L’anti-écologisme, et l’aversion pour la nouvelle gauche, des gauchistes, des ex-spiritualistes personnalistes, des capitalistes néo-cons, etc.

 

« Le catalogue des idées reçues qui exercent leur hégémonie sur les politiques publiques et qui, grâce au suivisme des médias, envahissent les esprits n’est pas plus « naturel » qu’un autre : le néolibéralisme, resucée simpliste de doctrines du début du dix-neuvième siècle, a commencé, dans l’indifférence générale, à se construire de toutes pièces au lendemain de la seconde guerre mondiale. Mais quelques décennies plus tard, grâce à l’intelligence stratégique de ses promoteurs, à des centaines de millions de dollars de financements et malgré les résultats généralement désastreux des mesures qu’il a inspirées, il est devenu le socle de la pensée unique. (…) « Pour le néolibéral, la liberté individuelle ne résulte nullement de la démocratie politique ou des droits garantis par l’Etat : être libre, c’est, au contraire, être libre de l’ingérence de l’Etat. Celui-ci doit se limiter à fixer le cadre permettant le libre jeu du marché. La propriété privée de tous les moyens de production, et donc la privatisation de tous ceux appartenant à l’Etat, est indispensable. Le marché répartira au mieux les ressources, l’investissement et le travail ; la charité et le volontariat privés doivent remplacer la quasi-totalité des programmes publics destinés aux groupes socialement défavorisés. L’individu redeviendra ainsi entièrement responsable de son sort.(…) »

Comment la pensée devint unique, Susan George 2008

 

Le tableau restitué par Susan George est déjà édifiant. Elle souligne l’ampleur de l’effort de la guerre économique : la globalisation. Mais elle semble ignorer le rôle déterminant de la guerre froide culturelle au service de celle-ci. Son propos reste centré sur l’aspect économique au point qu’elle néglige la dimension écologique, laquelle relativise radicalement la place de l’individu et de la société pour les repositionner dans leurs écosystèmes et la biosphère. Il s’agit donc d’intégrer le vivant dans tous les processus de décision – dans la démocratie. En cela, c’est la critique la plus radicale de la domination capitaliste. C’est bien pourquoi la prise de conscience écologiste des années soixante, qui a largement inspiré la nouvelle gauche (new left), a vite été perçue comme un danger aussi grand, sinon plus, que l’idéologie communiste.

 

Quelques dizaines d’années plus tard, alors que le réchauffement climatique affole enfin, l’amusant – et le révélateur – c’est que ceux qui ont la possibilité de s’exprimer retrouvent les accents de la nouvelle gauche écologiste ! Par contre, ils semblent ignorer totalement l’histoire de celle-ci et, surtout, son effacement par le système capitaliste. Il est donc très important d’en entretenir la mémoire…

 

Il y a plusieurs manières d’étouffer une révolution, ou même un simple désir d’évolution. La manière forte et spectaculaire, avec la violence physique qui fait rentrer les têtes dans le rang en répandant le sang et la peur.

 

Beaucoup plus efficace à long terme est la manière sournoise. Elle se traduit aussi par des violences, mais beaucoup plus subtiles – dissimulées surtout, si dissimulées qu’elles ne sont vraiment connues que des victimes les plus directes. La foule des autres suit le doigt du prestidigitateur et ne voit plus que les illusions vaines qu’il sort du chapeau. Et, de déceptions en démobilisations, de confiscations en dépossessions, tout espoir et tout projet leur est bientôt ôté, les laissant vides et désemparés.

 

 

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Dans le peu d’information qui nous parvenait de la Chine maoïste en 1960, le massacre planifié des oiseaux fut un choc révélateur. Il compta beaucoup dans le déclenchement de l’alerte écologiste

 

 

 

Oeuvre du Grand Timonier qui fut tant admiré ici même : 70 000 000 morts (pour les seuls humains), un vaste écocide et un naufrage culturel

 

Entre 1958 et 1962, la politique économique préconisée par Mao a entraîné la mort de quelque 50 millions de personnes. Images d’archives et témoignages à l’appui, ce documentaire lève le voile sur cet épisode sombre de l’histoire de la Chine moderne.

En 1958, neuf ans après son arrivée au pouvoir, Mao Zedong lance à marche forcée un programme de collectivisation agricole et d’industrialisation des villes et des campagnes qui doit propulser la Chine, en moins de quinze ans, au niveau économique de l’Union soviétique et, plus ambitieux encore, de la Grande-Bretagne. Appelée le « Grand Bond en avant », cette politique, qui s’avérera un fiasco, va avoir des conséquences dramatiques puisqu’elle est à l’origine d’une famine sans précédent. Littéralement affamées par l’Etat, plusieurs dizaines de millions de personnes vont ainsi périr en à peine quatre ans. C’est cette tragédie, soigneusement cachée aux yeux du monde depuis un demi-siècle par le gouvernement de la République populaire, que relate le documentaire de Philippe Grangereau et Patrick Cabouat.

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Les esprits les plus critiques se le demandent. Certains – guère nombreux, curieusement – cherchent une explication dans l’histoire contemporaine, mais bien peu échappent à la fascination pour la pantomime politicienne et remontent le temps au-delà des années Reagan-Tatcher-Mitterrand et Delors. Et nous en entendons beaucoup qui semblent croire que l’ultra-capitalisme a été soudainement inventé au début des années 1980. Pourquoi ne poursuivent-ils pas leurs investigations en se demandant comment le grand espoir des années 1960-1970 a pu accoucher d’une pareille horreur ? Mais qui se souvient du mouvement planétaire de cette époque ?

 

Et qui se souvient – pourtant beaucoup plus près de nous – du nouvel essor du même mouvement entre la fin des années 1980 et début 90 ? Et de la spectaculaire contre-offensive réactionnaire qui, une fois encore, a anéanti tous les espoirs d’échapper simplement au pire ?

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