Depuis les années 30, les producteurs et industriels de l’amiante cherchent à nier ou à minimiser les risques liés à l’utilisation de ce matériau (1). En France, pour faire face à la campagne des années 70 contre l’amiante (2), l’industrie a eu recours à un cabinet de relations publiques parisien, le cabinet Valtat qui s’est spécialisé dans la défense des industries polluantes.

 

Continuer la lecture

François Jacob dit souvent qu’il y a autant d’imbéciles et de salauds parmi les scientifiques que parmi n’importe quel autre groupe social. Il y a aussi autant de naïfs, pleins de bonne conscience incompétente. A côté d’un certain nombre d’évidences de soutien aux objectifs proclamés de RIO et de vœux pieux d’amélioration des conditions de vie des pays du Sud, l’Appel de Heidelberg utilise le prétexte de la lutte contre l’« écopoésie«  pour apporter un soutien inconditionnel au libéralisme sauvage et à la mainmise du système industriel sur la science et l’éducation. Pas plus que dans l’ordre du jour de Rio, les vrais programmes humains n’y sont évoqués. On y confond délibérément croissance industrielle, augmentation des profits et des PNB avec le développement humain exprimé en termes de satisfaction des besoins élémentaires de subsistance, d’éducation, de culture et de confort. On y assimile, une fois de plus, la recherche de connaissances à buts humanitaires, sanitaires et éducatifs avec la recherche frénétique de production, de gadgets éphémères, inutiles ou dangereux, mais sources d’invraisemblables profits industriels et commerciaux.

 

au-dessous : « L’appel d’Heidelberg, une initiative fumeuse » une analyse parue en 1992, puis la liste des signataires français

 

Continuer la lecture

Comme les écologistes l’ont réalisé en regardant la Chine martyrisée sous Mao et le Brésil du génocide amérindien, jeter un œil sur ce qui se passe loin d’ici permet de mieux appréhender – à défaut de comprendre – le système mû par le seul profit. En particulier, de mesurer l’inexistence de sa compréhension de la vie et son absence totale d’empathie. Ceux qui y participent sont trop occupés par l’argent pour accorder la moindre attention à ce que leurs parents aimaient et protégeaient, même à la plus fascinante organisation résultant d’une évolution multi-millénaire, comme une forêt primaire.

Une question devrait hanter les assoiffés de profits : que leur procurera les montagnes d’argent accumulées en détruisant quand tout sera détruit pour faire de l’argent ? Bien avant, en réalité, car, dans un monde qui n’est pas mécaniste comme le croient ces organisateurs du désastre, la pollution et l’effondrement du vivant sous les coups de la spéculation profite à tous, même dans les petits paradis où se réfugient les gagnants du grand concours de la bêtise.

 

Ignorante des hommes et de la nature,

l’économie réductionniste

qui avance dissimulée

sous le double langage du « développement »

détruit l’architecture complexe de la vie

et les savoirs acquis par l’humanité

 

Gibbon des Mentawaï (Kloss’s Gibbon)

 

Juste sous l’équateur, à une centaine de kilomètres de la côte sud de Sumatra, s’allonge vers le sud l’archipel des Mentawai. Siberut, la plus grande île – 4400 km² – est à peine plus grande que la moitié de la Corse. Séparée des Îles de la Sonde depuis près de 500 000 ans, Siberut était encore il y a peu couverte d’une forêt très diversifiées constituée de nombreuses espèces dont beaucoup ne se trouvent nulle part ailleurs (60 % des mammifères et plus de 15 % des plantes). 24 000 hommes y habitent, dont 18 000 autochtones qui, jusqu’à l’arrivée des Indonésiens, vivaient en parfaite harmonie avec leur écosystème, et, cela, depuis des milliers d’années.

Continuer la lecture