Dans certains écrits sur le mouvement écologiste, Denis de Rougemont est de plus en plus évoqué pour son rôle important. En effet, il a joué un grand rôle et son parcours est très éclairant…

Raymond Aron, sa compagne Suzanne, Michael Josselson, Denis de Rougemont

Trois maîtres de la propagande néo-libérale, trois grands manoeuvriers de la mondialisation de l’ultra-capitalisme. N’est-ce pas émouvant : le Congrès pour la Liberté de la Culture, la Fondation Rockefeller, et la maison mère : la CIA et l’oligarchie capitaliste mondiale, ensemble ?

 

Denis de Rougemont (1906-1985)

C’est l’un des personnages les plus influents de la grande mystification, l’opération transnationale de manipulation et de propagande commencée au lendemain de la dernière guerre mondiale. Suivre sa trace permet de découvrir la trame de toute l’histoire.

Dès le début des années 1940, Denis de Rougemont a été adoubé par les frères Dulles. Descendants d’une famille de la grande bourgeoisie étatsunienne, John Foster fut secrétaire d’Etat de Eisenhower de 1953 à 1959, et Allen fit carrière à l’OSS – les services de renseignement avant la CIA – puis à la CIA dont il devint l’un premiers directeurs).

Sous la direction de ces personnages, Rougemont est devenu un acteur important des organisations européanistes (Mouvement Européen, Centre Européen de la Culture, Ecological Action for Europe …) sous contrôle de l’oligarchie capitaliste, tel l’American Commitee for United Europe (ACUE) ; car, à l’origine de l’Europe du capitalisme globalisé, il y a les projets géopolitiques des USA, toujours dans le cadre de la conquête capitaliste mondiale, bien sûr. C’est l’origine du « manque de démocratie » et de la quasi inexistence d’une Europe sociale et politique.

Entre beaucoup d’autres fonctions et missions, Rougemont a été le premier président du Congrès pour la Liberté de la Culture de 1952 à 1966.

En complément de ces activités propagandistes de haut vol, il était à l’origine de deux « collèges invisibles de l’écologisme » (Jacques Grinevald). A elle seule, l’expression « collège invisible » est révélatrice de l’état d’esprit et des références de ces gens. Depuis longtemps habituelle des sociétés secrètes élitistes, elle a été reprise par les réseaux de la Guerre Froide. Et, en effet, les « collèges invisibles de l’écologisme » Diogène et Ecoropa étaient composés de personnages très impliqués dans celle-ci mêlés à des militants de la protection de la nature choisis pour leur naïveté, leur docilité ou leur arrivisme :

Diogène 1970-73 (où l’on trouvait Antoine Waechter, Solange Fernex, Jacques Delors, Roland de Miller, Philippe Lebreton, Robert Hainard, Jean Carlier…)

Ecoropa 1975-199… (Ecological Action for Europe), une autre organisation européaniste baptisée « Club européen des têtes pensantes de l’écologie » avec un remarquable sens de l’humour par Roland de Miller. On y découvre à peu près les mêmes, plus Edouard Kressmann, Alain Hervé, Edward Goldsmith, Jacques Grinevald, Jacques Ellul, Armand Petitjean, Brice Lalonde, Pierre et Laurent Samuel, Jean-Marie Domenach, René Dumont, Jean-Marie Pelt, Bernard Charbonneau…

Un cocktail assez étonnant, entre spiritualisme naturaliste et néo-conservatisme, assemblé par l’attachement au modèle capitaliste ; en particulier à la hiérarchie de pouvoir, à l’élitisme bourgeois et à l’intrigue. Tous définitivement unis contre la nouvelle gauche écologiste qui menaçait cet ordre.

Démonstration de l’efficacité de la propagande et de la censure, excepté l’encombrant Jacques Delors, plusieurs de ces bons serviteurs des réseaux qui ont mis à mort le mouvement social – la nouvelle gauche écologiste, comme nous disions – passent depuis pour de remarquables écologistes ! Est-ce pour échapper à une prise de conscience dérangeante, est-ce parce qu’ils ont été si bien manipulés qu’ils n’ont jamais compris le sens de la farce, certains en sont venus à le croire. Ainsi, à la veille de sa mort, vingt ans après avoir cautionné la violence perfide exercée contre un mouvement social pacifiste par la puissance capitaliste, un Jacques Ellul n’aura pas peur d’affirmer :

« Par conviction spirituelle, je ne suis pas seulement non violent mais je suis pour la non-puissance. Ce n’est sûrement pas une technique efficace. (…) Mais c’est ici qu’intervient pour moi la foi. (…) On ne peut pas créer une société juste avec des moyens injustes. On ne peut pas créer une société libre avec des moyens d’esclaves. C’est pour moi le centre de ma pensée« .

Plusieurs des premiers acteurs de l’écologisme sacrifié pour faire place à la réhabilitation de la domination et de « la croissance marchande » (Rocard 1974) ont beaucoup apprécié le rejet dégoûté « des moyens injustes« . C’est, en effet une question de foi : il suffit d’y croire !

Ces officines s’inscrivaient clairement dans le cadre de la « campagne de propagande et de pénétration » à laquelle a pris part le Congrès pour la Liberté de la Culture de Denis de Rougemont (« Désamorcer (…) infiltrer (…) extirper les éléments douteux (…) favoriser l’ascension des leaders convenant à Washington » *. Elles personnalisent la réaction anti-écologiste alternative au tout-capitalisme qui allait constituer les formations environnementalistes électoralistes intégrées au nouvel ordre mondial.

* « Désamorcer les mouvements politiques de gauche et susciter l’acceptation d’un socialisme modéré (…) infiltrer les syndicats européens (…) extirper les éléments douteux (…) favoriser l’ascension des leaders convenant à Washington« . Tels sont les objectifs définis pour la « campagne de propagande et de pénétration » lancée à la fin des années quarante (Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, par Frances Stonor Saunders, Denoël 2003, page 334).

Bien que j’ai fréquenté plusieurs des participants à Diogène et à Ecoropa, je n’ai découvert cette histoire que dans les années 2000. « Collèges invisibles« , en effet ! A elle seule, la duplicité dit beaucoup sur le sens de leur action.

Sous la plume d’auteurs prétendant décrire l’histoire du mouvement social, Rougemont passe maintenant pour un acteur de premier plan du « développement du mouvement écologiste« . Un éloge original pour l’un de ceux qui n’ont approché les écologistes que pour mieux les éliminer ! L’avantage de cette bien imprudente évocation est de permettre d’apprécier l’ensemble de ces écrits à leur juste valeur.

Un mot sur Jacques Delors

C’est un bon exemple d’entriste ayant beaucoup travaillé au naufrage de la nouvelle gauche écologiste suivant les recommandations des agences de la guerre psychologique. Membre de ces « collèges invisibles » tirant les ficelles dans le dos des acteurs du mouvement social, il avait même réussi à se glisser jusqu’à l’un d’eux pour capter des informations et tenter de l’abuser.

Le personnalisme détourné contre l’écologisme

Des auteurs nouveaux parlent de Denis de Rougemont comme d’un acteur de l’écologisme en s’appesantissant sur le passé personnaliste de celui-ci, comme si ceci pouvait expliquer cela. Curieusement, Ils oublient toujours sa remarquable carrière dans la machine de guerre du capitalisme en conquête mondiale.

Rappelons donc que Denis de Rougemont a été étroitement mêlé…

  • – au Congrès pour la liberté de la culture (président de 1952 à 1966),

  • – au Mouvement européen et au Centre Européen pour la Culture (fondateur et membre influent) qui étaient des structures évoluant dans la nébuleuse des groupes créés par la CIA,

  • – à la Fondation Rockefeller qui l’avait pris sous son aile,

etc.

Comme chacun sait ou le devine, rien que des associations d’essence alternative !

Les thuriféraires de Denis de Rougemont ne veulent retenir que son engagement de jeunesse dans le personnalisme. Et d’en déduire que le personnalisme aurait inspiré l’écologisme, et autres choses tout aussi étonnantes… Avant même d’en discuter, observons que c’est faire bon marché des alertes, des travaux, des connaissances qui ont, de très loin, précédé le personnalisme des années trente et influencé les vocations écologistes à l’origine du mouvement. Le personnalisme ? Parce que des personnages s’en réclamant ont approché les écologistes, ou leur ont emprunté quelques tournures ? Et pourquoi pas le PSU rocardien de la « troisième voie » et de la « deuxième gauche« , les trotskystes de LO ou de la Ligue Communiste Révolutionnaire, les maoïstes de la Gauche Prolétarienne qui tous ont aussi participé d’une curieuse façon à l’histoire de l’écologisme ? Aux chercheurs en histoire contemporaine, je suggère de regarder du côté d’une catégorie oubliée : les personnes qui sont à l’origine du mouvement écologiste.

Le personnalisme ? Nous ne connaissions même pas son existence.

Mais qu’est-ce que le personnalisme ?

Emmanuel Mounier est généralement présenté comme le principal inspirateur de ce courant. Première observation qui cadre mal avec une prétendue paternité du mouvement écologiste : le personnalisme est très anthropocentré. Comme l’indique son nom, il mesure tout à l’aune de la personne humaine.

Tenter d’intégrer le mouvement social et politique inspiré par la compréhension du vivant, tout le vivant, à une réflexion axée sur la personne humaine, même s’il s’agit de réagir aux débordements catastrophiques de l’individualisme, est plutôt original. C’est un peu court pour ouvrir à l’écologie de la biosphère !

Emmanuel Mounier est aussi le fondateur de la revue Esprit. Revue personnaliste, s’il en est. Esprit… un nom qui renseigne sur la nature et l’orientation de la pensée de Mounier. Car, pour lui et beaucoup d’autres personnalistes, l’ouverture sur la réalité passe par une spiritualité tout à fait classique : la personne, sa conscience et son engagement dans le monde, étant conditionnés par « la dimension verticale » de « la transcendance d’une relation à Dieu » (Jean Lacroix).

Mounier et la plupart des personnalistes voyaient dans « la dimension spirituelle » (Jacques Maritain) le moyen de réunir les hommes pour agir dans le sens du bien commun. Ceux qui ont stimulé l’essor du mouvement écologiste, de celui qui se reconnaissait comme partie de la nouvelle gauche alternative des années soixante et soixante-dix, partageaient aussi cet objectif. Mais ils n’avaient aucun besoin d’imaginer des constructions éthérées pour nourrir la conscience et l’engagement tout en reliant la personne au monde. C’est l’étude de l’écologie de la biosphère qui les aidait à s’ouvrir toujours plus. Non pas une étude mécaniste réduisant tout en formules et en quantités depuis un point de vue supposé extérieur ; plutôt une ouverture de l’intelligence sensible et une immersion dans le vivant. Un émerveillement plutôt qu’une dissection. La voie de la transcendance, ils la trouvaient tout naturellement dans l’ouverture aux autres, à la diversité des vivants, à la biosphère. Comme beaucoup d’anciens, les écologistes trouvaient le chemin de l’intégration de la personne dans l’univers en restant sur la Terre et en y enfonçant leurs pieds nus, en se mettant à l’écoute et en sentant battre tous les cœurs. Ils étaient tout naturellement dans une démarche empathique qui leur permettait de ressentir les dynamiques du vivant – dynamiques associatives, holistiques, symbiotiques… Ils s’en inspiraient et se laissaient guider par l’accord entre chaque être et la biosphère pour trouver les chemins du bien commun.

On peut y voir des correspondances avec la démarche spirituelle : écoute, ouverture, recherche et travail sur soi, approfondissement continu, etc. Mais, là, l’objet principal n’est pas une abstraction sortie de l’imagination, c’est la réalité. Curieusement, à partir du moment où Arne Naess parlera d’écologie profonde (ce serait un pléonasme s’il n’y avait eu les détournements), des spiritualistes et quelques personnalistes se déchaîneront contre cette ouverture au vivant et le développement de l’intelligence sensible.

L’accord entre chaque être et l’ensemble constitué par tous, entre l’Unique et le Tout… c’est exactement là-dessus que tous les autres achoppaient car, surtout en France, le conditionnement mécaniste cartésien leur interdisait d’ouvrir leur intelligence sensible et d’accéder à une compréhension holistique du vivant. D’autant que, sous toutes ses formes, le capitalisme est évidemment allergique à cela et à toute remise en cause des hiérarchies de pouvoir – à commencer par l’anthropocentrisme, même spiritualisé.

Accessoirement, grâce à cette ouverture à la vie et à la connaissance des dynamiques interrelationnelles constructrices de toute chose, les écologistes avaient retrouvé la voie de la démocratie tout en accédant à une meilleure compréhension de la nuisibilité du capitalisme.

Point besoin, donc, de dominations spirituelles ou hiérarchiques laborieusement construites dans les macérations ou les turpitudes des luttes de pouvoir. Point besoin de délires totalitaires. Point besoin de magies célestes. Point besoin de fantasmes compensateurs ou valorisants. L’ennui, c’est que des trotskystes aux spiritualistes, des planificateurs aux protecteurs… ils n’imaginaient pas un seul instant se passer de leurs ritualisations bureaucratiques ou cultuelles – et des plaisirs d’enfants pervers qu’ils en retirent. Là, là est sans doute la principale cause de l’aversion chronique éprouvée par les conditionnés à tel ou tel système mécaniste, capitaliste ou/et élitiste, envers les écologistes.

Cette relation directe, intime avec « la nature«  n’était donc pas en cour chez les personnalistes. Somme toute très influencé par la culture anti-nature, Emmanuel Mounier a même accusé « l’instinct » de dévier les meilleurs élans vers l’égocentrisme, l’individualisme et la dissociation sociale (« Révolution personnaliste et communautaire », chapitre « Réhabilitation de la communauté »). Le vocabulaire et le rejet de ce qui vient de « la nature«  trahissent l’esprit de possession et de domination hérité du judéo-christianisme. Aux personnalistes, il fallait le truchement d’un esprit étranger au vivant, un esprit venu d’ailleurs, pour exprimer leurs motivations – le simple élan de la vie et les aspirations qu’il nous souffle. Certains en ont même fait une théologie. C’est un bien mauvais départ pour des gens qui auraient inspiré l’écologisme !

Leur répugnance vis à vis de la « nature » en nous, et leurs croyances, ne sont pas sans rappeler celles d’un Jacques Julliard en appelant à l’anthropocentrisme, au mystère de l’incarnation et au commandement divin de domination de « la nature« , pour condamner l’ouverture et la compréhension de la biosphère (« Non à la déesse Nature ! », Le Nouvel Observateur du 3 décembre 2009). Or, Jacques Julliard a été si proche des personnalistes qu’il est devenu un collaborateur de la revue Esprit dès 1954 (mais remarquons déjà que c’est après la disparition d’Emmanuel Mounier, mort précocement en 1950).

Cette répugnance et la dépendance vis à vis d’une entité supérieure – cette fois un leader, un système totalitaire, on les a retrouvé aussi, toujours déchaînés contre les écologistes, chez les gauchistes, en particulier les maoïstes. Or, des « chefs maos » (sic) n’avaient pas seulement besoin d’un « Grand Timonier« , mais aussi du « pasteur divin » – comme les personnalistes.

Tenter d’intégrer l’écologisme au personnalisme, c’est vouloir réduire le mouvement et sa pensée. Mais, précisément, s’efforcer de rétrécir l’ouverture sur la biosphère à l’échelle du nombril anthropocentrique, même éclairé par les richesses spirituelles (Maritain), et de la ramener dans le giron d’une pensée qui ne s’évade pas vers des remises en cause fondamentales, est peut-être la motivation principale.

N’en déplaise aux inventeurs de la paternité personnaliste de l’écologisme, dans les débats et dans les actes, les successeurs d’Emmanuel Mounier n’ont guère été en sympathie avec les écologistes alternatifs. Plus subtils que leurs autres ennemis, ils semblent n’avoir approché les écologistes que pour mieux leur planter la hallebarde dans le dos.

J’ai, très tôt et bien malheureusement, connu plusieurs personnalistes, directement ou par les effets de leur action. « Malheureusement«  pour le mouvement écologiste, le bien commun et le devenir de la biosphère. Tous étaient en relation étroite et tous le dissimulaient soigneusement. Déjà, une attitude pour le moins curieuse de la part de gens prétendument ouverts ! Mais c’est qu’en effet, il y avait des choses à dissimuler.

Tous ces « personnalistes«  tardifs ont agi contre la nouvelle gauche alternative et sa philosophie politique. Les différences culturelles déjà très marquées du temps d’Emmanuel Mounier n’expliquent pas un tel acharnement. C’est sous la houlette du fameux Denis de Rougemont que la métamorphose a été opérée. Toujours, partout dans la coulisse, il y avait ce personnage – ou, doit-on dire : ce joueur de flûte ? Alors, comme les personnalistes qu’il a égarés, c’est en effet un homme qui a beaucoup compté dans l’écologisme… Mais comme un grand organisateur de son émasculation et de l’avilissement de son image en un courant réformiste au sein du système impérialiste.

Interrogés, confrontés à une réalité historique très éloignée de celle de leurs descriptions, les auteurs des odes personnalistes et écologistes à Denis de Rougemont n’ont pas voulu s’expliquer. Mieux, ils poursuivent leur travail de désinformation comme si de rien n’était.

Pourtant, il est probable que l’action de Denis de Rougemont n’aurait pas recueilli l’approbation de l’Emmanuel Mounier de « Communisme, anarchie et personnalisme » (1937). Emmanuel Mounier y rappelle les conditions très spéciales de la constitution de la première Internationale :

« Marx et Engels sont dans les coulisses. (…) Doctrinaires, leur passion ne va pas directement aux hommes et à leur misère, elle traverse leur système et souvent s’y attarde. Tout idéologue (en ce sens) est un autoritaire. « Nous avons la science absolue de l’histoire. Nous forcerons donc les hommes bon gré mal gré dans l’histoire telle que nous la concevons. » Et ils ont la conscience tranquille, puisque, dans leur système, c’est l’histoire qui force les hommes et non pas leur propre fantaisie. L’absolutisme, enfin, entraîne infailliblement l’appareil policier ; intrigues, truquages de textes, agents secrets, infiltrations, mouchardages, les tactiques de Congrès sont déjà au point.« 

Les tactiques de Congrès… L’histoire bégaie (expression attribuée à Karl Marx) ! Emmanuel Mounier précocement disparu en 1950 n’a pu observer les activités du Président Rougemont du Congrès pour la liberté de la Culture, le créateur de plusieurs officines anti-alternatives aussi élitistes que dissimulées. Mais il les aurait apprécié en connaisseur, et les aurait sûrement dénoncées, comme il l’a fait avec les manipulations des prédécesseurs en détournement de l’histoire.

Les marieurs tardifs pourraient, quand même, trouver mieux ! Carson, Lévi-Strauss, Marcuse, Thoreau, Kropotkine, Darwin, des peintres, des troubadours, des philosophes amérindiens, des révoltés de partout, des ouvriers, des paysans, des sensibles et des curieux… Vu les heures de vol de Denis de Rougemont au service de la mondialisation capitaliste, cette énormité démontre à elle seule la manipulation d’hier et d’aujourd’hui. Ceux qui affirment que Rougemont était à nos côtés ne cherchent qu’à gommer l’indignation générale, le mouvement social, la culture contraire à l’impérialisme, et, plus profondément, à en dissimuler la source première – notre nature dans la nature, pour mieux la refouler.

Quarante ans après les manipulations auxquelles Rougemont a pris une part très active et malgré les ruines écologiques et sociales qui s’accumulent, la falsification de l’histoire du mouvement social montre que la récupération et le détournement des émergences alternatives n’a en rien faibli.

ACG 2013

Autre démonstration de l’effort révisionniste qui se poursuit :

La légende André Gorz

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