Dans la nuit du 13 juillet 1981, à Marseille, alerté par des plaintes provenant de la maison de retraite du Parc Borely, un passant appelle la police. Celle-ci devait découvrir 31 personnes entassées dans des locaux prévus pour en abriter moins de 10. Elles étaient sans surveillance et certaines, dont l’état nécessitait des soins attentifs, étaient sans hygiène ni nourriture depuis plus d’un jour. Les chambres des « grabataires » étaient ouvertes mais les valides étaient enfermés « par mesure de sécurité » au dire de la directrice interpellée plus tard. Un handicapé mental d’une trentaine d’années était, lui aussi, enfermé dans sa chambre : un cagibi-mitard de 1,50 de côté. Les pensionnaires furent immédiatement transférés dans deux hôpitaux mais il était déjà trop tard pour une femme de quatre-vingts trois ans qui, souffrant de nombreux escarres, devrait mourir le lendemain.

 

Revue fondée en 1911 par André Lorulot, 10, 12, rue des Fossés Saint Jacques, Paris 5ème

 

Suivi de Espoirs et désillusions, un commentaire sur les « Assises des retraités et personnes âgées » (28 mars – 1er avril 1983)

http://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1984_num_52_1_3333

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On a perdu la trace de l’écologie dans les états-majors d’associations, dans les rédactions, dans les comités de soutien. L’écologie s’est perdue dans le dédale des rivalités et des tactiques politiciennes. Et l’espoir s’est évanoui avec elle. Et on a continué notre petit bonhomme de chemin en renfoçant nos désirs dans nos poches, de plus en plus profond, sans bien comprendre ce qui nous arrivait.

L’écologie, nos désirs, l’enthousiasme… ont accouché de vulgaires copies de ce monde ancien qui avait provoqué notre révolte. A peine soulevé, le couvercle nous est retombé sur la gueule, alourdi de désillusions !

 

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Cet article a été publié dans Ecologie n° 394 d’avril 1989, avec « Les spéculateurs rasent le nord de Bornéo« , « Les Philippines saccagées« .

J’y demandais :

« Allons-nous rester là, l’arme au pied, à contempler horrifiés la progression du désastre ?« 

Des dizaines d’années de tentatives, de combats et de tumultes plus tard, la réponse est OUI.

La plupart n’ont pas bougé une oreille. L’instinct de survie n’est plus ce qu’il était. Seuls quelques-uns se sont mobilisés. Mais sans même réussir l’exploit de se parler et de coopérer, tant la pollution des courants militants par le capitalisme du pouvoir avait déjà fait de mal. Je proposais : « Connectons les volontés et les compétences« . Ce fut un fiasco complet ! Toutes mes tentatives de contacts en France sont restées stériles. Il n’y a eu aucune réaction constructive aux différents articles parus dans Ecologie et Silence jusqu’à « Siberut : le développement destructeur » en 1993. Et encore, que de lamentables histoires ensuite !

Pourtant, après l’interminable sommeil des années 1980, il y a eu un frémissement écologiste à cette époque. Aussitôt, la réaction a ressorti les tromblons : Lalonde au gouvernement, Alain Minc, Luc Ferry, le numéro spécial d’ACTUEL sur un fascisme écolo dont j’étais l’une des vedettes. Diffamation, entraves, censures, ostracismes… Tout est, à nouveau, rentré dans l’ordre. Dans l’ordre de la destruction sans limite.

Voilà le résultat à Bornéo (Kalimantan):

 

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