sommaire
Encore et toujours l’amiante
Représentation immobiliste
NDDL : imposture et simulacre
Le fiasco est complet
L’anthropocentrisme démasqué

Bob Dylan après Dario Fo
En France, le viol est un phénomène massif  
La bagnole, un symptôme de tout le reste 

A propos de « la science économique« 
Vous avez dit ALSTOM ? 
L’air, ce tueur de masse, dixit l’OMS
Déclin des passereaux : prise de conscience
La France est « un pays psychologiquement usé, au bord de l’épuisement« 
Et vous, « anthropocène« , ça vous va ?
Légende André Gorz : vous reprendrez bien une dose de bourrage de crâne ? 
Isolation par l’extérieur obligatoire !
Droit au coeur du chaos, pied au plancher 
L’OLIVIER le film
Pollution aux gaz d’échappement de moteur diesel
des effets sur les fœtus sur 2 générations
Une « société » capable de traiter ainsi les réfugiés a perdu la mémoire et le sens du bien commun, et n’a plus rien à espérer
Le crépuscule des grenouilles 
La dégradation des coraux est d’une ampleur et d’une durée inédites»
. . . novembre 2016 Encore et toujours l’amiante : Condamnation d’un établissement public

le CHU de Besançon condamné à 40 000€ d’amende avec sursis pour avoir exposé une partie de ses salariés à l’amiante entre 2009 et 2013.

 
Le sentiment des personnels exposés rejoint le constat fait à l’échelle nationale depuis des années :
« On ne comprend pas la finalité de cette condamnation extrêmement symbolique. 40 000€ avec sursis c’est à dire rien ! Donc, l’employeur public peut très bien recommencer. Cela ne lui coûte rien. Cette mise en danger de mort et d’infirmité permanente de ses propres personnels – sciemment. Et que pour cela les gens qui se sont permis, en toute conscience, de faire cela sont tous en place et le seront demain matin. Il n’y a rien de changé dans l’établissement.« 
 
On apprécie le « sursis » accordé à l’établissement coupable. Un « sursis » que n’ont pas connu les victimes de l’amiante et les personnes exposées qui demeurent dans l’incertitude toute leur vie.
 
Cependant, ce jugement est une première en France. Presque une révolution !
 
Dans ce pays où même le Sénat a produit (en 2006 !) un acte d’accusation détaillé sur Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir (https://www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-1.html), jamais un établissement public et, qui plus est, un établissement non transformateur/producteur d’amiante n’avait été ainsi condamné ! Certes, il y a bien eu les condamnations pour faute inexcusable de l’employeur (une procédure difficile, inaccessible à la plupart), mais toutes sont tombées au fond du grand tiroir des affaires classées, effacées, oubliées. Elles n’ont jamais été suivies d’une enquête, d’une procédure, pour établir les responsabilités, corriger les défaillances, supprimer la cause des pollutions, établir le suivi médical des personnels, etc. Ce qui devrait être un commencement a été aménagé en voie sans issue. Ainsi, tout le travail d’établissement des faits et d’analyse effectué au cours de ces procédures longues et fouillées n’a strictement servi à rien (a). Une justice poudre aux yeux.
 
Evidemment, cette énorme carence n’est pas le fait d’un simple oubli. En France, toutes les voies de recours ont été fermées. Et la presse, elle-même, s’est tue. Les dernières illusions qui encourageaient encore à l’action voici quelques années ont été soigneusement effacées. Il n’y a plus rien.
 
Bien sûr, la direction du CHU Jean-Minjoz a fait part de son intention de faire appel de la condamnation.
 
 
(a) Ainsi pour la Comédie Française : 5 maladies professionnelles reconnues et 2 condamnations pour faute inexcusable de l’employeur :
« La Comédie Française côté tragédie« , Le Canard Enchaîné N° 4439 du 23 novembre 2005.
« Une tragédie bien réelle à la Comédie Française« , article signé VS de L’Yonne Républicaine, décembre 2006.
« La Comédie Française condamnée aussi« , article signé VS de L’Yonne Républicaine du 20 02 2007.
« La mort en coulisses« , article de Patrick Herman, Témoignage Chrétien N°3242 du 1er mars 2007
« L’Amiante tue à la Comédie Française« , revue Coulisses n°47 de mars 2007 du Syndicat National des Professionnels du Théâtre et des Activités Culturelles)
« Les théâtres aussi sont confrontés à l’amiante – Un mort et deux malades à La Criée, à Marseille, deux décès à la Comédie-Française. La réflexion est en cours« , article de Brigitte Salino, Le Monde du 16 12 2010
http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/12/16/les-theatres-aussi-sont-confrontes-a-l-amiante_1454294_3246.html#SiGvixwZFcwDyJgc.99
 
 
 
Sur ce que vivent les victimes et leurs proches :
« Mourir d’amiante« , récit du combat d’Anne-Marie Goudard, Libération du 21 02 1997
 
 

REPRESENTATION IMMOBILISTE
168 maires d’Ile de France s’opposent à toute évolution

On ne connaît que trop la responsabilité de la plupart de ces favoris des lobbies dans la dégradation générale, particulièrement dans l’effondrement de la biosphère. A l’heure du bouleversement climatique, des 40 000 décès annuels dus à la pollution atmosphérique en France (400 000 en Europe), de la stérilisation des terres et des campagnes sous le système automobile (un monopole radical s’il en est), la posture de ces élus n’est-elle pas un petit peu paradoxale ?

manif à vélo aux Champs Elysées en 1972

45 ans après les premières manifestations contre l’invasion automobile, sous la houlette du lobby automobile, ces délégués à priori chargés de défendre le bien commun se dressent contre toute tentative de réduire la première nuisance urbaine.

Voilà qui permet d’apprécier précisément quel est leur degré de conscience et l’imposture d’un système électoral qui s’oppose au bien commun.

dessin de Mix et Remix

NDDL : imposture et simulacre

L’espoir que le ciel n’est pas vide avait été ravivé par une rapporteure publique faisant un salutaire rappel à la loi et à la logique du vivant (1). La larme à l’oeil, des foules de croyants se maudissaient déjà d’avoir été trop sceptiques vis à vis de l’institution. Ils s’apprêtaient même à reprendre le chemin des urnes.

Mais, dans un système « anti-nature«  débridé depuis des décennies, la résilience n’est que mirage. Force doit rester au saccage du bien commun !

Pillons, détruisons, ne laissons rien subsister !

Les croisés de l’Ordre du Profit ont encore fait résonner une enceinte de « l’État de droit » de leurs cris. Cri d’amour pour la domination, cri de haine pour la vie. Happés par le vertige de la mort, ils ont précipités le monde dans un chaos. Mais que leur importe ? Ils en jouissent.

Ils n’ont jamais souffert la moindre résistance. Toutes les tentatives ont été étouffées ou récupérées. Celle de l’opposition à la destruction du pays de NDDL n’a fait qu’exaspérer leur fièvre et leur entêtement.

La préservation du peu qui reste ? Infléchir leur course à « la croissance marchande » (2) ? Libérer les alternatives à leurs chères – très chères – industries dures ? Vous n’y pensez pas ! Le chaos est leur élément, et de toutes leurs forces, ils veulent l’amplifier pour se sentir encore puissants pendant qu’il en est temps :
Romain Felli: «Au lieu d’être un obstacle pour le capital, le…
liberation.fr

Le capitalisme tire parti de la crise climatique pour sauver ses profits 

La Sibérie étant démodée, la magistrate rapporteure publique ira sans doute poursuivre sa carrière exemplaire en Guyane, ou en Nouvelle Calédonie comme les gendarmes qui voulaient intervenir au Bataclan (http://www.profession-gendarme.com/attentat-pourquoi-ont-ils-interrompus-laction-des-gendarmes/)

 

(1) http://www.francetvinfo.fr/politique/notre-dame-des-landes/notre-dame-des-landes-le-rapporteur-public-demande-l-annulation-d-arretes-autorisant-les-travaux_1909699.html

(2) « La croissance marchande » vantée par Michel Rocard et le bureau du PSU en 1974 dans un courrier qu’ils croyaient confidentiel.

octobre 2016

Le fiasco est complet

 
Après le Jour du Dépassement * établi maintenant au début du mois d’août, le dernier rapport sur l’état de la biosphère confirme l’effondrement du vivant. Vu la progression exponentielle des destructions et la furie de la domination et du profit qui ont été imposés à peu près partout et à tous les niveaux, il ne peut en être autrement.
de la capacité de la biosphère à renouveler ce que les hommes consomment et détruisent chaque année
http://assets.wwffr.panda.org/downloads/27102016_lpr_2016_rapport_planete_vivante.pdf

 

Cependant, il est très fâcheux que le rapport soit sous-titré « Risque et résilience dans l’Anthropocène » et que, tout au long du texte, on rencontre « l’Homme«  au singulier. De même cet « Homme«  est distingué de « la Nature« , comme si l’humanité était étrangère à la biosphère. Mais s’agit-il d’une maladresse ? Cela cache les causes culturelles et structurelles du naufrage. Aucune esquisse d’analyse là-dessus ! Ainsi, l’attention est-elle détournée du principal responsable du désastre, qui n’est, évidemment, pas l’humanité dans son ensemble (1) !

Face à une telle faillite, ne serait-ce que pour deviner comment enrayer le processus mortifère, l’important serait d’apprendre comment et pourquoi – bref, l’histoire de toute l’affaire.

Le hic, c’est que cet « Anthropocène » rejette la responsabilité sur tous, y compris les victimes (2). Donc, il détourne des questions éclairantes sur la genèse du processus. A croire que le mot et l’idée ont été pondus exprès… Tactique de l’écran de fumée ? Une grosse annonce très médiatisée pour attirer l’attention en paraissant à la pointe de la cause écologiste, mais assortie d’un message lénifiant et démobilisateur, un leurre qui accroît la confusion… Comme souvent.

Les écologistes analysent et préviennent depuis des dizaines d’années, plusieurs générations. Sans même évoquer les grands anciens, l’alarme a été donnée dans les années 1950/1960.

Il y avait, alors, un vrai sentiment d’urgence car des destructions sans précédent étaient développées partout, et les projets mirifiques présentés comme des « progrès« annonçaient des désastres encore plus grands. La disponibilité et la sensibilité étaient plus grandes qu’aujourd’hui puisque les prémices des catastrophes actuelles qui ne motivent pas grand monde avaient suffi à soulever un mouvement planétaire. Alors, tous parlaient de « prise de conscience« . Mais ce que nous ignorions et qui expliquait la mutation dont nous ne voyions que les effets, c’est la prodigieuse mobilisation de forces pour pousser sans limites l’exploitation des hommes et de la biosphère : la globalisation néo-capitaliste.

En ces temps de guerre économique totale sous prétexte de « guerre froide« , l’alerte écologiste n’est pas passée inaperçue des stratèges à la manoeuvre. Une partie de l’appareil de la « guerre froide » a été redirigée contre les nouveaux trublions. Très vite, les écologistes ont été entourés par des gens qui disaient partager leurs inquiétudes, et ne leur vouloir que du bien. Mais ceux-là étaient venus pour tout autre chose. Comme auparavant les militants sincères des organisations syndicales et politiques *, les écologistes indifférents aux manœuvres de séduction-intimidation ont bientôt été muselés, escamotés, remplacés par des masques, rejetés et condamnés à l’impuissance et au silence. Bannis. Le capitalisme ne souffre aucune résistance.
* principalement entre l’organisation de la scission de la CGT, en 1946/47, et la grande vidange du PSU en 1964

En quelques années, c’en était fini de la mobilisation des consciences et des volontés. La finance, les lobbies adoubés, les ex-faux gauchistes révélés néo-cons, et les « gagneurs« , avaient le champ libre. Nous ne cessons d’en admirer les résultats.

Les foules n’ont rien vu de la substitution. Elles n’ont pas non plus compris pourquoi leurs espoirs étaient sans cesse bafoués par ceux qui disaient les représenter et les défendre. Elles ont longtemps continué à élire les imposteurs en espérant un retour à la cohérence. La confusion engendre toujours plus de confusion.

Le désastre n’a pas été généré par la culture du bien commun qui, naturellement, a longtemps été la mieux partagée. La situation écologique est devenue gravissime parce qu’elle l’est culturellement, philosophiquement et politiquement depuis longtemps, parce qu’il y a eu un changement de paradigme, d’habitudes et de réflexes. Avec l’élimination systématique des forces vives de la nouvelle gauche écologiste qui proposaient la restauration de la culture du bien commun pour éviter le chaos et construire une civilisation conviviale, le sens, le « bon sens« , celui inspiré par le vivant, a été perdu.

Maintenant, le risque est très grand que les foules abusées et désinformées se tournent massivement vers les Diafoirus les plus fous. C’est déjà le cas pour ceux qui sont tombés dans la violence et augmentent l’alarme des autres désorientés.

Les apprentis sorciers ont lancé et continuent d’entretenir la spirale infernale. Le leurre Anthropocène démontre leur volonté de ne rien changer sur le fond (3).

ACG

 
 
(1) « Et vous, « anthropocène« , ça vous va ? »

https://renaissancerurale71bis.wordpress.com/2016/10/28/et-vous-anthropocene-ca-vous-va/

Dans tout ce rapport de 144 pages, pas une fois capitalisme, capitalisation ou globalisation. Pas même libéralisme. Tout juste libéralisation (du commerce) : 2 fois.
 
 
(2) Le seul exemple, mais apocalyptique, de l’huile de palme industrielle dit où sont les responsabilités : « Huile de palme : désastre mondial« 
 
 
(3) Au lieu d’être un obstacle pour le capital, le réchauffement climatique lui permet de s’étendre à de nouveaux secteurs
« (…) Y a-t-il une réelle volonté des Etats et des sociétés d’enrayer le réchauffement climatique ? Géographe et politiste suisse Romain Felli en doute et voit plutôt se profiler, depuis des années, une logique d’adaptation qui servirait un «capitalisme climatique». Dans un essai percutant, la Grande Adaptation : climat, capitalisme et catastrophe, il met en lumière ce qu’il estime être un renoncement. (…) »
La Grande Adaptation, par Romain Felli
Le capitalisme tire parti de la crise climatique pour sauver ses profits

En Alberta, tout est dévasté pour le profit

L’antropocentrisme démasqué

Vous pensez que les humains sont bien plus intelligents que les autres animaux? Pas si vite, Einstein! Des chercheurs de l’université australienne d’Adélaïde démontrent dans un livre à paraître, The Dynamic Human, (trad. L’Homme dynamique, ndr.), que les humains ne sont pas beaucoup plus intelligents que les autres créatures – et que certains animaux peuvent être plus brillants que nous. 

« Depuis des millénaires, toutes sortes d’autorités –des autorités religieuses aux éminents savants– répètent la même idée ad nauseam, à savoir que les humains sont connus pour être les plus intelligents du royaume animal », écrit le docteur Arthur Saniotis, le co-auteur du livre et professeur invité à l’école des sciences médicales d’Adélaïde. « Pourtant, la science nous montre que les animaux peuvent avoir des facultés cognitives supérieures à celles des êtres humains. »
(…)
« La thèse de la supériorité cognitive humaine s’est ancrée dans la philosophie et les sciences humaines », explique Saniotis. « Même Aristote, qui est probablement le plus influent de tous les grands penseurs, affirmait que les humains étaient supérieurs aux autres animaux de par notre capacité exceptionnelle à raisonner. »

Mais la raison n’est qu’une des formes d’intelligence existantes, selon Saniotis et Hennerberg. (…)

…de toutes façons, il suffit d’observer comment se comporte une quantité invraisemblable d’humains pour être convaincu que leurs prétentions ne sont pas à la mesure de leurs capacités. Cela semble même inversement proportionnel.

Bob Dylan après Dario Fo
 
Coïncidence étrange. Tous deux ont pleinement participé au mouvement critique et révolutionnaire des années 1960, et la suite, celui qui a été baptisé new left, nouvelle gauche – celui qui a tenté de contrecarrer l’installation de l’ultra-capitalisme, l’impérialisme destructeur de toute vie. Scandale chez ceux qui se placent au-dessus du panier et considèrent que les institutions comme le Nobel doivent rester territoire élitiste. On a l’élitisme qu’on peut ! https://www.youtube.com/watch?v=WLwHnNybADo

Masters of War

Vous, maîtres de la guerre
Qui fabriquez toutes ces armes,
Construisez les avions de la mort
Et fabriquez ces grosses bombes
Qui vous cachez derrière des murs,
Vous abritez derrière des bureaux
Je veux que vous sachiez
Que je vois au travers de vos masques

Vous qui n’avez jamais fait
Que construire pour démolir
Vous jouez avec le monde
Comme si c’était votre petit jouet
Vous nous procurez des armes
Et puis disparaissez de notre vue
Pour vous éloigner et vous cacher
Quand les balles sifflent 

Comme Judas autrefois
Vous mentez et trompez
Vous voulez nous faire croire
Qu’une guerre mondiale peut se gagner
Mais je vois à travers vos yeux
Et je vois à travers vos cerveaux
Comme je vois à travers les eaux
Qui s’écoulent dans nos égouts

Vous tendez la gâchette
Pour que les autres tirent
Puis vous vous retirez et regardez
Alors que le nombre de morts empire
Vous vous cachez dans vos demeures
Alors que le sang des jeunes
S’écoule de leur corps
Et se fond à la boue
(…)

http://www.bobdylan-fr.com/trad/mastersofwar.html

En France, le viol est un phénomène massif

Près de 100 000 viols chaque année : multiplication de « faits divers » ou réel problème de société ?

Le viol – agression sexuelle avec pénétration – est un phénomène massif, et pourtant encore peu dénoncé et peu condamné : 
parmi les dizaines de milliers de victimes, environ 1 sur 10 porte plainte, et seule 1 plainte sur 10 aboutira à une condamnation
 
Le viol est un crime sexiste : 
la quasi-totalité des agresseurs sont des hommes quand l’immense majorité des victimes sont des femmes et des enfants. 
Enfin, le viol est une arme de destruction des femmes comme en témoignent les conséquences nombreuses qu’il génère chez ses victimes, tant physiques que psychiques.
 
Cinq raisons principales expliquent cette réalité inacceptable : 
 
une tolérance sociale qui peut valoriser la « culture des violeurs » et laisse peser la responsabilité sur les victimes ; 
 
une écoute insuffisante des femmes ou enfants victimes, notamment parce que les professionnel.le.s ne sont pas assez formé.e.s pour les accueillir, les protéger et les accompagner de manière adaptée ; 
 
des défaillances dans le recueil et la préservation des preuves conduisant à ce que de nombreuses affaires soient classées sans suite ; 
 
des délais de prescription inadaptés aux violences sexuelles et aux conséquences du choc post-traumatique qui peuvent souvent retarder longuement la révélation des faits ; 
 
la minimisation du viol du fait de sa fréquente « correctionnalisation » (le viol, un crime, est déqualifié en délit). (…)

Ce viol « massif » commence dans les têtes. Il y commence parce qu’il y manque quelque chose – souvent beaucoup. 

C’est un révélateur de l’état de la société, la manifestation d’une culture répandue, un symptôme de la prégnance de la culture de la domination et du mépris de l’autre. 

On peut oser le parallèle avec beaucoup d’autres rapports sociaux exploiteurs, harceleurs, dominateurs, méprisants, censeurs, menteurs, tous comportements violents qui, pas davantage que le viol des corps, ne soulèvent l’indignation et la réprobation générale. Un signe ! Dans tous les cas, les victimes restent sans soutien, seules, tandis que les moeurs dérivent encore. 

A rapprocher des constats sur le burn-out de la société française (Jean-Paul Delevoye)… en tout cas des causes de celui-ci.

« Reprenons-nous !« , de Jean-Paul Delevoye : une « démocratie d’émotions« 
http://www.lemonde.fr/livres/

La bagnole, un symptôme de tout le reste

Guillaume Meurice propose un petit tour éducatif au Salon de l’Auto

Quel meilleur endroit, en effet, pour faire provision d’absurdités grosses comme des 4×4 ?

Car, sachez-le, le 4×4, avec toutes ses roues motrices, est indispensable pour la conduite en ville, surtout sur les pavés mouillés de Saint Germain des Prés…
 

Vous apprendrez aussi qu' »un véhicule qui est considéré comme propre qui peut polluer moins qu’une Clio diesel » est un pick-up de 2 tonnes 6, 395 chevaux.
 
Non moins remarquables, les moteurs multiples équipant les 4×4, enfin certains. Explications, ces voitures sont lourdes, donc… plusieurs moteurs. Cela fait penser à la problématique du gruyère – à l’envers : plus la voiture est lourde, plus il y a de moteurs. Plus il y a de moteurs, plus la voiture est lourde…
Guillaume Meurice a appris que les voitures diesel étaient sans risques pour la santé et l’environnement. Pour vérifier, il est parti au Salon de l’auto. 
J’ai appris que les voitures diesel étaient désormais sans danger pour la santé et l’environnement. Pour vérifier, je suis allé au Salon de l’Auto… Par exemple, chez la marque Honda, tous les modèles sont « éco-responsables ». Du coup, j’ai posé une question à un représentant de la firme :
Vous allez arrêter de produire des diesels ?
« Non, mais, non, si vous voulez, il faut s’adapter progressivement. On a pu sortir des modèles extrêmement performants, dont notamment un dernier moteur qu’on a sorti il y a 2 ans, qui fait 120 chevaux, qui est propre, mais… »
Un moteur de 120 chevaux propre ?
« Oui, tout à fait, c’est un moteur de 120 chevaux qui est classé comme un moteur raisonnable au niveau consommation. »
Vous êtes écologiste ?
« Non, je ne dis pas ça »…
Alors je suis allé voir une marque complètement verte, c’est Mitsubishi, marque connue pour ses gros 4×4, des voitures, on le sait, parfaitement adaptées à la ville.
« Elles sont toutes pour la ville… »
Mais est-ce qu’on a besoins d’une grosse voiture comme ça, en ville ?
« Elle est pas grosse celle-là. Ah non, elle est compact, celle-ci c’est un SUV compact. C’est petit, ça… »
Ca, c’est petit ?
« Mais oui, l’avantage de ces voitures-là… »
Mais combien de tonnes elle fait celle-là ?
« Alors, celle-là elle fait 1 tonne 8… »
1 tonne 8 ?!
La petite voiture de ville, 1 tonne 8 pour transporter, j’vous le rappelle : 50 kg de viande botoxée et un sac Vuiton. Donc, 1 tonne 8 pour partir à l’assaut des rues du VIème arrondissement de Paris car un 4×4 en ville c’est hyper-important.
« Ca vous permet, bah quand il pleut, d’avoir une meilleure adhérence, quant les surfaces, on va dire, sont moins sur route, un p’tit peu… vous avez besoin d’adhérence ! Donc, à partir du moment où vous avez 4 roues motrices… »
Même à Saint Germain des Prés, par exemple ?
« Même à Saint Germain des Prés, il pleut sur les pavés ! »
Donc, il faut des 4×4. Il faut des pare-buffles aussi. Et des treuils de 12 mètres (…)
 
https://www.franceinter.fr/…/le-moment-meurice-03-octobre-2…

Les monstres de 2 tonnes, voire 3 tonnes, sont autorisés à circuler à Paris. Pas les anciennes voitures 3 ou 4 fois moins grosses !

A propos de « la science économique« 

« Un échec absolument terrible de la « science » économique, c’est l’environnement.  (…)

Tout était sur la table au moins dans les années 70 (…)

En 68, déjà, la question environnementale était centrale dans les débats politiques et cette question a totalement disparu des facultés d’économie pour ne commencer à revenir que ces dernières années. Mais le problème, c’est que c’est trop tard !

On a perdu 40 ans absolument cruciaux dans la préservation de l’environnement, dans la préparation du futur, dans l’organisation de la transition écologique absolument nécessaire de nos sociétés.

Et, là, il y a une responsabilité majeure des économistes y compris « hétérodoxes » qui dans leur grande majorité ont négligé cette question.« 

Gilles Raveaud sur France Inter :
émission La tête au carré du jeudi 30 avril 2015
L’économie, une science en crise ?
http://www.franceinter.fr/personne-gilles-raveaud

La suite de l’émission est tout aussi passionnante… 
Geneviève Azam :
« L’économie, aujourd’hui, a intégré la dimension environnementale et la dimension écologique. L’économie de l’environnement est extrêmement prospère. Mais c’est une conception tout à fait particulière de l’environnement. C’est à dire : c’est l’économie qui ingurgite, qui internalise la nature. Il ne s’agit pas de considérer la nature comme un extérieur qui pourrait donner des informations à l’économie. Il s’agit, au contraire, d’internaliser la nature, d’internaliser les pollutions à l’intérieur même du système économique. C’est l’économie verte, c’est ce qu’on appelle la « bio économie », etc. (…) »
Gilles Raveaud :
« Ca fait quelques années seulement. Si on se situe par rapport aux années 70, si on regarde les cours d’économie… Dans tous les manuels d’économie aujourd’hui, on vous explique que le phénomène de la croissance économique est permis par 2 facteurs de production que sont le travail et le capital. Autrement dit, cette table a été fabriquée par des hommes et des machines, mais sans bois, sans électricité… Il y a un retard considérable de la pensée économique sur la pensée environnementale.« 
sans bois, sans électricité, et dans un environnement vide de toute vie. Hors sol, comme les doctes économistes de la propagande. 
 

 

Geneviève Azam :
« Ce que je voulais dire, c’est qu’en intégrant ainsi l’écologie, la nature, dans la logique économique, cela n’éclaire pas la réflexion, cela ne fait qu’étendre la conception économique du monde. »
Puis Lionel Larqué rebondit en dénonçant l’absurdité de plusieurs conceptions basiques de l’économisme actuel… 
Mieux encore, il évoque le travail d’Antonin Pottier* qui souligne la réaction provoquée par le Rapport Meadows du Club de Rome. Réaction est le bon mot, puisque les économistes ont basculé dans une fermeture au monde du vivant, une dématérialisation, une déconnexion par rapport au réel toujours en vigueur.
* L’économie dans l’impasse climatique
En particulier, à partir de : 2.2.2 Le choc du rapport du Club de Rome 
Mais… comment s’est développée cette réaction ? Et qui l’a soutenue, sinon stimulée ? Hum ? Et puis, comment distinguer entre un Club de Rome élitiste et les réactionnaires ?
Au-delà de l’imprécision du langage*, une émission qui fait du bien !

* Par exemple, l’évocation d’une impossible « intégration de la dimension écologique », comme, d’ailleurs, l’auteure le dit elle-même après. Autre exemple : « la nature » (concept anthropocentriste pour exclure tout ce qui n’est pas « Homme »). 

En rapport : 

de Eloi Laurent

Nos mythologies economiques
les liens qui libèrent
L’économie est devenue la grammaire de la politique : elle encadre de ses règles et de ses usages la parole publique, à laquelle ne reste plus que le choix du vocabulaire, de la rhétorique et de l’intonation. Or, pas plus que l’économie n’est une science, la grammaire économique n’est un savoir. Elle relève plutôt de la mythologie : une croyance en un ensemble de représentations collectives aussi puissantes que fausses.
Ce livre se propose de déconstruire trois discours aujourd’hui dominants, parvenus à différents degrés de maturité et qui reposent largement sur des mythologies économiques : le néo-libéralisme finissant, la social-xénophobie émergente et l’écolo-scepticisme persistant. Parmi les quinze mythologies économiques majeures que ce livre déconstruit : « Une économie de marché dynamique repose sur une concurrence libre et non faussée », « Il faut produire des richesses avant de les redistribuer », « Les flux migratoires actuels sont incontrôlables et conduisent au grand remplacement de la population française », « L’immigration représente un coût économique insupportable », « Les marchés et la croissance sont les véritables solutions à nos crises écologiques », « L’écologie est l’ennemie de l’innovation et de l’emploi ».

la mauvaise gestion des gestionnaires

Vous avez dit ALSTOM ?

C’est le moment de se souvenir de ce qui s’est passé hier…

Comment Alstom a choyé son fossoyeur ?

5,1 millions d’euros, l’indemnité de départ de Pierre Bilger  

article de Nicolas Cori, Libération, vendredi 8 août 2003 

« (…) Qui sait, dans le grand public, que cet ancien inspecteur des finances est le principal responsable de la déconfiture du groupe Alstom dont il a été le PDG depuis la création, en 1998, jusqu’en février dernier ?Bilger a pourtant beaucoup de choses à se reprocher. Il a fait gonfler exagérément le périmètre de son groupe sans en avoir les moyens. Il a ensuite tenu des propos exagérément optimistes sur la situation financière, retardant d’autant la prise de conscience de la catastrophe à venir. 

Administrateurs – Enfin, cette catastrophe presque consommée, il est parti avec un chèque de 5,1 millions d’euros, indemnités de départ et rémunérations 2003 comprises. Un parcours digne de celui de Jean-Marie Messiez, mais la mise au ban en moins (…) 

Bien qu’obligé de débourser 300 millions d’euros pour éviter la faillite du groupe (Libération d’hier), le gouvernement n’a pas non plus cherché à se retourner contre Bilger. (…)

Curieusement, ce document a disparu des radars (sauf dans les bases de données de Sciences Po). 

Cependant…

Alstom : sous la pression, Pierre Bilger rend ses indemnités de départ
(…)
L’ancien grand patron « ne supportait plus la pression, en particulier médiatique, sur ce sujet « , confie un proche du dossier. La polémique avait démarré lors de l’assemblée générale du groupe, début juillet. Dans le rapport annuel, les actionnaires découvrent alors que Pierre Bilger a perçu un montant brut de 5,1 millions d’euros au cours de l’exercice clos fin mars, l’essentiel correspondant à une indemnité de départ. Ce chiffre choque certains, compte tenu des déboires du fabricant de trains et de centrales électriques, qui frôle la faillite, et de la chute de 90 % de l’action en deux ans. Deux mois plus tôt, pour tout arranger, l’ex-PDG a été mis en examen pour abus de biens sociaux dans une enquête sur le versement d’une commission à un proche de Charles Pasqua. (…)

L’air, ce tueur de masse, dixit l’OMS

Seule une personne sur dix dans le monde vit dans une région où l’air peut être considéré comme pur. Largement répandue, la pollution de l’air extérieur serait responsable de plusieurs millions de morts chaque année. Telles sont les effarantes conclusions du nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la pollution de l’air et son impact sur la santé, rendu public mardi 27 septembre. «Il est urgent d’encourager les Etats à prendre des mesures contre cette pollution, qui constitue une menace majeure pour la santé publique au niveau mondial» (…)

La concentration en particules ultrafines dites PM2,5 ne devrait pas dépasser les 10 microgrammes par m3 d’air, selon les lignes directrices de l’OMS. Or cette valeur limite est dépassée pour 92% de la population mondiale, d’après le nouveau rapport. L’OMS, qui se refuse à livrer un classement des pays les plus pollués, signale tout de même que ce sont les régions de l’Est de la Méditerranée, du Sud-Est asiatique et de l’Ouest du Pacifique qui ont les taux de particules fines les plus élevés. Cette pollution se serait accrue de quelque 8% au niveau mondial entre 2008 et 2013. (…)

«On mentionne souvent les problèmes aigus de santé comme l’asthme qui sont rencontrés en cas de pics de pollution. Mais c’est surtout l’exposition chronique aux particules fines qui est à l’origine de pathologies graves: elle occasionne entre autres des accidents vasculaires cérébraux, des cancers du poumon et des broncho-pneumopathies chroniques obstructives» (…) 

septembre 2016

refuge à Paris avec protections contre les faucons (lesquels, sans la réactivité des habitants, auraient anéanti la population en 2006)

 

Déclin des passereaux : prise de conscience

Avec beaucoup de retard à l’allumage, l’idée a fini par germer : la pollution du trafic automobile (et celui-ci, bien sûr), et surtout les travaux brutaux des ravaleurs et des isoleurs ont détruit l’environnement favorable à nos aimables commensaux de toujours. 

Gentrification, retour des éperviers, pollution ? Paris intra-muros n’abriterait plus que 5.000 à 10.000 couples de piafs, contre plus de 40.000 dans les années soixante

« Passer domesticus » n’est pas la seule espèce dont la population diminue à Paris: confrontés au même problème de nourriture, d’autres granivores, comme le serin cini, le chardonneret ou le verdier, subissent le même sort.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211234066890-le-nombre-de-moineaux-de-paris-en-chute-acceleree-2023115.php 

Le Conseil de Paris au chevet des moineaux

http://www.leparisien.fr/paris-75005/le-conseil-de-paris-au-chevet-des-moineaux-27-09-2016-6154757.php

« Nous allons prendre en compte la disparition des oiseaux dans le plan biodiversité qui sera présenté début 2017. Nous allons notamment sensibiliser les copropriétés et bailleurs sociaux pour que des précautions soient prises lors des opérations de rénovation ou des ravalements afin d’éviter qu’ils se déroulent pendant les périodes de nidification et que des espaces soit laissés pour permettre la nidification » 

voir :
La vie est devenue sale
La mort « propre« 
dans le dossier 
Déclin des moineaux et des autres passereaux : les aider à survivre

« la SNCF rencontre la même disparition dans les gares » souligne un ornithologue. 

Là aussi, tout a été fait pour ! Par exemple, la rénovation de la Gare de Lyon (un chantier agressif et pénible même pour les usagers) semble avoir été conçue pour en chasser les oiseaux familiers qui l’animaient et rendaient agréables les attentes. On a même pu voir des filets tendus sous les verrières ! Un chantier mené par des brutes épaisses pour créer un espace inhospitalier, avec une signalisation déficiente là où, avant les travaux, toutes les informations étaient parfaitement lisibles. 

Evidemment, vu les sources de l’information, un zeste de déni y a été subrepticement ajouté : 

« Quant au faucon crécerelle, parfois accusé d’être un prédateur majeur des moineaux, les spécialistes rappellent que le petit rapace existait déjà à Paris au XVIIIe siècle« … 
Pas besoin d’être « spécialiste » (?) pour le savoir. Il suffit d’être écologiste. Car le Paris d’aujourd’hui est incomparable à celui du XVIIIème où abondaient nourriture et refuges, avec la campagne accessible à vol d’oiseau, à Montparnasse, au Gros Caillou, à la Bastille, au Roule, à Charonne – une campagne bio, une campagne généreuse très éloignée de celle d’aujourd’hui ! 

 Paris au XVIIIème siècle par Cassini

Ce que cette désinformation oublie de mentionner, c’est la politique d’encouragement à l’implantation de ces rapaces* qui ont fait un ravage à Paris, comme à Londres, dans des populations fragilisées et désaccoutumées de cette prédation (les moineaux ne se méfiaient même pas des rapaces). En plus des pertes spectaculaires, le stress a été considérable.
* « une connerie » a-t-il été reconnu en mairie

voir l’historique :
Menaces sur les moineaux – l’alerte et sa négation (en 2006)

à Paris, le nombre de moineaux a fortement baissé

« (…) On trouve désormais plus de Pokémons virtuels à attraper avec son téléphone portable que de petits oiseaux. »

Pourquoi les moineaux désertent-ils nos villes ? 

« En hiver, tout va bien pour les adultes, ils trouvent assez de nourriture dans les restes de fast food pour survivre. Mais pour élever leurs petits, ils ont besoin d’aliments plus protéinés comme des insectes, qu’ils ne trouvent pas en hiver », propose Frédéric Angelier. Autre option : un changement du côté des prédateurs, notamment une plus forte pression des rapaces qui recolonisent parfois les villes. Reste la pollution chimique et sonore qui imposent des contraintes sur l’organisme des petites bêtes à plumes. « C’est sans doute une conjonction de phénomènes. S’il n’y avait que le bruit, ils s’en sortiraient. Mais une conjonction du bruit, d’un climat rigoureux et d’une maladie peut affecter les populations » 

Des moineaux importants pour le bien-être

(…) Si le déclin de cette population inquiète les scientifiques, pas de quoi alerter le citoyen lambda. Pas si sûr. « Beaucoup d’études psychologiques (1) ont montré que la présence de la nature et des espaces verts ainsi que le contact avec les animaux sauvages améliore la qualité de vie urbaine. Si le nombre d’espèces diminue, ça affecte le bien-être dans les villes », poursuit le chercheur. Mais ce n’est pas tout. Car le sort du moineau pourrait bien pendre au nez des humains. Cet oiseau « est un bon indicateur de l’état de santé des populations vertébrées dans un milieu urbain. Il a des axes hormonaux, un phénomène de vieillissement des organes proches de l’humain. Il est aussi inféodé au milieu urbain, il est donc frappé de plein fouet par ses conditions. Si les moineaux souffrent de la pollution, on peut imaginer que ça se répercute à terme sur l’homme. »

http://www.terraeco.net/Pourquoi-les-moineaux-desertent,54226.html 

La France est « un pays psychologiquement usé, au bord de l’épuisement« .  
En état de burn-out.
Jean-Paul Delevoye, ex-médiateur de la République de 2004 à 2011 :

« (…) Si nous n’éveillons pas la conscience de nos concitoyens, si nous n’élevons pas le sens critique dans notre système éducatif, nous aurons un esclavage moderne d’autant plus important que les gens iront s’y livrer contents. Le patron de Pokemone a dit : « Pour capter les banques de données à un niveau d’exigence et de qualité, il faut créer un divertissement ». Et quand vous savez que le patron de Pokemone, c’est celui qui était le responsable de la carte géographique de Google et qui a été accusé aux USA de capter les banques de données, l’on voit bien qu’aujourd’hui si l’on veut que nos concitoyens soient libres et indépendants, c’est ça l’enjeu politique (…), nous devons absolument réfléchir (…) l’éducation c’est pas l’acquisition de connaissances, c’est l’éveil des consciences« 
https://www.franceinter.fr/emissions/une-semaine-en-france/une-semaine-en-france-23-septembre-2016

« Si nous n’éveillons pas la conscience de nos concitoyens« … nous » ?
« si l’on veut »… on ?
« nous devons« … nous » ?

Mais qui sont ces on et ces nous ?

Qui veut et qui est en situation de prendre de telles décisions ? Cela ne peut être le peuple d’ »un pays psychologiquement usé, au bord de l’épuisement« . Le constat est juste. D’ailleurs, d’autres ont précédé le médiateur de la République en constatant la dégradation dès les années 1980… Certains ont même annoncé le phénomène en en dénonçant les causes : par exemple, Guy Hocquenghem :
« Vous vous êtes assis sur le seuil de l’avenir, et (…) cet aliment de l’esprit qu’est l’utopie, vous empêchez du moins les autres d’y toucher. Aux pauvres jeunes gens d’aujourd’hui, vous ne laissez même pas l’espérance, ayant discrédité tout idéal, au point de rendre presque vomitive toute évocation de mai 68. (…) votre réseau contrôle toutes les voies d’accès et refoule les nouveaux, le style que vous imprimez au pouvoir intellectuel que vous exercez enterre tout possible et tout futur. Du haut de la pyramide, amoncellement d’escroqueries et d’impudences, vous déclarez froidement, en écartant ceux qui voudraient regarder par eux-mêmes qu’il n’y a rien à voir et que le morne désert s’étend à l’infini (…) »
(Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary).

Espérons que Jean-Paul Delevoye ne pense pas à ceux qui se prétendent les indispensables relais politiques à la bonne marche de la société : institutions, élus, partis, etc. car leur fonctionnement et leurs objectifs sont généralement exactement contraires aux souhaits de Jean-Paul Delevoye – de Jean-Paul Delevoye et de tous les citoyens réduits à l’impuissance. Entièrement habités par le capitalisme du pouvoir et de la possession, la plupart ne se sont frayés un chemin semé de victimes jusqu’à ces sièges que pour leur ego et leur fortune. Comme Guy Hocquenghem le dénonçait, ce sont eux les premiers responsables de l’effondrement.

Comme Jean du Doubs qui désigne « la classe politique locale« , et le Collectif jurassien d’opposant-e-s à Center Parcs qui souligne « l’état de dépossession et de mépris dans lesquels nous maintiennent élus et aménageurs« , nous l’expérimentons à tous les niveaux, y compris à petite échelle. A cet égard, en Saône et Loire, les tristes affaires du Rousset et de Saint Gengoux le National sont exemplaires de la multiplication des blocages, bref, de l’entrave systématique à l’expression de l’intérêt général (tout autant avec l’affaire du projet de center parc à Poligny). Tous les élus, jusqu’au plus effacé des conseillers municipaux, soutiennent mordicus les politiques les plus destructrices du bien commun en apportant diligemment leur soutien aux lobbies en conquête des économies locales. Entre les uns et les autres, il n’y a pas même une fissure où pourrait s’insinuer un peu de démocratie et la représentation du bien commun. Tout est verrouillé.

Pesticides, pollution et dégradation des sources et des ruisseaux, anéantissement des mares et des zones humides, destruction du patrimoine historique et, plus généralement, du travail des anciens, etc., la liste est longue des méfaits commis par la plupart des « représentants » depuis quelques dizaines d’années. Ignorance ? Elle ne peut être invoquée car, toujours, ces « décideurs » ont refusé tout échange, toute information et la prise en compte du bien commun. Partout et à tous les niveaux, on se heurte à des murs. L’organisation de l’omerta est parfaite*. Rien qu’à Saint Gengoux le National, depuis les années 1970, pour faire toute la place à la désinformation soufflée par les lobbies, plusieurs vagues de défenseurs du patrimoine et du bien commun ont été étouffées et vilipendées.
*
http://www.eauxglacees.com/L-ecologie-des-catacombes-par

Remarquons que les dénis de démocratie et l’acharnement contre le bien commun trouvent une explication dans le constat de Romain Felli sur l’irresponsabilité totale des « responsables« . Ce qui est sûr, c’est que nous sommes confrontés à une hypocrisie sans bornes.

Alors ? Eh bien, plus personne ne sait.

A défaut de savoir, qui veut encore ?

« La France » est devenue une société froide

Comment avons-nous pu tomber si bas ?

 

Et vous, « anthropocène« , ça vous va ?

en rapport avec les constatations alarmantes renouvelées cet été (1),

Au Cap, un sommet international passé presque inaperçu

L’Anthropocène est en passe d’être caractérisé comme une nouvelle époque géologique

Selon le groupe de travail sur l’Anthropocène réuni au Cap (Afrique du Sud) cette semaine à l’occasion du 35ème Congrès international de stratigraphie, l’époque de l’Anthropocène a bel et bien commencé. Il s’agit d’une époque géologique, dont le nom a été forgé par le géochimiste néerlandais Paul Crutzen et le géologue et biochimiste américain Eugene Stoermer. Pour la première fois en 2000, dans la newsletter de l’International Geosphere-Biosphere Program (IGBP), ces deux scientifiques évoquaient une situation inédite : le fait que l’Homme soit devenu une force géologique capable de modifier le cours des fleuves, les courants des océans, le climat et l’ensemble des éléments.

A leurs yeux, cet état de fait justifiait la nécessité de changer le nom de notre époque. Non plus l’Holocène, période interglaciaire commencée il y a 11.700 ans, mais l’Anthropocène, époque de l’Homme. En 2002, Paul Crutzen, dans un nouvel article, intitulé Geology of Mankind (Géologie du genre humain), publié dans la revue Nature, popularisait le terme. Et le géochimiste Will Steffen, alors président de l’IGPB, produisait une représentation saisissante de l’Anthropocène, sous la forme des courbes dites de la Grande Accélération : un ensemble de 24 graphes présentant en vis-à-vis l’accélération de la croissance économique et le dérèglement rapide de l’ensemble des cycles naturels depuis 1750. (…)

Les écologistes, ceux qui avaient été taxés de « catastrophistes » par les organisateurs de la catastrophe, avaient alerté à temps pour éviter ce qui est constaté aujourd’hui. Ils avaient aussi proposé une tout autre voie, celle du vivant et de la convivialité.

Semaine de la Terre avril mai 1971

Anthropocène… L’Homme ? Les hommes ?

Juste un problème souligné par les écologistes depuis longtemps déjà… bien avant l’apparition de anthropocène dans un article de la revue Nature en 2002 : cette appellation est parfaitement inexacte. Au pied de la lettre, elle est non-scientifique (ça la fout mal !). Car « l‘Homme n’est pas aujourd’hui la principale force gouvernant l’état, le fonctionnement et l’évolution de la planète. (…) », comme l’affirmait Pierre Le Hir dans Le Monde du 15 01 2015 (2). 
L’Homme… Où l’on retrouve encore cette abstraction fourre-tout abondamment utilisée par ceux qui veulent se faire oublier en impliquant tous les hommes.

Or, tous les hommes ne sont pas – et de très loin – responsables de la dégradation de la biosphère. La nouvelle gauche (new left) des années soixante-soixante dix (en particulier les écologistes qui étaient pour beaucoup dans sa dynamique), les peuples autochtones et la grande masse des appauvris par la globalisation, les paysans spoliés de leurs terres, de leurs vies, et les artisans, les petits commerçants, tous les ruinés, les condamnés au petit salariat ou au chômage, etc., sont englobés par l’expression anthropocène. Victimes, lanceurs d’alerte et responsables, tous mêlés ! Amalgame qui rejoint habilement la facilité de la généralisation, façon les gensles hommes sont comme ci, les hommes sont comme ça… On voudrait nous faire perdre de vue comment nous en sommes arrivés là qu’on ne s’y prendrait pas autrement. 

Cet anthropocène résulte de l’intensification des productions et des fonctionnements nuisibles à la vie ; orientations décidées par des minorités réunies dans les capitalismes d’Etat et dans la conquête ultra-capitaliste mondiale durant « la grande accélération« . Celle-ci correspond exactement à la période de l’imposition du système impérialiste sur les hommes et l’ensemble vivant, avec le néo-libéralisme – bientôt ultra – pour principal moteur. Cela a donc été organisé, planifié, soutenu par des efforts propagandistes sans précédent pour qu’il y ait rupture avec la culture du bien commun, et empêcher que les lanceurs d’alerte, les victimes et les révoltés n’entravent la réalisation du programme, qu’ils ne nuisent à l’avènement de la dictature du profit. C’est l’histoire de la Guerre Froide avec, du côté occidental, le développement d’une machine de guerre culturelle qui a laminé les résistances traditionnelles et les nouveaux mouvements critiques – par exemple, le Congrès pour la Liberté de la Culture dont le siège était à Paris pour mieux contrôler le peuple de 36, de la Résistance et des grandes grèves d’après-guerre, puis de 68 (à sa tête, un certain Denis de Rougemont). D’ailleurs, anthropocène ressemble à s’y méprendre à une production de ce Ministère de la Vérité.

Les responsables de la dégradation de la biosphère étant les assoiffés de pouvoir et de profits, les capitalistes de tous bords, les promoteurs de la mutation néo-capitaliste, puis néo-conservatrice (les néo-cons), ceux qui se revendiquent de la culture anti-nature, une bonne appellation pour cette funeste période est bien plutôt capitalocène.

(1) par exemple, l’avancée inexorable du Jour du Dépassement. Ci-dessous, en juillet : dès lundi 8 août, l’humanité vivra à crédit

L’article de Pierre Le Hir est, par ailleurs, excellent. D’autant qu’il souligne que la « prise de contrôle a commencé dans les années 1950 » avec la grande accélération.

 

Légende André Gorz : vous reprendrez bien une dose de bourrage de crâne ?

Libération s’est fendu d’une double page pour présenter un bouquin consacré à André Gorz (alias Michel Bosquet dans les années 1960/70). Même chose dans l’Obs, dans une rubrique comiquement nommée « débats ». Pareil sur France Culture (faut pas lésiner). Même l’Humanité a glissé dans le fétichisme Gorzien (1). Et, pour ne pas être en reste, Le Monde Diplomatique y est allé de sa contribution.
 

Difficile de croire que tous ces braves journalistes sont à ce point abusés.
L’étoile de celui qui, maintenant, est présenté comme « père de l’écologie politique » (sic) devait, probablement, pâlir un peu. Aussi, ce livre vient relancer le récit propagandiste pour occuper le terrain médiatique, et refouler encore et encore les témoignages sur le véritable rôle de ce monsieur. Car, loin de l’image fabriquée, quand il était Michel Bosquet, Gorz a été un soutien indéfectible du développement de la grande distribution (comme Michel Rocard), ce qui, déjà, cadre mal avec l’écologiste que certains veulent en faire ! Mais il y a mieux. D’extinction d’un projet de campagne contre les emballages jetables (en 1971), en censeur des écologistes de la nouvelle gauche, et en promoteur de Brice Lalonde et de quelques autres imposteurs pleinement capitalistes (encore comme Rocard), il a été l’un des plus efficaces – et des plus dissimulés – éteigneurs du mouvement écologiste. 
 
Pour ceux qui veulent en apprendre plus : 
André Gorz et la falsification de l’histoire de la nouvelle gauche écologiste
http://planetaryecology.com/la-legende-andre-gorz/
(1) André Gorz, « Pensée autonome« , Willy Gianinazzi, La Découverte

Stupidités en long, en large et en travers

Difficile de faire plus stupide, en effet ! 

Une isolation par l’extérieur se traduit généralement par une étanchéification. Plus rien ne passe. Ni l’air, ni la vapeur d’eau. C’est totalement contre-indiqué pour les constructions traditionnelles en pierre, brique, terre, avec mortiers en terre, chaux, etc. Les malheureux qui feront cela auront quelques surprises ! 

Cette isolation est dégradante pour l’esthétique et l’histoire du bâti. Elle l’est tout autant pour la santé de la construction et de ses habitants. 

Elle est encore nuisible pour la biodiversité : pas d’anfractuosités, pas de niches, même artificielles, dans cette isolation. Donc pas d’oiseaux, pas de chauves-souris, pas d’insectes… 

 

 

août 2016

Droit au coeur du chaos, pied au plancher

Longtemps, les écologistes ont été traités de « catastrophistes« . Et la catastrophe est là, créée par ceux-là mêmes qui ont étouffé l’alerte écologiste.

Le jour du dépassement de la consommation des ressources renouvelées par la biosphère maintenant au début du mois d’août. Chaque année plus en avance.

L’effondrement général de la biodiversité et l’extinction massive des espèces.

Et la stérilisation des sols sous les engins et la chimie.

Les pollutions comme seule production durable de la civilisation capitaliste. Avec le réchauffement de l’atmosphère, il est vrai (2015, année la plus chaude).

La croissance et la surabondance matérielles toujours au coeur des discours des « représentants » et de ceux qui aspirent à le devenir.

La croissance démographique présentée par les mêmes comme une nécessité de « la croissance« . Et les françaises devenues des pondeuses sans souci du cauchemar que vivront leurs enfants.

45 ans après « Bagnoles ras le bol ! » (a), le système automobile toujours en expansion. Les moindres routes de campagne et les plus petites venelles de village sillonnées par des norias de bolides bodybuildés.

Les eaux partout polluées et appauvries par la destruction massive des têtes de bassin versant et la réduction drastique des zones humides…

– Une cinquantaine d’années après le lancement de l’alerte écologiste, 

– presque aussi longtemps de censure des écologistes et d’altération de leur message, 

– après plus d’un doublement, de la population humaine mondiale, 

– après et pendant la multiplication des guerres du profit, 

– après des pertes si considérables que la biosphère des années soixante (dont les blessures avaient horrifié les écologistes) fait figure de paradis, 

il n’y a même pas l’amorce pratique d’une évolution d’un système qui, partout, se complaît dans le développement du mensonge et la destruction du vivant. 

Au contraire. La culture de la prédation et de la possession, qui était largement remise en cause dans les années soixante, a quasiment effacé celle du bien commun et contaminé la majeure partie de la population. Et, sans presque provoquer de réveil (b), même ce qui semblait annoncer une évolution décisive – les conférences internationales et l’évolution de certaines législations – ne s’est traduit que par des manifestations d’impuissance et une distribution de poudre aux yeux, avec abondance de fonctionnaires apathiques abrités derrière des tas de plaquettes de propagande. Confirmation éclatante que « l’Etat de droit » est un mythe (c). Et de l’accoutumance au mensonge, à la corruption et à l’impuissance.

Presque partout, le bien commun est la proie des prédateurs aiguillonnés par la réduction des ressources. Illustrations spectaculaires avec l’eau, bien commun premier:… En contradiction avec l’évolution claironnée, et avec l’appui des mêmes discoureurs, l’eau et ses écosystèmes sont toujours menacés par les projets les plus absurdes et les plus destructeurs :

– ici, un aéroport du passé (tête de bassin versant de Notre Dame des Landes), 

– là, un réservoir étanche pour détourner les eaux au profit de l’agriculture industrielle (tête de bassin versant de Sivens),

– là encore, un centre de vacances « écologiques » au détriment de l’écologie d’un pays (tête de bassin versant du Rousset, en Saône et Loire),

– et encore, une station service dans le lit mineur du ruisseau historique de la cité médiévale (si !), les cuves plongées dans la nappe phréatique (tête de bassin versant de Saint Gengoux le National, également en Saône et Loire), 
etc.

(a) 

(b) de réveil à la hauteur de l’horreur en cours !

(c) s’il en était besoin, puisque plusieurs crises sanitaires l’ont largement démontré, en particulier celle – toujours actuelle – de l’amiante

une petite chanson de circonstance :
Highway to hell

juillet 2016

L’Olivier
 
film de Iciar Bollain
à laquelle nous devons l’excellent Même la pluie*

Malgré l’opposition du père, un spectaculaire olivier vieux de deux millénaires est vendu par les fils pour prendre part à la fièvre spéculative des années 2000. Avec l’argent du trafic, les fils ne parviendront qu’à graisser la patte de l’élu local et à participer à la ruine de l’immobilier. 

Le père, qui défendait l’appartenance de l’arbre à l’histoire, à la Terre, au continuum du travail des générations, au bien commun, reste inconsolable.

L’arbre échoue comme emblème écolo d’une multinationale coupable de destructions et d’exactions tout autour de la planète.

Film sensible qui montre l’impuissance et le désarroi de tous face au totalitarisme impudent et méprisant du capitalisme mondialisé.

* présentation sur ce blog :

 

 

 

Pollution aux gaz d’échappement de moteur diesel
des effets sur les fœtus sur 2 générations

les femmes enceintes exposées ont plus de risques d’avoir des bébés de faibles poids, entraînant aussi des risques de développer certaines pathologies comme le syndrome métabolique (…)

l’exposition maternelle chronique aux gaz d’échappement de moteur diesel muni de filtre à particules (comme pour les voitures vendues en Europe) pendant la gestation entraîne des effets délétères sur la croissance et le métabolisme des fœtus en première et deuxième génération (…) A l’heure actuelle, les pics de pollution aux particules fines sont de plus en plus fréquents et intenses, en raison du nombre élevé de véhicules diesel dans le parc automobile européen. Ces particules fines (diamètre>100 nanomètres) sont soumises à réglementation (seuils d’information et d’alerte) mais il n’existe pas encore de réglementation pour les nanoparticules (diamètre (…)

http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/Pollution-aux-gaz-d-echappement-de-moteur-diesel-des-effets-sur-les-faetus-sur-2-generations

Quid des particules fines répandues par l’agriculture industrielle ?

 

 

 

« A Fleury, il était 24 heures sur 24 avec les radicaux, relève une source policière. (…)

Fleury, c’est Fleury-Mérogis et « il » est l’un des très jeunes assassins de Saint Etienne du Rouvray, un cerveau déjà prédisposé, immature et particulièrement malléable ; 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/kermiche-un-islamiste-forcene-28-07-2016-5999857.php

 
Serait-ce fait exprès ?

 

réfugiés syriens bloqués à la frontière macédonienne
carte d’identité d’une réfugiée somalienne retrouvée sur une plage de Lesbos

photos : Giorgos Moufatis

Une « société » capable de traiter ainsi les réfugiés a perdu la mémoire et le sens du bien commun, et n’a plus rien à espérer

 

 

 

Le crépuscule des grenouilles

Les grenouilles existent depuis plus de 250 millions d’années et n’ont cessé d’évoluer pour former certaines des créatures les plus fabuleuses et les plus singulières qu’on puisse observer sur la Terre.

Aujourd’hui, elles font face à l’extinction – une des plus massives depuis la disparition des dinosaures. Cette crise environnementale sévit partout, de l’Australie jusqu’aux Amériques. Des écosystèmes commencent à se dégrader, et d’importants remèdes disparaissent.
Cette émission se penche sur les causes de ce désastre et révèle l’existence d’un nouveau champignon, le chytride, qui serait le principal coupable et contre lequel les scientifiques n’ont encore trouvé aucune arme.

Au milieu de l’hécatombe mondiale qui frappe les grenouilles depuis 20 ans, surgit finalement une bonne nouvelle… sauf qu’on ne sait pas vraiment si elle va servir. Le coupable derrière cette hécatombe est un champignon, Batrachochytrium dendrobatidis, qui a déjà fait disparaître des dizaines d’espèces de batraciens.

Or, une équipe de l’Université de Floride du Sud vient d’annoncer dans Nature qu’en laboratoire, certaines grenouilles deviennent plus résistantes au champignon si elles y sont souvent exposées — on parle d’un taux de survie de 20 %.

En théorie, on pourrait vacciner des grenouilles en captivité avant de les relâcher dans la nature, mais l’effort requis pourrait être gigantesque. De plus, certains experts se montrent sceptiques : à peu près toutes les espèces de grenouilles de la planète ont d’ores et déjà été exposées à cet ennemi, et on n’a pas encore remarqué de hausse de la résistance.
S’agit-il d’un de ces effets qui apparaît en laboratoire et disparaît sur le terrain, lorsque confronté à d’autres facteurs? Une porte est peut-être ouverte pour le sauvetage des grenouilles, mais celles-ci devront attendre…

https://www.emissionreplay.fr/le-crepuscule-de-la-grenouille/episode-de-8-octobre-2014-186879

http://www.alerte-amphibien.fr/maladies-amphibiens.html

http://batraciens.net/disparition_amphibiens.php

 

 

La dégradation des coraux est d’une ampleur et d’une durée inédites»

Il y a déjà eu des épisodes mondiaux de blanchissement des récifs coralliens, liés en particulier au phénomène El Niño, dont l’intensité et la fréquence sont influencées par le changement climatique. Le premier date de 1997-1998 et avait causé la mort de 16% des récifs dans le monde, surtout dans l’océan Indien. Le deuxième, de moindre ampleur, a eu lieu en 2010. Le troisième, en cours, affecte 38% des récifs, surtout dans le Pacifique. Il est d’une ampleur, d’une intensité et d’une durée inédites.
(…)

Près de 70 % des polypes récifaux sont menacés d’extinction d’ici cinquante ans. Et avec eux, tout un écosystème riche et protecteur

28 juillet 2016, 
hier aux Iles Feroe

 

 

 

Les fruits de la dévitalisation

Le camion de Nice n’a pas surgi du néant

Un monstre mécanique lancé dans la foule, à travers les chairs, les sensibilités et les intelligences. Au-delà des victimes directes, une multitude d’autres victimes, un foisonnement de liens, d’interrelations, de dynamiques collectives rompu.

Comme le travail obstiné des autres monstres mécaniques qui broient les tissus vivants les plus denses – forêts primaires, forêts secondaires, mangroves, prairies naturelles, barrières coralliennes, atolls, bocages… êtres vivants, communautés, ensembles indissociables et sociétés humaines, indistinctement.

Comme d’autres monstres qui ont déferlé en Palestine, dans Le Golfe, en Irak, en Syrie…

Les monstres mécaniques qui, partout, dévorent les vies et l’espoir renvoient au système qui les a produits.

En quelques minutes d’horreur, le drame de Nice semble condenser la violence de la globalisation capitaliste – la dictature du profit rapide contre le sens du bien commun. Comme le camion, ce système s’est frayé un chemin en fauchant les vies à l’aveuglette, les métiers et les économies locales, les communautés, les sociétés, les écosystèmes.

Le système de l’exploitation forcenée des peuples et de la biosphère, système mortifère, s’il en est, n’a pu s’imposer qu’en organisant d’abord le « reflux des forces vives » (Baudrillard). Rupture de la transmission des expériences et de la culture du bien commun, rupture des interrelations qui tissaient les communautés et les solidarités, et constituaient le potentiel du renouvellement social, culture du chacun pour soi et de l’immédiateté, partout la déstructuration a été soigneusement cultivée sur un lit de désinformations, de falsifications, de mensonges professés, de conditionnements, de forfaitures et de corruptions, pour lisser la diversité et « conquérir l’esprit des hommes » (objectif affiché des penseurs de la globalisation capitaliste). Est-il besoin de traduire ? L’étude des stratégies de cette conquête et l’expérience de ses différentes mises en pratique confirment pleinement le projet d’une colonisation planétaire, et même d’une domestication des hommes et de la biosphère.

La pensée critique presque anéantie et, surtout, muselée, les perspectives d’accomplissement personnel et collectif ont été réduites à la brigue et au gain facile à n’importe quel prix. L’engagement citoyen a été découragé, tous les comportements nuisibles au bien commun encouragés et valorisés.

Enivrée par ses succès, affolée par les profits projetés, la caste des prédateurs a perdu tout sens de la mesure des destructions qu’elle commet. Car elle n’a pas fait que désenchanter le monde, elle l’a dévitalisé – sociétés comme écosystèmes. Comme les forêts primaires remplacées par des monocultures noyées de pesticides, elle a réduit la diversité culturelle, économique et sociale, et laminé les résistances pour déréguler toujours plus (le harcèlement et l’ostracisme réservés aux lanceurs d’alerte renseignent sur l’uniformisation et la stérilisation à l’oeuvre). Car, bien entendu, le bien commun est le premier butin convoité par les prédateurs, et sa culture immémoriale est le principal obstacle sur leur chemin. C’est bien pourquoi, dès la fin des années 1960, ils se sont appliqués à étouffer la nouvelle gauche écologiste et à lui substituer des faux-semblants. La disparition des forces vives et des projets alternatifs sous l’ultra-prédation capitaliste a créé le vide où se sont épanouies la désespérance et la démobilisation.

Le creusement du fossé entre les organisateurs et les profiteurs du désastre, et leurs victimes, a multiplié les exclus et démultiplié les ruptures et les antagonismes, parachevant l’anéantissement des capacités régulatrices, au point que les sources de résilience ont été asséchées. Dégâts collatéraux ? Ils faisaient partie du projet de globalisation dont l’objectif est de permettre une prédation maximale – à mort – en faisant place nette aux hiérarchies du pouvoir confisqué et capitalisé. La guerre des communaux fait toujours rage. Maintenant, il n’y a plus un secteur d’activité, il n’y a plus un lieu où l’on ne craigne une nouvelle razzia sur le service public, un nouveau diktat d’un lobby puissamment soutenu par les institutions qui devraient le marquer à la culotte, une nouvelle concurrence déloyale, une nouvelle pollution, ou le surgissement des tronçonneuses, des bulldozers et des toupies de béton. 

Après une soixantaine d’années d’ultra-capitalisme, c’est tout le vivant qui est en grand péril.

A force d’abus et d’impudences a été créé le terreau le plus favorable au développement des désarrois, des ressentiments, des simplismes, des haines et des fanatismes (a), c’est à dire les conditions les plus propices à l’apparition d’un tueur halluciné au bout de l’avenue ou devant la terrasse du café.

ACG

  (a) « (…) A la crise écologique s’est ajoutée une crise sociale grave.
20 ans après le printemps 68, le couvercle est retombé plus lourd sur la gueule de la société, sur la gueule de chacun.
On n’ose plus. On s’touche plus. On s’aime Pas. On s’fait peur. Rien
ne bouge. « La France » est devenue une société froide. (…) »

Ecologie Infos n° 392, 1989.

A l’origine des dérives fanatiques, la situation au Proche-Orient ne cesse de s’aggraver

(…) tout Alep est sous le feu. Les roquettes rebelles tombent sur la zone tenue par les soldats gouvernementaux tandis que l’aviation syrienne frappe des immeubles qui tombent comme des châteaux de cartes. « Aucun quartier n’est épargné« , indique Valter Gros, le responsable du CICR à Alep. « Où que l’on soit, on entend des explosions de mortiers, des bombardements et des avions qui survolent la ville. » Un commerçant de la ville interrogé par l’AFP depuis Beyrouth s’exclame : « Les bombardements et les tirs de ro quettes ne s’arrêtent jamais. C’est comme si on était en pleine guerre mondiale. »
Alep était avant la guerre une cité prisée des touristes et un poumon économique du pays. Elle abritait près d’1,7 million d’habitants. Aujourd’hui, certains quartiers sont un champ de ruines.

 

 

 

14 juillet 2016

Fanatismes, pathologies individuelles et sociales… et affaiblissement des résistances collectives sous le développement du système mortifère
Invités de 8H20 sur France Inter le jeudi 14 juillet 2016 : Anne Giudicelli, une spécialiste du terrorisme, et Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats.
Au cours de ses cinq mois de travaux, la commission a relevé d’importantes failles et dysfonctionnements dans la surveillance et le contrôle des fanatismes. Et, bien entendu, les habituelles carences de la communication et de la coordination, bref l’absence d’entente entre les parties complémentaires. Un phénomène devenu habituel dans tous les domaines et à tous les niveaux d’une société française percluse de corruptions et de hiérarchies sans compétence ni capacité d’écoute.
Et justement… Anne Giudicelli, a souligné que les racines du problème se trouvent bien en amont de ce qui a été abordé par la commission, bien en amont de la non-communication, de la non-coordination, de la désorganisation constatées entre les services officiels – du côté de ce qui fonde ces dégradations. Elle a donc souligné l’utilité d’une « remise en question de nos propres sociétés » et des engagements extérieurs (ou des non-engagements) réalisés en son nom, et de la nécessité d’engager un travail de fond en se posant cette question :
« Comment on en est arrivé là ?« . C’est, en effet, la question première.

Un constat encore plus général avait inspiré la même question il y a quelques années :
Comment avons-nous pu tomber si bas ?

 

 

 

VENTES D’ARMES et CONFLITS
 
le témoignage de Régis Wargnier :

J’étais à Beyrouth à la fin des années 80 et nous étions frappés de voir beaucoup beaucoup de trafic sur le port, de chargements d’armes qui quittaient le Liban. La guerre était apparemment officiellement finie…

On était avec un cafetier de Beyrouth. On lui demande :
« Les armes s’en vont, où vont-elles ? »

« Elles vont en Yougoslavie. »


« …Mais y pas la guerre là-bas »


Et il dit : « Mais il y aura la guerre ! »


Le terrain était choisi.

(…) Que dire de l’Humanité, lorsque les pollueurs impénitents s’érigent en sauveurs de la planète, lorsque le libre arbitre se dilue dans le formatage des esprits, lorsque la Pensée tire sa révérence devant le show des carnavaliers ? (…)

La guerre est devenue d’une banalité. Plus personne ne s’en offusque. Devant l’inexorable mise en bière des valeurs et des vertus, les prières n’ont plus cours puisque la messe a été dite. Les rares consciences, qui subsistent encore, ne savent où donner de la tête ; quant aux pyromanes, pris au dépourvu par l’ampleur du sinistre, ils s’interrogent sans conviction sur l’inévitable retour de flamme. 

 

 

Tous coupables du malheur qui nous frappe

Le monde amorce une dérive sans précédent, et nous sommes là, à chercher un coupable pour nous voiler la face. Or, nous sommes tous coupables du malheur qui nous frappe, coupables d’avoir confié notre destin à des décideurs indécis, coupables d’avoir renoncé à nos responsabilités citoyennes, coupables d’avoir ramené nos voix à un vulgaire bulletin de vote, persuadés ainsi d’avoir tout dit. (…)

Yasmina Khadra

 

 

 

Avec la complicité des exploiteurs américains, japonais, australiens, français… 
la Papouasie Occidentale est toujours sous la botte indonésienne 

Papouasie occidentale : «Les Indonésiens nous chassent tels des animaux»
Semaine de la Terre avril-mai 1971

L’Indonésie a annexé la Papouasie occidentale en 1969. Un référendum devait être organisé sous la surveillance des Nations unies pour décider du sort du territoire. Mais à la place, 1 000 chefs de village triés sur le volet sont réunis par l’armée indonésienne, et forcés à voter pour l’adhésion à l’Indonésie. Cruelle ironie pour les Papous : l’Indonésie nomme cette parodie «l’Acte de libre choix». Depuis, l’Organisation pour une Papouasie libre, qui regroupe différents mouvements, dont celui de Victor Yeimo, milite en faveur d’un nouveau référendum. «Nous, on l’appelle « l’Acte de non-choix », on veut un référendum juste», explique Yeimo. Un vrai référendum, une «rectification de l’histoire», et le droit à l’autodétermination pour un peuple qui ne se considère pas indonésien. (…)

Les observateurs s’accordent à dire qu’une majorité des Papous souhaitent toujours l’indépendance. L’Indonésie fait tout pour étouffer cette revendication et les atteintes aux droits humains sont légion, dénonce Andreas Harsono, le représentant de Human Rights Watch (HRW) en Indonésie : «Toutes les semaines, je reçois des rapports sur les violations des droits de l’homme en Papouasie, qu’il s’agisse de passages à tabac, de meurtres, de violences sexuelles, de discriminations à l’emprunt dans les banques.»

Fin septembre et sans raison apparente, la police a ouvert le feu sur une bande de jeunes dans la rue. Deux d’entre eux ont été tués. Si les militants veulent réparer l’«injustice» du faux référendum de 1969, pour beaucoup de Papous ce sont, selon Sidney Jones, «l’humiliation quotidienne, le sentiment d’être traités comme des citoyens de seconde classe, les violences gratuites de la part des forces de sécurité» qui alimentent le sentiment anti-indonésien.

Les Papous ont aussi peur de disparaître. Ils représentaient 96 % de la population locale au début des années 70 ; aujourd’hui, ils sont minoritaires en Papouasie. Les chercheurs estiment qu’en 2020, ils ne seront plus que 30 %. Le résultat d’années de «transmigration» (…)

 
http://www.liberation.fr/planete/2015/11/02/les-indonesiens-nous-chassent-tels-des-animaux_1410706

Au fait…
la quête de la croissance marchande du chevalier Rocard
préparait ce que montre ce film  : 

Comme Rocard le trahissait involontairement, le système qui a, depuis, généré tant de crises mobilisait beaucoup de monde pour son installation.

documentaire de Harold Crooks
d’après le livre de Brigitte Alepin (1)
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=232221.html

Ou comment tourne la pompe à phynance mondiale. Elle tourne depuis pas mal de temps déjà, et de plus en plus efficacement pour fabriquer des profits faramineux en détournant l’argent public pour mieux exploiter chacun et l’ensemble. A mort.

L’entreprise est restée longtemps discrète, très très discrète. Par exemple, qui, après l’arrivée de Charles de Gaulle à l’Elysée, dès les premiers pas de la Cinquième République, a su la réunion des financiers qui allaient rapidement accoucher du mémorable Plan Pinay-Rueff (dès septembre 1958) ?

Le souci constant des organisateurs de la financiarisation a été d’améliorer constamment leurs camouflages pour mieux dissimuler la casse systématique de toutes les régulations et les profits qu’ils en retirent. Comme dans un jeu de bonneteau, ils ont externalisé et déplacé sans cesse leurs activités, leurs sièges sociaux, multiplié les adresses fictives, dématérialisé les opérations, informatisé les transactions jusqu’à les confier entièrement aux programmes automatiques de calcul, inventé les darks pools pour tout opacifier davantage (2). La pompe à phynance a développé sur le monde un univers parallèle qui échappe même au contrôle des organismes d’état censés superviser les opérations financières, tout en ayant – on l’a vu dès le début – la mainmise sur les représentations politiques.

Idéologiquement déconnectés des réalités (leur culture s’affiche « anti-nature« ), parfaitement indifférents aux conséquences catastrophiques de leur entreprise, les acteurs de la finance mondialisée ruinent partout l’économie et l’écologie, et se soucient surtout d’échapper à l’impôt et aux coûts exorbitants de leur course aux profits. Truster les profits en écrasant tout autour d’eux et socialiser les pertes est, plus que jamais, leur idéal. C’est parfaitement réussi ! Les petits – y compris les « classes moyennes » – sont de plus en plus imposés et contrôlés *, tandis que les riches se sont complètement libérés de la contribution au bien commun.
* exemple ci-dessous avec le sort réservé à un couple de retraités jardiniers

La finance avait été créée pour aider aux échanges et les sécuriser. Elle est devenue le premier des périls.

Comme le rappelle utilement Bernard Nadoulek (3), pour faire fonctionner sa pompe à phynance, Ubu Roi l’avait couplée à une machine à décerveler. C’est bien ainsi que le système s’est installé et a prospéré. L’un des témoins que nous présente Harold Crooks le dit : le grand détournement est le projet des plus riches. Grandes familles du capitalisme et leurs fondations et autres groupes de pression, banques, grandes compagnies, places financières (telle la City de Londres)… toutes ces forces réunies n’ont cessé de développer un programme de confiscation du bien commun (les communaux) dont même l’histoire officielle rapporte quelques hauts faits – un peu trop oubliés, cependant (4). Ce que l’histoire officielle ne dit pas, c’est ce qui s’est passé plus récemment. Ainsi « la bataille pour conquérir l’esprit des hommes » (CIA 1948) qui a été développée sitôt achevée la Seconde Guerre Mondiale. Des fonds sans limites (au dire même de ceux qui y ont contribué et en ont largement profité) y ont été alloués. Sans limites. Pour en savoir davantage, il faut, par exemple, suivre la piste du pharaonique Congrès pour la Liberté de la Culture et de ses excroissances et descendances (par exemple, la Fondation Saint Simon). Les plus curieux suivront la trajectoire fascinante de Denis de Rougemont et en apprendront beaucoup sur les coulisses de la machine à décerveler. Ils apprendront, du même coup, la valeur de ceux qui, maintenant, tentent de faire passer le sieur de Rougemont pourun penseur de l’écologie. Si !

La guerre des communaux bat son plein comme jamais. Grâce à l’effondrement programmé de la culture critique et de la démocratie.

ACG

(1) Ces riches qui ne paient pas d’impôts
http://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=38683&def=Ces+riches+qui+ne+paient+pas+d%27imp%C3%B4ts%2cALEPIN%2c+BRIGITTE%2c9782894152966
La crise fiscale qui vient
http://www.edvlb.com/medias/3/7/ext_9782896492909.pdf

(2) Dark pools, le côté obscur de la finance
http://www.morningstar.fr/fr/news/94836/dark-pools-le-c%C3%B4t%C3%A9-obscur-de-la-finance.aspx

(3) La pompe à phynance
http://www.economiematin.fr/news-la-pompe-a-phynance

(4) L’entr’aide par Pierre Kropotkine
Révoltes et révolutions dans l’europe moderne (XVIe-XVIIIe siècles) par Yves-Marie Bercé, Presses Universitaires de France.
Small is beautiful, Big is subsidised par Steven Gorelick – en français : Les gros raflent la mise aux éditions Ecosociété

Essentiel, sur l’organisation de la machine à décerveler :
Qui mène la danse. La CIA et la guerre froide culturelle par Frances Stonor Saunders, Denoël 2003

Avec Rocard disparaît sous les éloges des curiosités ont été titillées. 
Alors…

C’est quand, en février 74, Rocard a répondu à des écologistes de la nouvelle gauche en croyant avoir affaire aux entristes déjà dans la place (ses amis), que nous avons commencé à découvrir la stratégie du Cheval de Troie dont tous les résistants à la civilisation impérialiste étaient la cible. Plus tard, beaucoup plus tard, nous apprendrons qu’elle était menée par les stratèges de la globalisation capitaliste depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Précision d’importance : la gauche – la vraie – en avait été victime bien avant que « la caste dirigeante » (dixit Bernard Charbonneau) ne se penche sur le cas des écologistes. La maladresse de Rocard et de son staff a, donc, marqué le début de la longue découverte de la mystification qui, aujourd’hui encore, égare la plupart.

« Le soutien des groupes de gauche n’avait pas pour but leur destruction ni même leur contrôle, mais plutôt le maintien d’une discrète proximité afin de contrôler la pensée de tels groupes, de leur fournir une soupape de sécurité et, in extremis, d’exercer un veto final sur leur publicité et peut-être leurs actions, si jamais ils devenaient trop radicaux« , Frances Stonor Saunders (« Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle« , page 109) à propos de la fonction de l’International Organizations Division (IOD) créée, au sein de la CIA, par Tom Braden en 1950. C’est exactement le traitement auquel nous, écologistes du premier mouvement, avons eu droit – et beaucoup d’autres.
 
Avant Guy Hocquenghem en 1985, Jean Baudrillard l’avait constaté : « Si le socialisme (s’est) installé sans coup férir, ce n’est pas tant qu’il a vaincu la droite, c’est que tout l’espace a été balayé devant lui par le reflux des forces vives » – « le socialisme » de l’ouverture aux capitaux spéculatifs, s’entend. Celui que préparait Rocard et quelques autres (troisième voie, deuxième gauche, Fondation St Simon…). C’est la disparition métaphorique des lucioles de Pier Paolo Pasolini* ! 
* laquelle était due exactement à la même offensive portée contre la société italienne également. 

Celui qui a lancé « La France ne peut accueillir toute la misère du monde » avait pris une grande part de responsabilité dans l’aggravation prodigieuse de celle-ci.

En dépit de l’extraordinaire affaiblissement de la société française qui est désormais bien incapable de menacer l’ordre dominant (!), en dépit des effondrements sociaux et biologiques successifs, l’effort ne s’est jamais relâché.







La pensée d’ YVES BONNEFOY restera
 
« Qui a le droit d’être libre, qui se sent le droit de réclamer à la société les conditions d’existence qui lui permettront de se vouer, s’il le veut, au travail d’une libération intérieure, celui-ci a également le devoir d’exercer cette liberté car si l’esprit ne se mobilise pas contre l’inertie du langage au sein de sa propre parole, il est en risque de voir les stéréotypes verbaux pénétrer ses démarches les plus intimes, usurper ses motivations, décider pour lui – en bref, faire de lui une chose, ce qui mettrait fin à notre aventure sur cette terre« à propos de ce qu’il nommait l’aliénation du langage, « Entretiens sur la poésie 1972-1990« , chapitre « Poésie et liberté »

Quel dommage que nous n’ayons pas su quand on nous abreuvait de stéréotypes mensongers : « gauche« , « autogestion« , « socialiste« … tout ce qui emplissait la bouche des démagogues occupés à tuer la pensée critique qui menaçait leur « croissance marchande » chérie (cf Rocard couvert d’éloges) !

 

 

 

ROCARD DISPARAIT SOUS LES ELOGES…*

 

En 1974, les acteurs de la nouvelle gauche écologiste pensaient plutôt à lui réserver un autre sort. Juste un exemple…

A l’époque où son PSU se prétendait « gauche révolutionnaire » et « autogestionnaire » : 
« Les 6 heures pour l’autogestion » à la Mutualité, le lundi 14 janvier 1974, à la tribune, Rocard accuse le gouvernement français d’avoir « négligé le nucléaire » (il restera toujours favorable au nucléaire civil).

Le 6 février 1974, dans une lettre répondant à ceux qui avaient cru que le PSU était relativement proche d’eux et s’étaient étonnés de tels propos, Michel Rocard :
« Nous sommes je crois chers camarades d’accord sur l’essentiel d’une perspective commune utile à la croissance marchande (…) » (1)…

La « croissance marchande » comme objectif de la nouvelle gauche – le mouvement des années 60/70 ?! Cette « croissance marchande« , c’était la promesse de nouvelles destructions massives comme celles qui avaient soulevé l’indignation et fait naître les beatniks, les provos, les situationnistes, les hippies, le mouvement écologiste, les kabouters, etc. Peu probable qu’il nous charrie. Nous n’étions pas intimes et l’humour n’était pas le genre de la maison. C’était donc du premier degré, le vrai visage derrière le masque… Mais pourquoi nous le montrait-il ? Etait-il possible qu’il se trompe d’interlocuteurs ?

Ce dérapage annonçait la suite du programme, celui, néo-libéral, dont le pouvoir « socialiste » des années 80 allait permettre l’épanouissement et qui, donc, était préparé de longue date. Nous découvrions enfin la supercherie, mais trop tard. Beaucoup trop tard.

Comme le dévoile ce compliment désormais courant : « Il a réconcilié le socialisme et l’économie de marché« , Rocard était depuis très longtemps l’un des meilleurs amis des lobbies, un accoucheur de la globalisation capitaliste. Il est l’un de ceux auxquels nous devons Tout ce qu’on nous a fait avaler (ci-dessous).

(1) (…) La réponse faite par B. Jaumont (PSU) à Galtié et à Samuel (Amis de la Terre) est explicite : elle traduit à la fois l’option de la croissance (économie) et celle du nucléaire (énergie) options peu compatibles, on l’admettra, avec une prétention au socialisme autogestionnaire, de par leurs liens avec une décision centralisée, réponse faite par ailleurs sur fond de tonalité pour le moins caricatural avec cette accusation de « retour à l’âge de pierre« , parlant du rejet du nucléaire. »

Rocard, l’autogestion et le nucléaire
A Contre Courant syndical et politique, n° 208, octobre 2009, page 7
http://www.acontrecourant.org/wp-content/uploads/2010/02/acc-208.pdf

* Voilà qui permet de faire le point sur l’état de la pensée critique, aussi sur la puissance de la propagande et du conditionnement… Tout aussi remarquable : les éloges déversés par les sectateurs du capitalisme parasite des écosystèmes et des sociétés disent involontairement la vérité du personnage et de son action. 

. . .

Camarades !

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