Comment en sommes-nous arrivés à la pollution de toutes les eaux et de tous les sols (et à leur désertification), à l’effondrement des populations d’insectes, d’oiseaux et de mammifères, à la dérive climatique, à l’eau rare et chère… bref à l’effondrement généralisé du vivant que chaque éveillé peut maintenant constater ?

 

Pour bien le comprendre, se pencher sur les dérives locales, même à petite échelle, est tout aussi édifiant que l’étude des dérives planétaires.

 

carte de Cassini XVIIIème siècle

le 30 octobre 1968, le bourg de Saint-Gengoux-le-National et ses abords ont été inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

 

«Dans nos pays de l’Europe civilisée où l’homme intervient partout pour modifier la nature à son gré, le petit cours d’eau cesse d’être libre et devient la chose de ses riverains. Ils (…) l’emprisonnent entre des murailles mal construites que le courant démolit; ils en dérivent les eaux vers des bas-fonds où elles séjournent en flaques pestilentielles; ils l’emplissent d’ordures qui devraient servir d’engrais à leurs champs; ils transforment le gai ruisseau en un immonde égout
Histoire d’un ruisseau, Elisée Reclus, 1869

 

1 siècle après, la Terre était encore en assez bon état. Il y avait encore place pour l’espoir. Mais de nouvelles agressions massives et les projets d’exploitation mondialisée avaient soulevé l’inquiétude et fait se lever partout le mouvement écologiste et d’autres mouvements critiques et alternatifs à la civilisation imposée par la globalisation capitaliste. Les mouvements d’alerte et de proposition des années soixante furent baptisés la nouvelle gauche (New Left).

Mouvement écologiste ? Nouvelle gauche ? Contre-culture ? Culture écologiste ?

 

Une cinquantaine d’années plus tard encore, la situation est dramatique.

Pourquoi les alertes n’ont-elles pas été écoutées ?

Pourquoi l’aveuglement n’a-t-il cessé de progresser ?

Comment les profiteurs-pollueurs-destructeurs ont-ils pu s’affranchir de toute régulation ?

L’exemple d’une petite cité, mais de longue et belle histoire et qui avant d’être dégradée a, elle aussi, connu un éveil remarquable il y a 50 ans, révèle un développement des influences néfastes, la corruption et le dévoiement des mécanismes de représentation. Il démontre que les mêmes processus délétères ont, à tous les niveaux, pris le pas sur la conscience du bien commun, sur la convivialité et l’amour du vivant.

 

 

« Un récit partant du grand Elisée Reclus qui raconte par le menu les atteintes portées aux milieux humides via le développement d’une urbanisation non maîtrisée. Un village construit en lien avec l’eau finit par voir disparaître zones humides et tête de bassin sans que les politiques de protection des milieux soient en capacité de faire quoi que ce soit. L’article est remarquable, clinique dans la démonstration de notre incapacité à agir malgré les discours.

Le cas n’est malheureusement pas isolé, il manque ailleurs les plumes pour le raconter.« 

Sylvain Rotillon, spécialiste de l’eau et de ses milieux

 

sommaire

L’ancienneté de la défense du bien commun et la progression inexorable des destructions

 

Entre beaucoup d’autres curiosités, une révélation qui suscite beaucoup d’interrogations…

 

Le bien commun est nu devant ses prédateurs

 

Comment la démocratie divorce d’avec le bien commun

 

petite bibliographie édifiante

 

et L’écologie des catacombes

un premier bilan de la dernière action publié par Les Eaux glacées du calcul égoïste en avril 2014

http://www.eauxglacees.com/L-ecologie-des-catacombes-par

 

 

 

 

L’ancienneté de la défense du bien commun

et la progression inexorable des destructions

 

Comme partout, le mouvement écologiste – celui qui était une partie de la nouvelle gauche – s’est aussi développé à Saint Gengoux le National. Depuis les premiers balbutiements jusqu’à la dernière action pour la préservation du ruisseau principal et du patrimoine, se sont égrainées une cinquantaine d’années d’information et de tentatives de sensibilisation, d’initiatives constructives, de résistances aux projets destructeurs. Et… rien n’y a fait. Les destructions n’ont cessé d’être multipliées et l’essentiel – l’eau et ses milieux – a été perdu.

Une cinquantaine d’années car la dernière alerte pour l’eau, le patrimoine architectural, la vie de la campagne et du village (2007-2017), s’inscrit dans la continuité des actions qui l’ont précédées, au moins depuis 1973 :

« En 1973, un espoir naquit. Une association de sauvegarde et de mise en valeur se constituait, sous l’impulsion de quelques jeunes du pays. Grâce à l’impulsion de l’Union R.E.M.P.A.R.T., où sont affiliées les équipes qui ont sauvé également l’église du Puley et celle de Saint-Hyppolite, un chantier de jeunes bénévoles s’ouvrait en août 1973 et commençait le dégagement et la consolidation des remparts. Dans le même temps, des relevés architecturaux était commencés, afin d’avoir un programme d’ensemble permettant d’aboutir à une proposition permanente de sauvegarde. Cet effort se poursuivait en 1974, avec la restauration des voûtes d’une ruelle médiévale, quelques travaux aux remparts, et la poursuite de l’étude de la ville. (…) »

J.-P. Thorreton

Sites et Monuments octobre – novembre – décembre 1974 – n°68, revue de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), pages 34, 35, 36

 

RENAISSANCE VAUBAN A MAUBEUGE – CHARTRES – NANTES – ILE EN PERIL – SALIES-DE-BEARN – MILLAU-EN-ROUERGUE – SAINT-GENGOUX-LE-ROYAL.

 

Mais, à l’époque des observations de Jean-Pierre Thorreton, le système de la marchandise avait déjà étendu les réseaux de ce que l’on allait appeler la mondialisation – ou globalisation. Les lanceurs de l’alerte écologiste et patrimoniale étaient en train de découvrir que même un PSU gauchiste se prétendant « autogestionnaire« * s’activait sous le manteau pour développer « une perspective commune utile à la croissance marchande » (Michel Rocard, février 1974) – la source même de la ruine, tant pour la cité médiévale bourguignonne que pour la planète !

* mais soutenu (au moins) par les lobbies du nucléaire et de la grande distribution

 

El Niño, la Niña, Pacifique, forêts tropicales, tropical forests, évapotranspiration, chaleur latente, vapeur d’eau, condensation, thermodynamique, transferts verticaux de la chaleur latente de condensation, alizés, G.T. WALKER, boucles de Walker, circulation de Walker, circulation de Hadley, courant de Humbolt. El Niño Southern Oscillation, ENSO, climat, Indonésie, déforestation, logging, feux, fires, bascule climatique, machines thermiques,

fig. 2

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Nous découvrons une révolution douce et réfléchie infiniment plus efficace que tous les courants réformistes et revendicatifs qui demeurent soumis au paradigme impérialiste au point de le reproduire fidèlement, ou que les partis violents qui offrent le flanc à la manipulation et à la répression, quand ils ne les stimulent pas. Elles nous montrent que même des situations qui semblaient désespérées peuvent être rétablies, mais à la condition de s’émanciper complètement de toute domination…

 

before

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