article paru dans Ecologie n°8, 1976

 

Au moment où la population mondiale vient de franchir allègrement le cap des quatre milliards, la propagande nataliste connaît un regain de vogue. Comme à la veille de la dernière guerre, à l’époque du « Code de la famille », ou au bon vieux temps de Paul Déroulède, les moyens d’information (?) donnent la parole aux populationnistes qui s’inquiètent de la baisse de la natalité en France. J’ai relevé, en l’espace d’une semaine à la fin juillet, une chronique matinale d’André Arnaud sur Europe 1, une enquête présentée lors du Journal de 13H sur RTL et une interview de Michel Debré par Jean Carlier dans Parents. Sauf cette dernière interview un peu tempérée par l’orientation de certaines questions de Jean Carlier, les autres distillaient sans nuance les arguments natalistes. Pour que la liste soit plus complète, il faut ajouter un article, sous la signature d’un ancien ministre, dans un canard majoritairement distribué aux habitants du XVème arrondissement de Paris et des déclarations de Pierre Chaunu (professeur d’histoire à la Sorbonne) (1), des articles dans l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, le dernier ayant été publié dans le numéro du 9 août. Même François Mitterrand à la Chambre et Michel Jobert, qui dans Le Monde parle d’« auto-génocide », y sont allés de leurs quatrains ! Bien que l’on m’ait affirmé (à RTL) qu’il n’y avait aucune campagne à l’origine de tout ce bruit, il est rare qu’une série d’articles et de chroniques sur un sujet qui n’est pas d’une brûlante actualité soit le fruit du hasard.

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Ce texte des Amis de la Terre Caen est paru dans le n° 229 de l’APRE/hebdo le 28 janvier 1977 (5ème année). Bien que la plupart des écologistes de la première heure aient déjà été poussés hors des principales associations, il est caractéristique du sens de l’engagement politique selon le premier mouvement écologiste, car il subsistait encore des îlots de résistance.

 

 

Il y aurait beaucoup à dire sur la précipitation avec laquelle des écologistes, et non les écologistes, se sont lancés dans les élections municipales à travers la rédaction de la charte de Saint-Omer. A Saint-Omer, faut-il le rappeler, il y avait peu de monde (cf. APRE/hebdo n°223 qui donne un décompte précis) ; peu de groupes locaux Amis de la Terre ou autres étaient là. Et comme la distance n’explique pas tout, l’absence de beaucoup de groupes (la majorité en fait) ne peut marquer qu’une défiance vis à vis de cet engagement dans la bataille électorale. Il ne faudrait pas croire d’ailleurs que l’unanimité régnait (cf. la Gueule Ouverte n°136). Ce qui nous a le plus déçus, c’est la hâte de certains à rédiger le catalogue en 20 points, le refus souvent sectaire d’écouter les objections et l’ironie qui tenait lieu d’argument face à d’autres points de vue.

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Même inquiétante, la vie politique n’est jamais triste. Attention,je ne parle pas de la prise en charge de la vie sociale, culturelle et économique par les citoyens eux-mêmes. Non, cette vie politique là est bien malade : quoique riche encore de potentialités, elle appartient au passé ou à d’autres civilisations ou à l’avenir des optimistes. Je parle de l’agitation superficielle qui lui a été substituée : la pantomime des schizoïdes, paranoïaques, mégalomanes et autres grands délirants fétichistes du micro et de la caméra. En ce moment, la pantomime remplit parfaitement son office. Elle est assez spectaculaire pour distraire les « veaux » – je veux dire nous – des véritables problèmes.

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