Le site est en cours de restauration après une longue série de cyberattaques commencée en 2015 (russes semble-t-il, mais c’est un peu curieux… il doit s’agir d’une couverture). Cela confirme une nouvelle fois que la culture et l’histoire écologistes sont toujours frappées par la censure.

 

 

 

 

le journal citoyen des écologistes consternés

Une actualité de la biosphère et un regard sur l’autre « actualité« , celle du système qui est en train de détruire celle-ci

 

 

Les dernières nouvelles du front :

La réforme du Code du Travail est un épisode de la spoliation du bien commun

Pour plus de spéculation, en avant !

Donald Trump fait des miracles

Public/privé : les contours flous de l’Etat. La mutation néolibérale

Australie, 1960. Seulement 57 ans en arrière et pourtant…

PROVOS, BEATNIKS, SITUATIONNISTES, HIPPIES, MILITANTS DES DROITS CIVIQUES, PACIFISTES, FÉMINISTES, HOMOSEXUELS, RÉGIONALISTES, AUTOCHTONES, ÉCOLOGISTES… Juste avant l’extinction

Bien commun, l’assaut final

150 MACAQUES MASSACRÉS

Globalisation du capitalisme : le saccage jusqu’au bout – Les peuples autochtones descendent dans la rue

Le néo-libéralisme est un fascisme

Tiens ! Une mobilisation pour la liberté d’expression… (Il fallait y penser hier, « camarades » !)

Quand les coulisses d’Emmanuel Macron nous rappellent de bien mauvais souvenirs

Un nouveau rideau de fumée

Le film Let’s Pollute nous rajeunit

AFRIQUE :à l’origine de la ruine, sociale, économique, écologique… les armées nationales et la lutte pour le pouvoir

L’Empereur, le film

1971 – 2017, de pire en pire

« Pourquoi nous choisissons Macron ?« 

Falsification de l’histoire sociale

Edgar Morin révisionniste ? Ou victime de celui-ci ?

Légende André Gorz : vous reprendrez bien une dose de bourrage de crâne ?

Le fiasco est complet – à propos du rapport du WWF sur l’effondrement du vivant

Il y a 80 ans, l’Espagne était écrasée par les fascismes

Bob Dylan après Dario Fo

En France, le viol est un phénomène massif

La bagnole, symptôme de tout le reste

 

Le camion de Nice n’a pas surgi du néant

Ibrahim Kachouch : 5 ans déjà !

Le témoignage de Samar Yazbek sur le massacre de la Syrie. Pourquoi ? Pour qui ?

La pensée d’Yves BONNEFOY restera

Rocard disparaît sous les éloges

Plus de 700 migrants noyés en une semaine en Méditerranée

Denis Baupin : une affaire hautement révélatrice

Rapport accablant de l’Observatoire de la Biodiversité

Abattoirs : Nous sommes tous complices de cette barbarie

Des chimpanzés sauvés de la mort « scientifique« 

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Nouvel assassinat d’une écologiste aux Philippines

Gloria Capitan, 57 ans, a été tuée vendredi d’une balle dans la tête. La militante écologiste était opposée à la construction de nouvelles centrales à charbon aux Philippines, deuxième pays le plus dangereux au monde pour les défenseurs de l’environnement

Selon l’ONG Global Witness, 33 militants ont été tués l’an dernier aux Philippines. Au total, ce sont 185 militants écologistes qui ont perdu la vie à travers seize pays en 2015.

Depuis 2014, le charbon fournit plus de 31% de l’électricité des Philippines, selon le ministère de l’Energie. Cette part est amenée à grandir au fur et à mesure que des centrales sont construites pour faire face à une demande croissante.

juin 2016

NDDL : nouvelle illustration de l’imposture démocratique

Dans une société démembrée et déculturée, le référendum sert aussi à desservir le bien commun

Notre-Dame-des-Landes : « Le référendum était pipé »

« (…) le cadre, le processus et le contenu de cette consultation étaient fondamentalement biaisés. Celle-ci était basée sur une série de mensonges d’État et radicalement inéquitable. Il ne s’agissait pour nous que d’une étape dans la longue lutte pour un avenir sans aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

 Cette lutte se poursuit dès ce soir. Nous savons que les attaques du gouvernement et des pro-aéroport vont se renforcer. De notre côté, nous n’allons pas cesser pour autant d’habiter, de cultiver et de protéger ce bocage. Il continuera à être défendu avec la plus grande énergie parce qu’il est porteur d’espoirs aujourd’hui indéracinables face à la destruction du vivant et à la marchandisation du monde. Nous appelons tous les soutiens et comités partout en France et au-delà à se mobiliser et à redoubler de vigilance dans les semaines et mois à venir. Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes »

la coordination

 

C’est bien pire que ne l’analyse Reporterre car, bien plus que le mode opératoire, c’est le contexte qui décide de l’expression de la démocratie, ou de son contraire  ! , en dépit du décorum « démocratique« , ce référendum n’a pas grand chose à voir avec l’expression de l’intérêt général à long terme – le souci du bien commun qui doit prévaloir en démocratie, n’est-ce pas ?

Problème : dans une société largement déstructurée et soumise à une martèlement incessant de conditionnements favorables à un économisme déconnecté du vivant, quelle place pour le bien commun ? Beaucoup, sinon la plupart en ont oublié jusqu’au goût.

à ce propos, ce billet publié en février sur planetaryecology.com

Référendum local sur le projet qui menace Notre Dame des landes : l’ultime perfidie

 

Le Président de la République a projeté d’engager un processus réputé démocratique plutôt que d’appliquer simplement la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (2006) et la Directive-Cadre européenne sur l’Eau (2000). Pourtant, elles ont été votées pour protéger précisément les espaces comme celui de Notre Dame des Landes qui est à cheval sur 2 têtes de bassin versant. Les lois, surtout celles-ci qui sont fruits d’un très long processus d’étude, de maturation et d’élaboration depuis le terrain jusqu’au plus haut niveau de décision, ne sont-elles pas démocratiques ? Ne sont-elles pas faites pour être appliquées ?

A l’inverse, les populations censées être appelées à voter sur ce que la loi a déjà décidé sont-elles bien sensibilisées aux différents aspects de la question : milieux humides de têtes de bassin versant, biodiversité, hydrologie, climat, devenir des paysans, des savoirs et des modèles durables qu’ils ont développés, bien commun à long terme contre option technologique transitoire, etc. ? Car la démocratie invoquée ne peut exister avec des électeurs insuffisamment informés et conscients des enjeux.

Or, sur l’ensemble, on observe une diffusion extrêmement insuffisante, voire totalement inexistante, de l’information sur le corps et le sens de la législation sur l’eau et les milieux humides. En dépit de la gravité de la dégradation des têtes de bassin versant et, assez généralement, des zones humides, la plupart des français sont toujours dans l’ignorance vis à vis de ces milieux. Souvent au point de méconnaître ce qui est juste à côté de chez eux et le travail patient de leurs ancêtres – et de n’y voir aucun intérêt. Voire d’approuver majoritairement la poursuite des destructions contre lesquelles a été faite la législation sur l’eau (comme à Saint Gengoux le National et dans sa région *). Même les associations de protection de l’environnement et du patrimoine sont encore nombreuses à ne pas s’intéresser du tout à la question, alors qu’elle concentre la majeure partie des problèmes écologiques – nous pouvons même dire : des urgences vitales.

Une torpeur si profonde et si répandue est une aubaine pour tous ceux qui veulent poursuivre, comme avant l’évolution législative, les destructions qu’ils imaginent leur être profitables. Le plus troublant est l’inertie des organismes d’Etat en charge de l’application de la nouvelle loi et leur aide à son édulcoration.

Mais, est-ce bien si étonnant puisque, surtout depuis une soixantaine d’années, les savoirs paysans et le sens du bien commun ont été dévalorisés et ringardisés pour casser la paysannerie et passer les campagnes au laminoir productiviste ? Est-ce si étonnant puisque nous ne sommes encore qu’au début de la prise de conscience des coûts catastrophiques de cette politique ** ? Cela n’a malheureusement rien d’étonnant puisque la reconquête des savoirs perdus n’en est qu’à ses débuts et que la prise de conscience est combattue depuis des dizaines d’années.

Dans ce contexte de grande déculturation, d’ignorance des enjeux et de toute puissance des lobbies, les processus électifs habituels de désignation et de prise de décision ne sont qu’une manipulation d’illusionniste masquant la poursuite du détournement et de la destruction du bien commun. L’idée du référendum est donc suspecte d’avoir été inspirée par la certitude que son résultat irait contre l’application de la législation naturellement protectrice de l’écosystème de Notre Dame des Landes.

Cela, 2 mois après les proclamations solennelles du même Président à l’occasion de la COP 21*** !

 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/

** Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon, Sang de la Terre

 

*** (…) Je veux rendre hommage à cet instant à tous les pionniers de la cause écologique, à tous les précurseurs qu’il n’y a pas si longtemps devaient affronter l’incrédibilité ou le dédain pour leurs alertes et leurs propositions. En quelques années, les esprits ont profondément évolué, les entreprises et les acteurs financiers hier réticents sont désormais prêts à s’engager et à modifier leur comportement.

(…)
Mesdames et messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement, pour résoudre la crise climatique, je vous le dis franchement : les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas, nous sommes au bord d’un point de rupture. Paris doit être le départ d’une profonde mutation, nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destiné à notre seul et plein accomplissement. (…)

(…) Mesdames et Messieurs, le combat pour le climat participe d’une lutte, d’une lutte engagée depuis des siècles, des décennies pour la dignité humaine, une lutte pour l’égalité, une lutte pour les droits fondamentaux. Vous savez qu’ici, à Paris, ont été proclamés les droits de l’Homme et du citoyen, eh bien grâce à vous aujourd’hui, vous venez de proclamer les droits de l’Humanité. C’est à cet acte, à cette révolution-là que je veux également souligner la portée de l’Accord de Paris.

Je suis fier, fier que la France ait accueilli cette conférence ; fier que les Nations Unies aient été capables en tant que communauté internationale de prendre cette responsabilité ; fier que les idéaux de justice aient pu prévaloir ; fier de ma génération, de votre génération, qui a été capable de décider d’agir pour un monde que nous ne verrons pas.  

Oui, le 12 décembre 2015 restera une grande date pour la planète. A Paris, il y a eu bien des révolutions depuis des siècles mais aujourd’hui c’est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d’être accomplie : la révolution sur le changement climatique.

Denis Baupin : une affaire hautement révélatrice

Ce que révèle l’aura de propos orduriers et de gestes déplacés qui semble avoir longtemps entouré un élu vert hissé jusqu’au sommet de l’assemblée des élus républicains stimule, heureusement, la réflexion. Reste à stimuler aussi la mémoire..

Marilyn Baldeck de l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail :
« Denis Baupin ne pouvait ignorer la gravité de ses propos et de ses actes. Il dispose d’un capital social et culturel qui lui permet de savoir où se situe le dépassement de la norme« .

Ah bon ? On passera sur cette « norme » énigmatique, mais l’affirmation relative à la culture est un peu grosse ! De toute évidence, Marilyn Baldeck néglige une dimension du problème : la culture dont il s’agit. Bien que M. Denis Baupin aime à se réclamer de Mai 68 et de l’écologisme, sa culture relève très largement de l’autre culture : celle qui justifie les dégradations et les destructions pour augmenter le niveau de la prédation. Parce qu’elles salissent un mouvement remarquable – la nouvelle gauche écologiste des sixties et seventies – et introduisent encore plus de confusion qu’il n’en est déjà entretenu par d’autres malhonnêtes, les prétentions de ce monsieur méritent d’en dire plus que je ne l’avais fait dans « Harcèlement et agressions sexuelles à gogo chez les Verts » (ci-dessous).

Denis Baupin interrogé par des journalistes de L’Obs :
« (…) le contexte a changé : on n’est plus à l’époque libertine et post-soixante-huitarde qui régnait chez les écolos. Aujourd’hui, le regard de la société est moins open« .

« Je ne vais pas nier que j’ai longtemps été dans le registre de la séduction et dans une forme de libertinage correspondant à la culture des écologistes. » http://tempsreel.nouvelobs.

Ah, parce que, tout en étant né en 1962, Denis Baupin a une expérience de ce qui se passait en 68 et dans le mouvement écologiste ?

Cela ne se passait justement pas comme il le dit. Denis Baupin semble dans une confusion telle que l’on en viendrait presque à lui trouver des excuses !

– confusion entre libertinage et agression sexuelle,
– confusion entre le mouvement écologiste (consciencieusement étouffé avant la mi-temps des années 1970) et l’assortiment d’imposteurs qui lui a été substitué par le cartel des réactions (a),
– confusion entre culture capitaliste du pouvoir et de la prédation (la culture impérialiste)… et culture immémoriale du vivant, la culture arcadienne de l’historien de l’écologisme Donald Worster.

Denis Baupin fait-il exprès de la désinformation pour tenter de s’absoudre, ou croit-il vraiment à la version dénaturée et avilie de l’écologisme ? Ses déclarations sur la culture du mouvement dont il se réclame abusivement ne seraient-elles pas sincères, au moins un petit peu ? La falsification de l’histoire du mouvement écologiste pour lui substituer celle d’une intégration au système dominant, l’effacement de sa culture pour la remplacer par les joutes du capitalisme de pouvoir, l’omerta complice révélée en même temps que les turpitudes, achèvent de démontrer un retournement complet de sens. Depuis un certain temps, chacun peut, dans son environnement comme à grande échelle, en mesurer les conséquences.

La réussite de l’opération que Bernard Charbonneau avait dénoncée est telle qu’il est probable que, comme la plupart de ceux qui n’ont pas connu le mouvement écologiste, Denis Baupin en ait été abusé. Surtout après ses déclarations, il est clair que le problème dépasse de très loin sa personne.

ACG

(a) Gauchistes des beaux quartiers, PS, PSU rocardien, acteurs et soutiens de la grande distribution, agents du Congrès pour la Liberté de la Culture, néo-cons… tous ensemble dans la guerre froide culturelle pour désamorcer tout ce qui pouvait menacer leur chère prédation et l’essor du tout-capitalisme, y compris l’alerte écologiste ! Tous ensemble et bientôt rassemblés dans la Fondation Saint Simon (1982/1999) pour conforter la globalisation capitaliste, etc.

Petit rappel à l’attention des incrédules : c’est Bernard Charbonneau qui, le premier, a dévoilé l’organisation de la prise de contrôle rampante du mouvement écologiste par « la caste dirigeante », dans un article du n° 21 de La Gueule Ouverte, juillet 1974 – Le « mouvement écologiste« , mise en question ou raison sociale (sur www.planetaryecology.com, rubrique Une mémoire du mouvement écologiste 4ème chapitre )

.
…car la « mise en question » portée par l’alerte écologiste était intolérable pour les dominants. Alors que les pires cauchemars redoutés par les écologistes ont été réalisés, l’expression de cette « mise en question » est toujours systématiquement étouffée *.

 * remarquable : le site planetaryecology est l’objet d’une attaque en règle depuis plus de 6 mois. Il est même désormais classé comme « dangereux » pour les utilisateurs (hébergé par Joomla, le site est géré par http://www.artifis.fr/).

La raison sociale comporte, en premier lieu, le terme générique de l’activité ou du produit (ex : Société Civile Professionnelle), puis l’appellation spécifique qui permet de distinguer la société des autres. La raison sociale doit être indiquée lors de l’inscription au registre du commerce.
Dans certains cas, seule l’appellation spécifique fait office de raison sociale.
Ces noms d’entreprises comportent également les patronymes des associés indéfiniment responsables et parfois des expressions telles que « et Associés », « et Fils »…
http://www.journaldunet.com/management/pratique/creation-d-entreprise/1779/raison-sociale.html

et encore :
Un dragueur réputé lourd

http://www.crepegeorgette.com/2016/05/09/dragueur-lourd/

 

Saint Gengoux le National 1974

L’affaire de Saint Gengoux ne cesse de gagner en épaisseur et en exemplarité. L’histoire de la formation de la vallée, l’histoire de l’implantation des hommes et de la formation de la cité, la situation rare d’une vieille cité dans l’espace d’une tête de bassin versant, la brutalité des destructions récentes et, justement, les dessous de l’histoire contemporaine – pas seulement locale – qui commencent à se dévoiler, tout en soulevant de nouvelles questions…

Quand l’histoire locale correspond à l’histoire nationale

A Saint Gengoux, les saccages ont succédé à… une mobilisation pour le patrimoine et le bien commun !

Découverte d’un document qui dévoile l’histoire exemplaire de la régression radicale qui a brutalement succédé à une mobilisation pour le patrimoine et le bien commun. Ce qui achève de démontrer que la destruction du patrimoine et la destruction de la tête de bassin versant ont progressé parallèlement.



Sites et Monuments octobre – novembre – décembre 1974 – n°68, revue de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), pages 34, 35, 36

Saint Gengoux-le-Royal

à découvrir…

Saint Gengoux-le-Royal, cité médiévale…

Aujourd’hui, Saint-Gengoux-le-National, à l’écart des grands itinéraires routiers, entre Chalon-sur-Saône, Cluny et Tournus, offre au visiteur qui a su le trouver une structure qui n’a que peu évolué depuis le Moyen-Age, du moins en son centre. Cité à découvrir, elle l’est à de nombreux titres. La première visite est un étonnement constant ; l’oeil passe d’une fenêtre à meneaux à une échauguette, d’une maison à pans de bois au clocher, roman comme il se doit.

Les visites suivantes n’en sont pas moins riches en découvertes et, à chaque fois, de nouvelles « trouvailles » viennent s’ajouter à ce que l’on connaissait déjà.

Avant de parler plus longuement de cette ville si riche, et qui laisse malheureusement sommeiller ses trésors, il serait bon d’évoquer quelques points d’histoire.

Si l’existence de Saint-Gengoux à l’époque gallo-romaine n’est pas fortement attestée, elle apparaît en revanche, en 950, dans une charte de l’abbaye de Cluny.

C’est Louis VII qui donna aux habitants de Saint-Gengoux l’autorisation d’élever des fortifications. Ce droit fut confirmé en 1200 par Philippe Auguste. Douves et murs d’enceinte protégeaient alors le château et son donjon, édifié en 1206. Celui-ci, qui aurait été flanqué de quatre tourelles, fut rasé sous Henri IV. L’enceinte fortifiée comptait quatorze tours reliées par le chemin de ronde. A l’intérieur de la ville, de nombreuses tours et maisons à échauguettes complétaient le système de défense. Système d’ailleurs peu efficace, puisque Saint-Gengoux n’a jamais su résister à aucun siège.

Des quatorze tours de jadis, seules deux subsistent *, au nord, reliées par un rempart qui se prolonge à l’ouest.

Les règnes de Charles VIII et de Louis XIII virent l’extension du bourg, avec l’apparition de rues « corporatives » : rue des cordiers, rue des bouchers, rue des chapeliers, rue des tanneries, etc.

En 1789, on comptait 1 449 habitants à Saint-Gengoux. Il en reste environ 1 100 aujourd’hui.

La structure de la vieille ville n’a que peu évolué depuis l’époque médiévale. Quelques adjonctions malheureuses, bien sûr… Quelques réparations, plus utiles qu’esthétiques ont été faites ici et là, mais l’essentiel subsiste. Des maisons se sont adossées aux fortifications, s’y sont même parfois incrustées. Mais l’essentiel est là, pour qui sait voir et admirer.

En 1973, un espoir naquit. Une association de sauvegarde et de mise en valeur se constituait, sous l’impulsion de quelques jeunes du pays. Grâce à l’impulsion de l’Union R.E.M.P.A.R.T., où sont affiliées également les équipes qui ont sauvé également l’église du Puley et celle de Saint-Hyppolite, un chantier de jeunes bénévoles s’ouvrait en août 1973 et commençait le dégagement et la consolidation des remparts. Dans le même temps, des relevés architecturaux était commencés, afin d’avoir un programme d’ensemble permettant d’aboutir à une proposition permanente de sauvegarde. Cet effort se poursuivait en 1974, avec la restauration des voûtes d’une ruelle médiévale, quelques travaux aux remparts, et la poursuite de l’étude de la ville.

La tâche est immense et ingrate. Les plus beaux joyaux, les monuments du XIV°, du XV° siècle, les plus abondants, sont des propriétés privées auxquelles les jeunes n’ont pas accès, le travail bénévole ne pouvant s’effectuer qu’au bénéfice des communes et collectivités publiques. Une maison du XIV° siècle devait pourtant devenir le siège de l’association. Pour des raisons mal déterminées, la vente au franc symbolique qui devait avoir lieu n’a pu aboutir.

Plus grave encore, des démolitions sont actuellement envisagées. En particulier celle de l’hospice, qui abrite les anciens de Saint-Gengoux. Magnifique bâtisse du XVII° siècle, qui se trouve face à un ancien couvent de la même époque, servant aujourd’hui de foyer rural. L’ensemble, qui est situé à l’une des entrées de la ville, est très homogène. La mairie, qui semblait vouloir adopter une politique de conservation et d’entretien des édifices anciens, a pourtant accepté immédiatement le projet de démolition. L’architecte des Bâtiments de France ne pouvait qu’en faire tout autant et donnait son accord à un projet fade, sans style, sans proportions et sans caractère. Il était pourtant facile de conserver le bâtiment actuel, en l’agrandissant sur l’arrière, ce qui était alors invisible et permettait de résoudre le problème posé par l’extension.

La démolition de cet édifice serait un premier pas. Comme dit le proverbe : « c’est le seul qui coûte ». Partant de là, tout peut arriver, et ce joyau qu’est Saint Gengoux, qui ne demande qu’à se révéler, risque de disparaître morceau par morceau. Déjà, il y a deux ans, un remblaiement qui devait cacher les remparts, a été évité de justesse. Aujourd’hui, la menace est plus grave. C’est un choix qui doit être fait.

J.-P. Thorreton

* Il en est une troisième, à l’ouest, qui est une tour-porte avec un beau passage voûté. Quadrangulaire, elle est peu connue car, privée de sa couverture, elle ressemble à une grosse maison.

Article essentiel puisqu’il rapporte qu’au début des années 1970, à Saint Gengoux même, bien avant Villa Vallis (d’après les rares témoignages recueillis), s’épanouissait une conscience de l’importance du patrimoine (relation à la genèse du pays et à l’histoire des anciens, plaisir de vivre, potentiel de la cité…), et qu’un mouvement s’affirmait « sous l’impulsion de quelques jeunes du pays« .

Article important puisqu’il témoigne de premiers efforts prometteurs : le blocage d’un projet destructeur, des travaux de restauration, une étude… Quel contraste avec l’adhésion actuelle aux pires projets !

Puis, en plein élan, dans ce lieu de longue installation où tout avait toujours été pensé en fonction de l’environnement, sans doute pour « moderniser » tout ça en s’inspirant de la négation même de l’urbanisme – la banlieurisation, les administrations et les élus ont entrepris de casser la cité médiévale et sa campagne.

– Pourquoi et comment l’éveil pour le bien commun a-t-il été vaincu ?
– Que sont devenus « les jeunes » motivés d’alors ?

Cet article est aussi très important parce qu’il prévient contre la dérive déjà amorcée par une administration déprédatrice et des élus bien vite oublieux de leurs responsabilités vis à vis du patrimoine et, plus généralement, de l’intérêt général et de l’avenir.

Il est tout aussi remarquable d’apprendre que les fonctionnaires chargés de protéger le patrimoine contre les entreprises nuisibles – les Bâtiments de France – ont trahi leur fonction et se sont couchés sans combattre. Cela confirme ce qui nous avait été rapporté et correspond aux abandons de postes des administrations responsables de l’eau et de l’environnement.

Mais où est passé « l’Etat de Droit » au service de l’intérêt général ?

J.-P. Thorreton avait mille fois raison d’alerter contre la disparition « morceau par morceau« . Ainsi progresse la prédation du bien commun et le démembrement des ensembles historiques, architecturaux, écologiques. Ainsi le sens est-il perdu presque insensiblement, augmentant la perte de la mémoire et de la conscience, permettant aux successeurs des premiers saccageurs de commettre pire encore dans l’indifférence générale.

On n’ose imaginer ce que seraient devenues la cité médiévale et sa campagne sans les éveils successifs de l’intérêt pour le bien commun et les résistances opposées aux prédations destructrices !

A la lumière de ce témoignage venu des seventies (42 ans !), les années d’enthousiasme et d’espoir, époque où la culture de l’écologie et du patrimoine était partout portée par un mouvement social, on voit mieux à quel point, à Saint Gengoux, tous les efforts positifs ont été compromis, balayés, retournés. Il s’agit d’une inversion complète. Une inversion brutale puisque, quelques années plus tard, les belles maisons du XVII° allaient être rasées et, au sortir du même faubourg, 1 kilomètre de ruisseau, de bief de moulin, avec leur belle ripisylve arborée, anéantis, et l’eau, vidée de toute vie, enterrée dans une buse ! Depuis, un autre pâté de maisons médiévales a été dévasté et, avec son attractivité, la cité a perdu une quarantaine de commerces, dont plusieurs auberges et restaurants.

La destruction des maisons médiévales et renaissances est particulièrement révélatrice car elle intervient à une époque où, enfin, le patrimoine architectural est partout ailleurs objet d’attention. Pire, plutôt que de provoquer une prise de conscience et, par exemple, une réaction des élus, la fièvre destructrice n’a fait que se renforcer. La perte de la culture défendue par les jeunes Jouvenceaux des années 1970 est flagrante. C’est au point qu’aujourd’hui presque plus personne n’ose défendre la cité, son eau et ses paysages.

– Qu’est-il arrivé aux défenseurs de la cité médiévale ?
– Qu’est-il arrivé à la population ?
– Comment l’incompréhension et le mépris pour le patrimoine architectural et l’écosystème ont-ils pu succéder à l’éveil – et si vite ?
– Comment les destructeurs fanatiques ont-ils pu supplanter ceux qui proposaient de protéger et d’améliorer, de mettre en valeur ?
– Pourquoi une telle régression ?
– Quelles forces ont été à l’oeuvre pour renverser ce mouvement ?
– Et comment ces saccages n’ont-ils pas soulevé l’indignation hors de Saint Gengoux et jusqu’au niveau national ?

 

Comment ne pas corréler cet effondrement de la conscience du bien commun, et de sa défense, à l’étouffement du grand mouvement culturel des années 1960/70 – la nouvelle gauche – qui, en restaurant la culture du vivant, avait stimulé la conscience du patrimoine et de l’écologie, tout en alertant contre les destructions de la globalisation capitaliste en cours ? La simultanéité et les correspondances sont troublantes. La similarité des conséquences, tout autant (1). L’effacement de la mobilisation observée par J.-P. Thorreton, à Saint Gengoux le National, serait-il une traduction de l’opération développée à très grande échelle pour vaincre les résistances à l’ultra-libéralisme ? Saint Gengoux, un exemple local de ce qui s’est passé dans tout le pays ?

le collectif de sauvegarde

(1) Les amoureux du patrimoine étaient impliqués dans la nouvelle gauche écologiste des années 1960/70. L’un des précurseurs du mouvement, Bernard Charbonneau en a témoigné :
« (…) A ses débuts, surtout après Mai 68, ce mouvement a été le fait de personnes marginales, comme Fournier, de groupes de jeunes* et de quelques sociétés (Maisons Paysannes de France, Nature et Progrès, etc. **), réagissant spontanément à la pression grandissante de la croissance industrielle. Nouveauté des thèmes, marginalité, spontanéité du mouvement, ce sont là les signes d’une véritable révolution (rupture dans l’évolution) en gestation. (…) »

* comme La Semaine de la Terre

** Etudes et Chantiers aussi

Et Charbonneau embrayait sur une mise en garde contre les manoeuvres que « la caste dirigeante » avait déjà « mis en train en 1970 » pour récupérer et détourner le mouvement en remplaçant ses acteurs par des « notables (qui) ne sont pas par hasard à ce rang » (la suite de l’histoire a été écrite par Guy Hocquenghem : Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary).
L’article de Bernard Charbonneau : Le « mouvement écologiste« , mise en question ou raison sociale est paru dans La Gueule Ouverte n° 21, Juillet 1974.

En décembre 1974, Aline Bayard et Raymond Bayard, fondateurs de Maisons Paysannes de France, ont témoigné des manipulations auxquelles ils résistaient dans leur association et dans l’ensemble du mouvement écologiste. Comme Bernard Charbonneau, ils dénonçaient la récupération et le détournement du mouvement effectués à l’occasion de « la campagne Dumont » (mai/juin 1974).

 

en 2013

l’effondrement continue

mai 2016

 

Harcèlement et agressions sexuelles à gogo chez les Verts

Que l’auteur de ces faits longuement répétés ait pu s’insérer dans cet appareil et grimper dans la hiérarchie du système jusqu’à occuper l’un des postes les plus en vue de la République est déjà très intéressant. Cela renseigne sur la qualité de ces structures.

L’omerta ayant tout aussi longuement occulté les faits est encore plus révélatrice :

« C’était très, très connu dans le parti », a assuré lundi à l’Agence France-Presse un collaborateur des députés du groupe à l’Assemblée.

« Oui, je savais, pas tout, pas complètement » (…) « Autour d’un bon verre de vin, en soirées amicales, tour à tour, des camarades, pour certaines des amies, parlaient, se confiaient et je blêmissais, et je savais que ça tomberait un jour (…) ». Et, comme si cela n’était pas déjà un problème, on entend : « Oui, on le connaissait comme un dragueur lourd, mais pas à ce point« .

Mieux encore, « après des allusions à des rumeurs d’agressions sexuelles dans le parti « assez récemment dans un conseil fédéral, à la surprise générale la personne qui est montée à la tribune pour demander qu’on arrête de discuter ça, c’est sa compagne, c’est Emma Cosse (…). Elle est montée à la tribune pour dire : “Ça suffit, je refuse qu’on continue de débattre de cette question » (…) ».

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/05/09/denis-baupin-accuse-d-agressions-sexuelles-il-ne-faut-rien-laisser-passer_4916045_823448.html

montée à la tribune… A la tribune ? Parce qu’il faut s’élever au-dessus des autres pour parler ? Parce qu’il suffit qu’un « représentant » roule des mécaniques et dise ça suffit pour que le silence retombe ? Cela seul résume tout.

En contrepoint, avec un chantage classique à l’emploi, l’on retrouve aussi l’abjection des relations de domination/soumission caractéristiques du capitalisme :

« Toi, tu n’auras jamais de poste dans ce parti »

http://information.tv5monde.com/terriennes/accus%C3%A9-d-harc%C3%A8lement-sexuel-Denis-Baupin-d%C3%A9missionne106252

De plus en plus remarquable, même une élue d’un autre parti affirme « tout le monde savait« .

En plus de quelques autres menus détails (a), cela permet de mesurer l’abîme culturel qui sépare ce parti de l’écologisme. Il y a déjà un certain temps, au temps où l’auteur de ces actes misérables portait des culottes courtes, avant que l’une et l’autre dynamiques, et d’autres encore, ne soient attaquées et presque effacées par les forces morbides (b), l’écologisme et le féminisme étaient ensemble dans le mouvement  de résistance à l’offensive mondiale du système dominant (la globalisation capitaliste) : la nouvelle gauche. Logique : l’écologie – la connaissance du vivant – enseigne le respect de l’autre. C’est le B.A.-BA.

Même celles et ceux qui n’ont pas vécu ces années enthousiastes et ne connaissent pas leur véritable histoire peuvent aujourd’hui deviner à quel point l’alternative a été outragée et souillée, et plusieurs générations bernées (c).

Quel gâchis !

 

(a) entre autres, ceci résultant de cela, la passion pour le capitalisme du pouvoir et l’électoralisme

(b) les responsables de l’essentiel des catastrophes actuelles

(c) comme en a témoigné Guy Hocquenghem avec sa toujours actuelle Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

 

 

Siné entre quatre planches

Le dessinateur Maurice Sinet est mort jeudi à Paris. Eternel pourfendeur de l’ordre établi et des cons, «Bob» avait créé son propre journal à 80 ans après s’être fait virer de «Charlie». Comme un ultime bras d’honneur.

avril 2016

Résultat de la défection des premiers responsables de la dégradation géopolitique de la région : les USA,

résultat de l’autorisation aérienne donnée aux massacreurs par les USA et la Grande Bretagne,

résultat de l’ouverture offerte à la Russie par les mêmes…

Il n’y a pas de pire endroit sur la planète

http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/alep-il-n-y-pas-de-pire-endroit-sur-la-planete-et-le-monde-entier-reste-silencieux-medecin-786645

 

Dirigeables géostationnaires : tel le Phoenix

Stratobus, un dirigeable, à la fois drone et satellite

Développé par la coentreprise franco-italienne Thales Alenia Space, ce projet de ballon autonome remplira, à l’horizon 2020-2022, des missions d’observation, de surveillance et de télécommunications. Les géants du Net travaillent eux aussi sur des solutions alternatives pour connecter la Terre entière.

Dirigé par le constructeur européen de satellites Thales Alenia Space, en partenariat avec l’entreprise Zodiac et le laboratoire CEA-Liten, le projet Stratobus est soutenu par le pôle de compétitivité Pégase. Sa conception aura nécessité deux ans et demi et son coût de développement est estimé entre 300 et 500 millions d’euros. Positionné dans la stratosphère, au-dessus du trafic aérien, soit à une altitude de 20 kilomètres, Stratobus est une plate-forme géostationnaire, dotée de deux moteurs électriques pour lutter contre la force du vent pouvant atteindre, à cette altitude, plus de 90 km/h. Mesurant 70 à 100 mètres de long et 20 à 30 mètres de diamètre, cette structure gonflable embarquera jusqu’à 200 kilos de matériel électronique (caméras, antenne relais…). Prévue pour une durée de vie de cinq ans, l’un de ses principaux atouts réside dans sa complète autonomie.

… Pegase, en effet, est la continuité du projet qui était développé au début des années 1970

voir le chapitre sur « les DIRIGEABLES et les vaisseaux hybrides » dans Alternatives pratiques :

mars 2016

sur la trahison mondiale de la Syrie

Les portes du néant

de Samar Yazbek, éditions Stock

Des premières manifestations pacifiques pour la démocratie, à la formation de l’Armée Syrienne Libre, jusqu’à l’émergence de l’État islamique, Samar Yazbek livre un témoignage courageux sur le quotidien des combattants, des enfants, des hommes et des femmes ordinaires qui luttent pour survivre. Elle dit l’odeur de la terre après l’explosion d’une bombe, l’effroi dans le regard des mères, les corps mutilés ; elle dit l’une des plus grandes tragédies du xxie siècle.

Prévention du terrorisme : la paille et la poutre

«Je ne sais pas s’il faut dire la Belgique en tant que telle mais je pense qu’il y a eu une volonté ou une absence de volonté de la part de certains responsables politiques, peut-être par envie de bien faire, peut-être par sentiment que pour permettre une bonne intégration, il faut laisser les communautés se développer, peut-être aussi une forme de naïveté»

«Mais nous savons, et la France le sait peut-être plus encore que d’autres, que ça n’est pas la bonne solution (…) Lorsqu’un quartier est en danger de se communautariser, on doit agir, on doit agir par une politique de la ville, par une politique d’intégration, par l’école, par la langue»

 Michel Sapin, ministre des Finances

Sapin critiqué pour des propos sur la «naïveté» des autorités belges

http://www.liberation.fr/france/2016/03/23/attentats-sapin-critique-pour-des-propos-sur-la-naivete-des-autorites-belges_1441498

à propos…

Quel handicap pour les enquêtes d’avoir systématiquement déclenché un feu de guerre pour tuer, qui plus est en mettant en grand danger les voisins, plutôt que capturer vivants ceux qui détenaient de précieuses informations ?

Quelle est cette guerre où l’on ne fait pas de prisonniers – ne serait-ce que pour les interroger pour mieux démanteler leurs réseaux ?

Les forces de sécurité belges n’ont pas arrosé à tout va, n’ont pas utilisé d’explosifs, n’ont pas mis en danger les voisins. Et, pourtant, elles ont été contraintes d’agir en urgence dans des conditions plus difficiles. Enfin, elles ont fait des prisonniers !

 

(…) La violence de l’assaut lancé par le RAID, le 18 novembre à 4 h 15, contre les occupants de l’appartement de la rue du Corbillon où était retranché Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur présumé des attentats du 13 novembre, a été telle que la police judiciaire n’a pu commencer ses constatations qu’à 14 heures. Soit près de trois heures après la fin des opérations menées par le RAID. Le bâtiment menace de s’effondrer « suite à l’emploi d’explosifs par les forces de l’ordre et par les occupants de l’immeuble », notent-ils dans un compte-rendu auquel Le Monde a eu accès.

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/12/23/attentats-du-13-novembre-confusion-et-questions-autour-de-l-assaut-du-raid-a-saint-denis_4837128_4809495.html

 

(…) A la lecture du rapport consulté par Le Monde et des informations de Mediapart, beaucoup de questions restent aujourd’hui en suspens. Aucune réponse n’est apportée aux questions soulevées sur la stratégie d’opérer des « tirs de saturation » pour empêcher un éventuel kamikaze d’approcher. Aucune mention non plus des raisons pour lesquelles les explosifs disposés par le RAID sur la porte de l’appartement n’ont pas fonctionné.

Il n’y a pas plus de précision sur les échanges que des hommes du RAID ont eus avec Hasna Aït Boulahcen lorsqu’elle a demandé à deux reprises de pouvoir sortir. Rien non plus sur le moment où l’un des terroristes a déclenché sa ceinture d’explosifs. Enfin, rien ne figure sur le fait qu’un seul pistolet automatique ait pu à lui seul donner le sentiment aux équipes du RAID d’être visées par « un feu nourri ».

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2016/02/01/attentat-du-13-novembre-precisions-sur-l-assaut-du-raid-a-saint-denis_4857176_4809495.html#yMLK1BEALtwypPli.99

Saint-Denis : Mohamed, nouvelle victime oubliée de l’assaut du Raid

Ses voisins de palier, ce jour-là, étaient les terroristes morts pendant l’assaut du Raid.

«Leur porte a explosé vers 4 heures du matin. J’ai été réveillé, j’ai ouvert ma porte, les policiers m’ont dit de rentrer, raconte le jeune homme de 26 ans. Cinq minutes après, je vais à la fenêtre, j’ouvre un premier volet et je vois l’immeuble d’en face plein de policiers.

J’ouvre le 2e volet, et ils me visent avec une balle qui me touche au biceps du bras gauche. J’ai couru avec mon colocataire me cacher dans la salle de bains. Il était 4 h 30. J’y suis resté jusqu’à 10 h 30. Mon colocataire faisait pression sur mon bras pour qu’il arrête de saigner. Pendant ce temps, les balles pleuvaient. Si j’étais sorti, ils m’auraient abattu. »

«Ils m’ont jeté sur le canapé, mis tout nu, menotté »

http://www.leparisien.fr/saint-denis-93200/saint-denis-mohamed-nouvelle-victime-oubliee-de-l-assaut-du-raid-08-03-2016-5608079.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr 

Les sinistrés de l’assaut de Saint-Denis : victimes de seconde zone ?

Plus d’un mois après l’assaut de leur immeuble, les sinistrés du 48 rue de la République et du 8 rue du Corbillon à Saint-Denis se sont rassemblés devant les locaux de la cellule d’aide aux victimes des attentats dont ils s’estiment faire partie. Ils espéraient être reçus. Ce ne fut pas le cas.

Depuis le violent assaut du 18 novembre et l’évacuation de leur immeuble, devenu inhabitable, la plupart des anciens locataires attend encore une solution de relogement. Placés dans des hôtels ou en hébergement provisoire après une semaine passée dans un gymnase, l’incertitude règne toujours quant à leur avenir plus d’un mois après les événements. Ce rassemblement est aussi l’occasion d’appuyer leur demande de relogement, mais aussi la régularisation des sans-papiers, menacés d’expulsion.

A l’heure actuelle, sur les trente neuf familles concernées, quatorze ont reçu ou vont recevoir des propositions de relogement de la part de la mairie de Saint-Denis. « Huit ont été acceptées, mais pour le moment personne n’a les clefs »

http://www.humanite.fr/les-sinistres-de-lassaut-de-saint-denis-victimes-de-seconde-zone-593962

Assaut de Saint-Denis : des voisins blessés et menacés d’expulsion

(…) Il est précisément 4 h 14 lorsque, pensant que l’immeuble s’écroule, il tombe nez à nez avec les hommes du Raid qui viennent de défoncer sa porte. «Help ! I am Egyptian !» crie-t-il. «Va à la fenêtre et lève tes mains !» lui répond-on, avant de lui tirer plusieurs balles dans le bras. Au même moment, à l’étage du dessus, une balle touche le bras de Nordine T. : «J’ai pensé que c’était comme ça qu’on traiterait les Arabes désormais.» Ils sont tous emmenés dans les locaux de la sous-section antiterroriste de la police judiciaire à Levallois-Perret, en slip, menottés et les yeux bandés. (…)

http://www.liberation.fr/france/2015/11/27/assaut-de-saint-denis-des-voisins-blesses-et-menaces-d-expulsion_1416801

 

La terre en morceaux  

ARTE Documentaire 2015 d’Ariane Doublet

Perte des savoirs et des pratiques du bien commun, simplisme, démocratie détournée, cupidité et courte vue, corruptions… comment tout est foutu en l’air

Ne pas rater la forfanterie burlesque des deux élus responsables du saccage de leur campagne, et leurs figures longues d’une aune quand un autre, un paysan, prend la parole pour dire toute la stupidité de cette politique (à partir de la 27ème minute pour introduire sur la dénonciation faite par le responsable de la SAFER).

 

La France des ronds-points et des zones d’activité dévore l’équivalent d’un département de terre fertile tous les 7 ans. La terre devient rare, la terre devient chère. Promoteurs, jeunes agriculteurs, hypermarchés se la disputent. Le film met en évidence la logique folle qui change en profondeur le paysage et l’agriculture.

Ariane Doublet signe un film saisissant sur la disparition des terres agricoles

La course à l’agrandissement, que mènent en tête les plus gros exploitants agricoles, les projets de zones commerciales engagés par des élus désireux de rendre leur commune attrayante ou à la recherche d’une meilleure autonomie financière, ou encore la vente de terrains devenus constructibles par des agriculteurs proches de la retraite. Le tout aboutit à une « logique folle qui change le paysage et l’agriculture » et fait disparaître la terre fertile pourtant « à la base de tout », comme le clame un agriculteur dans le film, qui voit une partie des terres qu’il cultivait effacées par des bulldozers.

(…) Dix ans au cours desquels ce petit coin, sis en pays de Caux, dont la réalisatrice a fait son terreau cinématographique (Les Terriens en 2000, Les Bêtes en 2001, Les Sucriers de Colleville en 2003, La Pluie et le beau temps en 2011), s’est morcelé en lotissements, zones d’activité et ronds-points d’où s’élève sur l’un d’eux, non sans une ironie cruelle, la statue d’une fermière et de sa vache laitière.

BF

(…) L’usage des plans fixes permet de saisir les changements d’attitudes de chacun, le confrontant principalement à son propre discours.

Une scène hilarante si elle n’était pas pathétique : le maire, le maçon et l’agriculteur (on croirait à un titre de Rohmer).

L’évidence est toujours là, les réflexions sur le territoire et sur les prises de décisions qui influencent la transformation du territoire restent à appliquer si ce n’est à produire.

On le comprend bien face à la « bonne foi » du maire qui apparaît à l’écran, à la carte de découpage des zones de PLU que son adjoint a l’urbanisme (dont on attend la déclaration de conflits d’intérêts) et lui regardent avec un amour qui se transforme en désarroi lorsque l’agriculteur prend la parole. Il y a un manque patent de réflexions croisant territoire et local ; un déni de la réalité des transformations réalisées et en cours qui conduit au statu quo qu’on souhaiterait voir voler en éclat. (…)

WPWBO

(…) Suis-je si pessimiste ? Réfléchissez : durant tout ce film, je n’ai vu aucun papillon et un seul ver de terre…

(…) La tronche du maire qui voit son si beau discours de départ exploser en mille morceaux devant le parler vrai de son adjoint, mérite à elle seule le visionnage de ce documentaire. (…)

 

Fondée pour servir aux flux spéculatifs de la globalisation capitaliste (finances détournées et marchandises à bas coût), l’UE tombe encore le masque

Soudés – sauf les Grecs de 2015 – pour accroître toujours davantage la dérégulation spéculative, les gouvernements (élus !) de l' »Union » poursuivent le démantèlement.

« Il y a bien les Premiers ministres luxembourgeois, Xavier Bettel, et belge, Charles Michel (tous deux libéraux), qui ont eu un peu de vague à l’âme. Mais ils ont été les seuls. Tous leurs partenaires, François Hollande au premier chef, n’ont absolument rien trouvé à redire à ce que l’Union européenne renonce, temporairement ou définitivement, l’histoire le dira, au droit d’asile : à partir de ce dimanche, tous les réfugiés et tous les migrants dits économiques débarquant sur les îles grecques seront renvoyés, sans distinction, vers la Turquie. (…) »
Pour les vingt-huit, exit le droit d’asile
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/18/pour-les-vingt-huit-exit-le-droit-d-asile_1440655

Ce que ces enfants vivent va marquer leur mémoire

«C’est incroyable ! L’Asie et l’Afrique ont su gérer des crises migratoires d’une ampleur bien plus importante, et l’Europe n’y arrive pas et se déchire», constate Babar Baloch, qui ne cache pas son pessimisme : «Je me demande ce que l’Histoire retiendra de tout ça : que l’Europe s’est effondrée à Idomeni ? Y verra-t-on la faillite de l’humanité ?»

Babar Baloch est le porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/18/ce-que-ces-enfants-vivent-va-marquer-leur-memoire_1440627

Pendant ce temps-là…

« Une faillite de l’Europe illustrée dans la toujours très pertinente REVUE DESSINEE, à travers un flash-back, en bande dessinée, sur les pires naufrages des mois écoulés, et donc sur les réponses d’une Europe débordée qui ne sait qu’ériger des murs (*). (…) Ces quinze dernières années, l’Union a dépensé plus d’11 milliards d’euros pour expulser des clandestins, et plus d’1 milliard et demi d’euros pour la protection de ses frontières. Dans le même temps, on estime à 16 milliards d’euros ce qu’ont dû débourser les réfugiés pour payer leur arrivée sur le continent. Et si l’on additionne ces chiffres, ça fait donc 29 milliards : 29 milliards d’euros que se sont répartis, d’un côté les passeurs et, de l’autre, les compagnies aériennes et les industriels du secteur de la défense. (…) »

Revue de presse de Frédéric Pommier, France Inter, samedi 19 mars 16 :
http://www.franceinter.fr/emission-la-revue-de-presse-de-frederic-pommier-la-revue-de-presse-du-samedi-19-mars

(*) Les frontières de la honte

par Taina Tervonen et Jeff Pourquié

Tandis que, sous prétexte de sécurité, les hommes en détresse sont refoulés, la circulation des armes se porte au mieux

Au nom de la libre circulation des marchandises, Bruxelles a laissé prospérer en Europe un marché de vente d’armes “neutralisées” qui a permis d’alimenter les terroristes de janvier et novembre 2015. Malgré plusieurs alertes des services de sécurité, la loi n’a pas été changée.

De la Slovénie à Paris, la circulation des kalachnikovs déneutralisées.

Les armes de la terreur : la faillite de l’Europe (Mediapart sur abonnement)
https://www.mediapart.fr/journal/international/180316/armes-de-la-terreur-la-faillite-de-leurope

Comment l’Europe a tourné le dos au droit d’asile

par Jean Quatremer

Onze heures. C’est le temps qu’il a fallu aux vingt-huit chefs d’État et de gouvernement, réunis hier à Bruxelles lors d’un sommet européen, en compagnie du Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, pour enterrer le droit d’asile.
(…)
Filippo Grandi, le haut-commissaire aux réfugiés de l’ONU, s’est dit aujourd’hui, devant le Parlement européen, «profondément préoccupé par tout arrangement qui impliquerait le retour indiscriminé de gens d’un pays à un autre et ne détaillerait pas les garanties de protection des réfugiés en vertu du droit international». Amnesty International, de son côté reproche aux dirigeants européens «d’être tombés encore plus bas».
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/08/comment-l-europe-a-tourne-le-dos-au-droit-d-asile_1438353

UE-Turquie :  

un accord de la honte sur le dos des réfugiés

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actualites/UE-Turquie-un-accord-de-la-honte-sur-le-dos-des-refugies-17950

 

Trahison américaine (dans quel but ?) et nullité européenne, les ingrédients d’une catastrophe

Crise des migrants : un naufrage européen

Il paraît qu’au commencement de l’Union européenne était le verbe, celui qui devait empêcher la guerre, l’élimination, l’industrialisation de la mort, celui qui opposait la vie à la morbidité de l’après-guerre. Et puis le verbe a perdu face à l’économie.

 

 Désormais, on joue à la marchande. Traiter les hommes comme des marchandises, c’est au fond remettre l’Union européenne dans son seul domaine de compétence encore actif, l’économie, puisqu’elle ne produit plus rien qui soit de l’ordre de la pensée, rien qui dépasse les intérêts particuliers. Si les hommes deviennent des chiffres, là, nous savons faire, là, c’est plus simple et ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est que tout soit simple.

 

Ainsi, l’Europe sombrait dans l’obscurité

Tout n’était donc qu’un rêve. J’ai entendu, il y a peu, un homme d’une soixantaine d’années me dire : «Et pourtant, c’était notre seule utopie.» Il parlait de l’Europe, de ce que l’Europe avait été pour sa génération après la guerre. Quant à moi, qui suis né d’une famille où l’on vénérait Delors – un messie qui ne vient pas, qui ne viendra jamais – comment lui aurais-je expliqué ? Depuis l’enfance, il y avait quelque chose dans ce nom, «Delors», qui, pour le gamin dyslexique que j’étais, ne parvenait pas à se séparer de «Dolor». Je me souvins, en écoutant l’homme d’une soixantaine d’années, des «critères de convergence», le refrain de l’ennui, du renoncement.

Le delorisme, bien sûr, fut un dolorisme. La langue ne se trompe pas, ni les mots ni les oreilles des bègues et des malentendants. Ainsi allait la croyance de nos pères : une musique de l’abdication qu’ils prenaient pour le chant de la paix, de la victoire contre la guerre. Mais il y a guerre, mes amis. Il y a violence. Quelle naïveté fallait-il pour croire que cette Europe-là, celle de Delors et, avant lui, celle des hommes blancs, sans honte, était une «utopie» ? Elle l’était, oui, au sens où l’utopie, c’est l’oubli du monde. Non, je lui ai dit, pour moi, l’Europe, ce ne fut jamais ça, jamais eux, jamais ce qu’ils ont mis dans ce nom. Et je lui parlais du juif mort que je gardais toujours comme un vieux camarade contre mon sein ; un juif de l’exil. Voyez-vous, je lui disais, un gavroche des shtetls ? Et savez-vous ce qu’il en pense, de votre Europe ? Il a honte, terriblement honte de ce que vous faites, de ce que vous avez fait. Pour moi, il dit, l’Europe, ce sont les exils, les passages de frontières, les gens que l’on rejette parce qu’ils n’appartiennent pas à vos grands nombres bourgeois. L’Europe, il dit, pour moi, ce sont des récits mineurs, toujours ignorés, méprisés, qui cherchent à exister entre les mondes. Et, voyez-vous, rien n’a changé. Les ostjuden d’hier que les bourgeois de Vienne méprisaient. Et aujourd’hui encore, les mêmes, des ostjuden de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, en chemin pour l’espoir, ils chantent les mêmes airs. Et moi, en l’écoutant, ce petit anarchiste juif mort, je me prenais à rêver d’un cortège à venir, une espèce curieuse de cortège de plantes, d’arbres, de forêts, de corps transis, de vieilles chaînes rouillées d’esclaves marchant, tour à tour, sur nos nations et sur Bruxelles, bien sûr, dans les rues sans vie, désertées, de l’Euroland, pour prendre possession de ces hauts bâtiments de verre, d’acier, et débrancher les courroies de la climatisation. (…)

http://www.liberation.fr/planete/2016/03/16/ainsi-l-europe-sombrait-dans-l-obscurite_1440118

Comme des veaux, hagards, nous regardons le train de l’histoire

(…) confrontés au grand bordel mondialisé de ce début de siècle, nos dirigeants franco-allemands se sont révélé des politiciens égocentriques, soucieux de cuisine électoraliste seulement. Des médiocres dépourvus d’ambitions et de conscience historiques, alors que l’époque exigeait des hommes et des femmes d’Etat, du courage, de la concertation et de l’imagination.

Syrie :

après les mensonges des Bush,

la trahison d’Obama et de Kerry

Syrie : « Pourquoi les Américains n’ont-ils rien fait ? »

C’est l’histoire d’un hold-up tragique, aux répercussions mondiales, et de quelques hommes de bonne volonté qui ont tenté de l’empêcher. Cinq ans après le premier défilé anti-Assad, dans les souks de Damas, le 15 mars 2011, la révolution syrienne est prise en tenailles par les forces prorégime, d’une part, et les djihadistes du Front Al-Nosra et de l’organisation Etat islamique (EI), de l’autre.

Ces deux formations issues d’Al-Qaida, initialement absentes de la révolution, ont réussi une percée foudroyante, au détriment des combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), les pionniers de l’insurrection. La bannière noire des djihadistes flotte désormais sur la plus grande partie du nord du pays, une région libérée à l’hiver 2012-2013, et dont les opposants rêvaient de faire le laboratoire d’une nouvelle Syrie.

Les principales causes de ce détournement, qui a ébranlé tout le monde arabe et dont l’onde de choc est ressentie jusque dans les capitales européennes, sont bien connues : la brutalité sans limite du régime syrien, qui a semé le chaos propice à l’implantation des extrémistes ; le jeu trouble des bailleurs de fonds du Golfe, qui ont contribué à la confessionalisation du soulèvement ; et le morcellement de l’opposition, qui a multiplié les erreurs.

A ces trois facteurs, il faut en rajouter un quatrième : le dédain des Etats-Unis pour les opposants syriens, dont les signaux d’alerte ont été régulièrement ignorés. (…)

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/03/15/syrie-pourquoi-les-americains-n-ont-ils-rien-fait_4882787_3210.html?xtmc=americains_syrie&xtcr=1

 

Juste le début de l’explication… Si l’on peut appeler ainsi une telle trahison des engagements internationaux du gouvernement Obama.

Voir encore :

Comment Barack Obama a laissé la Russie dicter sa loi en Syrie

http://www.slate.fr/story/113949/comment-obama-trahi-rebelles-syriens

 

on a reçu ça :

Résilience des paysages anthropisés
Projet de thèse en géographie

Université François-Rabelais de Tours / Polytech Tours

http://www.supagro-alumni.fr/poste/resilience-des-paysages-anthropises/

« résilience des paysages anthropisés« … Hou ! Pauvre Rabelais.

 

Un petit quelque chose gène d’emblée dans cet énoncé. D’abord, depuis quelques centaines de milliers d’années en Europe, il est difficilement concevable qu’un paysage ne soit pas « anthropisé« . Par exemple, certains (souvent de mauvaise foi pour justifier la colonisation), ont voulu le faire accroire pour les forêts tropicales secondaires et primaires, et quelques autres régions. On sait bien, depuis longtemps déjà, que les humains ont une influence sur ces écosystèmes – comme les autres espèces – et, que les chasseurs-cueilleurs jardinent la forêt depuis très longtemps. Il n’y a pas de « nature » sans hommes, et réciproquement.

Décidément, ce sujet renvoie au dualisme dissociatif homme-nature de Descartes and Co qui a fait tant de mal en permettant l’épanouissement de plein de trucs catastrophiques : mécanisme, matérialisme, économisme, spécisme, élitisme, anthropocentrisme (et surtout occidentalocentrisme), capitalisme, et cette horreur que nous prenons de plein fouet depuis quelques dizaines d’années : le néoconservatisme.

 

D’autre part, si « anthropisé » est utilisé avec une connotation négative (comme l’indique l’emploi de résilience), cest tout aussi fâcheux. Cela relève de l’amalgame que je dénonce dans le courrier précédent. Tous les hommes ne peuvent être rangés dans la catégorie des saccageurs, rassemblés sous le même drapeau ! Or, cest bien ce que suggère le sujet proposé à ces pauvres étudiants. Il est si mal énoncé que, d’emblée, il induit en erreurs.

 

Quant à la « résilience« … L’auto-organisation, l’auto-régénération, la capacité de restauration est une propriété basique du vivant. De manière choisie, on ne dit pas « résilience » mais autopoïèse. Or, cest bien gentil de disserter sur la mémoire de l’eau et de se rassurer parce que l’on trouverait une trace résiduelle de vie au milieu d’une zone commerciale, mais pour que le vivant puisse se réparer – à l’échelle des cellules de notre corps comme à celle de la biosphère – il faut que soient satisfaites 3 conditions impératives :

– que les destructions n’aient pas été trop radicales,

– que les forces destructrices s’effondrent ou soient vaincues,

– que soit développée une aide à la restauration.

Aujourd’hui, en France, nous sommes loin du compte ! Les affaires des têtes de bassin versant de Notre Dame des Landes, du Testet, de Saint Gengoux le National le démontrent et d’autres résistants d’autres régions nous disent qu’ils ne sont pas optimistes. Et cela n’est pas ce remarquable effort des géographes de Tour qui va aider à la résilience.

 

 

Fausses accusations, «non» veut dire «oui» : les stéréotypes sur le viol ont la vie dure

D’après un sondage réalisé pour l’association Mémoire traumatique et victimologie, les idées fausses sur le viol sont encore largement répandues chez les Français

Un sondage Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie publié ce mercredi vient confirmer que la culture du viol est largement répandue dans la population française. Plusieurs stéréotypes restent profondément ancrés dans la population (…)

Premier problème : nombre de Français (61%) et de Françaises (65%) considèrent ainsi qu’un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu’une femme», selon le sondage. «C’est le mythe sexiste d’une sexualité masculine naturellement violente, pulsionnelle et prédatrice», dénonce l’association dans cette première photographie des représentations sur le viol et les violences sexuelles. (…)

!

 

http://www.liberation.fr/france/2016/03/02/fausses-accusations-non-veut-dire-oui-les-stereotypes-sur-le-viol-ont-la-vie-dure_1436883

Pas étonnant que ce pays soit au plus bas.

NON veut dire OUI… Une telle altération de la perception et des fonctions cognitives explique beaucoup de choses, et pas que dans les relations sexuelles. Bien au-delà. Très au-delà !

La culture du viol, une culture française ? Voilà qui est très révélateur du recul sidérant depuis l’étouffement de la pensée critique des sixties et des seventies.

Un bon indicateur du délabrement culturel en progression.

 

Une France empreinte de la culture du viol

A quelques jours de la rituelle journée des droits des femmes – toujours le 8 mars -, voilà un sondage qui envoie dans l’atmosphère un écœurant parfum de clichés et d’idées erronées qu’on espérait enfin évaporé. Alors que le viol est reconnu par la loi comme un crime depuis plus de trente ans, qu’il mobilise contre lui sans relâche associations, plans gouvernementaux, campagnes, quatre Français sur dix estiment toujours que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude provocante (une jupe courte ?). Voilà encore que pour plus de la moitié de la population (61 % de Français, 65 % de Françaises) un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu’une femme». Et que perdure le mythe du violeur inconnu dans une rue sombre quand la plupart des viols sont commis par des proches. (…)

http://www.liberation.fr/france/2016/03/02/une-france-empreinte-de-la-culture-du-viol_1437044

Au moment de la polémique autour d’une prise de position de Kamel Daoud (suite aux agressions sexuelles du nouvel an à Cologne), les révélations sur la culture du viol à la française relativisent pas mal de choses…

Au nom de Kamel Daoud

http://www.liberation.fr/debats/2016/02/28/au-nom-de-kamel-daoud_1436364

février 2016

De plus en plus bas, toujours plus profond dans l’immonde

La dégénérescence même dans le « bio » !

Le procureur de la République d’Alès a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire après la diffusion de la vidéo par L214. L’abattoir du Vigan a par ailleurs été fermé « à titre conservatoire » par les élus qui en ont la charge.

« Le procureur de la République d’Alès a été destinataire mardi 23 février 2016 d’une plainte de l’association L214 dénonçant des faits de sévices graves, mauvais traitements sur animaux et violation de la réglementation relative à l’abattage », écrit Nicolas Hennebelle dans un communiqué.

« Cette plainte vise principalement les conditions d’abattage des bovins, cochons et moutons dans l’abattoir du Vigan. Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire afin de vérifier les éléments contenus dans cette plainte », poursuit-il. L’enquête sera menée par la brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, en co-saisine avec la brigade des recherches de la gendarmerie du Vigan, précise-t-il.

http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/23/l214-le-vigan-gard-abattoir-bio-animaux-images-actes-cruaute_n_9295956.html

Derrière les murs d’un abattoir certifié bio

http://www.l214.com/enquetes/2016/abattoir-made-in-france/le-vigan/

 

Actes de cruauté dans un abattoir du Gard certifié bio

Les images diffusées par L214 ont été tournées dans l’abattoir intercommunal du Vigan, une petite commune cévenole, entre juin 2015 et février 2016. On y voit des moutons violemment jetés contre l’un des enclos de l’abattoir ; des employés riant en électrocutant des cochons avec la pince d’électronarcose ou, plus tard, insistant jusqu’à les brûler ; des animaux mal étourdis, encore conscients lorsqu’ils sont suspendus puis saignés ; un porcelet qui se détache à plusieurs reprises de la chaîne d’abattage ; du matériel défaillant ou inadapté et des inspecteurs-vétérinaires absents.

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2016/02/23/actes-de-cruaute-dans-un-abattoir-du-gard-certifie-bio/

Le délabrement mental et le sadisme des ouvriers dit assez la qualité de la sélection à l’embauche, aussi l’exigence quant à la formation et aux références ; et, sans aucun doute, le niveau des salaires.

L’insuffisance du personnel et les méthodes stupides, à commencer par l’entrée simultanée de plusieurs animaux dans la salle d’abattage (ici, tout un groupe !), révèlent le sérieux de la direction de l’entreprise et le sens de sa principale préoccupation – le rendement à n’importe quel prix au détriment des animaux, également des employés.

Tout ensemble montre la responsabilité entière de l’entreprise, les carences du suivi vétérinaire et le j’m’enfoutisme des éleveurs qui confient leurs animaux à cette horreur. D’ailleurs, un éleveur et un syndicat se sont empressés de minimiser et de tenter de décrédibiliser l’information, révélant ainsi une déficience de la conscience qui fait craindre le pire.

Même constatation pour les acheteurs, bref pour toute cette filière « bio » qui avilit le bio.

Tout dans cette affaire empeste la chosification du vivant sous le profit au moindre coût, et révèle une très longue et très contagieuse dégradation pour en arriver à ce point.

Comme souvent, le scandale révèle une réalité plus stupéfiante encore. D’après l’interview de Bruno André, président de l’abattoir de Gap et porte-parole de la FDSEA, « la DDCSPP impose des résultats, mais pas de moyens. Ils veulent de plus en plus de résultats, mais à nous de trouver les moyens ».

Autre problème : le manque de formations, aucun institut en France ne forme au métier d’ouvrier d’abattage.

Encore une spécificité française ?

Une carence due à la réification générale du vivant par la « culture anti-nature » développée depuis Descartes, Malbranche and Co et radicalisée par le capitalisme de la rentabilité et de la « compétitivité » à tout prix ?

Un pays où, dans les années 1980 encore, il était inenvisageable d’aborder l’émotion et la sensibilité au cours des études vétérinaires !

Un pays où la souffrance des bébés était négligée, voire contestée, il n’y a pas longtemps !

Et cette « DDCSPP« , quelle est sa compétence et son soucis du bien-être des animaux et de la qualité de leur viande* ?

* le seul point de vue utilitariste condamne absolument cette filière abjecte, car la viande des animaux maltraités et saisis par la terreur est polluée par les toxines.

Référendum local sur le projet qui menace Notre Dame des landes : 

l’illusionnisme démocratique

Le Président de la République a projeté d’engager un processus réputé démocratique plutôt que d’appliquer simplement la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (2006) et la Directive-Cadre européenne sur l’Eau (2000). Pourtant, elles ont été votées pour protéger précisément les espaces comme celui de Notre Dame des Landes qui est à cheval sur 2 têtes de bassin versant. Les lois, surtout celles-ci qui sont fruits d’un très long processus d’étude, de maturation et d’élaboration depuis le terrain jusqu’au plus haut niveau de décision, ne sont-elles pas démocratiques ? Ne sont-elles pas faites pour être appliquées ?

A l’inverse, les populations censées être appelées à voter sur ce que la loi a déjà décidé sont-elles bien sensibilisées aux différents aspects de la question : milieux humides de têtes de bassin versant, biodiversité, hydrologie, climat, devenir des paysans, des savoirs et des modèles durables qu’ils ont développés, bien commun à long terme contre option technologique transitoire, etc. ? Car la démocratie invoquée ne peut exister avec des électeurs insuffisamment informés et conscients des enjeux.

Or, sur l’ensemble, on observe une diffusion extrêmement insuffisante, voire totalement inexistante, de l’information sur le corps et le sens de la législation sur l’eau et les milieux humides. En dépit de la gravité de la dégradation des têtes de bassin versant et, assez généralement, des zones humides, la plupart des français sont toujours dans l’ignorance vis à vis de ces milieux. Souvent au point de méconnaître ce qui est juste à côté de chez eux et le travail patient de leurs ancêtres – et de n’y voir aucun intérêt. Voire d’approuver majoritairement la poursuite des destructions contre lesquelles a été faite la législation sur l’eau (comme à Saint Gengoux le National et dans sa région *). Même les associations de protection de l’environnement et du patrimoine sont encore nombreuses à ne pas s’intéresser du tout à la question, alors qu’elle concentre la majeure partie des problèmes écologiques – nous pouvons même dire : des urgences vitales.

Une torpeur si profonde et si répandue est une aubaine pour tous ceux qui veulent poursuivre, comme avant l’évolution législative, les destructions qu’ils imaginent leur être profitables. Le plus troublant est l’inertie des organismes d’Etat en charge de l’application de la nouvelle loi et leur aide à son édulcoration.

Mais, est-ce bien si étonnant puisque, surtout depuis une soixantaine d’années, les savoirs paysans et le sens du bien commun ont été dévalorisés et ringardisés pour casser la paysannerie et passer les campagnes au laminoir productiviste ? Est-ce si étonnant puisque nous ne sommes encore qu’au début de la prise de conscience des coûts catastrophiques de cette politique ** ? Cela n’a malheureusement rien d’étonnant puisque la reconquête des savoirs perdus n’en est qu’à ses débuts et que la prise de conscience est combattue depuis des dizaines d’années.

Dans ce contexte de grande déculturation, d’ignorance des enjeux et de toute puissance des lobbies, les processus électifs habituels de désignation et de prise de décision ne sont qu’une manipulation d’illusionniste masquant la poursuite du détournement et de la destruction du bien commun. L’idée du référendum est donc suspecte d’avoir été inspirée par la certitude que son résultat irait contre l’application de la législation naturellement protectrice de l’écosystème de Notre Dame des Landes.

Cela, 2 mois après les proclamations solennelles du même Président à l’occasion de la COP 21*** !

 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/

** Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon, Sang de la Terre

 

*** (…) Je veux rendre hommage à cet instant à tous les pionniers de la cause écologique, à tous les précurseurs qu’il n’y a pas si longtemps devaient affronter l’incrédibilité ou le dédain pour leurs alertes et leurs propositions. En quelques années, les esprits ont profondément évolué, les entreprises et les acteurs financiers hier réticents sont désormais prêts à s’engager et à modifier leur comportement.

(…)
Mesdames et messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement, pour résoudre la crise climatique, je vous le dis franchement : les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas, nous sommes au bord d’un point de rupture. Paris doit être le départ d’une profonde mutation, nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destiné à notre seul et plein accomplissement. (…)

(…) Mesdames et Messieurs, le combat pour le climat participe d’une lutte, d’une lutte engagée depuis des siècles, des décennies pour la dignité humaine, une lutte pour l’égalité, une lutte pour les droits fondamentaux. Vous savez qu’ici, à Paris, ont été proclamés les droits de l’Homme et du citoyen, eh bien grâce à vous aujourd’hui, vous venez de proclamer les droits de l’Humanité. C’est à cet acte, à cette révolution-là que je veux également souligner la portée de l’Accord de Paris.

Je suis fier, fier que la France ait accueilli cette conférence ; fier que les Nations Unies aient été capables en tant que communauté internationale de prendre cette responsabilité ; fier que les idéaux de justice aient pu prévaloir ; fier de ma génération, de votre génération, qui a été capable de décider d’agir pour un monde que nous ne verrons pas.  

Oui, le 12 décembre 2015 restera une grande date pour la planète. A Paris, il y a eu bien des révolutions depuis des siècles mais aujourd’hui c’est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d’être accomplie : la révolution sur le changement climatique.

Ecocide indonésien :

déforestation et extermination générale

https://www.youtube.com/watch?v=d_BV7lKV0wM

 

https://www.youtube.com/watch?v=wsVphW7jVgc

 

 

La « crise » des réfugiés, révélatrice de la crise générale

Calais : pour en finir avec la communication chloroforme

(…) j’ai vu passer des articles, des reportages, des prises de position sur «la jungle» de la part du personnel politique et médiatique ; mais comme en accéléré, déjà chassés par d’autres informations, par d’autres débats, infinis, transformant mon cerveau en une sorte de drive-in permanent où le monde entier fait irruption sans cesse, sans que je puisse avoir la moindre prise. Comme pour beaucoup aussi, cette masse informe d’informations et de débats hypermédiatisés engendre surtout un immense sentiment d’impuissance. Une impuissance quasi-historique face aux défis explosifs et planétaires du monde dans lequel nous vivons parmi tant d’hommes et de femmes qui tentent de survivre sous nos yeux. Un brouillard d’impuissance à travers lequel Calais, les manifestations de l’extrême droite contre les migrants, les violences policières, les souffrances infinies des migrants, la pression infernale créée par la fermeture des frontières avec l’Angleterre peuvent nous sembler très loin. Flotter, très loin de nous, de nos propres soucis, de nos vies, de nos avenirs.

Lorsqu’on m’a proposé de venir passer quelques jours dans la jungle, avec ou pas l’idée de filmer, j’ai aussitôt mesuré l’écart abyssal qui sépare l’idée que je m’en faisais de la réalité. (…)

(…) impuissance de l’Etat français dont la seule présence ne semble être que policière. La France n’est-elle que répression, violence policière, haine, et peurs ? La France no future. Serait-ce au nom de ces valeurs-là qu’ils devraient demander l’asile ici ? (…)

http://www.liberation.fr/france/2016/02/22/calais-pour-en-finir-avec-la-communication-chloroforme_1435099

janvier 2016

Biodiversité, climat, bien commun, eau, patrimoine, préservation de l’économie locale, démocratie… contre-exemple parfait avec le saccage de la tête de bassin de Saint Gengoux le National :

L’eau perdue

ou sur ce site (voir sommaire)

et le blog RenaissanceRurale :

Compensation ?

La nappe phréatique serait déplacée aussi ?

De toutes façons, ici, la loi sur l’eau et les milieux aquatiques a été déclarée hors la loi, comme toutes les circulaires et recommandations, d’où qu’elles viennent.

Biodiversité : le Sénat vote une loi écornée par le lobby des chasseurs

« Après la COP21, vous avez su transcender les clivages partisans pour rapprocher les points de vue en recherchant l’intérêt général de notre avenir commun, et en mettant la France très en avance sur les enjeux de la biodiversité et du climat »,

a déclaré, vendredi 22 janvier, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal

la France très en avance sur les enjeux de la biodiversité et du climat ! Une hallucination ? L’ignorance de ce qui se passe et de ce qui ne se passe pas sur le terrain ? Une ministre intoxiquée par les lobbies ? En tout cas, une déconnexion complète par rapport aux réalités.

Le seul amendement sur la « valeur d’usage » fait froid dans le dos. Déjà que les « valeurs intrinsèques » sont – pour le peu que nous savons aujourd’hui – ignorées de la plupart – quand la biodiversité, l’eau, les législations correspondantes, etc. sont un seul instant prises en considération par des « décideurs » inféodés aux lobbies…

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/01/26/biodiversite-le-senat-vote-une-loi-ecornee-par-le-lobby-des-chasseurs_4853981_1652692.html

et, en plus, la fiction de la « compensation« …

Un tour de passe passe si grossier qu’il ne peut ébaudir que les ignorants (et les avocats…). Typique de la culture mécaniste réductrice du vivant à un lego démontable, manipulable, réaménageable à volonté. L’équivalence des surfaces révèle le simplisme rudimentaire des penseurs du machin : et le vivant là-dedans ? La multitude des êtres qui habitent et façonnent l’endroit convoité ? Leur vie, leur diversité, leur biomasse, le caractère unique de ce qu’ils font ensemble – l’écosystème ? Niés, Ignorés, balayés, méprisés, tant par les promoteurs de la destruction – évidemment – que par les législateurs.

Avec les « réserves d’actifs naturels », la loi sur la biodiversité facilite la marchandisation de la nature

Pour faciliter la compensation des atteintes à la nature, le projet de loi sur la biodiversité discuté au Sénat propose la création de « réserves d’actifs naturels ». Cet outil qui aurait fait ses preuves aux États-Unis, selon ses défenseurs, ouvre, selon ses détracteurs, la porte à la financiarisation de la nature en cherchant à lui donner un prix.

Depuis 1976, les aménageurs sont tenus « d’Éviter et de Réduire leurs impacts sur l’environnement », et, « si possible », de les « Compenser. Un principe, dit « ERC », peu respecté et mal appliqué. Le nouveau texte entend donc « mieux définir le régime juridique de l’obligation de compensation écologique », explique l’avocat en droit de l’environnement Arnaud Gossement. Afin de remplir ces obligations, l’aménageur pourra désormais recourir à un opérateur de compensation ou contribuer au financement d’une réserve d’actifs naturels, définie comme « une opération favorable à la biodiversité » par la future loi. Par exemple, restauration d’une zone humide, sauvegarde d’une prairie sèche ou opération de reboisement. « Une petite révolution pour la biodiversité », estime l’avocat, mais « une vraie fausse bonne idée », pour Benoît Hartmann, de France nature environnement.

(…)

Le vocabulaire choisi ne dissimule pas la manipulation. Après une soixantaine d’années de saccages qui nous valent l’effondrement de la biodiversité, la défiguration des paysages, la perte de l’eau et des sols, l’explosion des cancers et autres « maladies de civilisation« , le dérèglement climatique, etc., les « aménageurs » qui convoitent des espaces encore relativement préservés (ou restaurables) pour y détruire la vie méritent d’être appelés des destructeurs. Où sont les notions premières de bien commun et de long terme dans ce texte ?

 

À cause de la grande distribution, en soixante ans,

la France a perdu 300 000 « points de vente »,

alors qu’elle aurait pu en gagner 800 000 !

À 47 ans, Martine Donnette perd son commerce et se retrouve endettée. Dans sa caravane, seul logis qui lui reste, elle va mener un combat acharné contre les responsables : les grandes enseignes commerciales.

Depuis trente ans, elle sillonne la France et fédère des milliers de commerçants chassés par les politiques déloyales des grandes surfaces. Elle se bat pour empêcher les constructions et développements illégaux de la grande distribution, pour des lois en faveur des petits exploitants.

Elle nous raconte son refus de se plier au pouvoir des grandes enseignes et sa lutte pour que le commerce de proximité retrouve sa place au sein de la société.

 

Ce livre est dédié aux centaines de milliers de petits commerçants qui depuis les années soixante ont disparu du paysage français. Je dédie également ce livre à ceux que ce système écrase dans sa quête effrénée du toujours « nouveau » et du toujours « moins cher ». Les paysans, les patrons et les salariés des petites et moyennes entreprises, mais aussi les salariés des grandes surfaces, aux horaires si difficiles à vivre. A tous ceux, commerçants, entrepreneurs, producteurs, consommateurs, citoyens, qui cherchent une nouvelle façon de produire, vendre et consommer. »

 

Martine Donnette est commerçante dans une galerie marchande du centre commercial à Vitrolles, mais à la fin des années 80, elle est expulsée pour manque de rentabilité. Obligée de vivre avec son mari dans une caravane au fond d’un camping municipal, ils ne sont pourtant pas résignés à arrêter le combat. Ensemble ils créent l’association En Toute Franchise qui leur permet de mener leurs enquêtes sur les agissements frauduleux des hypermarchés. Malgré la réunion de preuves accablantes, Martine et Claude se rendent vite compte que la justice n’est pas prête de les écouter. S’armant de patience et mobilisant des commerçants des quatre coins de la France, ils n’abandonneront pas pour autant leur lutte inégale. Ce texte, riche en chiffres, nous permet de comprendre la mainmise de quelques grands groupes, leur pouvoir colossal depuis plusieurs décennies et les liens qu’ils tissent avec de nombreux politiques locaux pour conserver et étendre leur suprématie.

Ruinée par les agissements des grandes surfaces, Martine Donnette a puisé dans cette aventure la force de comprendre les règles et les lois qui gouvernent l’univers de la grande distribution pour mieux les défier et se battre pour la survie des petits commerçants.

Interview sur France Info :

(…) Les politiques travaillent à court terme. Ils n’analysent jamais la situation et les dégâts que va causer la grande distribution.

 

– La grande distribution n’a cessé de grignoter du terrain, même dans des zones protégées…

Les seuls endroits où ils n’ont pas pu aller jusqu’à présent, c’était les zones inondables, c’était les zones NATURA 2000 et les zones agricoles. Eh bien, on a vu qu’ils ont accéléré pour aller sur les zones inondables parce qu’elles n’étaient pas encore déclarées zones inondables dans le Plan de Prévention des Risques*. (…)

* exactement comme à Saint Gengoux le National**

** Renaissance Rurale
http://renaissancesrurales.

 

L’engrenage exemplaire de la dégradation du bien commun

Saint Gengoux le Royal est devenu le National au XIXème siècle… Le premier nom – « Saint Gengoux le Royal » – a été conservé pour marquer la différence chronologique presque exacte entre le long temps du respect de l’eau et la courte période de son saccage complet (depuis la réduction du ruisseau à un canal dans la traversée de la cité jusqu’au dernier projet de station d’hydrocarbures dans son lit mineur et la nappe phréatique d’accompagnement).

ACG 

 

«Dans nos pays de l’Europe civilisée où l’homme intervient partout pour modifier la nature à son gré, le petit cours d’eau cesse d’être libre et devient la chose de ses riverains. Ils (…) l’emprisonnent entre des murailles mal construites que le courant démolit; ils en dérivent les eaux vers des bas-fonds où elles séjournent en flaques pestilentielles; ils l’emplissent d’ordures qui devraient servir d’engrais à leurs champs; ils transforment le gai ruisseau en un immonde égout
Histoire d’un ruisseau, Elisée Reclus, 1869

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