Au début de l’année 1971, en pleine préparation de la Semaine de la Terre, je tente d’ouvrir le dialogue avec les dirigeants du mouvement coopératif (mes employeurs *) pour stimuler la production et la distribution de produits bio.

* je travaillais à l’Institut des Etudes Coopératives qui s’efforçait de maintenir en vie l’idéal coopératif

Je leur adresse donc une lettre…

 

Proposition faite aux délégués du Mouvement Coopératif ; principalement les Coopératives de Consommation, le Laboratoire Coopératif d’Analyses et de Recherches, les Coopératives Agricoles et le Comité National des Loisirs :

 

Un impératif : la qualité

En France, la situation démographique et économique a atteint un développement très favorable à la maturation d’une prise de conscience des problèmes liés de près ou de loin à la qualité de la Vie. Il s’agit sans doute d’un phénomène né de l’opposition entre la conséquence normale de la course à l’abondance : la hausse quantitative du niveau de vie, et la conséquence négative amplifiée par l’augmentation de la densité de population : la nouvelle forme de paupérisation qu’est la détérioration de l’environnement. L’une permet l’accession du plus grand nombre à la connaissance et au confort, l’autre gâte la satisfaction des besoins suscités par l’amélioration primitive et compromet l’avenir. De cette prise de conscience d’un état paradoxal surgira un climat de mécontentement croissant. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les pays qui, comme les Etats Unis, nous précèdent dans la voie de l’expansion économique. Il semble qu’il apparaisse chez eux un autre facteur de sensibilisation : l’abondance des biens de consommation qui conduit à une réaction de saturation.

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Comment le capitalisme a effacé la nouvelle gauche, en France et partout ailleurs, et condamné l’avenir

En cours de restauration

 

Avril 2018 – la violente répression des résistants de Notre-Dame-Des-Landes et le saccage du bocage en pleine période de reproduction s’inscrivent dans le prolongement du sabotage de l’alternative à l’exploitation capitaliste et du triomphe des prédateurs quarante ans auparavant. Aussi, l’affaiblissement de la protection déjà théorique des cours d’eau. Et encore le triomphe des lobbies mortifères dans le débat faiblard de la loi alimentation et agriculture, etc. Pas un élément de la crise planétaire qui n’y soit relié.

 

 

 

 

L’assaut

Dans la nasse

Quand glisse le masque

Planification de la ruine profitable

 

 

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C’est un épisode méconnu mais ô combien révélateur des grandes manoeuvres dont la nouvelle gauche écologiste et tout le mouvement social ont été victimes à partir des années soixante (au moins).

Ce seul événement met en lumière une bonne partie de ceux qui, depuis plusieurs années déjà, s’étaient secrètement réunis afin de casser l’élan du mouvement écologiste et en métamorphoser l’image pour la mettre au service du projet capitaliste.

 

Illustrations pour un tract de la campagne contre les emballages en plastique (1971)

 

En 1971, dans le bagage du collectif de la Semaine de la Terre, il y avait le projet d’une campagne contre un délire industriel en pleine expansion…


« (…) Des déchets, il y en a toujours eu, mais voilà : ils étaient bio-dégradables, pour parler instruit. Les bactéries ambiantes les attaquaient à peine produits, et les transformaient tranquillement en une chose noirâtre, spongieuse, qui sentait la cave et le champignon : l’humus, autrement dit la terre, la bonne terre grasse et nourrissante où toute plante germe, croît et donne son fruit. Toute plante, c’est à dire toute vie.
(…)
Le plastique, lui, on ne peut rien en faire. Non recyclable. Non brûlable. Dans dix mille ans, nos descendants charmés trouveront encore nos bouteilles aplaties et nos étuis tortillés dans les couches géologiques, et la mer inlassablement bavera sa bave de plastique sur les plages.
(…)
Le problème, pourtant, le vrai, il est à l’autre bout. Là où l’on produit ces saloperies. Pourquoi Pourquoi tant d’emballages ? Pourquoi cette débauche de plastique, d’aluminium, de papier cristal et d’encre multicolore autour de nos petits-beurre ? Pourquoi ces millions de bouteilles d’eau minérale, de caisses (en bon bois d’arbre qui ne sert qu’une fois) pour les transporter, d’étiquettes, de clous, de camions, de…, de… (…) »

Cavanna, « La belle fille sur le tas d’ordures« , Ecologie Infos en mai 1987.

Ne l’oublions pas, Cavanna avait permis à Pierre Fournier de s’exprimer. Il l’avait encouragé, puis l’avait aidé à créer La Gueule Ouverte. Cavanna était un de la nouvelle gauche écologiste

 

 

1971, c’est l’année de naissance du navigateur Yvan Bourgnon

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yvan_Bourgnon

Entre 1979 et 1983, il a eu la grande chance de faire un tour du monde avec ses parents et de voir les océans en bon état :

« À 8 ans, j’ai fait un tour du monde avec mes parents, nous n’avons vu aucun plastique. Trente-cinq ans plus tard, il y en a partout »

http://www.leparisien.fr/environnement/pollution-le-navigateur-yvan-bourgnon-invente-le-bateau-nettoyeur-des-mers-06-04-2018-7650570.php

 

 

les fonds marins de Taïwan en 2017

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