’élevage…

quelques rappels utiles

Et, d’abord, celui de Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale :

La FNSEA, via les Chambres d’Agriculture, elle a qu’à se remettre du côté de l’agriculteur. Tout ce qu’on vit, ils l’ont cogéré depuis 20 ans. Et, maintenant, ils osent monter les agriculteurs en leur disant  Voyez, trop de paperasse, trop de ceci, trop de cela  !

(journal de 19H, France Inter samedi 27 février)

Bernard Lannes n’est pas méchant. La FNSEA cogère le démantèlement de la paysannerie et des campagnes depuis les années cinquante.

Là-dessus et sur la façon dont les campagnes ont été ruinées, un livre toujours très utile :

Le Krach alimentaire, de Philippe Desbrosses, Le Rocher 1988.

Et, ci-dessous, en juillet 2015, le sujet :

La grande distribution écrase les campagnes, maximalise la souffrance animale et tire la bouffe vers le bas

avec le rappel de l’excellent film HERBE de Matthieu Levain et Olivier Porte, film qui brosse un tableau limpide de la situation.

 

 

 

De plus en plus bas, toujours plus profond dans l’immonde

La dégénérescence même dans le  bio  !

Le procureur de la République d’Alès a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire après la diffusion de la vidéo par L214. L’abattoir du Vigan a par ailleurs été fermé  à titre conservatoire  par les élus qui en ont la charge.

Le procureur de la République d’Alès a été destinataire mardi 23 février 2016 d’une plainte de l’association L214 dénonçant des faits de sévices graves, mauvais traitements sur animaux et violation de la réglementation relative à l’abattage , écrit Nicolas Hennebelle dans un communiqué.

Cette plainte vise principalement les conditions d’abattage des bovins, cochons et moutons dans l’abattoir du Vigan. Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire afin de vérifier les éléments contenus dans cette plainte , poursuit-il. L’enquête sera menée par la brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, en co-saisine avec la brigade des recherches de la gendarmerie du Vigan, précise-t-il.

http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/23/l214-le-vigan-gard-abattoir-bio-animaux-images-actes-cruaute_n_9295956.html

Derrière les murs d’un abattoir certifié bio

http://www.l214.com/enquetes/2016/abattoir-made-in-france/le-vigan/

Actes de cruauté dans un abattoir du Gard certifié bio

Les images diffusées par L214 ont été tournées dans l’abattoir intercommunal du Vigan, une petite commune cévenole, entre juin 2015 et février 2016. On y voit des moutons violemment jetés contre l’un des enclos de l’abattoir ; des employés riant en électrocutant des cochons avec la pince d’électronarcose ou, plus tard, insistant jusqu’à les brûler ; des animaux mal étourdis, encore conscients lorsqu’ils sont suspendus puis saignés ; un porcelet qui se détache à plusieurs reprises de la chaîne d’abattage ; du matériel défaillant ou inadapté et des inspecteurs-vétérinaires absents.

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2016/02/23/actes-de-cruaute-dans-un-abattoir-du-gard-certifie-bio/

Le délabrement mental et le sadisme des ouvriers dit assez la qualité de la sélection à l’embauche, aussi l’exigence quant à la formation et aux références ; et, sans aucun doute, le niveau des salaires.

L’insuffisance du personnel et les méthodes stupides, à commencer par l’entrée simultanée de plusieurs animaux dans la salle d’abattage (ici, tout un groupe !), révèlent le sérieux de la direction de l’entreprise et le sens de sa principale préoccupation – le rendement à n’importe quel prix au détriment des animaux, également des employés.

Tout ensemble montre la responsabilité entière de l’entreprise, les carences du suivi vétérinaire et le j’m’enfoutisme des éleveurs qui confient leurs animaux à cette horreur. D’ailleurs, un éleveur et un syndicat* se sont empressés de minimiser et de tenter de décrédibiliser l’information, révélant ainsi une déficience de la conscience qui fait craindre le pire.

* FDSEA

Même constatation pour les acheteurs, bref pour toute cette filière « bio » qui avilit le bio.

Tout dans cette affaire empeste la chosification du vivant sous le profit au moindre coût, et révèle une très longue et très contagieuse dégradation pour en arriver à ce point.

Comme souvent, le scandale révèle une réalité plus stupéfiante encore. D’après l’interview de Bruno André, président de l’abattoir de Gap et porte-parole de la FDSEA, « la DDCSPP impose des résultats, mais pas de moyens. Ils veulent de plus en plus de résultats, mais à nous de trouver les moyens ».

Autre problème : le manque de formations, aucun institut en France ne forme au métier d’ouvrier d’abattage.

http://alpesdusud.alpes1.com/son/podcast/48322/abattage-il-n-y-a-pas-de-formations-mais-les-controles-sont-effectues-de-l-elevage-a-l-abattage

Encore une spécificité française ?

Une carence due à la réification générale du vivant par la  culture anti-nature  développée depuis Descartes, Malbranche and Co et radicalisée par le capitalisme de la rentabilité et de la  compétitivité  à tout prix ?

Un pays où, dans les années 1980 encore, il était inenvisageable d’aborder l’émotion et la sensibilité au cours des études vétérinaires !

Un pays où la souffrance des bébés était négligée, voire contestée, il n’y a pas longtemps !

Et cette  DDCSPP , quelle est sa compétence et son soucis du bien-être des animaux et de la qualité de leur viande* ?

* le seul point de vue utilitariste condamne absolument cette filière abjecte, car la viande des animaux maltraités et saisis par la terreur est polluée par les toxines.

 

 

 

 

Saint Gengoux le National 1974

L’affaire de Saint Gengoux ne cesse de gagner en épaisseur et en exemplarité. L’histoire de la formation de la vallée, l’histoire de l’implantation des hommes et de la formation de la cité, la situation rare d’une vieille cité dans l’espace d’une tête de bassin versant, la brutalité des destructions récentes et, justement, les dessous de l’histoire contemporaine – pas seulement locale – qui commencent à se dévoiler, tout en soulevant de nouvelles questions…

Quand l’histoire locale correspond à l’histoire nationale

A Saint Gengoux, les saccages ont succédé à… une mobilisation pour le patrimoine et le bien commun !

Découverte d’un document qui dévoile l’histoire exemplaire de la régression radicale qui a brutalement succédé à une mobilisation pour le patrimoine et le bien commun. Ce qui achève de démontrer que la destruction du patrimoine et la destruction de la tête de bassin versant ont progressé parallèlement.



Sites et Monuments octobre – novembre – décembre 1974 – n°68, revue de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), pages 34, 35, 36

 

Saint Gengoux-le-Royal

à découvrir…

 
 

Saint Gengoux-le-Royal, cité médiévale…

 

Aujourd’hui, Saint-Gengoux-le-National, à l’écart des grands itinéraires routiers, entre Chalon-sur-Saône, Cluny et Tournus, offre au visiteur qui a su le trouver une structure qui n’a que peu évolué depuis le Moyen-Age, du moins en son centre. Cité à découvrir, elle l’est à de nombreux titres. La première visite est un étonnement constant ; l’oeil passe d’une fenêtre à meneaux à une échauguette, d’une maison à pans de bois au clocher, roman comme il se doit.

Les visites suivantes n’en sont pas moins riches en découvertes et, à chaque fois, de nouvelles « trouvailles » viennent s’ajouter à ce que l’on connaissait déjà.

 

Avant de parler plus longuement de cette ville si riche, et qui laisse malheureusement sommeiller ses trésors, il serait bon d’évoquer quelques points d’histoire.

 

Si l’existence de Saint-Gengoux à l’époque gallo-romaine n’est pas fortement attestée, elle apparaît en revanche, en 950, dans une charte de l’abbaye de Cluny.

 

C’est Louis VII qui donna aux habitants de Saint-Gengoux l’autorisation d’élever des fortifications. Ce droit fut confirmé en 1200 par Philippe Auguste. Douves et murs d’enceinte protégeaient alors le château et son donjon, édifié en 1206. Celui-ci, qui aurait été flanqué de quatre tourelles, fut rasé sous Henri IV. L’enceinte fortifiée comptait quatorze tours reliées par le chemin de ronde. A l’intérieur de la ville, de nombreuses tours et maisons à échauguettes complétaient le système de défense. Système d’ailleurs peu efficace, puisque Saint-Gengoux n’a jamais su résister à aucun siège.

 

Des quatorze tours de jadis, seules deux subsistent *, au nord, reliées par un rempart qui se prolonge à l’ouest.

 

Les règnes de Charles VIII et de Louis XIII virent l’extension du bourg, avec l’apparition de rues « corporatives » : rue des cordiers, rue des bouchers, rue des chapeliers, rue des tanneries, etc.

 

En 1789, on comptait 1 449 habitants à Saint-Gengoux. Il en reste environ 1 100 aujourd’hui.

 

La structure de la vieille ville n’a que peu évolué depuis l’époque médiévale. Quelques adjonctions malheureuses, bien sûr… Quelques réparations, plus utiles qu’esthétiques ont été faites ici et là, mais l’essentiel subsiste. Des maisons se sont adossées aux fortifications, s’y sont même parfois incrustées. Mais l’essentiel est là, pour qui sait voir et admirer.

 

En 1973, un espoir naquit. Une association de sauvegarde et de mise en valeur se constituait, sous l’impulsion de quelques jeunes du pays. Grâce à l’impulsion de l’Union R.E.M.P.A.R.T., où sont affiliées également les équipes qui ont sauvé également l’église du Puley et celle de Saint-Hyppolite, un chantier de jeunes bénévoles s’ouvrait en août 1973 et commençait le dégagement et la consolidation des remparts. Dans le même temps, des relevés architecturaux était commencés, afin d’avoir un programme d’ensemble permettant d’aboutir à une proposition permanente de sauvegarde. Cet effort se poursuivait en 1974, avec la restauration des voûtes d’une ruelle médiévale, quelques travaux aux remparts, et la poursuite de l’étude de la ville.

 

La tâche est immense et ingrate. Les plus beaux joyaux, les monuments du XIV°, du XV° siècle, les plus abondants, sont des propriétés privées auxquelles les jeunes n’ont pas accès, le travail bénévole ne pouvant s’effectuer qu’au bénéfice des communes et collectivités publiques. Une maison du XIV° siècle devait pourtant devenir le siège de l’association. Pour des raisons mal déterminées, la vente au franc symbolique qui devait avoir lieu n’a pu aboutir.

 

Plus grave encore, des démolitions sont actuellement envisagées. En particulier celle de l’hospice, qui abrite les anciens de Saint-Gengoux. Magnifique bâtisse du XVII° siècle, qui se trouve face à un ancien couvent de la même époque, servant aujourd’hui de foyer rural. L’ensemble, qui est situé à l’une des entrées de la ville, est très homogène. La mairie, qui semblait vouloir adopter une politique de conservation et d’entretien des édifices anciens, a pourtant accepté immédiatement le projet de démolition. L’architecte des Bâtiments de France ne pouvait qu’en faire tout autant et donnait son accord à un projet fade, sans style, sans proportions et sans caractère. Il était pourtant facile de conserver le bâtiment actuel, en l’agrandissant sur l’arrière, ce qui était alors invisible et permettait de résoudre le problème posé par l’extension.

 

La démolition de cet édifice serait un premier pas. Comme dit le proverbe : « c’est le seul qui coûte ». Partant de là, tout peut arriver, et ce joyau qu’est Saint Gengoux, qui ne demande qu’à se révéler, risque de disparaître morceau par morceau. Déjà, il y a deux ans, un remblaiement qui devait cacher les remparts, a été évité de justesse. Aujourd’hui, la menace est plus grave. C’est un choix qui doit être fait.

 

J.-P. Thorreton

 
 

* Il en est une troisième, à l’ouest, qui est une tour-porte avec un beau passage voûté. Quadrangulaire, elle est peu connue car, privée de sa couverture, elle ressemble à une grosse maison.

 

Article essentiel puisqu’il rapporte qu’au début des années 1970, à Saint Gengoux même, bien avant Villa Vallis (d’après les rares témoignages recueillis), s’épanouissait une conscience de l’importance du patrimoine (relation à la genèse du pays et à l’histoire des anciens, plaisir de vivre, potentiel de la cité…), et qu’un mouvement s’affirmait « sous l’impulsion de quelques jeunes du pays« .

Article important puisqu’il témoigne de premiers efforts prometteurs : le blocage d’un projet destructeur, des travaux de restauration, une étude… Quel contraste avec l’adhésion actuelle aux pires projets !

 

Puis, en plein élan, dans ce lieu de longue installation où tout avait toujours été pensé en fonction de l’environnement, sans doute pour « moderniser » tout ça en s’inspirant de la négation même de l’urbanisme – la banlieurisation, les administrations et les élus ont entrepris de casser la cité médiévale et sa campagne.

– Pourquoi et comment l’éveil pour le bien commun a-t-il été vaincu ?
– Que sont devenus « les jeunes » motivés d’alors ?

Cet article est aussi très important parce qu’il prévient contre la dérive déjà amorcée par une administration déprédatrice et des élus bien vite oublieux de leurs responsabilités vis à vis du patrimoine et, plus généralement, de l’intérêt général et de l’avenir.

Il est tout aussi remarquable d’apprendre que les fonctionnaires chargés de protéger le patrimoine contre les entreprises nuisibles – les Bâtiments de France – ont trahi leur fonction et se sont couchés sans combattre. Cela confirme ce qui nous avait été rapporté et correspond aux abandons de postes des administrations responsables de l’eau et de l’environnement.

Mais où est passé « l’Etat de Droit » au service de l’intérêt général ?

J.-P. Thorreton avait mille fois raison d’alerter contre la disparition « morceau par morceau« . Ainsi progresse la prédation du bien commun et le démembrement des ensembles historiques, architecturaux, écologiques. Ainsi le sens est-il perdu presque insensiblement, augmentant la perte de la mémoire et de la conscience, permettant aux successeurs des premiers saccageurs de commettre pire encore dans l’indifférence générale.

On n’ose imaginer ce que seraient devenues la cité médiévale et sa campagne sans les éveils successifs de l’intérêt pour le bien commun et les résistances opposées aux prédations destructrices !

A la lumière de ce témoignage venu des seventies (42 ans !), les années d’enthousiasme et d’espoir, époque où la culture de l’écologie et du patrimoine était partout portée par un mouvement social, on voit mieux à quel point, à Saint Gengoux, tous les efforts positifs ont été compromis, balayés, retournés. Il s’agit d’une inversion complète. Une inversion brutale puisque, quelques années plus tard, les belles maisons du XVII° allaient être rasées et, au sortir du même faubourg, 1 kilomètre de ruisseau, de bief de moulin, avec leur belle ripisylve arborée, anéantis, et l’eau, vidée de toute vie, enterrée dans une buse ! Depuis, un autre pâté de maisons médiévales a été dévasté et, avec son attractivité, la cité a perdu une quarantaine de commerces, dont plusieurs auberges et restaurants.

La destruction des maisons médiévales et renaissances est particulièrement révélatrice car elle intervient à une époque où, enfin, le patrimoine architectural est partout ailleurs objet d’attention. Pire, plutôt que de provoquer une prise de conscience et, par exemple, une réaction des élus, la fièvre destructrice n’a fait que se renforcer. La perte de la culture défendue par les jeunes Jouvenceaux des années 1970 est flagrante. C’est au point qu’aujourd’hui presque plus personne n’ose défendre la cité, son eau et ses paysages.

– Qu’est-il arrivé aux défenseurs de la cité médiévale ?
– Qu’est-il arrivé à la population ?
– Comment l’incompréhension et le mépris pour le patrimoine architectural et l’écosystème ont-ils pu succéder à l’éveil – et si vite ?
– Comment les destructeurs fanatiques ont-ils pu supplanter ceux qui proposaient de protéger et d’améliorer, de mettre en valeur ?
– Pourquoi une telle régression ?
– Quelles forces ont été à l’oeuvre pour renverser ce mouvement ?
– Et comment ces saccages n’ont-ils pas soulevé l’indignation hors de Saint Gengoux et jusqu’au niveau national ?

 

Comment ne pas corréler cet effondrement de la conscience du bien commun, et de sa défense, à l’étouffement du grand mouvement culturel des années 1960/70 – la nouvelle gauche – qui, en restaurant la culture du vivant, avait stimulé la conscience du patrimoine et de l’écologie, tout en alertant contre les destructions de la globalisation capitaliste en cours ? La simultanéité et les correspondances sont troublantes. La similarité des conséquences, tout autant (1). L’effacement de la mobilisation observée par J.-P. Thorreton, à Saint Gengoux le National, serait-il une traduction de l’opération développée à très grande échelle pour vaincre les résistances à l’ultra-libéralisme ? Saint Gengoux, un exemple local de ce qui s’est passé dans tout le pays ?

 
 

le collectif de sauvegarde

 

(1) Les amoureux du patrimoine étaient impliqués dans la nouvelle gauche écologiste des années 1960/70. L’un des précurseurs du mouvement, Bernard Charbonneau en a témoigné :
« (…) A ses débuts, surtout après Mai 68, ce mouvement a été le fait de personnes marginales, comme Fournier, de groupes de jeunes* et de quelques sociétés (Maisons Paysannes de France, Nature et Progrès, etc. **), réagissant spontanément à la pression grandissante de la croissance industrielle. Nouveauté des thèmes, marginalité, spontanéité du mouvement, ce sont là les signes d’une véritable révolution (rupture dans l’évolution) en gestation. (…) »

* comme La Semaine de la Terre

** Etudes et Chantiers aussi

 

Et Charbonneau embrayait sur une mise en garde contre les manoeuvres que « la caste dirigeante » avait déjà « mis en train en 1970 » pour récupérer et détourner le mouvement en remplaçant ses acteurs par des « notables (qui) ne sont pas par hasard à ce rang » (la suite de l’histoire a été écrite par Guy Hocquenghem : Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary).
L’article de Bernard Charbonneau : Le « mouvement écologiste« , mise en question ou raison sociale est paru dans La Gueule Ouverte n° 21, Juillet 1974.

 

En décembre 1974, Aline Bayard et Raymond Bayard, fondateurs de Maisons Paysannes de France, ont témoigné des manipulations auxquelles ils résistaient dans leur association et dans l’ensemble du mouvement écologiste. Comme Bernard Charbonneau, ils dénonçaient la récupération et le détournement du mouvement effectués à l’occasion de « la campagne Dumont » (mai/juin 1974).

 

https://planetaryecologycom.files.wordpress.com/2017/01/1a64e-le2brempart2beffondr25c325a92ben2b2013.png

en 2013

l’effondrement continue

 

 

 

Ecocide indonésien :

déforestation et extermination générale

https://www.youtube.com/watch?v=d_BV7lKV0wM

https://www.youtube.com/watch?v=wsVphW7jVgc

 

 

 

Siné entre quatre planches

Le dessinateur Maurice Sinet est mort jeudi à Paris. Eternel pourfendeur de l’ordre établi et des cons, «Bob» avait créé son propre journal à 80 ans après s’être fait virer de «Charlie». Comme un ultime bras d’honneur.

 

 

 

 

avril 2016

 

Résultat de la défection des premiers responsables de la dégradation géopolitique de la région : les USA,

résultat de l’autorisation aérienne donnée aux massacreurs par les USA et la Grande Bretagne,

résultat de l’ouverture offerte à la Russie par les mêmes…

Il n’y a pas de pire endroit sur la planète

http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/alep-il-n-y-pas-de-pire-endroit-sur-la-planete-et-le-monde-entier-reste-silencieux-medecin-786645

 

 

 

 

 

 

Dirigeables géostationnaires : tel le Phoenix

Stratobus, un dirigeable, à la fois drone et satellite

Développé par la coentreprise franco-italienne Thales Alenia Space, ce projet de ballon autonome remplira, à l’horizon 2020-2022, des missions d’observation, de surveillance et de télécommunications. Les géants du Net travaillent eux aussi sur des solutions alternatives pour connecter la Terre entière.

 

Dirigé par le constructeur européen de satellites Thales Alenia Space, en partenariat avec l’entreprise Zodiac et le laboratoire CEA-Liten, le projet Stratobus est soutenu par le pôle de compétitivité Pégase. Sa conception aura nécessité deux ans et demi et son coût de développement est estimé entre 300 et 500 millions d’euros. Positionné dans la stratosphère, au-dessus du trafic aérien, soit à une altitude de 20 kilomètres, Stratobus est une plate-forme géostationnaire, dotée de deux moteurs électriques pour lutter contre la force du vent pouvant atteindre, à cette altitude, plus de 90 km/h. Mesurant 70 à 100 mètres de long et 20 à 30 mètres de diamètre, cette structure gonflable embarquera jusqu’à 200 kilos de matériel électronique (caméras, antenne relais…). Prévue pour une durée de vie de cinq ans, l’un de ses principaux atouts réside dans sa complète autonomie.

… Pegase, en effet, est la continuité du projet qui était développé au début des années 1970

voir le chapitre sur « les DIRIGEABLES et les vaisseaux hybrides » dans Alternatives pratiques :

 

 

 

 

 

La terre en morceaux  

ARTE documentaire 2015 d’Ariane Doublet

Perte des savoirs et des pratiques du bien commun, simplisme, démocratie détournée, cupidité et courte vue, corruptions… comment tout est foutu en l’air

Ne pas rater la forfanterie burlesque des deux élus responsables du saccage de leur campagne, et leurs figures longues d’une aune quand un autre, un paysan, prend la parole pour dire toute la stupidité de cette politique (à partir de la 27ème minute pour introduire sur la dénonciation faite par le responsable de la SAFER).

 

La France des ronds-points et des zones d’activité dévore l’équivalent d’un département de terre fertile tous les 7 ans. La terre devient rare, la terre devient chère. Promoteurs, jeunes agriculteurs, hypermarchés se la disputent. Le film met en évidence la logique folle qui change en profondeur le paysage et l’agriculture.

Ariane Doublet signe un film saisissant sur la disparition des terres agricoles

La course à l’agrandissement, que mènent en tête les plus gros exploitants agricoles, les projets de zones commerciales engagés par des élus désireux de rendre leur commune attrayante ou à la recherche d’une meilleure autonomie financière, ou encore la vente de terrains devenus constructibles par des agriculteurs proches de la retraite. Le tout aboutit à une « logique folle qui change le paysage et l’agriculture » et fait disparaître la terre fertile pourtant « à la base de tout », comme le clame un agriculteur dans le film, qui voit une partie des terres qu’il cultivait effacées par des bulldozers.

(…) Dix ans au cours desquels ce petit coin, sis en pays de Caux, dont la réalisatrice a fait son terreau cinématographique (Les Terriens en 2000, Les Bêtes en 2001, Les Sucriers de Colleville en 2003, La Pluie et le beau temps en 2011), s’est morcelé en lotissements, zones d’activité et ronds-points d’où s’élève sur l’un d’eux, non sans une ironie cruelle, la statue d’une fermière et de sa vache laitière.

BF

(…) L’usage des plans fixes permet de saisir les changements d’attitudes de chacun, le confrontant principalement à son propre discours.

Une scène hilarante si elle n’était pas pathétique : le maire, le maçon et l’agriculteur (on croirait à un titre de Rohmer).

L’évidence est toujours là, les réflexions sur le territoire et sur les prises de décisions qui influencent la transformation du territoire restent à appliquer si ce n’est à produire.

On le comprend bien face à la « bonne foi » du maire qui apparaît à l’écran, à la carte de découpage des zones de PLU que son adjoint a l’urbanisme (dont on attend la déclaration de conflits d’intérêts) et lui regardent avec un amour qui se transforme en désarroi lorsque l’agriculteur prend la parole. Il y a un manque patent de réflexions croisant territoire et local ; un déni de la réalité des transformations réalisées et en cours qui conduit au statu quo qu’on souhaiterait voir voler en éclat. (…)

WPWBO

(…) Suis-je si pessimiste ? Réfléchissez : durant tout ce film, je n’ai vu aucun papillon et un seul ver de terre…

(…) La tronche du maire qui voit son si beau discours de départ exploser en mille morceaux devant le parler vrai de son adjoint, mérite à elle seule le visionnage de ce documentaire. (…)

 

Fondée pour servir aux flux spéculatifs de la globalisation capitaliste (finances détournées et marchandises à bas coût), l’UE tombe encore le masque

Soudés – sauf les Grecs de 2015 – pour accroître toujours davantage la dérégulation spéculative, les gouvernements (élus !) de l’ »Union » poursuivent le démantèlement.

« Il y a bien les Premiers ministres luxembourgeois, Xavier Bettel, et belge, Charles Michel (tous deux libéraux), qui ont eu un peu de vague à l’âme. Mais ils ont été les seuls. Tous leurs partenaires, François Hollande au premier chef, n’ont absolument rien trouvé à redire à ce que l’Union européenne renonce, temporairement ou définitivement, l’histoire le dira, au droit d’asile : à partir de ce dimanche, tous les réfugiés et tous les migrants dits économiques débarquant sur les îles grecques seront renvoyés, sans distinction, vers la Turquie. (…) »
Pour les vingt-huit, exit le droit d’asile
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/18/pour-les-vingt-huit-exit-le-droit-d-asile_1440655

 

 

 

 

Référendum local sur le projet qui menace Notre Dame des landes : 

NDDL : l’ultime perfidie

Le Président de la République a projeté d’engager un processus réputé démocratique plutôt que d’appliquer simplement la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (2006) et la Directive-Cadre européenne sur l’Eau (2000). Pourtant, elles ont été votées pour protéger précisément les espaces comme celui de Notre Dame des Landes qui est à cheval sur 2 têtes de bassin versant. Les lois, surtout celles-ci qui sont fruits d’un très long processus d’étude, de maturation et d’élaboration depuis le terrain jusqu’au plus haut niveau de décision, ne sont-elles pas démocratiques ? Ne sont-elles pas faites pour être appliquées ?

A l’inverse, les populations censées être appelées à voter sur ce que la loi a déjà décidé sont-elles bien sensibilisées aux différents aspects de la question : milieux humides de têtes de bassin versant, biodiversité, hydrologie, climat, devenir des paysans, des savoirs et des modèles durables qu’ils ont développés, bien commun à long terme contre option technologique transitoire, etc. ? Car la démocratie invoquée ne peut exister avec des électeurs insuffisamment informés et conscients des enjeux.

Or, sur l’ensemble, on observe une diffusion extrêmement insuffisante, voire totalement inexistante, de l’information sur le corps et le sens de la législation sur l’eau et les milieux humides. En dépit de la gravité de la dégradation des têtes de bassin versant et, assez généralement, des zones humides, la plupart des français sont toujours dans l’ignorance vis à vis de ces milieux. Souvent au point de méconnaître ce qui est juste à côté de chez eux et le travail patient de leurs ancêtres – et de n’y voir aucun intérêt. Voire d’approuver majoritairement la poursuite des destructions contre lesquelles a été faite la législation sur l’eau (comme à Saint Gengoux le National et dans sa région *). Même les associations de protection de l’environnement et du patrimoine sont encore nombreuses à ne pas s’intéresser du tout à la question, alors qu’elle concentre la majeure partie des problèmes écologiques – nous pouvons même dire : des urgences vitales.

Une torpeur si profonde et si répandue est une aubaine pour tous ceux qui veulent poursuivre, comme avant l’évolution législative, les destructions qu’ils imaginent leur être profitables. Le plus troublant est l’inertie des organismes d’Etat en charge de l’application de la nouvelle loi et leur aide à son édulcoration.

Mais, est-ce bien si étonnant puisque, surtout depuis une soixantaine d’années, les savoirs paysans et le sens du bien commun ont été dévalorisés et ringardisés pour casser la paysannerie et passer les campagnes au laminoir productiviste ? Est-ce si étonnant puisque nous ne sommes encore qu’au début de la prise de conscience des coûts catastrophiques de cette politique ** ? Cela n’a malheureusement rien d’étonnant puisque la reconquête des savoirs perdus n’en est qu’à ses débuts et que la prise de conscience est combattue depuis des dizaines d’années.

Dans ce contexte de grande déculturation, d’ignorance des enjeux et de toute puissance des lobbies, les processus électifs habituels de désignation et de prise de décision ne sont qu’une manipulation d’illusionniste masquant la poursuite du détournement et de la destruction du bien commun. L’idée du référendum est donc suspecte d’avoir été inspirée par la certitude que son résultat irait contre l’application de la législation naturellement protectrice de l’écosystème de Notre Dame des Landes.

Cela, 2 mois après les proclamations solennelles du même Président à l’occasion de la COP 21*** !

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange

https://renaissancerurale71.wordpress.com/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie

https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/

** Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon, Sang de la Terre

*** (…) Je veux rendre hommage à cet instant à tous les pionniers de la cause écologique, à tous les précurseurs qu’il n’y a pas si longtemps devaient affronter l’incrédibilité ou le dédain pour leurs alertes et leurs propositions. En quelques années, les esprits ont profondément évolué, les entreprises et les acteurs financiers hier réticents sont désormais prêts à s’engager et à modifier leur comportement.

(…)

Mesdames et messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement, pour résoudre la crise climatique, je vous le dis franchement : les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas, nous sommes au bord d’un point de rupture. Paris doit être le départ d’une profonde mutation, nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destiné à notre seul et plein accomplissement. (…)

http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-du-president-de-la-republique-en-ouverture-de-la-cop2/

(…) Mesdames et Messieurs, le combat pour le climat participe d’une lutte, d’une lutte engagée depuis des siècles, des décennies pour la dignité humaine, une lutte pour l’égalité, une lutte pour les droits fondamentaux. Vous savez qu’ici, à Paris, ont été proclamés les droits de l’Homme et du citoyen, eh bien grâce à vous aujourd’hui, vous venez de proclamer les droits de l’Humanité. C’est à cet acte, à cette révolution-là que je veux également souligner la portée de l’Accord de Paris.

Je suis fier, fier que la France ait accueilli cette conférence ; fier que les Nations Unies aient été capables en tant que communauté internationale de prendre cette responsabilité ; fier que les idéaux de justice aient pu prévaloir ; fier de ma génération, de votre génération, qui a été capable de décider d’agir pour un monde que nous ne verrons pas.  

Oui, le 12 décembre 2015 restera une grande date pour la planète. A Paris, il y a eu bien des révolutions depuis des siècles mais aujourd’hui c’est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d’être accomplie : la révolution sur le changement climatique.

http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-de-cloture-de-la-cop-2/

 

 

 

 

Ce que ces enfants vivent va marquer leur mémoire

«C’est incroyable ! L’Asie et l’Afrique ont su gérer des crises migratoires d’une ampleur bien plus importante, et l’Europe n’y arrive pas et se déchire», constate Babar Baloch, qui ne cache pas son pessimisme : «Je me demande ce que l’Histoire retiendra de tout ça : que l’Europe s’est effondrée à Idomeni ? Y verra-t-on la faillite de l’humanité ?»

Babar Baloch est le porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/18/ce-que-ces-enfants-vivent-va-marquer-leur-memoire_1440627

Pendant ce temps-là…

« Une faillite de l’Europe illustrée dans la toujours très pertinente REVUE DESSINEE, à travers un flash-back, en bande dessinée, sur les pires naufrages des mois écoulés, et donc sur les réponses d’une Europe débordée qui ne sait qu’ériger des murs (*). (…) Ces quinze dernières années, l’Union a dépensé plus d’11 milliards d’euros pour expulser des clandestins, et plus d’1 milliard et demi d’euros pour la protection de ses frontières. Dans le même temps, on estime à 16 milliards d’euros ce qu’ont dû débourser les réfugiés pour payer leur arrivée sur le continent. Et si l’on additionne ces chiffres, ça fait donc 29 milliards : 29 milliards d’euros que se sont répartis, d’un côté les passeurs et, de l’autre, les compagnies aériennes et les industriels du secteur de la défense. (…) »

Revue de presse de Frédéric Pommier, France Inter, samedi 19 mars 16 :
http://www.franceinter.fr/emission-la-revue-de-presse-de-frederic-pommier-la-revue-de-presse-du-samedi-19-mars

(*) Les frontières de la honte

par Taina Tervonen et Jeff Pourquié

 

Tandis que, sous prétexte de sécurité, les hommes en détresse sont refoulés, la circulation des armes se porte au mieux

Au nom de la libre circulation des marchandises, Bruxelles a laissé prospérer en Europe un marché de vente d’armes “neutralisées” qui a permis d’alimenter les terroristes de janvier et novembre 2015. Malgré plusieurs alertes des services de sécurité, la loi n’a pas été changée.

De la Slovénie à Paris, la circulation des kalachnikovs déneutralisées.

Les armes de la terreur : la faillite de l’Europe (Mediapart sur abonnement)
https://www.mediapart.fr/journal/international/180316/armes-de-la-terreur-la-faillite-de-leurope

 

Comment l’Europe a tourné le dos au droit d’asile

par Jean Quatremer

Onze heures. C’est le temps qu’il a fallu aux vingt-huit chefs d’État et de gouvernement, réunis hier à Bruxelles lors d’un sommet européen, en compagnie du Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, pour enterrer le droit d’asile.
(…)
Filippo Grandi, le haut-commissaire aux réfugiés de l’ONU, s’est dit aujourd’hui, devant le Parlement européen, «profondément préoccupé par tout arrangement qui impliquerait le retour indiscriminé de gens d’un pays à un autre et ne détaillerait pas les garanties de protection des réfugiés en vertu du droit international». Amnesty International, de son côté reproche aux dirigeants européens «d’être tombés encore plus bas».
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/08/comment-l-europe-a-tourne-le-dos-au-droit-d-asile_1438353

UE-Turquie :  

un accord de la honte sur le dos des réfugiés

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actualites/UE-Turquie-un-accord-de-la-honte-sur-le-dos-des-refugies-17950

 

Trahison américaine (dans quel but ?) et nullité européenne, les ingrédients d’une catastrophe

Crise des migrants : un naufrage européen

Il paraît qu’au commencement de l’Union européenne était le verbe, celui qui devait empêcher la guerre, l’élimination, l’industrialisation de la mort, celui qui opposait la vie à la morbidité de l’après-guerre. Et puis le verbe a perdu face à l’économie.

 

 Désormais, on joue à la marchande. Traiter les hommes comme des marchandises, c’est au fond remettre l’Union européenne dans son seul domaine de compétence encore actif, l’économie, puisqu’elle ne produit plus rien qui soit de l’ordre de la pensée, rien qui dépasse les intérêts particuliers. Si les hommes deviennent des chiffres, là, nous savons faire, là, c’est plus simple et ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est que tout soit simple.

 

Ainsi, l’Europe sombrait dans l’obscurité

Tout n’était donc qu’un rêve. J’ai entendu, il y a peu, un homme d’une soixantaine d’années me dire : «Et pourtant, c’était notre seule utopie.» Il parlait de l’Europe, de ce que l’Europe avait été pour sa génération après la guerre. Quant à moi, qui suis né d’une famille où l’on vénérait Delors – un messie qui ne vient pas, qui ne viendra jamais – comment lui aurais-je expliqué ? Depuis l’enfance, il y avait quelque chose dans ce nom, «Delors», qui, pour le gamin dyslexique que j’étais, ne parvenait pas à se séparer de «Dolor». Je me souvins, en écoutant l’homme d’une soixantaine d’années, des «critères de convergence», le refrain de l’ennui, du renoncement.

Le delorisme, bien sûr, fut un dolorisme. La langue ne se trompe pas, ni les mots ni les oreilles des bègues et des malentendants. Ainsi allait la croyance de nos pères : une musique de l’abdication qu’ils prenaient pour le chant de la paix, de la victoire contre la guerre. Mais il y a guerre, mes amis. Il y a violence. Quelle naïveté fallait-il pour croire que cette Europe-là, celle de Delors et, avant lui, celle des hommes blancs, sans honte, était une «utopie» ? Elle l’était, oui, au sens où l’utopie, c’est l’oubli du monde. Non, je lui ai dit, pour moi, l’Europe, ce ne fut jamais ça, jamais eux, jamais ce qu’ils ont mis dans ce nom. Et je lui parlais du juif mort que je gardais toujours comme un vieux camarade contre mon sein ; un juif de l’exil. Voyez-vous, je lui disais, un gavroche des shtetls ? Et savez-vous ce qu’il en pense, de votre Europe ? Il a honte, terriblement honte de ce que vous faites, de ce que vous avez fait. Pour moi, il dit, l’Europe, ce sont les exils, les passages de frontières, les gens que l’on rejette parce qu’ils n’appartiennent pas à vos grands nombres bourgeois. L’Europe, il dit, pour moi, ce sont des récits mineurs, toujours ignorés, méprisés, qui cherchent à exister entre les mondes. Et, voyez-vous, rien n’a changé. Les ostjuden d’hier que les bourgeois de Vienne méprisaient. Et aujourd’hui encore, les mêmes, des ostjuden de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, en chemin pour l’espoir, ils chantent les mêmes airs. Et moi, en l’écoutant, ce petit anarchiste juif mort, je me prenais à rêver d’un cortège à venir, une espèce curieuse de cortège de plantes, d’arbres, de forêts, de corps transis, de vieilles chaînes rouillées d’esclaves marchant, tour à tour, sur nos nations et sur Bruxelles, bien sûr, dans les rues sans vie, désertées, de l’Euroland, pour prendre possession de ces hauts bâtiments de verre, d’acier, et débrancher les courroies de la climatisation. (…)

http://www.liberation.fr/planete/2016/03/16/ainsi-l-europe-sombrait-dans-l-obscurite_1440118

 

Comme des veaux, hagards, nous regardons le train de l’histoire

(…) confrontés au grand bordel mondialisé de ce début de siècle, nos dirigeants franco-allemands se sont révélé des politiciens égocentriques, soucieux de cuisine électoraliste seulement. Des médiocres dépourvus d’ambitions et de conscience historiques, alors que l’époque exigeait des hommes et des femmes d’Etat, du courage, de la concertation et de l’imagination.

 

 

 

 

La  crise  des réfugiés, révélatrice de la crise générale

Calais : pour en finir avec la communication chloroforme

(…) j’ai vu passer des articles, des reportages, des prises de position sur «la jungle» de la part du personnel politique et médiatique ; mais comme en accéléré, déjà chassés par d’autres informations, par d’autres débats, infinis, transformant mon cerveau en une sorte de drive-in permanent où le monde entier fait irruption sans cesse, sans que je puisse avoir la moindre prise. Comme pour beaucoup aussi, cette masse informe d’informations et de débats hypermédiatisés engendre surtout un immense sentiment d’impuissance. Une impuissance quasi-historique face aux défis explosifs et planétaires du monde dans lequel nous vivons parmi tant d’hommes et de femmes qui tentent de survivre sous nos yeux. Un brouillard d’impuissance à travers lequel Calais, les manifestations de l’extrême droite contre les migrants, les violences policières, les souffrances infinies des migrants, la pression infernale créée par la fermeture des frontières avec l’Angleterre peuvent nous sembler très loin. Flotter, très loin de nous, de nos propres soucis, de nos vies, de nos avenirs.

Lorsqu’on m’a proposé de venir passer quelques jours dans la jungle, avec ou pas l’idée de filmer, j’ai aussitôt mesuré l’écart abyssal qui sépare l’idée que je m’en faisais de la réalité. (…)

(…) impuissance de l’Etat français dont la seule présence ne semble être que policière. La France n’est-elle que répression, violence policière, haine, et peurs ? La France no future. Serait-ce au nom de ces valeurs-là qu’ils devraient demander l’asile ici ? (…)

http://www.liberation.fr/france/2016/02/22/calais-pour-en-finir-avec-la-communication-chloroforme_1435099

 

 

 

L’alternative façon XXIème siècle

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les camps de la République Française à Calais

 

 

 

Syrie :

après les mensonges des Bush,

la trahison d’Obama et de Kerry

Syrie : « Pourquoi les Américains n’ont-ils rien fait ? »

C’est l’histoire d’un hold-up tragique, aux répercussions mondiales, et de quelques hommes de bonne volonté qui ont tenté de l’empêcher. Cinq ans après le premier défilé anti-Assad, dans les souks de Damas, le 15 mars 2011, la révolution syrienne est prise en tenailles par les forces prorégime, d’une part, et les djihadistes du Front Al-Nosra et de l’organisation Etat islamique (EI), de l’autre.

Ces deux formations issues d’Al-Qaida, initialement absentes de la révolution, ont réussi une percée foudroyante, au détriment des combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), les pionniers de l’insurrection. La bannière noire des djihadistes flotte désormais sur la plus grande partie du nord du pays, une région libérée à l’hiver 2012-2013, et dont les opposants rêvaient de faire le laboratoire d’une nouvelle Syrie.

Les principales causes de ce détournement, qui a ébranlé tout le monde arabe et dont l’onde de choc est ressentie jusque dans les capitales européennes, sont bien connues : la brutalité sans limite du régime syrien, qui a semé le chaos propice à l’implantation des extrémistes ; le jeu trouble des bailleurs de fonds du Golfe, qui ont contribué à la confessionalisation du soulèvement ; et le morcellement de l’opposition, qui a multiplié les erreurs.

A ces trois facteurs, il faut en rajouter un quatrième : le dédain des Etats-Unis pour les opposants syriens, dont les signaux d’alerte ont été régulièrement ignorés. (…)

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/03/15/syrie-pourquoi-les-americains-n-ont-ils-rien-fait_4882787_3210.html?xtmc=americains_syrie&xtcr=1

 

 

 

 

 

on a reçu ça :

Résilience des paysages anthropisés
Projet de thèse en géographie

Université François-Rabelais de Tours / Polytech Tours

http://www.supagro-alumni.fr/poste/resilience-des-paysages-anthropises/

« résilience des paysages anthropisés« … Hou ! Pauvre Rabelais.

 

Un petit quelque chose gène d’emblée dans cet énoncé. D’abord, depuis quelques centaines de milliers d’années en Europe, il est difficilement concevable qu’un paysage ne soit pas « anthropisé« . Par exemple, certains (souvent de mauvaise foi pour justifier la colonisation), ont voulu le faire accroire pour les forêts tropicales secondaires et primaires, et quelques autres régions. On sait bien, depuis longtemps déjà, que les humains ont une influence sur ces écosystèmes – comme les autres espèces – et, que les chasseurs-cueilleurs jardinent la forêt depuis très longtemps. Il n’y a pas de « nature » sans hommes, et réciproquement.

Décidément, ce sujet renvoie au dualisme dissociatif homme-nature de Descartes and Co qui a fait tant de mal en permettant l’épanouissement de plein de trucs catastrophiques : mécanisme, matérialisme, économisme, spécisme, élitisme, anthropocentrisme (et surtout occidentalocentrisme), capitalisme, et cette horreur que nous prenons de plein fouet depuis quelques dizaines d’années : le néoconservatisme.

 

D’autre part, si « anthropisé » est utilisé avec une connotation négative (comme l’indique l’emploi de résilience), cest tout aussi fâcheux. Cela relève de l’amalgame que je dénonce dans le courrier précédent. Tous les hommes ne peuvent être rangés dans la catégorie des saccageurs, rassemblés sous le même drapeau ! Or, cest bien ce que suggère le sujet proposé à ces pauvres étudiants. Il est si mal énoncé que, d’emblée, il induit en erreurs.

 

Quant à la « résilience« … L’auto-organisation, l’auto-régénération, la capacité de restauration est une propriété basique du vivant. De manière choisie, on ne dit pas « résilience » mais autopoïèse. Or, cest bien gentil de disserter sur la mémoire de l’eau et de se rassurer parce que l’on trouverait une trace résiduelle de vie au milieu d’une zone commerciale, mais pour que le vivant puisse se réparer – à l’échelle des cellules de notre corps comme à celle de la biosphère – il faut que soient satisfaites 3 conditions impératives :

– que les destructions n’aient pas été trop radicales,

– que les forces destructrices s’effondrent ou soient vaincues,

– que soit développée une aide à la restauration.

 

Aujourd’hui, en France, nous sommes loin du compte ! Les affaires des têtes de bassin versant de Notre Dame des Landes, du Testet, de Saint Gengoux le National le démontrent et d’autres résistants d’autres régions nous disent qu’ils ne sont pas optimistes. Et cela n’est pas ce remarquable effort des géographes de Tour qui va aider à la résilience.

 

 

Syrie :

après les mensonges des Bush,

la trahison d’Obama et de Kerry

Syrie : « Pourquoi les Américains n’ont-ils rien fait ? »

C’est l’histoire d’un hold-up tragique, aux répercussions mondiales, et de quelques hommes de bonne volonté qui ont tenté de l’empêcher. Cinq ans après le premier défilé anti-Assad, dans les souks de Damas, le 15 mars 2011, la révolution syrienne est prise en tenailles par les forces prorégime, d’une part, et les djihadistes du Front Al-Nosra et de l’organisation Etat islamique (EI), de l’autre.

Ces deux formations issues d’Al-Qaida, initialement absentes de la révolution, ont réussi une percée foudroyante, au détriment des combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), les pionniers de l’insurrection. La bannière noire des djihadistes flotte désormais sur la plus grande partie du nord du pays, une région libérée à l’hiver 2012-2013, et dont les opposants rêvaient de faire le laboratoire d’une nouvelle Syrie.

Les principales causes de ce détournement, qui a ébranlé tout le monde arabe et dont l’onde de choc est ressentie jusque dans les capitales européennes, sont bien connues : la brutalité sans limite du régime syrien, qui a semé le chaos propice à l’implantation des extrémistes ; le jeu trouble des bailleurs de fonds du Golfe, qui ont contribué à la confessionalisation du soulèvement ; et le morcellement de l’opposition, qui a multiplié les erreurs.

A ces trois facteurs, il faut en rajouter un quatrième : le dédain des Etats-Unis pour les opposants syriens, dont les signaux d’alerte ont été régulièrement ignorés. (…)

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/03/15/syrie-pourquoi-les-americains-n-ont-ils-rien-fait_4882787_3210.html?xtmc=americains_syrie&xtcr=1

 

 

Juste le début de l’explication… Si l’on peut appeler ainsi une telle trahison des engagements internationaux du gouvernement Obama.

Voir encore :

Comment Barack Obama a laissé la Russie dicter sa loi en Syrie

http://www.slate.fr/story/113949/comment-obama-trahi-rebelles-syriens

 

 

 

Résultat du refus d’imposer une interdiction aérienne aux psychopathes de Damas, ce qui aurait évité l’irruption catastrophique des avions de Poutine

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http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/drone-footage-reveals-devastation-of-homs-in-syria-as-europes-stance-towards-refugees-hardens-a6849311.html

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Le 15 mars 2011 commençaient les premières manifestations en Syrie pour réclamer des réformes. Le régime de Bachar el-Assad a répondu par la répression puis la guerre, dans une quasi-indifférence internationale. Les signataires de cette tribune lancent un appel pour venir en aide au peuple syrien.

Après 3 ans d’horreur au quotidien, d’abandon, de lâcheté, il est grand temps d’en appeler à la responsabilité de chacun pour choisir son camp et demander d’agir pour protéger le peuple syrien de la terreur du régime de Bachar Al Assad et de celle des groupes intégristes.

3 ans de massacres de population à l’arme lourde, à l’arme chimique, aux SCUD, aux barils de TNT. Plus de 140 000 morts dont au moins 10 000 enfants, des dizaines de milliers de disparus, des centaines de milliers de blessés.

3 ans, de tortures massives et systématiques, comme l’atteste le rapport produit par 3 anciens procureurs de tribunaux internationaux, identifiant 11 000 morts sous la torture dans les geôles du régime.

3 ans, de destruction systématique d’habitations, de quartiers entiers rayés de la carte, de sites archéologiques détruits et pillés.

3 ans, à la face du Monde, d’approvisionnements ininterrompus en armes lourdes et en munitions de la Russie et l’Iran destinés à l’armée de Bachar Al Assad ; des milices étrangères chiites (Liban, Irak, Iran) que le régime a importées afin de terroriser la population.

3 ans de refus d’aider en moyens de défense adéquats l’opposition démocratique et avec elle l’Armée Syrienne Libre, avec comme conséquence l’émergence au fil des mois de groupes radicaux, souvent manipulés par les services de sécurité du régime pour qui ils sont pain bénit. Groupes dont les objectifs sont à l’opposé des aspirations de liberté de la Révolution syrienne.

3 ans, qu’une population martyrisée est contrainte à un exode massif dans des conditions inhumaines.

3 ans, de paralysie systématique par la Russie et la Chine du Conseil de Sécurité de l’ONU, rendant impossible l’adoption d’une résolution contraignante sous chapitre 7 permettant la protection, l’accès à l’aide humanitaire et la saisine de la Cour Pénale Internationale pour juger les responsables des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.

3 ans, en France, d’indifférence et de silence d’élus, d’intellectuels, d’artistes, d’organisations politiques et syndicales. Nous ne pouvons nous y résigner et nous les invitons à apporter leur soutien à l’objectif d’une Syrie libre que porte depuis 2011 la Révolution syrienne.

Après 3 ans, il est grand temps de choisir son camp, soit militer et agir en solidarité avec le combat des syriens pour une alternative à la dictature soit se résoudre au maintien de sa tutelle barbare sur la Syrie.

Après 3 ans, il est grand temps que la tragédie du peuple syrien prenne fin. Genève 2 a démontré l’intransigeance absolue du régime qui refuse toute transition politique. La communauté internationale et les grandes puissances doivent assurer la responsabilité de protéger et faire respecter le droit humanitaire international. Sachant le refus du régime de s’y soumettre, les grandes puissances doivent prendre l’initiative d’imposer une zone d’exclusion aérienne, la création de couloirs humanitaires pour protéger les populations civiles et le déploiement d’une force d’interposition pour garantir la mise en place de ces mesures de protection de la population syrienne.

Après 3 ans au-delà des seules condamnations verbales du régime et des groupes intégristes, les grandes puissances doivent aider massivement l’opposition démocratique et avec elle l’Armée syrienne libre et favoriser la mise en place d’un État de droit garant du pluralisme et des libertés.

Après 3 ans, si le choix de l’avenir des Syriens doit leur appartenir et à eux seuls, encore faut-il leur en donner les moyens afin que ce voeu devienne enfin réalité.

Après 3 ans, la solidarité internationale doit passer des discours aux actes afin que cesse la tragédie syrienne et que la dictature cède la place à la Syrie Libre.

Résultat d’un faisceau de nullités : la politique des Etats-Unis et du Royaume Unis fuyant leurs responsabilités après leur organisation du chaos en Irak, et l’impuissance de l’Europe à échapper à la seule logique financière ultra-libérale pour construire une solidarité.

Ajoutons que c’est pour mener ces politiques brillantes que tous les courants défenseurs du bien commun et porteurs d’alternative ont été sabotés et le sont encore.

http://www.planetaryecology.com/index.php/180-syrie-irak-kurdistan-palestine

http://www.planetaryecology.com/index.php/124-homs

 

 

 

janvier 2016

Biodiversité, climat, bien commun, eau, patrimoine, préservation de l’économie locale, démocratie…

contre-exemple parfait avec le saccage de la tête de bassin de Saint Gengoux le National :

L’eau perdue 

https://renaissancerurale71.wordpress.com/

ou sur ce site (voir sommaire)

et le blog RenaissanceRurale :

http://renaissancesrurales.blogspot.fr/2014/06/leau-perdue-de.html

4+novembre+2014+-+JB+1

Compensation ? La nappe phréatique serait déplacée aussi ?

De toutes façons, ici, la loi sur l’eau et la milieux aquatique a été déclarée hors propos, comme toutes les circulaires et recommandations, d’où qu’elles viennent.

 

 

 

Janvier 2016

Biodiversité : le Sénat vote une loi écornée par le lobby des chasseurs

« Après la COP21, vous avez su transcender les clivages partisans pour rapprocher les points de vue en recherchant l’intérêt général de notre avenir commun, et en mettant la France très en avance sur les enjeux de la biodiversité et du climat », a déclaré, vendredi 22 janvier, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal

la France très en avance sur les enjeux de la biodiversité et du climat ! Une hallucination ? L’ignorance de ce qui se passe et de ce qui ne se passe pas sur le terrain ? Une ministre intoxiquée par les lobbies ? En tout cas, une déconnexion complète par rapport aux réalités.

Le seul amendement sur la  valeur d’usage  fait froid dans le dos. Déjà que les  valeurs intrinsèques  sont – pour le peu que nous savons aujourd’hui – ignorées de la plupart – quand la biodiversité, l’eau, les législations correspondantes, etc. sont un seul instant prises en considération par des  décideurs  inféodés aux lobbies…

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/01/26/biodiversite-le-senat-vote-une-loi-ecornee-par-le-lobby-des-chasseurs_4853981_1652692.html

et, en plus, la fiction de la  compensation

Un tour de passe passe si grossier qu’il ne peut ébaudir que les ignorants (et les avocats…). Typique de la culture mécaniste réductrice du vivant à un lego démontable, manipulable, réaménageable à volonté. L’équivalence des surfaces révèle le simplisme rudimentaire des penseurs du machin : et le vivant là-dedans ? La multitude des êtres qui habitent et façonnent l’endroit convoité ? Leur vie, leur diversité, leur biomasse, le caractère unique de ce qu’ils font ensemble – l’écosystème ? Niés, Ignorés, balayés, méprisés, tant par les promoteurs de la destruction – évidemment – que par les législateurs.

Avec les « réserves d’actifs naturels », la loi sur la biodiversité facilite la marchandisation de la nature

Pour faciliter la compensation des atteintes à la nature, le projet de loi sur la biodiversité discuté au Sénat propose la création de « réserves d’actifs naturels ». Cet outil qui aurait fait ses preuves aux États-Unis, selon ses défenseurs, ouvre, selon ses détracteurs, la porte à la financiarisation de la nature en cherchant à lui donner un prix.

Depuis 1976, les aménageurs sont tenus « d’Éviter et de Réduire leurs impacts sur l’environnement », et, « si possible », de les « Compenser. Un principe, dit « ERC », peu respecté et mal appliqué. Le nouveau texte entend donc « mieux définir le régime juridique de l’obligation de compensation écologique », explique l’avocat en droit de l’environnement Arnaud Gossement. Afin de remplir ces obligations, l’aménageur pourra désormais recourir à un opérateur de compensation ou contribuer au financement d’une réserve d’actifs naturels, définie comme « une opération favorable à la biodiversité » par la future loi. Par exemple, restauration d’une zone humide, sauvegarde d’une prairie sèche ou opération de reboisement. « Une petite révolution pour la biodiversité », estime l’avocat, mais « une vraie fausse bonne idée », pour Benoît Hartmann, de France nature environnement.

(…)

http://www.reporterre.net/Avec-les-reserves-d-actifs-naturels-la-loi-sur-la-biodiversite-facilite-la

Le vocabulaire choisi ne dissimule pas la manipulation. Après une soixantaine d’années de saccages qui nous valent l’effondrement de la biodiversité, la défiguration des paysages, la perte de l’eau et des sols, l’explosion des cancers et autres  maladies de civilisation , le dérèglement climatique, etc., les  aménageurs  qui convoitent des espaces encore relativement préservés (ou restaurables) pour y détruire la vie méritent d’être appelés des destructeurs. Où sont les notions premières de bien commun et de long terme dans ce texte ?

 


À cause de la grande distribution, en soixante ans,

la France a perdu 300 000 « points de vente »,

alors qu’elle aurait pu en gagner 800 000 !

À 47 ans, Martine Donnette perd son commerce et se retrouve endettée. Dans sa caravane, seul logis qui lui reste, elle va mener un combat acharné contre les responsables : les grandes enseignes commerciales.

Depuis trente ans, elle sillonne la France et fédère des milliers de commerçants chassés par les politiques déloyales des grandes surfaces. Elle se bat pour empêcher les constructions et développements illégaux de la grande distribution, pour des lois en faveur des petits exploitants.

Elle nous raconte son refus de se plier au pouvoir des grandes enseignes et sa lutte pour que le commerce de proximité retrouve sa place au sein de la société.

 

Ce livre est dédié aux centaines de milliers de petits commerçants qui depuis les années soixante ont disparu du paysage français. Je dédie également ce livre à ceux que ce système écrase dans sa quête effrénée du toujours « nouveau » et du toujours « moins cher ». Les paysans, les patrons et les salariés des petites et moyennes entreprises, mais aussi les salariés des grandes surfaces, aux horaires si difficiles à vivre. A tous ceux, commerçants, entrepreneurs, producteurs, consommateurs, citoyens, qui cherchent une nouvelle façon de produire, vendre et consommer. »

 

Martine Donnette est commerçante dans une galerie marchande du centre commercial à Vitrolles, mais à la fin des années 80, elle est expulsée pour manque de rentabilité. Obligée de vivre avec son mari dans une caravane au fond d’un camping municipal, ils ne sont pourtant pas résignés à arrêter le combat. Ensemble ils créent l’association En Toute Franchise qui leur permet de mener leurs enquêtes sur les agissements frauduleux des hypermarchés. Malgré la réunion de preuves accablantes, Martine et Claude se rendent vite compte que la justice n’est pas prête de les écouter. S’armant de patience et mobilisant des commerçants des quatre coins de la France, ils n’abandonneront pas pour autant leur lutte inégale. Ce texte, riche en chiffres, nous permet de comprendre la mainmise de quelques grands groupes, leur pouvoir colossal depuis plusieurs décennies et les liens qu’ils tissent avec de nombreux politiques locaux pour conserver et étendre leur suprématie.

 

Ruinée par les agissements des grandes surfaces, Martine Donnette a puisé dans cette aventure la force de comprendre les règles et les lois qui gouvernent l’univers de la grande distribution pour mieux les défier et se battre pour la survie des petits commerçants.

 

Interview sur France Info :

(…) Les politiques travaillent à court terme. Ils n’analysent jamais la situation et les dégâts que va causer la grande distribution.

– La grande distribution n’a cessé de grignoter du terrain, même dans des zones protégées…

Les seuls endroits où ils n’ont pas pu aller jusqu’à présent, c’était les zones inondables, c’était les zones NATURA 2000 et les zones agricoles. Eh bien, on a vu qu’ils ont accéléré pour aller sur les zones inondables parce qu’elles n’étaient pas encore déclarées zones inondables dans le Plan de Prévention des Risques*. (…)

* exactement comme à Saint Gengoux le National**

 

** Renaissance Rurale
http://renaissancesrurales.

 

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Mar
29
 

La tête à l’envers novembre 2016…

les retrouvailles entre Linda Koebner et Swing

http://www.mirror.co.uk/news/world-news/chimpanzees-tear-jerking-reunion-woman-8142482    

Hervé le Nestour

ethnologue, musicien et poète,

un lanceur du mouvement écologiste

1968

photo de Gilles Caron

Une photo fidèle à l’esprit de 68, à la diffé

 

FOURNIER précurseur de l’écologie

novembre 2011

FOURNIER précurseur de l’écologie

par Patrick Gominet et Danielle Fournier, édit.

 

la SYRIE : martyre pour l’exemple ?

Syrie 

Guernica, Grosny, Srebrenica, Gaza, Alep…

 

La légende André Gorz

au-dessous de l’article :

après l’article :

– une réaction à une émission de France Inter diffusée le 2 mai 2013

– un commentaire à propos de la sortie d’un nouveau livre de louanges en novembre 2016

Dès 1967 et 1968, Norman Podhoretz et Irving Kristol, deux pointures du Congrès pour la Liberté

 

Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés – l’exemple du Rajasthan

Ouvrir les yeux sur l’histoire des biens gérés et protégés en commun permet de comprendre comment les hommes ont perdu la conduite communautaire de leurs conditions de vie, comment ils ont fini par être déconnectés de leur corps comme de la biosphère jusqu’à ce que les valeurs et les fonctionnements

 

CLIMAT : Planet on fire + El fuego al planeta

version espagnole en dernière partie :

Destrucción de los bosques primarios, El Niño, y otras básculas ecológicas y climáticas

Floods in Venezuela, tempests in Western Europe, droughts and floods in Africa, heat waves and forest fires in the United States, droughts and forest fires in Australia, d

 

La tête à l’envers juin 2016 novembre 2016

Encore et toujours l’amiante

Représentation immobiliste

NDDL : imposture et simulacre

Le fiasco est complet

L’anthropocentrisme démasqué

Bob Dylan après Dario Fo

En France, le viol est un phénomène massif  

La bagnole, un symptôme de tout le reste 

A propos de « la science économique »

Vous a

 

Comment avons-nous pu tomber si bas ?

Les esprits les plus critiques se le demandent. Certains – guère nombreux, curieusement – cherchent une explication dans l’histoire contemporaine, mais bien peu échappent à la fascination pour la pantomime politicienne et remontent le temps au-delà des années Reagan-Tatcher-Mitterrand et Delors.

 

« La France » est devenue une société froide

1989

« La France » est devenue une société froide

écrit en mai/juin 1988

54,28% des téléspectateurs ont pu juger superflue une présence écologiste aux présidentielles…

Le candidat écologiste a recueilli 3,8% des voix…

 

Déclin des moineaux et des autres passereaux : les aider à survivre

Alors que leurs populations se sont effondrées, plus que jamais il importe d’agir contre les causes de la régression

Photo empruntée à http://www.oiseau-libre.net/Refuges/Eau/Bain-oiseaux.html

Les oiseaux ont besoin d’eau durant toute l’année et surtout lorsqu’il fait très chaud ou bien très froid

 

Menaces sur les moineaux et les autres passereaux – l’alerte et sa négation

Lancer une alerte n’est jamais facile, y compris quand il s’agit des oiseaux les plus familiers, et même quand les interlocuteurs devraient être sensibilisés

lettre du le 6 juin 2006

au Centre Ornithologique d’Ile de France (CORIF)

Bonjour,

Depuis très longtemps sensible aux difficultés croissan

 

HUILE de palme désastre mondial

Le crime contre le vivant

http://www.wat.tv/video/orangs-outans-aussi-ont-besoin-2cf2j_2ey61_.html

Votez pour la vie en sélectionnant votre consommation…

 
 
 
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