La mémoire effacée des écologistes

 

Poèmes, chansons, textes de Hervé le Nestour

Il s’appelait Jean Detton

Amazonie

Sauvages

Paria

Les grands arbres noirs

Ce n’est pas l’écologie qui a choisi Lalonde, c’est Lalonde qui a choisi l’écologie

 

 

Pierre Fournier est loin d’être le seul acteur de la nouvelle gauche écologiste à avoir été relégué dans l’oubli et remplacé par des personnages aussi stipendiés que falots. Rien n’a été épargné pour gommer les acteurs du mouvement et leur philosophie politique si dérangeante pour l’ordre de la domination anti-sociale et anti-nature.

 

En 1971, après nous être croisés sans nous reconnaître en 68, nous nous sommes enfin rencontrés pendant La Semaine de la Terre.

 

Je chante rauque rencontre de roc et de mer

brillante et broyante et bouillonnante éphémère

Flux et reflux, Marées superflues

La côte te dira s’il n’écume plus

 

Je chante vibrante entente de l’arbre et du vent

froissement de vie frissonne et sème en rêvant

Flux et reflux, Feuilles superflues

et l’hiver te dira s’il ne graine plus

 

Je chante émouvante attente des airs et des phrases

aux sens multipliés en ondes et en phases

Flux et reflux, Feuilles superflues

L’avenir te dira si je ne chante plus

 

Y. Hervé cassette REVERBERES années 1980

 

 

 

 

Hervé le Nestour était musicien, poète et interprète de ses chansons. C’était une grande voix et un esprit inépuisable. Il était aussi anthropologue. Il avait vécu en Amazonie et avait travaillé avec Claude Lévi-Strauss, autre remarquable lanceur d’alerte de l’écologisme généralement oublié en tant que tel. Comme Jean Detton auquel il rend hommage ici, il était curieux de tout et semblait se démultiplier pour participer à quantité d’événements. Jean et Hervé ont énormément compté dans la dynamique de la nouvelle gauche française*. Mais ils semblent avoir été effacés des mémoires. Comme c’est curieux…

  • c’est ainsi que s’est appelé le mouvement critique et alternatif des années soixante (new left)

Mouvement écologiste ? Nouvelle gauche ? Contre-culture ? Culture écologiste ?

 

Hervé a beaucoup écrit, des articles, des études, des chansons… Beaucoup. Et beaucoup distribué. Beaucoup donné. Comme tous les acteurs de ce mouvement exceptionnel, il a été peu publié. Surtout censuré. Il est maintenant censuré dans la mort. 

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Oh pardon, je voulais dire un leader !

Jean-Paul S, je suis différent de toi et tous deux sommes différents de n’importe quel autre écologiste. Pourtant, ce que tu dis dans l’article publié dans le numéro d’octobre tend à nous enfermer – toi moi et les autres – dans un système : le tien. Encore ne s’agit-il que d’un système éphémère, celui qui te trotte dans la tête aujourd’hui. Demain, tu auras sans doute changé (en tout cas je te le souhaite !) et tu considéreras alors tes idées précédentes comme de banals moments de ton évolution. Pour l’heure, tu n’envisages pas d’évoluer et ton grand souci est de fixer tout le monde au même clou. Pourquoi ? Tu veux nous fondre dans un « grand parti«  et nous faire « jouer un certain jeu » (vilaine expression !) car « nous avons les meilleures idées, les meilleures analyses, c’est entendu« . Rien n’est entendu et tu le sais bien puisque tu t’échines à rejeter tout ce qui contrarie tes desseins, tout ce qui ne rentre pas dans tes schémas en invoquant le « commun« , le « normal« , la « vérité« , une « loi« , la « vie« , etc. Il se trouve que j’ai, de ces choses, une autre perception que toi.

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Bah ! Qu’est-ce qui se passe ? Tu t’es démené comme un diable pour être candidat, tu dis représenter les écologistes et tu tiens un discours lénifiant, le discours d’un type assis, et même rassis, dans un système fort peu éco-logique ! Je veux bien que tu parles pour les écolo-technocrates, les écolo-machinistes, voire les écolo-étriqués, mais il n’y a pas qu’eux dans l’écologisme, ou à côté. Il y a aussi – il y a encore ! – des gens qui n’ont aucune envie de s’abîmer dans l’arrivisme pour substituer au pouvoir usurpé un pouvoir verdâtre tout aussi usurpé. Ces gens-là ne veulent ni « pouvoir » ni « contre-pouvoir » qui « ferait quelque-chose » à la place de… A l’épopée solitaire à laquelle on sacrifie les espoirs des copains et ses désirs profonds, ils préfèrent l’épopée solidaire. Ils veulent faire, agir, vivre avec les autres. Ni dessus ni dessous ! Ils désirent non pas « animer la vie politique » mais ranimer la vie sociale tuée par la mascarade politicienne. C’est pourquoi ils proposent d’expérimenter d’autres modes de fonctionnement ici et maintenant. Tu sens la différence ?

Les citations entre guillemets sont du « meneur«  en question

 

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