Comment la bataille pour la vie a été perdue

 

Constats de désastre sans conscientisation

Une « culture anti-nature » revendiquée

Une déculturation radicale

 

 

Des opérations et des travaux de plus en plus brutaux et dommageables visent les oiseaux, exprès, alors que leurs populations s’effondrent partout. Il y a moins de pigeons et, pourtant, ils obnubilent tant de gens que la pollution atmosphérique semble oubliée (surtout par ceux qui sont automobilistes !). Et même la disparition des piafs n’arrête pas les ravaleurs de façades, les promoteurs et les architectes destructeurs de l’urbanisme vivant des villes anciennes, ni les lâchers de faucons en ville – comme s’il s’agissait de dégager une piste d’aéroport* !

* les moineaux frappés en plein effondrement de leur population :

Moineaux et incohérence des municipalités : Y A QU’À FAUCONS !

 

un spectacle inconnu des nouvelles générations

 

 

une publicité devenue presque commune

« Le rapace est le prédateur naturel du moineau. Depuis sa création, il y a 30 ans, nos fauconniers expérimentés ont traités avec succès durablement des sites envahis par des moineaux domestiques.En utilisant des oiseaux de proie de petite taille, il est possible d’intervenir à l’intérieur et à l’extérieur pour faire fuit les moineaux. »

Un petit rappel qui semble utile : à défaut de l’être par la simple intelligence sensible, les moineaux sont protégés par la loi… mais, comme très souvent, la loi n’est pas appliquée

une autre publicité

« House Sparrows are often a nuisance in urban areas like manufacturing and food processing plants. Gutters and drainage pipes clogged with sparrow nests can backup and cause extensive water damage and fires have been attributed to electrical shorts caused by machinery housing sparrow nests. Lastly, feces buildup can lead to structural damage from the uric acid in droppings, plus the bacteria, fungal agents and parasites in the feces also pose a health risk.« 

 

Même l’eau… Oui l’eau ! L’un des biens communs les plus précieux. En plein effondrement biologique, alors que l’eau manque déjà et que les appels à sauvegarder ses milieux se multiplient (1), l’eau et les vies qu’elle abrite et qu’elle abreuve sont toujours les cibles de délires furieux :

http://renaissancesrurales.blogspot.fr/

https://renaissancerurale71.wordpress.com/

Ici, c’est la source historique de la cité dans laquelle on déverse les ordures et la collecte des vidangeurs (« on« , c’est la municipalité qui conchie ainsi sa fonction de défense du bien commun). Là, c’est le ruisseau, dont la compagnie avait toujours été recherchée par les hommes, qui est entièrement détruit sur plus de 2 kilomètres, la cité médiévale et sa campagne défigurés, l’eau désormais morte enterrée dans une buse en béton. Là encore, c’est une mare remplie de gravats et complètement détruite. Et puis le projet d’une station d’hydrocarbures dans le lit même du ruisseau, ses cuves flottant dans la nappe phréatique qui affleure. Et puis un parking et un supermarché dans la zone humide inondable pour que plus rien ne subsiste. Et puis les ripisylves détruites. Et puis les ruisseaux piétinés par les troupeaux et pollués par leurs déjections. Et puis, et puis, et puis…

Et puis les terres empoisonnées par les pesticides de la folie des « mauvaises herbes« , comme les mauvais oiseaux, les mauvais insectes, les mauvaises eaux, les mauvais hommes… Presque tout le vivant est devenu mauvais pour les formatés par le rendement, la compétitivité et la course au profit qui prennent la terre pour une paillasse de laboratoire. Rendement et compétitivité ! Totalement coupés du vivant, ils n’ont aucune conscience des ravages qu’ils commettent et de l’effondrement biologique global qu’ils cultivent. Pas la moindre conscience du caractère suicidaire et criminel de leur fonctionnement.

C’est comme si, au fur et à mesure de la régression du vivant, celui-ci importunait de plus en plus et que ses assassins croyaient désormais pouvoir se passer complètement de lui.

 

Constats de désastre sans conscientisation

Nous n’avons pas vu venir le phénomène. Par son ampleur, il est nouveau. Pour beaucoup, beaucoup trop en tout cas, et qui s’expriment souvent de façon péremptoire, la vie est devenue… sale. Oui, « sale« . La vie, ça mange sans nettoyer la table après le repas et ça défèque rarement dans des toilettes qui utilisent beaucoup d’eau propre pour aller polluer plus loin. Alors, c’est « sale » : les insectes sont « sales« , les pigeons sont « sales« , les arbres sont « sales » (oui, les arbres : trop de pétales au printemps et trop de feuilles au sol en automne), les petits oiseaux eux-mêmes sont « sales« , le ruisseau est « sale » (salit par ceux qui le condamnent), tout ce qui bouge et coule est « sale » (sauf les voitures). Et si cela n’est pas « sale« , ça fait trop de bruit. Moins de bruit que la télé ou que la voiture, mais trop quand même.

Et tombent les condamnations…

– les rats. Ah, ils recueillent presque tous les suffrages… mais qui souille tant son environnement que les rats peuvent y faire bombance et proliférer ?

– Les pigeons qui n’ont pas encore appris le caniveau

– Les grenouilles en émoi printanier (un tribunal de Bordeaux a osé exiger la destruction d’une mare pour ce motif)

– les hirondelles qui salissent sous leurs nids

– Les cloches de l’église

– Les cloches des vaches

– Les ânes qui braient

– Les vaches – encore elles ! – qui osent meugler

– les renards qui osent croquer les mulots avec leurs tiques, et qui nous débarrassent de celles-ci (2)

– les blaireaux… on ne sait pas pourquoi

– Les cigales elles-mêmes (une tentative de dépôt de plainte auprès de gendarmes stupéfaits)

– Les oiseaux qui chantent, les chats qui ne respectent pas les limites de propriété, les écureuils qui osent traverser la rue, les tourterelles qui roucoulent, tout ce qui vit à proximité des fenêtres ou devant le pare-brise, etc.

 

 

Quelle que soit l’affaire et le lieu, on y est confronté à tout bout de rue et de champ et on est souvent frappé par l’aplomb et la virulence des expressions, par les sentences qui sont souvent définitives : l’exclusion, la destruction, la mort. Et pour quoi ? Pour faire place au béton ou à rien, ce qui revient au même.

Je n’avais pas connu cela dans la campagne des années cinquante-soixante. Il y avait bien des brutes indifférentes à la vie des autres êtres, mais on ne connaissait pas cette volonté d’éradiquer tout ce qui bouge, tout ce qui pousse et tout ce qui coule que l’on rencontre maintenant partout ! Et puis, encore une fois, les vies étaient beaucoup plus nombreuses alors. Dans les villes comme dans les campagnes, la vie abondait : on y voyait des « volées de moineaux » !

Le vide est devenu une fin en soi. C’est un égarement et un fanatisme.

Est-ce un comportement et une parole qui se sont libérés (ce serait tout de même une dérive) ?

Y a-t-il eu croissance de cette mentalité ?

Mais, pour en arriver là, il a bien fallu une grande dégradation de la perception et de la compréhension de l’environnement, des autres, du vivant. Donc un affaiblissement de la résistance aux expressions et aux actes nuisibles. Et la multiplication de ceux-ci. Quasiment une rupture, car on n’avait jamais atteint un niveau de rejet tel que, même, des matériels et des techniques d’élimination ont été développés. Certains sont, même, particulièrement odieux, ce qui témoigne de la déculturation à l’oeuvre. Car – incroyable hier encore – il y a maintenant un commerce, une industrie, un marché de la haine du vivant et de sa mise à mort par tous les moyens !

 

Une « culture anti-nature » revendiquée

Certes, les prémices sont anciennes. Elles remontent à la création de deux abstractions : l’Homme et la Nature. Une dissociation pour désolidariser le tout, pour mieux en exclure des parties, pour mieux les dévaloriser, les chosifier (comme l’a fait Descartes) afin d’exploiter sans limites les uns et les autres – les hommes, les autres êtres vivants et leurs écosystèmes communs.

 

ruisseau détruit par le piétinement des troupeaux

 

Puis, l’ouverture des « Lumières » qui promettait la libération et la paix de la bonne intelligence a été obscurcie et dénaturée pour servir à tous, partout et en permanence, le brouet de la domination : la culture impérialiste. Le contraire exact de l’élan initial.

« Depuis le dix-huitième siècle, la pensée occidentale s’est trouvée confrontée à un choix contradictoire entre deux façons de raisonner, deux positions, deux écoles différentes. La première préconise de libérer l’esprit humain du carcan mental dans lequel il s’est lui-même emprisonné, dans l’espoir de parvenir aux valeurs intrinsèques de l’ordre, aux fins dernières, au but ultime de la vie. C’est le côté critique des Lumières : la raison consacrée à la libération, à la transcendance. Sur le rivage opposé de cette dialectique, on trouve la deuxième école, qui propose une domination de la nature. Cette dernière position, devenue la branche la plus active de l’héritage des Lumières, présuppose une désacralisation du monde, une réduction quantitative et mécaniste de l’univers en une masse informe d’objets hétéroclites. La raison devient un simple instrument au service des moyens et non des fins. Cette façon de voir conduit à l’aliénation spirituelle de l’homme, à sa coupure d’avec la nature, puis à l’industrialisation et à la mercantilisation du monde vivant. Toute l’histoire de la science ainsi que toutes les autres dimensions de la vie intellectuelle depuis le dix-huitième siècle sont empreintes de cette dialectique » (3).

Tout déformer pour séparer insidieusement l’Homme – traduire : l’oligarchie blanche seule – des autres hommes et du vivant, inculquer la fermeture aux autres, à tout le vivant, et la domination comme choses naturelles a mobilisé beaucoup de compétences perverties et de petits factotums durant les deux derniers siècles. Tout ce qui a menacé de fragiliser et de décrédibiliser les dogmes dominants a été aussitôt attaqué et remplacé par un faux-semblant qui s’est affirmé comme étant l’original, le seul, le vrai.

Ainsi le travail de Darwin, qui était trop dérangeant pour l’establishment en dépit de son imprégnation par la culture de celui-ci, a-t-il été prestement détourné en « néo-darwinisme » puis en « darwinisme social » grossissant les préjugés véhiculés par Charles Darwin lui-même. Bréviaire de la société dominante, ces dérives du darwinisme ont imposé les dogmes de la lutte de chacun contre tous et de la loi du plus fort (?) contre les faibles et les déficients supposés. « Ils élevèrent la « lutte sans pitié » pour des avantages personnels à la hauteur d’un principe biologique (…) » (4). Une sorte de droit naturel qui légitime la compétition, la prédation et la sélection les plus brutales, et la domination, et les inégalités, et les ségrégations, etc.

Bien sûr, l’écologie n’a pas échappé à l’entreprise de récupération et de détournement. Après des siècles, de refoulement et de mépris des cultures traditionnelles inspirées par le vivant (dans l’Occident écrasé par les impérialismes), cette nouvelle émergence de la connaissance des interrelations constitutives de toutes choses et de l’ensemble, réveillait avec une force nouvelle la conscience de la relativité, de la complémentarité, de l’interdépendance, de la symbiose… Par définition, elle mettait en lumière ce qui relie, les bases de l’empathie et de la solidarité – d’où un nom qui lui est donné : écologie arcadienne. Insupportable, évidemment, pour l’ordre dominant qui repose sur la dissociation, la supériorité d’une minorité confidentielle (« élue » des dieux ou de l’imposture électoraliste), l’exploitation et l’absolutisme. Incompatible, donc, avec la réification du vivant et sa marchandisation. Incompatible avec la capitalisation du pouvoir et de la finance. L’écologie arcadienne, ouverte et consciente de l’étendue des questions en suspend, fut donc supplantée par un tissu de certitudes tirées de l’application de l’analyse mathématique et des méthodes de la réduction économiste à l’étude du vivant. Quantifier et mesurer, pourquoi pas si cela sert vraiment à mieux comprendre. Mais l’enjeu était tout autre : il s’agissait de déformer la perception et la représentation (5). Déjà fortement orientées par la fascination pour le pouvoir et l’argent, donc insuffisantes pour apprécier les seules activités humaines, ces méthodes ont réduit le foisonnement des interrelations à sa plus simple expression. Quantitative et mécaniste (impérialiste), la « Nouvelle Ecologie« , telle qu’elle fut baptisée faussement, entreprit de dissimuler la dynamique holistique et conviviale du vivant et, plus encore, sa beauté sous des estimations quantifiées, des statistiques, des barèmes, des « chaînes alimentaires » et des hiérarchies pyramidales (6). Grâce à la « Nouvelle Ecologie« , l’anthropocentrisme s’emparait à nouveau de l’état de nature qui redevenait une guerre de tous contre tous (Hobbes) propice à l’installation de l’ultra-capitalisme.

 

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C’est ainsi que, balayant l’intelligence collective et la relativité, fut porté aux nues le prédateur – réduit à cette unique fonction, mais toujours exécutée avec le soucis d’épargner les jeunes, les intelligents et les forts pour l’amélioration de la race ! Ainsi que l’enchaînement compétition intra-spécifique/prédation/sélection/hérédité devint la recette unique de l’évolution et de l’organisation du vivant. Ainsi que, pour certains, les faucons sont devenus « les médecins des oiseaux » !

Les stratèges de l’exploitation à mort de la vie ont pu croire que tout l’espace était dégagé devant leur offensive mondiale d’après-guerre. N’avaient-ils pas réussi à circonvenir d’anciens bolcheviques fuyant leur ex-camarade Staline, et même quelques anarchistes ?

 

Une déculturation radicale

L’alerte écologiste des années 1960/70 dut les surprendre. L’écologisme naquit en réaction aux premiers coups de la globalisation capitaliste, mais il fut aussi stimulé par les nouvelles épouvantables provenant des dictatures de l’Est. Parmi celles-ci, la guerre « scientifique » aux moineaux lancée par les maoïstes à la fin des années 1950 (7).

Comme la promesse des « Lumières« , celle du mouvement critique et alternatif mondial a été rapidement conchiée et détournée par les bons soins de l’appareil propagandiste de la Guerre Froide (en fait : de la conquête capitaliste). Une partie de ses inépuisables budgets et de ses compétences recyclées des différents totalitarismes fut spécialement réorientée contre la nouvelle gauche, particulièrement contre les écologistes. En France, déjà dès la fin des années 1960, avec un fort soutien international, le front anti-nouvelle gauche écologiste rassemblait des forces à priori peu compatibles, quoique toutes élitistes et capitalistes. Seules leurs actions simultanées et également dissimulées trahirent leur parfaite coordination (8). Cela fut très efficace. Le mouvement écologiste fut infiltré, étouffé et balayé en quelques années. L’opération passa généralement inaperçue car, en bons falsificateurs*, les agents de la mondialisation lancée depuis les années 1940 lui substituèrent des faux-semblants faisant miroiter une « conquête du pouvoir » enfin positive (!), en tenant le discours de… bah, de la « Nouvelle Ecologie » bien sûr. Celle qui, focalisée sur la prédation, les transferts de matière et la rentabilité, est si conciliante avec la marchandisation et la capitalisation que les dévastations de la dérégulation, des déstructurations et de la conquête des marchés ne l’ont que très rarement réveillée. Cependant, la rupture nette entre les anciens et les transplantés n’était pas encore suffisante pour effacer la culture écologiste et faire perdre de vue les alternatives au capitalisme. L’histoire contemporaine fut donc entièrement réécrite pour supprimer tout risque de transmission aux nouvelles générations et les conditionner aux automatismes de la pensée capitaliste (9).

C’est ainsi que l’écologie fut réduite à n’être plus qu’un mot pour revaloriser les deux formes complémentaires du capitalisme : la lutte politique – plus exactement : électoraliste (« l’écologie politique« ) et l’accumulation matérielle et financière. Ainsi que la prise de conscience écologiste fut dégradée au niveau d’une vulgaire joute politicienne pour un pouvoir illusoire, et que l’image de l’écologisme fut souillée dans l’opinion (écolos = rigolos). Une nouvelle fois les organisateurs de l’aliénation avaient berné tout le monde en se présentant comme les libérateurs qu’ils venaient d’expédier dans les oubliettes.

* La falsification est la principale force des exploiteurs qui doivent y recourir en tous domaines pour s’imposer : par essence, leurs hiérarchies de pouvoir ne peuvent être construites sur la probité et la vérité !

 

Ce fut un effondrement culturel sans précédent, une déculturation radicale, car, la connaissance immémoriale du vivant et le paradigme écologiste effacés, ne rencontrant plus de résistance appréciable, les principes de l’individualisme, de « la lutte de chacun contre tous« , de la prédation sans contrepartie et de la spéculation financière n’ont jamais été affirmés avec autant de force.

Bien entendu, tous les autres courants critiques subirent le même sort. Et à chaque nouvelle émergence critique et alternative a correspondu une nouvelle offensive des forces de l’exploitation à outrance. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des leurres reconduisant en douceur les indignés vers les conformismes favorables au système impérialiste.

C’est une entreprise d’abrutissement collectif qui affiche d’excellents résultats. Nous lui devons beaucoup !

 

réfugiés syriens repoussés à Akçakale, frontière turque, le 13 juin 2015

 

Le recul de la conscience, chacun a pu en constater les effets, dans tous les domaines et à tous les niveaux – surtout pour tout ce qui a trait au bien commun. Les différents effondrements aujourd’hui constatés en résultent. Ainsi un délitement social sans précédent qui a laissé sans force les résistances et les propositions d’évolution (la société a été déstructurée et désocialisée). Et l’on voit bien que l’ultra-libéralisme des super-prédateurs est au mieux de sa forme puisque « la dérégulation » (destruction des règles de vie commune*) progresse sans coup férir – sans soulever plus que des indignations velléitaires vite assoupies ! A l’inverse, les replis sur le nombril, les rejets et les haines qui débordent partout n’ont pu qu’en être encouragés.

* ASEAN, TPP, ALENA, TAFTA, CETA, libéralisation du transport par autocar, démantèlement du Code du Travail, suppression de l’imposition des profits de la spéculation (ISF), etc.

Encouragées aussi les nuisibles « campagnes anti-nuisibles » de la mort propre qui frappent, maintenant, même les hirondelles et les moineaux en pleine régression ! Sans oublier la poursuite de la destruction des ruisseaux, zones humides, mares, sources, têtes de bassin versant… commencée bien avant les Lois sur l’Eau et les Milieux Aquatiques de 1992 et 2006 (LEMA), et poursuivie depuis comme si de rien n’était. Et beaucoup d’autres actions qui amplifient les effondrements qui font maintenant la une (10).

Maintenant c’est sûr, l’avenir sera de courte durée.

 

Alain-Claude Galtié octobre 2017

 

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(1) la sécheresse constatée par Météo-France !

http://www.meteofrance.fr/actualites/54471693-sud-est-secheresse-persistante

Synthèse de la situation hydrologique sur le bassin Rhône Méditerranée

http://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/milieux-aquatiques/situation-hydrologique/bulletins-hydro.php

 

En France, une sécheresse qui se prolonge

(…) «Ce qui est vraiment exceptionnel en 2017, c’est la sécheresse des sols. Actuellement, c’est tout le Sud-Est qui est rouge et on vient de battre le record historique de 1967», a expliqué sur France Info Thomas Curt, directeur de recherche en risque incendie de forêts à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea).

(…) en Lozère le niveau du lac de Villefort a baissé de 20 mètres. Idem dans le Cantal où les nappes phréatiques sont presque asséchées. France 3 revient sur un village des monts de la Margeride où «la mairie a demandé aux habitants de restreindre leur consommation et s’est tournée vers un syndicat intercommunal pour éviter l’assèchement de ses châteaux d’eau». Les 40 sources d’eau du département n’offrent plus que quelques gouttes. (…)

http://www.liberation.fr/france/2017/10/27/en-france-une-secheresse-qui-se-prolonge_1605975

 

un abîme entre le discours et la réalité de terrain :

Restauration des cours d’eau : Agir pour préserver

http://www.onema.fr/node/1571

 

Nappes phréatiques, rivières… La qualité de l’eau continue de se dégrader en France

« Des dégradations environnementales toujours massives » : l’association avait déjà mené une première campagne d’information à ce sujet en 2005, « mais force est de constater que les dégradations environnementales sont toujours aussi massives », écrit UFC-Que Choisir.

http://www.20minutes.fr/planete/2153047-20171018-nappes-phreatiques-rivieres-qualite-eau-continue-degrader-france

 

(2) La maladie de Lyme a peut-être enfin rencontré sa némésis. La présence dans les forêts de renards réduirait le nombre de tiques infectées par la bactérie Borrelia burgdorferi
(…) Des chercheurs néerlandais ont en effet montré que plus les renards sont nombreux dans les forêts, moins les tiques sont vectrices de la bactérie ; et inversement. La diminution n’est pas négligeable : dans les zones les plus peuplées en renards, les tiques infectées récoltées sur des rongeurs peuvent être jusqu’à 20 fois moins nombreuses. (…)
https://www.pourquoidocteur.fr/…/22420-Maladie-Lyme…

 

(3) La dialectique de la raison, Theodor Adorno et Max Horkheimer 1941 

 

(4) L’Entr’aide un facteur de l’évolution, Pierre Kropotkine 1902 

 
 

(5) Des critiques du dogme économiste, équivalentes à celles qui parcouraient la nouvelle gauche, s’affirment à nouveau. Par exemple : 

How economists rode maths to become our era’s astrologers

 

La nouvelle astrologie. En fétichisant les modèles mathématiques, les économistes ont transformé l’économie en une pseudoscience hautement rémunératrice 

http://www.pauljorion.com/blog/2017/07/29/la-nouvelle-astrologie-en-fetichisant-les-modeles-mathematiques-les-economistes-ont-transforme-leconomie-en-une-pseudoscience-hautement-remuneratrice-22-par-alan-jay-levinovitz/ 

 

(6) « (…) l’émergence et le triomphe de la Nouvelle Ecologie, non arcadienne, réductionniste et productiviste. Cette écologie adopte le concept d’écosystème comme dogme central et elle étudie son fonctionnement au point de vue énergétique et rendement. On trouve dans cette Nouvelle Ecologie le reflet des valeurs de l’ordre économique moderne façonné par la toute-puissance de la technologie. (…) Dans cette optique productiviste il n’y a plus de place pour le sentiment arcadien de familiarité avec la nature. (…) »

Roger Dajoz, préface de l’édition française de Nature’s Economy (Les pionniers de l’écologie), Donald Worster 1977, éditions Sang de la Terre 1992. 

 

(7) Campagne pour exterminer les moineaux : la pire catastrophe écologique que la Chine s’est infligée à elle-même

When Sparrows Fall: China’s Great Famine

https://www.youtube.com/watch?v=ojOmUWLDG18 

 

(8) Même Pierre Grémion, un ancien de ce système, en témoigne dans Intelligence de l’anti-communisme – Le Congrès pour la Liberté de la Culture à Paris 1950 – 1975.

En particulier dans le chapitre : La Fondation Ford aux commandes de l’Association Internationale pour la Liberté de la Culture

 

(9) Par contre, la transmission de la culture impérialiste et, aussi, des collusions d’il y a cinquante ans a été parfaitement accomplie par une scrupuleuse cooptation dans toutes les hiérarchies du pouvoir capitalisé. Ainsi, tout est tombé sous le contrôle des tueurs sociaux, néo-cons, anti-écologistes, corrompus et autres étranges personnages d’avant-hier et d’hier.

 

(10) Exemple tout chaud : l’autorisation de 2 nouveaux insecticides excessivement dangereux au lendemain de la diffusion de l’information sur l’effondrement des insectes.

https://reporterre.net/L-autorisation-de-deux-insecticides-tueurs-d-abeilles-indigne-les-apiculteurs

 

Autre exemple, les arrosages massifs au glyphosate et le jeu de dupes des autorisations, lequel a révélé la malfaisance et la parfaite duplicité de plusieurs agences de « sécurité alimentaire » très à l’écoute de Monsanto. Une énième fois, nous avons été arrosés de discours en langue de bois typique de la propagande éternelle des pollueurs : on ne peut s’en passer, il n’y a pas de solution de remplacement, il faut faire plus d’études, il faut lancer des programmes de recherche, etc. La même chanson qu’avec l’amiante et les autres nuisances. 

Tout aussi remarquable de la manipulation : la focalisation sur les cancers (à cause de la reconnaissance de l’OMS) et l’oubli des affections neurologiques en plein développement attribuées aux pesticides. 


Oubliée aussi, la destruction première de la diversité végétale, donc de toute la diversité biologique, donc le rôle de premier plan des herbicides dans l’effondrement global. 

Les agences européennes accusées de dissimuler des preuves contre le glyphosate

 

 

 

L’état du monde :

 

oiseaux tués par collision avec immeubles en verre

Le problème est connu depuis des dizaines d’années, rien qu’en France, et pourtant on continue à construire des immeubles de grande hauteur sans aucun dispositif de protection, et des architectes nombreux jouent toujours avec le verre, les reflets et les transparences ; autant de pièges meurtriers !

Exemple actuel : la construction de 3 nouvelles tours-pièges à la Défense (St Gobain, Trinity, Alto) !

 

Le silence des oiseaux (The Messenger, directed by Su Rynard)

In ancient times humans looked to the flights and songs of birds to foretell the future. Today once again the birds have something to tell us.

Un si périlleux voyage

http://www.dailymotion.com/video/x3jl4bu

 

Le silence des oiseaux

– La disparition des habitats

http://www.dailymotion.com/video/x3jn67n

 

 

Un dossier très complet sur les « nuisibles » :
Non aux massacres de la faune sauvage



L’Europe a perdu plus de 400 millions d’oiseaux d’espèces communes en 30 ans
http://www.lemonde.fr/planete/


 


La Terre a perdu la moitié de ses populations d’espèces sauvages en 40 ans

https://www.youtube.com/watch?v=hs-UVUQNHNY 

« En cinquante ans, je n’ai pas rencontré de différences partout où je vais. Mais cinquante pour cent des sons dans mes archives proviennent d’endroits où les habitats n’existent plus. En une période de temps très courte… » Avant d’ajouter, dans un français teinté d’accent américain, et en pesant sur les syllabes : « C’est la fin des haricots.« 

Le grand orchestre des animaux
https://www.franceculture.fr/o

et le silence des insectes…

 

More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas

Global declines in insects have sparked wide interest among scientists, politicians, and the general public. Loss of insect diversity and abundance is expected to provoke cascading effects on food webs and to jeopardize ecosystem services. Our understanding of the extent and underlying causes of this decline is based on the abundance of single species or taxonomic groups only, rather than changes in insect biomass which is more relevant for ecological functioning. Here, we used a standardized protocol to measure total insect biomass using Malaise traps, deployed over 27 years in 63 nature protection areas in Germany (96 unique location-year combinations) to infer on the status and trend of local entomofauna. Our analysis estimates a seasonal decline of 76%, and mid-summer decline of 82% in flying insect biomass over the 27 years of study. We show that this decline is apparent regardless of habitat type, while changes in weather, land use, and habitat characteristics cannot explain this overall decline. This yet unrecognized loss of insect biomass must be taken into account in evaluating declines in abundance of species depending on insects as a food source, and ecosystem functioning in the European landscape.
http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0185809

 

 

Les guêpes témoins de l’effondrement ?

Eté 2016

échanges sur la raréfaction des insectes, et du reste

Aiguillonnés par l’annonce de la fin du banquet, les destructeurs déchaînés sont partout, la bride sur le cou en tous lieux et à tous les niveaux. Sous les ordres des criminels des lobbies industriels et financiers, les « exploitants » sont en train de tout tuer, en saccageant bien pour compromettre toute improbable tentative de restauration. Et petits et grands « décideurs » d’un système en rupture avec le vivant suivent. (…)

https://renaissancerurale71bis.wordpress.com/2016/09/11/les-guepes-temoins-de-leffondrement/

 

 

 

La vie n’a plus de valeur


Un employé de la voirie a apporté au zoo du Bois du Petit-Château, à La Chaux-de-Fonds, un petit amphibien en voie d’extinction jeté vivant aux ordures dans un sac de plastique rempli d’eau. L’animal n’a pas survécu.

http://www.arcinfo.ch/articles/regions/montagnes/un-axolotl-decouvert-dans-une-poubelle-de-la-chaux-de-fonds-707630

 

Chaque mois, ce sont des cadavres d’éléphants mutilés, décapités ou la trompe coupée, qui sont découverts dans les parcs nationaux du Kenya, du Tchad ou en République démocratique du Congo. Si la sécheresse qui sévit dans la corne de l’Afrique porte une part de responsabilité dans les morts de pachydermes, l’essentiel des carcasses est le fruit du braconnage alimentant le commerce illégal de l’ivoire, qui connaît une recrudescence depuis cinq ans dans la région.

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/08/16/les-chinois-attisent-le-braconnage-delephants-en-afrique/

« Il n’y a pas eu de braconnage pendant 30 ans au Kenya avant qu’une entreprise chinoise obtienne un contrat pour construire une autoroute de 112 kilomètres. Près de 90 % des personnes arrêtées en possession d’ivoire à Jamo Kenyatta [l’aéroport de Mombassa] sont des ressortissants chinois », livre une longue enquête de Vanity Fair.



jumbos fleeing fire lit by villagers wins award

La photo résume la déculturation à l’oeuvre partout. Ici, la situation des grands animaux en Inde : il n’y a plus de place pour eux dans un pays surpeuplé qui perd tout sens du bien commun et de la relation aux autres

Caméra au poing, une Syrienne nous fait vivre son exil

Rania Mustafa Ali, jeune kurde de Syrie âgée de 20 ans, a fait le choix de quitter son pays en ruine dans l’espoir de s’offrir un avenir en Europe. Comme des milliers d’autres avant elle, elle a fui. Sauf que, elle, a tout filmé…

Twintigduizend varkens komen om bij grootste stalbrand ooit

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