Quand on approchait la rivière, on déposait dans les fougères
Nos bicyclettes
Et on se roulait dans les champs, faisant naître un bouquet changeant
De sauterelles, de papillons et de rainettes

Pierre Barouh, Francis Lai

 

 

 

J’ai connu cet enchantement dans la campagne de mon enfance.

 

La campagne palpitait de tous côtés. Chaque pas révélait de nouveaux êtres. Nous avions plein de voisins à poils et à plumes, jusque dans la maison habitée par des moineaux et des chauves-souris. Dans le jardin, chaque pelletée de terre grouillait de vies. Et la musique de tous ces elfes nous accompagnait du matin à la nuit (1).

 

C’était hier et ce temps semble déjà révolu. Beaucoup se trouvent privés de ces perceptions et de la familiarité avec le vivant. En particulier les enfants qui, même dans les campagnes, sont désormais amputés de cette connaissance et des développements correspondants, donc de la capacité d’identifier les changements inquiétants.

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Des biologistes brésiliens restaurent des sites naturels dégradés par l’industrie minière

(…) Dans ce périmètre préservé, qui appartient à la grande compagnie minière brésilienne Vale do Rio Doce, Renato de Jesus, le gérant du Centre technologique de la biodiversité, est devenu un spécialiste de la récupération des zones dégradées par l’homme. Avant tout des sites miniers exploités par la Vale. « Il n’existe pas de terrain irrécupérable, il existe seulement des lieux plus abîmés, et donc plus chers à traiter, où la végétation est plus longue à revenir », assure-t-il, lui qui a perdu le compte des aires ayant reverdi sous la main de son équipe.

(…) La réserve de Linhares représente 8 % de ce qui reste au Brésil de la forêt atlantique, qui couvrait 3 500 km de son littoral en l’an 1500. La compagnie minière Vale do Rio Doce l’avait achetée en 1954, pour en exploiter le bois. Jugée non rentable, la réserve fut oubliée… et conservée. Aujourd’hui, ses 220 km2 sont inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, car ils abritent un véritable paradis de faune et de flore. Ici vivent 102 espèces de mammifères, 369 sortes d’oiseaux, 70 espèces de reptiles et 1 500 d’insectes. Ont aussi été répertoriées 2 650 variétés différentes de plantes et d’arbres.

Le Monde 15 août 2008

https://www.lemonde.fr/planete/article/2008/08/14/des-biologistes-bresiliens-restaurent-des-sites-naturels-degrades-par-l-industrie-miniere_1083647_3244.html