C’était en 1936, 1937, 1938, 1939.

http://www.youtube.com/watch?v=ad3FrIp518AA

Enfin, une photo qui dit tout. Elle a été prise en 1949…

au-dessous : le film Los caminos de la memoria

février 2012

Le fascisme bouge encore

Ouverture d’un procès contre le juge Garzon, accusé d’enquêter sur les crimes du franquisme
Le franquisme, plaie toujours ouverte
http://www.lejsl.com/actualite/2012/02/03/le-franquisme-plaie-toujours-ouverte-en-espagne

http://www.france24.com/fr/20090508-le-franquisme-une-plaie-toujours-ouverte-

Hors les volontaires qui affluaient en Espagne avec des tromblons pour affronter une armée de métier, les « démocraties » misaient sur la victoire des panzers et de l’aviation des légions nazies sur le sens de l’intérêt général exprimé par les peuples.
http://www.youtube.com/watch?v=FsCrzHZ4n0I&NR=1


Dès 1936, Arthur Neville Chamberlain, avec Stanley Balwin et Anthony Eden du gouvernement conservateur britannique, milita contre toute aide à la République espagnole contre le putsch de Franco. Devenu Premier ministre, Chamberlain alla jusqu’à pactiser avec la junte fasciste alors que Mussolini et Hitler avaient dépêché d’importants contingents militaires contre les républicains.

Et l’Espagne fut sacrifiée par les stratèges des « démocraties » occidentales, permettant aux nazis d’expérimenter de nouvelles armes et de se préparer à la guerre.
http://www.youtube.com/watch?v=ad3FrIp518A

Guernica 1937


Le triomphe de la Légion Condor à son retour en Allemagne
http://www.youtube.com/watch?v=wGqg5eU1pWk

En 39, la France du Front Populaire (« socialiste« ) allait même parquer les réfugiés espagnols dans des camps immondes – voire sans abri ni approvisionnement, comme dans le Roussillon – préfigurant les camps de concentration nazis. Des milliers mourront dès les premiers temps.

L’exil des Républicains espagnols  : la Retirada

http://www.eclectique.net/histoires_histoire/themes5.html

C’est que, depuis 1936, le gouvernement français du Front Populaire dirigé par Léon Blum (SFIO), obéissait aux injonctions du congrès US et du gouvernement britannique en renonçant à faire intervenir l’armée française (alors la plus puissante au monde) pour porter secours au Front Populaire espagnol et en interdisant, même, les livraisons d’armes aux résistants. Il faut savoir un détail éclairant cette brillante politique qui allait se solder par la Seconde Guerre Mondiale et ses génocides : la SFIO était déjà, depuis longtemps, inféodée aux oligarchies atlantistes.


Après la victoire sur l’Allemagne, la contre-offensive s’arrêtera aux Pyrénées. Il n’y aura pas de Reconquista. Les Alliés avaient décidé de protéger le fascisme franquiste – comme une garantie contre le risque démocratique. Un aveu spectaculaire, mais encore sous-estimé ; voire dissimulé. Après avoir été internés et décimés par le pétainisme, après s’être battus dans les maquis et la Division Leclerc (c’est la Compagnie constituée par des résistants espagnols qui a libéré Paris), les Républicains espagnols survivants partiront seuls au combat. Et des maquis de la résistance existeront jusque dans les années soixante.
http://www.espagne-facile.com/guerre-espagne/511/


http://bataillesocialiste.wordpress.com/tag/guerre-despagne/

extrait de Juste une question de civilisation, chapitre 3 de La vie à reconstruire :

« Pourtant, entre autres événements éclairants, la seconde trahison de l’Espagne républicaine non libérée du fascisme par les « libérateurs » aurait dû ouvrir les yeux… Après qu’elles aient autorisé l’écrasement dans le sang de la République du Frente Popular par les légions fascistes (Légion Condor et Légion Italiana), les mêmes forces – l’oligarchie étasunienne augmentée de ses semblables européennes – ont, quelques années plus tard, décidé d’arrêter l’avancée des armées alliées aux Pyrénées, condamnant le peuple espagnol – et les Portugais – à 30 ans de dictature. Pourtant, dans un discours prononcé en Algérie et retransmis par Radio-Alger en 1943, les résistants espagnols avaient bien entendu avec espoir Charles de Gaulle promettre la libération : « Après Paris, Madrid !« . Arrêtons-nous un instant, juste le temps de réaliser qu’au moment même de la libération, tout était déjà si bien manipulé que bien peu ont compris l’énormité de ce qui se passait : plutôt le fascisme que l’expression de la démocratie ! D’ailleurs, l’American Legion allait bientôt remettre à Franco une médaille en reconnaissance de sa « vaillante lutte contre le communisme » (rapporté par Frédéric Charpier dans « La CIA en France »). Cela annonçait la suite pour les pays libérés : tous les moyens allaient être mis en oeuvre pour prévenir ou étouffer une nouvelle émergence de l’intérêt général. Contrôle parfait des media, manipulation de la culture et des institutions, sabotage des mouvements de résistance et alternatif, substitution d’agents du capitalisme aux acteurs sociaux, soutien aux réactions et aux mafias, installation d’un réseau de contrôle politique international (Congrès pour la Liberté de la Culture, cercles du grand capitalisme, OTAN, Loge P2, Gladio, etc.). L’offensive mondiale de l’impérialisme sur les hommes et l’ensemble vivant – la culture et le système – prenait toutes ses précautions.

Trois générations plus tard, parmi les victimes – entre autres les écologistes – celles qui en ont pris conscience ne semblent pas nombreuses, ce qui explique que cette dimension fondamentale de la manipulation n’apparaisse guère dans les commentaires (…) »

Dwight Eisenhauer et Franco en 1959

Parmi les conséquences du sauvetage du fascisme espagnol par les alliés, et du blanchiement du régime franquiste par Dwight Eisenhower en 1959, il y a la carrière remarquable de Juan Antonio Samaranch. Fasciste, il est resté 30 ans à la tête du Comité International Olympique. C’est à ce monsieur que l’on doit la marchandisation du sport livré aux multinationales.

Pour plus de détail, une excellente émission de Rendez-vous avec X sur France Inter :
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/rendezvousavecx/


Sur les camps français où le Front Populaire a parqué les républicains espagnols

http://www.nopasaran36.org/guerra_civil/espana.php?78/Les-Camps=fr

Sur le camp d’Ararandon en Isère :

http://www.lafeuillecharbinoise.com/?p=1332


Télescopage historique avec l’actualité : sortie le 16 mars du film documentaire de José-Luis Pernafuerte sur l’Espagne face aux crimes du franquisme
Los caminos de la memoria
les chemins de la mémoire
Dans toute l’Espagne sont enterrés les suppliciés de la répression fasciste. Partout, des fosses sont découvertes, avec parfois des centaines, des milliers de squelettes. Car l’Espagne commence seulement à libérer la mémoire des quarante années passées en enfer, depuis le putsch franquiste en juillet 1936 jusqu’à la mort du dictateur en 1975. Exécutions, emprisonnements massifs, tortures, privations, spoliations, ségrégation vis à vis même des enfants de républicains, fichage et réécriture de l’histoire… Et toujours des exécutions, toujours des morts, toujours des prisonniers.

Autour des fosses communes, la mémoire resurgit et se fait collective. On se libère des humiliations et des interdits devenus inhibitions. La douleur trouve enfin l’occasion de s’exprimer, de se communiquer. Les anciens se souviennent et témoignent. Les jeunes écoutent, apprennent et fouillent. C’est la mémoire de l’Espagne qui revient, et c’est la mémoire du monde. Sentant l’importance de ce qui se jouait dans les années trente, des centaines de milliers d’hommes et de femmes ont tenté d’aider les peuples d’Espagne. Mais le monde de la domination les avait tous condamné, puis il a censuré l’information pour effacer l’histoire. La peur, la démoralisation et la douleur avaient fait le reste, en Espagne et ailleurs.


Ainsi, ce n’est qu’à la veille de sa mort, il y a peu, que ma mère a trouvé la force de me révéler l’engagement de son frère – cet oncle mystérieusement disparu – dans les Voluntarios de la Libertad (1).

Comme la jeune femme de Land and Freedom (le film de Ken Loach) découvrant dans les papiers de son grand-père décédé la saga de l’engagement de celui-ci auprès des Républicains espagnols, nous sommes juste au début d’un processus de réappropriation de notre histoire, de découverte et d’analyse des forces qui ont sacrifié l’Espagne (et le Portugal) et conduit à la Seconde Guerre Mondiale, puis lancé la mondialisation. C’est un processus de reconstruction qu’il faut défendre contre les agents du Ministère de la Vérité de Big Brother, en Espagne où le juge Garzon est inquiété (2), et ici où l’histoire contemporaine est métamorphosée pour dissimuler les manipulations qui nous ont valu tant de douleurs et de destructions. De l’issue de cette lutte dépend non seulement la démocratie mais aussi l’avenir de la planète.

http://www.dailymotion.com/video/xcr7je_les-chemins-de-la-memoire_shortfilms
http://www.cinespagne.com/pagealaffiche/cheminsDeLaMemoire.php

long extrait du film Les chemins de la mémoire sur
http://www.dailymotion.com/video/xh0nyo_les-chemins-de-la-memoire-los-caminos-de-la-memoria-3-5_news

Coordination des victimes du franquisme
http://coordinadoravictimas.blogspot.com/2010_02_28_archive.html

(1) http://www.liberation.fr/monde/0101161892-aux-anciens-brigadistes-l-espagne-reconnaissantemadrid-va-accorder-la-nationalite-espagnole-aux-survivants-des-brigades-internationales

(2) Fascisme, le retour ? (publié en juin 2010)

Après tout ce que nous avons connu, ce qu’on nous a infligé, après une soixantaine d’années de saccages par les ultralibéraux, lesquels doivent beaucoup à l’aide apportée par leurs pères à l’écrasement de l’Espagne républicaine et à l’essor du fascisme italien et du nazisme, cela ne serait pas particulièrement étonnant.

En Espagne, justement, et c’est un comble, le juge Baltazar Garzon vient d’être suspendu pour avoir osé ouvrir une enquête sur les crimes du franquisme, crimes pourtant imprescriptibles. C’est une insulte aux victimes du franquisme et des autres fascismes, une insulte à tous ceux qui ont eu le courage de résister pour tous les autres, pour nous.

C’est aussi un avertissement à ceux qui, aujourd’hui, se laissent bercer par la propagande et dorment à poing fermé.

Pétition sur
www.lapetition.be/en-ligne/petition-6917.html


Un film sur les républicains espagnols dans la Seconde Guerre Mondiale
et la double trahison dont ils ont été victimes
La « nueve » ou les oubliés de la victoire
http://www.dailymotion.com/video/xccbfb_la-nueve-ou-les-oublies-de-la-victo_news

E spagne 36/39,


http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/L-Espagne-deterre-les-fantomes-du-franquisme-91692/

Histoire contemporaine
Apocalypse Hitler
http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/09/1187949-apocalypse-hitler-une-serie-documentaire-exceptionnelle-sur-france-2.html

A voir et revoir en se souvenant de l’écrasement de l’Espagne républicaine et révolutionnaire, tandis que le gouvernement français du Front Populaire dirigé par Léon Blum (SFIO), inféodé aux oligarchies atlantistes, restait l’arme au pied et interdisait les livraisons d’armes aux résistants.
http://telematin.france2.fr/?page=chronique&id_article=31697

Egalement un film qui, en contrepoint d’une comédie bien tournée, révèle le drame de l’Espagne et le sort des réfugiés en France :

Les femmes du cinquième étage
http://www.premiere.fr/film/Les-Femmes-du-6eme-etage-2285102

biblio

Cipriano Mera, Guerre, exil et prison d’un anarcho-syndicaliste

 

Toulouse, éditions Le Coquelicot 2012, 325 p., 22€

Il aura fallu plus de 35 ans entre la décision de traduire ces mémoires et la publication effective. On dispose désormais, en français, du témoignage absolument capital de Cipriano Mera. Hormis quelques spécialistes de la guerre d’Espagne, personne ne connaît ce nom. Il s’agit pourtant d’un des dirigeants, militaires – ceci expliquant sans doute cela –, de plus haut rang, du mouvement anarcho-syndicaliste espagnol. Né en 1897, Cipriano Mera est maçon de profession. Au moment du coup d’État franquiste, il est emprisonné à Madrid, pour ses activités syndicales. Libéré par ses camarades, il rejoint les milices confédérales mises sur pied pour combattre les troupes de Franco. Alors que rien ne le prédisposait à ce rôle, il fait montre d’une capacité stratégique certaine, participant à plusieurs batailles importantes autour du front de Madrid, se faisant remarquer pour ses qualités militaires, y compris par des militaires professionnels ralliés à la République. Il participe, avec la colonne de Durruti, à la défense de Madrid, bataille dans laquelle il s’illustre de manière héroïque. Mais, au fur et à mesure que la guerre civile se développe, il se rapproche politiquement des thèses républicaines (largement inspirées par le Parti communiste espagnol, qu’il abhorre pourtant) de la nécessité de discipliner et militariser les milices. Face à la fuite du gouvernement, y compris des ministres cénétistes de Madrid pour Valence, son choix est fait : il est nécessaire « d’accepter la formation d’une armée, avec par obligation, la discipline (…) ». L’autodiscipline n’est plus suffisante, les lois de la guerre doivent s’imposer. En même temps que ce constat de nature militaire, il rallie les thèses d’une suspension du processus révolutionnaire. Six mois après le début de la guerre civile, « nous dûmes reconnaître que la révolution à laquelle nous avions cru fermement dans les temps nous avait échappé. Il nous restait l’objectif de gagner la guerre (…) » (p. 125). Cette option n’est d’ailleurs pas dénuée d’arrière-fond politique sur l’évolution rapide de la CNT puisque « la militarisation supposait l’abandon de nos principes les plus chers ! Certainement, mais ces principes avaient déjà été violés avec l’entrée de militants de la CNT au gouvernement, décision adoptée qui plus est par quelques militants sans l’accord de toute l’Organisation » (p. 126). Promu chef du quatrième corps d’armée, celui qui défend Madrid, il continue à faire preuve de qualités militaires insoupçonnées, au point que jusqu’aux derniers moments ce front ne sera jamais percé par les forces nationalistes, multipliant pourtant les offensives. Une très large partie du récit est composé des batailles ou des affrontements auxquels il est confronté. On lira avec intérêt la narration de la bataille de Gualadjara, un des épisodes les plus intéressants de la guerre, car non seulement il s’agit d’une des rares victoires républicaines, mais surtout parce qu’elle fut obtenue contre les troupes italiennes, envoyées par Mussolini. Mera livre d’ailleurs un bilan beaucoup moins positif que ce que l’on peut trouver dans une certaine historiographie. Non seulement les troupes fascistes étaient fort peu motivées, mais surtout les troupes républicaines furent incapables d’exploiter la victoire en une offensive stratégique qui aurait permis d’enfoncer le front et modifié le sort de la guerre. Par-delà l’évocation de tels ou tels aspects, son récit est crucial également car Méra fut une des chevilles ouvrières du coup d’État (création d’un Conseil national de défense en mars 1939) appuyé par la CNT contre le gouvernement socialiste dirigé par Negrin, largement pro-communiste, quelques semaines avant l’effondrement final. Sur cet ultime rebondissement, qui relèverait du comique, si les conditions n’avaient pas été celles, tragiques, d’une défaite du camp progressiste, Mera fournit de nombreuses indications. Il réfute d’ailleurs l’expression « coup d’État ». Selon lui, « la constitution du Conseil national de défense, ne représenta pas du tout un coup d’État, il s’agissait purement et simplement de remplir un vide et d’obtenir une paix convenable » (p. 234). On peut sans problème lui laisser la responsabilité de son assertion. Enfin, la dernière partie, l’exil, exprime là encore un grand intérêt. En effet, contrairement à la majorité de ceux qui ont pu s’exiler, Mera ne s’est pas dirigé vers la France, mais vers l’Algérie, puis le Maroc français. En effet, son rang militaire lui a permis de quitter, parmi les derniers, le sol espagnol, en avion, en direction, brièvement, de l’Algérie. De ce point de vue aussi, son témoignage déroge fortement des récits multiples sur l’exil hexagonal. On dispose donc là d’une histoire des rapports entre les autorités françaises et la petite colonie d’exilés espagnols dans les colonies. Finalement, Mera est expulsé vers l’Espagne durant la guerre, en 1942, échappe à l’exécution, passe plusieurs années en prison, avant de rejoindre la résistance intérieure (sur laquelle il est particulièrement cinglant), avant de franchir, en 1947, clandestinement, et définitivement, les Pyrénées. Reprenant son métier de maçon, il poursuit son engagement dans les milieux libertaires en exil, avant d’en être exclu, dans des conditions et pour des raisons pas très facile à comprendre en suivant son récit. C’est ce destin exceptionnel à plus d’un titre (l’histoire connaît peu d’exemples de manœuvres dirigeant un corps d’armée !), éclairant sur des aspects souvent mal connus du processus révolutionnaire espagnol, que raconte Mera, avant de disparaître en 1975.

Georges Ubbiali

critique empruntée à :

http://dissidences.hypotheses.org/tag/syndicalisme?lang=es_ES

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