Dans le peu d’information qui nous parvenait de la Chine maoïste en 1960, le massacre planifié des oiseaux fut un choc révélateur. Il compta beaucoup dans le déclenchement de l’alerte écologiste

 

 

 

Oeuvre du Grand Timonier qui fut tant admiré ici même : 70 000 000 morts (pour les seuls humains), un vaste écocide et un naufrage culturel


Entre 1958 et 1962, la politique économique préconisée par Mao a entraîné la mort de quelque 50 millions de personnes. Images d’archives et témoignages à l’appui, ce documentaire lève le voile sur cet épisode sombre de l’histoire de la Chine moderne.

En 1958, neuf ans après son arrivée au pouvoir, Mao Zedong lance à marche forcée un programme de collectivisation agricole et d’industrialisation des villes et des campagnes qui doit propulser la Chine, en moins de quinze ans, au niveau économique de l’Union soviétique et, plus ambitieux encore, de la Grande-Bretagne. Appelée le « Grand Bond en avant », cette politique, qui s’avérera un fiasco, va avoir des conséquences dramatiques puisqu’elle est à l’origine d’une famine sans précédent. Littéralement affamées par l’Etat, plusieurs dizaines de millions de personnes vont ainsi périr en à peine quatre ans. C’est cette tragédie, soigneusement cachée aux yeux du monde depuis un demi-siècle par le gouvernement de la République populaire, que relate le documentaire de Philippe Grangereau et Patrick Cabouat.

 

Les guerres maoïstes contre le vivant

La grande famine en Chine 1958-1961, émission La marche de l’histoire du jeudi 8 novembre 1012

Un Alain Badiou n’est possible qu’en France, sur les maolâtres français, par Lucien Bianco

Le fossé, film de Wang Bing

Fengming, chronique d’une femme chinoise, documentaire de Wang Bing

Pälden Gyatso, Prométhée enchaîné, Päldèn Gyatso, 66 ans, a survécu à trente-deux ans de goulag chinois

Chine « atelier du monde« , ses productions, la nature de sa « croissance » : Le bruant, petit oiseau sur le grill, sur l’écocide chinois : le massacre des bruants

 

 

 

 

Au comble de la stupidité :

les guerres maoïstes contre le vivant

L’ignorance de l’écologie et le mépris pour le vivant s’est rarement manifesté à ce point et avec des conséquences immédiates aussi catastrophiques.

Cependant, il faut garder à l’esprit la dévastation systématique réalisée par les colonisateurs européens de l’Amérique du Nord. Bison, perruche des Carolines, pigeon migrateur, grand Pingouin, l’antilope américaine (Pronghorn), caribou… et la destruction des forêts de la moitié est du pays ont laissé un pays désertifié par rapport a ce qu’il était auparavant. 

 

La civilisation et l’écocide : l’histoire tragique du perroquet de l’Amérique du Nord (par Nicolas Casaux)

 

 

 

la guerre de MAO contre les MOINEAUX domestiques

 

Chronique des années noires en Chine : 1958-1978

http://journals.openedition.org/com/6158

Les chinois et les moineaux

http://gigeoju.eklablog.com/les-chinois-et-les-moineaux-a108166966

Quand la Chine a exterminé les moineaux

https://www.curioctopus.fr/read/10973/quand-la-chine-a-extermine-les-moineaux:-voici-l-une-des-pires-catastrophes-ecologiques-de-l-histoire

 

L’écocide continue

Le bruant, petit oiseau sur le grill

http://www.courrierinternational.com/article/2012/04/12/le-bruant-petit-oiseau-sur-le-gril

 

 

 

 

La grande famine en Chine 1958-1961

La marche de l’histoire du jeudi 8 novembre 1012

http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire

avec, en prime, une péroraison maoïste de René Dumont !

Car, très cachottier, le bonhomme l’était. Bientôt 40 ans après notre premier contact (1973), je viens juste de l’apprendre. Cela conforte les hypothèses sur les étranges événements du printemps 74, époque du coup de grâce asséné à la nouvelle gauche écologiste.

Il est remarquable que beaucoup de ceux qui ont contribué à saboter le mouvement écologiste étaient maoïstes. Ceux qui ont fait le sale boulot sur le terrain, car les organisateurs, ceux qui tiraient les ficelles, étaient tout autre. Ces derniers étaient tous reliés aux réseaux néo-capitalistes et, même, néo-cons qui organisaient la progression de la globalisation de la prédation. 

 

 

Un Alain Badiou n’est possible qu’en France

https://www.marianne.net/debattons/idees/un-alain-badiou-nest-possible-quen-france

Dans « La Récidive », le sinologue Lucien Bianco revisite l’histoire du maoïsme. Pour « Marianne », il raconte pourquoi sa critique de la révolution lui a valu l’aversion de penseurs français fascinés par Mao Zedong. Parmi lesquels Alain Badiou.

Marianne : Dans votre nouveau livre, « la Récidive », vous montrez que la révolution chinoise a été aussi criminelle que le stalinisme. Contrairement à nombre de chercheurs et d’intellectuels, vous n’avez jamais donné dans la maolâtrie française des années 70. Comment avez-vous réussi à échapper à ce moment idéologique de l’intelligentsia ?


Lucien Bianco : Staline et Mao croyaient agir pour le bien de l’humanité et commettaient des crimes au nom de la mission qu’ils s’étaient assignée (« La fin justifie les moyens »). Quand j’ai commencé à apprendre le chinois, en 1953, j’étais moi-même favorable à la construction d’une Chine nouvelle, au vu de ce que je savais de la Chine avant la révolution. La grande coupure est intervenue en 1966 : il m’a semblé impossible que les gardes rouges ne soient pas manipulés.

Comment coexistiez-vous avec tous les élèves d’Althusser, à Normale sup, fascinés par le maoïsme prochinois ? Et quels rapports entreteniez-vous avec l’auteur de « Pour Marx » ?


Althusser, je l’ai surtout connu quand j’étais moi-même élève dans les années 50 et qu’il m’a désigné (en 1954) pour partir en Chine, précisément parce que j’étais le seul de l’ENS à faire du chinois. Je m’entendais alors très bien avec lui. Vingt ans après mon premier voyage, je suis retourné en Chine, en 1974, à l’invitation de la Rue d’Ulm, qui m’a demandé d’accompagner les élèves. Nombre d’entre eux étaient soit maos, soit trotskistes. Dès l’arrivée à l’aéroport de Pékin, ils se comportaient comme s’ils se rendaient à La Mecque ! On ne s’est pas toujours bien entendus. Le but des Chinois qui nous encadraient était de nous empêcher de parler avec la population. Quand j’essayais d’échapper quelques minutes à la surveillance tatillonne de nos guides, je me faisais rappeler à l’ordre par un élève.


Cette censure exercée par des ressortissants d’un pays démocratique était encore plus stupéfiante en France, où elle était surtout le fait de la presse. En 1968, la Quinzaine littérairem’a commandé une recension du livre louangeur et loufoque d’Alberto Moravia la Révolution culturelle de Mao. Je m’en moquais gentiment dans ma critique. Las ! La Quinzaine a refusé de la publier, la jugeant trop dure. Elle paraîtrait bénigne aujourd’hui.

A votre retour de Chine, en 1974, vous adressez au « Monde » une série d’articles consacrés à ce que vous aviez vu. Que s’est-il alors passé ?

J’ai voulu confier au Monde mes impressions de voyage. Les articles envoyés au quotidien du soir n’ont pas tous été publiés, et ceux qui sont parus étaient mutilés. Le directeur, Jacques Fauvet, a mis son veto à la publication du premier article, plus tard publié dans Esprit, puis dans Regards froids sur la Chine (Seuil, 1969) sous le titre « Voyage dans un bocal ».

Deux ans plus tard, à la mort de Mao, le Monde me redemande un article, qui doit prendre place au milieu d’autres contributions. Comme il était d’une tonalité trop critique, le journal a estimé plus prudent de le rapatrier en page « Libres opinions », devenues depuis « Débats ».

Commentant ce voyage, ultérieurement, vous avez écrit : « C’était l’équivalent de l’Intourist en Russie. Les ficelles m’ont paru si grosses que je ne voyais vraiment pas comment on pouvait être dupe si on n’avait pas la volonté arrêtée d’être dupe. » Comment analysez-vous, rétrospectivement, cette volonté d’ignorance ?


Sans doute parce qu’il y avait d’autres mobiles que la volonté d’ignorance : les facteurs d’ordre psychologique jouaient un rôle encore plus déterminant. L’enthousiasme pour la Chine populaire et pour la Révolution culturelle est encore monté d’un cran à partir du moment où l’étoile de l’Union soviétique a définitivement pâli : c’était un relais bienvenu.

La France aussi a été le théâtre d’une « récidive ». L’euphorie communiste des années 50 s’est répétée dans l’euphorie maoïste des années 70. A l’époque, vous adhériez au PSU et combattiez ce phénomène. Comment avez-vous vécu cette situation de minoritaire ? Comment vos collègues sinologues, Maria-Antonietta Macciocchi, Michelle Loi ou Jean Chesneaux vous considéraient-ils ?


J’avais quitté le PSU dès 1962, au lendemain des accords d’Evian : je ne voyais plus la nécessité de militer dans une section du XIIIe arrondissement théâtre de disputes acerbes entre trotskisants, chrétiens de gauche et réformistes.


A la mort de Mao, le 9 septembre 1976, nous nous sommes retrouvés, Macciocchi et moi, dans un studio de radio, aux côtés notamment de Jean Lacouture et Michel Jobert, l’ancien ministre des Relations extérieures. Ça a vite tourné à la dispute violente entre les deux noms italiens, Macciocchi et Bianco : la moindre réserve au sujet du président défunt faisait bondir Macciocchi et je ripostais. Quant à Michelle Loi, lors des réunions de sinologues, elle serrait ostensiblement la main des collègues placés à ma gauche et à ma droite et refusait de serrer la main d’un être aussi vil que moi. J’ai croisé d’autres personnes qui faisaient monter d’un cran l’intimidation – jusqu’à la haine.

Oui, justement. Plus que de la méconnaissance passive, cette haine ne provenait-elle pas du rejet délibéré de toute forme de connaissance ? N’était-elle pas le produit d’une relation perturbée à la vérité ?


Elle était à la hauteur de leur espérance ou de leur foi. Après tout, Mao était le premier dirigeant communiste à mettre en cause les privilèges des révolutionnaires au pouvoir. Djilas a écrit la Nouvelle Classe dans les geôles de Tito, c’est une fois en exil que Trotski a critiqué la bureaucratie stalinienne. Les informations biaisées en provenance de Pékin ne permettaient pas de balayer ces illusions. Cela dit, il était possible de critiquer cette propagande simpliste et les chercheurs anglo-saxons se sont montrés bien plus matter of fact, bien plus respectueux des données factuelles que leurs pairs latins.

Comment expliquez-vous que tant d’intellectuels aient pu être séduits par un régime dirigé, par nature, contre la liberté de l’esprit et toute forme de vie intellectuelle ?


Mais je pense que c’est tout simplement parce qu’ils ne savaient rien de tout cela. Ils ignoraient que la Chine de Mao baptisait les intellectuels « la neuvième catégorie puante » et pourchassait les clercs, les professeurs, tous ceux qui tenaient à l’exercice de la raison critique et osaient s’exprimer.

A l’époque où vous entrez en minorité intellectuelle, vous nouez une relation avec Simon Leys, dénoncé par le journal « le Monde » comme agent américain. Comment s’est nouée votre amitié ?


J’avais apprécié les Habits neufs du président Mao, les Ombres chinoises m’ont enthousiasmé. J’ai écrit à Simon Leys, je lui ai envoyé les articles que le Monde finira par publier trois mois plus tard. Lors d’un voyage à Paris, il m’a invité, je l’ai reçu dans ma maison proche de Limours, au sud de Paris. J’ai écrit dans The China Quarterly (alors la principale revue spécialisée) une recension enthousiaste de son livre. Des années plus tard, il m’a invité chez lui à Sydney. S’est ensuivie une longue période de complicité intellectuelle. En 1975, le grand historien de l’Asie Jean Chesneaux, qui avait été mon maître, a accusé dans un pamphlet « le duo Leys-Bianco » de mener une opération de politique intérieure en critiquant la Chine révolutionnaire.

Pourquoi, contrairement au stalinisme, le phénomène de maolâtrie a-t-il également touché la droite ?

Les hyperboles béates à l’endroit de la Chine maoïste n’ont pas été le monopole des « progressistes ». Peut-être conditionnée par l’air du temps, la droite aussi a donné dans ce panneau. En septembre 1976, à la mort de Mao, Valéry Giscard d’Estaing a publié un communiqué assez onirique célébrant « le phare de l’humanité ». Le cas d’Alain Peyrefitte, alors éditorialiste vedette au Figaro, est un peu différent. Il estimait bizarrement que la démocratie n’était pas faite pour les Chinois. Il n’avait donc rien à redire d’essentiel contre la tyrannie maoïste. Lorsqu’il m’a soumis pour avis le manuscrit de son livre Quand la Chine s’éveillera, je l’ai senti plus d’une fois réticent envers les corrections que je lui suggérais.

Vous évoquiez à l’instant la force d’attraction du progressisme. Dans un article récent, consacré à la Révolution culturelle en Chine, le philosophe Alain Badiou explique : « Les études sérieuses de la Révolution culturelle, c’est-à-dire celles qui ne sont pas des libelles propagandistes (libelles dont le prototype presque définitif a été le fameux « les Habits Neufs du président Mao », brillante improvisation idéologique de Simon Leys dépourvue de tout rapport au réel politique), existent bel et bien, souvent en tant que travaux académiques réalisés dans les universités américaines »*. Que faut-il penser d’une telle réhabilitation de la Révolution culturelle et d’une telle attaque contre Simon Leys ?


S’il faut reconnaître un mérite à Alain Badiou, c’est de ne pas se renier : il persiste à critiquer Simon Leys à l’heure où tout le monde reconnaît et loue son rôle de précurseur. Cela dit, j’avoue que je n’ai pas lu l’article d’Alain Badiou. A mon avis, un Badiou n’est possible qu’en France !

 

>>> DE STALINE À MAO

Dans son nouveau livre, « la Récidive », le sinologue Lucien Bianco montre comment la révolution chinoise a répété et, par bien des aspects, amplifié l’imposture totalitaire stalinienne, et que le Grand Bond en avant de 1958 a été une réplique aggravée du grand tournant soviétique des années 20. Il a fallu que ce sinologue, né en 1930 et contemporain de Bourdieu et de Derrida, se plonge dans une abondante bibliographie sur l’URSS pour établir les nombreuses similitudes entre maoïsme et stalinisme : toute-puissance de la bureaucratie, surexploitation de la paysannerie, provoquant les deux plus grandes famines du XXe siècle, mise au pas des artistes et des intellectuels…

Le résultat est là, impressionnant : en 530 pages aussi vigoureuses que documentées, le sinologue n’hésite pas à prendre parti. « La Récidive » couronne la trajectoire d’un chercheur ennemi des enrégimentements et des sectarismes idéologiques.

La Récidive. Révolution russe, révolution chinoise, de Lucien Bianco, Gallimard, coll. «Bibliothèque des histoires», 522 p., 29 €.

* Dans « Libération » du 26 octobre 2014. Badiou donne au passage en exemple trois livres : « la Commune de Shanghai », de Hongsheng Jiang, publiée cette année aux éditions La Fabrique, traduit de l’anglais par Eric Hazan, préface d’Alain Badiou ; T »he Politics Of The Chinese Cultural Revolution », de Hong Yung Lee, publiés en 1978 par l’University Of California Press ; « Shanghai Journal, An Eyewitness Account Of The Cultural Revolution », de Neale Hunter, publié en 1969 par Praeger Publishers.

 

 

à propos des étudiants gauchistes qui prétendaient être seuls au monde à pouvoir penser :

Le mouvement du 22 mars sans les clichés : qui étaient ces militants de 1968 ?

https://www.franceculture.fr/sociologie/22-mars-1968-qui-sont-ils-au-dela-des-cliches

Il faut avoir présent à l’esprit que beaucoup de ces « révolutionnaires » ont été de fougueux anti-écologistes primaires. Les prosélytes des totalitarismes sanglants, surtout ceux passés au maoïsme (!), sont vite devenus d’efficaces supplétifs des tueurs sociaux du capitalisme. Cela va de soi, mais il semble utile de le dire et de le répéter, ils étaient déjà trop formatés par la culture anti-nature et l’admiration pour les systèmes destructeurs de toute vie pour pouvoir s’ouvrir à la culture écologiste du bien commun. Cela leur passait complètement au-dessus de la tête : cela n’était pas dans leur grille d’interprétation, donc c’était dangereux. Dès la fin des années soixante, la chasse aux écologistes est devenue l’une de leurs distractions favorites – sous la conduite des agents d’influence du capitalisme. Dans ce grand oeuvre, nous les verrons tous réunis LO, LRC, PSU, AMR, et, par dessus tout, les épouvantables maoïstes – les plus perfides.

Leur rôle dans l’étouffement de la nouvelle gauche a été déterminant. Tout particulièrement l’action perfide de ceux qui ont éliminé les écologistes pour se substituer à eux avec, étrangement, l’aide empressée des journalistes de l’environnement. Leur nouvelle conscience de « l’écologie » ne remettait rien en cause de leur culture capitaliste. C’est pourquoi ils ont « pris le pouvoir » (qui n’existait pas) et promu la dérive électoraliste.

Une « raison » qui nous échappait à l’époque : au moins parmi les « chefs gauchistes » (sic, c’est bien ainsi qu’ils aimaient à s’appeler), nombreux étaient les enfants de familles confortablement installées dans le système qu’ils prétendaient dénoncer… tout en continuant d’en profiter. Et puis, entre impérialistes et totalitaires…

 

 

 

 


Les habits neufs du président Mao

de Simon Leys, qui fut le premier à révéler les errements du régime, Champ Libre 1971.

La grande majorité des Chinois est intimement persuadée que les trois ans de famine qui suivirent «Le Grand Bond en Avant» à la fin des années 50, furent provoquées par des «catastrophes naturelles». Ils ignorent tout des erreurs de planification et des trente millions de morts qui ont été recensés par l’expert Jasper Becker, qui a passé des années à scruter et additionner les statistiques officielles.

 

 

Mao. L’histoire inconnue

de Jung Chang et Jon Halliday. Traduit de l’anglais par Béatrice Vierne, Georges Liébert et Olivier Salvatori. Gallimard 2006.

 

 

 


Le fossé

Film de Wang Bing



 

le film complémentaire de Fengming, chronique d’une femme chinoise (présenté ci-dessous)

Désert de Gobi 1960. Plaine aride battue par les vents. Lieu idoine pour les camps de rééducation des Cent Fleurs maoïstes. Tout le monde chinois y échoue. Les vieux militants de la première heure, les cadres déchus, ceux qui ont attiré l’attention d’un jaloux, d’un plus dérangé, le compagnon de Fengming He pour deux articles que lui avait demandés le parti… Des centaines de milliers de déviants à remettre dans le droit chemin de la dictature du prolétariat. C’est l’époque de la grande famine provoquée par les autres décisions géniales du Grand Timonier et de sa clique. Au camp de Jiabiangou, le quotidien s’éternise en efforts surhumains pour glaner encore quelques instants d’une survie misérable, puis en abandons résignés. Car la machinerie hiérarchique qui ne fonctionne que sur une seule idée à la fois ne produit que des personnalités brisées, victimes comme bourreaux, et des morts. Chaque nuit, chaque jour, des hommes s’éteignent, à bout de désespoir et de souffrance, et sont semés, anonymes, dans le désert, perdus à jamais pour que vive éternellement la dictature du prolétariat.

Une dizaine d’années plus tard, en France, des maoïstes fortement instrumentalisés par le système dominant allaient participer fébrilement à l’élimination de la nouvelle gauche alternative qui, en renouant avec le vivant, proposait d’échapper à la malédiction du capitalisme destructeur, comme à celle des autres totalitarismes. Comme le permettent les films de Wang Bing et plusieurs études récentes, nous commençons seulement à pouvoir faire le bilan de tout cela.
http://www.rue89.com/chinatown/2011/04/14/le-fosse-film-evenement-de-wang-bing-sur-arte-samedi-193907

 

 

 

Fengming, chronique d’une femme chinoise
documentaire de Wang Bing

http://www.mk2.com/trois-couleurs/fengming-chronique-une-femme-chinoise

Ceux qui ont vu A l’ouest des rails, monumentale saga documentaire, d’un fol humanisme, sur l’extinction d’une cité industrielle du nord-est de la Chine, se souviennent de lui. Le diptyque qui sort ces jours-ci, Fengming, chronique d’une femme chinoise (le 7 mars) et Le Fossé (le 14 mars), n’est pas moins ambitieux. Le premier des deux films est un documentaire, le second une fiction, mais ils traitent de la même réalité : le destin de ces intellectuels désignés comme « droitiers » au cours de la répression atroce qui fit suite, en 1957-1958, à la campagne d’ouverture des Cents Fleurs. Plus de 500 000 personnes furent alors déportées dans des camps de « rééducation par le travail ».
Les deux films convergent vers un même lieu et une même date, le camp de Mingshui, en bordure du désert de Gobi, au cours de l’un des hivers les plus meurtriers de tous les temps : celui de l’année 1960. La famine consécutive au fiasco du Grand Bond en avant causa alors entre 15 millions et 30 millions de morts.
D’après la critique du Monde
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2012/03/06/fengming-chronique-d-une-femme-chinoise-et-le-fosse-cent-fleurs-empoisonnees_1652489_3476.html

 

Avec le témoignage tendu de Fengming He sur sa vie dévastée, comme toutes les autres vies dans ce pays martyrisé, nous avons un aperçu de ce que fut l’interminable descente aux enfers sous le maoïsme. Et nous voyons comment chaque personne, chaque famille, chaque communauté, tous les peuples de la Chine, comment la culture et chaque pensée organisée, toutes les civilisations chinoises, ont été déstructurés, cassés menu, et pourquoi, après des décennies d’écrasement et de perte des repères, la dictature du capitalisme anti-nature, donc anti-social, a pu être imposée.

Il est confondant de rapprocher cette horreur de la fièvre extatique pour les délires du Grand Timonier qui a sévi longtemps en France dans les milieux universitaires, médiatiques et littéraires. Une fièvre qui a couvert des forfaits que nous commençons à peine à identifier et dont les effets se prolongent aujourd’hui. « Calamité gauchiste » dit Fengming He.

Wang Bing a complété ce documentaire avec Le Fossé, un film de fiction inspiré par le camp de redressement par le travail où le compagnon de Fengming He a trouvé la mort à l’époque de la Grande Famine, comme tant d’autres.

Mao : au moins 70 000 000 morts
http://www.hebdo.ch/mao_tseacutetoung_un_criminel_beaucoup_trop_meacuteconnu_23657_.html


Cinquante ans après la mort du compagnon de Fengming, une arrestation au Tibet

Une répression hors de la vue des journalistes
http://www.courrierinternational.com/article/2012/02/22/une-repression-hors-de-la-vue-des-journalistes

 

 

Pälden Gyatso, Prométhée enchaîné

Päldèn Gyatso, 66 ans, a survécu à trente-deux ans de goulag chinois. Libre, ce moine tibétain témoigne de l’oppression infligée à son pays.

http://www.liberation.fr/portrait/0101229605-palden-gyatso-66-ans-a-survecu-a-trente-deux-ans-de-goulag-chinois-libre-ce-moine-tibetain-temoigne-de-l-oppression-infligee-a-son-pays-promethee-enchine

 

 

 

Chine « atelier du monde« , ses productions, la nature de sa « croissance« 

Après la ruine du Tibet et avant la grande famine et les délires de la « révolution culturelle« , les écologistes ont découvert la nature totalitaire du maoïsme au travers de ses destructions écologiques massives, en particulier un massacre national d’oiseaux commandé par le Grand Timonier de la folie. C’était au tout début des années soixante. Aujourd’hui, rien n’a évolué ou seulement en pire, tout y est détruit, même les civilisations chinoises, et le pays est désertifié chaque jour davantage.

Sale temps pour les passereaux et consorts. L’Emberiza aureola, notamment, consommé grillé, sauté ou même cru, en Chine méridionale, est menacé d’extinction.

(…) Il y a une dizaine d’années, dans les campagnes du Guangdong, on apercevait souvent des bruants auréoles se déplaçant par di­zaines de milliers, mais aujourd’hui ils sont devenus très rares. (…)

Quand les gens mangent des bruants, c’est par dizaine – soit, pour une tablée, une bonne centaine. C’est tout à fait courant (…)

Quand ils formaient un groupe de plusieurs milliers d’oiseaux, les chasseurs lançaient sans bruit leur filet sur la roselière. (…)

A ce moment-là, on allumait encore un chapelet de pétards. Les oiseaux prenaient peur et cherchaient à s’envoler mais ils étaient pris dans le filet, où plus ils se débattaient, plus les mailles se resserraient sur eux. Beaucoup avaient les ailes cassées !” A l’époque, en une soirée, on pouvait attraper plusieurs milliers d’oiseaux et, à raison de 5 yuans pièce, cela permettait de rapidement faire fortune” !

(…) Il y a deux ans, Zou Fasheng, chercheur à l’Institut de recherche sur les animaux en péril en Chine méridionale, est allé, avec plusieurs de ses collègues, réaliser des observations sur ces oiseaux dans la municipalité de Sihui (province du Guangdong). Après plusieurs jours d’enquête sur le terrain, ils n’ont rencontré aucun bruant auréole, et les paysans du coin leur ont confié qu’ils n’avaient plus vu ce type d’oiseaux depuis des années.

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