Trois nouveaux exemples sur le pas de la porte

  • Le Square Satragne réaménagé à la tronçonneuse
  • Au pied de la Tour Eiffel, une “forêt urbaine“ ancienne menacée de destruction
  • L’oasis verte du XIIème est aussi menacée d’anéantissement sous le béton
  • Sans oublier la glycine centenaire de Montmartre détruite par les services de la Ville

 

 

À l’inverse des recommandations du Plan Biodiversité 2018/2024 pour Paris, Le Square Satragne réaménagé à la tronçonneuse

 

À l’inverse des progrès que laissaient espérer différents « plans biodiversité pour Paris » et l’opération « Quartiers Moineaux« , on ne voit guère d’évolution positive. Pire, avec des projets tels que l’abattage de 42 grands arbres au pied de la Tour Eiffel pour faire place au béton, ou la destruction programmée de l’oasis verte du XIIème, et encore la destruction de la glycine centenaire de Montmartre par les services de la Ville *, les constats contraires sont trop nombreux…

* https://www.leparisien.fr/paris-75/la-plus-belle-vigne-paris-disparait-18-03-2021-8429058.php

 

Dans le Xème arrondissement, là où s’étendait l’Enclos Saint Lazare dans le Faubourg Saint Denis, le Square Alban Satragne était une réserve de biodiversité. Bien que très mal soigné (en particulier, non arrosé*, desséché en été !), les arbres petits et grands, les buissons regroupés en bosquets et les longues haies de buis, abritaient insectes et oiseaux :

– moineaux, merles, les différents pigeons, mésanges charbonnières et bleues, verdiers, pouillots, corneilles, pies, geais des chênes, martinets et mouettes en survol.

Ce jardin était un point d’abreuvement, de ravitaillement et de repos vital pour tous les oiseaux du quartier.

* comme les arbres du quartier qui commencent à perdre des feuilles en juillet. Spectacle fascinant : les arroseuses passent à côté sans s’occuper des arbres !

 

C’était ainsi jusqu’à la suppression du pigeonnier régulateur durant l’été 2017 (?) ; une suppression qui, par sa brutalité, annonçait les travaux de 2019-2020, encore aggravés par un nouveau chantier réalisé cet hiver (encore plusieurs arbres détruits* – photo pelleteuse avec souche).

* la mairie du Xème a osé soutenir le contraire

 

 

Aujourd’hui, en plus de 10 visites, je n’ai observé que 7 moineaux (surtout de passage), aucun merle… Que des pigeons bisets (nettement plus nombreux qu’au temps du pigeonnier régulateur).

 

Sans aucun soucis de la vie du jardin, la « rénovation » a débuté par un arrachage massif. Pas d’échelonnement des travaux. En quelques jours, le jardin a été complètement bouleversé. Et cela s’est passé en juillet, au moment de la nidification et du nourrissage des jeunes – et dans une période désormais très chaude et très sèche (comme chacun le sait depuis une bonne quinzaine d’années, au moins). On aurait voulu affamer et assoiffer les oiseaux du quartier que l’on aurait pas fait mieux (un rapport avec la suppression du pigeonnier?) !

 

Pour comble, le chantier a été suspendu en août (pour les vacances), ce qui souligne l’absurdité de commencer moins d’1 mois plus tôt !

Après plusieurs mois de concertation avec les riverains et le Conseil de Quartier, les travaux du square Alban Satragne ont démarré début juillet et dureront jusqu’en juin 2020. Cet aménagement va considérablement transformer l’espace public (…)

Quand ?

De juillet 2019 à juin 2020

https://www.api-site.paris.fr/

 

En effet, cet aménagement a considérablement transformé l’espace public ! Le bouleversement de l’habitat des insectes et des oiseaux, et leur vie même, ont été totalement ignorés.

 

Le nouvel aménagement a presque fait table rase :

– plusieurs arbres ont été supprimés (arrachés et jetés comme déchets !),

– un bel arbre gravement amputé,

– des buissons supprimés,

– les haies de buis supprimées,

– l’ex-espace des jardins partagés, où poussait un bosquet fréquenté/habité par les oiseaux, supprimé aussi, avec des nids, cela en pleine période de reproduction.

 

 

 

La chronologie des travaux, leur brutalité, la volonté de tout changer en une fois plutôt que d’échelonner les interventions, ont bouleversé d’un coup toutes les bases de vie des différentes populations (flore et faune du sol, insectes, oiseaux…). D’autant qu’aucune compensation n’a été prévue pour assurer la transition. Très très important la transition : zones de protection avec végétation dense, mangeoires, abreuvoirs, nichoirs, matériaux pour la confection des nids… Et cette agression a été réalisée exactement dans la période la plus chaude et la plus sèche, en l’occurrence les canicules 2019 (fin juin–début juillet, 21 juillet-1er août). Impossible que la soif, la faim, et la suppression des haies et des buissons n’aient pas fait des ravages. Et, en 3 ans, l’oubli n’a pas été corrigé. Bien au contraire, un nouveau chantier mené cet hiver (?) a beaucoup aggravé la destruction première.

 

 

2 ans 1/2 après le début du chantier, il y a toujours un manque flagrant d’espaces enherbés pour la nourriture et la fabrication des nids. Même manque de persistants pour, au moins, remplacer les haies de buis qui offraient des abris aux petits passereaux. L’épervier roux qui m’a rendu visite doit être très content. Les autres oiseaux n’ayant plus de refuges, il risque fort de finir le travail d’éradication !

 

Alors que l’on parle beaucoup de végétalisation, de forêts urbaines, de biodiversité dans la ville, que le Conseil de Paris a multiplié les déclarations d’intentions, la conduite de ce chantier a réalisé une destruction exemplaire… On voit mal la cohérence avec le plan stratégique 2011-2020 pour la biodiversité :

Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité

https://www.ecologie.gouv.fr/é

 

Le rapprochement avec le plan biodiversité 2018/2024 pour Paris (qui prend le relai de celui lancé en 2011) est stupéfiant ! Le plan est très bien, mais quelle cohérence avec ce qui se passe dans le Xème ? Aucune.

 

Par exemple :

« Renforcer l’intégration de la biodiversité à toutes les étapes des projets d’aménagement, de construction et de rénovation de la Ville » :

– Renforcer l’intégration des enjeux de biodiversité dans les phases études et conception des projets

– Intégrer les enjeux de biodiversité dans la phase chantier des projets

– Intégrer les enjeux de biodiversité dans la phase exploitation des projets

– Développer des méthodes de suivi des mesures compensatoires liées aux projets

(…)

Il est impératif de conforter la biodiversité comme donnée structurante de toutes les phases des opérations d’aménagement, de construction ou de rénovation en lien avec la séquence « éviter, réduire, compenser » (ERC) de la loi pour la reconquête de la biodiversité du 8 août 2016. (…) C’est le cas à Paris où des projets d’aménagement sont évalués en fonction de leurs impacts sur la biodiversité et où des mesures pour éviter, réduire et compenser ces impacts sont mises en place.

etc.

Excellent !

 

Comme en écho, Christophe Najdovski, auquel j’avais tout d’abord écrit, aurait déclaré qu’une réflexion est menée pour faire réaménager les squares de manière à recréer les conditions de vie naturelle des moineaux.

Tout cela est très bien… Sauf que le sort réservé à Alban Satragne montre l’exact contraire. Le Xème aurait-il fait sécession ?

 

Pour comble, sur le chantier, une affichette Paris Nature est apparue pour avertir de ne pas nourrir les oiseaux… Comme si les pigeons (non Colombins…) étaient les seuls oiseaux. Il faudrait, au contraire, nourrir les autres pour suppléer à l’appauvrissement radical du jardin ! Et créer des friches, des refuges, des lieux protégés. Etc.

 

 

Une “forêt urbaine“ ancienne menacée de destruction

Alors que la mairie de Paris parle beaucoup de “forêt urbaines“, elle a programmé l’abattage de 42 grand arbres au pied de la Tour Eiffel pour couler plus de béton :

À Paris, l’abattage d’arbres au pied de la tour Eiffel fait scandale

Ils nous disent qu’ils vont planter beaucoup plus d’arbres qu’ils n’en coupent, mais c’est un argument qui ne nous va pas du tout”, y explique Philippe Khayat, le représentant de l’association.

Il dénonce notamment une promesse récurrente et rarement tenue dans ce genre de projet, avec la plantation de jeunes arbres qui risquent de mourir du fait d’un environnement de moins en moins propice à leur développement, ou encore un temps de croissance de plusieurs dizaines d’années pour “apporter les mêmes bénéfices” que les arbres parfois centenaires qui vont être abattus. (…)

https://www.huffingtonpost.fr/entry/a-paris-labattage-darbres-au-pied-de-la-tour-eiffel-fait-scandale_fr_626cecc6e4b04a9ff89c29a5

 

Effectivement, la « compensation » par plantation de jeunes arbres est un mirage. Elle ne peut « compenser » en rien la destruction de l’écosystème des arbres anciens ! Pour proposer cela, il faut ne rien comprendre au vivant. Incompétence crasse ou mauvaise foi à l’usage des crédules ?

 

L’oasis verte du XIIème est aussi menacée d’anéantissement sous le béton

« L’Oasis Verte » est un îlot vert en plein Paris qui, depuis 30 ans, grandit choyée par ses occupants.

https://www.humanite-biodiversite.fr/articles/91337-l-oasis-verte-la-vie-ou-le-beton?fbclid=IwAR0X7aCntIad423I7zum4-tBa09VnGLVCechUyogkSEMeCdqA2elHEF9dYU

Sauvons l’oasis verte du 12! defense biodiversité

https://ov12.org/

https://www.facebook.com/oasisverte12eme/

 

 

le sens du vivant dans l’administration parisienne

Paris : la glycine centenaire de la butte Montmartre rasée par les services de la Ville

https://www.leparisien.fr/paris-75/la-plus-belle-vigne-paris-disparait-18-03-2021-8429058.php

Et puis avant-hier, mardi 16 mars 2021, la ville de Paris intervint.

Profitant du calme forcé des terrasses parisiennes, les vandales municipaux étaient seuls, bien à l’aise pour commettre leur forfait.

Les voisins, alertés par le bruit, tentèrent de les arrêter, mais ils se heurtèrent à un « on nous a dit de faire ça, on le fait« .

Jamais l’expression « on est un con » n’aura été plus vraie.

Les gérants, alertés, tentèrent de joindre la mairie, mais bien sûr, personne pour répondre…  http://paris-bise-art.blogspot.com/2021/03/la-glycine-de-la-colere-chez-plumeau.html

 

Plus con… Plus forcené…

La #glycine de #Montmartre abattue : une erreur monumentale des services, explication à suivre. Les services ont confondu mort et repos végétatif, n’ont pas vu les bourgeons du manteau supérieur, n’ont pas laissé à la glycine centenaire un sursis, attendu la reprise végétative

 

(…) Les services ont coupé à ras. Au 1er confinement la place du Calvaire avait été cimentée, le pied de la glycine aussi sur 40 cm. Steven le gérant a dû trouver un marteau piqueur pour dégager leur glycine

 

Mais les arbres de la place n’ont pas supporté l’imperméabilisation, un premier est mort et abattu, un autre en souffrance. Pourquoi toucher aux pavés de la place ? Pavés sur lit de sable c’est la façon de conserver des sols drainants

https://twitter.com/fne_paris/status/1372442762755387398

Qui plus est, il y a un an, les services de la Ville ont beurré de ciment les pavés de la place. L’imperméabilisation a déjà coûté la vie à un arbre.

                                          ce qu’il reste


Il semble que la haine du vivant tombe le masque vert…

 

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