La nouvelle gauche écologiste en France – Ecology movement – Social ecology – French ecologist new left movement

 

« (…) mettre le progrès technique au service du genre humain est la seule perspective qui puisse éviter un retour à la barbarie sous quelque forme que ce soit. Cela, seul le socialisme le pourra et, non seulement il permettra l’utilisation exclusive du progrès en fonction des intérêts généraux de l’humanité, mais encore, en mettant en commun toutes les ressources mondiales matérielles et humaines, il fera franchir rapidement des pas de géant aux connaissances et aux réalisations humaines auprès desquelles celles dont dispose aujourd’hui la société capitaliste apparaîtront comme dérisoires.« 

conclusion d’une harangue anti-écologiste de Pierre VERNANT
dans Lutte Ouvrière n°247, mai 1973

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C’est un épisode méconnu mais ô combien révélateur des grandes manoeuvres dont la nouvelle gauche écologiste et tout le mouvement social ont été victimes à partir des années soixante (au moins).

En 1971, dans le bagage du collectif de la Semaine de la Terre, il y avait le projet d’une campagne contre un délire industriel en pleine expansion…
« (…)
Des déchets, il y en a toujours eu, mais voilà : ils étaient bio-dégradables, pour parler instruit. Les bactéries ambiantes les attaquaient à peine produits, et les transformaient tranquillement en une chose noirâtre, spongieuse, qui sentait la cave et le champignon : l’humus, autrement dit la terre, la bonne terre grasse et nourrissante où toute plante germe, croît et donne son fruit. Toute plante, c’est à dire toute vie.
(…)
Le plastique, lui, on ne peut rien en faire. Non recyclable. Non brûlable. Dans dix mille ans, nos descendants charmés trouveront encore nos bouteilles aplaties et nos étuis tortillés dans les couches géologiques, et la mer inlassablement bavera sa bave de plastique sur les plages.
(…)
Le problème, pourtant, le vrai, il est à l’autre bout. Là où l’on produit ces saloperies. Pourquoi Pourquoi tant d’emballages ? Pourquoi cette débauche de plastique, d’aluminium, de papier cristal et d’encre multicolore autour de nos petits-beurre ? Pourquoi ces millions de bouteilles d’eau minérale, de caisses (en bon bois d’arbre qui ne sert qu’une fois) pour les transporter, d’étiquettes, de clous, de camions, de…, de… (…) »

Cavanna, « La belle fille sur le tas d’ordures« , Ecologie Infos en mai 1987.

Ne l’oublions pas, Cavanna avait permis à Pierre Fournier de s’exprimer. Il l’avait encouragé, puis l’avait aidé à créer La Gueule Ouverte. Cavanna était un de la nouvelle gauche écologiste. 

 

les fonds marins de Taïwan en 2017

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La nouvelle gauche écologiste en France – Ecology movement – Social ecology – French ecologist new left movement

Nous sommes je crois chers camarades d’accord sur l’essentiel d’une perspective commune utile à la croissance marchande, mais nous ne pouvons espérer le succès qu’en étant cohérent et en ayant des réponses globales à tous les problèmes se posant. Ce n’est pas l’impression que votre argumentation donne.

D’autre part, vous savez sans doute que j’ai repris des activités professionnelles à plein temps ; il ne m’est plus possible de préserver le temps nécessaire aux conversations du type de celles que vous me proposez. Mais la commission spécialisée du PSU prendra connaissance avec intérêt de vos textes sur le problème des nuisances comparées des diverses formes d’énergie.

Bien amicalement à vous.

p.o. Michel Rocard le 6 février 1974

 

Rocard était l’un des piliers de la « deuxième gauche » dont nous ignorions jusqu’à l’existence. Les différentes officines de cette « deuxième gauche » se prétendaient anticapitalistes et autogestionnaires. En fait, c’était juste un pseudopode d’une « gauche socialiste » qui ne l’était plus (ni de gauche ni socialiste). Il y avait quelques années déjà que, par tromperie et par force, presque toutes les composantes de la gauche avaient été vidées de leurs révolutionnaires, et même des réformistes. Aux postes clés, tous avaient été remplacés par les collaborateurs de la « troisième voie« , sorte d’introduction social-démocrate au néo-capitalisme (comme on le découvrira, mais trop tard, à partir de 1983 avec Jacques Delors, un autre de cette « deuxième gauche« ).

On ne peut confondre cette « deuxième gauche » avec la nouvelle gauche* … Rien que l’extrait du courrier de 1974 où Rocard et le bureau du PSU s’affichent en chantres de « la croissance marchande » démontre à quel point la culture de la « deuxième gauche » était opposée à celle de la nouvelle gauche. La suite, jusqu’à aujourd’hui, ne fera que le confirmer.

  • qui avait été traduite de new left, sans prendre conscience de l’équivoque


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