On résiste au système dominant depuis aussi longtemps qu’il existe et qu’il évolue. D’innombrables efforts ont été tentés, d’innombrables analyses ont été accumulées. Pourtant, le monstre est toujours là, plus fou et plus destructeur que jamais.

Est-ce vraiment étonnant pour qui observe l’orientation et l’ambiance de la plupart des courants militants qui sont censés incarner l’alternative ?

Bien sûr, l’urgence impose qu’on ne laisse pas faire, que l’on réagisse. C’est un réflexe qui dépasse la personne. Il nous est dicté par toute la vie pourvu que nous soyons restés assez ouverts pour ressentir son alarme. Mais une fois l’urgence passée…

 

L’engrenage de la réaction

 

De l’opposition à la reproduction de la domination

 

De l’alternative à la régression

 

Réapprendre à vivre et travailler ensemble

 

 

Continuer la lecture

Un vieux compagnon de route, Ivan Illich, penseur affûté toujours en recherche, toujours en évolution, toujours stimulant, nous a quitté le 2 décembre.

Il avait surfé en virtuose sur le grand « remue-méninges » des mouvements sociaux des années soixante et soixante-dix. En dépit du succès qui en avait fait une cible de choix pour les manoeuvriers de la censure et du détournement de ce mouvement, il est resté fidèle à l’esprit de la nouvelle gauche.

Continuer la lecture

Au moment où les MOI JE VEUX, qui ont troqué leurs neurones contre un piston, sortent de leur apathie de plomb vis à vis du bien commun et descendent dans la rue contre une réduction des vitesses excessives sur route, il paraît utile de rappeler quelques bases relatives au bien commun – ce bien commun qui a été totalement oublié depuis l’écrasement de la nouvelle gauche écologiste (à dessein).

 

Il convient aussi de resituer l’automobile comme l’un des principaux monopoles radicaux (Illich), un outil devenu dominant qui transforme tout autour de lui, y compris les perceptions et les mentalités (réduites), comme le dénonçaient déjà les situationnistes des années 60 avec l’auto-critique dédiée à la sainte bagnole…

 

 

Ex-cyclotouriste, je ne ferai plus les parcours que je découvrais avec plaisir dans les années 1970 et jusqu’à voici vingt ans encore. Et ce n’est pas la forme qui manque le plus. C’est l’agrément, la place et la quiétude. Là même où l’on était dérangé quatre ou cinq fois par heure par une automobile roulant à allure modérée, on peut à peine se relâcher un instant. Il faut serrer à droite et se concentrer sur la ligne du bas-côté. Pendant que passent des trains d’automobiles frénétiquement collées les unes aux autres et des poids lourds à grande vitesse dont le souffle nous déporte, on tend le dos en espérant que les cyborgs incarcérés dans leurs mécaniques s’écarteront suffisamment. Même sur la moindre route de montagne, il faut prendre des précautions d’éclaireur pour aborder les virages d’où peut surgir un bolide à la limite de la sortie de route.

 

« La vie de partout se précipite, se bouscule, animée d’un mouvement fou, d’un mouvement de charge de cavalerie, et disparaît cinématographiquement, comme les arbres, les haies, les murs, les silhouettes qui bordent la route… »

« Cette maladie s’appelle d’un nom très joli : la vitesse. »

Octave Mirbeau

Continuer la lecture