L’« environnement » devient soudain source de notoriété et de places. Les intellectuels (qui sont de gauche comme la banque et l’industrie sont de droite), à la suite de l’Amérique représentée par Ivan Illitch, découvrent les problèmes de la société industrielle qu’ils s’étaient obstinément refusés à se poser. Et Morin, Domenach, Dumont, etc. se convertissent à l’écologie. Les technocrates, les industriels, les politiciens avec quelque retard, se montrent depuis aussi souples. En 1971, dans « Le Monde », où un tel discours eut été impensable deux ans plus tôt, l’auteur du Plan Mansholt qui a liquidé l’agriculture et généralisé l’agrochimie en Europe, dénonce la destruction de la nature et de la qualité de la vie par la croissance. Il part en guerre contre les méfaits des pesticides et de la chimie sans se demander si son plan n’y est pas pour quelque chose. Le Club de Rome, dirigé par d’éminents industriels et technocrates, publie son fameux rapport, et MM. J. Monod et P. Massé laissent mentionner sans protester leur appartenance à ce club de Rome. Le feed back a fonctionné, les thèmes ont changé, mais les notabilités intellectuelles ou industrielles restent en place; l’auteur du plan Mansholt est devenu le prophète de l’écologie. Mais la multiplication des comités de défense et la crise de l’énergie n’empêchent pas la croissance de s’accélérer, et avec elle, le ravage, en dépit et à cause de l’inflation.

Bernard Charbonneau

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article écrit en mai/juin 1988, publié en 1989

 

54,28% des téléspectateurs ont pu juger superflue une présence écologiste aux présidentielles…

Le candidat écologiste a recueilli 3,8% des voix… Des voix exprimées ; ce qui n’est pas grand-chose par rapport à l’électorat, surtout pour une candidature qui, à la différence des autres, est censée dépasser les intérêts catégoriels pour tendre vers l’intérêt général.


C’est pas brillant !


Deux hypothèses immédiates :

  • les français ne sont pas/ ne sont plus sensibles aux problèmes écologiques.
  • le langage de ceux qui se réclament de l’écologisme n’intéresse pas grand-monde.

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Qu’il est loin l’Actuel anarcho-écolo-baba-cool du début des années 70 ! Il est devenu avec les années 80 (retournement oblige) l’un des meilleurs propagandistes du conformisme libéral et de la « réussite » (sic), ce sur quoi vous n’auriez pas manqué de vomir dans la première formule. Mais, peut-être, votre engagement des années d’après Mai 68 n’était-il fait que de poses étudiées (d’où les outrances ?) et de simulacres racoleurs pour se maquiller aux couleurs du temps? N’avez-vous pas, depuis, susurré au lecteur « Tu ne comprenais pas qu’on te provoquait, qu’il fallait réviser les valeurs des marginaux… » ?

(…)

ce droit de réponse ne sera pas publié par Actuel qui refusera tout contact

au-dessous :

Un article de Serge Halimi

Un avertissement de Pierre Fournier

Le PS contre les Verts

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