Oeuvre du Grand Timonier qui fut tant admiré ici même : 70 000 000 morts, un vaste écocide et un naufrage culturel


Entre 1958 et 1962, la politique économique préconisée par Mao a entraîné la mort de quelque 50 millions de personnes. Images d’archives et témoignages à l’appui, ce documentaire lève le voile sur cet épisode sombre de l’histoire de la Chine moderne.

En 1958, neuf ans après son arrivée au pouvoir, Mao Zedong lance à marche forcée un programme de collectivisation agricole et d’industrialisation des villes et des campagnes qui doit propulser la Chine, en moins de quinze ans, au niveau économique de l’Union soviétique et, plus ambitieux encore, de la Grande-Bretagne. Appelée le « Grand Bond en avant », cette politique, qui s’avérera un fiasco, va avoir des conséquences dramatiques puisqu’elle est à l’origine d’une famine sans précédent. Littéralement affamées par l’Etat, plusieurs dizaines de millions de personnes vont ainsi périr en à peine quatre ans. C’est cette tragédie, soigneusement cachée aux yeux du monde depuis un demi-siècle par le gouvernement de la République populaire, que relate le documentaire de Philippe Grangereau et Patrick Cabouat.

une émission récente

La grande famine en Chine 1958-1961

La marche de l’histoire du jeudi 8 novembre 1012

http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire

avec, en prime, une péroraison maoïste de René Dumont !

Car, très cachottier, le bonhomme l’était (comme la plupart de ceux qui ont contribué à saboter le mouvement écologiste). Bientôt 40 ans après notre premier contact (1973), je viens juste de l’apprendre. Cela conforte les hypothèses sur les étranges événements du printemps 74, époque du coup de grâce asséné à la nouvelle gauche écologiste.

 


Les habits neufs du président Mao

de Simon Leys, qui fut le premier à révéler les errements du régime, Champ Libre 1971.

La grande majorité des Chinois est intimement persuadée que les trois ans de famine qui suivirent «Le Grand Bond en Avant» à la fin des années 50, furent provoquées par des «catastrophes naturelles». Ils ignorent tout des erreurs de planification et des trente millions de morts qui ont été recensés par l’expert Jasper Becker, qui a passé des années à scruter et additionner les statistiques officielles.

 

 

Mao. L’histoire inconnue

de Jung Chang et Jon Halliday. Traduit de l’anglais par Béatrice Vierne, Georges Liébert et Olivier Salvatori. Gallimard 2006.

 


Le fossé

Film de Wang Bing



 

le film complémentaire de Fengming, chronique d’une femme chinoise (présenté ci-dessous)

Désert de Gobi 1960. Plaine aride battue par les vents. Lieu idoine pour les camps de rééducation des Cent Fleurs maoïstes. Tout le monde chinois y échoue. Les vieux militants de la première heure, les cadres déchus, ceux qui ont attiré l’attention d’un jaloux, d’un plus dérangé, le compagnon de Fengming He pour deux articles que lui avait demandés le parti… Des centaines de milliers de déviants à remettre dans le droit chemin de la dictature du prolétariat. C’est l’époque de la grande famine provoquée par les autres décisions géniales du Grand Timonier et de sa clique. Au camp de Jiabiangou, le quotidien s’éternise en efforts surhumains pour glaner encore quelques instants d’une survie misérable, puis en abandons résignés. Car la machinerie hiérarchique qui ne fonctionne que sur une seule idée à la fois ne produit que des personnalités brisées, victimes comme bourreaux, et des morts. Chaque nuit, chaque jour, des hommes s’éteignent, à bout de désespoir et de souffrance, et sont semés, anonymes, dans le désert, perdus à jamais pour que vive éternellement la dictature du prolétariat.

Une dizaine d’années plus tard, en France, des maoïstes fortement instrumentalisés par le système dominant allaient participer fébrilement à l’élimination de la nouvelle gauche alternative qui, en renouant avec le vivant, proposait d’échapper à la malédiction du capitalisme destructeur, comme à celle des autres totalitarismes. Comme le permettent les films de Wang Bing et plusieurs études récentes, nous commençons seulement à pouvoir faire le bilan de tout cela.
http://www.rue89.com/chinatown/2011/04/14/le-fosse-film-evenement-de-wang-bing-sur-arte-samedi-193907

 

 

 

Fengming, chronique d’une femme chinoise
documentaire de Wang Bing

http://www.mk2.com/trois-couleurs/fengming-chronique-une-femme-chinoise

Ceux qui ont vu A l’ouest des rails, monumentale saga documentaire, d’un fol humanisme, sur l’extinction d’une cité industrielle du nord-est de la Chine, se souviennent de lui. Le diptyque qui sort ces jours-ci, Fengming, chronique d’une femme chinoise (le 7 mars) et Le Fossé (le 14 mars), n’est pas moins ambitieux. Le premier des deux films est un documentaire, le second une fiction, mais ils traitent de la même réalité : le destin de ces intellectuels désignés comme « droitiers » au cours de la répression atroce qui fit suite, en 1957-1958, à la campagne d’ouverture des Cents Fleurs. Plus de 500 000 personnes furent alors déportées dans des camps de « rééducation par le travail ».
Les deux films convergent vers un même lieu et une même date, le camp de Mingshui, en bordure du désert de Gobi, au cours de l’un des hivers les plus meurtriers de tous les temps : celui de l’année 1960. La famine consécutive au fiasco du Grand Bond en avant causa alors entre 15 millions et 30 millions de morts.
D’après la critique du Monde
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2012/03/06/fengming-chronique-d-une-femme-chinoise-et-le-fosse-cent-fleurs-empoisonnees_1652489_3476.html

 

Avec le témoignage tendu de Fengming He sur sa vie dévastée, comme toutes les autres vies dans ce pays martyrisé, nous avons un aperçu de ce que fut l’interminable descente aux enfers sous le maoïsme. Et nous voyons comment chaque personne, chaque famille, chaque communauté, tous les peuples de la Chine, comment la culture et chaque pensée organisée, toutes les civilisations chinoises, ont été déstructurés, cassés menu, et pourquoi, après des décennies d’écrasement et de perte des repères, la dictature du capitalisme anti-nature, donc anti-social, a pu être imposée.

Il est confondant de rapprocher cette horreur de la fièvre extatique pour les délires du Grand Timonier qui a sévi longtemps en France dans les milieux universitaires, médiatiques et littéraires. Une fièvre qui a couvert des forfaits que nous commençons à peine à identifier et dont les effets se prolongent aujourd’hui. « Calamité gauchiste » dit Fengming He.

Wang Bing a complété ce documentaire avec Le Fossé, un film de fiction inspiré par le camp de redressement par le travail où le compagnon de Fengming He a trouvé la mort à l’époque de la Grande Famine, comme tant d’autres.

Mao : au moins 70 000 000 morts
http://www.hebdo.ch/mao_tseacutetoung_un_criminel_beaucoup_trop_meacuteconnu_23657_.html


Cinquante ans après la mort du compagnon de Fengming, une arrestation au Tibet

Une répression hors de la vue des journalistes
http://www.courrierinternational.com/article/2012/02/22/une-repression-hors-de-la-vue-des-journalistes

 

Pälden Gyatso, Prométhée enchaîné

Päldèn Gyatso, 66 ans, a survécu à trente-deux ans de goulag chinois. Libre, ce moine tibétain témoigne de l’oppression infligée à son pays.

http://www.liberation.fr/portrait/0101229605-palden-gyatso-66-ans-a-survecu-a-trente-deux-ans-de-goulag-chinois-libre-ce-moine-tibetain-temoigne-de-l-oppression-infligee-a-son-pays-promethee-enchine

 

Chine « atelier du monde« , ses productions, la nature de sa « croissance« 

Après la ruine du Tibet et avant la grande famine et les délires de la « révolution culturelle« , les écologistes ont découvert la nature totalitaire du maoïsme au travers de ses destructions écologiques massives, en particulier un massacre national d’oiseaux commandé par le Grand Timonier de la folie. C’était au tout début des années soixante. Aujourd’hui, rien n’a évolué ou seulement en pire, tout y est détruit, même les civilisations chinoises, et le pays est désertifié chaque jour davantage.

Sale temps pour les passereaux et consorts. L’Emberiza aureola, notamment, consommé grillé, sauté ou même cru, en Chine méridionale, est menacé d’extinction.

(…) Il y a une dizaine d’années, dans les campagnes du Guangdong, on apercevait souvent des bruants auréoles se déplaçant par di­zaines de milliers, mais aujourd’hui ils sont devenus très rares. (…)

Quand les gens mangent des bruants, c’est par dizaine – soit, pour une tablée, une bonne centaine. C’est tout à fait courant (…)

Quand ils formaient un groupe de plusieurs milliers d’oiseaux, les chasseurs lançaient sans bruit leur filet sur la roselière. (…)

A ce moment-là, on allumait encore un chapelet de pétards. Les oiseaux prenaient peur et cherchaient à s’envoler mais ils étaient pris dans le filet, où plus ils se débattaient, plus les mailles se resserraient sur eux. Beaucoup avaient les ailes cassées !” A l’époque, en une soirée, on pouvait attraper plusieurs milliers d’oiseaux et, à raison de 5 yuans pièce, cela permettait de rapidement faire fortune” !

(…) Il y a deux ans, Zou Fasheng, chercheur à l’Institut de recherche sur les animaux en péril en Chine méridionale, est allé, avec plusieurs de ses collègues, réaliser des observations sur ces oiseaux dans la municipalité de Sihui (province du Guangdong). Après plusieurs jours d’enquête sur le terrain, ils n’ont rencontré aucun bruant auréole, et les paysans du coin leur ont confié qu’ils n’avaient plus vu ce type d’oiseaux depuis des années.

 

Le bruant, petit oiseau sur le grill

http://www.courrierinternational.com/article/2012/04/12/le-bruant-petit-oiseau-sur-le-gril

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