Une des grandes qualités du mouvement des Gilets Jaunes est la dénonciation du mépris révélé par les « élites » sorties des différentes sélections, même dans « l’associatif » (1). Mais comment a été opérée la sélection et pour quoi ?

 

Le mouvement des Gilets Jaunes a révélé une conscience politique que l’on n’osait espérer depuis l’extinction des mouvements critiques issus des années soixante. Elle n’avait donc pas disparu, peut-être même avait-elle grandi – la conscience de l’existence d’une caste prédatrice solidement protégée qui pèse et entrave de plus en plus, interdisant les améliorations, aggravant continûment les destructions, tout en créant sans cesse de nouvelles contraintes venant amplifier les difficultés.

 

Suffisance et mépris est la marque des politiques imposées pour installer le système inique qui fait souffrir toute la planète. Suffisance et mépris marquent aussi la plupart des fonctionnements économiques, administratifs et politiques au quotidien, très souvent, et cela s’est à l’évidence aggravé depuis le début des années 1980. Chaque personne supportant un jour ou l’autre une hiérarchie, même sans compétence, surtout sans compétence, a tout loisir d’en souffrir et de constater que son vécu, son savoir, son bon-vouloir ou sa protestation comptent pour rien.

 

A plus forte raison, chaque porteur (lanceur) d’une alerte. Ecologie locale ou planétaire, amiante et tous polluants, eau de consommation ou eau vive des têtes de bassin versant… Quel défenseur du bien commun n’a pas à souffrir du mépris vertical des édiles et des « élites » ? Voire pire. Ainsi, avec l’amiante, même à l’échelle de l’entreprise, des élus au Comité d’Entreprise – des collègues eux-mêmes exposés, mais déjà impliqués dans une hiérarchie et sous l’influence d’autres hiérarchies !- ont consciencieusement appliqué la consigne d’omerta et désinformé tout en s’en prenant à ceux qui apportaient la bonne information. Pareil avec des conseils municipaux imposant une énième destruction écologique et patrimoniale. Tout l’appareil politique est à ce point perverti que même le bas du bas des hiérarchies du système méprise souvent les règles élémentaires de la démocratie et du simple bon sens. C’est structurel, du fait de la capitalisation des pouvoirs confisqués, mais c’est d’abord culturel ; très précisément un produit de cette culture dominatrice que les mouvements d’alerte des années soixante pourfendaient.

 

Tous ces bouleversements imposés et qui se sont surtout traduits par d’autres destructions en chaîne, tous ces mensonges, toutes ces contraintes, toutes les répressions, les censures et les exclusions qui ont protégé la croissance des pertes de contrôle en tous domaines, tous ces refoulements et ces humiliations, sont autant de violence accumulée. Des dizaines d’années d’accumulation depuis le lancement de la globalisation ! Cette violence des prédateurs peut être estimée à l’aune des effondrements culturels, écologiques et sociaux qui l’ont accompagné.

 

Même si la plupart des gens n’ont jamais eu l’occasion de jeter un coup d’oeil dans les coulisses du pouvoir, suffisamment de scandales sanitaires et financiers ont affleuré et généreusement révélé la duplicité et la médiocrité de tant et tant de « responsables« , et leur complète impunité dans le cadre d’un système parfaitement verrouillé.

 

Un seul exemple tout chaud : après l’annulation des mises en examen de plusieurs « responsables » de haut niveau impliqués dans l’affaire de l’amiante par la Cour d’Appel de Paris en septembre 2017, la Cour de cassation vient justement de rejeter les pourvois des victimes des pollutions de Jussieu et de Dunkerque. Or, la plupart des inculpés ont été membres du CPA, le lobby de l’amiante qui a imposé une omerta d’une quinzaine d’années pour retarder l’interdiction (2).

 

Même étouffées, ces différentes expériences ont amplement révélé que tout le système qui contrôle et organise ces affaires, depuis le plus bas du plus bas, est pollué par la même complicité et la même mentalité. Comme soudé.

 

On devine sans peine que le système d’exploitation extrême qui détruit les sociétés et ruine la biosphère n’est pas inspiré par une pensée positive et qu’il ne s’est pas installé par hasard. Il a fallu un effort prodigieux, habilement construit, inscrit dans la longue durée, pour réussir à bouleverser chaque vie et toute la biosphère. Il a surtout fallu que cet effort soit parfaitement dissimulé sous des faux-semblants séduisants pour entretenir le doute et ne pas provoquer un rejet brutal.

 

Pour bien comprendre, il faut remonter dans le temps plus loin qu’il est généralement proposé : jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. A peine le temps d’une vie. C’est alors qu’a été lancée la grande offensive visant à installer un système de prédation extrême – l’ultra-capitalisme – sur toute la planète. Pour réussir cette véritable révolution culturelle et structurelle, les stratèges de la conquête ont tout d’abord entrepris d’affaiblir et, même, de supprimer toute résistance. Résistance structurelle de l’organisation économique et sociale, résistance culturelle des traditions et des règles de bonne vie, résistance des résistances à l’exploitation. Toutes les interrelations étrangères à la polarisation capitaliste ont été polluées voire détruites, donc l’empathie, la convivialité et tout ce qui soude la communauté. Une politique systématique de la terre brûlée pour une transformation irréversible.

 

L’offensive a été très précoce, une offensive aussi massive que subreptice. Elle avait été très finement préparée avec l’aide de militants communistes retournés à la faveur des luttes fratricides entre ex-bolcheviques. C’est pourquoi les trotskystes historiques ont été nombreux dans les cercles organisateurs de la guerre froide. Plusieurs ont marqué l’histoire du néo-conservatisme, partie la plus totalitaire et offensive du capitalisme (3).

 

Entre noyautage et stratégie du Cheval de Troie, tous les milieux d’opposition ou simplement critique, tous sans exception, ont être mis sous contrôle – coiffés – et travaillé en profondeur. Des agents fortement soutenus par des staffs discrets (4), complétés par des jeunes arrivistes sélectionnés dès l’université et quelquefois le lycée, ont été infiltrés dans les syndicats et toutes les structures de la gauche. Le dispositif de prise de contrôle des organisations existantes commençait à être complété par la création de structures avenantes, mais seulement destinées à piéger les plus critiques et les plus remuants, en affaiblissant la culture critique (FO, Club Jean Moulin, Club Citoyens 60, et déjà « la deuxième gauche« …). En quelques années, tout a été colonisé. Les anciens des luttes sociales et de la résistance, fidèles à l’histoire et connaisseurs des roueries des exploiteurs, ont été poussés dehors ou exclus. La conscience de la lutte des classes a été supplantée par « la troisième voie » de l’accommodement avec le capitalisme.

 

En France, à la moitié des années soixante, tout sera fini. Excepté le Parti Communiste bloqué au stade du bolchevisme, il ne restera qu’une fausse gauche acquise à la transformation capitaliste.

 

Mais entre-temps s’était levée une nouvelle résistance, et quelle résistance ! Sous l’indescriptible violence des dérégulations imposées par le capitalisme en guerre de conquête (planifiées en France dès l’automne 1958 avec la création de la Vème république), sous le choc de ses premières destructions, et devant ses projets plus désastreux encore, une prise de conscience critique avait enflé et s’était étendue, tout en stimulant les luttes classiques contre les inégalités – toutes les inégalités. Provos, hippies, féministes, anti-racistes, pacifistes, peuples autochtones, écologistes, homosexuels, régionalistes… c’est le soulèvement mondial de protestation, d’alerte et de propositions alternatives qui a été appelé la nouvelle gauche.

 

la Semaine de la Terre – Paris 1971

 

Bien entendu, au milieu des années 1960, dans les états-majors du capitalisme, c’est l’alarme et la mobilisation. Le communisme n’était donc pas le seul obstacle ! Un contre-feu est développé à partir des réseaux de la guerre froide, une réaction massive qui prolonge la double stratégie qui avait si bien réussi à noyauter et vider de toute substance les oppositions traditionnelles. Objectif : affaiblir la société en faussant les repères et en désagrégeant les relations de bonne intelligence et de confiance. Semer une confusion si grande que nul ne sache à qui se fier et puisse comprendre l’enjeu derrière le prétexte de la résistance au totalitarisme (!) et le tourbillon des impostures. C’est bien d’une vaste entreprise de déculturation qu’il s’agit (5).

 

Tous les courants de la nouvelle gauche, jusqu’au plus petit groupe, seront approchés, infiltrés, invités à rejoindre des mirages de contestation spécialement créés pour piéger les nouveaux révoltés. Partis, cercles de réflexion, journaux, les réseaux de la fausse gauche allaient être entièrement mobilisés.

 

Comme souvent, la stratégie décisive sera la plus perfide.

 

Dans la suite logique de l’engagement des renégats du bolchevisme dans la machine de guerre capitaliste, et remarquablement sous la houlette des néos-cons, les nouveaux gauchistes sont détournés dans le combat contre la nouvelle gauche (mais ont-ils été vraiment détournés ?). Aussi tartuffes les uns que les autres, les anciens et les nouveaux ont joué un rôle clé dans le succès du néo-capitalisme.

 

Se proclamant hautement comme seuls révolutionnaires, ou se glissant masqués aux côtés de ceux dont ils voulaient la perte, les gauchistes réussiront à semer et à entretenir une totale confusion dans les rangs des différents courants alternatifs. Facile, la culture d’ouverture et de convivialité de la nouvelle gauche exposait à tous les entrismes. La stratégie était redoutable puisque seule l’analyse de l’expérience des embuscades inattendues et des combats perdus peut la déjouer. Trop tard, évidemment.

« Le soutien des groupes de gauche n’avait pas pour but leur destruction ni même leur contrôle, mais plutôt le maintien d’une discrète proximité afin de contrôler la pensée de tels groupes, de leur fournir une soupape de sécurité et, in extremis, d’exercer un veto final sur leur publicité et peut-être leurs actions, si jamais ils devenaient trop radicaux« , Frances Stonor Saunders (« Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle« , page 109) à propos de la fonction de la Division des actions internationales (IOD) créée, au sein de la CIA, par Tom Braden en 1950.

 

Comme toujours, les militants de base et les sympathisants attirés par l’imagerie révolutionnaire n’y comprendront pas grand-chose. Mais l’armée mexicaine des petits « chefs gauchistes » sera pleinement consciente du sabotage social et politique dans lequel elle s’engagera joyeusement. Leur disponibilité permanente disait leurs fonctions d’agents professionnels. Ils n’avaient donc pas besoin de travailler à plein temps. Ou le travail alimentaire qui leur était attribué était facile et « bien payé » *. Se loger ne leur posait pas davantage de problème. Si les parents étaient distraits, le réseau pourvoyait : alors que je cherchais depuis longtemps un logement modeste, j’ai été témoin de l’attribution d’un très grand appartement (>150m2), pour un loyer symbolique, à un « chef maoïste« . C’était en 1975.

* L’extraordinaire page 64 de : Les jours d’après, JCLattès 1980.

 

Les agressions lancées contre les écologistes et la falsification systématique des représentations l’ont démontré (6).

 

Outrecuidants, baignés de culture élitiste, souvent issus de familles du capitalisme, les gauchistes tromperont longtemps même leurs amis (7).

L’écologiste Pierre Fournier sera l’un des rares à prendre conscience très tôt de leur duplicité et de leur nuisibilité :

« Ta joie de vivre ils te la feront rentrer dans la gueule. Ya peut-être plus de contagion possible. On a coupé toutes leurs racines, la volonté de vivre ne passe plus. Ya plus que la destruction, l’auto-destruction qui les fascinent. On perd son temps à leur expliquer qu’ils vont crever, s’en foutent pas mal de crever, au contraire, ils rêvent que de ça, ils veulent que ça (…) Tuer, être tué, ya plus que ça qui peut les faire jouir. Sadisme et masochisme. Tas d’impuissants » (« Concierges de tous les pays, unissez-vous« , Charlie Hebdo n° 28, 31 mai 1971). Mais Fournier ne pourra continuer l’analyse et découvrir l’origine de leur comportement. Il mourra précocement au début de l’année 1973.

 

Sur le terrain, dissimulés derrière une attitude se voulant révolutionnaire, les gauchistes formaient les premiers rangs de la réaction. Ils étaient souvent dépêchés par des familles du capitalisme le plus âpre. Tous ceux auxquels nous avons eu affaire étaient cornaqués par des « collèges invisibles » organisés par les services opérationnels du capitalisme (tels Diogène, Ecoropa, les réseaux européanistes à l’origine de l’Europe du Capital, etc.). Tous étaient marqués par une culture matérialiste, élitiste, dominatrice. Ils étaient chargés de saboter le mouvement qui voulait promouvoir les évolutions nécessaires pour sauver le vivant de la ruine. Ils ont parfaitement rempli leur rôle.

 

Après ? Après la phase du sabotage des mouvements sociaux, la fausse gauche, les gauchistes et les agents d’influence ont intégré les « représentations démocratiques » et les institutions, bientôt rejoints par les clones sortis des écoles du capitalisme. Et, bien entendu, tous se sont employés à parachever l’effacement de la culture du bien commun en ne cessant de censurer et d’éliminer chaque résistant.

 

A tous les niveaux depuis, y compris dans « l’associatif« , nous sommes encombrés de représentants, d’intermédiaires et de responsables dont le seul acte glorieux a été le sabotage des alertes et des solutions. Non seulement, cette croûte hiérarchique n’assume évidemment pas l’essentiel des fonctions qu’elle a trustées, mais elle appuie généralement de toutes ses forces les intérêts contraires au bien commun. Culturellement et structurellement conditionnés à la prédation, insensibles aux conséquences des détournements et de la marchandisation, ceux qui sont aux affaires ne peuvent changer. Alors que tous les signaux sont au rouge clignotant, et depuis longtemps, ils le démontrent chaque jour en multipliant les discours et les effets d’annonce sans traduction pratique positive. Même partiellement conscients, ils restent impuissants et surtout préoccupés de dissimuler les infamies auxquelles ils ont participé. C’est pourquoi, de destructions locales profitables (8) en politiques de déstructuration globale (9), nous en sommes arrivés à espérer seulement survivre.

 

Pour déduire comment limiter les dégâts et reconstruire, il faudrait d’abord découvrir l’ampleur de la falsification ; précisément comment la représentation est faussée avant même que l’on parle de représentation, dès l’amorce des délégations de pouvoir. Il reste donc beaucoup à faire !

 

Alain-Claude Galtié

novembre décembre 2018

 

 

(1) Une autre qualité remarquable du mouvement des Gilets Jaunes a été de mettre en lumière la désorganisation de la vie de la plupart sous les politiques économiques, sous l’industrie agricole tenue par les monopoles et la finance, sous les délocalisations et les externalisations, sous les plans « urbanistiques« , sous la grande distribution productrice de déserts dans les campagnes et dans les villes, et sous le démantèlement des transports publics. Une désorganisation organisée, voulue, pensée à chaque étape, pour désolidariser, rendre toujours plus dépendant, assujettir, contraindre aux consommations passives et onéreuses, etc.

A un rond-point près de Châteauroux, Véronique évoque la qualité des relations tissées dans la nouvelle résistance :

« On retrouvé quelque chose que l’on a perdu en France !« .

Cette seule petite phrase parle de la violence infligée depuis quelques dizaines d’années.

France Inter, journal de 19H du 18 déc. 18 : https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-19h/le-journal-de-19h-18-decembre-2018

 

 

(2) https://www.actu-environnement.com/ae/news/Cour-cassation-refuse-grand-proces-penal-amiante-32573.php4

Le CPA regroupait presque tout le petit monde officiel français : institutions (même la Sécurité Sociale), syndicats (sauf FO), journalistes, et entrepreneurs spéculant sur la vie. Il a entretenu une omerta de 15 ans. Les décisions de l’institution judiciaire semblent indiquer qu’un CPA existe encore.

Sur le CPA, une commission d’enquête du Sénat a été parfaitement claire : Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir (rapport)

https://www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-122.html

 

Jussieu-Paris: déclencheur de l’alerte amiante

https://www.ban-asbestos-france.com/images/caova8.pdf

 

 

(3) par exemple, James Burnham (l’un des stratèges de la CIA), Jacob Liebstein alias Jay Lovestone (agent d’influence dans le syndicalisme), Le fameux Irving Brown (syndicaliste agent de la CIA en mission permanente en France et en Europe Occidentale), Irving Kristol (éditeur propagandiste du néo-conservatisme, l’un des pires ennemis de la prise de conscience écologiste, avec Norman Podhoretz), Sidney Hook (conseiller de la globalisation capitaliste), Lionel Trilling (encore un néo-con en guerre contre la nouvelle gauche), Melvin Lasky (journaliste au service de la CIA), Michael Josselson…

 

(4) Tel Irving Brown, l’agent principalement affecté aux basses œuvres pour contrôler le syndicalisme. Mais, pour un de connu, combien d’ignorés encore ? Combien d’autres Irving Brown pour l’écologisme, le féminisme, les protecteurs du patrimoine… pour toute la nouvelle gauche, et pour les gauchistes aussi ? Par exemple :

1974 12 – Une alerte d’Aline et Raymond Bayard contre l’un des saboteurs de l’écologisme

 

 

(5) Dès 1966, après avoir refusé les avances du Congress for Cultural Freedom de Denis de Rougemont, Conor Cruise O’Brien accusait la majeure partie des intellectuels occidentaux d’être au service de la structure de pouvoir. Mais combien avaient tout compris ? Combien n’avaient vu que l’étendard de « la liberté » dressé contre les totalitarismes casqués ? Même Theodor Adorno et Max Horkheimer, critiques aigus de la culture anti-nature et du capitalisme, sont tombés dedans !

https://en.wikipedia.org/wiki/Conor_Cruise_O%27Brien

 

 

(6) Comment le capitalisme a effacé la nouvelle gauche, en France et partout ailleurs, et condamné l’avenir

La mise à mort programmée des mouvements de la critique et de la proposition, sources de toute évolution, est l’un des faits politiques majeurs de l’époque. Probablement le plus important, car cette déstructuration des esprits et de la société s’est évidemment traduite par une stérilisation globale (des relations, du patrimoine, des écosystèmes…). Cela a autorisé tous les relâchements, tous les excès, toutes les dérives, en tous domaines. Aucun des effondrements aujourd’hui constatés n’y est étranger .

http://planetaryecology.com/23-juin-1972-guet-apens-au-pre-aux-clercs/

 

 

(7) Guy Hocquenghem : Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col mao au Rotary

Ce livre, qui a plus de 15 ans, ne porte guère de ride. Hocquenghem nous parle déjà de Bruckner, de July, de Kouchner, de BHL, de Cohn-Bendit. Déjà, il nous en dit l’essentiel. Eux sont toujours là, plus bavards encore qu’ils l’étaient alors. Même Brice Lalonde n’est pas mort. Après avoir soutenu la candidature d’Alain Madelin à l’Élysée, il expédie à présent au Figaro – qui, sans doute par pitié pour lui, les publie – des brouillons d’articles à la gloire des guerres de George W. Bush contre le nouvel « axe du Mal » (…).

extrait de la préface de Serge Halimi en 2003

http://atheles.org/agone/page/gazette/3.html

http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/mp3/Hocquenghem.mp3

 

 

(8) Eau, têtes de bassin versant, patrimoine, etc., 50 ans d’une destruction exemplaire du bien commun

Comment en sommes-nous arrivés à la pollution de toutes les eaux et de tous les sols, à l’effondrement des populations d’insectes, d’oiseaux et de mammifères, à la dérive climatique, à l’eau rare et chère… bref à la dégradation généralisée que chacun peut maintenant constater ?

Pour bien le comprendre, se pencher sur les dérives locales, même à petite échelle, est tout aussi édifiant que l’étude des dérives planétaires.

http://planetaryecology.com/50-ans-de-destructions/

 

 

(9) agriculture productiviste, dérégulation économique et écologique, externalisations et délocalisations, grande distribution et spéculation sur « les prix bas«  à la production, gaspillages énergétiques et choix des filières de production, pillage des biens communs partout…

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