Les abus et les violences sexuelles comme révélateurs : de confusions en confusions. Cet article de l’hiver 2001 a été inspiré par les révélations sur un ex-simili « révolutionnaire » devenu élu Vert toujours surmédiatisé, et les amalgames qui ont suivi. 15 années plus tard, les révélations sur le comportement de Denis Baupin, autre Vert, montrent surtout la scandaleuse omerta dont il a bénéficié. Révélateur de la déficience culturelle d’une construction politicienne qui s’est prétendue héritière du mouvement écologiste. Depuis… depuis, le dossier ne cesse de s’alourdir, ajoutant une dimension inattendue à l’extinction programmée des alertes et des alternatives de la nouvelle gauche des années soixante.

 

Amalgame et camouflage

Liberté ! Liberté ! Liberté ?

Le Dieu individu

De la confusion au renversement des volontés

Profits et pertes

Regain

 

Au-dessous :

mai 2011Prédation, machisme et pourrissement général

juin 2011Feuilleton Strauss K : les priapiques du pouvoir tombent le caleçon encore plus bas

juin 2016Denis Baupin : une affaire hautement révélatrice

 

 

L’exhumation de quelques déjà vieux documents nous a rappelé que certains (et non point un seul) avaient à ce point perdu le sens commun qu’ils avaient pétitionné pour le commerce sexuel avec les enfants ou s’étaient, des années durant, vantés de l’avoir tutoyé. Même s’il ne s’agit que d’une bien étrange forfanterie, l’affaire est bien plus révélatrice que ne l’ont dit les commentateurs. Il semble surtout qu’il reste beaucoup à découvrir sur l’opération qui a utilisé le mouvement de l’émancipation (l’aspiration à la liberté enrichie par le partage) pour faciliter le glissement vers le libéralisme du renforcement de la prédation (la liberté de l’individu contre les autres). Prédation est le bon mot, celui qui éclaire toute la question. Une indication : l’injonction « Il est interdit d’interdire » était complaisamment véhiculée par des « intellectuels » autoproclamés* qui s’étaient illustrés dans le saccage du mouvement social (coopératif, libertaire, écologiste, féministe…). Logique, c’est typiquement une injonction ultra-libérale, et ceux qui instrumentalisent ainsi la liberté sont des prédateurs cherchant à étendre leur terrain de chasse.

* aussi des journalistes, des éditeurs, des media, des politiques… à peu près tous gens qui participaient non pas seulement à la censure, mais à l’étouffement de la nouvelle gauche.

 

 

le libéral-libertaire Cohn-Bendit, émission Apostrophes du 23 04 1982

une attitude typique (version soft) bien connue des écologistes confrontés aux gauchistes depuis 68

 

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Candidature alternative : la contradiction

Le projet d’une candidature « écologiste » aux élections présidentielles (celle de Pierre Rabhi) a été lancé dans l’ignorance des enseignements d’une expérience dont les initiateurs de la candidature d’aujourd’hui disent, pourtant, s’inspirer. Voilà qui montre à quel point la mémoire de l’alternative a été oubliée, combien sont méconnues les circonstances de la substitution d’un environnementalisme réformiste au mouvement alternatif, combien est lointain le dernier débat sur la philosophie politique, et qui démontre une fois de plus que la plupart des personnes sensibilisées aux questions écologiques ne sont pas prêtes de former un mouvement parce que, en contradiction avec l’une des premières règles du vivant, elles ont un mal fou à communiquer. Enfermées dans des circuits étanches les uns aux autres, elles s’ignorent de bonne foi, méconnaissant même à peu près tout de ce qui les a précédées, quand elles ne se snobent pas au sein des mêmes « associations« . Le développement du projet révèle à lui seul combien la lecture des médias écologistes – tel Silence qui a déjà diffusé beaucoup d’informations et de réflexions sur les illusions et les risques de l’utilisation de l’électoralisme – est restée confidentielle. D’ailleurs, elle a régressé de façon significative : Ecologie Infos vendait deux fois plus en 1989 que Silence treize années plus tard. C’est, entre beaucoup d’autres, un symptôme remarquable de la régression culturelle et politique entraînée par la longue dépression du mouvement alternatif.

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« On ne peut pas converser quand on est 500 personnes, donc pas faire de colloque. Ou, si l’on essaye, ça devient de la conversation en voie d’extrême développement à la mode d’Occident. L’inverse du travailler joli. (…) Il me paraît logique, pour défaire le développement, de défaire d’abord les manières de procéder de notre société centralisée.« 

Madeleine Nutchey, « Refaire le monde, mais où ?« , Silence, mai 2002.

 

« Alternative »? Vous avez dit alternative?

 

Cent cinquante centimètres au-dessus du plancher de la salle, l’homme n’est pas seul à la tribune mais lui seul parle. Il fait face à cent cinquante personnes (1 personne par centimètre, ou 1 centimètre par personne?). Il se produit comme un acteur sur la scène. En bas, nous sommes donc un public. Il parle. Cela fait déjà longtemps qu’il parle. Il donne des informations; mais, pour la plupart d’entre nous, c’est un simple rappel. Il ose des analyses; mais je vois là plusieurs personnes qui pourraient lui donner la réplique, et combien d’autres encore que je ne connais pas. A ses côtés, les autres ne disent rien.

 

Il parle encore. Il dit souvent JE, bien que le sujet ne se prête pas à la personnalisation.

 

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