Aline et Raymond Bayard étaient fondateurs de Maisons Paysannes de France qui, à l’époque, se considérait comme partie prenante du mouvement écologiste issu des années soixante, celui qui déjà s’affaiblissait sous les coups de ses nombreux ennemis.

https://www.eyrolles.com/BTP/Livre/les-maisons-paysannes-de-l-oise-9782212121247

 

Aline me met en garde contre les agissements de celui que – comme par hasard – je connaissais le mieux au sein de cette autre association écologiste, mais trop superficiellement pour un personnage aussi trouble. Très disponible, très présent, il faisait donc le même travail de sape que ceux, prétendument à gauche voire gauchistes, qui avaient rejoint les écologistes et venaient de tomber le masque à l’occasion de la mésaventure électoraliste avec René Dumont. D’ailleurs, ils se connaissaient si bien… peut-être trop bien, comme des amis de longue date – ou des complices. Justement, tous avaient en commun de vouloir dénaturer et réduire le mouvement social en faisant passer tout le monde sous les fourches caudines du système capitaliste.

C’est le courrier d’Aline Bayard qui m’a révélé l’ampleur de la manoeuvre, sa coordination. Ainsi, les mêmes manipulations étaient en cours dans toutes les composantes du mouvement ! Mêmes procédés, dissimulation et mensonge, pour créer des hiérarchies de pouvoir capitalisé dans une dynamique holistique qui les avaient condamnées et, au contraire, était en recherche de plus de démocratie et de plus de mouvement.

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Article demandé pour un livre qui, m’a-t-on dit, n’est pas paru. Ou, plutôt, qui est paru, mais sous un autre titre… et sans l’article !

 


C’était il n’y a pas si longtemps. Les mouvements ouvriers et les mouvements de protection de la nature menaient respectivement le combat contre l’exploitation de l’homme par l’homme et le combat contre la destruction de la vie. Syndicats, partis et associations fragmentaient la crise globale en secteurs distincts, sans soucis des interactions, sans soucis de synthèse. Il y avait les problèmes sociaux d’un côté et les pollutions de l’autre. Cette dichotomie simpliste se traduisait par des luttes menées coup par coup, au risque de s’opposer, sur des effets différents des mêmes causes. Autant dire que les actions de ces formations avaient peu d’influence sur le système d’exploitation : elles l’aiguillonnaient mais ne le menaçaient pas. Faute de se renouveler, les mouvements d’opposition étaient devenus des appareils lourds et rigides, ils avaient perdu leur actualité et leur combativité pour ne plus jouer qu’un rôle régulateur. Ils ne répondaient plus à l’attente d’une partie croissante de la population et décevaient même beaucoup de leurs militants.

 

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