On a perdu la trace de l’écologie dans les états-majors d’associations, dans les rédactions, dans les comités de soutien. L’écologie s’est perdue dans le dédale des rivalités et des tactiques politiciennes. Et l’espoir s’est évanoui avec elle. Et on a continué notre petit bonhomme de chemin en renfoçant nos désirs dans nos poches, de plus en plus profond, sans bien comprendre ce qui nous arrivait.

L’écologie, nos désirs, l’enthousiasme… ont accouché de vulgaires copies de ce monde ancien qui avait provoqué notre révolte. A peine soulevé, le couvercle nous est retombé sur la gueule, alourdi de désillusions !

 

Continuer la lecture

Cet article a été publié dans Ecologie n° 394 d’avril 1989, avec « Les spéculateurs rasent le nord de Bornéo« , « Les Philippines saccagées« .

J’y demandais :

« Allons-nous rester là, l’arme au pied, à contempler horrifiés la progression du désastre ?« 

Une vingtaine d’années de tentatives, de combats et de tumultes plus tard, la réponse est OUI.

La plupart n’ont pas bougé une oreille. L’instinct de survie n’est plus ce qu’il était. Seuls quelques-uns se sont mobilisés. Mais sans même réussir l’exploit de se parler et de coopérer, tant la pollution des courants militants par le capitalisme du pouvoir avait déjà fait de mal. Je proposais : « Connectons les volontés et les compétences« . Ce fut un fiasco complet ! Toutes mes tentatives de contacts en France sont restées stériles. Il n’y a eu aucune réaction constructive aux différents articles parus dans Ecologie et Silence jusqu’à « Siberut : le développement destructeur » en 1993. Et encore, que de lamentables histoires ensuite !

Pourtant, après l’interminable sommeil des années 1980, il y a eu un frémissement écologiste à cette époque. Aussitôt, la réaction a ressorti les tromblons : Lalonde au gouvernement, Alain Minc, Luc Ferry, le numéro spécial d’ACTUEL sur un fascisme écolo dont j’étais l’une des vedettes. Diffamation, entraves, censures, ostracismes… Tout est, à nouveau, rentré dans l’ordre. Dans l’ordre de la destruction sans limite.

Voilà le résultat à Bornéo (Kalimantan):

 

Continuer la lecture