…du mouvement écologiste, pas des partis de « l’écologie politique« . Juste le contraire.

 

Comme Hervé le Nestour, son compagnon de recherche et d’action de longtemps, c’est à l’occasion de la Semaine de la Terre, la première manifestation publique de la nouvelle gauche écologiste française, que j’ai fait la connaissance de Jean Detton. Entre beaucoup d’autres engagements, il était animateur de la Société Internationale de Cybernétique et acteur de Survivre et Vivre créé par Alexandre Grothendieck.

« Jean Detton est sans doute le personnage le plus connu de tous les milieux scientifiques français non trop officiels : et quand ils sont à l’extrême pointe de la recherche, en tous domaines. Car la cybernétique, science-synthèse, concerne à la fois les agronomes et les astro-physiciens, les économistes et les grammairiens, les psychanalystes et les mathématiciens, les spécialistes de la physique nucléaire ou ceux de l’histoire des religions, etc… Comme en outre elle porte un sentiment très bio-social des rapports humains, son plus actif représentant en France est un homme qui semble avoir le don de multi-location ; on le rencontre un peu partout où est en train de s’inventer quelque chose d’important pour notre avenir, du point de vue scientifique, ou technique.« 
Extrait d’un texte paru dans Sexpol n°31, de juin 1979.
http://www.magick-instinct.org/Reymondon/sexpol31.html

 

 

« Jean DETTON était à lui tout seul « INTERNET avant INTERNET », la « boîte aux lettres et aux idées» de la France et de l’Europe. Jean DETTON était partout. Il ne se passait pas un seul événement culturel en France sans que Jean ne le sache, n’y soit et qu’il ne cherche à mettre en contact- dans une relation de rencontre en réseaux- les hommes et les femmes susceptibles d’être enrichis par l’éclosion d’une voie nouvelle, d’un carrefour d’idées, indépendamment – structuralement- de toute ambition ou vanité académique.« 
Christian Bertaux
http://www.bertaux-glah.fr/clastres.php

 

 

 

Jean disparut en septembre 1980. Plus de nouvelles pendant des mois. Mais on le vit en plusieurs endroits. Moi-même le vis marcher vite, à son habitude, dans le Palais-Royal; là, de l’autre côté de la vitrine. Mais Jean fut retrouvé dans sa voiture en contrebas d’une route de montagne.

Il avait 50 ans.
 
 

 

Jean est parti comme il vivait

Avec ce que seul il savait

En passant par dessus la route

Pour s’évader encore sans doute.

 

Jean est parti comme il vivait

Emportant tout ce qu’il savait

En s’endormant dans sa mémoire

Comme en quotidienne baignoire.

 

Passants farfelus qui daignez

Vous souvenir que vous dîniez

Chez lui à n’importe quelle heure

Laissez pousser pour lui des fleurs.

 

Et dans l’encombrement chronique

De son repaire domestique

Dérangez de vos pléonasmes

Le fantôme de ses fantasmes.

 

Fut-il, fut-il mutation

D’une autre époque en gestation

Ou archaïque résidu

D’une anticipation perdue.

 

Nulle histoire ne se souviendra

De ce mort sans linceul ni draps

Trajectoire parabolique

D’une route théologique.

 

Vous tous qui vîntes l’enterrer

Laisser son souvenir errer

De vies en vies, d’envie en fable

Plutôt qu’en rites regrettables.

 

Enfants qui avez connu

Que ce corps jusqu’au crâne nu

Gardez en vos gênes mémoire

Pour mieux en prolonger l’histoire.

 

Jean est parti comme il vivait

Avec ce que seul il savait

En passant par dessus la route

Pour s’évader encore sans doute.

 

Hervé le Nestour, décembre 1980

 

Moi je me souviens de tout, entre autres de ce que l’on voulait faire ensemble.

C’est dommage dans la mesure où il était complémentaire de choses qui ont continué à exister et sa complémentarité n’a pas été remplacée, ce qui a empêché quantité de projets de se réaliser.

C’est compliqué…

Cela a duré 23 ans, donc mes souvenirs sont très divers…

Il y avait sa recherche, et l’échec qu’a été cette recherche, et c’était très bien de ne pas trouver parce que… il y a des gens qui sont faits pour disparaître, mieux vaut disparaître que mourir. Par rapport au présent, à des choses qui l’auraient concerné, il y a aussi bien La Villette que l’utilisation de nouveaux matériaux, que quantité de projets que nous avions ensemble de manière implicite, que cette capacité aussi à mettre les gens en relation les uns avec les autres et qui était sa partie, non la mienne, donc là aussi il y avait une complémentarité.

Je l’ai rencontré…, c’était dans la Préhistoire (rires) il était très jeune, il avait toutes ses dents ! Puis je l’ai perdu de vue car j’ai quitté la France pendant une dizaine d’années et quand je l’ai retrouvé, c’était le prélude de mai 68, alors on s’est beaucoup activés ensemble en 68, que ce soit pour des raisons matérielles comme le ravitaillement de la Sorbonne, ou pour des problèmes de fond consistant à pousser dans un certain sens qui était l’inverse du sens politique.

Hervé le Nestour

 

 

 

 

 

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