Nous découvrons une révolution douce et réfléchie infiniment plus efficace que tous les courants réformistes et revendicatifs qui demeurent soumis au paradigme impérialiste au point de le reproduire fidèlement, ou que les partis violents qui offrent le flanc à la manipulation et à la répression, quand ils ne les stimulent pas. Elles nous montrent que même des situations qui semblaient désespérées peuvent être rétablies, mais à la condition de s’émanciper complètement de toute domination…

 

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Modèle « occidental« , destruction des communaux et ruine totale

 

La région de Alwar dans le Rajasthan nous offre un exemple édifiant. Tout le pays souffrait de la pénurie en eau aggravée par des sécheresses toujours plus « exceptionnelles« … de plus en plus « exceptionnelles » au fur et à mesure de la régression de la végétation. Pourtant, le pays avait été plutôt prospère. Durant des siècles, les populations avaient entretenu différents dispositifs de conservation de l’eau de pluie, en particulier de petites retenues d’eau en terre (les johads). Particulièrement sous ces climats aux précipitations rares, ces ouvrages captent l’eau qui ruisselle sur les sols trop secs pour faciliter son infiltration dans le sol, réapprovisionnant ainsi les nappes phréatiques. C’est l’une des grandes différences avec les techniques industrielles d’irrigation superficielle, laquelle entraîne une forte évaporation au détriment de l’alimentation des nappes phréatiques. En outre, utilisant des eaux déjà chargées en sels minéraux, celles-ci provoquent trop souvent la salinisation des sols.

Suivant les techniques de spoliation éprouvées depuis longtemps en Europe, le système colonial organisa la fin des communaux et la déstructuration culturelle, sociale et écologique. Entre autres, les britanniques entreprirent de dévaster les forêts des populations – leurs communaux – après avoir décrété que, désormais, elles étaient « nationales« . Puis, avec l’indépendance, les structures de l’administration coloniale furent occupées par des enfants de l’oligarchie formés spécialement dans les écoles des occidentaux. Ce processus soigneusement préparé par les colonisateurs allait avoir les plus graves conséquences, tant localement qu’à l’échelle de la planète. Conditionnés autant par la culture de leur classe que par le modèle occidental de spoliation de la petite propriété paysanne et de suppression des communaux, façonnés par la religion du progrès industriel contre « la nature« , ils avaient été préparés à admirer les technologies les plus onéreuses et les plus destructrices. Ils étaient donc disposés à écouter d’une oreille bienveillante les conseils pressants des affairistes industriels. Pour ces individus coupés des connaissances accumulées par toutes les générations précédentes, comme pour les physiocrates d’antan, la nature n’était plus qu’une unité de production. Quant aux populations… Ils avaient pour elles autant d’empathie que les dominants des assemblées révolutionnaires françaises. Pour les nouveaux maîtres, les communaux et les techniques ancestrales n’appartenaient plus qu’à un passé dédaigné et jugé dangereux pour leur pouvoir et leurs intérêts. Donc, ils se gardèrent bien de remettre en cause les structures hiérarchiques et, sous leur domination, la situation écologique et sociale se dégrada plus encore : renforcement de la centralisation étatique, de la bureaucratie, de la corruption et du pillage des ressources. Avec la très célébrée « révolution verte« , les cultures d’exportation grosses consommatrices d’eau et des pesticides qui imbibent désormais toute l’Inde furent favorisées au détriment de la diversité des cultures vivrières. Le saccage des forêts par les industriels et les plantations d’exportation redoubla. De plus en plus sous la coupe du pouvoir central, divisés et déstructurés en interne par les joutes pour la domination de la « démocratie représentative » imposée contre la démocratie directe, les villes et les villages perdirent le contrôle et la conscience de la gestion de leur environnement, des causes mêmes de leur propre vie. L’Etat, s’ingérant de plus en plus dans les affaires locales, imposa l’idéologie du développement avec ses systèmes de prélèvement, d’administration, de distribution échappant aux populations jusque dans leur finalité, puisque contrôlés par des hiérarchies nationales et internationales. Peu à peu, avec le découragement des initiatives et des énergies, avec la résignation et la déresponsabilisation, les nuages, le vent, la pluie, les autres êtres et toute la vie furent comme oubliés ; avec eux l’importance de la récupération de l’eau du ciel pour alimenter la terre. Les johads furent abandonnés, et avec eux l’essentiel de la culture et de la pratique des communaux s’évanouit – un exemple typique de la décomposition induite par les monopoles radicaux de « la modernité » prétexte aux nouvelles colonisations. L’ensemble de l’écosystème s’appauvrit jusqu’à un stade quasi désertique, une régression drastique de la communauté biologique. Toute la région s’enfonça dans la désolation. La plupart des gens – les hommes surtout – partirent vers les villes pour y chercher des boulots de misère (jusqu’à plus de 80% de la population). Comme dans tant d’autres régions, comme dans l’Andra Pradesh, le nord du Kerala, le Maharashtra désormais célèbres pour les suicides de paysans, la faillite du progrès contre « la nature » et les populations fut complète (29).

 

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Observons que le phénomène est semblable à celui qui a frappé les populations et les écosystèmes des pays « développés » et que les révolutions n’ont jamais réussi à régler : ce que j’appelle la colonisation intérieure. La perte de la communauté planifiée par celle-ci s’accompagne toujours d’une multiplication des situations de détresse, détresses économiques et détresses psychologiques.

Cette désolation écologique et sociale résultant des différentes colonisations et de la déstructuration communautaire par le modèle dominant est complètement dissimulée. Son ignorance permet aux promoteurs du système impérialiste responsable du désastre de faire croire que la révolution verte avait résolu un problème structurel ancestral (l’incapacité de ces populations arriérées), voire écologique (la fameuse ingratitude de la nature), en augmentant la production agricole. Silence sur l’aggravation consécutive de la crise sociale et écologique. Ce succès en trompe-l’oeil leur permet de prétendre que la sécurité alimentaire pour demain passe par une nouvelle intensification de l’industrialisation ; c’est à dire par l’augmentation de leurs pouvoirs et de leurs profits. Les mêmes observations sont évidemment valables pour la plupart des autres situations de « sous-développement« .

Depuis une vingtaine d’années, guidée par des anciens, inspirée par le bon sens des gens encore en intelligence avec « la nature« , une association locale (« Tarun Bharat Sangh« ) a relancé la restauration des johads (les bassins de retenue) et leur construction par milliers (8 600 en 2006). Les débuts furent difficiles. Le plus difficile étant de convaincre les gens de revenir à la notion de bien commun, aux pratiques communautaires et aux techniques ayant fait leurs preuves autrefois. Sans surprise, l’administration ne trouva rien de mieux que d’interdire l’opération décrétée illégale et d’exiger la destruction des johads reconstruits et des arbres replantés sur les terres étatisées. Les habitants ont, heureusement, passé outre. Récompensés par des résultats dépassant les espérances, la confiance et la motivation n’ont cessé de grandir et les réticents de la première heure ont retroussé leurs manches à leur tour.

 

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La restauration, la réalisation et l’entretien de ces équipements communautaires ont créé une dynamique productrice d’autres bienfaits sur les terres de plus de 1000 villages à ce jour (près de 7 000 km2 et 700 000 bénéficiaires). Chaque réussite stimulant d’autres actions et prises de responsabilité, les solidarités communautaires ont été réactivées et les résultats ont suivi. Entre autres :

• Plantation des collines déboisées, protection et restauration des forêts qui, en se densifiant, retiennent davantage les précipitations, réduisent l’érosion et alimentent à nouveau les eaux souterraines. Evidemment, cette nouvelle initiative communautaire fut encore attaquée par l’administration.

• Extension des surfaces cultivées et augmentation spectaculaire des rendements, mais avec des méthodes biologiques pour ne pas polluer les eaux, le bien commun.

• Retour des émigrés que le dénuement avait chassés vers les bidonvilles.

• Reprise de confiance des gens en eux-mêmes, en leurs capacités collectives, et restauration des identités.

• Renaissance culturelle et revitalisation de la démocratie directe avec des assemblées villageoises et des coordinations correspondant aux bassins des rivières principales (précisément ce qui, en France, a été interdit par l’Assemblée Constituante dès décembre 1789).

• Sauvegarde et restauration d’une grande réserve boisée en y appliquant les mêmes techniques. Preuve de la renaissance de l’écosystème, les tigres et les léopards prospèrent à nouveau, ce qui suscite la fierté des populations. L’enthousiasme a même conduit deux villages à créer une nouvelle réserve naturelle (30).

 

Malgré les sécheresses causées par la dégradation générale du climat, la nappe phréatique est remontée et alimente à nouveau les cours d’eau qui s’étaient asséchés, ainsi que des centaines de nouveaux puits. Cinq rivières qui ne coulaient plus que pendant la mousson ont ressuscité. Elles coulent à nouveau toute l’année et la vie aquatique s’y est redéveloppée. Les paysages désertifiés par la déforestation, le surpâturage et la sécheresse ont reverdi et redonné vie aux villages qui osent même le luxe de la production de légumes plus gourmands en eau que les céréales traditionnelles.

Dans la même région, en même temps que le redéveloppement des johads, un autre système de captage et de distribution de l’eau de pluie inspiré des premiers a été créé. Il s’agit de petites digues de terre plantées d’arbres formant des successions de compartiments ouverts vers le haut de la pente (les chaukas). Disposés parallèlement aux courbes de niveaux, ces chaukas recueillent l’eau des pluies de mousson. Quand un chauka est rempli, le trop plein s’évacue dans le chauka suivant, et ainsi de suite. L’excédent est dirigé vers un bassin réservoir comparable à un johad. L’ensemble du système a redonné vie aux pâturages et aux cultures. Il favorise aussi la recharge des nappes phréatiques et l’on constate les mêmes bénéfices spectaculaires qu’avec les johads voisins.

Probablement inspiré par ces exemples, l’idée a germé de redonner vie aux nombreux autres systèmes hydrauliques de captage. Par exemple les bawris qui sont de beaux réservoirs et collecteurs urbains des eaux de pluie construits en pierre et entretenus depuis des siècles… jusqu’à l’imposition des techniques « modernes« . Là comme ailleurs, en prélevant massivement et incitant au gaspillage sans jamais réalimenter les nappes phréatiques, celles-ci n’ont conduit qu’à épuiser les ressources. Les prises de pouvoir par les entreprises et l’Etat ont fait le reste en défaisant les interrelations et désamorçant les pratiques communautaires. C’est un journal, le Rajasthan Patrika, qui a pris l’initiative d’inviter ses lecteurs à s’organiser pour nettoyer et restaurer les bawris. 146 000 personnes ont répondu à cette invitation, montrant là encore que tout n’est pas perdu.

De l’Afrique aussi nous viennent des nouvelles encourageantes qui parlent du redéveloppement de techniques comparables. Au Burkina Faso, sous l’impulsion d’une association de paysans regroupant désormais plusieurs villages, un système de retenue des eaux de pluie constitué de cordons pierreux épousant les courbes de niveau, de multiples petites fosses et de retenues d’eau en demi-lune, est reconstitué depuis une vingtaine d’années. Comme en Inde, pour protéger la qualité de l’eau et stimuler la reconstitution de la faune du sol qui restaure la fertilité, les villageois produisent leur compost pour remplacer les engrais chimiques. Ils en tapissent les fosses (zaï) pour faire les semis. Associées au paillage et au recouvrement des sols en jachère avec des cultures peu exigeantes mais protectrices et productrices (fourragères, légumineuses), ces techniques ont produit des résultats spectaculaires : des terres désertiques il y a quinze ans sont plantées d’arbres aujourd’hui et l’autosuffisance alimentaire des communautés est presque réalisée. Inspiré par l’exemple burkinabé, les mêmes méthodes sont développées au Niger avec succès (31). Des techniques équivalentes commencent à être mises en œuvre en Ethiopie pour récupérer des sols dégradés par le productivisme (31 bis).

Johads, chaukas et leurs équivalents africains réalisent plus qu’une « révolution verte », authentique celle-ci (d’ailleurs, baptisée « révolution bleue »), mais sans « experts« , sans semences torturées par les laborantins des multinationales, sans pesticides, sans engrais chimiques, sans béton ni bitume. Bien plus, en reprenant en mains la gestion de leur environnement et de toutes leurs affaires, ces populations font une révolution qui aurait plu à Ghandi – il préconisait les « républiques villageoises« . Ernst Friedrich Schumacher en aurait été tout aussi ravi, lui qui condamnait la production « de masse » intrinsèquement violente et destructrice. Avec « Small is beautiful« , en plein accord avec la philosophie de Ghandi, il en était arrivé à la conclusion qu’il est vital de se tourner vers la production « par les masses » avec des outils et des objectifs maîtrisés par les communautés. Ces gens montrent que la marche forcée vers le gouffre n’est pas inéluctable.

Nous découvrons donc une révolution douce et réfléchie infiniment plus efficace que tous les courants réformistes et revendicatifs qui demeurent soumis à la domination au point de la reproduire fidèlement et d’y participer, ou que les partis violents qui offrent le flanc à la manipulation et à la répression, quand ils ne les stimulent pas. Elles nous montrent que même des situations qui semblaient désespérées peuvent être rétablies, mais à la condition de s’émanciper complètement de toute domination… ce que, dans les sociétés de consommation conditionnées à l’arbitraire, nous sommes fort peu nombreux à savoir encore.

Evidemment, quelques-uns diront que tout cela est bien joli, mais… Mais que les automobiles ont été oubliées, ainsi que les autoroutes, les zones industrielles pour les fabriques délocalisées ailleurs, les parkings, les hypermarchés et les parcs de loisirs, que la région n’a pas été désenclavée, etc. Donc que cela n’est pas du développement. Il n’est que temps de balayer ces conditionnements dictés par le projet de la domination absolue pour permettre le développement des modes de vie et des techniques diversifiés adaptés à la vie.

 

Décroissance : la langue est la pire et la meilleure des choses.

Les exemples concrets éclairent le débat théorique et les fourvoiements du vocabulaire qui égarent la pensée. Les populations indiennes et africaines ont réalisé quelque chose qui rompt radicalement avec le modèle industriel destructeur, parce que dominateur, mais peut-on parler de décroissance comme quelques-uns le proposent en prenant pour référence le point de vue falsifié par la propagande impérialiste ? A moins de torturer la langue jusqu’à tout rendre abscons, pas vraiment. Prendre une manipulation du langage comme point de départ d’une réflexion critique est une curiosité juste révélatrice de la confusion ambiante, et qui ajoute à cette confusion. Pas plus que la croissance, la décroissance n’a de valeur intrinsèque. Tout dépend de quoi il s’agit.

Au contraire d’une décroissance, les communautés indiennes et africaines ont réalisé une sacrée croissance en redéveloppant ce que le développement avait fait décroître jusqu’à produire le dénuement et la mort. Mais une croissance positive, une croissance de vie qui profite à chacun et à l’ensemble. Une croissance de choses bonnes pour chaque personne, pour les populations – toutes les populations, même pour les tigres et les léopards – et pour l’ensemble de l’écosystème, donc pour toute la biosphère.

« La décroissance ? Dans quel contexte ? » sites : refractions.plusloin.org et ecolib.free.fr

On peut rapprocher les méthodes efficaces maîtrisées par les communautés du cas tout aussi remarquable de la Terra Preta do Indio, cette terre vivante à l’extraordinaire fertilité léguée par une civilisation amazonienne d’il y a deux millénaires. Même des terrains abandonnés durant des siècles n’ont rien perdu de leurs qualités. Entre une extraordinaire conservation des éléments nutritifs et la faculté de se régénérer entièrement, la Terra Preta do Indio, ce « cadeau du passé« , supplante en tous points les techniques industrielles de fertilisation et rejoint les méthodes biologiques de régénération des écosystèmes.

Ces réalisations de sociétés intégrées à leurs écosystèmes illustrent ce que l’on constate à tous les autres niveaux d’organisation du vivant : la valeur incomparable des dynamiques associatives – du faire ensemble – par rapport aux résultats calamiteux de la compétition, de la domination et de la tricherie.

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Associées à une renaissance de la compréhension des flux naturels, en particulier ceux de l’eau, ces méthodes communautaires pourraient être adaptées ou redéveloppées avec profit partout, surtout là où les écosystèmes et le climat sont très dégradés plus encore par l’exploitation impérialiste directe que par le réchauffement climatique. Par exemple :

• dans l’ensemble du bassin du Niger ravagé par les déforestations et toutes les plaies du développement,

• dans l’Atlas marocain aux forêts dévastées par le pompage dans les nappes phréatiques, l’industrie du charbon de bois, les nombreux troupeaux de chèvres et de moutons, etc. et où, bien sûr, ce sont les singes qui sont accusés du désastre,

• d’une manière générale, sur tout le pourtour méditerranéen,

• dans la Libye en quête d’eau fossile à épuiser,

• en Afrique de l’Est partagée entre inondations brutales et longues sécheresses,

• à Haïti où l’on vient de voir, en mai et en septembre 2004, les conséquences de la déforestation quand tombent des pluies abondantes,

• en Indonésie, aux Philippines, en Thaïlande, etc.

Elles pourraient être appliquées tout autant dans les provinces des pays « développés » desséchées par les mauvaises pratiques forestières et agricoles, par les puisages excessifs dans les nappes phréatiques aussi, depuis le sud-ouest des Etats-Unis à l’Australie et aux campagnes françaises de plus en plus asséchées par un productivisme sans cervelle. D’autant qu’elles permettraient de limiter les inondations automnales.

Ces exemples pourraient inspirer toute la planète en cours de réchauffement et de désertification, mais, bizarement, ils ne passionnent pas grand-monde en France. Peut-être la restauration de la démocratie directe et sa libération des énergies paraissent-elles trop dangereuses…

Alain-Claude Burgevin-Galtié

 

 

Notes :

(29) L’exemple de l’abandon des johads et des pratiques communautaires évoque la destruction des bocages gérés de manière communautaire chez nous – les bocages, c’est à dire l’association de la culture, de l’élevage et de la forêt ; ce que l’on peine aujourd’hui à réinventer en l’appelant « agroforesterie« … Ce que font les peuples des forêts, tels les amazoniens, depuis des millénaires. Outre leur très important rôle biologique, chemins creux, haies, talus, espaces boisés et marécageux conservaient également l’eau des pluies en alimentant les nappes phréatiques. Leur suppression programmée par les bureaucraties politiques au service des industriels, relayée par des « exploitants » déconnectés de leur propre campagne, a aidé à casser les relations de solidarité et permis le développement du recours aux systèmes mécaniques d’irrigation et de drainage (et aux banques) qui, ici aussi, ne cessent de créer des problèmes de plus en plus graves : dessèchement, érosion, innombrables inondations brutales (de Morlaix, au début des années 1960, à Vaison la Romaine, en passant par celle de Florence), coulées de boues, désertification… pour ne parler que de l’eau et des sols.

(30) On mesure là la très grande différence de culture avec certains de nos « exploitants agricoles » qui s’emparent du fusil sitôt qu’ils apprennent qu’un loup aurait été entr’aperçu dans la région, prétextant qu’il est responsable de tous les méfaits et, donc, qu’il n’a pas le droit de vivre sur ce qu’ils considèrent être leur propriété. Que feraient-ils s’ils étaient confrontés à des tigres et à des léopards ? ! Le vécu des populations ayant récupéré la connaissance de leur environnement, avec la maîtrise de leur conditions de vie, ne ressemble guère à la vision anthropocentrique, donc dissociée, qui est la plus commune dans les pays du divorce imposé puis consenti avec « la nature ». Un bel exemple de ce type de regard sur la vie est donné par Xavier de Planhol dans « Le paysage animal. L’homme et la grande faune : une zoogéographie historique« .

Pour une information plus objective sur l’état de la biosphère :

« La 6ème extinction » de Richard Leakey et Roger Lewin,

et le récent « Vers l’ultime extinction ? La biodiversité en danger » de Philippe Dubois.

(31) « Conservation de l’eau et réhabilitation des sols en Inde et en Afrique : potentiel et pratique » par Agarwal et Mascaretti.

(http://www.fao.org)

A propos de l’Afrique, le Burundi redécouvre l’intérêt de collecter l’eau de pluie, mais, semble-t-il, seulement à l’échelle domestique :

http://www.syfia-grands-lacs.info/index.php?view=articles&action=voir&idArticle=2384

 

La collecte des eaux de pluie lancée depuis deux ans dans le nord du Burundi facilite la vie des habitants confrontés à une pénurie d’eau croissante. Le reboisement et la construction d’impluvium sont les moyens mis en œuvre par le programme Eau potable pour tous.

Et pourquoi pas de Johads  et la réalimentation des nappes phréatiques ?

(31 bis) Evoqué dans un article publié par Le Monde en novembre 2011 :

« Un vaste programme de réhabilitation des sols lancé en Ethiopie« 

scamm.dyn.wichita.edu/Bill/LeMondeBU/20111126_QUO.pdf

Dommage que, comme si souvent, l’information soit coupée de son contexte ; que l’expérience indienne ne soit même pas évoquée ! D’autant que dans l’article annexe (« La clé, c’est la mobilisation des communautés villageoises« ), Tekaling Mamo, conseiller gouvernemental éthiopien livre une description qui correspond fidèlement à la situation et aux restaurations réalisées au Rajasthan.

Egalement :

http://www.wfp.org/disaster-risk-reduction/meret

Plus d’info :

« Quand reverdiront les villages« , Anil Agarwal et Sunita Narain, publié par le CRISLA (1, av. de la Marne, 56 000 Lorient) 1992.

« Le sol, la terre et les champs. Pour retrouver une agriculture saine« , Claude et Lydia Bourguignon, Sang de la Terre.

des sites :

www.lesjardinsdebrf.com

www.comitejeanpain.be

www.permaculturefrancophone.org

www.prommata.org …qui est le site de Promotion d’un Matériel Moderne Agricole à Traction Animale (elle assure la poursuite du travail de Jean Nolle)

Dans wikipedia.org/wiki/terra_preta il y a un très bel article en français sur la terra preta

Voir encore :

www.worldchanging.com

Autres sources d’information indiquées dans Relations pratiques et constructives (c’est sur le blog)

En complément, la note (36) de La Vie à reconstruire, chapitre Les mythes d’une escroquerie en voie de mondialisation :

Pour plus d’information :

« Silence Rivers » de Patrick Mac Cully, Zed Books, London 1996.

« Le coût de la vie » de Arundhati Roy, Gallimard Coll Arcades 1999.

« Traditions de l’eau dans le désert indien : les gouttes de lumière du Rajasthan » par Anupam Mishra, chez l’Harmattan.

Et sur internet :

Une étude sur le livre précédent : « Le Rajasthan de Anupam Mishra : désert ou culture de l’eau » (recherche Google)

freeindiamedia.com

planetebleue.info

World Rainforest Movement (WRM)

www.irha-h2o.org

l’IRHA, l’Alliance internationale pour la gestion de l’eau de pluie, est en train de recenser les techniques traditionnelles de récupération et de distribution de l’eau de pluie)