ON NE PEUT PAS COMPRENDRE

GRAND-CHOSE

A LA GUERRE CONTRE L’IRAK

COMME AUX AUTRES DRAMES CONTEMPORAINS

SI ON NE LES SITUE PAS

DANS LE CONTEXTE DES PROJETS DE DOMINATION

QUI BOUSCULENT TOUTE CHOSE

SUR LA PLANÈTE

DEPUIS PLUSIEURS GÉNÉRATIONS

RAPPEL DE QUELQUES FAITS ÉCLAIRANTS

 

 

1908 : Premier forage pétrolier fructueux dans la région du Golfe arabo-persique. En l’occurrence, cette première a eu lieu en Iran.

 

 

Au cours de la première moitié du siècle, les pétroliers américains et anglais (Néerlandais et Français figurent honorablement) s’emparent du pétrole du Moyen-Orient en ne versant aux pays producteurs que des redevances tout à fait symboliques.

 

 

1915 : Le gouvernement britannique prodigue, tant au Shérif Hussein (arrière grand-père du roi Hussein Ibn Talai de Jordanie) qu’à son rival Ibn Saoud, des promesses d’indépendance arabe pour l’après-guerre, quand l’empire ottoman sera vaincu.

 

 

Parallèlement, commencent des négociations secrètes entre Anglais et Français pour le partage du Moyen-Orient. L’un des résultats de ces tractations (connues sous le nom d' »accords Sykes-Picot ») sera le rassemblement de 3 provinces ottomanes -dont la province kurde de Mossoul- pour constituer l’Irak.

 

Novembre 1917 : En contradiction avec les promesses faites au Shérif Hussein (accord Hussein – H.MacMahon -1915 et 1916- et « assurance Hogart » -1918-) et, également, en contradiction avec les accords Sykes-Picot qui prévoyaient un statut international pour la Palestine, « le gouvernement de Sa Majesté » déclare envisager « favorablement l’établissement, en Palestine, d’un Foyer National pour le peuple juif » et promet d’employer « tous ses efforts pour la réalisation de cet objectif« . C’est le résultat de tractations entre le chimiste Chaïm Weïzmann – qui implantera, en 1918, le premier comité d’action sioniste à Jérusalem – et le premier ministre britannique. L’intérêt des Britanniques est, à la fois d’obtenir l’aide financière des banquiers juifs et la mobilisation de la communauté juive américaine pour décider les États-Unis à entrer en guerre.

 

 

1920 : L’administration de la Palestine est accordée à la Grande-Bretagne par les vainqueurs de la guerre avec l’Allemagne et l’Empire Ottoman.

Dès lors, les Britanniques favoriseront l’implantation sioniste et réprimeront durement toutes les manifestations de résistance des Palestiniens à la double occupation qui leur est imposée.

 

 

Années 30 : Les pétroliers américains s’implantent en Arabie Saoudite.

 

 

29 nov. 1947 : Les pressions exercées par l’administration du président américain TRUMAN contribuent largement à la décision, par l’Assemblée générale des Nations-Unies, de créer un état juif en Palestine.

Aussitôt, avec la complicité des Britanniques, alors même que la Palestine est toujours sous leur mandat, les organisations paramilitaires sionistes accroissent leurs actions terroristes et lancent des raids contre les populations palestiniennes. Beaucoup de gens sont massacrés chez eux ou sur les routes de l’exode. Les rescapés se réfugient dans les pays voisins par centaines de milliers (750.000 dès avant 1950). La plupart des villages sont rasés.

Le massacre de 154 personnes dans le village de Deir Yassin par les commandos de Stern et de l’Irgoun -sous la direction de Menahem BEGIN qui deviendra Premier ministre en 1977- restera le symbole de la terreur sioniste destinée à déposséder les Palestiniens.

 

 

15 mai 1948 : Les USA, l’URSS, la Grande-Bretagne et la France reconnaissent le nouvel état.

 

 

Mai 1948 – juillet 1949 : Guerre des Arabes contre les Sionistes qui – grâce à un intense appui occidental – se soldera par le succès de ces derniers.

En novembre 1947, l’ONU avait donné plus de la moitié de la Palestine aux Sionistes qui, jusqu’alors, occupaient moins de 10% des terres. En juillet 1949, ceux-ci occupent les trois-quarts du pays.

 

 

Entre temps, le 17 sept. 1948, le groupe terroriste Stern (dont Itzak SHAMIR est l’un des principaux dirigeants. Il deviendra Premier ministre en 1984) assassine le Comte BERNADOTTE, médiateur des Nations-Unies, qui défendait un plan de paix susceptible d’être accepté par les pays arabes.

 

 

1951 : Le gouvernement iranien du docteur MOSSADEGH nationalise la production pétrolière. En représailles, les compagnies occidentales décrètent l’embargo sur toute la production de ce pays.

 

 

Juillet 1952 : Egypte: le mouvement des Officiers Libres, dirigé par Gamal Abdel NASSER, prend le pouvoir. La monarchie sera supprimée l’année suivante.

 

 

19 août 1953 : La CIA fait renverser le gouvernement MOSSADEGH et réinstalle le Shah.

Cette opération permet aux pétroliers américains de rafler 40% du pétrole iranien qui, jusqu’alors, était entièrement contrôlé par les Britanniques.

Alors, le peuple iranien était nourri par son agriculture. 15 ans plus tard, à la veille de la révolution iranienne de 1978, le Shah, avec à ses côtés l’ingénieur-conseil américain, aura réussi le prodige de rendre l’Iran « dépendant de l’étranger pour 99% de ses besoins alimentaires » (« Le krach alimentaire » de Philippe DESBROSSES, p. 20). La folle déstructuration dont l’Iran a été victime, sous la domination américaine, est le secret de la révolution iranienne qui est née et s’est développée sans aucune intervention extérieure.

 

 

Avril 1955 : Création du Mouvement des pays non-alignés pour s’opposer à la volonté de domination du bloc occidental comme du bloc soviétique. L’impulsion est donnée par SUKARNO l’Indonésien qui sera renversé en octobre 1965 avec tout l’appui de la CIA (« Ethnocides et écocides en Indonésie« , Ecologie n° 395).

Avec NASSER, l’Egypte s’engagera immédiatement dans le Mouvement des non-alignés.

 

 

26 juillet 1956 : NASSER nationalise le Canal de Suez.

 

 

Fin octobre 1956 : L’armée israélienne et des corps expéditionnaires britanniques et français attaquent l’Egypte. Les uns et les autres devront se retirer sous la pression des USA, de l’URSS et de l’ONU.

 

 

Juillet 1958 : La révolution irakienne renverse la monarchie installée par les Britanniques au lendemain de la première guerre mondiale. Le général Abdel Karim Kassem s’installe au pouvoir. L’Irak commence à sortir de l’influence occidentale symbolisée par le « Pacte de Bagdad« . Trois ans plus tard, en 1961, il récupérera 95% des concessions pétrolières données à l’Irak Petroleum Company.

 

 

1961 : Le Koweit, qui était protectorat britannique depuis 1899, accède à l’indépendance.

 

 

Février 1963 : Abdel Karim Kassem est renversé par un complot largement subventionné par le Koweït.

 

 

05 juin 1967 : Israël attaque l’Egypte, la Syrie et la Jordanie pour s’emparer de la bande de Gaza et du Sinaï, du Golan et de la Cisjordanie.

 

 

Juillet 1968 : Le parti Baas irakien (de tendance socialiste) s’empare du pouvoir. Le général Al Bakr est le numéro un du régime mais Saddam HUSSEIN s’affirmera dès le début des années 70.

 

 

1970 : La production mondiale de pétrole était de 500 millions de tonnes par an à la veille de 1950. Elle s’élève désormais à 2.200 millions de tonnes. L’essentiel de cette énergie étant affecté à des projets totalement inadaptés à l’économie de l’ensemble vivant, songeons un instant au déferlement des destructions et des pollutions que cela représente…

 

 

1971 : Les Britanniques évacuent leurs deux dernières bases au Moyen-Orient.

 

 

Juin 1972 : Bagdad nationalise l’Irak Petroleum Company à laquelle participent Américains, Britanniques, Néerlandais et Français. Cependant, un traitement de faveur est accordé aux Français sous forme de facilités pour leur approvisionnement pétrolier. Très mécontents, les Occidentaux organisent un blocus de l’Irak qui vient de resserrer ses liens avec Moscou.

Pour faire pièce au rapprochement de l’Irak et de l’URSS, les USA accroissent fortement leur « aide » militaire à l’Iran. En huit ans, l’armée iranienne triplera ses effectifs. Le Shah devient le gendarme régional de la politique américaine.

D’ailleurs, l’armée iranienne vient, en décembre 1973, prêter main forte au sultan d’Oman pour mater une guérilla communiste tenace. L’armée jordanienne prêtera également son concours. Les combats dureront deux années.

 

 

Dès 1972, les USA, Israël et l’Iran encouragent la guérilla kurde irakienne à reprendre les armes contre Bagdad, alors même que celle-ci vient d’obtenir la reconnaissance de la culture kurde et l’octroi d’une certaine autonomie administrative (ni l’Iran (!), ni la Syrie, ni la Turquie n’ont jamais accordé la moindre chose à leurs populations kurdes). En outre, des batailles opposeront l’armée iranienne à l’armée irakienne dès le début de 1974.

Objectif de NIXON/KISSINGER, de Tel Aviv et du Shah: déstabiliser Bagdad afin que l’Irak ne menace pas la domination américo-iranienne sur le Golfe « persique« . Autre objectif et non des moindres: handicaper suffisamment l’armée irakienne pour qu’elle ne soit pas une menace pour Israël. Et, en effet, lors de la guerre qui opposera Israël à ses voisins à partir d’octobre 1973, l’armée irakienne mobilisée contre les Iraniens et les Kurdes ne pourra figurer que symboliquement.

 

 

Octobre 1973 : Les producteurs arabes de pétrole décident d’augmenter le prix de celui-ci – qui n’était qu’à 3 dollars le baril! (159 litres) – et de cesser leurs livraisons aux pays qui soutiennent Israël dans la guerre.

Plutôt que de temporiser, de chercher une solution politique à la crise et de s’orienter vers une meilleure gestion des ressources énergétiques, sous la direction américaine, les pays industriels entrent en conflit ouvert avec les pays producteurs.

 

 

1974 : L’administration de Gérald FORD envoie une flotte de guerre croiser dans le Golfe arabo-persique pour intimider les états arabes.

 

 

Mars 1975 : A l’occasion d’une réunion de l’OPEP à Alger, Saddam HUSSEIN renonce à ses prétentions sur le Chatt al Arab en échange de l’abandon du soutien du Shah d’Iran (et des USA) au soulèvement kurde.

Soudain coupée de toute aide extérieure, la guérilla kurde est écrasée dans l’indifférence générale. Une fois de plus, les Kurdes avaient été utilisés puis sacrifiés sitôt qu’ils n’avaient plus été d’aucune utilité aux yeux des intérêts occidentaux. En cédant aux sirènes américaines, les Kurdes irakiens avaient fait leur propre malheur pour la plus grande satisfaction de l’Iran, de la Turquie, de la Syrie qui n’auraient pas vu d’un bon oeil se réaliser la semi-autonomie proposée par Bagdad en 1970.

 

 

13 juin 1977 : Le Herald Tribune publie une déclaration de Jimmy Carter:

 » Ma propre tendance consiste à défier l’URSS et les autres, courageusement mais pacifiquement, puis à étendre notre influence dans un certain nombre de régions du monde auxquelles nous accordons une grande importance, soit à l’heure actuelle, soit dans les 25 ans à venir. Ces régions comprennent des pays comme le Vietnam et des endroits comme l’Irak, la Somalie et l’Algérie, et des régions comme la Chine et le Cuba. Et je n’ai aucune hésitation quand il s’agit de cette question ».

 

 

Août 1977 : Sous l’administration CARTER, une force militaire de déploiement rapide commence à être constituée pour la protection des « intérêts vitaux des USA » sur toute la planète.

 

 

Février 1979 : Triomphe de la révolution iranienne.

Chassés d’Iran, les USA n’ont plus d’implantation militaire au Moyen-Orient.

 

 

Mars 1979 : Anouar el SADAT et Mehamem BEGIN signent la paix à Camp David.

 

 

Juillet 1979 : Saddam HUSSEIN devient Président de la République. Son régime commence à se rapprocher de l’Arabie Saoudite et… des USA.

 

 

04 nov. 1979 : L’ambassade américaine à Téhéran est occupée. Les personnels sont pris en otages. Ils seront libérés 14 mois plus tard, le 20 janvier 1981, le jour même où Ronald REAGAN devient président. Celui-ci avait fait mené avec Téhéran des négociations secrètes dirigées par William CASEY qui deviendra directeur de la CIA et principal organisateur du trafic d’armes vers l’Iran, via Tel Aviv, connu sous le nom d' »Irangate« . Faut-il préciser que de très fortes présomptions de collusion avec les Iraniens pèsent sur Ronald REAGAN et son entourage: la libération des otages aurait été retardée pour favoriser la victoire de REAGAN dont la cote baissait dans les sondages.

 

 

Décembre 1979 : L’armée rouge rentre en Afghanistan.

Plus encore que la révolution iranienne, la peur causée par cette avancée soviétique vers le sud – non loin des gisements pétroliers considérés par les USA comme leur propriété – aura de profondes répercussions sur la suite des événements. Cela d’autant qu’avec les années 80 les Etats du Golfe paraîtront se rapprocher de l’URSS.

 

 

Janvier 1980 : Les USA réorientent leur stratégie vers le Moyen-Orient et le Pakistan (le voisin de l’Afghanistan).

La force d’intervention rapide créée en 1978 est développée et de nouvelles armes sont construites.

Avec le tournant marqué par la présidence de Ronald REAGAN, tous les programmes militaires seront poussés jusqu’au délire total, comme l’illustre le programme de « la guerre des étoiles« . La force d’intervention rapide ne cessera d’être augmentée. Une telle puissance militaire était faite pour servir. C’est elle qui massacrera l’Irak.

Pendant ce temps, les spéculateurs les plus fous mettent, partout, en application les théories les plus excessives, les plus déconnectées des réalités, du libéralisme économique. En particulier aux Etats-Unis, les politiques mises en oeuvre à tous les niveaux déstructurent tout, des entreprises aux institutions en passant par les individus, les communautés sociales et les écosystèmes.

Parallèlement, par l’entremise de la Banque Mondiale, de toutes les banques de « développement« , de la FAO, du FMI, du GATT et de toutes les institutions internationales qu’ils contrôlent, les USA imposent au monde la même déstructuration économique et sociale, afin de réduire à néant les protections qui, dans chaque pays, font encore obstacle à leur folle prédation. Résultat: les années 80 battront tout les records en matière de destructions de tous ordres et d’accroissement de la faim et de la misère.

Le bilan désastreux du libéralisme économique marquera les changements à venir (« A effondrement, effondrement et demi« , Ecologie n° 398 et « Guerre à la planète« , Ecologie n° 399).

 

 

17 sept. 1980 : Saddam HUSSEIN dénonce l’accord signé avec le Shah en 1975 en Alger. L’armée irakienne rentre en Iran.

Dans ce conflit, l’Irak fera figure de mercenaire de presque tous les états qui lui feront la guerre en 1991. L’objectif principal était, bien sûr, d’empêcher la révolution iranienne de menacer l’approvisionnement pétrolier de tous les gaspilleurs d’énergie fossile de la planète. Même le Koweït et l’Arabie Saoudite poussaient l’Irak à la guerre.

Seuls, la Syrie et Israël soutiendront l’Iran. Très tôt, Israël approvisionnera abondamment Téhéran en armes et servira d’intermédiaire aux trafics de l’Irangate.

La France politicienne et affairiste, qui, depuis le début des années 1970, avait noué des relations étroites avec l’Irak, soutiendra l’effort de guerre de Saddam HUSSEIN tout au long du conflit, tout en refusant de rembourser à l’Iran un prêt de 1 milliard de dollars qui avait été accordé par le Shah pour financer le CEA. « La France était en guerre et les Français ne le savaient pas » (Claude JULIEN, Le Monde Diplomatique).

La dictature irakienne augmentera ses achats d’armes (déjà considérables auparavant) jusqu’à prélever la moitié de son produit national brut. Dans le même temps, l’URSS consacrait jusqu’à 15% de son PNB pour se maintenir dans la compétition avec les USA qui mobilisaient plus de 6% du PNB pour les dépenses militaires. La mégalomanie de Saddam HUSSEIN et les encouragements hypocrites des états occidentaux feront acheter une quarantaine de milliards de dollars d’armes par l’Irak.

 

 

juin 1981 : Raid israélien sur la centrale nucléaire irakienne Osirak construite par l’industrie française sous l’administration de Valéry GISCARD D’ESTAING et de Jacques CHIRAC (signature du contrat novembre 1975).

 

 

juin 1982 : L’Egypte immobilisée par la paix signée avec l’état sioniste en 1979 et sa mise sur la touche par les autres états arabes, l’Irak mobilisé par sa guerre avec l’Iran, Israël met la situation à profit pour envahir le Liban. Objectif: tenter de résoudre le « problème palestinien » (sic) en atteignant l’OLP au coeur.

 

 

1983 : Intervention américaine, britannique et française à Beyrouth.

Les forces d’interposition occidentales se retireront après avoir subi de lourdes pertes infligées par les bombes irano-syriennes.

 

 

automne 1986, hiver 86-87 : Révélation du trafic d’armes US vers l’Iran et de l’utilisation des profits pour approvisionner, en particulier, la guérilla contre-révolutionnaire du Nicaragua. Ronald REAGAN et son entourage -dont George BUSH- sont compromis.

 

 

1986 : L’armée iranienne progresse et menace le Koweït.

 

 

Juillet 1987 : Une importante flotte de guerre américaine entre dans le Golfe pour protéger le trafic des pétroliers koweïtiens et irakiens.

Le pouvoir mixte MITTERRAND/CHIRAC rompt le peu de relations diplomatiques qui subsistait avec Téhéran et dépêche des navires de guerre dans la région.

 

 

Décembre 1987 : En Palestine occupée débute la « révolte des pierres » ou « intifada« .

 

 

Mars 1988 : Nouvelle offensive iranienne au Kurdistan irakien. Les combattants kurdes, qui, une nouvelle fois, ont cru bon jouer la carte de l’Iran contre Bagdad, appuient l’armée iranienne. Une contre-offensive irakienne fera plusieurs milliers de victimes dans la population civile.

 

 

03 juillet 1988 : Un croiseur américain abat un airbus iranien avec 290 civils à son bord.

 

 

20 août 1988 : Cessez-le-feu entre l’Irak et l’Iran.

La guerre aurait fait plus de 500.000 morts. Mais, combien d’handicapés? Combien de villages, de quartiers, de cités détruits?

Combien de vies, de familles, de sociétés, d’écosystèmes… au total, combien de relations brisées? Quelles pertes d’intelligence, de convivialité, de diversité pour l’humanité?

Libérée de la pression iranienne, l’armée irakienne se retourne contre les Kurdes. Des dizaines de milliers de Kurdes fuient la répression en se réfugiant en Turquie et en Iran. Des centaines de villages sont détruits et leurs habitants regroupés dans des camps.

En dépit des résultats désastreux de leur intransigeance à l’égard de Bagdad et des trahisons répétées dont ils sont l’objet, les mouvements Kurdes irakiens répondront à l’appel que leur adressera l’administration Bush, en se soulevant encore une fois à l’issue de la guerre contre l’Irak. Et, bernés une fois de plus par les dirigeants américains, c’est toute la population Kurde qui se trouvera, à nouveau, seule sous le feu des troupes de Saddam Hussein.

 

 

15 nov. 1988 : L’OLP ratifie les résolutions de l’ONU, reconnaît l’existence de l’état juif dans ses limites fixées par l’ONU en 1947 et proclame l’indépendance de l’état palestinien.

En dépit de toutes les médiations, jusqu’à aujourd’hui, Israël refuse toute ouverture.

Tout au contraire, la guerre du Golfe servira de prétexte à l’accentuation de l’oppression des Palestiniens.

 

 

Juillet 1989 : Abdoul Rahman Ghassemlou, dirigeant de la résistance kurde iranienne est assassiné à Vienne.

 

 

09 août 1989 : Le Koweït décide d’augmenter sa production pétrolière et puise dans le gisement de Roumaylah qui est revendiqué par l’Irak. Suite à la première mesure, qui est prise en violation des accords entre pays producteurs membres de l’OPEP, les prix du pétrole vont chuter. Surendetté par l’effort de guerre, L’Irak, dont l’exportation de pétrole constitue 90% des revenus est directement menacé. Par deux fois encore, le Koweït agira pour faire augmenter la production de l’OPEP et, donc, faire chuter le prix du baril. La vente de son pétrole ne rapportera bientôt plus à l’Irak que l’équivalent du service de sa dette extérieure.

 

 

12 fév. 1990 : Visite de John KELLY (sous-secrétaire d’état américain chargé du Moyen-Orient) à Saddam HUSSEIN qu’il assure de la considération des USA, en tant que « force de modération dans la région ».

Trois jours après cette visite de courtoisie, « La Voix de l’Amérique » – la radio de la propagande américaine – diffuse un appel dénonçant Saddam HUSSEIN comme l’un des pires tyrans actuels. La presse américaine proche du pouvoir lui emboîtera le pas.

 

 

23 fév. 1990 : En visite à Amman, Saddam HUSSEIN présente une critique lucide de la volonté hégémonique mondiale des USA. Il la perçoit au travers des manoeuvres destinées à consolider l’influence américaine dans les pays du Golfe et suggère alors de retirer les pétro-dollars des circuits économiques occidentaux.

 

 

fin juin 1990 : Ultime démarche irakienne auprès des pays du Golfe pour les inviter à réduire la pression économique sur l’Irak. Pour toute réponse, le Koweït annonce qu’il poursuivra sa surproduction jusqu’à l’automne.

Jusqu’à l’invasion du Koweït, plusieurs officiels américains -dont l’ambassadeur auprès de Saddam HUSSEIN, James BAKER (secrétaire d’état) et John KELLY, qui passeront, bientôt à l’attitude exactement opposée- assurent directement et indirectement l’Irak de la neutralité des USA. De bien étranges déclarations pour les représentants d’un système qui, depuis 10 ans, a fait du Moyen-Orient son objectif stratégique n° 1…

 

 

31 juillet : L’après-midi même où doit se tenir à Djeddah une ultime réunion de conciliation entre Koweïtiens et Irakiens, l’émir Jaber Al Sabah annonce qu’il ne se déplacera pas. Blessé, Saddam Hussein annule son voyage. La délégation koweïtienne tentera de marchander la reconnaisance des frontières contestées par l’Irak contre le prêt demandé par celui-ci minoré de 10%. Cette attitude coïncide avec un conseil qui aurait été donné par la CIA aux Koweïtiens 10 mois auparavant.

Dans la nuit du 1 au 2 août, l’armée irakienne envahit le Koweït.

A partir du 2 août, toute l’activité de la plupart des systèmes politiques, des lobbies et des media occidentaux tendra à préparer et justifier par tous les moyens l’écrasement de l’Irak.

Très rapidement, l’administration Bush sabote toutes les ébauches de solution négociée, comme, par l’entremise de l’Egypte, ce sommet arabe auquel voulait participer Saddam Hussein le 4 août et qui, au dire même du président irakien, pouvait aboutir à un retrait de l’armée d’occupation dès le lendemain. Plus tard, vers novembre, les USA utiliseront même la Syrie -l’ennemi terroriste d’hier- pour couper court à toute ouverture « risquant » d’éviter la guerre… La Syrie qui – comme l’Irak avec le Koweït mais depuis beaucoup plus longtemps : 1977 – occupe le Liban et à laquelle le gouvernement Bush a permis d’écraser les Chrétiens du général Aoun et d’annexer, de facto, le Liban, pour prix de son aide contre l’Irak.

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