La nouvelle gauche écologiste en France – Ecology movement – Social ecology – French ecologist new left movement


 

C’était au temps de l’essor de la critique du système mortifère en pleine expansion, et de l’éclosion d’une autre philosophie politique. Le temps des innovations qui pouvaient se développer indépendamment, de façon complémentaire, sans même se connaître. Un temps d’ouverture et de curiosité attentive pour l’autre, aussi, où il était encore facile de communiquer et de rassembler. La conférence-débat de la Semaine de la Terre qui rassembla tout le monde fut un moment d’intelligence et de grâce où tout semblait possible, tant chacun était complémentaire des autres. C’était au temps où l’on croyait encore possible d’écologiser la politique (d’après le titre d’un article du n°6 du Courrier de La Baleine en mars 1974).

 

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La nouvelle gauche écologiste en France – Ecology movement – Social ecology – French ecologist new left movement

 

« (…) mettre le progrès technique au service du genre humain est la seule perspective qui puisse éviter un retour à la barbarie sous quelque forme que ce soit. Cela, seul le socialisme le pourra et, non seulement il permettra l’utilisation exclusive du progrès en fonction des intérêts généraux de l’humanité, mais encore, en mettant en commun toutes les ressources mondiales matérielles et humaines, il fera franchir rapidement des pas de géant aux connaissances et aux réalisations humaines auprès desquelles celles dont dispose aujourd’hui la société capitaliste apparaîtront comme dérisoires.« 

conclusion d’une harangue anti-écologiste de Pierre VERNANT
dans Lutte Ouvrière n°247, mai 1973

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La nouvelle gauche écologiste en France – Ecology movement – Social ecology – French ecologist new left movement

Nous sommes je crois chers camarades d’accord sur l’essentiel d’une perspective commune utile à la croissance marchande, mais nous ne pouvons espérer le succès qu’en étant cohérent et en ayant des réponses globales à tous les problèmes se posant. Ce n’est pas l’impression que votre argumentation donne.

D’autre part, vous savez sans doute que j’ai repris des activités professionnelles à plein temps ; il ne m’est plus possible de préserver le temps nécessaire aux conversations du type de celles que vous me proposez. Mais la commission spécialisée du PSU prendra connaissance avec intérêt de vos textes sur le problème des nuisances comparées des diverses formes d’énergie.

Bien amicalement à vous.

p.o. Michel Rocard le 6 février 1974

 

Rocard était l’un des piliers de ce qui allait se baptiser « deuxième gauche« . Nous ignorions tout de leurs réseau et accointances. Les différentes officines de cette bientôt « deuxième gauche » se prétendaient anticapitalistes et autogestionnaires. En fait, c’était juste un pseudopode d’une « gauche socialiste » qui ne l’était plus (ni de gauche ni socialiste). Il y avait quelques années déjà que, par tromperie et par force, presque toutes les composantes de la gauche avaient été vidées de leurs révolutionnaires, et même des réformistes. Aux postes clés, tous avaient été remplacés par les collaborateurs de la « troisième voie« , sorte d’introduction social-démocrate au néo-capitalisme (comme on le découvrira, mais trop tard, à partir de 1983 avec Jacques Delors, un autre de cette « deuxième gauche« ).

On ne peut confondre cette « deuxième gauche » avec la nouvelle gauche* née dans les années soixante… Rien que l’extrait du courrier de 1974 où Rocard et le bureau du PSU s’affichent en chantres de « la croissance marchande » démontre à quel point la culture de la « deuxième gauche » était opposée à celle de la nouvelle gauche. La suite, jusqu’à aujourd’hui, ne fera que le confirmer.

  • qui avait été traduite de new left, sans prendre conscience de l’équivoque


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